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L’ancien pape Benoît XVI accusé d’inaction face à des prêtres pédophiles

janvier 20, 2022
L'ancien pape Benoit XVI accuse d'inaction face a des pretres pedophiles
L’ancien pape Benoît XVI accusé d’inaction face à des prêtres pédophiles© AFP/Archives/VINCENZO PINTO

Un rapport commandé par l’Eglise a jeté jeudi une ombre sur la réputation de l’ancien pape Benoît XVI, accusé de n’avoir rien entrepris pour empêcher des prêtres de commettre des violences sexuelles sur mineurs dans l’archevêché allemand qu’il dirigea autour des années 80.

Le cardinal Joseph Ratzinger, avant qu’il ne devienne pape, n’a pris aucune mesure pour écarter quatre ecclésiastiques soupçonnés de violences sexuelles sur mineurs, a affirmé le cabinet Westpfahl Spilker Wastl (WSW) dans ce rapport, qui recense aussi plus de 400 victimes d’abus dans cet archevêché de Munich et Freising.

Sans réagir directement aux accusations, Benoît XVI a exprimé « son choc et sa honte » face à la pédocriminalité dans l’église allemande, selon un communiqué de son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein.

Mais dans une prise de position transmise aux avocats, le pape émérite de 94 ans qui vit retiré au Vatican depuis sa démission en 2013, a rejeté « strictement » toute responsabilité.

Les auteurs du rapport jugent cette dénégation peu crédible.

Ils se disent notamment « convaincus » que Mgr Ratzinger, qui dirigea l’archevêché de 1977 à 1982, était au courant du passé pédophile du prêtre Peter Hullermann, même s’il l’a toujours nié.

En 1980, cet écclésiastique, soupçonné de graves abus sur mineurs, avait été transféré de Rhénanie du nord-Westphalie en Bavière. Or selon le protocole, cité par le rapport, de la réunion d’admission de Hullermann, son passé fut évoqué et Mgr Ratzinger était présent.

Malgré une thérapie psychiatrique, le prêtre a poursuivi les sévices. Six ans plus tard, un tribunal bavarois l’a condamné à une peine de prison avec sursis. Mais il a été transféré dans une autre ville bavaroise, où il aurait récidivé. Il faudra attendre 2010 avant qu’il soit contraint à la retraite.

« Phénomène effrayant »

Les auteurs du rapport ont également épinglé le cardinal Reinhard Marx, actuel archevêque de Munich et Freising, pour avoir fait preuve de négligence dans deux cas de prêtres soupçonnés d’agressions sexuelles sur des enfants.

Sans réagir directement à ses affirmations, l’intéressé s’est dit « bouleversé et honteux » face aux souffrances infligées par des membres de l’église. Il a promis de d’exprimer sur les éventuelles conséquences dans une semaine, après analyse du rapport.

Globalement, l’avocate Marion Wetspfahl a dénoncé « le phénomène effrayant des dissimulations » systématiques de cas de violences sur mineurs, afin de protéger l’Eglise.

Le rapport, qui s’appuie sur les archives disponibles et des témoignages, décompte en tout 497 victimes entre 1945 et 2019, en majorité des jeunes garçons et adolescents et 235 coupables présumés, principalement des prêtres. Mais selon M. Pusch, « ce nombre ne reflète pas la dimension complète » des agressions.

« La prise en compte » des victimes « reste insuffisante à de nombreux points de vue », a-t-il également dénoncé.

Le Saint-Siège a dit vouloir étudier en détail le rapport, réitérant « son sentiment de honte et de remords » pour les violences commises.

« Pragmatisme froid »

L’expertise a de nouveau relevé « le pragmatisme froid » pratiqué pendant des décennies au nom de la protection de l’institution, « sans aucune empathie pour les victimes », a réagi le commissaire indépendant pour les questions d’agressions sexuelles, Johannes-Wilhelm Rörig.

L’absence de volonté des hauts dignitaires « d’endosser toute responsabilité personnelle » est clairement exposée, a également pointé Sigrid Grabmeier du groupe réformateur « Wir sind Kirche ».

