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France: Bernard Tapie, éternel « battant », vaincu par un cancer à 78 ans

octobre 3, 2021

Bernard Tapie, eternel "battant", vaincu par un cancer a 78 ans
Bernard Tapie, éternel « battant », vaincu par un cancer à 78 ans© AFP/Archives/GERARD JULIEN

L’ex-homme d’affaires, ministre, acteur, patron de presse et dirigeant de club Bernard Tapie, un temps érigé en symbole de la réussite sociale avant d’être rattrapé par les ennuis judiciaires, est mort dimanche à 78 ans d’un cancer dont il souffrait depuis 2017.

« Dominique Tapie et ses enfants ont l’infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8H40, des suites d’un cancer », ont écrit ses proches dans un communiqué envoyé à la Provence.

Tour à tour entrepreneur, chanteur, président de l’Olympique de Marseille, ministre, acteur ou encore patron de presse, il est décédé à son domicile parisien.

Sa famille a annoncé qu’il serait inhumé à Marseille, « sa ville de coeur ».

Marseille où des dizaines de supporters commençaient à se recueillir pour un hommage spontané devant le portrait en noir et blanc que l’OM a posé devant le Vélodrome à l’annonce du décès.

Un « combattant »

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont souligné « l’ambition, l’énergie et l’enthousiasme (qui) furent une source d’inspiration pour des générations de Français ».

Pour Didier Deschamps, champion d’Europe avec l’OM en 1993, Bernard Tapie était « un battant (…) dont le mental de fer déteignait sur ses joueurs ».

Outre sa « faconde légendaire », son côté « gouailleur mais tellement vrai », Jack Lang, retient la « générosité même » de ce « combattant permanent, inflexible, et intransigeant face au Front national ».

« Ses défauts étaient sans doute à la mesure de ses qualités », a témoigné sur franceinfo Eric de Montgolfier, procureur de Valenciennes lors de l’affaire VA-OM, qui s’est soldée par de la prison ferme. « Il avait quand même un sens du réel un peu particulier. Le réel, c’était ce qu’il avait décidé, ce qu’il voyait, ce qu’il voulait nous faire voir le plus souvent ».

Rue des Saint-Pères, au coeur de Paris, devant son hôtel particulier où il est décédé, des Parisiens, Marseillais viennent rendre hommage. Catherine, supportrice de l’OM, a déposé quelques fleurs. « J’avais besoin de venir ce matin, on s’y attendait mais ça fait quelque chose ».

Au sommet de la gloire et du succès dans les années 1980, la fin de sa vie a été rythmée par la maladie et des soucis judiciaires.

Né le 26 janvier 1943 à Paris dans une famille d’origine modeste, celui qui était connu pour ses coups de gueule et sa gouaille a d’abord été un patron flamboyant et admiré, spécialisé dans le rachat d’entreprises en difficulté, avant de rétrograder au rang d’entrepreneur sulfureux aux pratiques douteuses.

L’homme a aussi fait de la politique : élu député des Bouches-du-Rhône en 1989 sous la bannière de la majorité présidentielle de François Mitterrand, il a été conseiller régional, député européen et, pendant moins de deux mois, ministre de la Ville dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy (avril-mai 1992).

Grand amateur de sports, celui qui est parfois surnommé « Nanard » ou le le « boss », a créé en 1983 une équipe cycliste qui recrutera Bernard Hinault, avant de reprendre trois ans plus tard l’OM, qui devient en 1993 le premier – et toujours seul – club français à remporter la prestigieuse Coupe d’Europe des clubs champions.

165 jours de prison

C’est aussi à l’OM qu’éclate la première grande affaire qui le met en cause, celle du match truqué entre Marseille et Valenciennes, dite « VA-OM », pour laquelle il est condamné pour complicité de corruption et subornation de témoins et passe 165 jours en prison en 1997.

Il sera ensuite condamné dans d’autres dossiers qui aboutissent à sa mise en liquidation judiciaire et la perte de tous ses mandats.

Celui qui a eu sa marionnette aux Guignols de Canal + a également été animateur de télévision et fait l’acteur, au cinéma ou au théâtre.

