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Centrafrique: une vingtaine de morts dans des affrontements entre ex-rebelles

août 26, 2014

Bangui – Une vingtaine de combattants ont été tués dans de violents affrontements à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, entre deux factions rivales de l’ex-rébellion Séléka, a indiqué mardi une source au sein de la force africaine Misca.

Au moins 17 personnes, tous des ex-combattants Séléka, ont été tuées lundi dans de violents affrontements qui ont éclaté dans le centre de Bambari entre deux groupes armés, a déclaré à l’AFP un officier de la Misca, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

L’un est le groupe du général Joseph Zoundéko, chef d’état-major de l’ex-coalition Séléka installé à Bambari, et l’autre est celui du général Ali Djarras, comprenant des peuls armés qui circulent dans région, a ajouté cet officier.

Il s’agit d’un bilan qui reste provisoire vu l’intensité des combattants et de l’armement utilisé. Certains ont utilisé des lance-roquettes selon la même source qui n’a pas pu préciser la raison qui a poussé ces groupes à l’affrontement.

Mais selon une source proche de l’ex-coalition, les relations entre les différentes factions connaissent une certaine tension liée à la perception de dividendes provenant des sociétés de téléphonie mobile par un camp au détriment des autres.

La Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 avant d’en être chassée en janvier 2014 suite à l’intervention des forces française et africaine, apparait aujourd’hui de plus en plus divisée sur le plan politique et militaire.

Ces nouvelles violences ont en tous cas replongé la ville de Bambari dans la peur et l’inquiétude et de nombreux habitants qui tentaient de quitter leur lieu de refuge ont regagné les sites des déplacés, a expliqué l’officier de la Misca.

La ville, où l’ex-coalition Séléka a installé en mai son nouvel état-major, avait été le théâtre de violents affrontements en juin et juillet, qui opposaient jusque-là des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka à d’ex-séléka à dominante musulmane.

Bambari compte près de 30.000 déplacés, d’après le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires.

Les protagonistes de la crise – Séléka et anti-balaka notamment – ont signé fin juillet à Brazzaville un accord de cessez-le-feu, mais qui a été déjà violé à plusieurs reprises sur le terrain.

Romandie.com avec(©AFP / 26 août 2014 13h30)

Centrafrique: la présidente condamne les actes barbares, deuil national de trois jours

juillet 9, 2014

Bangui – La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a condamné mercredi la poursuite des actes barbares et criminels après la mort lundi de 26 déplacés dans une attaque à Bambari (centre) et décrété un deuil national de trois jours à partir de jeudi.

Un deuil national de trois jours en mémoire des Centrafricains tués le 7 juillet 2014 à Bambari (…) est décrété sur toute l’étendue du territoire de la République Centrafricaine à compter du jeudi 10 juillet 2014. Le drapeau centrafricain sera mis en berne durant cette période, indique le communiqué de la présidence diffusé par la radio nationale.

26 personnes, dont 11 femmes, ont été tuées et 35 blessées lundi soir sur le site où sont installés des milliers de déplacés à Bambari, à la cathédrale catholique Saint-Joseph, selon un nouveau bilan de la Croix-Rouge locale mercredi.

Le site a été attaqué par des hommes armés portant des boubous et des uniformes militaires identifiés comme étant des ex-rebelles de la Séléka, selon une source de la force militaire de l’Union africaine (Misca) ayant requis l’anonymat.

Ces événements démontrent la volonté des ennemis de la paix de persister dans la voie diabolique de la violence et de la haine intercommunautaires. Le déplacement du cycle des représailles entre les bandes armées dans la préfecture de la Ouaka où les communautés chrétiennes et musulmanes vivaient en parfaite harmonie est un sujet de grande préoccupation, indique la présidente, lançant un vibrant appel à la communauté internationale pour une plus grande mobilisation.

L’ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane, estime que des miliciens anti-balaka, à dominante chrétienne, sont présents parmi les déplacés de Bambari. C’est pour cela que nous avons lancé une attaque, a indiqué mardi un membre de l’état-major de la Séléka.

Deux semaines auparavant, près de cent personnes ont été tuées et autant d’autres blessées dans le centre de Bambari et ses proches environs dans des violences opposant anti-balaka et ex-rebelles Séléka.

Pour la présidente, les populations victimes d’attaques incessantes en plusieurs points du pays ces dernières semaines, notamment à Dékoa, aussi dans le centre du pays, payent le prix de la faiblesse des forces de défense et de sécurité.