L’enquête de Munich constitue un nouveau chapitre dans l’élucidation des actes de pédophilie qui touchent l’Eglise catholique dans le monde entier.

En Allemagne, elle reste la première confession, même si ses fidèles la fuient en masse: ils sont tombés à 22,2 millions en 2020, une chute de 2,5 millions par rapport à 2010.

Il y a quatre ans, un rapport a dévoilé qu’au moins 3.677 enfants avaient été victimes d’agressions sexuelles commises depuis 1946. Depuis, chaque diocèse a mandaté des enquêtes locales.

Après des excuses officielles, l’Eglise a fixé un dédommagement – jugé insuffisant par les victimes – pouvant aller jusqu’à 50.000 euros par personne, contre 5.000 euros jusqu’ici.

Reste à savoir quelles conséquences aura le rapport de Munich. Mgr Marx avait démissionné en juin pour « partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis ». Le pape François l’avait refusé.

« Continuer avec le même personnel qui a conduit à cette catastrophe, cela ne fonctionnera pas », a prévenu Matthias Katsch de l’association de victimes Eckiger Tisch.

Par Le Point avec AFP

Le Vatican rassurant sur la santé de l’ancien pape Benoît XVI

août 3, 2020

 

Le Vatican s’est voulu lundi 3 août rassurant sur l’état de santé de l’ancien pape Benoît XVI, jugé pourtant «extrêmement fragile», selon le quotidien régional allemand Passauer Neue Presse qui cite un biographe de l’ancien pape, Peter Seewald.

«Les conditions de santé du pape émérite ne sont pas source d’inquiétudes particulières, sinon celles entourant une personne âgée de 93 ans en train de surmonter la phase la plus aiguë d’une maladie douloureuse, mais non grave», a annoncé la salle de presse du Vatican, citant son secrétaire personnel Mgr Georg Gänswein.

Premier pape à démissionner en près de 600 ans

Selon le journal Passauer Neue Presse, Benoît XVI souffre d’érysipèle au visage, une maladie infectieuse caractérisée par une tuméfaction rougeâtre qui entraîne de fortes démangeaisons et des douleurs intenses. «D’après Seewald, le pape émérite est désormais extrêmement fragile (…). Ses capacités intellectuelles et sa mémoire ne sont pas affectées, mais sa voix est à peine audible», a écrit lundi le Passauer Neue Presse.

Peter Seewald a rencontré samedi à Rome Benoît XVI pour lui présenter sa biographie, selon le quotidien. «Lors de cette rencontre, le pape émérite, en dépit de sa maladie, s’est montré optimiste et a déclaré que si ses forces augmentaient à nouveau, il reprendrait peut-être sa plume», a-t-il ajouté. Premier pape à démissionner en près de 600 ans, Benoît XVI, qui avait invoqué des raisons de santé, mène une vie retirée dans un petit monastère du Vatican depuis sa renonciation en 2013.

Avec Le Figaro avec AFP

Célibat des prêtres : le cardinal Sarah approuve l’analyse d’Andrea Tornielli

janvier 15, 2020

"Des profondeurs de nos coeurs" @ Fayard

« Des profondeurs de nos cœurs » @ Fayard

Comment Benoît XVI a contribué au livre

« Le livre Des profondeurs de nos cœurs ne s’oppose rigoureusement pas au Pape. Le texte publié ce matin par @Tornielli est juste. » C’est la déclaration du cardinal Robert Sarah dans un tweet le 13 janvier 2020 en fin de journée.

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements réagit ainsi aux polémiques lancées après l’annonce de la parution d’un livre auquel a collaboré Benoît XVI, défendant le célibat sacerdotal (publication le 15 janvier). D’après la presse italienne, le pape émérite a demandé le lendemain que son nom soit retiré des co-signataires de l’ouvrage.