Père de quatre enfants, il est devenu patron de presse en acquérant, en 2012, les derniers titres du groupe Hersant et en dirigeant depuis le groupe « La Provence ».

L’affaire Adidas

Très affaibli mais toujours combatif, Bernard Tapie comparaissait encore en mai dernier devant ses juges dans un des volets de « l’affaire de sa vie », son conflit financier de près de trente ans avec le Crédit Lyonnais autour de la revente de l’équipementier sportif Adidas.

La cour d’appel, saisie de l’arbitrage controversé rendu en 2008, depuis annulé au civil, qui lui avait octroyé 408 millions d’euros dans son litige avec le Crédit Lyonnais, devait se prononcer mercredi.

Son décès entraîne la fin des poursuites pénales contre lui, mais pas contre ses coprévenus, ni la fin des procédures civiles.

« Nous continuerons son combat avec son épouse et ses enfants », a prévenu son avocat, Me Maurice Lantourne.

En juin, Bernard Tapie a publié avec le journaliste Franz-Olivier Giesbert un livre en forme de testament, titré « Bernard Tapie. Leçons de vie, de mort et d’amour », où il revenait notamment sur la vente d’Adidas, la « plus grosse » des « conneries » de sa carrière.

Il y racontait son rapport à Dieu, son statut de quasi « ennemi public numéro 1 », après sa chute et la dépossession de ses biens, la privation de ses droits civiques ou son agression en avril dernier, à son domicile, lors d’un violent cambriolage nocturne.

Dimanche soir, les joueurs de l’OM ont arboré un brassard noir pour le match de championnat à Lille. Une photo de l’ancien dirigeant phocéen a été affichée durant quelques secondes sur les écrans géants, provoquant une salve d’applaudissements de la part des nombreux spectateurs marseillais.

« Un hommage spécifique » lui sera rendu cette semaine au stade Vélodrome, berceau de l’équipe de l’OM dont il fut président, avant des obsèques à la cathédrale de la Major, ont indiqué le maire de Marseille, Benoit Payant, et le club.

Par Le Point avec AFP

France: Bernard Tapie soigne son cancer à Marseille grâce à une machine unique

août 20, 2019

 

L’ancien homme d’affaires est soigné pour son double cancer à l’Institut Paoli-Calmettes grâce à une machine ultra-précise que l’on ne trouve que dans la cité phocéenne.

L’histoire d’amour se poursuit entre Marseille et Bernard Tapie. L’homme d’affaires et ancien président de l’OM, âgé de 76 ans, a expliqué dans une interview à La Provence, dont il est l’actionnaire, se faire soigner d’un double cancer de l’œsophage et de l’estomac à l’Institut Paoli-Calmettes, dans le 9e arrondissement de Marseille.

Le choix de cet établissement n’est pas le fruit du hasard : il est le seul en France à posséder une nouvelle technologie potentiellement capable de détruire ses cellules cancéreuses. La «chimiothérapie très dure» qu’il subit depuis le début de l’été pour détruire les métastases sur sa gorge et son œsophage n’est en effet possible que grâce à une machine ultra-précise que l’on ne trouve que dans la cité phocéenne. «Quand il (le professeur Spano, son médecin, NDLR) m’a dit que la seule en service était à Marseille, je me suis mis à pleurer», déclare-t-il à La Provence. «L’idée que tu vas avoir ta vie sauvée grâce à Marseille, quand tu vois ce que les Marseillais m’ont donné ces deux dernières années encore, ça m’a bouleversé», poursuit-il.

Dans une interview à RTL, la cancérologue Laurence Moureau-Zabotto, qui s’occupe du traitement de Bernard Tapie, précise que la technologie «unique» dont va profiter l’ancien ministre est «une machine de radiothérapie, couplée à une IRM. On fait le contour de la tumeur à traiter sur l’IRM et non sur un scanner ce qui, pour beaucoup de tumeurs, augmente la précision des traitements». «Il part battant, il est plein d’espoirs», poursuit-elle sur BFMTV.

