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En Roumanie, le pape béatifie sept évêques martyrs du régime communiste

juin 2, 2019

Pope Francis visits Romania

Le pape François à son arrivée à la cérémonie de béatification de sept évêques gréco-catholiques roumains. REUTERS/Remo Casilli

Le pape François a béatifié dimanche sept évêques gréco-catholiques roumains, des «martyrs de la foi» emprisonnés et torturés par le régime communiste. «Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s’opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif», a déclaré le pape lors d’une messe géante à Blaj (centre), au troisième et dernier jour de sa visite en Roumanie. D’après les organisateurs, quelques 60.000 fidèles étaient rassemblés sur le Champ de la liberté de cette ville de 20.000 habitants, siège de l’Eglise uniate (dite aussi gréco-catholique).

«Ces pasteurs, martyrs de la foi, ont recueilli et laissé au peuple roumain un précieux héritage que nous pouvons synthétiser en deux mots : liberté et miséricorde», a-t-il ajouté, évoquant la «diversité des expressions religieuses» qui enrichit la Roumanie, majoritairement orthodoxe. Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1948, ces hauts prélats ont été arrêtés par des agents du régime communiste, sous l’accusation de «haute trahison», pour avoir refusé de se convertir à l’orthodoxie. Torturés et humiliés, ils sont morts en détention ou en réclusion dans un monastère orthodoxe et enterrés furtivement, les lieux de sépulture demeurant secrets pour quatre d’entre eux.

Pope Francis visits Romania

Le pape François a donné une messe géante à Blaj, durant laquelle il a béatifié sept évêques gréco-catholiques roumains Vatican Media/ Fourni par Reuters

Pope Francis visits Romania

Cette icône représente les sept prêtres béatifiés. Vatican Media/ Fourni par Reuters

Symboliquement, des barreaux des cellules où ils ont été emprisonnés ont été incorporés dans le trône créé spécialement pour la venue du pape. Les uniates sont des catholiques de rite byzantin issus d’une scission au sein de l’orthodoxie remontant à la fin du 17e siècle, lorsque la région de Transylvanie (centre) faisait partie de l’empire austro-hongrois: tout en conservant leurs pratiques orthodoxes, ils ont reconnu l’autorité du pape. Une allégeance que les communistes ne pouvaient tolérer: un décret adopté fin 1948 a interdit de facto le gréco-catholicisme et affirmé que ses fidèles étaient «revenus au culte orthodoxe». L’Eglise orthodoxe s’est ainsi vu attribuer les biens, et notamment les lieux de culte, de ces nouveaux hors-la-loi.

Soumis à de fortes pressions, la plupart des fidèles uniates abandonnèrent leur foi : s’ils étaient plus de 1,5 million en 1948, il ne sont plus que 200.000 aujourd’hui pour une population de 20 millions de Roumains, dont 86% d’orthodoxes. Sur les plus de 2.000 églises saisies par les communistes, moins de 150 leur ont été restituées ces trente dernières années. Ce différend patrimonial empoisonne toujours les relations entre les deux Eglises, même si, en prévision de la visite papale, les gréco-catholiques ont mis un bémol à leurs critiques.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le pape François se dit en « liste d’attente » avant d’être fait saint

février 17, 2018

Le pape François conduit la messe du mercredi des Cendres, début du Carême, à l’église Santa Sabina de Rome, 14 février 2018 / © AFP / Filippo MONTEFORTE

Le pape François, plaisantant devant des prêtres, s’est dit samedi en « liste d’attente » avant que l’église catholique ne fasse de lui un de ses saints, après avoir donné, plus sérieusement, quelques conseils pour affronter « le démon de midi ».

Deux papes, Jean XXIII et Jean Paul II, sont « déjà des saints, Paul VI le sera cette année, la béatification de Jean-Paul I est en cours, quant à Benoît XVI et moi-même, on est sur liste d’attente », a déclaré samedi le pape François, à la fin d’une rencontre avec le clergé de Rome, diocèse dont il est aussi l’évêque.

