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Les écoles, fabriques d’illettrés ?

septembre 28, 2017
L’Œil de Glez. © Glez / J.A.

Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur le développement indique qu’accéder à l’école n’est pas un gage absolu de formation satisfaisante. Des millions d’enfants sont incapables de lire ou de compter, même après des années de classe…

Peut-être y a-t-il pire, du point de vue des idolâtres de l’école, que des enfants qui ne prennent pas le chemin des classes. Ce sont les bambins qui usent leurs culottes sur les bancs, des années durant, sans pour autant assimiler les fondamentaux de l’enseignement prodigué. Pourquoi et comment alors demander aux populations désargentées de confier leurs bras mineurs à des institutions déjà qualifiées d’ « occidentalisantes » ? Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde tire la sonnette d’alarme : aller à l’école ne serait plus une garantie de savoir lire, écrire ou compter.

L’agence financière des Nations unies a effectué des tests de connaissance dans de nombreuses écoles de tous les continents. Son rapport indique que des millions d’élèves de pays à revenu faible et intermédiaire sont incapables de lire, ni d’écrire, ni de résoudre des opérations de mathématiques élémentaires. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, lorsque certains élèves de troisième année de l’école primaire réussissent tout de même à déchiffrer des phrases simples, ils surprennent en dévoilant qu’ils ne comprennent pas ce que ladite phrase veut dire. Maigre consolation : pour une fois, le continent africain n’est pas le seul stigmatisé.

Crise « est d’ordre moral et économique »

En Asie, près de trois quarts des Indiens des campagnes, au même niveau de troisième année de l’école primaire, sont incapables de résoudre une soustraction entre deux nombres à deux chiffres. Sans chercher à pratiquer la satire, la Banque mondiale évalue qu’il faudrait… 263 ans à un Brésilien de 15 ans, à son rythme d’acquisition actuel, pour atteindre ce qu’il est convenu d’appeler un niveau moyen en lecture.

Si ce parfum d’échec de l’apprentissage scolaire exhale de toute la planète, il y a bien des inégalités entre les zones géographiques et entre les classes sociales. L’élève « excellent » d’un pays à revenu intermédiaire est en réalité à classer au niveau « inférieur » des pays plus riches. Le rapport de la Banque mondiale indique que les notes de l’élève moyen d’un pays pauvre sont inférieures à celles de 95% des élèves de pays à revenu élevé. Il est donc bien question de moyens, mais pas seulement.

En affirmant que la crise « est d’ordre moral et économique », le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, veut dire qu’elle est aussi le résultat d’un manque de volonté politique. Et de citer les exemples de la Corée du Sud et du Vietnam. En moins de 50 ans, le premier de ces deux pays est passé d’un taux d’alphabétisation extrêmement faible à une compétitivité remarquée dans les classements internationaux. Les Vietnamiens du second cycle du secondaire, eux, côtoient le niveau de leurs camarades allemands.

La Banque mondiale insiste sur le fait que l’apprentissage scolaire augmente fortement les chances de trouver un emploi

Bien sûr, « intelligence », « culture » ou même « éducation » ne sont pas absolument synonymes de « formation scolaire » ou de « tests de Q.I. occidentaux ». Mais la Banque mondiale insiste sur le fait que l’apprentissage scolaire augmente fortement les chances de trouver un emploi. De plus, lorsque l’accès à l’école est garanti et que l’enseignement est performant, la fréquentation des classes est source d’émancipation pour les jeunes filles et d’esprit civique pour tous. Par le sens même de son nom, la secte Boko Haram tente d’expliquer aux Africains que « l’éducation occidentale est un péché ». Quitte à commettre un péché, autant ne pas ressortir inculte de l’école…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

La Banque mondiale finance secrètement l’industrie du charbon en Asie

octobre 3, 2016

Washington – La Banque mondiale finance indirectement la construction de centrales à charbon polluantes en Asie en dépit de son engagement à limiter ses aides à ce secteur et à combattre le changement climatique, affirme une ONG dans un rapport lundi.

En 2013, l’institution avait assuré qu’elle ne soutiendrait les projets de développement reposant sur le charbon que dans les rares circonstances où il n’existe pas d’autres alternatives énergétiques.

Mais, selon le rapport de l’organisation Inclusive Development International (IDI), la Banque mondiale a, depuis, indirectement aidé à co-financer 41 projets associés au charbon en Asie via sa branche dédiée au secteur privé, la Société financière internationale (SFI).