«Marseille, ce n’est pas que l’OM»

Cette innovation coûte 9 millions d’euros et seuls 60 patients ont pu en bénéficier depuis sa mise en service à Marseille il y a environ six mois. Bernard Tapie entend bien faire connaître l’excellence médicale de Marseille, comme il le confie à La Provence : «J’ai été député de Marseille et je n’avais pas réalisé à quel point la ville excelle dans le domaine médical (…) Les gens ne se rendent pas compte de l’état d’avancement, de la compétence qu’il y a ici. Il y a à Marseille des labos que seuls des labos américains pourraient concurrencer. Cela doit se savoir! Marseille, ce n’est pas que l’OM, les quartiers Nord et des immeubles insalubres! Autant vous dire que ma passion pour Marseille, qui était déjà immense, l’est encore plus !», a-t-il confié.

En septembre 2017, la famille de l’homme d’affaires avait confirmé qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac. Âgé de 74 ans, il était alors soigné à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.

Le 9 juillet dernier, il a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris alors qu’il était jugé pour «escroquerie» et «détournement de fonds publics» dans l’affaire de l’arbitrage controversé qui l’oppose au Crédit Lyonnais. «Combattre une injustice m’a donné de la force. Maintenant, reconnaître qu’on n’avait pas tort m’a redonné de la force aussi», indique-t-il à Franceinfo. Et d’ajouter : «Le cancer, il ne faut jamais oublier que ce sont vos cellules malades qui combattent vos cellules saines. C’est un combat intérieur. Plus vous mettez de l’acharnement, de la volonté pour vous battre, plus vous donnez de la force à vos cellules saines».

Par Lefigaro.fr

Tapie: la justice rejette la demande de liquidation judiciaire de ses sociétés

juillet 5, 2018

L’ex-homme d’affaires et ancien ministre Bernard Tapie à Marseille, le 15 novembre 2013 / © AFP/Archives / Boris HORVAT

Le tribunal de commerce de Paris a rejeté jeudi la demande de liquidation judiciaire des sociétés de Bernard Tapie, condamné à rembourser 404 millions d’euros perçus en 2008 dans son litige avec le Crédit lyonnais, selon le jugement consulté par l’AFP.

Le tribunal se prononçait sur la requête du parquet de Paris, qui réclamait la liquidation judiciaire des holdings GBT (Groupe Bernard Tapie), propriétaire du groupe de médias La Provence, et de FIBT (Financière Immobilière Bernard Tapie).

Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet, en avril par la justice, du plan de sauvegarde qui étalait ce remboursement sur six ans. La cour d’appel avait fustigé un « défaut de financement », la procédure « ne prévoyant aucune cession d’actif » susceptible de fournir des liquidités pour rembourser les créances.

Jeudi, le tribunal ne s’est pas prononcé sur le nouveau plan de remboursement présenté par Bernard Tapie, mais s’est limité à constater « que l’état de cessation des paiements n’est pas démontré » pour les sociétés de l’ancien patron de l’Olympique de Marseille, affaibli à 75 ans par un cancer de l’estomac.

Le tribunal retient en effet que le rejet du plan initial, qu’il avait lui-même approuvé en juin 2017, « ne met pas fin à la procédure de sauvegarde et, qu’en conséquence les dettes nées antérieurement à l’ouverture de la procédure sont gelées tant que la procédure perdure ».

« En conséquence le tribunal rejettera la requête en conversion directe de la procédure de sauvegarde en procédure de liquidation », affirme la décision consultée par l’AFP.

Bernard Tapie s’est déclaré jeudi « extrêmement heureux » de cette décision, y voyant « une bonne nouvelle pour toutes les parties ».

« Surtout, je suis tellement heureux par rapport à La Provence », « un journal qui fait un travail incroyable et qui va pouvoir continuer à travailler dans la sérénité », s’est-il réjoui auprès de l’AFP.

L’ancien ministre a été définitivement condamné à rembourser à l’État les 404 millions reçus lors de l’arbitrage censé mettre un terme à son bras de fer avec le Crédit lyonnais sur la revente d’Adidas en 1994.

Mais l’homme d’affaires avait placé auparavant ses sociétés en procédure de sauvegarde, évitant ainsi toute saisie de ses biens.

