Posts Tagged ‘Attaques’

RDC : Kinshasa accuse le Rwanda d’attaques sur son sol

mai 27, 2022

Alors que des affrontements entre l’armée et les combattants du M23 se déroulent désormais à une vingtaine de kilomètres de Goma, le chef de la diplomatie congolaise a clairement pointé du doigt la responsabilité de Kigali. Le Rwanda dément toute action militaire en RDC.

La rébellion du M23 menace toujours la ville de Goma, où l’armée congolaise est déployée. © Beatrice PETIT/REPORTERS-REA

L’inquiétude monte à Goma. « J’ai peur, je crains que le M23 arrive, il faut que l’armée repousse les rebelles », s’inquiète auprès de l’AFP Charlotte Kavira, vendeuse d’une trentaine d’années, à l’instar de nombreux habitants de la ville de l’Est de la RDC, où des renforts policiers sont visibles aux carrefours stratégiques. D’autres restent cependant confiants et poursuivent leurs activités, comme Muinguko Tulinabo, motard, qui considère que « la guerre est encore loin ».

« Des soupçons se cristallisent sur un soutien qu’aurait reçu le M23 de la part du Rwanda », déclarait mercredi soir le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, au sortir d’une réunion de crise autour du Premier ministre.

À cause de la situation sécuritaire, le président congolais Félix Tshisekedi a annulé sa venue au sommet de l’Union africaine à Malabo, qui s’ouvre ce vendredi 27 mai pour deux jours. Mais hier, depuis la Guinée équatoriale, son chef de la diplomatie, Christophe Lutundula, n’a pas mâché ses mots : « le Rwanda, je le dis sans hésitation, a attaqué le camp de Rumangabo », importante base des forces armées de RDC (FARDC) à une quarantaine de km au nord de Goma. Selon des sources locales, des combats se sont poursuivis jeudi 26 mai aux abords de ce camp, qui abrite le quartier général du parc national des Virunga, célèbre pour ses gorilles de montagne.

« Le M23 est soutenu par le Rwanda »

« Le M23 soutenu par le Rwanda a attaqué les troupes internationales » de l’ONU, a poursuivi le ministre, selon une vidéo mise en ligne par ses services. « C’est le summum de l’outrecuidance, nous ne pouvons pas rester indifférents, nous ne pouvons pas ne rien dire », a-t-il ajouté.

L’armée congolaise avait auparavant affirmé que « plus de 20 obus » venus de « l’Est » étaient tombés en territoire congolais, où des effets militaires dont les rebelles du M23 ne sont pas censés être équipés avaient par ailleurs été découverts. Elle ajoutait avoir demandé une enquête au Mécanisme de vérification conjoint élargi (MCVE), un organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité dans la région des Grands Lacs.

Ancienne rébellion tutsi, le M23, pour « Mouvement du 23 mars », avait brièvement occupé Goma fin 2012 avant d’être vaincu l’année suivante par l’armée congolaise. Il est réapparu en fin d’année dernière, en reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Lundi, c’était le Rwanda qui demandait une enquête au MCVE, affirmant que des roquettes venues de RDC avaient fait plusieurs blessés en territoire rwandais.

« Discours de haine »

Dans une déclaration de sa porte-parole Yolande Makolo, transmise à l’AFP, le gouvernement rwandais a réfuté les accusations congolaises. « Alors qu’il serait légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétées des FARDC sur son territoire, il n’est pas impliqué dans les combats en cours », affirme Kigali, en qualifiant ces affrontements de « conflit intra-congolais ».

Les relations historiquement compliquées entre Kinshasa et Kigali s’étaient apaisées après l’arrivée au pouvoir, début 2019, de Félix Tshisekedi. Mais la résurgence du M23 a ravivé les tensions.

Depuis mardi, un nouveau front a été ouvert, lorsque des combats ont éclaté autour de Kibumba, à une vingtaine de km au nord de Goma, provoquant de nouveaux déplacements de populations et la coupure de la RN4, axe vital pour l’approvisionnement de la ville. La région de Kibumba était calme jeudi 26 mai, mais la route demeurait fermée.

Dans la ville, la tension était montée d’un cran la veille lorsqu’un haut responsable de la police, le général François-Xavier Aba van Ang, a encouragé les habitants à préparer leurs machettes pour se défendre. « La guerre contre l’ennemi doit devenir populaire », disait-il en lingala lors d’une parade de policiers.

Des organisations de défense des droits humains se sont émues de ces propos dans cette région ultrasensible. Sur Twitter, le porte-parole du gouvernement a lui aussi estimé que « le recours aux machettes, au discours de la haine, à la stigmatisation, est extrêmement dangereux et à bannir ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada: L’auteur des attaques du Vieux-Québec reconnu coupable de meurtres au premier degré

mai 20, 2022
Un croquis de Carl Girouard qui témoigne à son procès.

