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Quatre conflits dans le monde dont personne ne parle

octobre 6, 2017

Alors que le prix Nobel de la paix 2017 est connu ce 6 octobre, La Croix s’intéresse à la multitude de conflits « oubliés » qui ont cours sur tous les continents. Quelles sont les particularités de ces conflits ? Pourquoi leur résolution est-elle si complexe ?

Le Mozambique, le Congo, la Nouvelle-Guinée et la Birmanie sont en proie depuis des années à de violents affrontements.

À Bahreïn, dans le village de Diraz, des manifestants fuient les tirs de la police.

À Bahreïn, dans le village de Diraz, des manifestants fuient les tirs de la police. / Andrea Bruce/andrea bruce / NOOR

Au Mozambique, un conflit continu

L’ancienne rébellion de la guerre civile mozambicaine (1976-1992, un million de morts), la Renamo (Résistance nationale mozambicaine), a repris le maquis dans le centre du pays en 2012. Elle exige un plus grand partage des richesses et du pouvoir alors que la Frelimo (Front de libération du Mozambique) dirige le Mozambique depuis l’indépendance en 1975. Plusieurs trêves ont été signées entre les deux camps mais les tensions et les conflits armés resurgissent régulièrement, comme à l’été 2015.

Ce conflit a une coloration nettement sociale, opposant les inclus et les exclus du développement, le Frelimo accaparant les ressources du pays. Le leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, a proclamé en décembre 2016 un cessez-le-feu après l’échec d’une médiation internationale. Au mois d’août, il a rencontré le président Filipe Nyusi dans les montagnes du Gorongosa, au centre, où il vit retranché depuis deux ans. Une autre rencontre est annoncée prochainement pour finaliser un futur accord.

Souhaitant surtout ne pas inquiéter les investisseurs intéressés par l’immense potentiel gazier du pays, Maputo ne fait pas grande publicité sur cette crise. D’autant que le régime est secoué depuis 2016 par un scandale provoqué par l’achat pour 2 milliards de dollars de matériel militaire financé par un prêt caché aux députés et aux bailleurs de fonds.

Il y a deux semaines, l’ONU a accusé le Mozambique d’acheter des armes à la Corée du Nord pour un montant de 6 millions de dollars, malgré l’embargo qui frappe Pyongyang.

Entretien : « Les conflits oubliés ont un impact sur nos vies »

Au Congo-Brazzaville, la guerre du Pool

À la suite de la réélection controversée de Denis Sassou N’Guesso, au mois de mars 2017, l’armée congolaise s’est déployée dans la région du Pool, un département du sud du Congo-Brazzaville. Officiellement, elle y pourchasse Frédéric Bintsamou, alias « pasteur Ntumi », l’ancien chef des « Ninjas ». Ce groupe armé avait déjà combattu dans le Pool entre 1998 et 2005. Après avoir déposé les armes, pasteur Ntumi avait pris des responsabilités politiques en 2007 auprès de Denis Sassou Nguesso.

Accusé par le régime d’être le responsable des violences qui ont frappé Brazzaville le 5 avril 2016, faisant 17 morts, le rebelle s’est enfui dans le Pool rejoindre ses soutiens. Les deux camps s’affrontent, depuis, sans avoir les moyens de se vaincre. Des témoins et des ONG de défense des droits de l’homme accusent les troupes gouvernementales d’exactions et d’user de la force sans se préoccuper des civils (bombardements, hélicoptères d’attaque).

Le comportement des rebelles est aussi dénoncé. Les journalistes ne sont pas autorisés à se rendre dans le Pool. Le Programme alimentaire mondial de l’ONU, le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations des droits de l’homme n’y ont pas accès.

Plusieurs districts sont totalement isolés. Cette crise aurait fait 81 000 déplacés (soit le tiers de la population du Pool) et 138 000 personnes auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence, selon l’ONU.

En Nouvelle-Guinée, la révolte des Papous

L’Organisation pour une Papouasie libre (OPM) est un mouvement séparatiste de Papua, nom indonésien de la Nouvelle-Guinée occidentale, une entité rattachée à l’Indonésie en 1963 après avoir été hollandaise.

En 1967, le gouvernement indonésien signe un contrat minier avec la société américaine Freeport. Celle-ci découvre en 1988 les troisièmes réserves les plus importantes au monde pour le cuivre et les deuxièmes pour l’or. Les revenus seront partagés avec le gouvernement central. De nombreux Papous se sentent victimes de discrimination. C’est dans ce contexte que l’OPM mène une guerre de basse intensité.