Une partie de ces biens étaient déjà indisponibles, puisque saisis dans le volet pénal de ce dossier tentaculaire, qui vaut à Bernard Tapie d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « escroquerie » et « détournement de fonds publics ».

Le jugement du tribunal de commerce de juin 2017 ayant approuvé le plan de sauvegarde proposé par l’homme d’affaires fait lui-même l’objet d’une procédure pénale, depuis l’ouverture par le parquet de Paris d’une information judiciaire pour « escroquerie ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2018 16h55)

Bernard Tapie : «Je reviens en politique» pour faire barrage au FN

décembre 20, 2015

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Bernard Tapie veut repartir «au combat». Crédits photo : GERARD JULIEN/AFP

L’homme d’affaire et ancien ministre, toujours empêtré dans l’affaire de l’arbitrage Adidas, prépare un «plan» pour «interdire le chômage des jeunes», les plus nombreux à voter FN selon lui.

L’homme d’affaires et ancien ministre Bernard Tapie annonce qu’il a «décidé de revenir en politique» dans une interview au Journal du dimanche. «J’ai décidé de revenir en politique» vu le «signal d’alarme» du résultat des régionales, affirme Tapie, condamné jeudi 3 décembre à rembourser plus de 404 millions d’euros dans l’affaire de la cession d’Adidas.

Considérant que «le pire a été évité grâce au désistement des candidats socialistes, qu’il faut saluer», cet actionnaire du quotidien La Provence juge qu’«en faisant cela, on a, en quelque sorte, ‘cassé le thermomètre’ pour ne pas montrer qu’on avait de la fièvre», mais que cela ne durera pas «éternellement». «Or, personne ne peut contester mes succès passés face au FN, notamment aux européennes de 1994», plaide celui dont la liste Energie radicale avait obtenu plus de 12%.

Apocalypse

Pour cet ancien député des Bouches-du-Rhône, les politiques font actuellement «une erreur» en promettant «l’apocalypse si le FN arrive au pouvoir», car ceux qui votent pour ce parti ont «déjà, à tort ou à raison, le sentiment de la vivre». Il faut, dit-il, que les politiques «apportent des remèdes aux causes» des problèmes des électeurs FN, à commencer par le chômage, surtout «des jeunes, les plus nombreux à voter FN».

Clamant vouloir reprendre son «combat» en la matière, l’ex-ministre de la Ville «affirme qu’en capitalisant intelligemment tout ce qui est dépensé à tort et à travers, on aurait de quoi donner un travail à tous les jeunes qui le souhaitent et qui devront l’accepter», via notamment «des formations pour des métiers dont le marché du travail a besoin». Il dit vouloir «mettre sur pied, d’ici à fin janvier, un premier projet pour la remise en activité de tous les 18 à 25 ans» et remettre ce «plan aux chefs de groupe de l’Assemblée nationale, du Sénat, et aux ministères concernés». François Hollande et Manuel Valls pourraient-ils mettre en place un «plan Tapie»? «Bien sûr s’il est bon!», rétorque l’intéressé, notant qu’«ils ont demandé, à juste titre, l’union nationale sur ce sujet».

«Que les anciens Premiers ministres Raffarin et Ayrault se mettent à cogiter ensemble pour résoudre le problème, c’est sympathique, mais s’ils savaient comment résoudre le problème ils l’auraient fait lorsqu’ils étaient au pouvoir…», cingle Bernard Tapie. A la question de savoir s’il sera candidat à la présidentielle, Bernard Tapie réplique: «Chaque chose en son temps. La politique, ce n’est pas seulement être élu. La seule élection qui me faisait envie, c’était celle de la mairie de Marseille en 1995, pour laquelle on s’est dépêché de me rendre inéligible».

Lefigaro.fr

Affaire Tapie : Christine Lagarde renvoyée devant la Cour de justice de la République

décembre 17, 2015

 

L’ex-ministre des Finances et actuelle présidente du FMI va être jugée pour négligence pour son rôle joué dans l’arbitrage accordé à Bernard Tapie.

