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Congo-Brazzavillle : vers des réserves de change records dopées par le pétrole en 2022

avril 5, 2022
Le conflit en Ukraine a porté les cours de l’or noir à ses plus hauts niveaux depuis 2015. © Antonin Borgeaud pour JA.

Selon l’agence de notation Fitch Ratings, les ressources en devises étrangères du pays devraient tripler cette année, portées notamment par la hausse des revenus pétroliers. La dette du Congo présente toutefois un risque de défaut.

Dans un récent rapport, les analystes de Fitch Ratings ont revu substantiellement à la hausse leurs estimations des rentrées financières du gouvernement congolais au cours des prochains mois. L’agence internationale table désormais sur un cours moyen de 100 dollars le baril de brut en 2022 et de 80 dollars le baril en 2023, alors que le conflit en Ukraine a porté les cours de l’or noir à ses plus hauts niveaux depuis 2015. En juin 2021, Fitch n’anticipait qu’un cours de 53 dollars le baril de brut.

L’agence anticipe par conséquent un net renforcement de la situation financière extérieure du Congo-Brazzaville. « La liquidité extérieure du Congo devrait s’améliorer sensiblement, les réserves internationales brutes devant passer de 1,0 milliard de dollars US en 2021 à 3,2 milliards de dollars en 2022, puis diminuer légèrement pour atteindre 2,9 milliards de dollars en 2023, soit l’équivalent de 4,1 et 3,9 mois de paiements extérieurs courants, respectivement », estiment les analystes de Fitch.

Une avance de quatre ans sur le calendrier du FMI

Début février, les équipes du FMI estimaient les réserves brutes de change de Brazzaville à 788 milliards de F CFA (1,36 milliard de dollars au 31 décembre 2021). Et n’anticipaient qu’une croissance progressive jusqu’à un niveau de 1 492 milliards de F CFA seulement à l’horizon 2026.

Une amélioration due pour l’essentiel à la hausse des revenus tirés du pétrole, Fitch prévoit que « les recettes pétrolières de l’État augmenteront de 74 % en 2022, ce qui entraînera une hausse de 50 % des recettes publiques totales (subventions comprises) ». La production pétrolière, en recul depuis plusieurs années, devrait également repartir à la hausse (+0,9 % en 2022, après des baisses de 8,6 % et de 2,7 % en 2020 et 2021 respectivement, selon les calculs de Fitch).

Évolution du cours du baril de Brent (pétrole), en dollars US. © http://www.boursorama.com

Renégociation de la dette

Ces bonnes perspectives devraient continuer d’améliorer les relations de Brazzaville avec ses créanciers. À la suite du net recul des prix du pétrole à partir de 2015, le pays a enregistré deux défauts de paiement sur son eurobond de 478 millions de dollars émis en 2007 et qui arrive à maturité en 2029. De tels épisodes ont des effets sévères sur le coût d’endettement du pays, mais également des institutions privées établies sur son territoire.

Après d’âpres négociations, le gouvernement congolais est parvenu à renégocier sa dette envers les traders pétroliers Trafigura et Glencore. Le pays a également bouclé un programme triennal de financement avec le FMI, d’une valeur de 456 millions de dollars, soumis à un examen périodique de l’avancée de plusieurs réformes économiques et de gouvernance. Dans son rapport, Fitch estime que « la réalisation des critères de performance quantitatifs du programme en 2022 sera probablement facilitée par la forte hausse des recettes pétrolières ». Ce qui permettra, entre autres, de « débloquer des prêts multilatéraux supplémentaires à des conditions concessionnelles ».

Fitch anticipe un recul du ratio dette publique/PIB de 88,5 % en 2021 à 64,3 % en 2023, ainsi que des excédents de trésorerie de 2,5 % du PIB en 2022 et de 0,6 % en 2023, contre 1,0% du PIB en 2021, « grâce à la hausse des prix du pétrole ».

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Léssia Assoko

Pétrole : l’Algérie de retour à un million de barils par jour

mars 7, 2022
Une raffinerie de pétrole. (Photo d’illustration) © Anis Belghoul/AP/SIPA

Avec l’accord des pays de l’Opep+, Alger veut enfin retrouver ses niveaux de production d’avant la crise. Et cela alors que les cours explosent avec la guerre en Ukraine.

Début mars à Alger, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a annoncé que la production pétrolière de l’Algérie dépassera le million de barils par jour (1 002 000 mb/j précisément) au mois d’avril. La hausse sera équivalente à 10 000 barils par jour supplémentaires par rapport au mois de mars. Cette déclaration à la presse se tenait dans le cadre de la 26e réunion ministérielle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+), consacrée notamment à l’examen de la situation du marché pétrolier mondial et ses perspectives d’évolution à court terme.

“Les pays signataires de la déclaration de coopération de l’Opep+ ont décidé de poursuivre la hausse globale en injectant 400 000 b/j supplémentaires sur le marché au mois d’avril prochain”, a indiqué Mohamed Arkab, rappelle l’agence officielle APS.

Depuis le mois d’août 2021, les pays membres de l’Opep, et d’autres gros producteurs comme la Russie coordonnant leur production au sein du dénommé Opep+, se sont engagés à augmenter la production de pétrole à hauteur de 400 000 barils par jour, et ce, jusqu’à rattraper la réduction de la production de 5,6 mb/j qui a eu lieu en 2020. Sur l’année 2021, la production des pays membres de l’Opep se chiffrait à 26 millions de barils par jour. En janvier 2022, elle a atteint 28 millions de b/j.

Une réduction de la production concertée

Particulièrement instable depuis la crise sanitaire, le prix du baril a connu une forte chute avec la crise du Covid-19 en passant de 64 dollars en moyenne en 2019 à 42 dollars en 2020 avant de remonter à 71 dollars en 2021, selon les dernières estimations de l’Agence d’information sur l’énergie aux États-Unis (EIA). Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix ont encore grimpé nettement. Le 4 mars à la clôture des Bourses, le baril de brent s’échangeait à 118 dollars, en hausse de 6,93 % par rapport à la veille.

Les taux de vaccination en hausse, l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie et la croissance économique ont entraîné une augmentation de la demande mondiale de pétrole en 2021. Cela alors qu’en décembre 2020, les pays membres de l’Opep+ annonçaient lors de la 12e réunion ministérielle qu’ils continueraient à limiter les augmentations de production tout au long de 2021 afin de favoriser des prix du pétrole brut plus élevés.

En Algérie, après une production moyenne de 897 000 barils par jour en 2020 et 908 000 barils par jours en 2021, le passage au million de barils en avril permettra ainsi au pays de retrouver un rythme de production se rapprochant de son niveau avant la crise sanitaire, se chiffrant à 1 023 000 b/j en 2019 selon le rapport annuel 2020 de l’Opep+. À son niveau le plus haut ces cinq dernières années en 2016 avec 1 146 000 b/j, ce chiffre n’a fait que décroître avec le temps, passant ainsi à 1 059 000 b/j en 2017 puis 1 040 000 b/j en 2018. En janvier 2021, une note du ministère Algérien de l’Énergie indiquait qu’un total de « 1 853 milliards de dinars [11,4 milliards d’euros] de fiscalité pétrolière a été versé au trésor public, durant l’année 2020, en baisse de 31 % rapport au montant de 2019 ».

Avec Jeune Afrique par Maureen Sogne