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Indonésie: le bilan du séisme monte à 131 morts, plus de 156.000 déplacés

août 8, 2018

Un homme transporte un réfrigérateur extirpé des ruines d’une boutique le 8 août 2018 à Bangsal, en Indonésie / © AFP / ADEK BERRY

Le bilan du violent séisme qui a frappé l’île indonésienne de Lombok est monté à 131 morts mercredi, alors que les autorités manquaient de nourriture, d’eau potable et d’aide médicale pour approvisionner quelque 156.000 habitants évacués dans des abris de fortune.

Des villageois apeurés ont abandonné leurs maisons pour se réfugier sous des tentes ou abris bâchés aménagés le long des routes ou dans des rizières sous la chaleur tropicale de l’archipel d’Asie du Sud-Est.

Certains campements manquent de nourriture pour les personnes qui y sont temporairement hébergées, tandis que d’autres déplacés souffrent de traumatismes psychologiques consécutifs au tremblement de terre de magnitude 6,9 dimanche. Il est survenu une semaine après un autre séisme qui a fait au moins 17 morts sur l’île volcanique prisée des touristes pour ses plages et ses sentiers de randonnées.

« Nous avons encore besoin d’aide pour le long terme, même après avoir reçu de l’aide de différents gouvernements » régionaux, a déclaré un porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nurgroho.

– « Phase critique » –

Des secouristes transportent le 8 août 2018 à Bangsal la dépouille d’une victime d’un séisme meurtrier en Indonésie / © AFP / ADEK BERRY

Le nombre de blessés graves atteint désormais 1.477, tandis que des dizaines de milliers de maisons ont été endommagées ou détruites, selon les autorités qui s’attendent à une nouvelle augmentation du bilan des victimes dans les jours à venir.

Les secours ont continué de déblayer les décombres à l’aide d’excavateurs. Des dizaines de milliers de maisons ont été endommagées, selon les autorités.

« Les corps commencent à sentir et nous pensons que certaines personnes ensevelies sont vivantes — c’est la raison pour laquelle nous sommes dans une phase critique », a souligné M. Sutopo.

La province des Petites îles de la Sonde occidentales (West Nusa Tenggara), où se trouve Lombok, manque cruellement de nourriture, de médicaments et de personnel médical dans les zones les plus affectées, a indiqué le gouverneur, Muhammad Zainul Majdi.

Indonésie: les sauveteurs tentent de retrouver des survivants / © AFP / Jonathan Klein

« Nos ressources humaines sont limitées. Il faut des auxiliaires médicaux dans les abris de fortune et d’autres doivent être mobiles », a-t-il déclaré à l’AFP.

« L’ampleur de ce tremblement de terre est énorme pour nous ici, c’est notre première expérience » de la sorte, a encore dit le gouverneur.

– « Détruits à presque 100% » –

« J’ai vu mon voisin mourir dans les décombres, il avait appelé à l’aide mais je n’ai pas pu le sauver car nous sommes partis en courant » au moment du séisme, a raconté Joriah, un rescapé.

Vue aérienne d’une foule attendant de quitter l’île indonésienne de Gili Trawangan, voisine de celle de Lombok, frappée dimanche par un séisme meurtrier, le 8 août 2018 / © @trufflejournal/AFP / Melissa DELPORT

Dans certaines parties de l’île d’une superficie de quelque 4.700 km2, des villages ont été presque entièrement détruits.

« Certains villages que nous avons visités sont détruits à presque 100%, toutes les maisons se sont effondrées, les routes sont fissurées et les ponts se sont écroulés », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Croix-Rouge indonésienne, Arifin Muhammad Hadi.

Mais de nombreux agriculteurs sont réticents à l’idée de quitter leurs maisons endommagées et d’abandonner leur cheptel.

« C’est une situation typique de victimes de tremblement de terre en Indonésie. Les habitants veulent rester près de leur source de revenus car ils ne peuvent pas venir dans des abris de fortune avec leur cheptel », a expliqué M. Hadi.

Recherches dans les décombres de bâtiments effondrés, le 8 août 2018 à Sigar Penjalin, en Indonésie, après le sésime meurtrier de dimanche sur l’île de Lombok / © AFP / SONNY TUMBELAKA

L’aide aux sinistrés s’organise, mais les équipes de secours éprouvent des difficultés à atteindre certaines zones en raison de routes endommagées par le séisme dans le nord et l’est de Lombok, territoires les plus proches de l’épicentre — loin des quartiers touristiques.

Trois avions militaires de transport Hercules remplis de nourritures, médicaments, couvertures, tentes et réservoirs d’eau sont arrivés à Lombok, selon l’armée.

Cependant, certains habitants évacués se sont plaints d’être abandonnés: « nous n’avons pas reçu la moindre aide, nous n’avons pas d’eau propre, donc quand nous voulons aller aux toilettes, nous utilisons l’eau d’une petite rivière proche », a raconté l’un d’eux, Multazam.

Par ailleurs, l’évacuation de touristes pour l’essentiel étrangers qui étaient sur les trois petites îles de Gili touchées par le séisme au large de la côte nord-ouest de Lombok est terminée, ont indiqué les autorités.

L’Indonésie, un archipel de 17.000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Ce pays est frappé par de nombreux séismes, mais contrairement aux deux survenus à Lombok, la plupart ne sont guère dangereux.

