Posts Tagged ‘Béji Caïd Essebsi’

Des milliers de Tunisiens rendent un dernier hommage à leur président

juillet 27, 2019

Des officiers escortent le cercueil du président Béji Caïd Essebsi le 27 juillet 2019 lors de funérailles nationales à Tunis. © AFP

Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés samedi dans les rues de la capitale pour rendre un dernier hommage à leur président Béji Caïd Essebsi, qui doit être enterré en présence de plusieurs chefs d’État étrangers.

Dès le matin, la foule s’est massée le long du trajet que devait emprunter le cortège funéraire, une vingtaine de kilomètres entre le palais présidentiel de Carthage et le cimetière du Djellaz dans le sud de Tunis. Décédé jeudi à l’âge de 92 ans, le président sera enterré aux côtés des membres de sa famille.

« Je suis venue pour rendre hommage à son action en faveur des femmes », a souligné Farah, une architecte quadragénaire patientant au pied d’une statue de Habib Bourguiba, père de l’indépendance tunisienne et mentor de Béji Caïd Essebsi.

Une cérémonie officielle retransmise en direct a réuni ses proches, de hauts responsables tunisiens et plusieurs chefs d’État étrangers dont le président français Emmanuel Macron, le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Premier ministre libyen Fayez El Sarraj ou le président algérien par intérim Abdelkader Bensalah.

Les présidents maltais et portugais, l’émir du Qatar, le roi d’Espagne, le prince Moulay Rachid du Maroc étaient également présents.

« C’était un Homme d’État par excellence », a déclaré le président tunisien par intérim, Mohammed Ennaceur, 85 ans. « Architecte du consensus national » entre le parti Ennahdha et les anti-islamistes, il était « soucieux de réussir la transition démocratique, et avait réussi à créer un équilibre politique positif ».

« Je veux vous dire ici l’affection toute particulière, qui était la mienne à son égard, filiale », a déclaré Emmanuel Macron. »Dans des temps difficiles où l’obscurantisme menaçait (…) il a fait partie de ceux qui ont tenu avec courage pour une Tunisie éclairée, ouverte, tolérante, attachée aux valeurs universelles ».

Important dispositif de sécurité

Le ministère de l’Intérieur a indiqué avoir déployé un important dispositif de sécurité, tout en respectant les « rassemblements spontanés de citoyens ».

« Le président Béji Caïd Essebsi appartient au peuple et chaque Tunisien a le droit d’assister à ses funérailles », a écrit son fils Hafedh, sur Facebook.

Ces obsèques nationales constituent une première : la foule et la presse ont été tenues à l’écart des funérailles du premier dirigeant de la Tunisie après l’indépendance, Habib Bourguiba, inhumé en 2000 sous son successeur Zine-el-Abidine Ben Ali, qui l’avait détrôné. Ce dernier est toujours en exil en Arabie saoudite après avoir été chassé du pouvoir en 2011 par une révolte populaire pionnière du Printemps arabe.

Essebsi, qui avait exercé aussi bien sous Bourguiba que sous Ben Ali, a paradoxalement été un acteur crucial dans la stabilisation de la démocratie tunisienne après la révolution de 2011.

Mais il laisse derrière lui d’importants dossiers inachevés, dont la consolidation des institutions garantes de cette démocratie.

Transition rapide

Mohamed Ennaceur, qui a prêté serment quelques heures après le décès du chef de l’État, est chargé d’assurer la présidence par intérim pour 90 jours maximum, soit jusqu’à fin octobre.

L’instance supérieure indépendante chargée d’organiser des élections (Isie) a annoncé une élection présidentielle anticipée « probable » dès le 15 septembre, au lieu du 17 novembre initialement prévu. Des législatives sont en principe prévues le 6 octobre.