D’après l’ONG, la SFI aurait plus précisément accordé des prêts à des banques et fonds d’investissements de pays en développement qui auraient ensuite été utilisés pour financer des énergies polluantes, notamment la construction d’une centrale au Bangladesh.

Un porte-parole de la SFI a dit prendre le rapport très au sérieux en ajoutant qu’il montrait la nécessité de créer plus d’incitations pour que les Etats et le secteur privé investissent dans les énergies renouvelables.

La SFI a par ailleurs, selon ce porte-parole, investi plus de 15 milliards de dollars depuis 2005 dans les énergies propres et les économies d’énergie.

La branche de la BM dédiée au secteur privé a été plusieurs mois critiquée par des ONG qui l’ont notamment accusé de financer indirectement des projets ayant conduit à des violations des droits de l’Homme.

Romandie.com avec(©AFP / 03 octobre 2016 15h42)

Mali : les bailleurs mobilisent plus de 3 milliards d’euros pour la reconstruction

mai 15, 2013
Dioncounda Traoré et José Manuel Baroso (à dr.).
Dioncounda Traoré et José Manuel Baroso (à dr.). © AFP

La conférence de pays donateurs pour le Mali a mobilisé mercredi 15 mai environ 3,25 milliards d’euros pour la reconstruction du pays. Les principaux contributeurs sont l’Union européenne, la Banque mondiale, le FMI, la Banque islamique d’Investissement (BID), ainsi que des dizaines de pays.

La conférence des pays donateurs pour le Mali s’est montrée plus généreuse que prévu. Réunie mercredi à Bruxelles, elle a mobilisé environ 3,25 milliards d’euros – contre un peu moins de 2 milliards espérés – pour aider ce pays à relancer son économie et ses institutions après la guerre.

« Plus de 3,25 milliards d’euros ont pu être mobilisés à l’occasion de cette conférence », a annoncé le président français François Hollande en clôture de la réunion.

Ce montant est supérieur aux objectifs des organisateurs de la conférence (l’Union européenne, la France et le Mali), qui ambitionnaient de lever 1,96 milliard d’euros pour les années 2013-2014.

Le président malien Diouncouda Traoré a chaleureusement remercié les 108 pays et institutions ayant participé à la conférence. « Nous sommes tous ensemble pour la reconstruction du Mali. Tous ensemble pour la relance du Mali », s’est-il félicité.

Plan de relance évalué à 4,34 milliards d’euros

François Hollande a souligné qu’il revenait désormais « aux Maliens de respecter les engagements pour la réconciliation, pour la sécurité, pour l’État de droit et pour la bonne gouvernance ».

« C’est un contrat que nous passons ensemble, un beau contrat », a-t-il ajouté. La contribution des pays donateurs doit permettre aux autorités de Bamako de financer le Plan pour la relance durable du Mali (Pred), destiné à remettre en marche le pays sur deux ans (2013-1014). L’essentiel du financement de ce plan, évalué à 4,34 milliards d’euros, doit être assuré par le budget interne malien.

Parmi les principales institutions contributrices, figurent l’Union européenne (520 millions d’euros sur deux ans), la Banque Mondiale, le FMI, la Banque islamique d’Investissement (BID), ainsi que des dizaines de pays. L’aide française s’élève à 280 millions d’euros sur deux ans, a annoncé M. Hollande, qui l’a qualifiée d’ « effort important à un moment où nous connaissons des difficultés financières ».

Jeuneafrique.com

Sénégal : Karim Wade dans le collimateur ?

novembre 14, 2012
Karim Wade n'a pas connaissance des faits que la justice sénégalaise pourrait lui reprocher. Karim Wade n’a pas connaissance des faits que la justice sénégalaise pourrait lui reprocher. © Seyllou/AFP

Karim Wade a bien l’intention de se présenter à sa convocation devant les gendarmes, jeudi 15 novembre. L’ancien ministre et fils du président sénégalais Abdoulaye Wade réfute les allégations de corruption portées contre lui, et fustige « l’amateurisme » du procureur en charge de son dossier.

Déjà auditionné à deux reprises, en juillet, Karim Wade, qui s’est reconverti dans le consulting auprès d’investisseurs internationaux désireux de s’installer en Afrique, est convoqué le 15 novembre devant la section de recherches de la gendarmerie. L’ancien conseiller à la présidence, patron de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), puis ministre d’État (Coopération, Transports aériens, Infrastructures et Énergie) est dans le collimateur de la cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), réactivée par le nouveau chef de l’État. Déférera-t-il à la convocation ?