Romandie.com avec(©AFP / (08 août 2018 13h20)

De 90 à 180 morts: l’effroyable bilan d’un infirmier en Allemagne

août 28, 2017

Niels H, près de son avocate Ulrike Baumann, cache son visage avant l’ouverture de son procès à Oldenburg, le 26 février 2015 / © DPA/AFP/Archives / CARMEN JASPERSEN

Au moins 90 patients tués, peut-être même deux fois plus : la police allemande a dressé lundi le bilan de 12 années d’enquête sur un infirmier, Niels Högel, tueur prolifique et « exceptionnel » dans les annales de l’histoire nationale contemporaine.

Après « 134 exhumations, et plusieurs centaines de témoignages, on peut prouver au moins 90 meurtres et il y en a au moins autant qu’on ne peut pas prouver », a asséné devant la presse le chef de l’enquête, Arne Schmidt.

« Ce nombre est exceptionnel, unique, dans l’histoire de la République fédérale » d’Allemagne, a-t-il ajouté, annonçant que la commission d’enquête spéciale « Kardio » en charge du dossier avait désormais achevé son travail.

« Ce que nous avons pu apprendre est effrayant, cela dépasse tout ce que l’on aurait pu imaginer », a renchéri Johann Kühme, chef de la police d’Oldenbourg (nord).

Niels Högel a généralement tué des patients à l’aide de surdoses médicamenteuses injectées lorsqu’ils étaient en réanimation. Il n’avait pas de « préférences » d’âge ou de sexe pour ses victimes sinon qu’il « préférait les patients se trouvant dans un état très critique », a indiqué M. Schmidt.

L’infirmier avait déjà été condamné en 2015 à la perpétuité pour deux meurtres et quatre tentatives s’étant soldées par la mort des patients. A ces six affaires, les enquêteurs ont indiqué lundi avoir ajouté 84 nouveaux cas, portant donc à 90 le total des décès imputés à M. Högel, aujourd’hui âgé de 41 ans.

En juin 2016, lors d’un précédent bilan, les enquêteurs avaient établi la responsabilité du soignant dans 33 décès.

L’enquête avait été relancée en janvier 2014 car l’intéressé avait admis auprès d’un codétenu une cinquantaine d’homicides. Par la suite, il dira à un expert psychiatre avoir commis une trentaine de meurtres et une soixantaine de tentatives.

Cette affaire est cependant aussi celle des dysfonctionnements dans les deux cliniques où l’infirmier a pu opérer. Bien que les décès de patients avaient lieu le plus souvent alors que Niels Högel était de service, aucun mécanisme interne n’a donné l’alerte.

Selon les enquêteurs, « personne n’a voulu assumer ses responsabilités ».

Les cliniques de Delmenhorst et d’Oldenbourg sont dès lors visées par une enquête pour déterminer les responsabilités car « les meurtres auraient pu être empêchés », a lâché le chef de la police d’Oldenbourg.

– ‘Ennui

L’affaire avait éclaté à l’origine en 2005, lorsque l’infirmier avait été surpris par une collègue en train de faire une piqûre non prescrite à un patient dans la clinique de Delmenhorst, ce qui lui avait valu en 2008 sa première condamnation pour tentative de meurtre.

Alertée par la médiatisation de ce premier cas, une femme avait exprimé des doutes quant au décès de sa mère. Plusieurs corps avaient été exhumés et les enquêteurs avaient trouvé des traces de substances suspectes chez cinq d’entre eux, concluant dans trois cas à des injections mortelles et dans les deux autres à une « cause possible » de la mort.

Niels Högel a pour sa part expliqué qu’il pratiquait ces injections pour amener les patients au seuil de la mort, afin de démontrer sa capacité à les ramener à la vie. Seul mobile invoqué : « l’ennui ».

Toujours est-il qu’après 12 ans d’enquête, la liste définitive du nombre de victimes ne pourra sans doute jamais être établie. « Qui sait combien de crimes pourront encore être identifiés ? », a admis Thomas Sander, procureur à Oldenbourg.

« Le suspect n’arrive pas à se souvenir de chaque cas. Mais dans plus de 30 cas, il se souvenait des patients concrètement et de son comportement », a précisé la chef du parquet de cette ville, Daniela Schiereck-Bohlemann.

Des affaires similaires ont fait les grands titres de la presse allemande ces dernières années, sans pour autant atteindre l’ampleur des agissements de Niels Högel.

Surnommé « l’Ange de la mort », un autre infirmier, Stephan Letter, a été condamné en 2006 à la prison à perpétuité pour avoir tué 28 malades. Un an plus tôt, une infirmière du prestigieux hôpital de la Charité, à Berlin, avait été condamnée à la même peine pour le meurtre par surdose de cinq patients.

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2017 12h55)                

États-Unis: Donald Trump célèbre avec sa base les 100 jours d’une présidence controversée

avril 29, 2017

Donald Trump, le 28 avril 2017 à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump doit retrouver samedi ses plus fervents partisans lors d’un rassemblement aux allures de meeting de campagne en Pennsylvanie, pour célébrer les 100 premiers jours d’une présidence marquée par de nombreux revers.