Lagarde

Christine Lagarde est renvoyée devant la Cour de justice de la République (CJR). © AFP/ PETRAS MALUKAS

Bernard Tapie confie qu’il a pensé à se suici­der

avril 27, 2015

Bernard Tapie

Bernard Tapie

« Évidemment j’y ai pensé »

Bernard Tapie, invité sur Europe 1 hier,  a confié qu’il avait déjà pensé au suicide.

Bernard Tapie a fait une révé­la­tion très intime au micro d’Europe 1, hier, alors qu’il était l’invité de Jean-Pierre Elkab­bach dans l’émis­sion du Grand Rendez-vous iTélé-Europe 1. L’homme d’affaire, pour­suivi par la justice depuis quelques années, a confié qu’il avait pensé à en finir…

Alors qu’il s’était déjà mis en colère dans les studios d’Europe 1 il y a peu, Bernard Tapie a cette fois répondu avec calme quelques mois après l’inva­li­da­tion par la cour d’appel de Paris, de l’arbi­trage qui en 2008 lui avait accordé 403 millions d’euros dans le cadre de son litige avec le Crédit lyon­nais. Au moment où le jour­na­liste lui demande : « Avez-vous déjà pensé au suicide ? », Bernard Tapie répond : « Evidem­ment, j’y ai pensé ». Et d’ajou­ter : « Vous savez, la chose qui pousse les gens au suicide dans ce genre d’affaires, c’est quand on nous donne la convic­tion qu’on fait souf­frir ceux qu’on aime ».

Car Bernard Tapie a souf­fert d’être le spec­ta­teur de la réac­tion de ses proches. « Je vois ma femme en train de subir une détresse incroyable », explique-t-il. Et s’il a a réussi à surmon­ter ses idées noires, c’est parce qu’il était bien entouré. « Après, les potes arrivent, prennent conscience du trau­ma­tisme. Les enfants, et puis celle qui compte le plus pour moi me rassurent. Elle m’a dit un truc incroyable. Pour me convaincre, elle m’a dit : « Donne-leur tout, on s’en va ». Elle a eu cette atti­tude que tous les hommes qui sont dans ma situa­tion ont envie d’avoir ».

Voici.fr par C D

Affaire Tapie: Christine Lagarde mise en examen en France

août 27, 2014

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a été mise en examen en France pour négligence dans l’affaire de l’arbitrage controversé, en 2008, en faveur de l’homme d’affaires Bernard Tapie et la banque Crédit Lyonnais. Elle exclut de démissionner.

Interrogée par l’AFP pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l’ancienne ministre française de l’Économie a répondu: « non ». « Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi », a-t-elle précisé.

Mme Lagarde a été entendue mardi par la Cour de justice de la République, seule instance judiciaire en France à enquêter et juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Romandie.com

France: l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde en garde à vue

juin 10, 2013

PARIS – L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde quand elle était ministre de l’Economie a été placé en garde à vue lundi à Paris dans le cadre de l’enquête sur l’arbitrage contesté ayant récemment conduit à l’audition de la patronne du FMI par la justice, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Stéphane Richard, actuel patron du groupe français de télécommunications Orange, doit livrer ses explications sur le rôle et la responsabilité du ministère dans la décision de recourir à un arbitrage pour régler un vieux contentieux entre l’homme d’affaires Bernard Tapie et la banque Crédit lyonnais.

L’ex-président du Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de solder le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi, a également été placé en garde à vue lundi, a-t-on précisé de même source.

L’arbitrage avait permis à Bernard Tapie d’obtenir en juillet 2008 403 millions d’euros d’indemnités. Les juges cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d’irrégularité et étudient en particulier le mode de désignation des arbitres.

Fin mai, l’un des trois juges du tribunal arbitral avait été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

L’ancien directeur de cabinet de Mme Lagarde devrait être entendu en détail sur le rôle du ministère de l’Economie et de la présidence française.

Orange a précisé que M. Richard restait le patron de l’opérateur pendant cette garde à vue.

M. Richard a affirmé à plusieurs reprises à l’AFP qu’il n’y avait eu ni ordre, ni instruction, ni pression particulière de l’Elysée pour aller à l’arbitrage. Mais il aurait soutenu le contraire au Canard Enchaîné évoquant, selon l’hebdomadaire satirique, une instruction transmise par le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, lors d’une réunion en 2007 avec lui-même et Jean-François Rocchi.

