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Canada: Quel avenir pour l’autopartage et le covoiturage?

juin 7, 2020

 

Un véhicule Communauto
© /Communauto Un véhicule Communauto
Le déconfinement se fait une étape à la fois, mais les déplacements interurbains n’ont pas encore repris leur cadence habituelle. Pendant que les autocars sont sur pause, l’autopartage et le covoiturage tentent de regagner du terrain.

La pandémie a eu de lourdes répercussions sur des compagnies comme Amigo Express et Communauto. «C’est que le télétravail permet de remplacer une partie des déplacements interurbains pour affaires ou pour études», souligne Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.

Amigo Express, qui offre un service de covoiturage interurbain, a enregistré des pertes de 95 % à 98 % durant la pandémie. «On s’en va vers l’inconnu», laisse entendre le directeur du service à la clientèle, Jean-Sébastien Ouellet.

Les réservations sont en chute libre et l’entreprise ne sait pas à quoi s’attendre pour les prochaines semaines et les prochains mois. «On suit de près les recommandations du gouvernement», dit-il.

L’entreprise d’autopartage Communauto a aussi enregistré une diminution de 60 % à 70 % de son achalandage habituel. Le déconfinement permet à l’entreprise de Québec de retrouver peu à peu son erre d’aller.

«On voit que les gens cherchent des solutions comme l’autopartage, mais à long terme ou moyen terme, ça va être un peu plus compliqué à comprendre. C’est clair que les gens se déplacent moins et utilisent plus le transport actif», admet Marco Viviani, vice-président chez Communauto.

L’entreprise avait offert des voitures gratuitement aux travailleurs de la santé et une baisse de tarif pour les réservations de longue durée.

92 % des employés d'Amigo Express ont été temporairement mis à pied.

© /iStock 92 % des employés d’Amigo Express ont été temporairement mis à pied.

Se déplacer d’une ville à l’autre

Au coeur des villes, comme à Québec par exemple, plusieurs semblent avoir opté pour la marche à pied ou le vélo comme moyen de locomotion. Le transport en commun doit aussi revenir au service régulier, comme c’est le cas du Réseau de transport de la Capitale (RTC) dès le 20 juin.

Toutefois, tant qu’Orléans Express n’aura pas repris ses activités, les Québécois devront se tourner vers la location de véhicule, l’autopartage ou le covoiturage pour se déplacer entre les villes.

«Ce qu’il faut éviter c’est que toutes ces personnes-là se retournent vers l’utilisation de l’automobile privée», prévient Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.

D’ailleurs, l’entreprise d’autopartage Communauto a enregistré une hausse des réservations de longue durée, ce qui peut laisser présager des changements dans le comportement des utilisateurs.

«Des personnes qui savent qui ont plusieurs déplacements à faire dans la semaine, parce qu’ils sont des travailleurs essentiels ou parce qu’ils ont plusieurs commissions à faire et qu’ils préfèrent avoir un véhicule à leur disposition pour une plus longue période», explique Marco Viviani.

Il rappelle que l’autopartage n’est pas une solution sur le long terme. «Il y a des phénomènes qui vont dans des directions opposées, c’est difficile de savoir un peu, qu’est-ce que ça va être le futur. À court terme, on voit qu’il y a un engouement pour l’autopartage.»

Le nombre de nouveaux abonnés a monté rapidement dans les dernières semaines, note-t-il.

Le service d'autopartage Communauto a été fondé à Québec.

© /Radio-Canada Le service d’autopartage Communauto a été fondé à Québec.

Retour à la normale

Chez Amigo Express, Jean-Sébastien Ouellet croit que l’ouverture des régions et le déconfinement amènent un peu d’espoir, mais les projections pour l’automne ne sont pas encourageantes, étant donné que les étudiants seront nombreux à suivre des cours à distance.

Malgré l’incertitude, Jean-Sébastien Ouellet, qui précise que 92 % des employés ont été mis à pied temporaire, réitère la nécessité et l’utilité du covoiturage.

De son côté, Communauto rappelle que tous les véhicules sont nettoyés une fois par semaine. Il recommande aussi aux utilisateurs de se laver les mains avant et après le voyage. Le nettoyage des surfaces est aussi recommandé.