De nombreux Tunisiens se sont dit fiers de la transition rapide mise en place dans le pays, dont la fragilité des institutions avait été mise en évidence lors d’une première hospitalisation du chef de l’État fin juin. Ce qui avait laissé craindre une vacance du pouvoir.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie : la présidentielle avancée au 15 septembre après le décès de Béji Caïd Essebsi

juillet 26, 2019

Béji Caïd Essebsi, lors d’une rencontre avec la presse en marge du 32e sommet de l’UA, le 10 février 2019 (image d’illustration). © Zacharias Abubeker Pour Jeune Afrique

 

L’élection présidentielle en Tunisie aura lieu le 15 septembre, et non plus le 17 novembre, date qui était retenue avant le décès du président Béji Caïd Essebsi, a annoncé jeudi soir la commission électorale indépendante.

Le premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, Béji Caïd Essebsi, est décédé jeudi à l’âge de 92 ans, ouvrant la voie à une élection présidentielle anticipée qui se tiendra le 15 septembre. Dans l’attente de ce scrutin, c’est le président du parlement, Mohamed Ennaceur, qui assume l’intérim à la tête de l’État.

Béji Caïd Essebsi est mort à quelques mois de la fin de son mandat en décembre, alors qu’un scrutin législatif est prévu le 6 octobre et une présidentielle le 17 novembre. Mais l’Instance supérieure indépendante des élections avait déclaré  jeudi que la date de la présidentielle serait avancée « afin de respecter le calendrier prévu par la Constitution ». « La date la plus probable pour la présidentielle anticipée est le 15 septembre, mais ce n’est pas une date définitive », avait-t-elle ajouté.

De nombreux hommages ont afflué tout au long de la journée. Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à un « dirigeant courageux ». Le patron de l’ONU Antonio Guterres a salué son rôle « déterminant pour mener le pays avec succès vers la démocratie » et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déploré la perte d’un des dirigeants tunisiens « les plus compétents et persévérants (…) ». Berlin, Rome, Rabat et plusieurs monarchies du Golfe lui ont également rendu hommage. L’Algérie a décrété un deuil de trois jours.

Enterrement samedi

La dépouille du président doit être transportée de l’hôpital militaire vers la présidence vendredi matin. L’enterrement est prévu samedi, a indiqué le Premier ministre Youssef Chahed qui a décrété un deuil national de sept jours.

« Il y aura des funérailles nationales et un nombre important de présidents seront présents », a-t-il annoncé, sans autre précision. Il s’est félicité de « la transition pacifique du pouvoir (…) ».

Le chef de file du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a rendu hommage à « un dictionnaire de la sagesse », ajoutant que le pays « est entre de bonnes mains ».

Vétéran de la politique, Béji Caïd Essebsi était le plus vieux chef d’État au monde en exercice après la reine Elizabeth II d’Angleterre. Il a servi aussi bien sous Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie, que sous Ben Ali, avant d’accéder lui-même à la présidence avec la mission de consolider la jeune démocratie.

  Par Jeune Afrique avec AFP

Tunisie: hospitalisation du président Essebsi après un «grave malaise»

juin 27, 2019

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Le président tunisien Beji Caid Essebsi, le 25 février 2019à Genève. Fabrice COFFRINI / AFP

 

Âgé de 92 ans, il a été transféré à l’hôpital militaire de Tunis alors que deux attentats suicides viennent de frapper la capitale.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, âgé de 92 ans, a été hospitalisé jeudi après avoir été victime d’un «grave malaise», a annoncé la présidence. «La situation du président est critique», a indiqué son conseiller Firas Guefrech, sur Twitter.

Béji Caïd Essebsi, «victime d’un grave malaise, a été transféré à l’hôpital militaire de Tunis», a écrit la présidence sur sa page Facebook, alors que deux attentats suicides viennent de frapper la capitale, tuant un policier et faisant au moins huit blessés selon les autorités.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui s’est rendu dans le centre de Tunis, n’a quant à lui pas souhaité répondre aux questions de la presse concernant l’état de santé du président. Béji Caïd Essebsi avait déjà été hospitalisé en fin de semaine dernière, un des conseillers de la présidence assurant alors qu’il s’agissait d’examens de routine, tandis qu’un autre évoquait un souci de santé mineur.