Le 45e président des États-Unis, dont l’élection surprise face à Hillary Clinton a stupéfié la planète, peine à concrétiser ses promesses de campagne. Notamment la plus emblématique: abroger et remplacer « Obamacare », la loi sur l’assurance santé de son prédécesseur. Cette promesse s’est heurtée aux divisions de sa majorité républicaine au Congrès.

Le financement d’un mur frontalier avec le Mexique, promis à maintes reprises par Donald Trump, a dû être retiré cette semaine du projet fédéral de loi de finances pour éviter une crise budgétaire et une paralysie des services gouvernementaux.

Quant à sa grande réforme fiscale, dévoilée à la hâte cette semaine pour redorer le bilan des 100 jours et présentée par le président comme « probablement la plus grande baisse d’impôts de l’histoire », a été largement perçue comme un cadeau de plusieurs milliards de dollars aux Américains riches et qui ne fera qu’alourdir la dette du pays.

Depuis son entrée à la Maison-Blanche, il a signé des dizaines de décrets pour renverser les mesures de la présidence Obama sur l’industrie, l’environnement ou la limitation des forages pétroliers. Des efforts salués par les républicains.

Mais son décret le plus retentissant, visant à interdire l’entrée de ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, a été bloqué par deux fois par la justice.

Cela ne l’empêche pas de décrire son début de mandat comme un succès.

« Je pense que personne n’a fait ce que nous avons été capables de réaliser en 100 jours, nous sommes très heureux », a-t-il déclaré vendredi aux journalistes.

« Nous faisons beaucoup de choses », a-t-il ajouté tout en décrivant ce cap symbolique de 100 jours comme un « standard sans importance ».

Dans un message vidéo diffusé vendredi soir par la Maison-Blanche, M. Trump estime pourtant que « les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l’histoire de notre pays ».

Le milliardaire républicain de 70 ans a reconnu à plusieurs reprises que la fonction présidentielle était plus difficile qu’il ne l’imaginait.

Rhétorique de campagne –

« Je pense que personne n’a fait ce que nous avons été capables de réaliser en 100 jours, nous sommes très heureux », a-t-il déclaré vendredi aux journalistes.

« Nous faisons beaucoup de choses », a-t-il ajouté tout en décrivant ce cap symbolique de 100 jours comme un « standard sans importance ».

Dans un message vidéo diffusé vendredi soir par la Maison-Blanche, M. Trump estime pourtant que « les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l’histoire de notre pays ».

Le milliardaire républicain de 70 ans a reconnu à plusieurs reprises que la fonction présidentielle était plus difficile qu’il ne l’imaginait.

Comme pour échapper aux pressions du Bureau ovale, il a prévu de retrouver samedi soir des partisans à Harrisburg, en Pennsylvanie, l’un des États qui lui a permis de l’emporter en novembre.

Une façon aussi sans doute d’oublier, temporairement, les critiques sur son inexpérience et ses difficultés à inspirer respect et confiance, aussi bien aux Etats-Unis qu’à l’étranger.

Symbolique aussi car, au même moment, se tiendra à Washington le dîner de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche. Un rendez-vous traditionnel pour les présidents américains qu’il a décidé de boycotter, marquant ainsi son mépris des médias.

« Il ne s’agit pas seulement du dîner des correspondants », a défendu son porte-parole Sean Spicer. « Il s’agit d’une opportunité pour lui de s’adresser aux électeurs qui l’ont élu, de parler de ce qu’il a pu accomplir au cours des 100 premiers jours ».

A ce stade de sa présidence, M. Trump est le président américain le moins populaire de l’histoire moderne dans les sondages, même s’il bénéficie du soutien sans faille de sa base électorale.

Signaux inquiétants

L’opposition démocrate, elle, jubile et décrivait vendredi le début de son mandat comme un désastre, une période d’instabilité grandissante, d’échecs législatifs et de promesses non tenues.

« Budget: F. Création d’emplois: F. Assécher le marigot: F. Santé: F », a lancé la chef démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, reprenant les plus mauvaises notes du système scolaire américain.

Les républicains se félicitent de leur côté d’une victoire: la nomination du juge conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême des États-Unis.

Quelques signaux viennent cependant ternir l’enthousiasme dans le camp présidentiel. A commencer par l’annonce vendredi du chiffre de croissance de l’économie américaine le plus médiocre depuis trois ans, au premier trimestre 2017.

S’ajoute aussi le dossier des accusations d’ingérence russe pendant la campagne, qui empoisonne la présidence Trump. Le Congrès et le FBI ont lancé des enquêtes distinctes sur d’éventuelles collusions entre l’entourage du milliardaire et des responsables russes, démenties par le président américain.

La Maison-Blanche doit également faire face à une poussée de fièvre avec la Corée du Nord. Donald Trump a averti jeudi de la « possibilité » d’aboutir à un conflit majeur avec Pyongyang si le régime ne mettait pas un terme à ses programmes balistique et nucléaire.

Il mise sur la menace d’une intervention militaire et les pressions de la Chine pour faire plier le régime nord-coréen.

Des menaces jusqu’ici sans effet puisque la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir -raté- de missile balistique, provoquant une réaction outrée vendredi soir du président américain sur son compte Twitter.