« Amateurisme »

« Oui, nous a expliqué Karim Wade, je répondrai à toutes les questions, même si je crains que tout cela n’obéisse à des fins politiques. Je constate que, pour l’instant, on nage dans l’amateurisme. Le procureur spécial parle ainsi de 1 000 milliards de F CFA (1,5 milliard d’euros) détournés. Or cela correspond au budget annuel du Sénégal, alors que nous sommes sous la surveillance plus qu’attentive de la Banque mondiale ou du FMI ! Soyons sérieux. » A-t-il connaissance du dossier et des charges retenues contre lui ? « Absolument pas, et c’est bien le problème. Les seules questions que l’on m’ait posées jusqu’ici sont relatives à l’acquisition d’un véhicule ou d’un appartement. »

Après s’être reposé au Maroc, Abdoulaye, son père, s’est quant à lui retiré dans sa villa de Versailles, dans la banlieue parisienne, pour écrire (ses Mémoires ?) et prendre du recul. Il prépare activement le congrès de sa formation, le Parti démocratique sénégalais (PDS), au début de 2013, à l’issue duquel il passera officiellement la main.

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Les conséquences mondiales de la sécheresse américaine

août 6, 2012
À cause de la sécheresse depuis le printemps, plus de la moitié des États-Unis sont entrés en zone sinistrée.

INFOGRAPHIE – Le blé, le maïs, le soja… le prix des denrées agricoles flambe, faute de pluies, aux États-Unis notamment.

Les images déprimantes de milliers d’hec­tares de maïs desséchés et brûlés par le soleil font craindre une poussée des prix alimentaires aux États-Unis. Mais pour le moment les experts gardent leur calme: la pire sécheresse depuis cinquante-six ans ne devrait pas trop ­faire grimper pour le consommateur américain les prix des viandes et du lait, ainsi que ceux des produits dérivés du maïs et du soja.

En revanche, à la Banque mondiale à Washington, on s’inquiète des conséquences de l’absence cruelle de pluie en Amérique, mais aussi en Russie, en Ukraine et en Inde, sur les cours de denrées essentielles à l’alimentation de centaines de millions de pauvres. Du Pakistan à Maroc, du Sri Lanka à l’Ouzbékistan, en 2007-2008, l’envolée des prix des céréales avait provoqué des émeutes de la faim. Jim Young Kim, président de la Banque mondiale, précise que par certains côtés la situation est plus grave qu’il y a quatre ans: «En 2008, les prix des céréales ont augmenté, mais le riz et le blé avaient le plus grimpé… En 2012, les prix ont grimpé dans toutes les catégories de denrées: blé, maïs et soja.» Même pour des pays émergents relativement riches, comme la Chine ou la Russie, les produits alimentaires représentent près d’un tiers de l’indice des prix, soit deux fois leur proportion en ­Europe ou aux États-Unis.

La semaine dernière, le département de l’Agriculture a classé 218 comtés de plus en «zone sinistrée». Faute de pluie depuis la fin du printemps, désormais plus de la moitié des États-Unis, soit 1 584 comtés dans 32 États, entre dans cette catégorie. La décision administrative rend les agriculteurs éligibles à diverses aides fédérales, notamment des prêts d’urgence bonifiés. Dans près de la moitié des régions plantées de maïs, la récolte sera «peu ou très peu abondante», selon les autorités fédérales. 37 % des régions du soja sont dans le même cas. Près des trois quarts des zones consacrées à l’élevage se trouvent aussi frappées par la sécheresse.

L’éthanol en ligne de mire

Rien qu’au cours des trois derniers mois, les prix du maïs ont bondi de 29 %, ceux du blé de 41 %, et ceux du soja de 17 %. Cette semaine, le département de l’Agriculture va mettre à jour ses prévisions du volume des récoltes. Certains voient la production de maïs diminuer d’un tiers par rapport à la prévision de saison record formulée au mois de juin. Il s’agirait d’un ajustement majeur, car les États-Unis sont, avant la Chine, le premier producteur mondial de maïs.