Le climat politique s’est tendu en Tunisie ces derniers mois à l’approche d’élections présidentielle et législatives, prévues en octobre et novembre.

Par Lefigaro.fr avec AFP

Tunisie: le président favorable à un gouvernement d’union nationale

juin 2, 2016

Tunis – Le président Béji Caïd Essebsi s’est dit favorable jeudi à un gouvernement d’union nationale face aux critiques persistantes, mais à condition qu’il inclue le syndicat UGTT et le patronat Utica, deux des Prix Nobel tunisiens de 2015.

Dans cette hypothèse, M. Essebsi n’a pas écarté l’idée d’un changement de Premier ministre, un an et demi après l’entrée en fonctions de Habib Essid, un indépendant dont le départ a été évoqué par des médias ces dernières semaines.

Dans l’ordre, la mise en œuvre d’un tel projet nécessiterait la démission de l’actuel gouvernement, puis des négociations entre les diverses parties concernées –partis politiques, syndicat et patronat–.

Intervenant jeudi sur la radio Mosaïque FM, quelques heures avant la prise de parole du chef de l’Etat, le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a toutefois paru écarter l’idée d’une participation de son puissant syndicat à un gouvernement d’union.

Nous ne pourrons pas (en faire) partie, l’UGTT restant la force qui unit toutes les institutions et le lieu de refuge de toutes les sensibilités, a-t-il fait valoir.

Dans un entretien diffusé en soirée par la chaîne publique Wataniya 1, le président Béji Caïd Essebsi s’est lui dit séduit par la perspective.

D’après ce que j’ai vu (sur le gouvernement actuel), les critiques sont plus (nombreuses) que les appréciations (positives), ce qui m’a poussé à (…) accepter d’examiner la proposition pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, a déclaré le chef de l’Etat.

Mais un tel gouvernement devra nécessairement enregistrer la participation de l’UGTT et de l’Union tunisienne de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), faute de quoi il ne va pas réussir, a-t-il souligné.

– ‘Loi de l’Etat’ –

Ce cabinet, dont les priorités resteraient la lutte contre le terrorisme, la corruption, le chômage et les disparités régionales, pourrait être dirigé par M. Essid ou une autre personnalité, a encore fait valoir le président.

Selon la constitution tunisienne de 2014, le Premier ministre est choisi par le parti majoritaire à l’Assemblée puis chargé par le président de la République de former le gouvernement.

L’actuelle coalition est composée de quatre formations, dont Nidaa Tounes –le parti fondé par M. Essebsi en 2012– et les islamistes d’Ennahda.

Revenant durant l’entretien sur le rendement du cabinet Essid, Béji Caïd Essebsi l’a qualifié d’acceptable.

Il pourrait être meilleur si nous imposions la loi de l’Etat pour dépasser la situation actuelle marquée par des conflits sociaux qui ont, selon lui, entraîné des pertes de cinq milliard de dollars entre 2010 et 2015.

Le défaut du gouvernement de M. Essid c’est qu’il n’a pas avoué au peuple la situation dans laquelle il avait trouvé le pays, a encore avancé M. Essebsi.

Premier ministre depuis février 2015, Habib Essid a déjà été contraint de procéder à un large remaniement en janvier dernier, face aux nombreuses critiques sur la gestion économique et sécuritaire du pays.

La Tunisie a réussi la transition démocratique née de sa révolution de 2011, en particulier grâce au dialogue national mené en 2013 par un quartette dont faisaient partie le puissant syndicat UGTT et le patronat Utica, lauréats du prix Nobel 2015.

Mais le pays ne parvient toujours pas à relancer son économie et a connu en janvier sa pire contestation sociale depuis 2011, à la suite du décès d’un jeune durant une manifestation pour l’emploi à Kasserine, dans le centre défavorisé.