Romandie.com avec(©AFP / 29 avril 2017 13h41)

 

Bombardement au Nigeria: le bilan pourrait atteindre 236 morts, selon un responsable local

janvier 21, 2017

Kano (Nigeria) – Jusqu’à 236 personnes auraient été tuées lorsque l’armée de l’air nigériane a bombardé accidentellement dans le nord-est du pays un camp de déplacés ayant fui les violences de Boko Haram, a affirmé samedi à l’AFP un responsable local.

Un précédent bilan de Médecins sans frontières (MSF) faisait état d’au moins 90 morts. Toutefois, selon MSF, qui opérait depuis peu dans le camp, plusieurs « rapports concordants » émanant de résidents et de dirigeants des communautés font état de 170 tués.

« D’après ce que les gens qui ont enterré les victimes mortes de leurs propres mains m’ont dit (…) ils ont enterré 234 morts. Plus tard, j’ai été informé que deux des blessés évacués à Maiduguri étaient décédés », a affirmé Babagana Malarima, président du gouvernement local de Kala-Balge.

Le responsable a raconté que mardi vers midi, « l’avion de chasse a tourné au-dessus de la ville puis il est parti. Quand il est revenu, il a largué deux bombes, la première près d’un puits de forage en construction pour les déplacés et la seconde dans un quartier très peuplé ».

« Les gens sont vraiment traumatisés qu’un avion de chasse appartenant à leur pays puisse faire cette erreur et les tuer ainsi dans leur propre pays. C’est vraiment malheureux », a déclaré M. Malarima.

Mardi, le bombardement a eu lieu alors que des humanitaires distribuaient de la nourriture à Rann, localité proche du Cameroun où près de 40.000 personnes ont trouvé refuge après avoir fui les violences du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Au moins six volontaires de la Croix-Rouge nigériane ont été tués et 13 blessés.

Le Nigeria a ouvert une enquête jeudi pour déterminer les circonstances de ce bombardement accidentel.

Aucun bilan officiel n’a jusque-là été avancé, mais le nombre de victimes est fréquemment sous estimé par les autorités au Nigeria, qu’il s’agisse de la guerre contre Boko Haram ou de catastrophes accidentelles.

« C’est malheureux, c’est une erreur (…) Cela n’arrivera plus jamais », a affirmé vendredi le chef d’état-major des armées, le général Tukur Yusuf Buratai, qui s’est rendu à Rann.

La décision de bombarder « était basée sur des renseignements selon lesquels des Boko Haram étaient arrivés dans la région », a-t-il affirmé.

Après le bombardement, un convoi de combattants de Boko Haram a profité du chaos pour mener un raid en pick-up et motos sur Rann mardi soir.

« Les soldats les ont repoussés, certains ont été tués et vous avez vu les cadavres et les armes récupérées », a commenté le général Buratai.

Cette attaque « montre qu’il y a une crédibilité dans les renseignements que nous recevons » faisant état de mouvements de combattants dans la zone de Kala-Balge, a-t-il ajouté.

L’insurrection menée depuis 2009 par les islamistes a fait 2,6 millions de déplacés à travers le Nigeria et dans les pays de la zone.

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2017 16h44)

Les Camerounais se plaignent d’être mal informés sur la catastrophe ferroviaire, dont le bilan s’alourdit

octobre 23, 2016

Près de 1 300 personnes étaient à bord de ce train de neuf voitures, auxquelles avaient été ajoutés huit wagons en raison de la paralysie du trafic routier.

L’accident, dont les causes sont toujours inconnues, s’est produit vendredi vers 11 heures, près de la gare d’Eseka, à environ 120 km à l’ouest de Yaoundé. Crédits : AFP
Le déraillement d’un train bondé au Cameroun, vendredi 21 octobre, a fait au moins 75 morts et entre 500 et 600 blessés, selon le dernier bilan de la police, le lendemain. « Mes sincères condoléances aux familles endeuillées suite au déraillement du train de la compagnie Camrail à Eseka », a écrit le président Paul Biya sur sa page Facebook, alors qu’il est en séjour à l’étranger. En mémoire des victimes, il a décrété le lundi 24 octobre comme journée de deuil national, mais ses compatriotes ont été surpris par son temps de réaction, cela lui a pris plus de 24 heures après le drame.

« J’ai demandé au gouvernement de fournir une aide totale pour les survivants, tandis que les enquêtes seront faites pour déterminer la cause du déraillement », a ajouté le président. Le train de la compagnie Camrail, dont l’actionnaire principal est le groupe français Bolloré, assurait la liaison entre Yaoundé et le port de Douala, les deux plus grandes villes du pays.

L’accident, dont les causes sont toujours inconnues, a d’abord été nié par le ministre des transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o, qui a parlé « d’information malveillante ». Il s’est produit vendredi vers 11 heures, heure locale, près de la gare d’Eseka, à environ 120 km à l’ouest de Yaoundé alors que le train roulait vers Douala. « Il y a eu un bruit sourd. J’ai regardé derrière moi et les wagons derrière nous ont quitté les rails et commencé à s’empiler les uns sur les autres. Il y avait beaucoup de fumée », a constaté un journaliste de l’agence de presse Reuters qui voyageait en tête du train. Joint par Le Monde Afrique, il poursuit :

« Les wagons de derrière ont fait des tonneaux tandis que le nôtre, tracté par une locomotive devenue folle, a fini par se stabiliser 5 kilomètres plus loin, dans un bosquet. »

Environ 1 300 personnes voyageaient à bord de ce train de neuf voitures, auxquelles avaient été ajoutés huit wagons afin d’embarquer plus de passagers, en raison de la paralysie du trafic routier. En effet, le même jour, l’effondrement d’une section de l’autoroute reliant Douala à Yaoundé a causé des perturbations.