Pourtant, les économistes ne tablent que sur une hausse des prix alimentaires aux États-Unis l’an prochain de l’ordre de 3 à 4 %. Seulement 10 % des coûts des produits alimentaires proviennent en effet des coûts des denrées produites par les agriculteurs. Le reste correspond au traitement, à l’emballage, au transport et au marketing. Mais les effets de la flambée des cours du maïs se feront certainement remarquer dans les prix du poulet, du porc, du bœuf et du lait. Nombre d’éleveurs américains demandent d’ailleurs aux autorités fédérales de réduire les volumes obligatoires de production d’éthanol à base de maïs, afin de libérer une partie de la récolte pour l’alimentation de leurs bêtes et de réduire leurs coûts. Dans le même temps, «les Brésiliens et les Argentins courent dans leurs champs avec un grand sourire, à cause de la hausse des prix. Ils vont semer comme jamais», affirme Mike Doherty, économiste du Farm Bureau de l’Illinois. Le Brésil pourrait même dépasser les États-Unis et devenir premier producteur mondial de soja en 2013.

 

ECO-2012-31-secheresse.pdf
 
Lefigaro.fr par Pierre-Yves Dugua

Bingu wa Mutharika est décédé ou la dérive autoritaire du président du Malawi usé par le pouvoir

avril 6, 2012

Le président du Malawi Bingu wa Mutharika, décédé vendredi à  l’âge de 78 ans, fut d’abord loué pour sa lutte anti-corruption et son action  efficace contre la famine, avant d’être fustigé pour la dérive autoritaire et  brutale de son régime après huit ans de pouvoir.

Cet économiste, ayant travaillé pour plusieurs organisations internationales  dont la Banque mondiale, avait accordé un entretien à l’AFP le 18 juillet 2011,  deux jours avant le déclenchement d’émeutes meurtrières dans les grandes villes  du pays.

« Je suis une personne très ouverte.  Je consulte tout le monde », disait de  lui-même ce fervent catholique, père de quatre enfants.  « Mais il faut aussi de  la discipline.  Aucune nation sur cette terre ne peut fonctionner sans  discipline (. . . ) La dictature n’est pas dans ma nature.  Je suis un démocrate  pur et dur.  »

Beaucoup, pourtant, on fait l’expérience de sa rigidité face à la  contestation.  En juillet 2011, des manifestations populaires tournent à  l’affrontement et au pillage.  La police tire à balles réelles: 19 morts.

En mars cette année, un comité d’opposants et personnalités de la société  civile appelle à la démission du chef de l’Etat, dénonçant sa dérive autoritaire  et sa mauvaise gestion économique.

Interdits de rassemblement par le pouvoir, les opposants doivent trouver  refuge dans une église pour échapper à la police.

« Je tiens à informer le Malawi que Bingu ne démissionnera pas d’ici 2014 »,  leur répond publiquement M.  Mutharika, en ajoutant: « Bingu ne lâche pas  l’affaire, il est responsable et ne déserte pas même si les choses deviennent  difficiles.  »

Fils d’un directeur d’école, né dans un village du district de Thyolo (sud)  perdu dans des plantations de thé, M.  Mutharika avait débuté sa carrière  politique en luttant contre la dictature de Hastings Kamuzu Banda (1964-1994).

Il co-fonda dans la clandestinité un mouvement pro-démocratie, le Front  démocratique uni (UDF), qu’il quitta ensuite en 1999.

Ses loyautés à géométrie variable ont d’ailleurs été souvent considérées  comme des trahisons par ceux qui en furent les victimes.  Choisi à la fin des  années 1990 pour succéder au président Bakili Muluzi, Mutharika préféra fonder  son propre parti pour défier son mentor, avant de le faire poursuivre en justice  pour corruption.

Elu une première fois président en 2004, il s’est targué d’avoir « éliminé la  faim au Malawi », après une terrible famine en 2005.  Et son programme en faveur  des agriculteurs locaux lui a valu une réélection facile en 2009, avec 66% des  voix.

Mais, à peine réélu, il a fait exclure du parti au pouvoir sa populaire  vice-présidente Joyce Banda, et voulait installer son propre frère, Peter, dans  le fauteuil présidentiel en 2014, la Constitution lui interdisant de briguer un  troisième mandat.

De son bilan depuis 2009, ses détracteurs retiennent surtout qu’il a fait  fuir les donateurs internationaux par sa mauvaise gestion, provoqué une pénurie  chronique de carburant dans le pays et fait reculer les libertés fondamentales.

De fait, au début de son second mandat, le chef de l’Etat a fait adopter des  lois limitant la liberté de la presse, la possibilité de poursuivre  l’administration en justice, et le droit de manifestation.  « Il est en train de  se transformer en dictateur », disait de lui récemment Friday Jumbe, un leader de  l’opposition.

