Posts Tagged ‘Bingu wa Mutharika’

La présidente du Malawi reconnaÎt sa défaite et appelle au respect

mai 31, 2014

La présidente Joyce Banda a reconnu samedi sa défaite à la présidentielle du 20 mai. Elle a félicité l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mutharika, qui a gagné par 36,4% des voix, pour sa victoire dans une élection « serrée » et appelé ses compatriotes à respecter le verdict des urnes, malgré de graves irrégularités.

« Hier soir (vendredi) 30 mai 2014, la Commission électorale du Malawi a annoncé le résultat de la présidentielle. (…) Je saisis cette occasion pour féliciter sincèrement le président élu, le professeur Arthur Peter Mutharika (…) pour (sa) victoire dans une élection qui a été très serrée », a annoncé Joyce Banda, troisième avec 20,2% des suffrages, dans une déclaration radiodiffusée.

Les résultats donnent Peter Mutharika, frère de l’ancien président Bingu wa Mutharika décédé en 2012, gagnant devant le candidat du parti de l’ancien dictateur Kamazu Banda, Lazarus Chakwera qui obtient 27,8% des voix. Quant au taux de participation, il a atteint 70,8%.

Graves problèmes

La Haute Cour du Malawi avait exigé vendredi que la commission électorale proclame les résultats de la présidentielle avant minuit. Dans un jugement alambiqué rendu après 22h00, elle avait autorisé la commission à recompter les bulletins, rappelant que la loi exigeait que les résultats soient publiés dans les huit jours après la fin des opérations de vote.

Le scrutin du 20 mai s’était poursuivi dans certains endroits jusqu’au 22, en raison de graves problèmes d’organisation. Les huit jours légaux se sont donc achevés vendredi soir. « La loi est claire, il n’y a pas de prolongation » possible du délai pour recompter les résultats, a déclaré le juge Kenyatta Nyirenda.

La commission électorale avait annoncé qu’elle se donnerait un mois pour recompter les bulletins et se pencher sur les nombreuses réclamations. Cette décision avait fait suite à l’appel de la présidente Joyce Banda pour tenter d’annuler – en vain – un scrutin qu’elle jugeait entaché de fraudes massives, ainsi que du Parti du Congrès du Malawi de l’ancien dictateur Kamazu Banda.

Romandie.com

Présidentielle au Malawi: des heurts éclatent dans l’attente des résultats

mai 30, 2014
Présidentielle au Malawi: des heurts éclatent dans l'attente des résultats © AFP

Présidentielle au Malawi: des heurts éclatent dans l’attente des résultats © AFP

La tension est encore montée d’un cran vendredi au Malawi, des heurts éclatant à Mangochi (sud), dans l’attente des résultats de la présidentielle du 20 mai qui pourrait confier le pouvoir à l’adversaire de l’actuelle chef de l’État.

Joyce Banda, la présidente depuis 2012, a tenté de faire annuler le scrutin, dénonçant des fraudes, que l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mutharika devrait remporter avec 36% des voix, selon des résultats officieux.

Dans la petite ville de Mangochi, plusieurs dizaines de manifestants criant à la fraude ont érigé des barricades de pneus enflammés dans le township voisin, a indiqué la police. « Nous les avons dispersé avec des gaz lacrymogènes », a affirmé le porte-parole Rodrick Maida à l’AFP.

Selon le journaliste local Ayamba Kandodo, la police a aussi tiré des balles en caoutchouc. Des manifestants lui ont ensuite indiqué que l’un d’entre eux était mort, tué par la police. Le chef de la police municipale a démenti tout décès.

A Blantyre, la capitale économique, des policiers en tenue anti-émeute avaient été déployés sur plusieurs artères stratégiques dès l’aube.

L’entrée de la Haute Cour du Malawi était gardée par des policiers soumettant les visiteurs à un strict contrôle d’identité, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un juge doit dire avant la fin de la journée si les résultats du scrutin du 20 mai peuvent être annoncés immédiatement, malgré des irrégularités constatées dans une soixantaine de bureaux.