Le Congolais Glenn Zao, installé à Yaoundé, était dans un des wagons suivants, lâché par la locomotive. Son témoignage a été recueilli par la journaliste Caroline Chauvet :

« Quelques kilomètres avant le lieu du drame, le train a commencé à fumer. Et puis il a ralenti. Après, tout d’un coup, il a accéléré, un truc de malade. La locomotive s’est détachée et a continué à rouler. Nous, notre wagon s’est retourné à une vitesse de mort. Et derrière c’était pire ».

Lire aussi :   Une victime française dans la catastrophe ferroviaire au Cameroun

Manque d’informations

« C’est à partir de 20 heures, soit environ 8 heures après ce drame, que des ambulances sont arrivées pour secourir les blessés », témoigne Laurent, proche d’une femme blessée dans l’accident, qui est parti chercher sa sœur sur les lieux du drame.

A Yaoundé, où les morts sont transférés, « nous avons reçu entre 60 et 70 corps à la gare ce matin, ainsi qu’une cinquantaine de blessés », a déclaré samedi à l’AFP sous couvert d’anonymat un responsable de la compagnie ferroviaire, la Camrail. « Il y a des Blancs, beaucoup de femmes et des bébés parmi les 29 corps que nous avons reçus », a expliqué un employé de la morgue de l’hôpital de Yaoundé sans pouvoir fournir de précisions sur les nationalités.

Depuis le 21 octobre au soir, les habitants du quartier Beedi, où se situe l’hôpital général, entendent les sirènes des ambulances retentir. La mobilisation des personnels de santé a été une bonne surprise pour les proches des victimes. « Le personnel [de l’hôpital général] a été très réactif et n’a pas parlé administratif, surtout pas d’argent, comme souvent, poursuit Laurent. Pour une fois, c’était uniquement l’état de santé du patient qui comptait, pas son portefeuille. »

Désormais, les Camerounais se plaignent du manque d’informations concernant les 1 300 passagers du train intercity 152 de la Camrail. « Personne n’a jamais pu nous expliquer pourquoi Bolloré Railways n’a jamais voulu informatiser son ticketing » se demande le blogueur Florian Nguimbis. Cependant, ils se félicitent de voir que certains hôpitaux, dont la Quintinie, ont publié une liste complète des personnes admises.

Interrogé par la télévision nationale vendredi, deux heures après le drame, le ministre des transports Edgar Alain Mebe Ngo’o a déclaré : « Je voudrais saisir cette occasion pour apporter un démenti catégorique à une information malveillante actuellement en circulation dans les réseaux sociaux et qui fait état d’un déraillement du train voyageur qui serait survenu ce jour ». L’ancien ministre de la défense a tenté de se reprendre quelques heures plus tard mais le mal était fait : plusieurs voix demandent désormais sa démission. Quant au président Paul Biya, il devrait revenir dans la capitale dimanche 23 octobre après une absence du pays d’un mois et d’une semaine. Il se trouvait dans une destination qui n’a pas été révélée.

Dans un communiqué envoyé de Paris par la société mère, le groupe Bolloré, Camrail dit coopérer avec les autorités camerounaises pour s’assurer que les blessés seront pris en charge, et les familles des victimes soutenues. La société ajoute qu’une enquête technique est en cours et promet que ses conclusions seront rendues publiques « dès qu’elles seront connues ».

Lemonde.fr avec AFP et Reuters

Le bilan s’alourdit encore en Haïti après le passage de Matthew

octobre 6, 2016

Plus de deux millions d’Américains ont été sommés d’évacuer le littoral atlantique à l’approche jeudi du dévastateur ouragan Matthew. La dévastatrice tempête a fait plus de 100 morts dans les Caraïbes et dévasté Haïti. Elle a également balayé les Bahamas.

Cent-huit personnes sont mortes en Haïti, selon un nouveau bilan communiqué jeudi par le ministre haïtien de l’Intérieur, François Anick Joseph. Le sud du pays restait essentiellement coupé des secours jeudi, 48 heures après que Matthew eut frappé de plein fouet. La dévastatrice dépression a fait 50 morts dans la seule commune de Roche-à-Bateau, dans le sud du pays, qui est complètement « dévasté », selon le député du département du sud, Ostin Pierre-Louis.

Quatre personnes ont par ailleurs trouvé la mort en République dominicaine. « La situation des principales villes est catastrophique », s’est inquiété le président par intérim, Jocelerme Privert.

Les vents et les pluies ont inondé près de 2000 maisons, endommagé dix écoles, détruit d’importantes surfaces agricoles, des entreprises, des routes et des ponts. Plus de 21’000 personnes ont été évacuées. La Suisse, par l’entremise de Caritas, de la Chaîne du Bonheur et de la Direction du développement de la coopération (DDC), ont décidé de fournir une aide d’urgence.

