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États-Unis/Destitution de Trump: premières auditions publiques au Congrès le 13 novembre

novembre 6, 2019

 

Les premières auditions publiques de témoins dans l’enquête en vue de destituer Donald Trump démarreront la semaine prochaine avec des diplomates, ont annoncé mercredi les démocrates qui soupçonnent le président américain d’avoir abusé de ses pouvoirs dans l’affaire ukrainienne.

Avec ces auditions retransmises à la télévision, l’enquête pour constituer un dossier d’accusation («impeachment») contre Trump au Congrès entrera dans une nouvelle phase. Ces diplomates pourraient offrir des témoignages publics embarrassants après avoir déjà été entendus à huis clos lors d’auditions-fleuves par les commissions qui mènent l’enquête à la Chambre des représentants. «Ces auditions publiques seront l’occasion pour les Américains de jauger les témoins par eux-mêmes, de décider de la crédibilité des témoins mais aussi de découvrir les informations de première main sur les méfaits du président», a déclaré à des journalistes le chef démocrate de la commission du Renseignement, Adam Schiff.

Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. Les auditions débuteront le 13 novembre avec William Taylor, chargé d’affaires américain à Kiev, et George Kent, un haut responsable du département d’Etat spécialiste de l’Ukraine. Les parlementaires entendront ensuite le 15 novembre l’ex-ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que Trump avait critiquée lors de l’appel à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur du dossier.

Les démocrates ont commencé à publier les comptes-rendus des premiers entretiens à huis clos. Celui de William Taylor est attendu mercredi. Lors de son audition, le 11 octobre, Marie Yovanovitch avait indiqué s’être sentie menacée en découvrant le contenu de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien. Lors de cet échange téléphonique, le 25 juillet, Trump avait demandé à Zelensky d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter. Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un «abus de pouvoir», les démocrates se sont engagés sur la voie périlleuse d’une enquête pour «impeachment» à la Chambre, où ils sont majoritaires. Les républicains détiennent la majorité au Sénat.

Au cours du même appel, Trump avait critiqué Marie Yovanovitch alors qu’elle avait été rappelée à Washington. «Il va lui arriver des choses», avait-il déclaré.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Zuckerberg au Congrès: des excuses, des promesses maos pas de révolution

avril 11, 2018

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant une commission de la Chambre des représentants le 11 avril 2018 à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Pendant dix heures d’auditions mardi et mercredi, Mark Zuckerberg a défendu vigoureusement Facebook et refusé de remettre en cause le modèle économique du réseau social, renvoyant ainsi la balle aux parlementaires qui souhaiteraient imposer une forme de régulation du secteur, que lui-même juge « inévitable ».

Costume et cravate sombres, les yeux rougis par la fatigue, le PDG de Facebook est passé mercredi sur le grill d’une commission parlementaire à la Chambre des représentants qui l’ont assailli de questions. Il a tenté, comme la veille au Sénat, de déminer le terrain après des semaines de critiques violentes.

Au menu essentiellement: la lutte contre la manipulation politique et la protection des données personnelles des utilisateurs après le retentissant scandale Cambridge Analytica, du nom de la firme britannique qui a mis la main à leur insu sur les données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs.

Comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises, Mark Zuckerberg, prudent, a fait amende honorable pour les « erreurs » passées, et a écouté sans broncher les remontrances des parlementaires lui demandant des comptes et menaçant de réguler internet et les réseaux sociaux. Il ne s’est pas montré hostile sur le principe, tout en prenant soin d’élargir la problématique au-delà de Facebook.

« L’importance d’internet grandit dans le monde et je pense inévitable une certaine forme de régulation », a-t-il dit, tout en affirmant que celle-ci devait être « étudiée attentivement » pour ne pas entraver les petites sociétés.

Il s’est aussi montré fataliste, prévenant que « même 20.000 personnes » ne peuvent pas regarder tous les contenus sur le réseau pour les filtrer. C’est pour lui une façon de signifier que Facebook fait son maximum mais que la balle est désormais dans le camp des législateurs.

Le représentant Frank Pallone, entre autres, a appelé le Congrès à « prendre des mesures immédiates pour protéger notre démocratie ». « Les avertissements étaient partout, pourquoi personne ne les a vus? », a-t-il demandé.

– « Frankenstein et Peter Pan » –

« Ces auditions sont une étape importante pour l’avenir des réseaux sociaux. C’est une première étape vers l’écriture d’une réglementation indispensable », estime Jennifer Grygiel, spécialiste du sujet à l’université américaine de Syracuse. Mais pour l’association de consommateurs Consumer Watchdog, l’exercice n’était guère motivé que par un problème de « relations publiques ».

Pendant les deux auditions, Mark Zuckerberg a expliqué inlassablement comment fonctionnait le réseau social et affirmé que Facebook « ne vend pas de données » aux annonceurs publicitaires. Il a aussi défendu bec et ongles le modèle économique de son réseau social, qu’il juge « sûr » et qui ne constitue en rien un « monopole » malgré ses plus de deux milliards d’utilisateurs.

Au point parfois de refuser de répondre directement aux questions, comme le lui ont reproché plusieurs élus. A une représentante qui lui demandait s’il était prêt à changer le modèle économique de Facebook, actuellement gratuit car financé par la publicité, « dans l’intérêt de la protection de la vie privée », il a répondu : « je ne suis pas sûr de ce que cela veut dire ».

Il a aussi laissé des questions sans réponse claire, notamment sur le fait de savoir pourquoi il n’avait pas alerté dès 2015 sur Cambridge Analytica. « Nous aurions dû le faire, c’était une erreur », a-t-il dit.

