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Le vrai Firmin Mahé est vivant et toujours emprisonné ! »

décembre 3, 2012
Me Ndoumou, l'avocat camerounais des proches de Firmin Mahé, le 27 novembre. Me Ndoumou, l’avocat camerounais des proches de Firmin Mahé, le 27 novembre. © AFP

Au procès des quatre militaires français accusés du meurtre de l’Ivoirien Firmin Mahé, en 2005, les proches de la victime ont enfin fait leur apparition, lundi 3 décembre.

Ils sont arrivés en silence, presque incognito. Des chuchotements se sont fait entendre dans la salle, où certains ont demandé à leurs voisins : « Qui est-ce ? » Puis, en file indienne, derrière leur avocat, Me Ndoumou, les proches de Firmin Mahé ont traversé la salle, solennellement, sans prononcer le moindre mot. Ils se sont assis, les uns à côté des autres, sur le banc réservé à la partie civile. Un banc qui était désespérément vide depuis le début du procès, le 27 novembre

De fait, les proches de Mahé n’avaient pu, faute de passeports biométriques puis de visas, se rendre en France. Arrivés vendredi dernier de Côte d’Ivoire, ils sont venus dès lundi matin pour témoigner. Est-ce un nouveau tournant dans ce procès, qui se tient depuis le 27 novembre dernier ? Aux yeux de l’avocat de la partie civile, certainement. « C’est un soulagement », déclare Me Ndoumou. Plutôt silencieux jusque-là, l’avocat d’origine camerounaise en retrouve même son latin. Il utilise désormais un micro et se fait entendre par un public très attentif, même s’il est moins nombreux que les jours précédents pendant les témoignages des militaires français accusés.

Les proches de Firmin Mahé présents au procès :

  • Madeleine Nonahin, 57 ans. Firmin Mahé était son « petit oncle »
  • Basile Guehi, 42 ans, dont Firmin Mahé était aussi le « petit oncle »
  • Dahou Koulai Jacques, 48 ans, frère aîné de Firmin Mahé
  • Edith Zadié François, 29 ans, concubine de Firmin Mahé au moment des faits.

La première à passer à la barre est Madeleine Nonahin. Pasteure, elle s’occupe aujourd’hui du fils de Firmin Mahé, Gaël, et vit à Abidjan, dans le quartier de Yopougon. Tunique noir et grande jupe beige, petite, elle est un peu impressionnée par la cour. Et stressée : elle se trompera d’ailleurs sur son âge et sur le mois de la mort de Firmin Mahé.

Rappel à l’ordre

Le président de la cour, Olivier Leurent, commence par lui montrer une première photo de Firmin Mahé et lui demande si elle le reconnaît. Réponse : « La photo est un peu floue ». Madeleine Nonahin se retourne vers son avocat, cherchant du regard un soutien, avant de se faire rappeler à l’ordre par le président de la cour : « Vous regardez la cour d’assises, s’il vous plaît, pas la partie civile. » Face à une seconde photo, elle déclare : « Je ne le reconnais pas. » Le président insiste : « Mais c’est quand même un membre de votre famille ! Vous n’êtes pas sûre de vous ? ». Ambiance…

La suite de l’interrogatoire sera consacrée à la relation qu’elle entretenait avec Firmin Mahé et aux occupations de ce dernier. « Était-il un coupeur de route ? » demande le président de la cour. Madeleine Nonahin répond : « Je le connaissais très bien, ce n’est pas un coupeur de route. Il était plombier. Il y a eu erreur sur la personne. » Concernant le fait que plusieurs « indics » ont formellement identifié son « petit oncle » comme le chef de file des « coupeurs de route » de la région, elle ajoute : « Lors d’une crise, comme celle de l’époque, beaucoup de choses se passent. Ce sont peut-être des ennemis qui en ont profité pour le dénoncer injustement…»

« Mensonges »

Me Morin, l’avocat d’un des militaires français accusés, Lianrifou Ben Youssouf (le chauffeur du blindé dans lequel Mahé a été tué), l’interroge à son tour. Il demande si ses conversations avec Firmin Mahé incluaient le phénomène des « coupeurs de route » et l’existence d’un « Mahé » qui, lui, en serait un. « On ne parlait pas de ces choses-là !… Je n’étais pas au courant de tout dans sa vie, comme il n’était pas au courant de tout dans la mienne », répond-elle. Avant d’ajouter, sûre d’elle, presque avec impertinence : « Mais le vrai Mahé est vivant et toujours emprisonné ! »

L’audience suspendue, elle rejoint son banc. Puis vient le témoignage d’Édith Zadié François, qui était concubine de Firmin Mahé au moment des faits et présente à ses côtés, le 13 mai 2005, jour de son arrestation et de sa mort. Avant de venir à la barre, elle se tenait un peu à l’écart, visage serré, peu bavarde… Elle n’a visiblement pas confiance. Sa version des faits, sa conviction que Mahé était innocent, elle la réserve à la cour. Elle lâchera : « Ils l’ont tué « cadeau », pour rien. Tout ça, ce ne sont que des mensonges. »

Jeuneafrique.com par Haby Niakaté 

Sourire de canicule

août 19, 2012

A la frontière de ton sourire

Je découvre ta belle denture

Trônant sur l’arc de triomphe

Au-dessus de ton nez sans griffes

 

Visage incliné sur le banc de ton épaule

A la surface gauche de ta clavicule

Durant ces belles journées de canicule

Tu es une incarnation parfaite sans ridules

 

Tombant dans la piscine bleue

 Avec ton maillot de bain bleu

Tu deviens comme un ange bleu

Qui descend couronné du ciel bleu.

