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La BAD approuve une enquête indépendante au sujet d’Adesina

mai 28, 2020

Adesina Adesina, le 22 février 2018, en Virginie, aux États-Unis, lors du 94e Forum sur les perspectives d’avenir de l’agriculture du ministère américain de l’Agriculture.

Adesina Adesina, le 22 février 2018, en Virginie, aux États-Unis, lors du 94e Forum sur les perspectives d’avenir de l’agriculture du ministère américain de l’Agriculture. © AFDB Group 

Le bureau du Conseil des gouverneurs a donné suite à l’appel de Washington en approuvant une nouvelle enquête sur la gestion de son président, Akinwumi Adesina.

Réuni le 26 mai en soirée, le bureau du Conseil des gouverneurs, instance supervisant le comité d’éthique de la Banque africaine de développement, a approuvé le lancement d’une enquête indépendante suite aux allégations de lanceurs d’alertes concernant la gouvernance d’Akinwumi Adesina, son président.

Requête américaine

La décision du bureau du conseil des gouverneurs fait suite à une requête de l’administration américaine, par la voix du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qui dans un courrier le 22 mai avait requis une analyse indépendante des récriminations et allégation des lanceurs d’alerte.

L’administration américaine se disait réservée quant au processus ayant conduit le 5 mai le comité d’éthique à rejeter les accusations des lanceurs d’alerte, jugées « non fondées », « non corroborées » ou « non étayées ».

Dans la foulée, la ministre ivoirienne du Développement, Kaba Nialé avait jugé que les conclusions du comité d’éthique disculpait Akinwumi Adesina et proposait aux gouverneurs « d’adopter les conclusions de l’enquête en déclarant le président entièrement exonéré de toutes les allégations formulées à son encontre ».

Kaba Nialé préside le bureau du conseil des gouverneurs, dont la composition est tournante et dont font partie deux autres représentants des actionnaires de la banque : l’Argentine et la Namibie. Statutairement, cette instance est seule compétente « pour décider, en dernier ressort, s’il y a lieu ou non de donner suite à toute plainte ou dénonciation relative à la violation par le Président des dispositions du Code de conduite ».

La recommandation d’il y a quelques semaines de la dirigeante ivoirienne n’a de toute évidence pas remporté l’unanimité au sein de cette instance.

Suspicions à trois mois des élections

La décision du conseil des gouverneurs, dans la foulée du courrier de l’administration américaine, pourrait renforcer, parmi les défenseurs d’Adesina, la suspicion d’une volonté américaine de torpiller les chances du patron de la BAD d’être reconduit à cette fonction  lors des élections, reportées à la fin août 2020.

Un courrier du cabinet d’avocats américain Hughes Hubbard & Reed LLP, adressé début février au président du comité d’éthique, avertissait ce dernier du besoin d’une enquête indépendante – qu’il se proposait de « conseiller » -, conformément « aux meilleures pratiques généralement acceptées pour la conduite d’enquêtes internes en réponse à des plaintes de dénonciateurs hautement confidentielles ».

Dans leur courrier, les avocats du cabinet rappelaient avoir échangé au préalable avec Steven Dowd, l’administrateur américain à la BAD, dont le nom a souvent été évoqué récemment – sans aucune preuve formelle – comme l’un des artisans de la fronde contre Akinwumi Adesina.

Dans un communiqué publié ce mercredi 27 mai, le président de la BAD s’est dit « convaincu que des processus équitables, transparents et justes, qui respectent les règles, procédures et systèmes de gouvernance, ainsi que l’État de droit, prouveront en fin de compte que je n’ai jamais enfreint le code d’éthique de cette institution extraordinaire ».

Avec Jeuenafrique par Joël Té Léssia Assoko

La Banque africaine de développement accorde un prêt de 56 millions de dollars pour financer les accès routiers au pont entre les deux Congo.

décembre 18, 2019

Abidjan (Côte d’Ivoire), le 17 décembre 2019 – Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a accordé, ce lundi, un prêt de 56 millions de dollars américains du Fonds africain de développement destiné à financer les accès routiers permettant d’accéder au pont qui relie les capitales des deux Congo, Kinshasa et Brazzaville.