En 2001, l’assassinat du leader indépendantiste Theys Eluay porte un coup dur à l’OPM. À partir de 2008, on assiste à une recrudescence des actes de guérilla contre l’armée indonésienne. Le 14 décembre 2011, la police indonésienne parvient à attaquer le quartier général d’une cellule de l’organisation, tuant 14 séparatistes.

En 2014, l’action se porte sur le terrain politique. Les indépendantistes fondent un parti, le Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale. En 2011, un bilan fait état de 100 000 déplacés et de 150 000 à 400 000 tués depuis le début de l’insurrection dans les années 1960. L’accès du territoire est très difficile pour les étrangers, ce qui rend les observations quasi nulles.

En Birmanie, des conflits persistants

En Birmanie, la crise des Rohingyas est médiatisée, mais elle n’est pas la seule qui frappe ce pays. On note une persistance de conflits armés, avec des minorités ethniques dans le Nord et l’est du pays et les violations des droits de l’homme qui les accompagnent, notamment dans les États Shan et Kachin.

Dans ces régions proches de la frontière chinoise, des combats se poursuivent depuis des décennies entre plusieurs guérillas ethniques et l’armée birmane. En 2011, par une attaque des postes de contrôle de l’Armée d’indépendance kachin (KIA), l’armée birmane mettait fin à dix-sept ans de cessez-le-feu dans la région. Depuis, la situation se dégrade. Dans l’État Kachin, plus de 86 000 personnes vivent dans 140 camps de déplacés internes, et 20 000 personnes se sont réfugiées en Chine. Dans le nord de l’État Shan, près de 12 000 déplacés habitent dans 42 camps.

Depuis août 2016, les offensives de l’armée birmane se sont multipliées. La KIA a refusé de signer un accord de paix. Le 20 novembre dernier, l’Alliance du Nord – dont la KIA fait partie – a lancé une attaque contre les militaires. Les troupes armées gouvernementales ont utilisé de l’artillerie lourde et des avions de chasse. Ces combats ont provoqué des vagues de déplacement obligeant les populations civiles à vivre dans des situations précaires.

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« Nous avons un rôle de sentinelle »

Clément Saccomani,

Directeur du collectif d’auteurs Noor créé il y a dix ans

« Avec l’exposition “Conflits oubliés, conflits de demain” (1), le collectif d’auteurs Noor –

« lumière » en arabe – braque les projecteurs sur des reportages réalisés par ses photographes membres actionnaires de la structure depuis dix ans et qui sont hors des radars de l’actualité.

Notre responsabilité n’est pas de prédire l’avenir, mais nous avons un rôle de sentinelle pour anticiper les problèmes et les enjeux de demain, surtout lorsque certains ingrédients “explosifs” semblent réunis sur le terrain : le lac Tchad et son cocktail de conflits frontaliers, de ressources naturelles, de religions ; le chaos pakistanais ou, plus près de nous, les 5 000 fusillades et 900 morts par an à Chicago… Ce sont aussi les conséquences des viols comme armes de guerre, les troubles mentaux des enfants-soldats, ou encore les enjeux climatiques qui seront à l’origine des conflits de demain.

Installations, expériences sonores, tablettes…, cette exposition casse les codes traditionnels pour éviter le rejet du public même quand la violence des situations est brutale, et lui permettre de s’informer en s’appropriant ces nouvelles façons de raconter des histoires. »

Recueilli par Armelle Canitrot

(1) Jusqu’au 8 octobre, Hôtel du Doyen, Bayeux (14). www.noorimages.com

Lepoint.fr par Laurent Larcher et Pierre Cochez
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Ouest de la Birmanie: l’ONU fait état d’une « souffrance inimaginable »

octobre 2, 2017

Un camp de fortune où sont réfugiés des Rohingyas ayant fui la Birmanie, le 2 octobre 2017 à Balukhali au Bangladesh / © AFP / FRED DUFOUR

Les Nations unies ont qualifié lundi d' »inimaginable » « l’ampleur de la souffrance humaine » dans l’ouest de la Birmanie, théâtre de violences depuis plus d’un mois et qui a été ouvert pour la première fois à la communauté internationale.

L’organisation demandait depuis plusieurs semaines un accès à cette région du nord de l’Etat Rakhine, qu’ont quittée plus d’un demi-million de membres de la minorité musulmane rohingya. Ils fuient une opération de l’armée birmane qualifiée d' »épuration ethnique » par l’ONU.