Démentant les accusations à son encontre, le cardinal Sarah confirme l’analyse du directeur éditorial du Dicastère pour la Communication du Saint-Siège, Andrea Tornielli : « Nous avons réellement travaillé dans un esprit filial. Il est malsain de vouloir sans cesse opposer les hommes d’Église. »

Dans son éditorial, Andrea Tornielli évoque « une contribution sur le célibat sacerdotal, en filiale obéissance au Pape ». Rappelant que « le célibat sacerdotal n’est pas et n’a jamais été un dogme », il cite la position du pape François à ce sujet, exprimée notamment en janvier dernier sur le vol de retour du Panama : « Personnellement, je pense que le célibat est un don pour l’Eglise… Je ne suis pas d’accord pour permettre le célibat optionnel, non… C’est le mien, personnel, je ne le ferai pas, cela reste clair. Je suis un ‘fermé’ ? Peut-être. Mais je n’ai pas envie de me mettre devant Dieu avec cette décision. »

Le cardinal Sarah a également publié divers autres tweets, dont l’un pour annoncer que le pape émérite ne sera pas co-auteur : « Considérant les polémiques qu’a provoquées la parution de l’ouvrage Des profondeurs de nos cœurs, il est décidé que l’auteur du livre sera pour les publications à venir : Card Sarah, avec la contribution de Benoît XVI. En revanche, le texte complet demeure absolument inchangé. »

Il donne par ailleurs des détails sur la contribution de Benoît XVI en publiant les images de trois lettres d’une correspondance avec le pape émérite. Dans la première, datée du 20 septembre 2019, ce dernier confie qu’il avait « commencé à écrire quelques réflexions sur le sacerdoce » mais que, sentant ses forces faiblir, il avait interrompu son travail.

Benoît XVI annonce qu’il reprend la plume après la demande « inattendue » du cardinal Sarah concernant « un texte sur le sacerdoce, avec une attention particulière au célibat ». « Je vous laisse le soin de voir si ces notes dont je sens fortement l’insuffisance, ajoute-t-il, peuvent avoir quelque utilité. »

Le pape émérite a ensuite transmis son texte le 12 octobre 2019. Puis le 25 novembre, il écrit à nouveau en remerciant le cardinal : « J’ai été profondément touché par la façon dont vous avez compris mes intentions ultimes. J’avais écrit sept pages d’éclairage méthodologique sur mon texte et je suis heureux de dire que vous avez su dire l’essentiel en une demi-page. » Benoît XVI autorise à publier son texte, vraisemblablement sans savoir que son nom serait indiqué en co-auteur de l’ouvrage.

Par Anne Kurian janvier 14, 2020 13:08

Vatican: Benoît XVI est en train de s’éteindre lentement, dit son secrétaire

mars 24, 2016

Cité du Vatican – Benoît XVI est en train de s’éteindre comme une bougie, lentement et sereinement, a confié jeudi le secrétaire particulier du pape émérite, Mgr Georg Gänswein, mais le Vatican a assuré aussitôt qu’il n’y avait aucune aggravation de son état.

Joseph Ratzinger est un homme âgé, certes, mais très lucide. (…) Au mois d’avril, il fêtera ses 89 ans. Il est comme une bougie qui s’éteint, lentement et sereinement, comme cela arrive à beaucoup d’entre nous, affirme Mgr Gänswein dans une interview à la revue italienne BenEssere, parue jeudi.

Le pape émérite est serein, en paix avec Dieu, avec lui-même et avec le monde. Il s’intéresse à tout et garde son humour fin et subtil, poursuit le prélat allemand, qui réside avec Benoît XVI dans l’ancien monastère Mater Ecclesiae au Vatican et travaille également auprès de François, dont il est chargé d’organiser l’emploi du temps.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, a mis en garde contre toute interprétation alarmiste des propos de Mgr Gänswein: Il n’y a aucun type de préoccupation particulière, aucune nouveauté. Il n’y a pas de risque spécial ou d’aggravation de son état de santé.

Mais chacun peut voir qu’il devient plus fragile avec le temps (…), il est clairement en train de perdre des forces, a-t-il ajouté.

Le pape émérite, qui a démissionné en février 2013, partage son temps entre la lecture, la prière, le piano et quelques visites. Il entretient de bons rapports avec son successeur, qui le définit comme un grand-père à la maison dont il aime écouter les conseils.