Ces prêtres lui ont posé plusieurs questions, réclamant notamment son avis sur la crise de la quarantaine, qui perturbe les prêtres de 40 à 50 ans, selon l’un d’entre eux.

« Eh, le démon de midi ! », a répondu le pape argentin, en français, avant d’évoquer « el cuarentazo », la traduction en argentin. « A quarante, entre quarante et cinquante ans, ça te tombe dessus, c’est une réalité. J’ai entendu certains l’appeler +c’est maintenant ou jamais+. On repense à tout et on se dit +c’est maintenant ou jamais+ », a ajouté Jorge Bergoglio.

Alors que faut-il faire ?, s’interroge le pape, avant de préconiser d’aller « chercher de l’aide, tout de suite ».

« Si tu n’as pas un homme prudent, un homme de discernement, un sage qui t’accompagne, cherche le, parce qu’il est dangereux de continuer seul, à cet âge », a averti le souverain pontife. « Il y en a tant qui ont mal fini. Cherche de l’aide tout de suite », a-t-il martelé.

Car, a-t-il encore ajouté dans ce langage direct qui est sa marque de fabrique, « on a de mauvaises tentations dans ces moments là, des tentations qu’on n’aurait jamais pensé avoir avant ».

« Il ne faut pas en avoir honte, mais il faut les éradiquer tout de suite », a encore averti le pape argentin, car c’est aussi le moment des « gamineries » (ragazzate): quand un prêtre commence à faire ce genre de gamineries ». « Elles sont le germe de la double vie », a-t-il encore averti.

En réponse à une question émanant de prêtres plus âgés, ayant largement dépassé la cinquantaine, François se montre solidaire de leur désarroi, parfois, devant la modernité et ses technologies.

A cet âge, a-t-il reconnu, « on peut ne pas trouver le langage du monde d’aujourd’hui. Moi, je ne sais pas utiliser les réseaux et toutes ces choses, non, je n’ai même pas de téléphone portable, je n’en ai pas », a-t-il insisté.

Quant à internet, le pape argentin, âgé de 81 ans, reconnaît ne peut savoir l’utiliser.

« Internet et toutes ces choses, je ne sais pas les utiliser. Quand je dois envoyer un mail, je l’écris à la main et un secrétaire me l’envoie », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec (©AFP / 17 février 2018 17h51)                

Victimes béatifiées: le pape et les blessures du conflit en Colombie

septembre 2, 2017

Des casquettes à l’éfigie du pape François qui fera une visite spéciale de quatre jours en Colombie, du 6 au 11 septembre, à Medelin le 1er septembre 2017 / © AFP/Archives / JOAQUIN SARMIENTO

Au premier coup de machette, le prêtre colombien Pedro Maria Ramirez est tombé à genoux, demandant pardon pour ses bourreaux. Quatre décennies plus tard, en 1989, l’évêque Jesus Jaramillo succombait sous les balles d’une guérilla commandée par un curé.

Tous deux seront béatifiés par le pape François durant la visite qu’il entame mercredi en Colombie, un pays déchiré par plus d’un demi-siècle d’une guerre fratricide et qui, avec l’aide du souverain pontife, tente de mettre fin au dernier conflit armé du continent américain.

L’Eglise catholique a versé sa part de sang dans la confrontation entre les forces de l’Etat, les guérillas de gauche, les milices paramilitaires d’extrême droite et les narco-trafiquants.

Depuis 1984, deux évêques et 89 prêtres ont été assassinés, 23 autres religieux, dont cinq prélats, ont été enlevés, selon la Conférence épiscopale de Colombie.

Dans ce pays en grande majorité catholique, le pape va reconnaître le martyre du curé Ramirez et celui de l’évêque Jaramillo à l’occasion de cette visite de cinq jours, du 6 au 10 septembre.