La Tunisie a en outre été frappée depuis l’an dernier par une série d’attaques jihadistes sanglantes. L’état d’urgence, décrété le 24 novembre après un attentat suicide en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués), demeure en vigueur.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juin 2016 23h26)

Le président tunisien décrète l’état d’urgence dans son pays

juillet 4, 2015

Le chef de l’Etat tunisien Béji Caïd Essebsi a décrété samedi l’état d’urgence dans tout le pays. Le président a pris cette décision après l’attentat sanglant qui a tué 38 touristes il y a huit jours dans un hôtel en bord de mer.

L’état d’urgence renforce à titre temporaire les pouvoirs de l’armée et des forces de sécurité tout en restreignant le droit de rassemblement sur la voie publique. Il avait été levé en Tunisie en mars 2014, après avoir été sans cesse renouvelé depuis janvier 2011 et la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali, dans la foulée du soulèvement qui avait lancé « le Printemps arabe ».

La Tunisie, qui fait face depuis sa révolution à une progression de la mouvance djihadiste, responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires, a été frappée par deux attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) en l’espace de trois mois.

Cinquante-neuf touristes étrangers y ont péri: 21 au musée du Bardo, à Tunis, en mars dernier, et 38 dans un hôtel en bord de mer à Port El Kantaoui le 26 juin. L’auteur de cette dernière attaque a été abattu.

Police trop lente
Jeudi, le gouvernement a annoncé l’arrestation de 12 personnes soupçonnées d’être liées à cet attentat, précisant que deux autres suspects étaient encore recherchés. Le gouvernement a par ailleurs annoncé qu’il allait fermer 80 mosquées considérées comme illégales ou accusées de diffuser des discours extrémistes.

Dans une interview vendredi à la BBC, le premier ministre Habib Essid a reconnu que la police avait été trop lente lors de l’attentat de Port El Kantaoui, premier aveu officiel de défaillances sécuritaires.

Romandie.com

Tunisie : l’animateur Ben Gharbia et l’humoriste Lahrissi arrêtés pour offense au président

mars 13, 2015

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 31 décembre 2014 à Tunis.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 31 décembre 2014 à Tunis. © AFP

Moez Ben Gharbia, un animateur vedette de la télévision tunisienne, et Wassim Lahrissi, célèbre humoriste, ont été arrêtés vendredi pour offense au président Béji Caïd Essebi.

Les animateur et humoriste tunisiens Moez Ben Gharbia et Wassim Lahrissi ont été arrêtés vendredi 13 mars pour offense au chef de l’État Béji Caïd Essebi. Il s’agit des premières arrestations du genre depuis l’élection d’Essebsi en décembre 2014. « Le parquet a décidé de les placer en détention », a déclaré le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, indiquant qu’ils avaient « commis une offense au chef de l’État ».

Selon lui, les deux hommes ont été arrêtés pour avoir commis une « offense au chef de l’État, une escroquerie et s’être indûment attribués des titres ». « On n’entre pas dans les détails de l’affaire car c’est ce qu’exige le bon déroulement de l’enquête », a-t-il ajouté, ne précisant pas si les délits dont sont accusés les deux hommes ont été commis dans le cadre de leurs activités médiatiques. Ils resteront en détention jusqu’au début de leur procès, le 25 mars.

Pas de réaction de la présidence

Selon la radio Mosaïque FM, qui emploie Wassim Lahrissi – surnommé Migalo – comme imitateur et humoriste, ce dernier se serait fait passer pour le chef de l’État lors d’un entretien téléphonique avec un homme d’affaires tunisien. Cet homme d’affaires aurait précédemment demandé à Moez Ben Gharbia d’intercéder en sa faveur auprès du président Caïd Essebsi. Les responsables de la radio n’ont pas souhaité dans l’immédiat commenter cette affaire.