Carl Girouard témoigne à son procès. (Archives) Photo : Illustration HBÉ

Carl Girouard, l’auteur des violentes attaques au sabre dans le Vieux-Québec en octobre 2020, a été déclaré coupable de meurtres au premier degré, vendredi.

Le jury qui avait commencé ses délibérations lundi vient de rendre son verdict, au palais de justice de Québec.

Carl Girouard est coupable des meurtres de François Duchesne, 56 ans et Suzanne Clermont, 61 ans.

Vendredi peu avant 14 h, l’accusé est arrivé dans la salle d’audience la tête haute. Avant de s’adresser à son avocat, il a balayé la salle du regard.

Une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle pour ce verdict très attendu. Lisa Mahmoud est la seule victime sur place. Elle avait témoigné lors du procès.Lisa Mahmoud, le 19 avril 2022 au palais de justice de Québec.

Lisa Mahmoud, le 19 avril 2022 au palais de justice de Québec (archives) Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

À l’énoncé du verdict, Carl Girouard a relevé la tête et jeté un coup d’œil furtif vers les 11 jurés.

Le jeune homme de 26 ans est automatiquement condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle. Il est également coupable de cinq tentatives de meurtre, après s’en être pris à des passants, le soir du 31 octobre 2020.

Avant de faire les observations sur la peine, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé d’attendre la décision la semaine prochaine dans la cause du tueur de la grande mosquée, Alexandre Bissonnette.Carl Girouard au SPVQ

Carl Girouard est entouré de policiers, dans le local d’admission de la détention au SPVQ, peu après son arrestation. (Archives) Photo : Radio-Canada/Capture d’écran/Vidéo fournie par le Service de la Police de la Ville de Québec

La maladie mentale au cœur des débats

Carl Girouard avait admis être l’auteur des attaques, tout en présentant une défense de non-responsabilité criminelle, en raison de troubles mentaux.

Le jury n’a donc pas adhéré aux arguments de son avocat qui avait présenté le témoignage du psychiatre Gilles Chamberland. Ce dernier avait diagnostiqué chez l’accusé une schizophrénie qui l’aurait entraîné dans un délire, l’empêchant de faire la différence entre le bien et le mal.

La poursuite avait répliqué avec les témoignages de deux experts, dont celui du psychiatre Sylvain Faucher.

Ce témoignage semble avoir convaincu le jury que l’accusé était pleinement conscient de ses actes, lorsqu’il a commis ses crimes.Deux policiers tiennent Carl Girouard par les mains, lors de son arrestation. Le suspect a les cheveux bruns foncés et est vêtu de noir.

Les policiers de la Ville de Québec ont procédé à l’arrestation de Carl Girouard dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, tout prêt de l’Espace 400e. (Archives) Photo : Reuters/Steve Jolicoeur

Lors du procès, Carl Girouard a témoigné s’être débattu avec ses deux personnalités, avant de passer à l’acte.

Il avait raconté s’être senti investi d’une mission pour changer le monde pour le mieux. Selon son récit, il devait créer un chaos pour faire un Nouveau Monde.

Le résident de Sainte-Thérèse avait commencé à élaborer ce plan six ans plus tôt.

Le jury était composé de 7 femmes et 4 hommes, un membre ayant été exclu au début des procédures après avoir contracté la COVID-19.

Avec Radio par Agnès Chapsal et Yannick Bergeron

La Russie compte intensifier ses frappes sur Kiev

avril 15, 2022

De nouvelles attaques ont été lancées sur la capitale ukrainienne à la suite du naufrage du Moskva.

Des frappes russes ont détruit un atelier de production de missiles sol-air dans l’usine Vizar, en banlieue de Kiev. Photo : AFP via Getty Images/Fadel Senna

Au lendemain du naufrage de son vaisseau amiral dans la mer Noire, la Russie a annoncé vendredi sa volonté d’intensifier ses attaques sur Kiev après avoir accusé l’Ukraine de bombarder des villages sur son territoire.

Le nombre et l’ampleur des frappes de missiles sur des sites de Kiev vont augmenter en riposte à toutes les attaques terroristes et aux sabotages menés en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev, a indiqué le ministère russe de la Défense.

Ce ministère a déjà annoncé la destruction d’un atelier de production de missiles sol-air dans l’usine Vizar, en banlieue de Kiev. Cette usine fabriquait des missiles Neptune comme ceux que l’armée ukrainienne dit avoir utilisés pour détruire le croiseur russe Moskva.

Un peu plus tôt, les autorités régionales ukrainiennes ont fait état d’explosions survenues au cours de la nuit au sud-ouest de Kiev, dans le district de Vassylkiv.

Nous sommes parfaitement conscients qu’on ne nous pardonnera pas l’attaque du Moskva, a déclaré Natalia Goumeniouk, porte-parole du commandement militaire de la région sud de l’Ukraine.