Pour ce qui est du tourisme interurbain, Étienne Grandmont croit que certains vont se tourner vers la location de véhicule, mais d’autres vont peut-être en profiter pour redécouvrir leur région. «C’est une belle occasion de découvrir sa ville, sa région, de le faire à vélo et à pied. Redécouvrir sa ville et son environnement», lance-t-il.

Avec Radio-Canada

« L’Afrique est l’avenir de la France »

mai 1, 2017

 

Le banquier d’affaires Ibrahim Magassa invite les candidats à la présidentielle française à enrayer le déclin du pays en faisant le pari de l’émergence du continent.

Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, en 2017. Crédits : Luc Gnago/REUTERS

Pour retrouver le prestige qu’elle mérite, la France, notre pays, aspire à une véritable révolution dans les cœurs et les esprits. A condition que les programmes proposés par les candidats à l’élection présidentielle redoublent, au second tour plus encore qu’au premier, d’audace et d’imagination.

Avec une population de 67 millions d’habitants, un taux de chômage de près de 10 % de la population active, un PIB de 2 806 milliards d’euros, une croissance non dynamique de 1,2 %, un endettement record de 2 200 milliards d’euros (et 50 milliards d’euros annuels d’intérêts), un taux de prélèvements obligatoires de 47,7 % et une durée du travail limitée à 35 heures, la France peut et doit retrouver son lustre d’antan en ouvrant quatre grandes portes : un engagement fort dans l’écologie et les services numériques ; un accroissement du temps de travail (pas la durée légale) et un renforcement de l’entreprenariat ; une forte promotion de l’innovation et des start-up, un équivalent français de la Silicon Valley ; et enfin un vaste plan de croissance basé sur les débouchés de marché en Afrique.

Réussir ensemble ou échouer séparément

Pourquoi l’Afrique ? Tout simplement parce que la relance économique de la France et l’émergence de l’Afrique constituent un seul et même problème : nous réussirons ensemble ou nous échouerons séparément. La population de l’Afrique francophone – 402 millions de personnes soit un tiers de la population du continent – est jeune et dynamique et, surtout, peut représenter un marché tout aussi important que celui de l’Union européenne dont la population était de 510 millions d’habitants en 2016.

Avec l’ambition de devenir émergente à l’horizon 2020, la Côte d’Ivoire, sous la présidence d’Alassane Ouattara, en offre une belle illustration : une croissance moyenne de 9 % par an avec un plan d’investissements de 60 milliards de dollars (55 milliards d’euros) sur cinq ans. Les besoins en énergie de la Côte d’Ivoire s’élèvent à 20 milliards d’euros. Les besoins en eau, en infrastructures, dans l’agriculture, les télécommunications, la santé, l’éducation, sont tout aussi importants. Au total, le besoin en investissements des 26 pays francophones du continent porte sur 1 500 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Pour la France, c’est une aubaine à saisir.

Une croissance supplémentaire de 5 % de son PIB représenterait annuellement 140,3 milliards d’euros supplémentaires, soit plus de 700 milliards durant le prochain quinquennat ! Comment la France pourrait-elle financer un tel programme avec de 2 200 milliards d’euros de dette et un PIB de 2 806 milliards d’euros, s’interrogeront les moins audacieux ?

En mettant en œuvre un nouveau plan Marshall, un montage financier global portant sur un portefeuille de programme sécurisé et économiquement viable dans le cadre d’un vaste fonds de développement durable en Afrique francophone, conduit et piloté par la France, au profit de l’Etat et des entreprises françaises – et non par l’Europe qui ne partage quasiment rien avec l’Afrique francophone. Comme en 1947 entre les Etats-Unis et l’Europe, il s’agirait d’un vaste partenariat public-public, soutenu par la Banque de France et le Fonds monétaire international (FMI), dans des secteurs porteurs, profitables et en adéquation avec les Objectifs du millénaire (ODM). La dernière étude annuelle de la Banque de France sur la composition et l’évolution des placements des ménages (4 300 milliards d’euros en 2016) confirme la réputation de champions de l’épargne des Français, qui pourraient trouver là une bien meilleure rémunération en participant à la relance de l’économie française et à l’émergence de l’Afrique.