« C’est simple, nous respecterons l’ordre de la justice, quel qu’il soit », a annoncé jeudi soir le président de la commission électorale Maxon Mbendera.

Dans un spectaculaire revirement, il a aussi indiqué qu’il ne voyait pas d’objections à publier dès ce vendredi les résultats.

« Je peux aisément dire que cette élection a été libre et juste. Elle a été transparente, mais aussi crédible selon ma propre évaluation », a-t-il dit. « Est-ce que les gens ont exprimé leur volonté? Oui.  »

Il a répété que la commission avait « trouvé des anomalies » mais pas de nature à altérer le résultat, « les incidents » concernant « seulement 1,03% » du scrutin.

Le même Maxon Mbendera avait annoncé lundi que la commission électorale prendrait un mois s’il le fallait pour rouvrir toutes les urnes et recompter tous les bulletins, donnant gain de cause à Mme Banda qui dénonce des fraudes depuis une semaine.

Le camp Mutharika a en revanche hâte de voir sa victoire confirmée.

Mme Banda et M. Mutharika sont de vieux adversaires. Il est soupçonné d’avoir intrigué en 2012 au décès de son frère, le président Bingu wa Mutharika, pour prendre le pouvoir, qui devait revenir selon la Constitution à Mme Banda, alors vice-présidente. Il avait été inculpé de haute trahison.

Le scrutin présidentiel connaît depuis le début d’énormes ratés dans l’organisation et le dépouillement. La situation évolue rapidement, au rythme des recours, ordres et contre-ordres.

Jeuneafrique.com avec AFP

La présidente du Malawi, au bord de la défaite, annule les élections

mai 24, 2014

Blantyre (Malawi) – La présidente du Malawi, Joyce Banda, a annulé samedi l’élection présidentielle, en passe d’être gagnée par son principal rival Peter Mutharika, en invoquant de graves irrégularités dans le scrutin du 20 mai.

Au pouvoir depuis 2012, Mme Banda a déclaré à la radio que le scrutin de cette semaine était nul et non avenu et a annoncé un nouveau vote dans ce petit pays d’Afrique australe, désormais en pleine crise politique.

En tant que présidente, j’ai utilisé les pouvoirs que me confère la Constitution pour déclarer les élections nulles et non avenues, a-t-elle lancé.

Elle a affirmé qu’un nouveau scrutin devrait se tenir dans les 90 jours mais qu’elle ne serait cette fois pas candidate, afin de donner aux Malawites (une élection) libre et juste.

Elle a invoqué de graves irrégularités, affirmant notamment que des électeurs avaient voté plusieurs fois, que des urnes avaient été bourrées et que le système informatique de comptage des voix avait dysfonctionné.

Selon les partisans de la présidente, son principal rival Peter Mutharika serait derrière les irrégularités de ce scrutin, à l’organisation notoirement chaotique.

Ce coup de théâtre intervient quelques heures après l’annonce par la commission électorale que Mme Banda était sérieusement distancée, selon des résultats partiels portant sur plus de 30% des suffrages, avec 23% des voix pour elle contre 42% à M. Mutharika, frère du président Bingu wa Mutharika au pouvoir de 2004 à 2012.

Mais sa formation, le Parti du peuple (PP), avait assuré dans la foulée qu’elle n’avait pas l’intention de reconnaître sa défaite.

Pourquoi reconnaître une défaite quand les anomalies n’ont pas été corrigées’, a déclaré à l’AFP Kenneth Msonda, un porte-parole du parti. Nous avons gagné l’élection, a-t-il assuré, réclamant que les opérations de la commission électorale soient arrêtées jusqu’à ce que toutes les anomalies soient corrigées.

