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Acquitté par la CPI, le Congolais Bemba « est en Belgique »

juin 15, 2018

L’ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre bemba, lors d’une audience de la Cour pénale internationale, à la Haye, le 21 juin 2016 / © POOL/AFP/Archives / Michael Kooren

L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, récemment acquitté en appel de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, est arrivé vendredi en Belgique, en liberté provisoire après une décennie passée dans le centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

« Aujourd’hui, le 15 juin 2018, Jean-Pierre Bemba Gombo a été mis en liberté provisoire sous conditions spécifiques sur le territoire du Royaume de Belgique », a fait savoir la CPI dans un communiqué.

Ancien riche homme d’affaires devenu chef de guerre puis vice-président, le Congolais avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison, la peine la plus lourde jamais imposée par la CPI, pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003.

Une semaine après son acquittement surprise, le Congolais « est en chemin vers chez lui », a confirmé à l’AFP Jean-Jacques Mbungani, un responsable du parti politique de M. Bemba établi à Bruxelles.

L’ancien vice-président congolais devrait arriver entre 23h00 et minuit (21h00 et 22h00 GMT) à Rhode-Saint-Genèse, commune verdoyante cossue située à 15 km au sud de Bruxelles, où, selon des sources concordantes, vivent sa femme et ses cinq enfants. C’est dans cette localité que l’ancien chef de guerre congolais avait été arrêté le 24 mai 2008 à la demande de la CPI.

« Il a été en possession de l’autorisation de séjour délivrée par la Belgique et il a pu partir » des Pays-Bas, a ajouté M. Mbungani.

Jeudi, les autorités belges avaient « répondu favorablement à la demande de la Cour de permettre le séjour de Monsieur Bemba en Belgique, où réside sa famille, suite à sa mise en liberté provisoire », avait annoncé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, dans un communiqué.

« Le gouvernement du Royaume de Belgique et la CPI ont signé un accord sur la mise en liberté provisoire des détenus sur le territoire belge le 10 avril 2014 », a précisé la CPI vendredi.

M. Bemba, qui a émis le souhait de se rendre en Belgique dès la communication mardi de la décision de libération conditionnelle, « a demandé un visa de type C, de court séjour », l’autorisant dans un premier temps à séjourner jusqu’à 90 jours sur le sol belge, avait souligné jeudi à l’AFP une porte-parole du secrétaire d’Etat belge à la Migration Theo Francken.

Quatre jours après le verdict d’acquittement, le Congolais avait quitté mardi soir le centre de détention de la CPI situé à La Haye. Il restait toutefois depuis lors sous la surveillance de la Cour aux Pays-Bas en attendant le feu vert des autorités belges à sa demande de visa.

Dates clés de l’ex-vice président de République démocratique du Congo Jean-Pierre Bemba / © AFP/Archives / Alain BOMMENEL, Sabrina BLANCHARD

– Conditions spécifiques –

M. Bemba se trouve désormais « en liberté conditionnelle en Belgique en attendant une décision finale sur sa peine dans l’affaire » de subornation de témoins dans le cadre de son principal procès et dont la procédure est toujours en cours, a précisé la CPI.

Les juges étudient actuellement la condamnation de M. Bemba en mars 2017 dans cette affaire annexe à un an de prison et 300.000 euros d’amende. La sentence définitive dans cette affaire est attendue le 4 juillet.

D’ici là, il doit « s’abstenir de faire des déclarations publiques sur cette affaire, ne pas changer d’adresse sans préavis, ne contacter aucun témoin et se rendre immédiatement aux autorités compétentes si la Chambre de première instance l’exigeait », a énuméré la CPI.

La décision surprise d’acquittement intervient à un mois et demi du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), prévue le 23 décembre pour remplacer le président Joseph Kabila. Ce dernier est arrivé au terme de son deuxième et dernier mandat en décembre 2016.

Adversaire de M. Kabila à l’élection présidentielle de 2006, Jean-Pierre Bemba va de l’avis général rejouer un rôle sur la scène politique congolaise, au moment où l’opposition affirme se chercher un candidat unique.

Il compte profiter de son séjour en Belgique pour « mettre sur pied son retour en RDC », selon M. Mbungani.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2018 23h31)

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Belgique/attaque de Liège: trois morts, dont deux policières, un juge terroriste saisi

mai 29, 2018

/ © TWITTER/AFP / Victor JAY

Un homme a tué par balles trois personnes dont deux policières mardi matin à Liège, dans l’est de la Belgique, avant de prendre un otage dans un établissement scolaire et d’être finalement abattu par les forces de l’ordre, une tuerie qui a les apparences d’un acte terroriste selon la justice belge.