Inverser la courbe de l’immigration

Je comprends fort bien qu’une nation qui se morfond devant le spectacle de son propre affaiblissement, qu’un pays en équilibre instable sur le fil de sa propre histoire éprouve quelques hésitations à se projeter vers de nouveaux horizons et préfère la nostalgie paresseuse à une aventure exaltante mais pleine d’imprévus. Pourtant, il faudra bien un jour que notre grande nation renonce à se satisfaire de ce qu’elle a été et se décide enfin à construire la grande nation qu’elle peut être à nouveau demain.

Les combattants de la République refusent dans leur immense majorité d’avoir à choisir entre le redressement de la France et sa vocation à s’ouvrir au monde et à parler en son nom. Seule une stratégie radicalement innovante nous permettra de tourner résolument la page du pessimisme et du déclin.

Cette stratégie consiste à s’ouvrir au monde et à considérer que le problème français et la question de l’Afrique doivent s’exprimer et se résoudre en une seule et même équation : il n’est pas possible de susciter un immense mouvement de renaissance de la France sans l’associer étroitement à la montée en puissance de l’émergence de l’Afrique. Allons plus loin : si l’on veut éviter que de plus en plus de jeunes Africains rêvent de s’exiler en France, il faut tout autant que des jeunes Français caressent l’idée de s’expatrier durablement en Afrique ! Je n’hésite pas à exprimer ici ce conseil dérangeant : jeunes Français, allez en Afrique pour aider les Africains à y rester ! Le temps est venu d’inverser la courbe de l’immigration, en encourageant nos compatriotes à investir massivement et à travailler durablement en Afrique. Le temps est venu de stopper le mouvement de fuite des cerveaux et d’inciter les jeunes Français à s’expatrier : que les tablettes remplacent les roquettes, le développement, la croissance et la paix ne pourront qu’y gagner.

Le monde.fr par Ibrahim Magassa, citoyen français, est banquier d’affaires et cofondateur de l’Afrique Business Club.

L’empereur du Japon va s’adresser au peuple pour évoquer son avenir

août 7, 2016

L’empereur du Japon Akihito le 23 décembre 2015 à Tokyo.

L’empereur du Japon Akihito le 23 décembre 2015 à Tokyo. ? Thomas Peter / Reuters / REUTERS
L’empereur va parler. Le 8 août à 15 heures, heure du Japon, l’archipel découvrira le message vidéo de son souverain Akihito. Un moment rare, puisque depuis 1945, les empereurs du Japon ne se seront directement adressés au peuple que trois fois. La première quand Hirohito (1901-1989) a annoncé la reddition nippone à la fin de la deuxième guerre mondiale, le 15 août 1945. La seconde, par Akihito, cinq jours après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011.

Cette fois, la question tournera autour de l’avenir du souverain, sur fond de rumeurs autour de sa possible abdication avant 2020 au profit de son fils aîné, Naruhito, 56 ans, évoquée par les médias le 13 juillet. Le premier ministre, Shinzo Abe, doit également s’exprimer le 8 août, en réaction à cette intervention.

Lire aussi :   Japon : l’empereur s’adressera à la nation lundi

« Symbole de l’Etat et de l’unité du peuple »

En tant que « symbole de l’Etat et de l’unité du peuple » selon la Constitution, Akihito a toujours accordé une grande importance aux devoirs liés à sa charge. Mais le 125e empereur du Japon, monté sur le trône en 1989, est aujourd’hui âgé de 82 ans.

S’il semble plutôt en forme, Akihito a souffert d’une grippe cet hiver. En 2012, il a subi un pontage coronarien, un an après avoir été soigné pour une pneumonie. En 2003, il avait été traité pour une tumeur à la prostate. Il a ces dernières années réduit ses activités protocolaires et aurait fait part à son entourage de ses inquiétudes sur sa capacité à continuer.