– « Père, pardonnez-leur » –

Le 9 avril 1948 éclatait la violence qui a marqué au fer rouge la Colombie du 20e siècle. Ce jour-là, le dirigeant libéral Jorge Eliecer Gaitan est assassiné à Bogota. Le lendemain, au coin d’une rue d’Armero (centre), le prêtre Pedro Maria Ramirez meurt, à genoux.

Les conservateurs et les libéraux se livreront une guerre sans merci dans les villes et les campagnes. De cet affrontement surgiront les premiers guérilleros et paramilitaires.

Le curé d’Armero a succombé à un coup de machette de partisans de Gaitan qui accusaient l’Eglise de s’allier aux conservateurs et de prêcher la mort des libéraux.

Face à ses assassins, le père Ramirez a crié: « Je veux mourir pour le Christ », raconte à l’AFP le directeur de doctrine de la Conférence, Jorge Bustamante.

En s’effondrant, couvert de sang, il a clamé: « Père, pardonnez-leur ». Puis il a reçu un coup de gourdin et un autre de machette. Il avait 49 ans. Ses restes ont été enterrés dans le cimetière de La Plata, son village natal, à environ 400 km d’Armero.

De son vivant, le père Ramirez avait une réputation de saint. « Tout le monde a foi en lui. De nombreux pèlerins viennent presque tous les jours », assure à l’AFP un habitant de La Plata, Rodrigo Fajardo, 70 ans.

Vendredi prochain, il sera béatifié par le pape François pour avoir vécu sa foi « avec héroïsme » et parce que « sa mort a été causée par une haine de l’Eglise », explique Jorge Bustamante.

– Une « erreur » de l’ELN –

Presque 40 ans plus tard, le 2 octobre 1989, Mgr Jesus Jaramillo se trouvait en voiture, avec quatre religieux, sur une route de l’Arauca, département frontalier du Venezuela.

Des guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) séquestrent le prélat ainsi que le prêtre Elmer Muñoz, et laissent partir les autres. Les rebelles reprochaient à l’évêque d’être proche des militaires. Avant de se retrouver seul avec eux, Mgr Jaramillo a demandé au curé de le confesser, selon ce qu’a raconté ensuite le père Muñoz.

Le lendemain, l’évêque était retrouvé, tué de sept balles, et dépouillé de l’anneau épiscopal. Pour son « impartialité et sa condamnation de la violence, je crois qu’ils l’ont assassiné. Parce qu’il ne cédait à aucune idéologie », affirme à l’AFP Alvaro Hernandez, prêtre de l’église Maria Auxiliadora de Arauca.

Mgr Jaramillo a été tué par une guérilla alors commandée par le curé espagnol Manuel Perez, décédé de maladie en 1998. L’ELN a été fondée en 1964 sous l’influence de la révolution cubaine et de la théologie de la libération, courant de l’Eglise catholique qui revendiquait la lutte pour les plus pauvres.

Après des décennies de confrontation avec l’Etat, ces rebelles négocient, depuis février, un accord de paix similaire à celui qui a permis cette année le désarmement de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et sa transformation en parti politique.

Pablo Beltran, chef négociateur de l’ELN, a qualifié la mort de Mrg Jaramillo d' »erreur ». « Nous le reconnaissons et demandons pardon pour cette erreur », a-t-il déclaré dans un entretien.

Romandie.com avec(©AFP / 02 septembre 2017 11h48)                

Vatican: Le pape François ouvre une nouvelle voie vers la béatification

juillet 12, 2017

Par le motu proprioMaiorem hac dilectionem, le pape François ouvre une nouvelle voie vers la béatification pour ceux qui, par une « héroïque acceptation, à cause de l’amour, d’une mort certaine et à brève échéance » ont fait l’« offrande libre et volontaire » de leur vie.