Les Forces armées centrafricaines (Facas) ont implosé lors des combats contre la Séléka. Depuis, une partie des soldats et leurs armes ont rejoint les anti-balaka pour combattre la Séléka.

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Sangaris et la Misca, s’oppose au réarmement des Facas, jugées peu fiables, que le gouvernement demande.

Mardi, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait déclaré à Bangui qu’il n’y a pas d’avenir pour la Centrafrique s’il n’y a pas de cessez-le-feu entre les différents groupes armés.

Un forum de réconciliation nationale est prévu du 21 au 23 juillet à Brazzaville.

Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la Séléka, chassée du pouvoir en janvier, la Centrafrique vit une crise sans précédent, marquée par de terribles violences intercommunautaires ayant fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juillet 2014 19h16)

Centrafrique : au moins 20 personnes tuées par des membres de l’ex-Séléka à la cathédrale de Bambari

juillet 8, 2014

Des hommes armés portant des uniformes militaires identifiés comme étant des ex-Séléka ont attaqué lundi soir la cathédrale Saint-Joseph de Bambari. Le bilan provisoire fait état d’au moins 20 morts, selon la force africaine (Misca).

L’attaque lundi 7 juillet au soir par des éléments apparentés à l’ex-rébellion Séléka de la cathédrale Saint-Joseph de Bambari, où s’étaient réfugiés de nombreux civils, a tourné au carnage. Selon une source de la Misca (la force africaine), « au moins 20 personnes ont été tuées et 25 blessées (…) par des hommes armés portant des boubous et des uniformes militaires identifiés comme étant des ex-Séléka ».

« Les assaillants ont incendié des tentes et ouvert le feu sur les civils qui s’y trouvaient. Il s’agit encore d’un bilan provisoire qui pourrait s’alourdir car les humanitaires n’ont pas la tâche facile sur le terrain où des tirs étaient encore entendus ce matin », a précisé la source.

« La plupart des personnes réfugiées sur ce site ont escaladé la concession de la paroisse pour se mettre à l’abri des tirs à la base des soldats français de l’opération Sangaris et à la résidence du préfet », a-t-elle ajouté.

L’archevêché a été assiégé à la suite d’affrontements en plein centre-ville. Des éléments anti-balaka ont tenté d’investir le centre de la ville et les quartiers musulmans. L’ex-rébellion a alors réagi et ont ouvert le feu. La force Sangaris s’est interposée alors que les deux belligérants s’affrontaient, faisant usage de la force.

Un membre de l’état-major de la Séléka a justifié l’attaque de l’archevêché en déclarant que « des miliciens anti-balaka sont présents sur ce site de déplacés, comme ils le sont sur d’autres sites. « C’est pour celà que nous avons lancé une attaque », a indiqué un membre de leur état-major.

« Il y a toujours des provocations et des attaques des anti-balaka depuis leur attaque contre des peuls qui a fait 17 morts (23 juin). Nous ne faisons que défendre les populations », a déclaré quant à lui Ahmad Nejad, porte-parole de l’état-major de l’ex-rébellion.

Le Drian annule sa visite à Bambari

Ces nouvelles violences ont entrainé l’annulation du déplacement mardi à Bambari du ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian. « La sécurité du ministre n’était pas en jeu. Mais nous avons estimé que les 150 à 180 soldats français présents sur place étaient assez occupés comme ça », explique-t-on dans l’entourage du ministre de la Défense.

Arrivé lundi en fin d’après-midi à Bangui pour sa septième visite en Centrafrique, Jean-Yves Le Drian s’est aussitôt rendu après au camp militaire Mpoko où sont basés les militaires français de l’opération Sangaris pour un entretien avec leur nouveau commandant, le général Éric Bellot des Minières.

Il a été ensuite reçu à la résidence privée de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza. Mardi, il a participé à des patrouilles de Sangaris dans plusieurs arrondissements de Bangui avant de rencontrer un bataillon de soldats français membres de l’Eufor (l’opération européenne en RCA).

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: une rivière charrie des corps suppliciés

juin 19, 2014

Bangui – Au moins 10 corps portant des marques de sévices ont été repêchés depuis lundi dans la rivière Ouaka dans la région de Bambari (Centre), où l’ex-Séléka, la rébellion centrafricaine à dominante musulmane, a établi son nouvel état-major, a-t-on appris jeudi auprès de la gendarmerie.