En décembre 2015, il avait confié avoir commis des erreurs lors de cérémonies et sentir le poids des ans. L’idée de l’abdication aurait été évoquée. Selon les médias locaux, Akihito s’inspirerait de l’exemple du pape Benoît XVI, qui a cédé sa place en 2013 à François, ou de la reine Béatrice des Pays-Bas, qui a abdiqué la même année à l’âge de 75 ans.

La définition du rôle de l’empereur fixée par la Constitution lui interdisant toute activité à caractère politique, elle l’empêche de mentionner explicitement le mot « abdication ». D’après l’agence de la Maison impériale, pendant son intervention du 8 août, le souverain présentera son opinion sur les devoirs de sa charge et ne devrait que suggérer son désir d’abdiquer.

Pour une abdication, Il faudrait modifier l’actuelle législation sur la Maison impériale, adoptée en 1946, qui ne prévoit pas un tel cas de figure. Le législateur avait semble-t-il voulu éviter d’éventuels débats sur l’abdication d’Hirohito, évoquée après la guerre pour son rôle dans le conflit et finalement rejetée.

De même autrefois, quand l’abdication était fréquente (la dernière date de 1817), les empereurs ayant cédé le trône dans le cadre du système appelé « Insei », le « gouvernement retiré », pouvaient créer de l’instabilité politique en se mêlant des affaires en cours. Ce fut le cas lors de la rébellion Hogen entre 1156 et 1159.

Aujourd’hui, pour modifier la loi, l’empereur doit convaincre l’opinion. Ce qui ne devrait pas être difficile pour ce souverain populaire, qui a toujours cultivé une certaine proximité avec le peuple. Selon un sondage réalisé début août par l’agence Kyodo, 90 % des Japonais trouvent les activités d’Akihito trop importantes. Et 85 % approuvent l’idée de modifier la loi pour permettre son abdication.

Or l’idée de changer la loi embarrasserait le gouvernement du très conservateur premier ministre Shinzo Abe, avec lequel Akihito serait en désaccord sur certains points. L’empereur n’hésite pas à exprimer des excuses pour l’attitude du Japon pendant la guerre alors que l’attitude de M. Abe confine plutôt au révisionnisme. De même, le souverain semble attaché à l’actuelle Constitution affirmant le renoncement à la guerre du Japon, que M. Abe rêve de modifier.

Les débats sur la modification de la loi sur la Maison impériale pourraient repousser ceux que le premier ministre, fort de sa victoire du 10 juillet aux sénatoriales, aimerait lancer sur la révision de la Constitution.

Une succession féminine ?

Le camp conservateur craint également une relance des discussions sur la possibilité d’une succession féminine. La question avait été soulevée après la naissance le 1er décembre 2001 de la princesse Aiko, enfant unique du prince héritier, Naruhito, et de son épouse, Masako.

Le frère cadet de Naruhito, le prince Akishino, avait lui aussi des filles. À terme, la question de l’arrivée d’une femme sur le trône aurait donc pu se poser. Le premier ministre Junichiro Koizumi, en poste de 2001 à 2006, avait évoqué une modification de la législation pour permettre aux femmes de monter sur le trône impérial. Il avait même mentionné la question lors de son discours de politique générale en janvier 2006. La naissance, le mois suivant du prince Hisahito, fils d’Akishino et premier garçon à voir le jour dans la famille impériale depuis 41 ans, avait mis fin au débat.

Shinzo Abe, qui a succédé à M. Koizumi pour un premier mandat à la tête du gouvernement en 2006-2007, avait fait savoir qu’il rejetterait toute tentative pour changer la loi. De nouveau au pouvoir, il ne semble pas près de changer d’avis.

 Lemonde.fr par   Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

Obama appelle le Kenya à prendre son avenir en main

juillet 26, 2015
Un homme passe le 15 juillet 2015 devant un mural représentant Barack Obama. © AFP

Un homme passe le 15 juillet 2015 devant un mural représentant Barack Obama. © AFP

Le Kenya est « à la croisée des chemins », a estimé dimanche à Nairobi le président américain Barack Obama, dans un discours chargé d’émotion où il a appelé le pays à tourner la page du tribalisme et de la corruption.