Le Premier ministre belge Charles Michel a dénoncé dans un tweet une « violence lâche et aveugle ».

Le dossier a été confiée à un juge d’instruction antiterroriste car « des éléments vont dans la direction d’un acte terroriste », a justifié à l’AFP Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.

La fusillade s’est produite vers 10h30 (08H30 GMT) sur le boulevard d’Avroy, une grande artère de la ville.

L’assaillant, décrit dans les médias comme « Benjamin H. », un trentenaire condamné pour des délits qui bénéficiait d’une permission de sortie de prison pour préparer sa réinsertion, a d’abord agressé au couteau deux agents de police, avant de s’emparer de leurs armes de service pour les abattre.

Ces deux femmes, employées de la police locale, ont été « agressées par l’arrière », recevant « de multiples coups de couteaux », a dit lors d’une conférence de presse le procureur de Liège, Philippe Dulieu.

– Echange de tirs –

Après avoir subtilisé les armes des policières, l’assaillant a aussi tué une troisième fois en faisant feu contre un homme de 22 ans passager d’une voiture en stationnement.

Dans un second temps, après une courte prise d’otage qui a suivi le triple meurtre, un nouvel échange de tirs a eu lieu, et « plusieurs » autres policiers ont été « blessés aux jambes », a ajouté M. Dulieu. L’assaillant a finalement été abattu par les forces de l’ordre.

Personne n’a en revanche été blessé lors de la prise d’otage d’une employée dans le complexe scolaire Athénée Léonie de Waha, mais des élèves ont dû être évacués vers d’autres écoles.

« Tous les enfants vont bien, ceux du primaire et de maternelle n’ont rien vu, ils ont été évacués par l’arrière de l’école », a dit à l’AFP Julie Fernandez, mère d’un enfant de 7 ans et par ailleurs députée fédérale.

Le bourgmestre (maire) de Liège Willy Demeyer a précisé devant la presse que l’établissement ne rouvrirait que jeudi, de manière à organiser d’ici là la prise en charge pyschologique des élèves.

Les motivations du tireur restaient floues en début d’après-midi. Une porte-parole du parquet de Liège jointe par l’AFP n’a pas pu confirmer les informations de presse selon lesquelles il aurait crié « Allah Akbar » en s’en prenant aux policiers.

Des images diffusées par la chaîne privée RTL montraient l’assaillant abattu étendu sur un trottoir, entièrement vêtu de noir, face contre le sol.

La Belgique, frappée par des attentats jihadistes qui ont fait 32 morts le 22 mars 2016, a été depuis le théâtre de plusieurs agressions contre des militaires ou des policiers.

La dernière attaque considérée comme « terroriste » s’est produite le 25 août 2017 : un homme de 30 ans d’origine somalienne a agressé des soldats au couteau, blessant légèrement un d’eux, en criant « Allah Akbar » en plein coeur de Bruxelles. Il a été abattu.

Le 6 août 2016, un Algérien vivant en Belgique avait attaqué à la machette deux policières devant l’hôtel de police de Charleroi (sud) aux cris de « Allah Akbar », les blessant au visage et au cou avant d’être abattu. Le groupe Etat islamique (EI) avait revendiqué cette attaque le lendemain.

– « Terrible attaque » –

En septembre 2016, c’est dans la commune bruxelloise de Molenbeek que deux policiers avaient reçu des coups de couteau sans toutefois être blessés, grâce au port d’un gilet pare-balles.

Consulté mardi, l’Ocam, l’organisme chargé d’évaluer la menace terroriste en Belgique, a décidé de maintenir inchangé le niveau 2 correspondant à une menace jugée « peu vraisemblable ».

Le niveau qui était fixé à 3 –voire ponctuellement 4– depuis trois ans avait été abaissé en janvier. L’Ocam avait justifié notamment cette décision par le délitement de l’EI en zone irako-syrienne.

Le président français Emmanuel Macron a fait part de la « solidarité du peuple français à l’égard du peuple belge », après cette « terrible attaque ».