La mise en œuvre du projet d’aménagement de ces accès routiers prévoit des travaux de grande ampleur des deux côtés du fleuve. Du côté de la République démocratique du Congo (RDC), le projet comprend des raccordements routiers (construction et bitumage) de 6,8 km, des études des voies d’accès complémentaires (Maluku-jonction RN1) sur 25 km et des études portant sur d’autres infrastructures, notamment la voie de contournement de la ville de Kinshasa.

De l’autre côté du fleuve, au Congo Brazzaville, des études détaillées des voies d’accès entre les localités de Yié et Maloukou (23 km) sont prévues, y compris l’actualisation de l’étude d’impact environnemental et social et de son plan de gestion. Un plan d’indemnisation et de réinstallation couvrant la voie d’accès au pont route-rail (3,2 km) sera également élaboré.

« Ce pont route-rail contribuera à assurer la continuité du trafic routier sur le corridor Tripoli-Windhoek-Le Cap, dont la branche en Afrique centrale, constituée par la liaison Cameroun-Tchad-Congo-RDC vise à relier Yaoundé, Libreville, Brazzaville et Kinshasa », a détaillé Racine Kane, directeur général adjoint de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale.

En outre, seront réalisés des forages à Maluku (RDC), qui compte près de 700 000 habitants. Le centre hospitalier de la ville bénéficiera, en outre, d’une ambulance et de la réhabilitation des centres d’accueil des malades du Sida et du choléra.

Compte tenu de son potentiel agricole et avicole, Maluku devrait profiter de la réalisation du projet pour accélérer son développement et abriter une zone économique spéciale. Sa commune voisine Maloukou, située au Congo, abrite déjà une zone industrielle appelée à devenir une zone économique spéciale dans la périphérie de Brazzaville qui s’étendra sur 200 000 hectares et permettra de créer près de 15 000 emplois.

« Le projet doit permettre de renforcer l’intégration régionale en Afrique centrale à travers l’accroissement des échanges commerciaux entre les deux Congo et du commerce intra-communautaire au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale », a conclu Racine Kane.

Ce projet entre Kinshasa et Brazzaville, mené sous l’approche Partenariat public-privé, sous la conduite d’Africa 50, montre le rôle central de la Banque et la synergie institutionnelle (Etat, Nepad, PIDA, Banque) pour la concrétisation de ce projet emblématique du Nepad. Il est également à inscrire dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) piloté par la Commission de l’Union Africaine, le Secrétariat du NEPAD et la Banque.

Contact médias : Alexis Adélé, Département de la communication et des relations extérieures : a.adele@afdb.org

Avec Congo-liberty.com

RDC : Freddy Matungulu choisi par Félix Tshisekedi pour siéger à la BAD

juillet 13, 2019

Freddy Matungulu Mbuyamu, ancien ministre des Finances de la RDC. © Vincent Fournier/J.A.

Sur proposition du président Félix Tshisekedi, Freddy Matungulu a accepté de siéger au conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD), où il devrait occuper le poste d’administrateur pour le compte de la RDC.

C’est un leader de moins pour la coalition de l’opposition Lamuka, qui a porté la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de décembre 2018. Freddy Matungulu Mbuyamu a répondu favorablement à la main tendue par Félix Tshisekedi, qui a proposé son nom comme administrateur de la Banque africaine de développement (BAD, pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois.

« J’ai répondu favorablement à l’appel et souhaite dire ma gratitude au président de la République », écrit dans un communiqué Freddy Matungulu. Il se félicite également de l’ouverture de Félix Tshisekedi qui, selon lui, « privilégie l’intérêt supérieur de l’État au-delà des clivages et affrontements politiques si nuisibles à la nation ».

Le mandat triennal d’administrateur de la BAD pour le Burundi, le Cameroun, la République du Congo, la RDC, la Centrafrique et le Tchad est arrivé à terme le 30 juin dernier. Le mandat revient désormais à la RDC, où Freddy Matungulu entend défendre au conseil d’administration de la BAD les intérêts de la RDC et des cinq autres pays d’Afrique centrale.