Depuis le début des violences fin août déclenchées par des attaques de la rébellion rohingya, la zone nord de l’Etat Rakhine était bouclée par l’armée birmane et inaccessible.

Outre les Nations Unies, plusieurs ambassadeurs ont pris part à cette visite d’une journée dans les principales zones concernées par les violences, organisée par le gouvernement birman.

Ils se sont rendus dans le district de Maungdaw, le plus proche de la frontière du Bangladesh, zone qui était à 90% peuplée de musulmans rohingyas avant août et qui comptent aujourd’hui des dizaines de villages brûlés et désertés de leurs habitants.

Dans son communiqué, l’ONU a appelé à l' »arrêt des violences » et a également demandé un « accès sans restriction pour l’aide humanitaire ». Mais aussi pour les organisations de défense des droits de l’Homme afin de permettre une « évaluation globale de la situation sur le terrain » pour répondre « aux besoins de toutes les communautés ».

Dans la zone, des dizaines de villages ont été réduits en cendre et des milliers de Rohingyas seraient déplacés ou cachés dans les forêts, survivant avec peu de nourriture et sans aide médicale.

Près de 30.000 bouddhistes et hindous ont également été déplacés par les combats depuis fin août.

Au Bangladesh, dans les camps près de la frontière, autorités et ONG sont débordées face à l’afflux de 500.000 nouveaux réfugiés. Elles ne parviennent pas à les nourrir et s’inquiètent des risques sanitaires.

Les Rohingyas, plus grande population apatride au monde, sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2017 18h01)

Birmanie: fosse commune avec les corps de 28 Hindous

septembre 24, 2017

L’armée birmane annonce la découverte d’une fosse commune recelant les coprs de 28 Hindous, auraient été tués par des « terroristes » rohingyas / © AFP/Archives / STR

L’armée birmane a annoncé dimanche la découverte d’une fosse commune comptant 28 Hindous, affirmant qu’ils avaient été tués par des « terroristes » rohingyas.

« Des membres des forces de sécurité ont trouvé et déterré 28 corps d’Hindous tués par les terroristes » musulmans rohingyas, accuse le chef de l’armée sur sa page Facebook.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2017 16h34)                

Sur la crise des Rohingyas, le discours ambigu d’Aung San Suu Kyi

septembre 19, 2017

Aung San Suu Kyi lors d’un discours à la nation le 19 septembre 2017 à Naypyidaw / © AFP / Ye Aung THU

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’est efforcée mardi de répondre aux critiques de la communauté internationale sur la crise des Rohingyas sans s’aliéner la puissante armée birmane, ni une opinion publique aux profonds sentiments anti-musulmans.

S’exprimant à Naypyidaw quelques heures avant l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, elle a d’ailleurs fait le choix de parler en anglais pour sa grande adresse télévisée, un discours destiné au monde, qui n’était même pas sous-titré pour ses concitoyens.

Elle n’y reprend pas la rhétorique distillée par son gouvernement depuis plus de trois semaines de crise, qui assimilait les Rohingyas à des terroristes. Mais elle évite aussi de critiquer frontalement la puissante armée, avec laquelle elle doit composer. Une ambiguïté relevée par les analystes.

« Ce n’est pas qu’une question de langue, mais de contenu », relève Maël Raynaud, consultant indépendant spécialiste de la Birmanie: « elle n’a pas grand chose à dire à la Nation, qui la soutient quasiment à l’unanimité ».

A travers le pays, des milliers de Birmans s’étaient rassemblés pour regarder le discours sur écran géant, l’occasion surtout de montrer leur soutien à Aung San Suu Kyi en agitant son portrait et le drapeau national.

« Nous n’avons rien compris du discours d’Aung San Suu Kyi. Mais nous voulons lui montrer notre soutien. Quand son discours a été fini, nous avons applaudi et sommes rentrés chez nous », a expliqué à l’AFP Cho Cho, une habitante de l’Etat Karen, dans le nord-est du pays.

L’adresse à la Nation annoncée a d’ailleurs été rebaptisée au dernier moment « briefing diplomatique ».

Aung San Suu Kyi l’a elle-même expliqué d’entrée de jeu dans son discours, rappelant que cette année, elle n’avait pas pu se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies en raison de cette crise et comptait « partager avec la communauté internationale les défis auxquels est confrontée » la Birmanie.

– discours pour l’ONU –

Avec ce discours à Naypyidaw, la capitale administrative, devant un parterre d’ambassadeurs, « elle tente de regagner un peu de crédibilité internationale, sans pour autant s’aliéner les militaires et l’opinion publique », très xénophobe dans son ensemble, estime lui aussi Phil Robertson, représentant de l’ONG Human Rights Watch pour l’Asie.