Moez Ben Gharbia était un présentateur star de l’une des principales télévision privées du pays, Ettounsiya. Il a depuis quitté cette chaîne et prépare le lancement de la sienne. L’offense au chef de l’État est passible de trois ans de prison (article 67 du code pénal), l’usurpation de titres de deux ans (article 159) et l’escroquerie de cinq ans (article 291).

La présidence tunisienne n’a pas réagi dans l’immédiat à l’arrestation des deux hommes. Béji Caïd Essebsi, 88 ans, a été élu en décembre à la présidence. Ce vétéran de la scène politique tunisienne avait notamment servi comme ministre de l’Intérieur du père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, et brièvement comme président du parlement sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali. Il s’est toujours engagé à respecter la liberté d’expression acquise depuis la révolution de 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie : l’anniversaire de la révolution tourne au fiasco

janvier 14, 2015

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi.
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi. © Archives / AFP

La cérémonie organisée mercredi au palais présidentiel pour commémorer le quatrième anniversaire de la révolution qui a chassé Ben Ali du pouvoir a été perturbée par des familles de Tunisiens tués ou blessés pendant le soulèvement populaire.

Le président Béji Caïd Essebsi, élu fin décembre, souhaitait placer la journée du 14 janvier sous le signe de l’unité et de la renaissance de la Tunisie. Il a donc convié au palais présidentiel plusieurs personnalités dont le leader du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, à une cérémonie au cours de laquelle des figures importantes de cette période de l’histoire du pays ont été décorés.

Béji Caïd Essebsi, venait de terminer son discours et procédait aux décorations lorsque des cris se sont élevés dans la salle bondée. « Où est la justice pour nos enfants? » criaient certains membres des familles, tandis que d’autres scandaient : « Fidèles au sang des martyrs ! ».

Le président agacé par l’incident, a tenté de continuer à remettre les décorations, dont l’une à titre posthume à l’élu Mohamed Brahmi, assassiné le 25 juillet 2013. Il s’est ensuite adressé aux membres des familles invités au Palais de Carthage : « Si les martyrs étaient encore vivants, ils ne seraient pas d’accord avec vous, tous les martyrs sont dans nos esprits et seront décorés. Ce que vous faites n’est donc pas nécessaire. Allez, que Dieu vous vienne en aide », a-t-il lâché avant de quitter la salle où se déroulait la cérémonie.

Douloureuses séquelles de la révolution

L’incident rappelle que la Tunisie n’a pas totalement tourné la page de la révolution. Selon un bilan officiel, la répression du soulèvement populaire qui a renversé Zine el-Abidine Ben Ali a fait plus de 300 morts et des centaines de blessés pendant la révolution, mais aussi dans les jours ayant suivi la fuite du dictateur.

Présent à la cérémonie, le mari de Mahjouba Nasri, une Tunisienne tuée dans les jours suivant la fuite en Arabie saoudite de Zine el-Abidine Ben Ali a réagi contre le discours de Béji Caïd Essebsi : « c’est une mascarade. Nous ne sommes pas venus pour de belles paroles, nous sommes venus pour qu’au moins on rende hommage symboliquement aux personnes que nous avons perdues ! ».

L’ONG Human Rights Watch (HRW) qui réclame depuis des mois une enquête sur les morts de la révolution, affirme pour sa part que : « Les efforts de la Tunisie pour faire rendre des comptes en justice aux auteurs d’exécutions extrajudiciaires, pendant le soulèvement populaire il y a quatre ans, ont été anéantis par des problèmes juridiques ou liés à la procédure d’enquête et n’ont pas permis de rendre justice aux victimes ».

Un anniversaire célébré en rangs dispersés

Malgré la présence au Palais de Carthage de Rached Ghannouchi, son parti Ennahda, deuxième force politique du pays, a installé une tribune et un écran géant au milieu de l’avenue Bourguiba pour célébrer à sa manière l’anniversaire.

Des dizaines de partisans des islamistes radicaux de Hizb ut Tahrir ( Parti de la Libération) manifestaient également aux côtés d’un petit groupe de jeunes socialistes.