Le choix de Matungulu doit néanmoins encore être entériné par les ministres des Finances du Burundi, du Cameroun, Congo, de la Centrafrique et de la RDC, lors de l’Assemblée annuelle prévue en août prochain. Il devrait succéder au Camerounais René Obam Nlong, élu en 2016.

Le conseil d’administration de la BAD est composé de vingt membres, qui ne sont ni gouverneurs ni gouverneurs suppléants. Treize d’entre eux sont élus par les gouverneurs des pays membres régionaux et sept par les gouverneurs des pays membres non régionaux.

Matungulu prend ses distances avec Lamuka

Freddy Matungulu s’éloigne ainsi de la coalition Lamuka, expliquant que ce nouvel engagement international lui « réimpose des devoirs de réserve ». « J’entends prendre une distance conséquente de mes activités politiques militantes y compris dans Lamuka pour me consacrer en priorité à d’effort collectif », précise-t-il.

Avec cette brusque évolution, Freddy Matungulu ne devrait plus prendre les commandes de la coalition Lamuka. Il devait en effet succéder à Moïse Katumbi, dont la présidence tournante de trois mois arrive à terme le 31 juillet prochain.

Un vrai coup politique pour le président Félix Tshisekedi, qui réussit peu à peu à fragiliser ceux qui contestent toujours son élection. Avant Matungulu, un autre leader, Antipas Mbusa Nyamwissi, avait déjà quitté la coalition Lamuka pour aider les nouvelles autorités à la lutte contre l’insécurité et l’épidémie d’Ebola dans la partie est du pays.

« Lamuka ne disparaîtra pas tant que le peuple sera là, puisque la coalition est l’expression même de la volonté du peuple manifestée le 30 décembre 2018, réagit à Jeune Afrique Adolphe Muzito, l’un des quatre leaders restants de la coalition. Avant même de nommer ses compagnons de lutte au sein de la plateforme Cach (Cap pour le changement), il commence à recruter à Lamuka, qui incarne la légitimité nationale et internationale que Tshisekedi recherche. »

Une réunion du présidium de Lamuka se réunira toutefois le 24 juillet prochain à Lubumbashi, la toute première rencontre des quatre leaders dans le pays, où ils devraient éclaircir l’avenir de la coalition,

Jeuneafrique.com parStanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Côte d’Ivoire: la BAD met le cap sur l’agriculture

octobre 2, 2018

 

Un paysan sénoufo part vendre ses poulets au marché de la sous-préfecture de Karakoro. Côte d’Ivoire, 2015. © Philippe Guionie/Myop pour J.A 

Dans le rapport qu’elle a publié le 27 septembre sur sa stratégie pour la Côte d’Ivoire (2018-2022), la Banque africaine de développement (BAD) semble décidée à renforcer son soutien à l’agriculture, jusque-là loin derrière les infrastructures et l’énergie, qui restent ses secteurs de prédilection.

Le constat que fait la Banque est le même que celui formulé dans toutes les analyses de ce pays : la croissance y est forte – soit de 8 % à 9 % l’an depuis 2012 – et robuste – puisqu’elle ne faiblit pas malgré les tensions politiques ou sécuritaires et les fluctuations des cours des matières premières.

Malheureusement le taux de pauvreté n’y baisse guère, puisqu’il a reculé seulement de 48,5 % en 2008 à 46,3 % en 2015. La croissance n’y est pas assez « inclusive » c’est-à-dire partagée. Bien que le rapport continue de privilégier les infrastructures (56,3 % des engagements de la BAD) et l’énergie (28,8 %) que la Banque soutient majoritairement dans ses 23 projets en cours, il souhaite que le monde rural en général et l’agriculture en particulier soit plus présents dans ses actions.