Cependant, le président de la commission électorale, Maxon Mbendera, a affirmé que malgré des problèmes dans le comptage électronique des votes, l’élection était valide et que le comptage se poursuivait manuellement. Pour lui, l’attitude de Mme Banda s’explique par le désespoir.

Vice-présidente en titre bien que brouillée avec Bingu wa Mutharika, Joyce Banda avait hérité en 2012, à la mort de celui-ci, du fauteuil présidentiel sans élection, conformément à la Constitution.

Frère du président défunt, l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mutharika avait alors tenté de l’écarter pour confisquer le pouvoir à son profit. Une enquête ordonnée par Mme Banda a conclu à des manœuvres passibles d’une condamnation pour haute trahison.

La Haute Cour du Malawi avait autorisé jeudi la publication des résultats partiels des élections présidentielle et législatives de mardi, rejetant une requête du parti de Mme Banda qui estimait que les chiffres qui remontent des centres régionaux ne correspondent pas au nombre d’électeurs des différents bureaux de vote parce le système a été piraté.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2014 14h35)

Malawi/corruption: la présidente Joyce Banda limoge son gouvernement

octobre 10, 2013

BLANTYRE (Malawi) – La présidente du Malawi, Joyce Banda, a limogé jeudi les 25 membres de son gouvernement, après la révélation d’une affaire de malversation éclaboussant des fonctionnaires au sommet de l’Etat.

Les affaires ministérielles seront gérées par la présidente en attentant la nomination d’un nouveau gouvernement en temps voulu, a indiqué la présidence dans un communiqué.

Les services du Trésor et de la présidence ont été secoués cette année par une série de scandales financiers portant sur des millions de dollars.

Mme Banda, qui a accédé au pouvoir l’année dernière après le brusque décès de son prédécesseur Bingu wa Mutharika, était soumise à des pressions croissantes pour qu’elle limoge le ministre des Finances et d’autres hauts responsables du gouvernement.

Dix fonctionnaires des services de la présidence et du Trésor viennent d’être arrêtés pour malversations.

Un fonctionnaire a notamment pu détourner un milliard de kwacha (3 millions de dollars) reversé sur une société fantôme, selon le Bureau anti-corruption, et un jeune employé, gagnant un salaire mensuel de 100 dollars, a été retrouvé en possession de 25.000 dollars en liquide lors d’une perquisition de la police à son domicile.

Romandie.com avec (©AFP / 10 octobre 2013 21h42)

Le Malawi vend son jet présidentiel

janvier 28, 2013
A vendre: jet présidentiel, 15 ans. Parfait état de vol. 10 millions d’euros. Contacter le Malawi pour plus de détails. Afin de faire des économies et récupérer des devises, le Malawi a annoncé aujourd’hui la mise en vente par appel d’offres du jet présidentiel de la chef d’Etat Joyce Banda.  « Le gouvernement du Malawi a décidé de vendre le jet en l’état à toute personne ou société intéressée », a déclaré la présidence dans un avis d’appel d’offres.

Le Dassault Falcon 900EX, construit en 1998 et qui a une capacité de 14 passagers, est en « parfait état de vol », est-il précisé. L’appel d’offres sera lancé le 20 février. Le jet était devenu un symbole de l’autocratie et des dérives de l’ancien président Bingu wa Mutharika, décédé en avril. L’achat de l’avion il y a cinq ans avait fait scandale dans un pays où 40% des 13 millions d’habitants vivent avec moins d’un dollar par jour.

A l’époque, Mutharika avait assuré que l’appareil était « peu onéreux », alors même que son pays dépend de l’aide internationale pour la moitié de son budget. Après cet achat, la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale et principal donateur du Malawi, avait réduit de 3 millions de livres son aide.

Lorsqu’elle a succédé à Mutharika, la présidente Joyce Banda avait promis de vendre le jet dans le cadre de baisses des dépenses gouvernementales.
 