Le croiseur russe Moskva lors d’une répétition en vue de la parade du jour de la Marine russe dans le port de Sébastopol, en Crimée, en juillet 2017. Photo: Reuters/ Pavel Rebrov

Nous sommes conscients que les attaques contre nous vont s’intensifier, que l’ennemi va se venger, qu’il y aura des attaques de missiles et des bombardements d’artillerie. Nous sommes prêts à les contrer.

Selon Mme Goumeniouk, aucun membre de l’équipage du croiseur russe n’a pu être sauvé.

Ce navire lance-missiles de 186 mètres de longueur, qui comptait plus de 500 personnes à son bord, a coulé dans la mer Noire après avoir été touché par un missile ukrainien, selon Kiev. Moscou indique que le naufrage du Moskva serait plutôt dû à un incendie accidentel.

Nous avons observé les bateaux qui essayaient de lui venir en aide, mais même les forces de la nature ont été du côté de l’Ukraine, car une tempête a empêché de sauver le bateau et d’évacuer l’équipage, a affirmé Natalia Goumeniouk.

La perte de ce navire est un coup dur porté à la flotte russe dans la région, a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Elle aura des conséquences sur les capacités de combat de la marine de guerre russe, le Moskva étant un élément clé de ses efforts pour établir une domination navale en mer Noire.

Il s’agit d’un des plus importants revers de la Russie depuis le début de son opération militaire spéciale en Ukraine.

La frappe « n’a pas seulement touché le bateau », selon Mme Goumeniouk, « elle a touché les ambitions impériales de l’ennemi ».

Le président Volodymyr Zelensky a enfoncé le clou en affirmant, dans un message vidéo, que les navires russes ne peuvent qu’aller au fond.

Villages russes bombardés

Par ailleurs, la Russie affirme que l’Ukraine a bombardé des villages russes frontaliers, des accusations balayées par le camp adverse. Selon les Ukrainiens, ce sont les services secrets russes qui mènent des attaques terroristes dans la région frontalière pour alimenter l’hystérie anti-ukrainienne.

Le Comité d’enquête russe a affirmé que deux hélicoptères ukrainiens équipés d’armes lourdes étaient entrés en Russie et avaient procédé à au moins six frappes sur des immeubles d’habitation dans le village de Klimovo, dans la région de Briansk.

Sept personnes, dont un bébé, ont été blessées à des degrés divers, selon ces accusations russes, dont le bien-fondé est impossible à vérifier de manière indépendante.

La Russie a également affirmé vendredi avoir tué une trentaine de mercenaires polonais dans une frappe menée dans le nord-est de l’Ukraine dans un contexte de vives tensions entre Moscou et Varsovie.

En conséquence de cette frappe, un détachement de mercenaires d’une compagnie militaire privée polonaise […] a été liquidé dans le village d’Izioumske, dans la région de Kharkiv. Jusqu’à 30 mercenaires polonais ont été éliminés, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

Les combats se poursuivent au Donbass

Dans la plus grande région du Donbass, celle de Donetsk, où des combats se déroulent sur toute la ligne de front, trois personnes ont été tuées et sept blessées, selon la présidence ukrainienne.

La conquête de cette ville permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux en reliant la région du Donbass, en partie contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014, à la Crimée, annexée la même année.

L’autre région de ce bassin minier, celle de Lougansk, a été le théâtre de 24 bombardements qui ont fait deux morts et deux blessés, selon M. Zelensky.

Un militaire ukrainien prépare des tirs de roquettes à Louhansk, dans la région du Donbass. Photo : AFP via Getty Images/Anatolii Stepanov

La Russie, dont l’offensive massive annoncée dans le Donbass n’a toujours pas commencé, peine à prendre le contrôle total de Marioupol, un port stratégique de la mer d’Azov.

Des analystes estiment que le président russe Vladimir Poutine, embourbé en raison de la résistance acharnée des Ukrainiens, veut obtenir une victoire dans le Donbass avant le défilé militaire du 9 mai sur la place Rouge, qui marque la victoire soviétique sur les nazis en 1945.

À Borova, dans la région de Kharkiv, sept civils ont été tués et 27 blessés jeudi dans une attaque russe contre des autobus d’évacuation, selon le gouvernement ukrainien.

Une enquête a été ouverte pour violation des lois et coutumes de guerre, associée au meurtre avec préméditation, ont précisé les autorités du pays.

Nouvel échange de prisonniers

À Kherson, une région du sud de l’Ukraine qui est partiellement contrôlée par les Russes, un nouvel échange de prisonniers de guerre a eu lieu entre les deux camps.