Devant le théâtre municipal, une vingtaine de personnes se sont rassemblées en silence, le visage fermé, pour Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari, deux journalistes tunisiens enlevés en Libye et qu’une branche du groupe État islamique (EI) a affirmé avoir exécutés, une annonce sujette à caution qui a été officiellement démentie.

Éparpillés sur l’avenue, d’autres petits groupes de manifestants ont aussi réclamé la libération du blogueur Yassine Ayari, condamné pour atteinte à l’armée, ou des emplois pour les « diplômés chômeurs », tandis qu’une quinzaine de jeunes ont dénoncé la publication par l’hebdomadaire français « Charlie Hebdo » d’une nouvelle caricature de Mahomet en brandissant des bannières proclamant: « Je ne suis pas Charlie, je suis Mohamed ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Obama invite le président tunisien Béji Caïd Essebsi à Washington

janvier 5, 2015

Washington – Le président américain Barack Obama a félicité lundi Béji Caïd Essebsi pour son élection à la présidence de la Tunisie à l’issue d’une transition démocratique historique et l’a invité à la Maison Blanche à une date restant à déterminer.

M. Obama a appelé lundi M. Caïd Essebsi et salué l’esprit de compromis pacifique dont ont fait preuve les Tunisiens au cours des quatre années écoulées depuis la révolution qui déclencha le Printemps arabe.

Lors de cet échange, M. Obama a souligné la volonté des Etats-Unis de renforcer et étendre le partenariat avec la Tunisie et précisé que son pays était prêt à aider le nouveau gouvernement dans ses efforts pour répondre aux attentes de tous les Tunisiens, a indiqué l’exécutif américain.

Vétéran de la politique à 88 ans, Béji Caïd Essebsi, a pris mercredi ses fonctions de président de la Tunisie, devenant le premier chef de l’Etat élu démocratiquement de l’histoire du pays.

Sorti vainqueur du deuxième tour de la présidentielle avec plus de 55% des voix face au président Moncef Marzouki, il aura la lourde charge de relancer le pays après quatre ans d’une transition parfois chaotique.

Il a chargé lundi l’ex-ministre de l’Intérieur Habib Essid, qui a occupé plusieurs postes sous le dictateur déchu Ben Ali, de former un gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2015 22h35)

L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu

décembre 23, 2014

L'autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu
L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu © AFP

Le président élu de la Tunisie Béji Caïd Essebsi a promis que « la page » de l’autoritarisme était tournée, alors que de nombreux défis attendent le berceau du « Printemps arabe » qui espère parachever sa transition vers la démocratie.

« L’hégémonie est une illusion (. . . ) Il n’y aura pas de retour à cela », a assuré M. Caïd Essebsi, un ancien cadre des régimes autoritaires de Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, en excluant un retour aux vieilles méthodes.

« Je suis pour qu’on tourne complètement la page du passé » et « regarder vers le futur », a ajouté le futur président de 88 ans dans un entretien diffusé tard lundi par la télévision nationale.

Son élection avec 55,68% des voix marque la fin d’un cycle électoral destiné à doter enfin la Tunisie d’institutions pérennes quatre ans après la révolution de janvier 2011 et une transition chaotique marqué par l’essor de groupes jihadistes ainsi que de profonds problèmes socio-économiques.

Les observateurs électoraux de l’Union européenne doivent rendre mardi leur verdict sur le caractère libre ou non du scrutin de dimanche. Mais la communauté internationale a déjà souligné les avancées de la Tunisie, une exception parmi les pays du « Printemps arabe » qui ont pour la plupart basculé dans le chaos, la violence et la répression.

Pour éviter tout retour en arrière, la nouvelle Constitution, adoptée en début d’année, limite d’ailleurs les prérogatives du chef de l’Etat, l’essentiel du pouvoir exécutif reposant sur le gouvernement responsable devant le Parlement.