Effet catalyseur

Alors que l’agriculture et la pisciculture pèsent 23,7 % dans le produit intérieur brut ivoirien (2016), ce secteur ne reçoit que 11,8 % des financements de la BAD. Certes, les nouvelles routes et les grands progrès dans l’électrification profitent aussi au monde rural dont les productions sont mieux acheminées et dont le niveau de vie est amélioré.

Mais la diversification de l’économie ivoirienne et sa résilience aux chocs venus de l’extérieur (moindre demande de produits d’exportation et/ou chute de leurs prix) supposent de mieux épauler le secteur agricole qui « est le principal employeur du pays, mais [qui] compte le plus grand nombre de pauvres », écrivent les auteurs. Ils poursuivent : « Priorité doit être donné aux infrastructures rurales qui peuvent avoir un effet catalyseur sur le développement des chaînes de valeur agro-industrielles et qui peuvent ainsi attirer le secteur privé vers la transformation des produits agricoles ».

32,4 % des financements en suspens

Les obstacles que la Banque souhaite contribuer à supprimer pour libérer « l’immense potentiel agricole » de la Côte d’Ivoire sont nombreux : problèmes fonciers, absence de mécanisation, financements peu performants, relations médiocres entre les différents acteurs de la chaîne agricole, pertes de récolte en raison de l’isolement des zones de production, vieillissement des exploitants. Ces problèmes demandent à être traités en cohérence avec le Plan national de développement (PND 2016-2020) gouvernemental.

On notera que le rapport de la BAD reconnaît qu’en mai 2018, 32,4 % de ses financements étaient en suspens pour des raisons variées. Car l’argent ne suffit pas : encore faut-il remédier au manque d’équipes d’accompagnement du projet, aux modifications intempestives de celui-ci, à la faible capacité des entreprises locales et des consultants à le mener à bien, à l’incompréhension des règles de la Banque, au phasage approximatif des opérations, au retard des autorités compétentes à communiquer leur approbation, au retard dans le déblocage des fonds par les autres bailleurs, à une coordination insuffisante…

Jeuneafrique.com  par

Le nouveau patron de la BAD pour un New Deal sur l’énergie pour l’Afrique

septembre 1, 2015

Abidjan – Le nouveau président de la Banque africaine de développement, le nigérian Akinwumi Adesina, a affirmé mardi que la BAD allait mettre l’accent sur le développement des ressources énergétiques de l’Afrique, évoquant un new deal.

Nous allons lancer un +New deal+ pour l’énergie en Afrique (…) Libérer le potentiel énergétique énorme de l’Afrique, pour l’Afrique, sera un axe majeur de la Banque a déclaré M. Adesina, lors de la cérémonie d’investiture à Abidjan.

La Banque sera le chef de file de cet enjeu crucial, car rien n’est plus important pour la croissance et le développement économique de l’Afrique, a promis M. Adesina, élu le 28 mai pour un mandat de cinq ans à la tête de la stratégique BAD, institution cinquantenaire qui injecte chaque année deux milliards de dollars dans des projets sur le continent.

Selon lui, la BAD va faire preuve d’audace, de créativité, pour établir des partenariats stratégiques sur l’énergie.

L’énergie est le moteur des économies. Plus il y a d’énergie, plus les gens sont prospères, a-t-il constaté, déplorant que les Africains consacrent la plupart de leurs maigres revenus durement gagnés pour payer l’énergie.

Il a notamment insisté sur les énergies renouvelables assurant que le continent dispose d’un potentiel illimité en ressources solaires, éoliennes, hydroélectriques et géothermiques.

Le tout nouveau président a aussi appelé à soutenir les pays qui sortent des conflits: ils ont besoin de notre compréhension et ils méritent notre soutien dans leur capacité à construire des institutions politiques, économiques et sociales plus fortes.

La BAD devra également continuer à accroître le niveau de ses ressources car les besoins de financement sont en forte croissance au regard de l’ampleur des besoins de financement de l’Afrique, a suggéré, de son côté, Alassane Ouattara, le président ivoirien.

Ancien ministre nigérian de l’Agriculture, Akinwumi Adesina, 55 ans, succède au Rwandais Donald Kaberuka qui a passé dix ans à la tête de la BAD.