Le Kenya est « à la croisée des chemins », a estimé dimanche à Nairobi le président américain Barack Obama, dans un discours chargé d’émotion où il a appelé le pays à tourner la page du tribalisme et de la corruption.

« Le Kenya est à la croisée des chemins, à un moment fait de dangers, mais aussi de promesses énormes », a-t-il lancé depuis un complexe sportif de la capitale, dans une allocution retransmise en direct sur les principales chaînes du pays.

Barack Obama a bouclé dimanche une tournée de deux jours dans le pays natal de son père avant de partir pour l’Ethiopie, deuxième étape de son quatrième déplacement en Afrique en tant que président.

Cette visite a été placée sous haute sécurité – des secteurs de Nairobi verrouillés, l’aéroport brièvement fermé pour son arrivée et son départ -, le Kenya étant depuis plusieurs années la cible d’attaques spectaculaires des islamistes somaliens shebab.

Mais elle a aussi été précédée et accompagnée d’une véritable « Obamania », les Kényans ne boudant pas leur joie d’accueillir enfin « l’enfant du pays » devenu président américain.

Avant d’accéder à la Maison Blanche en 2009, Barack Obama était venu trois fois au Kenya, en quête de ses racines: il est né à Hawaï d’une mère américaine et d’un père kényan qu’il n’a que très peu connu. En tant que président, il n’était cependant encore jamais revenu dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Le dirigeant américain a largement usé du registre sentimental lors de sa visite, multipliant les anecdotes sur son père, son grand-père et sa famille élargie, comme pour adoucir ses critiques sans appel des fléaux qui rongent la première puissance économique régionale.

Le « boulet » de la corruption

Barack Obama a appelé son auditoire – quelque 5.000 personnes, dont un parterre de responsables kényans mais aussi de nombreux jeunes – à refuser la fatalité de la corruption.

« Le fait est que trop souvent, ici au Kenya, comme c’est aussi le cas dans d’autres endroits, la corruption est tolérée parce c’est comme ça que les choses ont toujours marché », a-t-il lancé. « C’est un boulet qui vous tire vers le bas ».

« Les gens ordinaires doivent se lever et dire +trop c’est trop+ », a-t-il martelé dans un discours d’une quarantaine de minutes entrecoupé d’applaudissements nourris, à l’issue duquel il s’est offert un rapide bain de foule.

Le président américain a aussi longuement dénoncé le tribalisme, jugeant qu’une « politique basée sur l’appartenance à une tribu ou à une ethnie est une politique qui condamne un pays à se déchirer ».

Fin 2007 et début 2008, des violences postélectorales nourries par des rivalités ethniques avaient éclaté au Kenya, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a un temps été inculpé pour crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans ces violences. Il était alors allié au président sortant Mwai Kibaki, dont la réélection controversée avait déclenché les violences.

Cette inculpation a longtemps empêché une visite du président américain au Kenya, jusqu’à ce que les poursuites soient abandonnées fin 2014. Le vice-président kényan, William Ruto, qui se trouvait dans le camp opposé à M. Kenyatta lors de la présidentielle de 2007, est toujours inculpé pour crimes contre l’humanité devant la CPI.

La visite de Barack Obama était officiellement centrée sur la coopération en matière de lutte contre « le terrorisme ». Le Kenya et les Etats-Unis luttent tous deux contre les shebab en Somalie: Nairobi au sein d’une force militaire de l’Union africaine (Amisom), Washington via de régulières attaques de drones.

Mais elle aura aussi été l’occasion de nombreuses sorties du président américain sur les droits de l’Homme.

Barack Obama a rappelé son attachement à « l’égalité des droits » pour les homosexuels sur le continent, victimes selon lui d’une discrimination comparable à celle qu’ont connue les Afro-Américains aux Etats-Unis.

L’homosexualité est illégale dans la grande majorité des pays africains, dont le Kenya, où la législation anti-gay est cependant très rarement appliquée.