Après des négociations tendues, nous avons réussi à conclure des accords sur un échange de prisonniers dans la région du village de Possad-Pokrovské, où quatre prisonniers de l’armée russe ont été échangés contre cinq des nôtres, a indiqué le commandement Sud de l’armée ukrainienne sur sa page Facebook.

Plusieurs échanges de militaires et de civils ont déjà eu lieu entre Ukrainiens et Russes depuis le début de l’invasion, le 24 février, sans être systématiquement confirmés par les deux parties.

Kiev a d’ailleurs annoncé jeudi que 30 Ukrainiens avaient été libérés lors d’un échange de détenus, sans préciser le nombre de soldats russes libérés en retour.

Parmi les prisonniers, le Britannique Aiden Aslin, qui est membre de l’armée ukrainienne, suscite une attention particulière. La télévision publique russe a diffusé jeudi soir des images du jeune homme, menotté et présentant une coupure au front.

Dans une entrevue accordée au Daily Telegraph, sa mère a demandé aux Russes de respecter la convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de traiter son fils avec humanité.

Il semble déjà qu’il ait été battu. Il est temps pour le gouvernement britannique de s’impliquer pour assurer la libération d’Aiden, a-t-elle ajouté.

Selon la dernière mise à jour du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR), plus de cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe.

Les gens continuent de fuir massivement l’Ukraine. Photo: Getty Images/Joe Raedle

Avec Radio-Canada avec Agence France-Presse

Mali : les journalistes sous pression

mars 22, 2022
La presse malienne se déchire pour savoir s’il faut ou non traiter de certains sujets sécuritaires (photo d’illustration) A man buys a newspaper whose headlines announce a major drawdown of France’s military presence in the Sahel, where forces have been battling jihadist insurgents for nearly a decade, in Bamako on June 11, 2021. – French President announced on June 10, 2021 that the existing Barkhane operation would end, with France’s presence becoming part of the so-called Takuba international task force in which « hundreds » of French soldiers would form the « backbone » © ANNIE RISEMBERG/AFP

Suspensions de médias étrangers, attaques contre la presse malienne, défense d’un journalisme « patriotique » soutenant les autorités… À Bamako, la liberté d’informer est de plus en plus menacée.

Jeudi 17 mars, les autorités maliennes ont suspendu la diffusion de RFI et de France 24 pour des reportages mettant en cause l’armée dans des exactions visant des civils. Un mois plus tôt, l’envoyé spécial de Jeune Afrique était expulsé du pays, faute de détenir une accréditation dont le gouvernement a gelé le processus d’obtention. Depuis plusieurs mois, la pression s’est accrue sur les médias travaillant au Mali. Les correspondants de France 24 et de RFI, notamment, sont dans le viseur d’organisations réputées proches de la junte au pouvoir, comme le Collectif pour la défense des militaires (CDM), qui ont publié plusieurs communiqués appelant à renvoyer ces journalistes étrangers, qualifiés de « propagandistes » au service de l’État français.

Entre communiqués incendiaires, déversements de haine sur les réseaux sociaux, convocations au ministère de la Communication ou encore appels à faire du « journalisme optimiste » œuvrant à la « reconstruction du Mali », le travail des journalistes étrangers a largement été commenté. Celui des médias maliens, beaucoup moins.

Rédactions « à couteaux tirés »

Pourtant, dans ce climat d’intimidation, la presse locale fait face à un rétrécissement de sa liberté d’informer, menacée par des pressions qui poussent à l’auto-censure. « Au sein de la rédaction, les journalistes sont devenus beaucoup plus prudents dès qu’il s’agit de traiter un sujet portant sur la sécurité. Tout ce qui concerne l’armée malienne, qui est actuellement la question la plus délicate, suscite désormais le débat », explique un journaliste malien sous couvert d’anonymat.

Selon le reporter, les conférences de rédactions se déroulent désormais « à couteaux tirés » pour savoir s’il faut ou non traiter de certains sujets sécuritaires. Derniers exemples en date ? Une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montrant des corps calcinés dans le centre du pays et pour lesquels certaines sources locales mettent en cause la responsabilité des Forces armées maliennes (Fama). « Ces dernières semaines, il y a aussi eu l’assassinat de citoyens mauritaniens, le rapport de Human Rights Watch accusant l’armée d’exactions… Les débats ont été nourris au sein de la rédaction », explique le journaliste.

SI ON N’ENCENSE PAS L’ACTION DE L’ARMÉE MALIENNE OU DE LA TRANSITION, C’EST FORCÉMENT QU’ON EST CONTRE EUX

Dans de nombreuses rédactions maliennes, le fossé s’est élargi : d’un côté, ceux qui défendent le devoir du journalisme d’informer sans parti pris et refusent de passer sous silence certains événements. De l’autre, ceux qui souhaitent encourager « la montée en puissance » de l’armée prônée par les autorités et craignent que certaines informations mettant en cause les Fama ne démoralisent les troupes dans leur lutte contre le terrorisme.