Le pape François a introduit l’« offrande de la vie » comme nouvelle modalité de béatification aux côtés de l’héroïcité des vertus et du martyre mardi 11 juillet.

Le pape François a introduit l’« offrande de la vie » comme nouvelle modalité de béatification aux côtés de l’héroïcité des vertus et du martyre mardi 11 juillet. / Pool New / Reuters

 

Dans une lettre apostolique en forme de motu proprio rendue publique mardi 11 juillet, le pape François a introduit l’« offrande de la vie » comme nouvelle modalité de béatification aux côtés de l’héroïcité des vertus et du martyre.

« Il est certain que l’offrande héroïque de la vie, suggérée et soutenue par la charité, exprime une vraie, pleine et exemplaire imitation du Christ et, par conséquent, mérite cette admiration que la communauté des fidèles réserve habituellement à ceux qui ont accepté volontairement le martyre du sang ou ont exercé à un degré héroïque les vertus chrétiennes », écrit le pape dans ce motu proprio intitulé Maiorem hac dilectionem (« Pas de plus grand amour «).

« Offrande libre et volontaire de la vie »

Concrètement, les postulateurs d’une cause en béatification pourront, à côté de la reconnaissance de l’héroïcité des vertus d’une personne ou de son martyre (sa mort « en haine de la foi »), demander celle de l’offrande de sa vie.

Comme l’explique le motu proprio, il doit s’agir d’une « offrande libre et volontaire de la vie » et d’une « héroïque acceptation, à cause de l’amour, d’une mort certaine et à brève échéance ». Il devra bien y avoir « un lien entre l’offrande de la vie et la mort prématurée ».

Par ailleurs, la personne à béatifier devra avoir exercé « au moins de manière ordinaire », les « vertus chrétiennes avant l’offrande de sa vie et jusqu’à sa mort » et bénéficier d’une « réputation de sainteté et de signes, au moins après la mort ».

« Valoriser un témoignage chrétien héroïque »

Enfin, contrairement au martyre et comme pour la voie des vertus héroïques, il faudra la reconnaissance d’un miracle survenu après la mort de la personne et à son intercession.

« Il s’agit d’une nouvelle façon de valoriser un témoignage chrétien héroïque qui n’avait pas, jusque-là, de procédure particulière, car il ne correspond ni tout à fait au cas du martyre, ni à celui des vertus héroïques », explique dans L’Osservatore romano Mgr Marcello Bartolucci, secrétaire de la Congrégation des causes des saints.

Il s’agit notamment de reconnaître l’héroïcité du don de soi de personnes qui ont donné leur vie en l’absence de persécuteurs, possibilité déjà envisagée en son temps par Benoît XIV qui avait fixé, au XVIIIe siècle, les règles des béatifications et canonisations.

« Martyr de la charité »

Néanmoins, l’Église n’avait trouvé jusqu’ici aucune procédure satisfaisante pour reconnaître la sainteté de ceux qui ont répondu au plus haut point à l’enseignement du Christ selon qui « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13).

C’est ainsi que, en 1995, le Père Damien de Veuster, mort en 1889 de la lèpre alors qu’il s’occupait des lépreux d’Hawaï avait été béatifié après avoir été proclamé « martyr de la charité ».En 2014, la Congrégation des causes des saints, encouragée par François, avait donc lancé une réflexion sur le sujet, qui aboutit au motu proprio approuvé en septembre dernier par son assemblée plénière et signé le 11 juillet par le pape.

La-croix.com par Nicolas Senèze

Saint-Etienne-du-Rouvray : le pape François accélère la procédure en vue d’une béatification du père Hamel

octobre 2, 2016

L’église de Saint-Etienne-du-Rouvray où a été assassiné le père Hamel le 26 juillet.