Romandie.com avec (©AFP / 29 mai 2018 15h13)                

Crise humanitaire en RDC: Kinshasa met en garde les ONG qui accepteraient l’aide de la Belgique

avril 13, 2018

Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre congolais en charge des Affaires étrangères. © Vincent Fournier/JA

Refusant toujours de participer à la conférence des donateurs pour la RDC, prévue le 13 avril à Genève pour financer les actions humanitaires dans le pays, Léonard She Okitundu, ministre congolais des Affaires étrangères, menace les ONG qui accepteraient cet argent de se voir interdire de travailler dans le pays.

Le gouvernement congolais refuse toujours de participer à la conférence des donateurs sur la RDC, qui doit se tenir le 13 avril à Genève, au motif qu’il n’a pas été associé à son organisation. Il rejette en outre la quote-part d’aide humanitaire de la Belgique, qui a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour (sur un total de 1,68 milliard de dollars attendu à l’issue de la conférence avec les autres donateurs).

« Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays », prévient Léonard She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise. « La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique », poursuit le vice-Premier ministre. She Okitundu précise toutefois qu’il n’y a « aucune inimitié avec le peuple belge qui pourrait être compatissant envers le peuple congolais ».

Refuser de sacrifier la population congolaise serait la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence

Principaux destinataires de la contribution belge, plusieurs agences du système onusien sont directement concernées par cette mise en garde du gouvernement congolais. Il s’agit entre autres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

La Belgique dans le top 10 des donateurs

À la veille de la conférence internationale des donateurs sur la RDC, 12,6 % du total attendu (1,68 milliard de dollars, soit 1,37 milliard d’euros) est déjà débloqué ou promis. Et la Belgique se retrouve bien, pour l’instant, dans le top 10 des contributeurs.

À l’inverse de Kinshasa qui appelle au boycott de la conférence de Genève – les Émirats arabes unis ont entendu l’appel des autorités congolaises -, les organisateurs de cette réunion de récolte de fonds pour la RDC espèrent que des bailleurs répondront présents et surtout mettront la main à la poche.

« Refuser de sacrifier la population congolaise sur l’autel des combats politiques serait en effet la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence, contacté par Jeune Afrique.

Lex-président catalan Puigdemont a quitté la Finlande pour la Belgique

mars 24, 2018

Le président catalan déchu Carles Puigdemont, contre qui l’Espagne a lancé un mandat d’arrêt européen, s’exprime devant le parlement finlandais, le 22 mars 2018 à Helsinki / © Lehtikuva/AFP / Martti Kainulainen

Le président catalan déchu Carles Puigdemont, contre qui l’Espagne a lancé un mandat d’arrêt européen, a quitté vendredi la Finlande pour la Belgique, a affirmé samedi un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays.

Le député Mikko Karna a écrit sur Twitter qu’il avait « tout juste reçu l’information selon laquelle Carles Puigdemont a quitté la Finlande hier soir (vendredi) par un moyen inconnu en direction de la Belgique », où il s’est exilé depuis fin octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole.

« Puigdemont m’a confirmé aujourd’hui qu’il coopérerait totalement avec les autorités en Belgique », a-t-il ajouté.

Sollicité par l’AFP, le Bureau national finlandais des enquêtes criminelles n’était pas en mesure de confirmer si M. Puigdemont avait quitté ou non le pays.

« Nous n’avons pas d’information officielle sur cet aspect. C’est ce que dit un parlementaire mais nous n’en avons pas confirmation », a affirmé un de ses responsables, Hannu Kautta.

Plus tôt samedi, la police finlandaise a indiqué avoir demandé des précisions à Madrid sur le mandat d’arrêt international visant l’ex-président catalan, affirmant qu’elle ne l’appliquerait pas tant que le parquet finlandais n’aurait pas reçu les informations demandées.

Un juge espagnol chargé d’une enquête pour « rébellion, sédition et malversations de fonds » présumées, a émis ou réactivé vendredi des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, dont Carles Puigdemont.

Depuis qu’il s’est réfugié en Belgique fin octobre, Carles Puigdemont s’est déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2018 18h18)

Carles Puigdemont assure pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique

janvier 19, 2018

Le président catalan déchu Carles Puigdemont à Bruxelles, le 12 janvier 2018 / © AFP / JOHN THYS

Le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont a assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné en revenant en Espagne où il est poursuivi par la justice, malgré les avertissements du gouvernement espagnol sur une investiture à distance.