Dans un entretien remarqué au jésuite Jacques Servais, accordé en octobre mais publiée en mars, le théologien Ratzinger a apporté un appui remarqué à François pour la place toujours plus centrale et dominante qu’il accorde au thème de la miséricorde à l’égard des personnes blessées.

Ces propos ont été largement interprétés comme une expression de soutien explicite à François de la part d’un pape considéré comme plus conservateur et rigoriste.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2016 17h23)

Benoît XVI s’est refusé à critiquer le pape François (presse)

octobre 19, 2014

Le pape émérite Benoît XVI retraité au Vatican a refusé catégoriquement de répondre aux appels de cardinaux conservateurs qui cherchaient son soutien contre les ouvertures du pape François lors du synode, a révélé dimanche le quotidien italien « La Repubblica ».

Alors que le synode sur la famille s’est achevé avec l’approbation d’un texte à la tonalité ouverte mais sans consensus sur trois passages controversés concernant les divorcés et les homosexuels, Benoît VI, qui fait figure de pilier de la doctrine, a assisté dimanche à la messe de clôture du synode et de béatification du pape du Concile Vatican II, Paul VI (1968-78), sur la place Saint-Pierre.

Joseph Ratzinger vit depuis le printemps 2013 après sa démission dans un ancien monastère sur la colline du Vatican, se consacrant à la prière, la lecture et l’écriture et à recevoir des proches.

« Je ne suis pas le pape »
Selon des sources bien informées citées par le quotidien italien, il a répondu à des cardinaux venant le voir en secret pour protester contre les ouvertures de François: « je ne suis pas le pape, ne vous adressez pas à moi ». Et il a envoyé un message au pape argentin pour lui offrir amicalement son aide théologique.

« Quand Benoît XVI parle, c’est toujours pour soutenir François », ont relevé des « observateurs attentifs » cités par le journal. Le pape émérite, au profil conservateur sur la doctrine, refuse absolument de se laisser utiliser contre son successeur argentin.

Est-ce pour le remercier de son soutien moral et intellectuel que François a cité, pendant vingt lignes de son discours final au synode, des écrits de Benoît XVI, pour souligner que « l’autorité dans l’Eglise est dans le service »…?

Romandie.com

Le Vatican a défroqué des centaines de prêtres pédophiles sous Benoît XVI

janvier 18, 2014

CITE DU VATICAN – Le Vatican a révélé samedi que quelque 400 prêtres ont été défroqués au cours du pontificat de Benoît XVI, à la suite de la multiplication des dénonciations d’abus sexuels d’enfants par des membres du clergé.

En 2012 ils étaient environ 100, et environ 300 en 2011, a déclaré le porte-parole du Vatican Federico Lombardi.

Mais le Réseau des survivants des personnes victimes de violence par des prêtres (SNAP) juge ces mesures disciplinaires insuffisantes.

Le Pape doit commencer à défroquer également les prêtres qui couvrent les crimes sexuels, et pas seulement ceux qui les commettent, a déclaré le SNAP dans un communiqué.Tant que ce n’est pas fait, peu de choses vont changer.

Défroquer (les coupables) relève d’une stratégie défensive plutôt que de la protection de l’enfance, a encore dit le SNAP, estimant que ces sanctions étaient prises surtout grâce au courage d’un plus grand nombre de victimes parvenant à rendre publique leur expérience.

C’est au début des années 2000 en Irlande et aux Etats-Unis que les crimes, commis sur des milliers d’enfants par des prêtres surtout dans les années 1960, 70 et 80, ont commencé à faire surface. La haute hiérarchie a été accusée d’avoir souvent protégé les coupables, en les mutant, pour préserver la bonne réputation de l’institution.

Benoît XVI, maintenant pape émérite après avoir démissionné l’année dernière, avait donné des consignes de tolérance zéro envers les prêtres pédophiles. Le Vatican avait reconnu avoir reçu des diocèses locaux des milliers de rapports d’abus.

Les poursuites internes sont du ressort de la Congrégation pour la doctrine de la foi, mais ses travaux ne sont généralement pas publics. Elle l’explique par le besoin de protéger les victimes et les témoins, mais les associations de victimes critiquent le manque de transparence dans son fonctionnement et trouvent que le Vatican ne fait pas assez pour poursuivre les abus devant la justice civile.