Très vulnérable aux aléas climatiques en raison de l’importante déforestation et peinant encore à se relever du séisme de 2010 qui avait fait plus de 200’000 morts, le pays le plus pauvre de la Caraïbe craint en outre la résurgence du choléra. Les élections présidentielle et législatives qui devaient se dérouler dimanche ont été repoussées.

La Floride tremble
L’ouragan devait s’abattre sur la Floride dans la nuit de jeudi à vendredi, selon le centre américain de surveillance des ouragans (NHC). Il est repassé en catégorie 4 à l’approche des côtes américaines, à un cran seulement de la catégorie la plus élevée de l’échelle Saffir-Simpson qui mesure ces phénomènes.. « C’est le plus puissant ouragan touchant cette zone depuis des décennies », selon le NHC.

Un plan d’urgence fédéral a été déclenché pour la Floride, ce qui permet de mobiliser davantage de ressources, a annoncé le président Barack Obama. Les parcs d’attractions Disney de cet Etat seront fermés vendredi, ce qui est extrêmement rare.

En Caroline du Sud, déjà frappée en 2015 par de graves inondations, plus d’un million de personnes vivant près des côtes ont reçu l’ordre de se réfugier dès mercredi à l’intérieur des terres. La Géorgie a elle aussi jeudi donné l’ordre d’évacuer six comtés situés sur son littoral, à l’est de l’autoroute I95, à l’approche de Matthew qui devrait frapper ses côtes samedi.

La puissance dévastatrice de Matthew balayait jeudi en fin d’après-midi le centre de l’archipel des Bahamas. Les aéroports ont été fermés, les bateaux de croisière touristique déroutés et les habitants sommés par les autorités de gagner les hauteurs des îles, par peur de la montée des eaux.

Romandie.com avec(ats / 06.10.2016 21h37)

Séisme en Italie: au moins 250 morts selon un nouveau bilan

août 25, 2016

Les secouristes continuaient de s’activer jeudi dans l’espoir de retrouver des survivants, plus de 24 heures après le séisme qui a frappé le centre de l’Italie et a fait au moins 250 morts. Matteo Renzi a promis que les villages ravagés seraient reconstruits.

Des responsables locaux ont estimé que le bilan n’était que provisoire et qu’il risquait de s’aggraver et dépasser celui du séisme qui avait touché la région de L’Aquila en 2009. Ce dernier avait fait plus de 300 morts.

Le séisme d’une magnitude de 6,2 a frappé le centre de la péninsule aux premières heures de la journée de mercredi alors que la population était endormie. Au lever du jour jeudi, les habitants de la région ont pu éprouver de nouvelles répliques, dont deux qui ont été signalées avec des intensités respectives de 5,4 et de 5,1.

Jeudi après-midi, une forte réplique de magnitude 4,3 a provoqué la chute de pierres et de débris du clocher de l’église Sainte-Augustine à Amatrice, et les secouristes ont couru se mettre à l’abri. La réplique, qui a provoqué la panique chez les rescapés, a fragilisé un peu plus la façade de l’église, la rendant dangereuse pour les sauveteurs qui s’activent dans la rue en contrebas.

Plus de 360 blessés
Au moins 365 personnes ont été blessées et évacuées vers des hôpitaux, selon une estimation de la protection civile italienne. Celle-ci a précisé que 5000 personnes, dont des policiers, des pompiers, des militaires ou des bénévoles, étaient mobilisées pour les opérations de secours.

La plupart des personnes tuées ou blessées étaient des touristes de passage, ce qui complique l’identification des corps. Un Espagnol, cinq Roumains et d’autres étrangers auraient notamment trouvé la mort.

Fillette récupérée vivante
Les secouristes ont travaillé à la lampe torche tout au long de la nuit pour retrouver des survivants. A Pescara del Tronto, une fillette a été sortie vivante des décombres sous lesquels elle a passé 17 heures. En revanche sa petite soeur a été retrouvée morte.

Des photos aériennes d’Amatrice, considéré comme l’un des plus beaux villages historiques d’Italie, montraient un spectacle de désolation et de bâtiments effondrés.

Reconstruction prévue
En soirée, le chef du gouvernement italien a promis que les villages ravagés seraient reconstruits et que des efforts seraient faits pour protéger davantage les bâtiments et infrastructures contre les catastrophes naturelles.

S’exprimant à la sortie d’un conseil des ministres consacré au séisme, il a appelé en appelant au renforcement des normes anti sismiques dans les régions à risque.

Certains experts s’interrogent en effet depuis des années sur l’insuffisance de la prévention dans un pays pourtant très exposé aux risques sismiques.

Nombreux touristes
Plus de 24 heures après le drame, des questions se posent aussi sur le pourquoi d’un bilan aussi lourd dans une zone relativement peu peuplée et composée uniquement de villages.

Interrogé mercredi sur ce point, Matteo Renzi a évoqué la présence de nombreux touristes à cette période de l’année. Amatrice s’apprêtait en outre à fêter ce week-end la 50e édition d’un festival dédié aux spaghetti all’amatriciana, une spécialité née dans ce village.

Les villages les plus durement touchés font partie de la région du Latium et des Marches, mais l’Ombrie voisine a également subi des dommages. Ces trois régions sont connues pour leur patrimoine architectural historique.