« Journalisme patriotique »

« On nous dit aujourd’hui qu’il faut prendre partie, il n’y a plus de neutralité. Certains ont le sentiment que se joue une guerre de l’information et que les journalistes maliens doivent choisir leur camp. Si on n’encense pas l’action de l’armée malienne ou de la transition, c’est forcément qu’on est contre eux », constate notre source.

Une position manichéenne et contraire à la neutralité nécessaire au métier de journaliste, qui est notamment défendue par les organisations faîtières représentant les médias dans le pays. Ainsi, la Maison de la presse, dans un communiqué publié en janvier 2022, invitait à « plus de responsabilité, de professionnalisme et surtout de patriotisme dans le traitement de l’information ». Deux mois plus tard, suite à la suspension de RFI et de France 24, l’organisation a appelé à « œuvrer à soutenir les forces armées et de sécurité dans le noble combat contre le terrorisme » quand l’Union des journalistes du Mali dénonçait « sans réserve l’acharnement des médias étrangers contre notre armée nationale dans ce contexte très difficile pour notre pays ».

IL NE FAUDRA PAS ÊTRE SURPRIS DE VOIR DES DESCENTES POLICIÈRES DANS LES RÉDACTIONS ET DES FERMETURES DE JOURNAUX MALIENS

Si elles visent plutôt les médias étrangers, ces déclarations n’en sont pas moins une menace « à peine voilée » à destination de la presse malienne, estime un autre journaliste bamakois, qui, signe des temps, a lui aussi souhaité rester anonyme. « Ce qui se passe aujourd’hui avec RFIFrance 24 ou Jeune Afrique, ce n’est qu’une étape. La suivante visera les journalistes maliens », estime ce reporter qui, après dix ans de carrière, s’inquiète de l’avenir de la presse dans son pays.

« Demain, il ne faudra pas être surpris de voir des descentes policières dans les rédactions et des fermetures de journaux maliens. Il y a de quoi être pessimiste quant à l’avenir du journalisme critique dans notre pays, même s’il est objectif », anticipe-t-il.

Campagnes de haine sur les réseaux

S’il n’a pas reçu de menaces ou d’intimidations directes des autorités, ce journaliste observe les campagnes haineuses dont les journalistes maliens « à contre-courant de la tendance actuelle » font l’objet. Il pointe notamment les « vidéo-mans », des internautes anonymes qui créent et diffusent des montages vidéos, souvent diffamatoires et aux relents complotistes, ciblant la presse, l’armée française ou encore la Cedeao. « Ces vidéo-mans, que l’on soupçonne de travailler pour certaines personnalités au sommet de l’État, s’attaquent particulièrement aux journalistes qui critiquent le gouvernement. Ils mènent des campagnes dans lesquelles on est qualifiés d’apatrides, de vendus, de Maliens qui n’aiment pas leur pays », explique notre interlocuteur.

Ces intimidations ont également un effet sur les sources des journalistes qui, par crainte de représailles, sont de plus en plus nombreuses à ne plus vouloir décrocher leur téléphone. « Certains ont peur d’être enfermés pour une opinion dissidente, d’autre craignent de faire l’objet d’une cabale dans l’opinion publique », analyse notre journaliste.

Un amoncellement d’obstacles qui rendent le travail au quotidien « très difficile », nous dit-il. D’autant que s’y ajoute une pression financière déjà forte. « L’aide publique à la presse n’est plus disponible depuis près de trois ans, confie un homme de médias. Et aujourd’hui, on observe des coupes importantes dans les abonnements de certaines administrations publiques, ce qui représente une perte de revenus importante et augmente la pression sur la ligne éditoriale de certains journaux. »

Avec Jeune Afrique

Mali : 6 soldats tués, 15 Casques bleus blessés dans deux attaques

juin 26, 2021

Un Casque bleu bangladais, lors d’une patrouille près de Gao, en mai 2019 (Illustration).

Le Mali a connu vendredi une nouvelle journée sanglante avec deux attaques, l’une contre un poste militaire dans le Centre, qui a fait six morts, et l’autre contre une position temporaire de l’ONU au Nord, qui a fait 15 blessés.

L’attaque d’un poste militaire dans le village de Boni (Centre) a fait six morts parmi les soldats et un blessé. Dix soldats maliens avaient déjà été tués en février dans ce même village.

Les troupes ont « vigoureusement repoussé » des « attaques simultanées » menées dans ce village vendredi après-midi, ont indiqué les Forces armées maliennes sur leur page Facebook.

Plus tôt dans la journée, 15 Casques bleus des Nations unies, allemands pour la plupart, ont été blessés dans le nord du pays dans une attaque au véhicule suicide contre une position temporaire.