L’église de Saint-Etienne-du-Rouvray où a été assassiné le père Hamel le 26 juillet. CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Le pape François a accepté de raccourcir le délai avant l’ouverture d’un procès en béatification de Jacques Hamel, le prêtre égorgé par deux jeunes djihadistes en juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Il s’agit d’une très rare exception aux règles du Vatican, qui exigent un délai de cinq ans entre la mort et l’ouverture d’un procès en béatification.

Cette annonce est intervenue en marge du déplacement du pape en Géorgie et en Azerbaïdjan, alors que l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, a rouvert dimanche, plus de deux mois après l’attentat qui avait coûté la vie au prêtre de 85 ans pendant qu’il célébrait la messe.

Malgré les circonstances exceptionnelles, l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a précisé que la procédure de béatification prendra « des mois, voire des années ».

Dispensé de miracle

Ces dernières années, Jean Paul II avait permis l’ouverture anticipée du procès en béatification de Mère Teresa de Calcutta, morte en 1997, avant que la procédure soit à nouveau accélérée pour le pape polonais, décédé en 2005. Dans les deux cas, la béatification avait eu lieu six ans après le décès. Mais il avait fallu que l’Eglise valide un miracle pour chacun des deux.

Dans le cas du père Hamel, la probable reconnaissance de son martyr (« mort en haine de la foi ») le dispenserait d’obtenir un miracle pour être reconnu bienheureux. Il lui en faudrait cependant un pour être éventuellement déclaré saint par la suite.

Lors d’une messe mi-septembre au Vatican à la mémoire du père Hamel, le pape François n’avait pas laissé beaucoup de place au doute sur l’éventualité d’une procédure en béatification :

« Nous devons le prier c’est un martyr, et les martyrs sont des bienheureux [proches de Dieu après la mort] pour qu’il nous donne à tous la fraternité, la paix, et aussi le courage de dire la vérité: tuer au nom de Dieu est satanique », avait-il déclaré pendant le sermon.

Lemonde.fr avec AFP

Le pape rend hommage au prélat décapité par les Ottomans en 1915, béatifié au Liban

août 30, 2015

Cité du Vatican: (Saint-Siège) – Le pape François a exalté dimanche l’exemple de l’évêque syro-catholique, Mgr Flavien Michel Melki, béatifié samedi au Liban un siècle après avoir été décapité par les Ottomans en 1915, qui apporte consolation, courage et espérance aux chrétiens persécutés du Moyen-Orient.

Dans le contexte d’une terrible persécution contre les chrétiens, il aura été un défenseur infatigable des droits de son peuple, exhortant tous à demeurer fermes dans leur foi. Aujourd’hui au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde, les chrétiens sont aussi persécutés, a observé le pape lors de l’Angelus dominical sur la place Saint-Pierre.

Il a demandé aux législateurs et gouvernants de la région d’assurer la liberté religieuse et à la communauté internationale de faire quelque chose pour mettre fin aux violences.

Le 8 août, François avait officiellement reconnu comme martyr de l’Église ce prélat né au 19e siècle dans ce qui est devenu la Turquie actuelle, et qui a été tué pour avoir refusé de renoncer à sa foi.

Cette béatification intervient plus de quatre mois après l’évocation pour la première fois par le pape du terme génocide, pour qualifier le massacre des Arméniens il y a 100 ans, provoquant la fureur de la Turquie qui a toujours récusé ce qualificatif.

La cérémonie de béatification s’est tenue dans le monastère Notre Dame de Charfé, situé à Harissa, un site de pèlerinage chrétien au nord de Beyrouth, a constaté un photographe de l’AFP sur place.

Selon le site d’informations religieuses ACI, après avoir été nommé prêtre de l’Église syriaque catholique, Mgr Melki a vu son église saccagée et brûlée durant les massacres de 1895, et sa mère assassinée. Il est alors nommé évêque de Mardin et Gazarta, l’actuelle Cizre dans le sud-est de la Turquie.