Bernard NKOUNKOU

Mon œil au coin de la pitié

août 13, 2012

Sur le banc humiliant des accusés

mon œil regarde le corps en pitié

qui tremble d’une voix rauque

comme un linge de grande toque

 

Résistant à l’oreille dure bouchée

modèle de vieille gloire empotée

marchandant dangereusement le verbe

dans un monde d’hypocrites imberbes

 

Entre théories de ruse sans victoire

ma conscience pied de grue d’entonnoir

victime d’une brochette de pie à la mangeoire

campe au ridicule d’une incrimination notoire.

 

Bernard NKOUNKOU

Pouvoir des amis complices

juin 10, 2012

Pouvoir de sales bourriques

interposé comme des briques

par de vilains petits maçons

qui ont des trous dans les caleçons

Pouvoir à la triste mode familiale

à la succession au relent bestial

provoque la nausée de la démocratie

quand le peuple manque de roupie

Pouvoir armé qui sème le sang

et récolte la mort dans les rangs

masquant sa bonté dans le temps

il s’accroche au dernier coin du banc

Pouvoir aux nombreux amis complices

ressemble aux dictateurs de même indice

malgré le cœur de la contestation populaire

il refuse de se noyer dans la vague révolutionnaire.

Bernard NKOUNKOU

Michel Gbagbo serait-il malade et hospitalisé ?

mars 19, 2012

Michel Gbagbo, le fils ainé de l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo, est actuellement interné à la Polyclinique internationale Sainte Anne-Marie (PISAM) d’Abidjan. Mais le mystère qui s’est créé autour de son hospitalisation dans ce centre médical interpelle nombre d’observateurs.

Ainsi, dans le but d’en savoir davantage sur cette présence du prisonnier de Bouna, nous nous sommes rendus le samedi 17 mars 2012 à la PISAM. Il est 14h30 quand nous arrivons sur le parking de l’hôpital. Et la première chose qui nous frappe, c’est la présence inhabituelle de policiers de la Brigade anti-émeute (BAE), installés dans un coin de la cour. Ils y ont établi une sorte de camp. A l’entrée de l’édifice, il y a au moins trois vigiles assis, les autres faisant des rondes principalement dans la grande cour de la PISAM.

Sur place, nous nous avançons vers un homme, un employé de l’hôpital pour discuter, dans l’espoir d’en savoir un peu plus sur la présence remarquable des éléments des forces de l’ordre dans l’enceinte d’un hôpital. L’homme, la trentaine révolue, est de taille moyenne. Il nous informe que cela arrive souvent quand des gradés de l’armée ou de la police sont internés à la PISAM. A l’en croire, plusieurs policiers et militaires sont actuellement hospitalisés dans cette polyclinique pour, on ne sait quelle raison. Mais une autre source nous fait savoir que la raison de l’installation de ce détachement d’agents de l’ordre dans cet hôpital est liée à la présence depuis une semaine de Michel Gbagbo, qui serait très malade.

En tout cas, selon notre interlocuteur, l’arrivée du fils de l’ex-chef de l’Etat ivoirien en ces lieux coïncide parfaitement avec la présence des hommes en armes à la PISAM. Après un petit tour sur l’esplanade de l’établissement hospitalier, nous nous asseyons sur un banc pour observer les entrées et les sorties. Plusieurs véhicules, notamment des taxis, se suivent pour débarquer ou rechercher d’éventuels clients à l’entrée du bâtiment. Mais en même temps, nous apercevons la venue d’un véhicule avec une plaque d’immatriculation militaire. Un homme noir, de grande taille et habillé en civil, rentre à la PISAM. Après lui, d’autres personnes, certainement des militaires, descendent des véhicules du même genre. Ils entrent et sortent de l’établissement. Tout est calme comme d’habitude.
Michel Gbagbo pourrait être évacué en France
Selon des informations en notre possession, le fils de Laurent Gbagbo serait mal en point et son état de santé qui s’est fortement dégradé ces derniers jours du fait de son long séjour dans la prison de Bouna, au nord de la Côte d’Ivoire, depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, pourrait nécessiter une évacuation sur la France.

Hier dimanche 18 mars 2012, nous rentrons en contact avec Me Habiba Touré à Paris avocate franco-ivoirienne du fils de l’ex-président écroué à la prison de Scheveningen, à la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye. Me Touré nous informe qu’effectivement, une évacuation de Michel Gbagbo sur la France n’est pas à écarter. « Les tractations sont en cours pour son évacuation », a-t-elle indiqué.

En Côte d’Ivoire, d’autres sources proches du dossier confirment les tractations pour le voyage de Michel Gbagbo. Pour l’heure, rien n’est évident, mais une chose est sûre : Michel Gbagbo est gravement malade et les médecins de la PISAM semblent dépassés par l’ampleur du mal qui le ronge. En attendant une probable évacuation, le fils de Laurent Gbagbo est toujours interné à la PISAM, sous une surveillance militaire.

L’Inter par Hervé KPODION