Anglophone, il parle parfaitement le français.

Elu personnalité africaine de l’année en 2013 par le magazine Forbes pour ses réformes dans le secteur agricole, M. Adesina représente un pays considéré comme la nouvelle locomotive économique du continent africain. Le Nigeria est le premier producteur de pétrole et le pays le plus peuplé du continent.

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2015 20h21)

Le Nigerian Akinwumi Adesina, élu nouveau président de la Banque Africaine de Développement(BAD)

mai 28, 2015

 Akinwumi Adesina: « Je suis un maillon essentiel entre anglophones et francophones »

Akinwumi Adesina, ministre nigérian de l'Algriculture et du Développement rural, est l'un des candidats favoris à la présidence de la BAD. © Vincent Fournier / J.A

Akinwumi Adesina, ministre nigérian de l’Algriculture et du Développement rural, est l’un des candidats à la présidence de la Banque africaine de développement. © Vincent Fournier / J.A

Cet agroéconomiste pragmatique a été élu, le 28 mai, nouveau président de la Banque africaine de développement. Voici son portrait que nous avions publié en avril 2015, après l’avoir rencontré. Akinwumi Ayodeji Adesina croit en son destin. Il ne faut guère de temps à son interlocuteur pour percevoir la confiance sans bornes qui anime le ministre nigérian de l’Agriculture, en campagne depuis plusieurs mois pour prendre, le 28 mai, la succession du Rwandais Donald Kaberuka à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD). Sa poignée de main est aussi ferme et assurée que le timbre de sa voix, et c’est d’un pas décidé qu’il traverse les couloirs du 57 bis, rue d’Auteuil lors de sa visite chez Jeune Afrique, le 25 mars.

Homme aux multiple réseaux, Akinwumi Adesina compte bien s’appuyer sur son volumineux carnet d’adresses, constitué depuis plus de 30 ans.

Avec son large sourire, ses noeuds papillon multicolores et son débit mitraillette, Akinwumi Adesina, 55 ans, aurait pu prétendre aux premiers rôles dans les studios hollywoodiens. Dans une autre vie. Car s’il occupe la scène aujourd’hui, c’est en tant qu’agroéconomiste, une discipline pour laquelle il ne manque pas de talent, comme l’illustre un parcours professionnel qui l’a mené aux quatre coins du monde.

Bilingue

Son bachelor en agroéconomie de l’université d’Ife en poche, il quitte le Nigeria au début des années 1980 pour poursuivre ses études à l’université Purdue (Indiana). Il reste aux États-Unis jusqu’en 1990, le temps de glaner son doctorat en politique de développement agricole et de débuter sa carrière en tant qu’économiste au sein de la Fondation Rockefeller. Il retournera chez son employeur près de dix ans plus tard, mais pour y occuper cette fois les plus hautes fonctions dans son domaine de prédilection.

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C’est qu’entre-temps le Nigérian a roulé sa bosse sur le continent, occupant plusieurs postes à responsabilité dans différents pays d’Afrique de l’Ouest. Au point de pouvoir se présenter aujourd’hui comme « un maillon essentiel entre les zones anglophone et francophone, ainsi qu’entre l’Afrique et le reste du monde ». Le tout dans un français parfait, qui, face à certains de ses concurrents, pourrait bien faire la différence fin mai.

Energie

Mais Akinwumi Adesina ne compte pas que sur une langue – qu’il a bien pendue – pour faire la différence. Nommé ministre fédéral de l’Agriculture et du Développement rural en 2011, il a lancé avec pragmatisme, et surtout beaucoup de volontarisme, une révolution verte qui a replacé le secteur agricole au coeur du développement économique du Nigeria. Les chiffres plaident pour lui.