Lorsque les massacres contre les minorités arméniennes, assyriennes et grecques commencent à l’initiative des autorités ottomanes, l’évêque refuse de fuir alors que ses amis musulmans le pressent de le faire, explique le site.

Il est arrêté le 28 août aux côtés de l’évêque chaldéen Jacques Abraham, et les deux religieux sont exhortés à se convertir à l’islam. Ils refusent: Mgr Abraham est tué d’un coup de fusil tandis que Mgr Melki est frappé jusqu’à ce qu’il perde connaissance, avant d’être décapité.

Selon ACI, il s’agit du deuxième évêque reconnu martyr in odium fidei (en haine de la foi, c’est-à-dire par un non-chrétien, ndlr).

La béatification permet d’autoriser le culte d’une personne localement. Elle peut précéder l’étape de la canonisation quand le bienheureux est recommandé au culte de toute l’Eglise.

La Turquie nie catégoriquement que l’Empire ottoman ait organisé le massacre systématique de sa population arménienne et récuse le terme de génocide repris par l’Arménie, de nombreux historiens et une vingtaine de pays.

Romandie.com avec(©AFP / 30 août 2015 12h54)

Religion : béatification d’Irene Stefani, « mère pitié » vénérée au Kenya

mai 23, 2015

Cérémonie de béatification le 23 mai 2015 à Nyeri.
Cérémonie de béatification le 23 mai 2015 à Nyeri. © AFP

Des dizaines de milliers de catholiques se sont réunis samedi à Nyeri, à 150 kilomètres au nord de la capitale kényane Nairobi, pour la cérémonie de béatification de la religieuse italienne Irene Stefani décédée au Kenya en 1930.

Arrivée au Kenya en 1915 à 24 ans, Irene Stefani, membre de la congrégation des soeurs de la Consolation, s’était notamment consacrée à soigner les victimes des combats de la première Guerre mondiale en Tanzanie et au Kenya.

Elle était particulièrement appréciée à Nyeri, où la population l’avait surnommée Nyaatha (« mère pitié » en kikuyu) et où elle est décédée de la peste en 1930.

Plus d’un millier de policiers ont été déployés à Nyeri pour encadrer les fidèles sur le campus universitaire des hauteurs de la ville où la cérémonie devait se dérouler. Les restes de la religieuse devaient ensuite être transférés dimanche à la cathédrale de Nyeri.

« Je suis très heureux d’être ici, l’hospitalité des habitants de Nyeri est fantastique », a expliqué au quotidien kényan The Standard, Giovanni Zecchini, 51 ans, dont la grand-mère était la soeur d’Irene Stefani.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a loué « le dévouement désintéressé envers les Kényans ordinaires » de la religieuse : « sa compassion était sans limite, ignorant la race et la classe ».

La plupart des quotidiens affichaient samedi le portrait d’Irene Stefani à la une : « vers la sainteté », affirmait The Nation, à propos de cette béatification, étape précédant une éventuelle canonisation.

La béatification d’Irene Stefani, née en août 1891 près de Brescia en Italie, est la première au Kenya.

Jeuneafrique.com

L’archevêque des « sans voix » béatifié 35 ans après son meurtre

mai 23, 2015

L’archevêque salvadorien Oscar Romero a été béatifié samedi lors d’une cérémonie à San Salvador, devant des dizaines de milliers de fidèles. Son engagement social puis son assassinat en 1980 avaient eu un large écho en Amérique latine.

Dans le public se trouvaient des délégations de 57 pays, les chefs d’Etat de quatre pays latino-américains (Salvador, Honduras, Panama, Equateur) et, selon les prévisions du gouvernement, près de 300’000 personnes, amassées dès l’aube sur la place Salvador del Mundo, dans l’est de la capitale.