Au moins 10 corps portant des traces de sévices flottant sur la rivière Ouaka à Bambari ont été repêchés depuis le début de la semaine, provoquant la consternation et suscitant des inquiétudes parmi les habitants qui continuent de fuir vers l’évêché, a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat une source de la gendarmerie centrafricaine.

Les corps jetés dans la rivière sont tous des hommes. Ils portent des traces de tortures, de coups et blessures à l’arme blanche ou par balle et ont les mains et les pieds ligotés dans le dos et reliés par des cordes. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ces tueries, a ajouté cette source.

De son côté, un journaliste local s’exprimant lui aussi sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité a précisé: les corps retrouvés sont affreusement mutilés. L’horreur et la panique se sont emparées de Bambari. Les conditions de vie sont rendues exécrables par les ex-Séléka qui infiltrent facilement les quartiers pour s’attaquer aux civils. Certes les soldats français (de l’opération Sangaris) sont là, ils les traquent, mais ils sont présents dans les quartiers en tenue civile.

Il y a deux semaines des affrontements entre groupes armés ont eu lieu au village Liwa dans la région de Bambari faisant au moins 22 morts.

Interrogé par l’AFP au sujet des corps repêchés, Amadi Nedjad, porte-parole de l’ex-Séléka a démenti que son mouvement ait commis des exactions à Bambari.

Les éléments de l’ex Séléka sont tous cantonnés à présent à Bambari. On ne peut pas dire que ce sont eux qui quittent leurs lieux de cantonnement, pourtant surveillés par les forces françaises de Sangaris et africaines de la Misca, pour aller commettre des exactions, a-t-il affirmé.

A la suite de la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka – renversée en janvier – des exactions similaires avaient été commises à Bangui contre les éléments des forces armées centrafricaines (FACA) et des civils par les combattants Séléka.

De nombreux corps présentant des traces de sévices, voire mutilés, avaient été repêchés dans l’Oubangui, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet de Bangui.

Lundi, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) avait dénoncé l’utilisation systématique de la violence par les groupes armés contre les populations dans la région de Bambari.

Depuis plus d’un an, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, dont de nombreux civils musulmans contraints à fuir des régions entières face aux violences des milices chrétiennes anti-balaka.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2014 15h46)

Centrafrique: accrochage entre soldats français et ex-Séléka à Bambari

mai 24, 2014

Paris – Un accrochage a opposé samedi à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, des éléments incontrôlés de l’ex-rébellion Séléka à des forces françaises, a indiqué à l’AFP à Paris un porte-parole de l’état-major de l’armée.

Une vingtaine d’ex-Séléka, à bord de trois pick-up, ont ouvert le feu sur des soldats français qui, après des tirs de semonce, ont riposté et détruit l’un des trois véhicules, selon le colonel Gilles Jaron. Le bilan concernant d’éventuelles victimes du côté des ex-Séléka n’est pas encore connu, tandis qu’aucun soldat français n’a été tué ou blessé, a-t-il précisé.

Après la destruction du pick-up, les tirs ont cessé mais les deux autres pick-up ont tenté de contourner les forces françaises.

Les assaillants avaient traversé la ville avant d’attaquer à l’ouest de celle-ci la position française, ouvrant le feu immédiatement sur elle, selon le porte-parole.

Les forces françaises ont pris contact avec leurs interlocuteurs habituels chez les ex-Séléka pour faire baisser la tension, a également déclaré le porte-parole de l’état-major.

Mi-mai, plusieurs cadres du mouvement avaient affirmé vouloir restructurer la Séléka, à l’issue d’une rencontre à Ndélé (nord), et ont installé leur quartier général à Bambari.

Les assaillants semblent être des éléments échappant au contrôle de ces cadres, selon le colonel Jaron.

La Séléka, coalition rebelle hétéroclite à dominante musulmane, avait pris le pouvoir en mars 2013, puis été mise en déroute début 2014 après la démission forcée de son chef Michel Djotodia de la présidence de la République. Désormais, les combattants du mouvement, sans réelle ligne de commandement, écument la province, se rendant coupables de nombreuses exactions.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2014 13h46)

Centrafrique: : pour Pâques, appel au calme dans la cathédrale de Bambari, menacée

avril 20, 2014
: pour Pâques, appel au calme dans la cathédrale de Bambari, menacée © AFP

: pour Pâques, appel au calme dans la cathédrale de Bambari, menacée © AFP

Chants entraînants, guirlandes artisanales et boubous fleuris . . . L’allégresse, de rigueur dans la cathédrale de Bambari pour Pâques, n’a pas fait oublier les menaces du quotidien en Centrafrique, le prêtre appelant au calme alors que des milices se rapprochent de cette ville du centre du pays.