Les propos du président américain n’ont d’ailleurs apparemment pas déclenché de réaction outrée dans les rues de Nairobi. Des habitants, comme Ruo Maina, 50 ans, résumaient cet état d’esprit: « Tant que cela reste privé, ça ne nous gêne pas ».

M. Obama a aussi rencontré dimanche les représentants d’une société civile kényane malmenée: très active, elle déplore des restrictions croissantes à sa liberté d’action, au nom de la « guerre contre le terrorisme » que mène le Kenya.

Le président américain s’est envolé en fin d’après-midi pour la capitale éthiopienne Addis Abeba, où il prononcera mardi un discours au siège de l’Union africaine (UA), une première pour un président américain.

Au moment où M. Obama quittait l’aéroport international de Nairobi, une forte explosion dans un hôtel très fréquenté de la capitale de la Somalie voisine, Mogadiscio, venait rappeler les menaces planant sur la région. Au moins six personnes ont été tuées.

Jeuneafrique.com

Congo: Du chemin d’avenir vers le chemin de la pollution

juin 20, 2015

Canada/Québec: Quel avenir pour Bugingo?

mai 31, 2015
François Bugingo  Photo :  Radio-Canada

François Bugingo Photo : Radio-Canada

«Pour le restant de mes jours, je vais devoir faire face à des gens qui ne croiront pas un seul mot de ce que je leur dis, sur à peu près n’importe quel sujet.»

«Pour le restant de mes jours, je vais devoir faire face à des gens qui ne croiront pas un seul mot de ce que je leur dis, sur à peu près n’importe quel sujet.»

C’est ce que la plus grande menteuse de l’histoire du journalisme américain, Janet Cooke, a confié en 1996. Quinze ans plus tôt, elle s’était fait pincer pour avoir créé de toutes pièces un reportage pour le Washington Post.

Cooke n’a plus jamais travaillé en journalisme après qu’on eut découvert qu’elle avait menti à ses lecteurs, ses collègues et ses patrons.

Quel genre de carrière François Bugingo peut-il espérer avoir après les allégations sur ses reportages inventés? Si sa vie suit la même trajectoire que celle de Janet Cooke, ce ne sera pas jojo.

Une menteuse compulsive 

L’histoire de Janet Cooke est tristement fascinante.

En 1980, la reporter de 26 ans est engagée au Washington Post, où elle travaille sous la supervision de Ben Bradlee et de Bob Woodward (éditeur et journaliste derrière le fameux scoop du Watergate qui a causé la chute du président Nixon).

Le premier mensonge de Janet Cooke: elle trafique son CV, s’inventant des diplômes et des prix complètement bidon.

Quelques mois après son arrivée, elle écrit un portrait poignant de Jimmy, un héroïnomane de 8 ans, décrivant dans le détail les injections d’héro de son pusher. Mais deux jours après avoir reçu le prix Pulitzer (l’Oscar du journalisme) pour ce reportage, elle a dû rendre le prix, démissionner et admettre non seulement qu’elle n’avait pas rencontré Jimmy mais qu’il n’existait pas! Et elle a reconnu que la moitié de son C.V. était un tissu de mensonges.

Janet Cooke ne s’est pas excusée, elle a seulement ­disparu de la circulation.

Puis quinze ans plus tard, en 1996, elle a accordé une ­entrevue au magazine GQ. On y apprenait qu’elle travaillait à 6 $ l’heure, comme vendeuse, dans un centre d’achats de Kalamazoo, un bled paumé du Michigan. Son repas du soir était souvent un simple bol de céréales. Sans l’aide financière de sa mère, elle serait devenue sans-abri.

Elle reconnaissait qu’elle avait commis une énorme ­erreur et s’excusait, enfin!

Si elle avait menti au Washington Post, disait-elle, c’est que son papa était très méchant avec elle quand elle était jeune et qu’elle avait appris à mentir pour éviter ses ­colères… Bref, une pauvre victime.

En 1996, Janet Cooke affirmait que sa punition (son ­exclusion du métier) était démesurée par rapport à la faute commise.

Elle voulait vraiment redevenir journaliste.