Une délégation du Vatican a, pour la première fois, été sommée jeudi à Genève de donner des explications devant le comité pour les droits de l’enfant de l’ONU sur les mesures prises pour lutter contre la pédophilie, tandis que le pape François, successeur de Benoit XVI, faisait part de sa honte face aux scandales dans l’Eglise.

Le Saint-Siège saisit que certaines choses doivent être faites différemment, a dit au comité Mgr Charles Scicluna, ancien procureur du Vatican chargé de crimes sexuels.

Pour le SNAP, la hiérarchie catholique devrait s’assurer que les prêtres auteurs de violences sexuelles soient poursuivis pénalement.

L’église catholique compte environ 400.000 prêtres dans le monde.

Romandie.com avec(©AFP / 18 janvier 2014 15h37)

400.000 posters du Pape au Portugal

février 27, 2013
Un groupe de laïcs portugais a édité 400.000 posters du pape Benoît XVI et demandé aux fidèles de les exposer aux fenêtres en guise de remerciement au Pape qui doit démissionner demain, a indiqué aujourd’hui le patriarcat de Lisbonne.

Certains posters montrent, sur fond jaune, le pape saluant de la main et portent l’inscription « merci Benoît XVI » ainsi que la date du 28 février 2013, jour prévu de sa démission. Sur d’autres le Pape est montré priant devant une image de la Vierge de Fatima durant la visite qu’il a effectué au Portugal du 11 au 14 mai 2010.
Les posters ont été distribués gratuitement dans plusieurs villes portugaises en particulier Lisbonne et Fatima.

Auparavant « ils ont été montrés au patriarche de Lisbonne, José Policarpo, qui les a appréciés », a dit à l’agence Lusa un des promoteurs de cette initiative.

Benoit XVI était venu en visite au Portugal alors que l’Église était en crise en raison de divers scandales pédophiles. Les croyants catholiques avaient alors accordé un soutien sans faille à leur pape et un demi million de fidèles avaient assisté à la messe célébrée par Benoît XVI à Fatima pour y commémorer l’apparition de la Vierge, le 13 mai 1917.

 
Lefigaro.fr avec AFP

Le Pape rend hommage à Martin Luther

septembre 24, 2011

Benoît XVI a tracé les axes d’un travail commun avec les protestants centré sur l’approfondissement de la foi.

À Erfurt, seconde étape de sa visite en Allemagne, dans la cathédrale où Martin Luther, fondateur du protestantisme, fut ordonné prêtre catholique en 1507 Benoît XVI s’est fait plus protestant que… les protestants. Devant les plus hauts représentants du protestantisme allemand, il a dressé un éloge inédit de Martin Luther, religieux et prêtre catholique à l’origine de la Réforme protestante. «La pensée de Luther, sa spiritualité tout entière était complément christocentrique» a-t-il déclaré.

Le Pape s’est même dit «touché à nouveau» par la «question» qui a été la «force motrice» de tout le chemin de Luther. Une question qui «pénétrait le cœur» de ce réformateur. Qui fut «sa passion profonde», le «ressort de sa vie». Qui se trouve «derrière chacune de ses recherches théologiques et chaque lutte intérieure».

Avec l’aimable autorisation de KTO – ktotv.com

Cette question, le pape catholique l’a reprise à son compte et en toutes lettres dans ce bastion du protestantisme allemand: «Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ?» Dit autrement, a expliqué Benoît XVI, elle revient à poser «la question de Dieu dans notre vie». Regrettant au passage que peu, aujourd’hui, «y compris parmi les chrétiens», ne s’en préoccupent.

Poursuivant dans cette logique toute luthérienne il a alors entrepris une réflexion sur un sujet devenu presque tabou dans les Églises catholiques et protestantes: la notion de «mal». «La plus grande partie des gens, même des chrétiens, a-t-il lancé, tient aujourd’hui pour acquis que Dieu, en dernière analyse, ne s’occupe pas de nos péchés et de nos vertus. Si aujourd’hui, on croit encore en un au-delà et en un jugement de Dieu, alors presque tous nous supposons que Dieu doit être généreux et qu’à la fin, dans sa miséricorde, il ignorera nos petites fautes.»