Lefigaro.fr avec AFP

Malawi: le président Mutharika enterré dans son mausolée personnel

avril 23, 2012

Le Malawi rend un dernier hommage à son président Bingu wa Mutharika, inhumé en présence de personnalités de la région dans un imposant mausolée construit dans sa propriété dans le sud du pays et nommé le « Taj Mahal » par la presse locale.

Mutharika a été terrassé par une crise cardiaque le 5 avril à l’âge de 78 ans.

L’ancien chef de l’Etat devait être enterré aux côtés de sa première épouse Ethel en présence de la nouvelle présidente malawite, Joyce Banda, et de ses homologues de Namibie, du Kenya, de Tanzanie et du Zimbabwe.

Des milliers de Malawites se sont rendus aux funérailles par tous les moyens possible à pied, à vélo, en voiture ou en camion.

Fackson Moya, 48 ans, a marché lui sur 10 kilomètres depuis son village pour assister à la cérémonie. « Cela vaut la peine de faire à pied cette distance, pour venir dire au revoir à notre héros qui a fait cesser la faim au Malawi », a-t-il expliqué.

Il faisait ainsi référence à la généreuse politique de subventions agricoles du défunt président, dont il a bénéficié. Il dit que sa femme, ses trois enfants et lui n’ont plus connu la faim depuis l’arrivée au pouvoir de Mutharika, en 2004.

Enelesi Kabichi, 56 ans, a expliqué qu’elle avait entendu parler de la « grande maison », désignant le mausolée de marbre blanc.

« Cette fois je voulais venir voir ce bâtiment blanc où le président va reposer. C’est quelque chose de nouveau dans notre culture qu’une maison soit construite pour une personne morte », a-t-elle noté.

– Un mausolée « Monument national » –

Bingu wa Mutharika entendait faire de son mausolée personnel « un monument national devant être visité par les Malawites, comme faisant partie de l’héritage national ».

« Il s’était fait de la place pour lui-même dans ce mausolée », qu’il a baptisé Mpumulo wa Bata (repos en paix) a commenté le ministre des Collectivités locales, Henry Mussa. « Le mausolée sera un musée, en fin de compte.  »

Le président Mutharika avait également édifié un mausolée à son dictateur de prédécesseur Hastings Banda — homonyme de la nouvelle présidente malawite — décédé en 1997 à l’âge de 99 ans, dans la capitale Lilongwe.

Avant la cérémonie de lundi, le corps de Mutharika, embaumé en Afrique du Sud, avait été exposé à Lilongwe, dans la capitale économique Blantyre (sud), à Mzuzu, la grande ville du nord du pays, où il a attiré des milliers de personnes venus lui rendre un dernier hommage.

Sa mort a soulevé des réactions contrastées, beaucoup de ses concitoyens le rendant largement responsable de l’effondrement de l’économie du pays et critiquant une dérive autoritaire, tandis que d’autres préfèrent se souvenir des succès de son premier mandat.

Sa vice-présidente Joyce Banda lui a succédé conformément à la Constitution, quand bien même le clan présidentiel a un temps cherché à l’écarter, car elle était passée à l’opposition. Tout en appelant à la réconciliation et en invitant le pays à prendre le deuil, elle a déjà fait tomber quelques têtes parmi les fidèles de Mutharika (à la tête de la radio-télévision nationale et de la banque centrale, notamment).

Lundi, jour des funérailles, a été déclaré jour férié au Malawi.

Jeuneafrique.com avec AFP

Malawi : la nouvelle présidente Joyce Banda face au défi des réformes économiques

avril 9, 2012

À 61 ans, Joyce Banda est la nouvelle présidente du Malawi et  la première femme chef d’Etat en Afrique australe. Une avancée démocratique qui  ne  doit pas faire oublier les grands défis qu’elle doit relever :  relancer  l’économie et réconcilier le pays avec les donateurs.

Quelques  heures après l’annonce de la mort du président Bingu wa Mutharika, Joyce  Banda, 61 ans, a été investie, samedi 7 avril. La nouvelle présidente du Malawi prend les rênes d’un pays marqué par la dérive  autocratique du président défunt et par la débâcle économique.