En quatre ans, ses réformes ont permis d’augmenter la production agricole nigériane de 21 millions de tonnes, tout en réduisant d’un tiers les importations de denrées alimentaires et en créant 3 millions d’emplois dans la filière. « Si le Nigeria a pu résister hier à la chute du naira et aujourd’hui à celle des cours des hydro­carbures, c’est en grande partie grâce à l’agriculture », estime sans fausse modestie M. le ministre, dont l’ambition est d’appliquer à la BAD cette formule gagnante. « Énergie, emploi des jeunes et promotion du secteur privé », résume le candidat lorsqu’on lui demande de présenter en quelques mots le programme qu’il compte mettre en oeuvre s’il est élu. Après l’hommage de ­rigueur rendu à Donald Kaberuka, aux manettes depuis 2005, il embraye rapidement sur ses propres objectifs.

« Sans énergie disponible, même un taux de croissance de 5 % par an ne suffira pas à assurer le développement du continent », assure l’économiste, pour qui « la BAD a un rôle essentiel à tenir sur ce dossier, aussi bien dans la promotion du barrage du Grand Inga [RD Congo] que pour soutenir les projets de taille plus modeste dans les énergies renouvelables ». Les grandes lignes de son programme : réorienter les priorités de la Banque en direction du secteur privé, « qui tire ces dernières années la croissance du continent », et poursuivre sur la voie tracée par l’actuel président de la BAD, qui a octroyé en 2013 2,1 milliards de dollars de prêts aux entreprises, contre moins de 250 millions huit ans plus tôt.

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Tournée

Homme aux multiples réseaux, Akinwumi Adesina compte bien s’appuyer sur le volumineux carnet d’adresses patiemment constitué depuis plus de trente ans pour consolider les liens avec les différents organismes, privés comme publics, impliqués ces dernières années dans le développement du continent. Cet « Africain de coeur », comme il se définit lui-même, le promet : il ne roulera pas pour son pays, mais bien pour l’Afrique dans son ensemble. Une manière de rassurer ceux – nombreux – qui craignent l’arrivée d’un ressortissant de la première puissance économique du continent à la tête de la BAD.

En veillant à ne laisser personne de côté, à commencer par les petits pays, « qui doivent pouvoir bénéficier de la même prospérité que les autres ». Pour bien montrer qu’il ne les oublie pas, le ministre en fin d’exercice (après la défaite, le 28 mars, du chef de l’État Goodluck Jonathan) va prendre le temps de multiplier les étapes sur le continent, afin de mieux se faire connaître, mais aussi de « cerner davantage les attentes autour de la BAD ».

De longues heures d’avion en perspective pour Akinwumi Ayodeji Adesina, qui, à l’heure du sprint final, apparaît comme l’un des grands favoris dans la course à la présidence. Avec, malgré tout, un véritable défaut : il n’est ni un ancien cadre de la BAD, ni un ex-ministre des Finances. Son programme Dans sa profession de foi, définie avec l’aide du cabinet américain Mercury, qui gère sa communication, Akinwumi Adesina détaille sa vision pour la BAD en dix points. Il veut d’abord travailler en étroite collaboration avec le Conseil des gouverneurs pour améliorer à moyen terme l’efficacité organisationnelle et opérationnelle de la banque.

Il souhaite ensuite promouvoir une croissance inclusive pour assurer un développement social en Afrique, tout en relançant les économies rurales. Il compte pour cela renforcer l’expertise et développer l’innovation au sein de l’institution, en s’appuyant sur la croissance du secteur privé. Il compte également multiplier les projets d’infrastructures, dans une optique d’intégration régionale. Il lui faudra pour cela trouver des financements innovants, qui lui permettront aussi de s’attaquer à la rénovation urbaine. L’objectif global étant de construire un avenir pour l’Afrique, basé sur l’emploi des jeunes et sur un développement durable.

Jeuneafrique.com par Olivier Caslin

Construction du 3e pont, relance des activités: Les groupes français sur les premiers marchés

juin 20, 2011

Pour favoriser la création d’emplois, le Président de la République, Alassane Ouattara a donné l’instruction de reprendre rapidement les grands travaux. Notamment la construction du troisième pont d’Abidjan qui est resté en projet depuis plusieurs années.