De fait, l’échange entre les parlementaires et le jeune dirigeant a parfois tourné au dialogue de sourds, tant certains élus, en particulier au Sénat mardi, semblaient mal maîtriser les enjeux technologiques et économiques du débat.

« Personne ne pourra réglementer efficacement Facebook tant que les législateurs n’auront pas une connaissance juste de comment il fonctionne », a commenté Danna Young, enseignante en communication à l’université du Delaware.

Quant à M. Zuckerberg, « il est atteint à la fois des syndromes Frankenstein et Peter Pan. Il est dépassé par sa création et fait dans le même temps preuve d’une naïveté, vraie ou fausse qui interroge », résume Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information à l’université française de Nantes.

M. Zuckerberg a aussi pris soin de ménager la Commission européenne en qualifiant « d’étapes positives » le Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entre en vigueur le 25 mai. Ce qui lui a valu les remerciements ironiques de Vera Jourova, la commissaire européenne à la Justice et à la Protection des consommateurs: « Je cherchais comment faire campagne pour notre règlement sur la protection des données. Voilà, c’est fait ».

En revanche, la prestation de M. Zuckerberg a semblé satisfaire les investisseurs: l’action Facebook a repris des couleurs mardi et mercredi en Bourse après avoir beaucoup dégringolé depuis la mi-mars.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2018 01h31)                

Facebook: le mea culpa de Zuckerberg, devant le Congrès cette fois

avril 10, 2018

Mark Zuckerberg au Congrès à Washington le 9 avril 2018 / © AFP / JIM WATSON

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a prévu lors d’auditions très attendues au Congrès mardi et mercredi d’endosser personnellement la responsabilité des « erreurs » commises par le réseau social, qui n’a pas su anticiper les mauvais usages de la plateforme.

Il est arrivé au Capitole lundi, accompagné de son épouse Priscilla Chan, pour rencontrer des parlementaires avant ces auditions, prévues d’abord au Sénat puis à la Chambre des représentants. Poursuivi par une meute de journalistes et escorté par des policiers, le dirigeant de 33 ans a troqué son traditionnel t-shirt pour un costume-cravate sombre.

Ce sera la première fois que le multimilliardaire passe sur le grill des élus américains, très remontés contre Facebook, empêtré dans des polémiques à répétition qui ont pris une tournure retentissante mi-mars avec l’éclatement du scandale Cambridge Analytica.

« Nous faisons face à un nombre important de débats à propos de la (protection de la) vie privée, de la sécurité et de la démocratie et vous aurez légitimement des questions difficiles à me poser », compte dire Mark Zuckerberg aux commissions parlementaires, selon le texte de son intervention diffusé lundi.

Tournant dans l’histoire du groupe selon les uns, simple exercice de relations publiques pour les autres, ce témoignage sera en tout cas un test pour le dirigeant, qui peine à se défaire d’une image de « geek » arrogant et peu à l’aise en public. Comme depuis des semaines, il fera amende honorable, répètera avoir péché par « idéalisme » et « optimisme » et détaillera les mesures passées ou à venir pour rectifier les errements d’autrefois.

– Rendre des comptes –

« Il est évident aujourd’hui que nous n’avons pas fait assez pour empêcher (Facebook) d’être utilisé de façon mal intentionnée (…). Nous n’avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c’était une grosse erreur. C’était mon erreur et je suis désolé », a-t-il prévu de dire.

Mais il aura fort à faire pour attendrir les parlementaires, qui sont nombreux à se dire décidés à légiférer pour mieux encadrer Facebook et les groupes internet en général. Pour beaucoup, l’heure de rendre des comptes a sonné.

« Si (Facebook) peut in fine miner nos institutions démocratiques, il va falloir que nous fassions quelque chose pour nous protéger », a déclaré lundi à la presse le sénateur démocrate Bill Nelson après avoir rencontré Mark Zuckerberg.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le républicain John Kennedy ne se dit pas forcément en faveur d’une régulation. Mais « ma principale inquiétude, c’est que Facebook ne sache pas » remédier de lui-même aux problèmes, a-t-il dit.

M. Zuckerberg tentera d’expliquer comment les données de quelque 87 millions d’utilisateurs se sont retrouvées entre les mains de la firme d’analyse de données Cambridge Analytica (CA). Cette dernière travailla ensuite pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

Il devra aussi expliquer pourquoi il a attendu 2014 pour décider de limiter l’accès aux données personnelles par les applications tierces, comme celle par laquelle ont transité les informations récupérées par CA.

Le groupe aux plus de deux milliards d’utilisateurs est aussi vilipendé depuis des mois pour avoir servi –comme Google ou Twitter– d’outil de désinformation et de manipulation politique, orchestrée selon la justice américaine par le Kremlin dans le but de favoriser l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Moscou a toujours nié.

Regagner la confiance de ses utilisateurs est crucial pour le groupe car son modèle économique est fondé sur l’exploitation des données personnelles, qui permettent aux annonceurs de cibler finement leurs messages publicitaires.

Facebook, qui fait l’objet d’enquêtes et de plaintes tous azimuts des deux côtés de l’Atlantique, a commencé lundi à informer ses utilisateurs dont les données ont pu arriver chez CA.

Parmi les autres annonces récentes: vérifier l’identité des personnes ou organisations diffusant des messages électoraux ou politiques, clarifier les paramètres de confidentialité ou encore collaborer avec des chercheurs indépendants sur son influence dans les élections et la démocratie.

Jusqu’ici, Facebook assure ne pas observer d’impact financier malgré un mouvement appelant les utilisateurs à quitter le réseau social et les inquiétudes d’annonceurs publicitaires. Son action a toutefois chuté de près de 15% à Wall Street depuis la révélation de l’affaire.

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2018 14h27)