Bingu wa Mutharika avait exclu Joyce Banda de son parti en 2010, lorsque  cette dernière s’était opposée à ce que Peter, le frère du président, hérite du  pouvoir. Elle avait alors fondé son propre parti, et s’était érigée en ferme  opposante. Dès son investiture, la nouvelle présidente a alors appelé à l’union  et à la réconciliation, en dépit des tentatives des proches de Mutharika de  l’écarter de la fonction.

« Cela a contribué à enraciner et consolider une culture démocratique dans le  pays, et c’est une bouffée d’air frais sur notre continent africain, où les  transitions sans heurts sont rares », a écrit le Sunday Times malawite  dans édition du 8 avril. « Nous pouvons maintenant (…) nous concentrer sur la  tâche immense de guérison et de réparation de l’indéniable chaos dans lequel est  enferré notre pays », a souligné le quotidien The Nation.

Dépendance au tabac

Les lignes directrices du programme du parti de Joyce Banda, qui n’a pas de  majorité, concernent les appels pour des investissements privés, la relance de  l’agriculture commerciale et la diversification des exportations, qui dépendent  trop du tabac.

Pour Undule Mwakasungula, président du Comité consultatif pour les droits de  l’homme, « il est important qu’elle lance rapidement des réformes politiques et  économiques ». « Toute l’économie est par terre parce que les bailleurs de fonds  sont partis. Je pense que, pour commencer, la présidente Joyce Banda doit  regagner la confiance des donateurs », a-t-il ajouté.

Une confiance qui, en effet, a été malmenée par l’ancien président.  Économiste de formation, il avait réussi, au début de son premier mandat, a  mettre fin à une terrible famine en instaurant une politique de financement des  petits agriculteurs. Un choix qui a malgré tout fini par assécher les finances  de l’État, déjà affaiblies par une baisse du prix du tabac. Privé des devises  nécessaires pour importer du carburant, le Malawi s’est retrouvé confronté à des  pénuries chroniques qui ont fragilisé encore un peu plus son économie.

À cela s’ajoutent les dérives autocratiques du président défunt qui ont  contribué à brouiller le pays avec les bailleurs de fonds, les conduisant, in fine, à suspendre leur aide. C’est pourquoi la communauté  internationale, qui n’a pas encore ouvert son portefeuille, n’a pas manqué de  saluer l’arrivée au pouvoir de Joyce Banda, tout en soulignant le caractère  pacifique de la transition.

Jeuneafrique.com avec AFP

Bingu wa Mutharika est décédé ou la dérive autoritaire du président du Malawi usé par le pouvoir

avril 6, 2012

Le président du Malawi Bingu wa Mutharika, décédé vendredi à  l’âge de 78 ans, fut d’abord loué pour sa lutte anti-corruption et son action  efficace contre la famine, avant d’être fustigé pour la dérive autoritaire et  brutale de son régime après huit ans de pouvoir.

Cet économiste, ayant travaillé pour plusieurs organisations internationales  dont la Banque mondiale, avait accordé un entretien à l’AFP le 18 juillet 2011,  deux jours avant le déclenchement d’émeutes meurtrières dans les grandes villes  du pays.

« Je suis une personne très ouverte.  Je consulte tout le monde », disait de  lui-même ce fervent catholique, père de quatre enfants.  « Mais il faut aussi de  la discipline.  Aucune nation sur cette terre ne peut fonctionner sans  discipline (. . . ) La dictature n’est pas dans ma nature.  Je suis un démocrate  pur et dur.  »

Beaucoup, pourtant, on fait l’expérience de sa rigidité face à la  contestation.  En juillet 2011, des manifestations populaires tournent à  l’affrontement et au pillage.  La police tire à balles réelles: 19 morts.