« En prison, je ne pourrais pas m’adresser aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs… La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président (régional) si je suis prisonnier », a expliqué M. Puigdemont lors d’une interview à la radio catalane Catalunya Radio depuis la Belgique où il s’est exilé avec plusieurs de ses anciens ministres.

« Il est évident que ce ne sont pas les conditions de normalité que nous aimerions, mais malheureusement il serait beaucoup plus difficile de le faire depuis l’Etat espagnol, où nous serions en prison… que de le faire d’ici », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, les grands projets d’entreprises, universitaires ou de recherche se dirigent aussi principalement en utilisant les nouvelles technologies » à distance, a-t-il ajouté.

Ses déclarations interviennent alors que le nouveau président du parlement catalan, Roger Torrent, consulte les différents partis pour proposer un candidat à la présidence régionale, après les élections du 21 décembre où les indépendantistes ont remporté la majorité absolue des sièges.

Carles Puigdemont, qui est parti pour Bruxelles peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, entend être investi à distance, ce que les services juridiques du parlement catalan jugent illégal.

M. Puigdemont est le seul candidat au poste de président régional, après un accord entre sa formation Ensemble pour la Catalogne et l’autre grand parti séparatiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

Les trois formations indépendantistes ont remporté la majorité absolue lors des élections du 21 décembre, ce qui lui donne en théorie toutes les chances de remporter le vote d’investiture prévu à la fin du mois.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a prévenu qu’il empêcherait la nomination de Puigdemont, qui doit être signée par le roi Felipe VI, et maintiendrait la tutelle imposée à la Catalogne depuis fin octobre si M. Puigdemont se faisait investir depuis la Belgique.

– ‘Restitution démocratique’ –

« Si le parlement m’investit comme président, le chef de l’Etat n’a en aucun cas le droit d’empêcher ce mandat », a affirmé M. Puigdemont.

Le dirigeant catalan assure avoir assez de légitimité pour gouverner. « Je suis un député comme un autre, parfaitement apte à être investi comme président (…) J’ai tout le droit du monde et j’espère qu’il sera respecté », a-t-il ajouté sur Catalunya Radio.

Il compte présenter par vidéoconférence son programme de gouvernement -passage obligé de la procédure d’investiture-, ou bien le faire lire par quelqu’un d’autre.

Au final, la décision d’autoriser les députés catalans à voter pour un candidat qui n’est pas physiquement présent dans l’hémicycle reviendra au bureau du parlement, composé de M. Torrent, le président de la chambre, et de six autres membres. Parmi ceux-ci, trois sont pro-indépendance et trois y sont opposés.

Sans dévoiler sa position, M. Torrent a déclaré au journal catalan Ara que sa fonction est de « garantir qu’il y ait un candidat qui puisse être investi et un gouvernement qui puisse gouverner dès la première minute ». Interrogé sur la possibilité de gouverner depuis Bruxelles, il s’est borné à répondre « le gouvernement doit être réel ».

Président de Catalogne depuis 2016, M. Puigdemont a été destitué par M. Rajoy le 27 octobre, quelques heures après la déclaration unilatérale d’indépendance du parlement catalan.

Dans la foulée, l’autonomie de la région avait été suspendue, après plusieurs semaines d’extrême tension après le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, marqué par des violences policières.

Dans son interview, M. Puigdemont a promis de rétablir son précédent gouvernement, ainsi que sa politique, axée sur la désobéissance à la justice espagnole, et sur une stratégie de rupture unilatérale avec l’Espagne.

« Nous avons un plan de restitution démocratique, des institutions et des politiques (…) Le résultat des élections (du 21 décembre) est la validation de notre programme de gouvernement », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2018 13h22)                

Belgique: tensions au gouvernement autour des expulsions de Soudanais

décembre 22, 2017

Bruxelles – Le bouillant secrétaire d’Etat belge à la Migration, le nationaliste flamand Theo Francken, a présenté vendredi ses « excuses » au Premier ministre Charles Michel, après avoir critiqué ses propos sur la gestion controversée du rapatriement des migrants soudanais en situation irrégulière.

Cette controverse, sur fond d’accusations de tortures que des migrants auraient subies à leur retour à Khartoum, suscite de vives tensions au sein même de la coalition au pouvoir, composée de libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes flamands de la N-VA.

Vendredi après-midi, elle a aussi donné lieu à un incident à la Chambre des députés après une demande de l’opposition (PS et Ecolo), restée sans suite, d’entendre « en urgence » Theo Francken, accusé de « mensonges ». La séance a été suspendue et une conférence des présidents de groupe a été convoquée, a rapporté l’agence Belga.