Or, presque 20 ans plus tard, elle n’a jamais retravaillé dans un média…

Le monde de François 

Il y a beaucoup de similitudes entre Cooke et Bugingo. Les deux ont enjolivé leur C.V. Les deux ont enjolivé leurs reportages. Mais la grosse différence, c’est qu’elle est ­Américaine, et lui Québécois.

En 1996, le studio américain Tri-Star a offert à Cooke ainsi qu’à Mike Sager, l’auteur de l’article du GQ, un contrat de 1,6 million $ pour les droits d’adaptation au cinéma. Le film, qui devait s’appeler Janet’s World, ne s’est jamais fait.

Si François Bugingo vivait aux États-Unis au lieu du ­Québec, peut-être qu’il aurait déjà été approché pour ­vendre les droits de son histoire.

Si elle est vraie.

Lejournaldequébec.ca par Sophie Durocher

Hillary Clinton appelle l’Afrique à laisser tomber Kadhafi

juin 13, 2011

ADDIS-ABEBA (Reuters) – Hillary Clinton a exhorté lundi les dirigeants de l’Afrique à retirer leur soutien à leur homologue libyen Mouammar Kadhafi, estimant qu’il était temps qu’ils mettent en oeuvre leurs engagements en faveur de la promotion de la démocratie sur le continent.

Premier chef de la diplomatie américaine à s’adresser aux 54 pays membres de l’Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, Clinton a prévenu son auditoire que la même vague de démocratie qui balaie le monde arabe atteindrait l’Afrique sub-saharienne.

« Le statu quo est bousculé et les veilles habitudes de gouvernement ne sont plus acceptables », a déclaré la secrétaire d’Etat tout en reconnaissant « le rôle majeur » du n°1 libyen dans l’aide financière accordée à plusieurs pays africains et à leur organisation continentale.

« Mais il est devenu évident qu’il a dépassé depuis longtemps le jour où il ne devrait plus être au pouvoir », a déclaré Clinton au dernier jour de sa tournée en Afrique.

« Vos mots et vos actes peuvent faire la différence en menant à terme cette situation et en permettant au peuple libyen de commencer à rédiger une Constitution et à reconstruire son pays », a-t-elle dit

« Les pays africains sont très profondément divisés et opposés à propos de la Libye », a noté un haut responsable du département d’Etat qui accompagne Hillary Clinton.

BEAUCOUP DE DIRIGEANTS TROP LONGTEMPS AU POUVOIR

Le Sénégal et la Mauritanie ont publiquement souhaité que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir, ce qu’a salué Washington, mais l’UA en tant qu’organisation ne s’est pas prononcée sur le sujet. Elle accuse au contraire les puissances occidentales de saper ses propres efforts pour de médiation.

« Nous savons qu’un certain nombre de pays africains hésitent, en grande partie en raison de l’énorme influence que Kadhafi a exercée pendant si longtemps en Afrique », a souligné le responsable américain.

« Nous savons que beaucoup de peuples vivent encore en Afrique sous le règne de dirigeants depuis trop longtemps au pouvoir, des hommes qui font plus attention à leur longévité et pas assez de l’héritage qu’il laissent pour l’avenir de leur pays », a dit Clinton.

Un autre dossier que devait aborder Clinton à Addis-Abeba était celui du Soudan, où les tensions s’accentuent à l’approche de la proclamation d’indépendance du Sud-Soudan le 9 juillet.

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a accepté dimanche de retirer les troupes nordistes de la région frontalière disputée d’Abyei avant cette date mais Nord et Sud doivent encore s’accorder sur plusieurs questions sensibles comme le tracé de la nouvelle frontière commune et la répartition des revenus pétroliers.

Lors d’une conférence de presse commune avec le président de Tanzanie, Jakaya Kikwete, à Dar es Salaam, deuxième étape de sa tournée, après la Zambie, Clinton a déclaré que les Etats-Unis étaient favorables à la mise en place d’une importante force de maintien de la paix à Abyei.

« Le gouvernement du Soudan doit faciliter au plus vite un accord de sécurité viable, en commençant par le retrait des forces armées soudanaises », a ajouté la secrétaire d’Etat.

Reuters Audrey Quinn