Lors de cette rencontre, Stéphane Richard a affirmé qu’il était apparu clairement que la solution de l’arbitrage était validée par le président de la République (Nicolas Sarkozy) qui n’en a jamais fait mystère.

Tout le monde était d’accord à l’époque, a dit M. Richard.

Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l’arbitrage et la décision de renoncer à en demander l’annulation, en invoquant sa volonté de mettre fin à une procédure longue et coûteuse.

Elle a démenti avoir agi sur ordre de l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui aurait voulu ainsi obtenir pour sa candidature à la présidentielle de 2007 le soutien de Bernard Tapie, ex-ministre de gauche dans les années 1990.

Entendue le 24 mai par les juges de la Cour de Justice de la République, la directrice générale du FMI a été placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de témoin et celui d’inculpé.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juin 2013 13h12)

Le FMI maintient sa confiance dans sa directrice générale

août 5, 2011

Christine Lagarde s’est engagée en arrivant à Washington à respecter les plus hautes normes éthiques afin de servir d’exemple à l’ensemble du personnel du FMI.

Les vingt-quatre administrateurs du FMI refusent de commenter l’affaire.

Par le biais d’un communiqué, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) s’est dit jeudi «confiant» dans la capacité de Christine Lagarde «à exercer ses responsabilités en qualité de directrice générale». Les vingt-quatre administrateurs du FMI estiment «qu’il ne serait pas approprié de commenter un dossier qui se trouve actuellement devant la justice française».

Pour autant, ils ne sont pas pris par surprise. Fin juin, ces hauts fonctionnaires, qui représentent les 187 pays membres du FMI, ont choisi Christine Lagarde par consensus en pleine connaissance de cause. Ils avaient été informés par les autorités françaises, ainsi que par l’intéressée elle-même, d’un risque de décision judiciaire potentiellement embarrassant. Paris avait cependant minimisé la probabilité de ce scénario. Et surtout, la France avait souligné qu’il n’était pas susceptible d’affecter la mission de Christine Lagarde si elle accédait au poste de directeur général.

Certains experts jugent que Christine Lagarde serait en droit d’invoquer une immunité diplomatique dans cette affaire puisqu’elle couvre des faits qui se sont produits en France. Dominique Strauss-Kahn en revanche, prédécesseur de Christine Lagarde, accusé dans l’État de New York de tentative de viol alors qu’il n’était pas dans l’exercice de ses fonctions, n’a pas pu arguer de ce privilège. Pour le moment, l’ancienne ministre ne semble pas avoir choisi cette voie puisque son avocat indique qu’elle se présentera aux convocations qui lui seront adressées.

Crise grecque

«Il aurait été préférable que l’affaire soit classée sans suite, mais ce n’est pas une catastrophe», nous confie un cadre du FMI. «Mme Lagarde n’aura pas besoin de passer beaucoup de temps à Paris pour cette affaire dans les prochains mois. De toute façon, nous avons vraiment dans l’immédiat tellement de dossiers plus graves à gérer avec la crise dans la zone euro…», poursuit cette source.

Vue de Washington, la gravité de la crise qui frappe la zone euro pose un plus grand problème de crédibilité pour Christine Lagarde que les soupçons qui portent sur son rôle dans l’affaire Tapie. En tant que ministre française de l’Économie, elle a participé à tous les plans élaborés depuis plus d’un an qui ont échoué à endiguer la contagion de la crise grecque.

Il reste que, pour l’image du FMI, il n’est pas bon que son nouveau directeur général, à peine installé, courre le risque d’être éventuellement mis en examen. Surtout dans le contexte de la démission ô combien embarrassante de Dominique Strauss-Kahn.

Christine Lagarde s’est engagée en arrivant à Washington à respecter les plus hautes normes éthiques afin de servir d’exemple à l’ensemble du personnel du FMI. Elle se doit de gérer cette affaire avec la plus grande transparence possible. Sa démarche vise donc à établir son innocence et non pas à éluder le problème.

Lefigaro.fr par Pierre-Yves Dugua