Récemment, lors de ses Assemblées Annuelles à Lisbonne, la Banque africaine de développement (BAD) a débloqué une enveloppe de 30 milliards de FCFA pour la réalisation des travaux de cette infrastructure routière. Ce contrat juteux sera exécuté par le Groupe français Bouygues. Les activités devront permettre de relancer l’économie ivoirienne par la création de nombreux emplois.

Le groupe Bolloré, très présent également en Côte d’Ivoire dans des domaines aussi divers que le transport maritime, la logistique terrestre, la manutention, le transit maritime et aérien, ou encore le transport ferroviaire dégage déjà un important investissement pour les prochains jours. Après la crise, le groupe veut entreprendre un nouveau programme d’investissements à exécuter via sa filiale Bolloré Africa Logistics. Enveloppe globale de ces nouveaux investissements inscrits dans son « plan d’expansion sur trois ans »: 50 milliards FCFA.

Principales activités auxquelles devront bénéficier cette manne: la gestion du Terminal à conteneurs du Port Autonome d’Abidjan et le transport ferroviaire entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’hinterland. Les plus hauts standards internationaux. Ainsi donc, 14% de cette enveloppe, soit 7 milliards FCFA, seront consacrés à l’acquisition, auprès du groupe finlandais Konecranes, de huit nouveaux portiques de parc RTG (Rubber Tyre Gantry), qui devront renforcer le parc actuel de cinq portiques (dont quatre mobiles). Ces nouveaux équipements, d’une capacité de levage de 40 tonnes, devraient accroître la productivité de la Société d’exploitation du Terminal de Vridi (SETV), à qui, l’Etat a concédé, en 2005, la gestion du terminal à conteneurs.

Le plan d’urgence de relance du transport par rail « Vision 2030 », adopté lors du Conseil d’Administration de SITARAIL de juillet 2009, prescrit un investissement global de 265 milliards FCFA sur vingt ans dont 186 milliards FCFA financés par Bolloré Africa Logistics pour le renouvellement du parc de locomotives, la réhabilitation et la transformation de la flotte actuelle de wagons de marchandises, et la prise en compte des charges nécessaires au bon fonctionnement de la voie.

Le Mandat B.S

Le retour de la BAD en Côte d’Ivoire est « imminent », selon son président

juin 7, 2011

Le retour du siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan « est imminent », a déclaré mardi son président Donald Kaberuka, qui se trouve à Lisbonne afin de participer à partir de jeudi aux assemblées annuelles de la BAD.

Le siège de la BAD avait été transféré, provisoirement, d’Abidjan à Tunis en 2003 en raison de l’instabilité politico-militaire en Côte d’Ivoire.

« Je peux vous assurer que le retour de la BAD à Abidjan est imminent », a affirmé M. Kaberuka, lors d’un point de presse, précisant que les gouverneurs régionaux de la BAD doivent évoquer cette question jeudi.

Les gouverneurs « vont prendre en considération le fait que la Côte d’Ivoire se stabilise avec Alassane Ouattara et que le pays se normalise », a-t-il indiqué.

« Nous devons réhabiliter avant nos bâtiments, a expliqué par ailleurs l’ancien ministre des Finances du Rwanda. Ce sont des travaux assez complexes. Mais aussitôt les bâtiments prêts et la sécurité assurée sur place, on va retourner à Abidjan ».

M. Kaberuka s’exprimait avant la 46e réunion du conseil des gouverneurs de la BAD qui se tiendra jeudi et vendredi sous le thème d' »une croissance inclusive en Afrique ».

La ministre française des Finances Christine Lagarde y est attendue vendredi, jour de la clôture des candidatures pour la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de sa campagne pour prendre la tête du FMI.

Interrogé sur la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, M. Kaberuka a estimé qu’il n’était « pas important de savoir si c’est un Africain ou pas ».

« L’important est que ce choix soit fait avec rigueur et transparence », a-t-il souligné regrettant en outre que la voix de l’Afrique « se fasse si peu entendre au sein des organisations économiques et financières internationales ».

Jeuneafrique.com