Au coeur de la polémique: une invitation lancée à la fin de l’été par Theo Francken, coutumier des positionnements clivants, pour que des officiels du régime de Khartoum viennent aider les autorités belges, sur leur sol, à identifier les Soudanais voués à être expulsés car non candidats à l’asile en Belgique. Cette nationalité est très représentée parmi les migrants en errance dans Bruxelles, en transit vers la Grande-Bretagne.

Trois fonctionnaires du ministère soudanais de l’Intérieur ont effectivement passé quelques jours en Belgique en septembre, visitant leurs ressortissants dans des centres fermés avant de délivrer leur feu vert à l’expulsion. Le gouvernement a alors été accusé par l’opposition de « collaborer avec une dictature ».

La controverse a rebondi cette semaine avec la publication dans la presse de témoignages –compilées par une ONG libérale– faisant état d’arrestations et de violences subies par plusieurs jeunes Soudanais à leur atterrissage, peu après la visite de cette « mission d’identification ».

Jeudi, devant les députés, le Premier ministre Charles Michel a décrété la suspension des expulsions vers le Soudan le temps qu' »une enquête indépendante », avec l’aide de l’ONU, fasse « la clarté » sur ces accusations.

Il avait dans un premier temps évoqué un moratoire « en tout cas jusqu’à la fin janvier », ce que Theo Francken avait qualifié d' »absurde » puisqu’aucun nouveau rapatriement n’était selon lui programmé avant cette échéance.

« Je me suis excusé », a écrit le secrétaire d’Etat vendredi matin sur son compte Twitter.

Mais en s’en prenant ainsi au Premier ministre, M. Francken aurait « menti » car il savait qu’au moins un vol vers Kharthoum était prévu, a ensuite accusé l’opposition. « Les expulsions vers le Soudan de janvier n’ont été annulées qu’hier (jeudi) », a assuré le député Ecolo Benoît Hellings dans un tweet.

Une figure de l’Open-VLD (parti libéral flamand, associé au gouvernement), l’ancien chef de la diplomatie belge Karel De Gucht, a estimé vendredi dans un journal flamand que Theo Francken (N-VA) « ne peut plus rester secrétaire d’Etat à la Migration, il est politiquement, idéologiquement et humainement inapte à cela ».

Une perspective de démission que le Conseil des ministres a toutefois écartée dans la matinée.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2017 17h05)                                            

Puigdemont s’est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

novembre 5, 2017

Puigdemont s'est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome.@ NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Carles Puigdemont et ses quatre conseillers se sont rendus à la police belge, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles.

Carles Puigdemont, président de l’exécutif catalan destitué par Madrid, s’est livré à la police belge, avec ses quatre conseillers, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles confirmant une information de la radio-télévision flamande (VRT). Ils seront présentés dans l’après-midi à un juge. « Ils ont été privés de liberté à 9h17″ dimanche. Un juge d’instruction sera saisi et aura 24 heures, jusqu’à lundi 9h17, pour décider de les placer en détention, de les libérer sous condition ou caution », a annoncé le parquet. La décision du juge d’instruction, qui doit décider sous 24 heures de les placer en détention ou de les libérer, sous conditions ou caution, devrait intervenir dans la soirée, a-t-il avancé.

« Ils ont honoré » le rendez-vous ».

« Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat » de la police fédérale, a expliqué le parquet. « Ils ont honoré ce rendez-vous », a-t-il ajouté. Carles Puigdemont est poursuivi en Espagne pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics. Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome qui a suivi la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement catalan.

Puigdemont va s’opposer au mandat d’arrêt.

Carles Puigdemont avait écrit sur Twitter samedi après-midi qu’il se tenait à disposition des autorités belges. « Nous sommes prêts à collaborer pleinement avec la justice belge après l’émission du mandat d’arrêt européen par l’Espagne », avait-il écrit sur le réseau social, recourant pour l’occasion au néerlandais. Le mandat d’arrêt européen a été créé pour faciliter l’extradition entre Etats membres, mais c’est malgré tout probablement une assez longue procédure judiciaire qui s’ouvre. Carles Puigdemont et son avocat ont en effet déjà fait part de leur volonté de s’opposer à ce mandat.