En mars cette année, un comité d’opposants et personnalités de la société  civile appelle à la démission du chef de l’Etat, dénonçant sa dérive autoritaire  et sa mauvaise gestion économique.

Interdits de rassemblement par le pouvoir, les opposants doivent trouver  refuge dans une église pour échapper à la police.

« Je tiens à informer le Malawi que Bingu ne démissionnera pas d’ici 2014 »,  leur répond publiquement M.  Mutharika, en ajoutant: « Bingu ne lâche pas  l’affaire, il est responsable et ne déserte pas même si les choses deviennent  difficiles.  »

Fils d’un directeur d’école, né dans un village du district de Thyolo (sud)  perdu dans des plantations de thé, M.  Mutharika avait débuté sa carrière  politique en luttant contre la dictature de Hastings Kamuzu Banda (1964-1994).

Il co-fonda dans la clandestinité un mouvement pro-démocratie, le Front  démocratique uni (UDF), qu’il quitta ensuite en 1999.

Ses loyautés à géométrie variable ont d’ailleurs été souvent considérées  comme des trahisons par ceux qui en furent les victimes.  Choisi à la fin des  années 1990 pour succéder au président Bakili Muluzi, Mutharika préféra fonder  son propre parti pour défier son mentor, avant de le faire poursuivre en justice  pour corruption.

Elu une première fois président en 2004, il s’est targué d’avoir « éliminé la  faim au Malawi », après une terrible famine en 2005.  Et son programme en faveur  des agriculteurs locaux lui a valu une réélection facile en 2009, avec 66% des  voix.

Mais, à peine réélu, il a fait exclure du parti au pouvoir sa populaire  vice-présidente Joyce Banda, et voulait installer son propre frère, Peter, dans  le fauteuil présidentiel en 2014, la Constitution lui interdisant de briguer un  troisième mandat.

De son bilan depuis 2009, ses détracteurs retiennent surtout qu’il a fait  fuir les donateurs internationaux par sa mauvaise gestion, provoqué une pénurie  chronique de carburant dans le pays et fait reculer les libertés fondamentales.

De fait, au début de son second mandat, le chef de l’Etat a fait adopter des  lois limitant la liberté de la presse, la possibilité de poursuivre  l’administration en justice, et le droit de manifestation.  « Il est en train de  se transformer en dictateur », disait de lui récemment Friday Jumbe, un leader de  l’opposition.

M.  Mutharika affirmait après les violences de juillet 2011 vouloir discuter  avec l’opposition, tout en désignant « Satan » comme le responsable des émeutes.   Il était pourtant fondamentalement fier de son oeuvre à la tête du petit pays  d’Afrique australe, l’un des plus pauvres du monde: « Le Malawi est une +success  story+ (un succès) », affirmait-il, soulignant les années de forte croissance que  vient de connaître le pays.

« Si vous étiez là il y a sept ou dix ans, vous constateriez maintenant, vous  voyez que les choses changent, que le développement progresse », proclamait-il  quelques semaines encore avant sa mort.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président du Malawi dans le coma après un arrêt cardiaque

avril 5, 2012

Le président malawite Bingu wa Mutharika, 78 ans, a été transporté à l’hôpital  inconscient jeudi, après avoir été victime d’un arrêt cardiaque, a-t-on appris  de source hospitalière.

«Il a eu un arrêt cardiaque, il est toujours inconscient, depuis 9 heures du  matin», a indiqué un responsable de l’hôpital de la capitale  Lilongwe, sous couvert de l’anonymat.

Président depuis 2004, très confortablement réélu en 2009, Bingu wa Mutharika est un  économiste de formation qui a travaillé pour plusieurs organisations  internationales dont la Banque mondiale.

Son pouvoir était de plus en plus contesté ces derniers mois, sur fond de  pénuries chroniques, notamment de carburant et de devises étrangères, et alors  que de nombreux opposants et donateurs étrangers ont critiqué une dérive  autoritaire.