S’insurgeant contre cette vision irénique le Pape s’est alors demandé si «nos fautes étaient vraiment si petites ?». Notamment quand le monde est rempli de «corruption», de recherche de ses «propres intérêts», du «pouvoir des drogues», de «l’addiction à la jouissance», de «la disposition croissante à la violence», de «la faim et la pauvreté». «Non, a-t-il conclu d’une formule, le mal n’est pas une bagatelle.» Dans son esprit, le mal «ne pourrait être aussi puissant si nous mettions Dieu au centre de notre vie».

«Témoignage commun»

Et c’est seulement après avoir partagé cette réflexion spirituelle de fond que Benoît XVI a évoqué le dossier œcuménique à proprement parler. C’est-à-dire les discussions entre catholiques et protestants visant à rétablir l’unité et la communion perdues.

Il en a d’abord situé les enjeux qui ne sont pas des détails en Allemagne où catholiques et protestants représentent chacun un tiers de la société. Premier défi: un «témoignage commun» dans un monde où «l’éthique est remplacée par le calcul des conséquences», appelant à «un engagement commun pour l’ethos chrétien», allant des «questions du diagnostic préimplantatoire jusqu’à l’euthanasie». Deuxième défi, une lutte commune contre de «nouvelles formes de christianisme» – sans les citer, il désignait les groupes évangéliques ou les sectes. Soit «un christianisme de faible densité institutionnelle, avec peu de bagage rationnel et encore moins de bagage dogmatique, et aussi avec peu de stabilité». Et enfin, «l’absence de Dieu dans notre société», implorant les protestants et les catholiques à «ne pas devenir modernes, moyennant une édulcoration de la foi».

Quant aux questions qui fâchent actuellement la communauté protestante allemande et qui posent des problèmes très concrets dans les familles dites mixtes, catholique et protestante, – par exemple le refus par l’Église de l’hospitalité eucharistique des protestants alors que ces derniers l’acceptent – Benoît XVI les a explicitement évitées alors que la présidente de l’Église protestante de la région, Katrin Göring Eckardt, et le président des protestants allemands, Nikolaus Schneider, avaient sollicité un pas en ce sens lors de leur rencontre vendredi matin.

En guise de réponse – les intéressés ne se sont pas dits choqués à l’issue mais plutôt «encouragés» – Benoît XVI a précisé qu’une «mauvaise compréhension» de l’œcuménisme consistait précisément à négocier pour parvenir à un «compromis». Or «la foi n’est pas quelque chose que nous concoctons ou déterminons. Elle est le fondement sur lequel nous vivons.» L’unité ne viendra pas en soupesant «avantages et désavantages» mais en avançant «plus profondément dans la foi».

Lefigaro.fr par Jean-Marie Guénois, envoyé spécial à Erfurt.

JMJ: prières pour le pape et les pèlerins

août 14, 2011

Le pape Benoît XVI a demandé aux catholiques de prier pour lui et les jeunes pèlerins qui participeront à partir de mardi et jusqu’au 21 août aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid. « Nos pensées vont vers les jeunes gens qui sont en train de se rassembler à Madrid pour les JMJ. Alors que je me prépare à les rejoindre, je vous demande de nous accompagner de vos prières pour que cet important événement soit fructueux sur le plan spirituel », a-t-il dit lors de son angélus depuis le balcon de sa résidence estivale de Castel Gandolfo près de Rome.

Un million de jeunes sont attendus autour du pape pour ces Journées mondiales de la jeunesse. L’Espagne, bastion traditionnel de l’Eglise catholique marqué par une forte sécularisation, accueille pour la deuxième fois cette grande manifestation, après les JMJ de 1989 à Saint-Jacques de Compostelle. Le pape arrivera jeudi pour sa deuxième visite dans le pays en moins d’un an, après celle à Barcelone et Compostelle en novembre.

Lefigaro.fr avec AFP