Trois des 12 Casques bleus allemands touchés sont grièvement blessés, a précisé la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. Deux d’entre eux sont dans un état jugé stable tandis que le troisième a été opéré. Tous les blessés ont été évacués de la zone par hélicoptère, a-t-elle ajouté.

Un avion est attendu dans la nuit à Gao, la grande ville proche, pour emporter samedi matin les plus grièvement blessés.

Un soldat belge a également été blessé, a rapporté le ministère belge de la Défense. Il a reçu les premiers soins sur place avant d’être transporté dans un hôpital.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a fait état de quinze blessés dans cette attaque au véhicule piégé menée tôt contre une base temporaire près du village d’Ichagara.

La Minusma avait établi là une position depuis jeudi, le temps de sécuriser une opération de remorquage d’un véhicule de la mission, a indiqué une porte-parole de la mission. Le véhicule à remorquer avait été endommagé jeudi par l’explosion d’un engin explosif artisanal.

L’engin avait explosé au passage d’un convoi de la Minusma qui escortait le déploiement d’un bataillon dit « reconstitué » de l’armée malienne, c’est-à-dire intégrant d’anciens rebelles ayant combattu les forces régulières dans le nord avant la signature d’un accord de paix en 2015, a indiqué une source sécuritaire internationale.

Cible d’attaques

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions indépendantiste et jihadiste dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, malgré le soutien de la communauté internationale et l’intervention de forces de l’ONU, africaines et françaises.

Les indépendantistes ont signé un accord de paix en 2015. Mais le Mali reste en proie aux agissements des groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, aux violences intercommunautaires et aux trafics en tous genres. Les violences se sont propagées au Burkina et au Niger voisins.

La Minusma, forte d’environ 18.300 personnes, dont 13.200 militaires, est régulièrement la cible d’attaques, comme les forces maliennes et françaises. C’est la mission la plus meurtrière pour l’ONU dans le monde.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a condamné « l’attaque ignoble d’aujourd’hui (qui) souligne une fois de plus combien il est important que nous nous opposions aux terroristes ».

La France, qui déplore la mort de 50 soldats dans la région depuis 2013, « condamne avec la plus grande fermeté l’attaque (..), réaffirme son plein soutien à la Minusma, qui exerce un rôle essentiel pour la stabilisation du Mali » et « salue l’engagement des pays qui y contribuent », a également déclaré le ministère français des Affaires étrangères.

Après plus de huit ans d’engagement, le président Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction future de la présence militaire française au Sahel, avec la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d’une alliance internationale associant des Européens.

« La France demeure auprès de l’ensemble de ses partenaires au Sahel pour lutter contre le fléau du terrorisme », a toutefois insisté le Quai d’Orsay.

Elle avait précédemment suspendu ses opérations conjointes avec les forces maliennes à la suite d’un nouveau coup de force des militaires, le deuxième en neuf mois, faisant du colonel Assimi Goïta le président de transition.

L’engagement français au Mali suscite régulièrement des expressions ou des manifestations hostiles, généralement limitées et souvent doublées d’appels à une intervention de la Russie.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : nouvelles attaques attribuées à des jihadistes à Kafolo et Tehini, près du Burkina Faso

mars 29, 2021
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d’illustration.

Une position militaire ivoirienne à Kafolo et un poste de gendarmerie à Tehini, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été la cible d’attaques ce lundi. Les services de sécurité ivoiriens soupçonnent les hommes de la katiba Macina, du jihadiste malien Amadou Kouffa.

L’attaque de Kafolo a été lancée aux premières heures de la journée de ce lundi 29 mars contre un poste avancé de l’armée de Kafolo, situé non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Une autre attaque a été menée à peu près au même moment, visant cette fois un poste de gendarmerie à Kolobougou, dans le département de Téhini, plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina.

Menées par un groupe armé encore non identifié, ces attaques ont fait au moins trois morts – dont deux soldats tués à Kafolo, et un gendarme tué à Kolobougou – et six blessés parmi les hommes des services de sécurité ivoiriens, qui sont cependant parvenus à repousser les assaillants dans les deux cas. Au moins trois d’entre eux ont été tués au cours des affrontements à Kafolo, selon un bilan encore provisoire délivré par une source de Jeune Afrique au sein des services de sécurité ivoiriens. Des armes, des véhicules et des équipements de communication ont été saisis.