Selon lui, il n’existe pas à Madrid les garanties d’une « sentence juste, indépendante qui puisse échapper à cette énorme pression, à cette énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne ». Selon la loi, une décision sur l’exécution du mandat d’arrêt européen doit être prise dans les 60 jours suivant l’arrestation de la personne visée.

Europe1.fr

Face aux attentats, des soldats dans les rues en Europe, sauf en Allemagne

août 10, 2017

Un soldat patrouille autour de la gare centrale de Bruxelles, le 21 juin 2017 / © AFP/Archives / EMMANUEL DUNAND

Face aux attentats jihadistes les grandes démocraties européennes, à l’exception de l’Allemagne pour des raisons historiques, n’hésitent pas à faire appel à l’armée pour patrouiller dans les rues.

Toutefois cette présence de militaires au cœur des villes, pour des missions auxquelles ils ne sont pas préparés, fait souvent l’objet de critiques et reste, en théorie, limitée dans le temps.

FRANCE

Des militaires patrouillent dans les rues en France depuis des attentats en 1986. L’opération « Sentinelle », qui a débuté en janvier 2015, au lendemain de l’attaque contre le journal Charlie Hebdo, compte actuellement 7.000 soldats patrouillant dans les lieux sensibles, comme les sites touristiques, les gares, les aéroports. Après en avoir compté plus de 10.000, l’opération sera « revue en profondeur » à la rentrée, a annoncé le président Emmanuel Macron. De nombreux experts mettent en doute son efficacité, assurent que ses soldats sont avant tout des cibles et qu’elle fait peser sur l’armée française des contraintes trop lourdes.

BELGIQUE

Les soldats ont été déployés dans les rues et les points stratégiques en Belgique le 17 janvier 2015, après le démantèlement d’une cellule terroriste soupçonnée de préparer des attentats. L’opération, nommée « Vigilant Guardian », mobilise actuellement 1.100 militaires, pour un coût d’environ 100 millions d’euros en plus de deux ans. Elle est temporaire, renouvelée de mois en mois.

GRANDE-BRETAGNE

L’opération « Temperer plan », organisée à la suite des attentats de janvier 2015 à Paris, peut permettre la mobilisation de jusqu’à 5.100 soldats dans les rues du royaume, pour prêter main forte aux forces de l’ordre. Après l’attentat de Manchester en mai, un millier de militaires ont été déployés, pour une courte période, afin de sécuriser la ville.

ALLEMAGNE

La Bundeswehr n’est pas autorisée, par la Constitution d’après-guerre, à intervenir sur le territoire allemand, sauf en cas de menace « contre l’ordre démocratique de l’État fédéral » ou pour des actions humanitaires. Les fonctions de l’armée allemande sont donc clairement séparées de celles de la police. Toutefois l’hypothèse d’un recours à l’armée dans un rôle d’appoint, pour de la coordination, sans militaires dans les rues, est à l’étude dans les seize États-régions du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2017 15h36)                

Œufs contaminés: perquisitions en Belgique et aux Pays-Bas

août 10, 2017

Plusieurs perquisitions sont en cours en Belgique dans le cadre de l’enquête des œufs contaminés / © ANP/AFP/Archives / Vincent Jannink

Des perquisitions étaient en cours jeudi en Belgique et aux Pays-Bas dans le cadre d’enquêtes sur l’utilisation frauduleuse de l’insecticide fipronil dans des élevages de poules pondeuses, à l’origine de la crise des œufs contaminés.

« Dans le cadre du dossier fipronil, plusieurs perquisitions sont en cours actuellement » en Belgique, a brièvement indiqué dans un communiqué le parquet d’Anvers (nord), qui s’était jusqu’ici refusé à donner toute information sur l’enquête.

« Une communication à la presse suivra dès que l’enquête le permettra, probablement plus tard cet après-midi », a-t-il ajouté.

« Des perquisitions sont en cours aux Pays-Bas, menées conjointement avec les Belges », a pour sa part indiqué Marieke van der Molen, porte-parole du parquet néerlandais.

Ce scandale alimentaire fait l’objet d’enquêtes pénales en Belgique et aux Pays-Bas. Deux sociétés sont pointées du doigt: la société néerlandaise ChickFriend, spécialisée dans le désinfection d’élevages avicoles, et son fournisseur belge Poultry-Vision.