Warner Castellanos, jeune étudiant guatémaltèque, confiait même avoir passé la nuit sur place avec des compatriotes, dans l’attente de la célébration. « Mgr Romero est un pasteur pour nous aussi au Guatemala, et je veux lui demander de ne pas oublier mon pays, qu’il nous aide à sortir de tant de difficultés que nous avons, avec la corruption et la violence », témoignait-il.

Martyr
La béatification de Mgr Romero a longtemps été bloquée par les milieux conservateurs, jusqu’à ce que le Vatican ne le reconnaisse comme martyr cette année.

Lors de la cérémonie, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des Saints, a lu une lettre apostolique du pape François.

« En vertu de notre autorité apostolique, nous procédons pour que le vénéré serviteur de Dieu, Oscar Arnulfo Romero Galdamez, évêque, martyr, pasteur selon le cœur du Christ, évangélisateur et père des pauvres, témoin héroïque du royaume de Dieu, royaume de justice, fraternité, soit déclaré béatifié », a-t-il déclaré.

Archevêque des « sans voix »
Décrit comme un homme simple et proche du peuple, Oscar Romero, né en 1917, s’était fait connaître en devenant l’archevêque des « sans voix », défenseur de la justice sociale.

En prenant la défense des paysans sans terre et en appelant les soldats à ne plus tirer sur la foule, il avait suscité la colère des milieux les plus conservateurs de son pays: le 24 mars 1980, il était abattu en pleine messe par un tireur d’extrême droite.

Romandie.com

Hommage au Bienheureux Frédéric Janssoone pour 25 ans de Béatification

janvier 20, 2014
25 ans de Béatification

25 ans de Béatification

Frédéric Janssoone, prêtre franciscain, né le 19 novembre 1838, à Ghyvelde (France), grand missionnaire du Christ, en Terre sainte, était béatifié, le 25 septembre 1988, par le pape Jean-Paul II, qui faisait de lui un Bienheureux, devant une foule immense de fidèles, à la Place Saint-Pierre de Rome.

Événement apostolique, historique et symbolique, aux souvenirs adorables, mémorables et considérables, il atteint, aujourd’hui – au cours de cette année de la foi – le quart du siècle de la béatification, perpétuant ainsi le couronnement de son élévation et de sa vénération.

Ce pèlerin de la foi, aux yeux bleus d’un azur lumineux, pleins de douceur et de candeur, était baigné d’espérance et de sagesse. Prince infatigable et inégalable de la parole de Dieu, il avait d’abord commencé d’annoncer l’Évangile, en Europe, son continent de naissance, d’enfance et de jeunesse, ensuite en Asie, – au Moyen Orient – (en Terre Sainte), marchant sur les pas du Christ, et, enfin en Amérique au Canada, le sanctuaire d’implantation de sa mission et de sa vision mariale.

Modèle de la foi généreuse et rigoureuse mais aussi de la charité exquise et de la bonté profuse, il avait été profondément marqué par les mystères du Rosaire et de la passion du Christ. Ainsi il développa dans certains lieux de son inspiration – à travers la méditation et la contemplation – la pratique du chapelet pour faire goûter aux croyants la suave délectation de la sève et des effluves mariales qui en découlent, s’y dégagent et s’y imprègnent.

Avec plaisir et désir, le Bienheureux père Frédéric Janssoone, sous la mouvance du Saint-Esprit, retraçait religieusement l’itinéraire du Chemin de la croix dans certaines paroisses de la chrétienté. Cette dévotion de la passion du Christ lui montra la voie royale de la mortification sanctifiante d’où il retirait d’immenses forces intenses. Cet exercice au trésor inépuisable et inestimable qui remplissait son corps de profonde gratitude et plénitude, le rendait toujours dynamique et énergique.

Offrande de Dieu, exemple de vertus, artisan de la paix, protecteur des familles, guérisseur des malades, il ne cesse de combler de ses bienfaits – dans l’élan de ses grâces – tous ceux et celles qui l’approchent et lui confient avec confiance leurs demandes d’intercession.