« Ce sont les hommes d’Amadou Koufa »

Des renforts de militaires et de gendarmes ont été déployés dans la zone, où une opération de ratissage est en cours pour retrouver les assaillants qui ont pris la fuite. «  Il est clair que le mode opératoire est celui d’une attaque terroriste, confie notre source. Les premiers indices en notre possession montrent que ce sont les hommes de la katiba Macina, du chef terroriste malien Amadou Koufa. »À LIRE [Série] Terrorisme : de Kafolo à Tengrela, comment la Côte d’Ivoire fait face à la menace (2/4)

C’est la seconde fois en moins d’un an que Kafalo est la cible d’une attaque de ce type. Les forces de sécurité avaient déjà payé un lourd tribut lors de l’assaut mené dans la nuit du 10 au 11 juin dernier contre le poste mixte de la gendarmerie et de l’armée, qui avait fait douze morts et huit blessés. Première attaque d’envergure dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’assaut contre le poste militaire de Kafalo avait fortement inquiété dans les milieux sécuritaires, entre préoccupations sur de possibles défaillances et interrogations sur la nécessité de revoir la stratégie face à la menace jihadiste.

Une trentaine de combattants et d’individus suspectés de liens avec des jihadistes avaient été arrêtés dans les jours et semaines suivant l’attaque. Parmi eux, notamment, le Burkinabè Sidibé Ali, dit « Sofiane », chef présumé de l’un des trois commandos à avoir mené l’assaut contre le poste mixte de Kafolo, dont l’arrestation avait été annoncée le 25 juin par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia.

Les services de sécurité ivoiriens sont convaincus que l’attaque de ce lundi 29 mars a été, comme la précédente, perpétrée par les hommes de Sidibé Abdramani – alias « Hamza » -, l’un des lieutenants d’Amadou Koufa qui aurait été envoyé dans cette zone frontalière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire il y a plus de deux ans, avec pour « mission » d’y installer la katiba Macina. Le groupe, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), cherche notamment à recruter de nouveaux combattants dans la région.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Niger: des dizaines de morts dans des attaques près de la frontière malienne

mars 16, 2021

La région de Tillabéri, située à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est régulièrement victime d’attaques terroristes. Ce mardi, des groupes armés ont pris pour cible des villageois qui rentraient d’un marché local.

Des dizaines de personnes ont été tuées ce lundi au Niger dans une série d’attaques menées par des hommes armés près de Banibangou, dans la région de Tillabéri (Ouest) proche du Mali, ont indiqué mardi 16 mars à l’AFP des sources sécuritaires et des villageois.

«Une des attaques a eu lieu hier (lundi) dans l’après-midi et a visé un véhicule transportant des passagers sur l’axe Banibangou-Chinégodar et il y a eu une vingtaine de tués», a indiqué à l’AFP un habitant d’un village joint au téléphone. D’autres attaques visant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi, faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire.

«Ce sont des gens qui étaient venus au marché de Banibangou et qui se dirigeaient vers Chinégodar», a affirmé un autre villageois sans avancer de bilan. Un élu local et une source préfectorale ont assuré «être au courant d’attaques», mais sans pouvoir donner de bilan ni les circonstances de ces attaques. D’autres attaques ciblant des villages ont été perpétrées dans la soirée de lundi vers 18H00 locales (17H00 GMT) par «des bandits armés», faisant «une trentaine de tués», selon une source sécuritaire. Ces attaques n’ont pas été confirmées par le gouvernement dans l’immédiat.

La zone des «trois frontières», un territoire instable

Banibangou abrite un des plus importants marchés hebdomadaires de cette zone, à proximité de la frontière malienne. Située dans la zone dite des «trois frontières» entre Niger, Burkina et Mali, la région de Tillabéri est depuis des années le théâtre d’actions sanglantes de groupes djihadistes et demeure instable malgré d’importants efforts pour tenter de la sécuriser.

Le 2 janvier, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé située dans cette région, un des pires massacres de civils au Niger, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un an auparavant, le 9 janvier 2020, 89 soldats nigériens avaient été tués dans l’attaque du camp militaire de Chinégodar.

Et un mois plus tôt, le 10 décembre 2019, ce sont 71 soldats nigériens qui avaient péri dans une attaque à Inates, une autre localité de la région de Tillabéri. Ces deux attaques qui avaient traumatisé le pays avaient été revendiquées par des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI).

Par Le Figaro avec AFP

Gabon/ Attaques de pirates près de Libreville: 1 mort et 4 kidnappés

décembre 22, 2019

Des pirates ont attaqué dans la nuit de samedi à dimanche quatre navires, en rade de Libreville, tuant un commandant de bord gabonais et enlevant quatre employés chinois, ont annoncé dimanche les autorités gabonaises. Ces attaques sont survenues dans l’Estuaire du Gabon, en rade de Libreville, une zone habituellement préservée des incursions pirates bien que située dans le golfe de Guinée, nouvel épicentre de la piraterie maritime mondiale.

«Dans la nuit du 21 au 22 décembre 2019, dans la rade de Libreville, des attaques pirates ont été perpétrées (…) contre quatre navires», a précisé le porte-parole du gouvernement gabonais Edgard Anicet Mboumbou Miyakou dans une allocution vidéo. «Ces attaques ont malheureusement entraîné le décès d’un commandant de bord de nationalité gabonaise et l’enlèvement de quatre employés (…) de nationalité chinoise», a-t-il ajouté. Les forces de défenses et de sécurité «ont engagé des actions» afin «de sécuriser la zone et de rechercher les auteurs avec la coopération d’Interpol et des organismes sous-régionaux», a poursuivi le porte-parole.