M.  Mutharika affirmait après les violences de juillet 2011 vouloir discuter  avec l’opposition, tout en désignant « Satan » comme le responsable des émeutes.   Il était pourtant fondamentalement fier de son oeuvre à la tête du petit pays  d’Afrique australe, l’un des plus pauvres du monde: « Le Malawi est une +success  story+ (un succès) », affirmait-il, soulignant les années de forte croissance que  vient de connaître le pays.

« Si vous étiez là il y a sept ou dix ans, vous constateriez maintenant, vous  voyez que les choses changent, que le développement progresse », proclamait-il  quelques semaines encore avant sa mort.

Jeuneafrique.com avec AFP

Coup d’État au Mali : premières sanctions économiques annoncées

mars 23, 2012

La banque africaine de développement et la Banque mondiale ont  conjointement suspendu leur aide au Mali, alors que la Commission européenne a  mis entre parenthèses ses activités dans le pays.

Après les condamnations unanimes de la communauté internationale, les  premières sanctions économiques. Au lendemain du putsch militaire dont a été victime le  président malien  Amadou Toumani Touré, la Banque africaine de développement (BAD) et le Groupe de  la Banque mondiale ont annoncé vendredi 23 mars dans un communiqué commun qu’elles suspendaient leurs  opérations dans le pays à l’exception de l’aide d’urgence.

> > Lire le récit des événements de la journée du jeudi 22 mars, et une synthèse de la situation au début de la journée de  vendredi.

Les deux institutions « se joignent à l’Union africaine et à la Cedeao dans  leur condamnation du coup d’État militaire ; ils en appellent à une résolution  rapide de la crise et au rétablissement d’un gouvernement constitutionnel, en  vue de préserver les acquis en matière de développement de ce pays et de son  peuple », indique le communiqué.

Le commissaire au Développement de la Commission de l’Union européenne,  Andris Piebalgs a de son côté  « décidé de suspendre temporairement les  opérations de développement de la Commission européenne dans le pays jusqu’à ce  que la situation se clarifie ». Mais « cette décision ne concerne pas l’aide  humanitaire », a indiqué le commissaire au Développement, rapporte l’AFP.

Washington réexamine son aide

Bruxelles avait décidé d’allouer 583 millions d’euros d’assistance au  développement pour le Mali sur la période 2008-2013. Une aide destinée à des  programmes de lutte contre la pauvreté, d’amélioration de l’accès à l’eau  potable, ainsi que de soutien au renforcement de la sécurité. Jeudi, les  États-Unis ont annoncé avoir avoir débuté le réexamen de leur aide annuelle de  137 millions de dollars (près de 103,5 millions d’euros), dont la moitié est  humanitaire. Selon la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland,  aucune décision n’est pour le moment arrêtée.

Sur le plan politique, le Niger a ajouté son nom à la longue liste de pays condamnant  l’action des putschistes. « Le Niger suit avec préoccupation et une totale  désapprobation l’évolution de la situation au Mali (…) condamne tout  changement anticonstitutionnel et en l’occurrence la remise en cause du  processus démocratique en république sœur du Mali », déclare le communiqué du  gouvernement lu à la radio publique nigérienne.

« Le gouvernement du Niger exige le retour de l’ordre constitutionnel, la  libération des personnalités arrêtées, l’arrêt des violences et la préservation  de la sécurité publique » au Mali, ajoute le texte.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire : Banque mondiale contre FMI

février 9, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlConcernant les réformes économiques entreprises en Côte  d’Ivoire par le président Alassane Ouattara, notamment dans la filière  café-cacao, la Banque mondiale a donné son feu vert. Mais le FMI traîne des  pieds, ce qui pourrait retarder l’atteinte du point PPTE.

Banque mondiale et FMI ne sont apparemment plus sur la même longueur d’onde  concernant la Côte d’Ivoire. La première a, fin janvier, donné au  président Ouattara son accord pour le lancement de la réforme de la filière cacao qu’il souhaite  entreprendre : retour d’une structure unique de gestion, mise en place d’un  système de vente à terme, etc. Le second réserve sa réponse et multiplie les  demandes d’informations, ce qui pourrait retarder l’atteinte du point  d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, prévue en  juin, et donc le coup d’envoi d’un processus d’annulation de plus de  6 milliards de dollars de créances multilatérales et bilatérales.

Jeuneafrique.com