Les Italiens ont de leur côté commencé à se mobiliser. Plusieurs centres destinés à recueillir des dons, des vêtements ou des produits de première nécessité ont été ouverts à travers le pays, et notamment à Rome.

Romandie.com avec(ats / 25.08.2016 22h51)

RDC : les autorités défendent le bilan d’une opération antibanditisme contestée

juin 7, 2016

Kinshasa – Les autorités congolaises ont refusé mardi de donner le bilan officiel du nombre de personnes tuées lors d’une opération antibanditisme, ayant fait plusieurs dizaines de morts entre novembre 2013 et février 2014 selon l’ONU et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Nous ne pouvons, en aucun cas, brandir le nombre de morts au titre de trophée pour une opération réalisée avec professionnalisme, a déclaré le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab, lors de la présentation du rapport de cette opération Likofi (Coup de poing en lingala).

Cette opération, qui avait pour objectif de mettre au pas les Kuluna, les membres des bandes criminelles, a été émaillée de quelques accros, a-t-il concédé.

La cruauté des Kuluna n’a pas de commune mesure. Les Kuluna défient l’autorité de l’État, constituent une véritable menace à la paix sociale, sèment la désolation, a insisté le ministre.

Des policiers de la RDC ont abattu au moins 51 hommes jeunes et garçons et fait disparaître de force 33 autres dans le cadre de [cette] opération de police brutale, a déclaré à l’AFP Ida Sawyer, de l’ONG américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch.

Les autorités congolaises devraient veiller à ce que les principaux responsables des violences fassent l’objet d’une enquête (…) y compris le commandant de l’opération, le général Célestin Kanyama, a-t-elle ajouté.

Plusieurs familles se sont plaintes que leurs fils ont été enlevés par l’équipe du général Célestin Kanyama (à l’époque colonel) et ne sont jamais rentrés. Les familles continuent à les réclamer jusqu’aujourd’hui, a déclaré Dolly Ibefo, directeur de La voix des sans voix, l’une des principales ONG congolaises de défense des droits de l’Homme.

Un habitant de Kinshasa, Michel Soki, a témoigné auprès de l’AFP que son neveu a été abattu gratuitement le 22 novembre 2013, et son corps a disparu.

Il y a effectivement un problème d’insécurité à Kinshasa [mais] l’État ne peut pas tuer les gens sommairement, a-t-il dit.

Selon un rapport de l’ONU publié en octobre 2014, au moins 41 personnes ont été tuées ou ont disparu du fait de l’action de policiers lors de ce grand coup de filet contre la délinquance armée menée à Kinshasa.

La réaction de Kinshasa à ces chiffres a d’abord été d’expulser le chef du Bureau de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC, puis de crier au lynchage médiatique, avant de faire part de sa volonté de continuer d’enquêter pour s’assurer qu’aucune bavure policière commise pendant l’opération ne reste impunie.

Le gouvernement a chargé mardi la police de monter rapidement une nouvelle opération contre les gangs armés dans le strict respect des principes cardinaux de la nouvelle doctrine de la police de proximité, a annoncé M. Boshab.

Cette décision a été prise face à la résurgence des agressions dues aux Kuluna, face aux pleurs de la population, face aux chantages de quelques ONG financées par l’étranger, a-t-il expliqué.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2016 21h27)

Séisme au Japon : le bilan s’alourdit à 58 morts

avril 20, 2016

Dans le village de Minami-Aso (préfecture de Kumamoto), le 20 avril 2016.

Dans le village de Minami-Aso (préfecture de Kumamoto), le 20 avril 2016. JIJI PRESS / AFP
Onze personnes sont mortes des suites de la dégradation de leurs conditions de vie dans le sud-ouest du Japon, après la série de séismes dans lesquels avaient déjà péri 47 personnes, ont annoncé mercredi 20 avril les autorités. Au total, les secousses ont provoqué la mort d’au moins 58 personnes.

Selon la cellule de crise de la préfecture de Kumamoto – la plus touchée –, ces personnes ont succombé à différents symptômes (stress, troubles circulatoires, manque de sommeil, etc.), du fait des changements brutaux survenus à la suite des tremblements de terre incessants.

Plus de 600 secousses, dont deux extrêmement fortes, ont été ressenties entre jeudi 14 et mercredi 20 avril au matin dans la préfecture de Kumamoto où des milliers d’habitations ont été détruites.

Thrombose veineuse, manque de sommeil

Près de 100 000 personnes vivent depuis hors de leur logement, dans des conditions pénibles, dans des refuges ou dans leur voiture. Ont été signalés des cas (dont au moins un mortel) de thrombose veineuse, ou phlébite, dus à la position assise prolongée qui fait stagner le sang dans les membres inférieurs.

Les autorités locales ou des associations distribuent des dépliants d’information pour enseigner la conduite à tenir afin de minimiser les risques. Même le premier ministre, Shinzo Abe, a appelé à prévenir ce mal, surnommé aussi « syndrome de la classe économique », en référence aux vols long-courriers. Selon le quotidien Yomiuri Shimbun, quelque 20 personnes ont été traitées pour de tels symptômes dans cinq hôpitaux de Kumamoto.