Ces attaques, menées à bord d’embarcations rapides par des assaillants non-identifiés, se sont produites au mouillage de ces navires au près de la capitale gabonaise, située sur la rive droite de l’estuaire du Gabon. Parmi les navires attaqués, deux sont des bateaux de pêche appartenant à l’entreprise sino-gabonaise Sigapêche. Les quatre Chinois enlevés sont des employés de cette société. Le troisième appartient à la société de transport maritime Satram, basée à Port-Gentil au Gabon, pour laquelle travaillait le commandant de bord tué. Le dernier est un cargo, le «Tropic dawn», battant pavillon panaméen.

Le Golfe de Guinée, qui s’étend des côtes du Sénégal à celles de l’Angola en passant par celles du Nigeria, sur 5700 km, est devenu ces dernières années un repaire de pirates et le nouvel épicentre de ce type d’attaques, pillages de navires et kidnappings contre rançons, ravissant la vedette au Golfe d’Aden. Le 4 novembre, deux Philippins, un Grec et un Géorgien membres d’équipage d’un pétrolier battant pavillon grec avaient été enlevés au large de la capitale économique togolaise Lomé. Deux jours plus tôt, neuf marins philippins d’un cargo norvégien avaient été kidnappés en rade même du port de Cotonou, capitale économique du Bénin. Et le 15 août, 17 marins philippins et ukrainiens avaient été emmenés par des pirates qui avaient attaqué deux navires commerciaux au mouillage au large de Douala, le grand port camerounais. Ils ont été libérés quelques semaines plus tard, selon le Bureau Maritime International (BMI) qui ne précise pas les conditions de leur libération.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’Arabie saoudite accuse l’Iran des attaques contre les pétroliers

juin 16, 2019

Sa

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane BANDAR ALDANDANI / AFP

 

Téhéran, également accusé par les Etats-Unis de ces attaques, a nié toute implication.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a accusé dimanche 16 juin l’Iran, grand rival de son pays dans la région, des attaques contre les deux tankers en mer d’Oman jeudi.

«Le régime iranien n’a pas respecté la présence du premier ministre japonais à Téhéran et à répondu à ses efforts (diplomatiques) en attaquant deux pétroliers, dont l’un était japonais», a déclaré le prince dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat.

L’Iran, également accusé par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de ces attaques, a nié avec véhémence toute implication.

Les attaques sont survenues près du détroit d’Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde. Elles ont visé jeudi un navire japonais transportant du méthanol et un pétrolier chypriote transportant du naphta, au moment où le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe était en visite à Téhéran dans l’espoir d’apaiser les tensions entre Iran et Etats-Unis.

«Nous ne voulons pas une guerre dans la région (…) Mais nous n’hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux», a averti MBS.

L’Iran, riverain du détroit d’Ormuz, a menacé à plusieurs reprises de le bloquer en cas d’attaque des Etats-Unis.

Plus tôt samedi, le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Falih, avait quant à lui demandé «une réponse prompte et décisive aux menaces sur les approvisionnements en énergie» découlant des «récents actes terroristes

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les attaques dans la mer d’Oman sont «signées par l’Iran», accuse Trump

juin 14, 2019

 

Donald Trump a affirmé vendredi que les attaques contre deux pétroliers dans la mer d’Oman dans la région du Golfe étaient «signées» de l’Iran, s’appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone.

«L’Iran a fait ceci», a déclaré le président américain sur Fox News. «On voit le bateau, avec une mine qui n’a pas explosé et c’est signé par l’Iran». L’attaque, qui s’est produite jeudi près du détroit d’Ormuz, n’a pas été revendiquée et l’Iran a démenti en être responsable.

Donald Trump a écarté le risque d’une éventuelle longue fermeture du détroit stratégique par Téhéran. Les Iraniens «ne vont pas fermer (le détroit). Il ne va pas être fermé, il ne va pas être fermé pendant longtemps et ils le savent. Cela leur a été dit dans les termes les plus forts», a poursuivi le président américain.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a dès jeudi affirmé lors d’une allocution solennelle que «le gouvernement des Etats-Unis estim(ait) que la République islamique d’Iran (était) responsable des attaques de ce jour en mer d’Oman». Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d’attaques d’origine indéterminée en mer d’Oman, un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Emirats arabes unis. Washington avait alors déjà montré du doigt Téhéran.

L’Iran, où se trouvait jeudi le premier ministre japonais Shinzo Abe, a démenti toute implication dans ces différentes attaques.

Par Le Figaro.fr avec AFP