Des manifestations de la société civile avaient dégénéré et tourné à l’émeute  en juillet 2011. Dix-neuf personnes avaient alors été tuées par la police.

Le principal mouvement d’opposition, le Comité pour les affaires publiques  (PAC), qui regroupe des figures de l’opposition et des religieux, avait appelé  en mars le président à démissionner ou à remettre son mandat en jeu lors d’un  référendum. Harcelé par la police, le groupe avait dû se réfugier dans une  église, où les forces de l’ordres ne pouvaient intervenir.

Bingu wa Mutharika leur avait adressé une fin de non-recevoir.

Liberation. fr avec AFP

Malawi: le président fait venir l’armée

juillet 21, 2011

Le président du Malawi Bingu wa Mutharika a affirmé qu’il ne quitterait pas le pouvoir et a fait déployer l’armée dans sa capitale Lilongwe aujourd’hui, au lendemain d’émeutes anti-gouvernementales qui ont fait sept morts, selon l’opposition.

« Je continuerai à gouverner le pays », a déclaré le chef de l’Etat dans une allocution à la radio. « Comme la constitution le prévoit, l’autorité pour diriger le gouvernement est entre mes mains et entre celles de personne d’autre ».

Jeudi à la mi-journée, 2.000 personnes environ étaient de nouveau rassemblées à Lilongwe, et autant à Blantyre, la capitale économique du pays. Les magasins étaient fermés, et l’on craignait de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

Le Malawi, l’un des pays les plus pauvres du monde, souffre d’une pénurie de carburant depuis que le gouvernement, en juin,a pioché dans les réserves de change pour payer des importations.

L’opposition entendait protester mercredi contre l’autoritarisme et la mauvaise gouvernance économique du président Mutharika. Mais les manifestations ont dégénéré en scènes de pillages et en affrontement avec les forces de l’ordre.

« Le Malawi est bien gouverné »

« Le Malawi est bien gouverné », a clamé M. Mutharika dans son allocution à la radio: « Le manque de réserves de change ou la pénurie de carburant ne peut pas être considéré comme le signe d’une mauvaise gouvernance ou d’un échec de l’Etat ».

L’homme fort du Malawi a par ailleurs ouvert une porte au dialogue. « Je suis prêt à rencontrer l’opposition et la société civile. Si vous avez des questions, parlons. Mais vous ne devriez pas laisser les gens piller et saccager les magasins.

Ce sera néfaste pour notre développement », a lancé le président à l’adresse de l’opposition.Le chef de l’Etat n’a pas confirmé le nombre de morts de la veille, se contentant dedéclarer: « J’ai entendu dire que des gens avaient perdu la vie ».

Selon un militant des droits de l’homme qui se trouvait jeudi matin à la morgue de l’hôpital de la ville de Mzuzu (nord), sept personnes ont été tuées par balles lorsque la police a ouvert le feu sur des émeutiers qui tentaient de piller des magasins.

La police n’a pas confirmé les sept décès, mais les responsables de l’hôpital ont affirmé à M. Mkandawire que les corps portaient bien des traces de balles.

Selon lui, les victimes ont été tuées lorsque la police a tiré sur une foule qui s’attaquait à des magasins appartenant à des Chinois et à des bureaux du Parti progressiste démocratique, le parti président Mutharika.

Jusqu’à 40% des recettes de l’Etat du Malawi, l’un des pays les plus pauvres du monde, proviennent de l’aide internationale, mais l’opposition accuse le président de faire fuir cette aide en raison de son « arrogance » et de sa mauvaise gestion.

Le dernier incident en date remonte à la semaine dernière, lorsque la Grande-Bretagne a annoncé le gel de son aide financière (19 millions de livres, soit 21,7 millions d’euros, en 2010).

Londres a notamment accusé le gouvernement malawite de réprimer les manifestations, d’intimider les organisations de la société civile et de légiférer pour bâillonner l’opposition.

Lefigaro.fr avec AFP