Lire aussi :   Eau, vivres, évacuations : les urgences multiples après les séismes de Kyushu, au Japon

La peur qui saisit les personnes à chaque secousse et le manque de sommeil depuis des jours peuvent également être fatals, selon les autorités. Parmi les réfugiés figurent nombre de personnes âgées fragilisées.

Des disparitions similaires dites « morts liées aux conséquences d’un désastre » avaient également été constatées dans les jours, mois et années suivant le triple désastre du 11 mars (séisme, tsunami, accident nucléaire) en raison notamment des évacuations dans l’urgence, y compris de personnes hospitalisées, et de l’angoisse prolongée créée par une impossibilité de prévoir la suite.

 

Lemonde.fr

Equateur: au moins 233 morts dans le pire séisme en près de 40 ans

avril 17, 2016

Ajoute nouveau bilan

PORTOVIEJO (awp/afp) – Des équipes de secours tentaient dimanche de venir en aide aux rescapés coincés sous les décombres en Equateur, au lendemain d’un violent séisme de magnitude 7,8 ayant fait au moins 233 morts.

A Portoviejo (ouest), l’une des villes les plus touchées, des maisons détruites, un marché dévasté, des lampadaires au sol et des débris éparpillés sur les trottoirs témoignaient de l’ampleur de la secousse, la plus forte dans ce pays depuis 1979.

« C’était horrible, c’est la première fois que je ressens un séisme comme celui-ci, j’ai eu l’impression qu’il durait une minute et demi », a témoigné auprès de l’AFP Bibi Macontos, habitante de 57 ans.

« J’ai cru que ma maison allait s’effondrer », a-t-elle ajouté, encore sous le choc.

« Nous sommes sortis en vitesse dans la rue et nous avons vu que le marché couvert s’était effondré », a raconté à l’AFP Nelly, 73 ans, habitante d’Abdon Calderon, localité proche de Portoviejo, qui n’a pas souhaité fournir son nom de famille.

En larmes, elle a confié qu' »il y avait une personne coincée (sous les décombres, ndlr) qui criait pour demander de l’aide, mais après elle a arrêté de crier ».

« Les maisons se sont écroulées, les réverbères sont tombés, les gens sont complètement désespérés, il y a des gens enterrés sous les décombres », a relaté Miriam Santana, 40 ans, employée de maison à Manta (ouest), ville proche de l’épicentre.

Dimanche, le président Rafael Correa a annoncé un nouveau bilan provisoire de 233 morts, alors que de précédents chiffres officiels faisaient état de 77 morts et près de 600 blessés. L’état d’exception a été décrété.

En visite au Vatican, le dirigeant, qui a déploré « une tragédie d’ampleur » et annoncé une aide budgétaire d’urgence « d’environ 600 millions de dollars », atterrira directement à Manta à 18H30 (23H30 GMT).

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a annoncé l’activation du mécanisme européen de protection civile, pour aider le pays sud-américain.

Plus de 14.000 membres des forces de sécurité, 241 professionnels de santé et deux hôpitaux mobiles ont été dépêchés sur place, a dit le vice-président Jorge Glas, car « nous savons qu’il y a des citoyens sous les décombres qui doivent être secourus ». Des renforts arrivent de Colombie et du Mexique.

– 20 fois plus fort qu’au Japon –

Le séisme s’est produit à 18h58 (23h58 GMT) à 20 km de profondeur. La secousse d’une minute environ a été suivie d’une série de répliques, selon l’Institut de géophysique (IG).

Selon l’IG, il y a des « dégâts considérables dans la zone de l’épicentre » située dans la province de Manabi (sud-ouest) « et aussi dans des lieux éloignés comme la ville de Guayaquil (sud-ouest), le sud de Quito, San Miguel de los Bancos, Manta ».

La secousse a été ressentie dans le sud de la Colombie et au Pérou, apparemment sans faire de victimes.

La Direction générale de l’aviation civile a fermé l’aéroport de Manta (Manabi) en raison de « graves dégâts à la tour de contrôle ».

A Quito, Cristina Duran, 45 ans, s’est réfugiée sous l’encadrement d’une porte pour se protéger des vitres volant en éclats. « J’étais affolée et je voulais seulement que ça s’arrête », a-t-elle déclaré.

« Mon Dieu, c’est le séisme le plus long et le plus fort que j’aie jamais senti de toute ma vie. Durant un bon moment, j’ai eu le tournis (…) Je voulais sortir en courant dans la rue, mais je ne pouvais pas », a raconté à l’AFP Maria Torres, 60 ans.

A Guayaquil, où un pont et le toit d’un centre commercial se sont effondrés, des passagers sont sortis affolés de l’aéroport. « Des lampes sont tombées du plafond et les gens couraient terrorisés », a témoigné l’un d’eux, Luis Quimis, 30 ans.

Ces secousses interviennent peu après les tremblements de terre ayant secoué depuis jeudi le sud-ouest du Japon, avec au moins 41 morts et un millier de blessés.

Mais « il n’y a pas de relation de cause à effet entre les séismes en Equateur et au Japon », a déclaré David Rothery, professeur de géosciences planétaires à l’Open University britannique, soulignant toutefois que l’énergie totale du séisme « a probablement été 20 fois plus forte » en Equateur qu’au Japon.

« C’était comme la fin du monde », dit Miriam Santana.

Romandie.com avec(AWP / 17.04.2016 17h35)