Chaque jour dans les communautés des Franciscains, à travers les cérémonies liturgiques et eucharistiques, des frères et des prêtres le portent toujours en leurs prières, accompagnent et encensent son âme dans le royaume de lumière.

De nombreux amis, fidèles et touristes – venus des hémisphères nord et sud et des quatre coins du monde – fréquentent son musée, reçoivent au passage sa bénédiction et sa salutation urbi et orbi.

À ceux qui lui rendent visite à son tombeau dans la chapelle au toit argenté et surplombé de la statue de Saint Antoine de Padoue de Trois-Rivières, il donne sa bénédiction céleste et la joie du repos en Dieu !

Par Bernard NKOUNKOU dans le Souvenir Volume 54 Numéro 2 Hiver 2013

Espagne: béatification massive et controversée de religieux

octobre 13, 2013

MADRID – Plus de 500 religieux, morts pour la plupart durant la guerre civile espagnole (1936-1939), ont été béatifiés dimanche à Tarragone, dans l’est de l’Espagne, devant des milliers de fidèles et salués par un message du pape François, ce qui provoque l’indignation de victimes du franquisme.

Je m’unis de tout coeur à tous les participants à la célébration, a déclaré le pape François dans un message vidéo préenregistré de trois minutes qui a été salué par des applaudissements à Tarragone, où les organisateurs attendaient quelque 25.000 personnes.

Intitulée Les martyrs du vingtième siècle en Espagne, témoins fermes et courageux de la foi, la cérémonie de béatification de 522 religieux, morts pour la grande majorité pendant la guerre civile espagnole qui a déchiré l’Espagne entre 1936 et 1939, était présentée par les médias espagnols comme la plus grande béatification de l’histoire de l’Eglise,

Parmi les béatifiés, 515 sont Espagnols et sept sont étrangers: 3 Français, 1 Cubain, 1 Colombien, 1 Philippin et 1 Portugais.

Après le message du pape, des évêques espagnols ont énuméré les noms des béatifiés, dont les portraits illustraient une immense affiche dévoilée pendant la cérémonie.

Parmi les fidèles, la Conférence épiscopale espagnole attendait 104 évêques, 2.720 religieux et près de 4.000 proches des béatifiés. Le gouvernement conservateur espagnol était représenté par son ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon.

La Conférence épiscopale avait apparemment tenté d’éviter de susciter une polémique politique en Espagne en éludant le sujet sensible de la guerre civile dans l’annonce de la cérémonie, préférant le terme plus large de martyrs du 20ème siècle.

Juste avant la prière de l’Angélus, au Vatican, le pape a été plus explicite que dans son message enregistré, déclarant que ce dimanche sont proclamés bienheureux à Tarragone environ 500 martyrs tués pour leur foi pendant la guerre civile espagnole des années 30 du siècle dernier.

Les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco (1939-1975) ont dénoncé dans cette cérémonie un acte politique d’affirmation franquiste.

Sous l’apparence d’un acte religieux, la hiérarchie (catholique) réalise un acte politique d’affirmation franquiste, a écrit dans une lettre adressée au pape François et diffusée vendredi la Plateforme pour une Commission de la Vérité sur les crimes du franquisme, qui affirme rassembler plus d’une centaine d’associations.

Vous devez savoir que l’Eglise catholique a soutenu le soulèvement militaire de Franco contre la République espagnole en 1936, a considéré la guerre civile comme +une croisade+ en soutenant les généraux qui s’étaient soulevés, a légitimé la dictature fasciste et la féroce répression que celle-ci a exercé sur les Espagnols, a écrit l’organisation dans cette lettre qui demandait au pape d’annuler la cérémonie de dimanche.

Parmi les secteurs les plus progressistes de l’Eglise, minoritaires en Espagne, des voix s’étaient aussi élevées avant la béatification, estimant que la cérémonie allait rouvrir des blessures du passé.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2013 13h12)