Le concurrent malheureux du second tour, le président Moncef Marzouki a reconnu sa défaite, après une campagne acrimonieuse, et appelé ses partisans au calme.

Des affrontements se sont produits dimanche soir et lundi dans le sud, où M. Marzouki est arrivé largement en tête, entre policiers et manifestants qui protestaient contre les résultats de la présidentielle. Deux postes de police ont ainsi été incendiés à El Hamma et Nidaa Tounès, le parti de M. Caïd Essebsi, a indiqué que des protestataires avaient tenté d’incendier son local à Tataouine.

– Former un gouvernement –

Si la date de l’entrée en fonction du nouveau président n’a pas été fixée, M. Caïd Essebsi va devoir dès à présent s’atteler à former un gouvernement stable et bâtir une coalition, son parti ayant remporté les législatives mais ne disposant pas de majorité absolue avec 86 sièges sur 217.

Il devra pour cela notamment composer tant bien que mal avec les islamistes d’Ennahda (69 députés), deuxième parti du Parlement, et contre qui il a fait campagne avec virulence.

Les 62 autres sièges reviennent à une multitude de partis allant de l’extrême-gauche au centre-droit.

Les nouvelles autorités tunisiennes sont très attendues sur le terrain de l’économie, le chômage et la misère à l’origine de la révolution restant endémiques. Elles devront aussi répondre à la menace jihadiste, alors que des dizaines de militaires et deux figures politiques anti-islamistes ont été tués depuis 2011.

« On mesure le poids des contraintes auxquelles le président fera face: une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une sécurité hautement menacée », résume le quotidien La Presse.

Le quotidien Le Temps, qui salue la sortie « victorieuse d’une épreuve harassante et pénible », souligne pour sa part que M. Caïd Essebsi n’a pas « reçu un chèque en blanc » des Tunisiens.

« Aucun parti n’est en mesure de prétendre résoudre à lui seul les problèmes du pays », relève le journal.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie : Béji Caïd Essebsi vainqueur de la présidentielle, Moncef Marzouki reconnaît sa défaite

décembre 22, 2014

Le candidat à la présidentielle Béji Caïd Essebsi, le 21 décembre 2014 à Tunis.
Le candidat à la présidentielle Béji Caïd Essebsi, le 21 décembre 2014 à Tunis. © AFP

Selon des résultats partiels officiels, Béji Caïd Essebsi remporte l’élection présidentielle tunisienne. Il devance le président sortant Moncef Marzouki avec 55,68 % des suffrages.

Le président de l’instance électorale, l’ISIE, Chafik Sarsar a officialisé lundi 22 décembre la victoire de Béji Caïd Essebsi à la présidentielle de dimanche avec 55,68% des voix.

L’ex-Premier ministre tunisien a obtenu plus de 1,7 million de voix au second tour, contre plus de 1,3 million pour son rival, le président sortant Moncef Marzouki, qui a réuni 44,32% des suffrages, a déclaré à la presse le président de l’instance.

« Moncef Marzouki a reconnu sa défaite à la présidentielle et félicité le vainqueur Beji Caïd Essebsi », a annoncé son directeur de campagne Adnène Mancer sur sa page Facebook officielle.

Le taux de participation s’est établi à 60,1% des inscrits.

Le camp de Béji Caïd Essebsi avait revendiqué la victoire quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote dimanche, sans avancer d’estimations.L’équipe de Marzouki avait aussitôt contesté cette annonce, évoquant un écart très, très serré entre les deux candidats.

En remportant la présidentielle, Essebsi réalise un doublé après la victoire de son parti Nidaa Tounès aux législatives de fin octobre.

Sa formation doit former le prochain gouvernement et s’atteler rapidement à constituer une coalition stable, faute de majorité absolue au Parlement. Elle devra composer avec les islamistes d’Ennahdha, qui restent la deuxième force politique du pays et n’avaient pas présenté de candidat à la présidentielle.

Jeuneafrique.com avec AFP