Ces perquisitions interviennent alors que le ministre belge de l’Agriculture Denis Ducarme a accusé mercredi les Pays-Bas d’avoir traité avec légèreté des informations concernant la présence de fipronil dans les élevages du pays, l’un des plus gros exportateurs d’oeufs au monde. Il a affirmé qu’un signalement en ce sens avait été reçu par les autorités néerlandaises dès novembre 2016, ce que La Haye a contesté.

Selon le journal Het Laatste Nieuws, huit adresses en Flandre (nord de la Belgique) sont visées par les perquisitions. Le quotidien flamand affirme qu’il s’agit notamment de sociétés spécialisées dans la désinfection des exploitations avicoles.

La crise des œufs contaminés, qui trouve son origine en Belgique et aux Pays-Bas, ainsi qu’en Allemagne (Basse-Saxe) où quelques exploitations sont concernées, a eu des répercussions dans cinq autres pays d’Europe où ces oeufs ont été livrés: la France, la Suisse, la Suède, le Royaume-Uni et le Luxembourg.

Elle a mené au retrait préventif de millions d’œufs des supermarchés.

Le fipronil est un insecticide courant, qu’on retrouve dans les produits vétérinaires utilisés pour les animaux de compagnie contre les poux, les tiques et les acariens. En grande quantité, il est considéré comme « modérément toxique » pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), présentant notamment un danger pour les reins, le foie et la thyroïde.

Son utilisation est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’Union européenne.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2017 15h01)                

Belgique: « Dodo la Saumure » incarcéré pour traite humaine

juillet 27, 2017

Dominique Alderweireld, dit « Dodo la Saumure », le 12 juin 2015 à Lille / © AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN

Dominique Alderweireld, dit « Dodo la Saumure », connu pour avoir comparu dans l’affaire du Carlton en 2015, a été placé sous mandat d’arrêt mercredi en Belgique, notamment pour traite humaine et fraude sociale, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

M. Alderweireld et sa compagne Béatrice Legrain ont été inculpés de traite d’êtres humains, de fraude à ONSS (l’équivalent de l’URSSAF en Belgique) ainsi que de bris de scellés placés sur deux maisons closes, a expliqué à l’AFP le procureur belge chargé du droit pénal du travail de la région francophone du Hainaut (sud-ouest du pays), Charles-Eric Clesse.

M. Alderweireld exerçait ses activités à Tournai et dans la région, tout près de la frontière française.

« Plusieurs filles avaient été contrôlées sans être déclarées à l’ONSS et certaines d’entre elles étaient en séjour illégal en Belgique », a précisé M. Clesse.

Parmi la vingtaine de filles qui travaillaient dans les deux établissements du couple, certaines étaient Françaises et d’autres venaient d’Europe de l’Est, a affirmé le procureur.

« Il y avait également une Belge, mère chômeuse de cinq enfants, et l’on peut imaginer qu’il abusait de sa situation précaire », a-t-il poursuivi.

« A quatre reprises, M. Alderweireld a brisé les scellés placés sur ses deux établissements, l’un à Tournai, en face du commissariat de police, l’autre dans un village des environs », a ajouté M. Clesse.

M. Alderweireld, qui a été incarcéré, comparaîtra vendredi matin devant une chambre du conseil qui doit statuer sur le sort du prévenu.

Le proxénète est passible d’une amende – pouvant aller de 4.800 à 48.000 euros par jeune femme exploitée – ainsi que d’une peine de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement, selon M. Clesse.

En septembre 2013, la cour d’appel du Hainaut avait déjà condamné « Dodo la Saumure » à une peine de cinq ans avec sursis pour proxénétisme.

« Dodo », de nationalité française et tenancier de maisons closes en Belgique, avait été propulsé sur le devant de la scène médiatique française pour ses liens avec l’ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn.

Accusé de proxénétisme aggravé dans le procès du Carlton à Lille (hôtel où plusieurs notables avaient profité de services de prostituées), il avait été relaxé en juin 2015.

Personnage haut en couleur, Dominique Alderweireld, alias « Dodo la Saumure », se définit comme un « souteneur » toujours prêt à aider ses « filles » plutôt qu’un vulgaire proxénète, même s’il dit regarder les femmes « avec l’œil du maquignon ».

Né à Annoeullin dans le Nord le 5 février 1949, il racontait dans son ouvrage « Moi, Dodo la saumure », vendu à près de 20.000 exemplaires (Denoël), avoir traversé une « enfance difficile » dans différentes localités du Nord, où il ne pouvait se laver qu’une fois par semaine.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2017 13h38)