Le bâtiment futuriste, dont la forme arrondie et pointue n’est pas sans rappeler une soucoupe volante singulièrement posée en terre africaine, était plein à craquer pour la messe dominicale.

Bien plus d’un millier de fidèles sont arrivés parés de leurs plus beaux atours : maillots de foot ou pagnes, parfois à l’effigie du pape ou de la vierge Marie.

Se détachant au milieu de la foule, un petit bonhomme, 2 ans tout au plus, le regard fixe dans son smoking noir à rayures, trois fois trop grand pour sa taille minuscule.

Point de cantiques psalmodiés comme dans la lointaine Europe. A Bambari, la foule chante, sourit, frappe dans ses mains, au son tropical d’une guitare, d’une basse et de percussions. De petites danseuses en robes vertes et jaunes, mouchoir fleuri à la main, roulent leurs épaules et se déhanchent en rythme devant l’autel.

Mais l’atmosphère paisible est trompeuse et l’abbé Thibault rappelle ses ouailles à la réalité de la Centrafrique d’aujourd’hui.

« Puisqu’ aujourd’hui le Christ est ressuscité, il faut oublier tout ce qui s’est passé avant », lance-t-il.

« Les jeunes doivent écouter les anciens car ils ont de l’expérience. Ceux-ci doivent être des modèles (. . . ) Que Dieu réunisse tous ses disciples, divisés pour l’instant.  »

Et d’informer la foule qu' »un prêtre a été tué » vendredi. Six balles l’ont fauché alors qu’il roulait à moto dans le nord du pays, selon une source sécuritaire.

Plus d’un an après un coup d’Etat, la Centrafrique vit dans le chaos. A 300 km à l’ouest de Bangui, la capitale, Bambari, encore paisible, est menacée. Les milices anti-balaka, composées de jeunes chrétiens, affrontent l’ex-rébellion Séléka, pro-musulmane, à Grimari, à 80 km des portes de la ville. Les pertes civiles sont lourdes.

– « On ne veut pas la guerre » –

Les anti-balaka disent venger les chrétiens des sévices que leur ont infligés les Séléka quand ils étaient au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014, mais ils commettent à leur tour des atrocités.

Chrétiens et surtout musulmans craignent que ces combats, transposés au coeur de Bambari, n’apporte leur cortège de pillages, de destructions, de morts, toutes communautés confondues.

« Maintenant, les musulmans disent que si les anti-balaka viennent leur faire du mal, ils vont se retourner contre les chrétiens pour rendre les coups », s’inquiète à la sortie du culte Camille Pandjikoro, un cultivateur de 53 ans, au col de chemise rapé.

« On ne veut pas la guerre, on ne veut pas de mal », observe sa soeur Madeleine Nguéréthanga, ménagère de 50 ans, engoncée dans un joli boubou bleu. Ses enfants, âgés d’une vingtaine d’année, sont interdits de sortie. « On leur ordonne de rester à la maison pour ne pas qu’ils créent des problèmes.  »

Mathias René Mati, agriculteur de 44 ans, demande aux jeunes de « ne pas réagir comme ceux de Bangui par rapport aux musulmans », afin d’éviter les tueries qui ont fait des centaines de morts, peut-être des milliers, dans la capitale.

« Il n’y a pas de problème chez les vieux », musulmans comme catholiques, affirme-t-il. « C’est plutôt chez les jeunes » que le bât blesse, d’où de fréquentes réunions pour calmer les esprits, ajoute l’homme, le cou ceint d’un foulard rouge.

Fin de la messe, les mères d’enfants gesticulant ou endormis sur leur épaule quittent la cathédrale, juste derrière les pères, que précède la croix portée par les enfants de choeur.

Une jeep de Sangaris, la force d’interposition française en Centrafrique, passe devant le bâtiment, saluée par une myriade d’enfants bondissants. Comme pour rappeler qu’après cette trêve de Pâques, la dure réalité reprend ses droits à Bambari.

Jeuneafrique.com avec AFP