Elle a évité cette fois-ci de dénoncer l' »iceberg de désinformation » des médias internationaux, qu’elle critiquait comme pro-rohingyas dans un communiqué début septembre, mettant alors de l’huile sur le feu, dans un pays gagné ces dernières semaines par un forte colère contre la communauté internationale.

Elle s’est abstenue aussi de marteler l’expression « terroristes extrémistes », qui revient sans cesse dans ses communiqués de presse en birman.

Elle qui est critiquée pour sa froideur a même eu des élans compassionnels dans son discours, se disant « profondément désolée » pour les victimes du conflit, avec plus de 420.000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis des attaques, le 25 août, de rebelles rohingyas.

Cela n’a pas empêché les critiques de fuser, Amnesty International dénonçant sa « politique de l’autruche ».

« Elle n’est pas allée assez loin dans la reconnaissance du fait que les militaires sont derrière » les incendies de villages et divers abus dans la zone de conflit et agissent avec des milices bouddhistes extrémistes, regrette Laura Haigh, spécialiste de la Birmanie à Amnesty International.

Le service de presse d’Aung San Suu Kyi assure de son côté que la traduction en birman du discours d’Aung San Suu Kyi sera bientôt disponible sur le site internet du gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2017 14h32)                

Birmanie: Suu Kyi annule un déplacement à l’ONU en pleine crise des Rohingyas

septembre 13, 2017

Des réfugiés rohingyas de Birmanie arrivent en bateau à Teknaf, le 12 septembre 201 au Bangladesh / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a annulé un déplacement à l’Assemblée générale des Nations unies alors que l’ONU a récemment affirmé que la minorité rohingya de Birmanie était victime d’un « nettoyage ethnique » et réunit son Conseil de sécurité mercredi sur ce dossier.

L’ex-dissidente et prix Nobel de la paix est sous le feu des critiques de la communauté internationale pour son silence sur le sort de cette minorité musulmane du pays, qui fuit à nouveau en masse la Birmanie.

D’après les derniers chiffres des Nations unies mercredi, plus de 379.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août, pour fuir une campagne de répression de l’armée birmane, consécutive à des attaques de rebelles rohingyas. Quelque 60% d’entre eux sont des enfants.

Et des milliers d’autres seraient toujours sur les routes.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie. Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine, d’une ampleur sans précédent pour ce conflit.

Le fleuve Naf, qui marque une frontière naturelle entre les deux pays, continue de charrier des cadavres: sept nouveaux corps, dont des enfants, ont été retrouvés échoués sur la rive mercredi par les autorités bangladaises. Certaines dépouilles portaient des traces de balles.

Depuis le début des troubles, près de 100 personnes ont péri noyées en tentant de passer au Bangladesh.

Bien que sous le feu des critiques internationales, Aung San Suu Kyi reste très peu loquace sur la crise et continue d’afficher son soutien à l’armée dans son opération contre les « terroristes ».

L’ancienne icône de la démocratie, qui semble s’enfoncer dans son silence, « n’assistera pas à l’Assemblée générale de l’ONU » fin septembre, a annoncé à l’AFP Zaw Htay, son porte-parole.

L’an dernier, à la tribune de cette Assemblée générale, la prix Nobel de la paix, qui dirige de facto le gouvernement birman depuis avril 2016, s’était engagée à soutenir les droits de la minorité musulmane.

Elle avait promis de « s’opposer fermement aux préjugés et à l’intolérance » et de promouvoir les droits de l’homme, tout en demandant à la communauté internationale de se montrer « compréhensive et constructive ».

Suu Kyi « nous avait promis la paix mais nous ne l’aurons jamais. Nous avons été et continueront sans cesse à être persécutés », a déploré un réfugié Rohingya qui vit depuis 25 ans au Bangladesh.

Impératif moral –

Mais cette nouvelle crise est au contraire « un exemple classique de nettoyage ethnique », caractérisé par « exécutions », des « tirs sur des civils en fuite » et des incendies de villages, d’après le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

La réunion, à huis clos, du Conseil de sécurité prévue à 15H00 GMT s’annonce divisée: la Chine, qui est le premier investisseur étranger en Birmanie, a réitéré son « soutien » à Naypyidaw et loué « ses efforts pour préserver la stabilité de son développement national ».

« Nous espérons que le Conseil de sécurité va proposer des décisions substantielles et notamment un embargo sur les armes », a déclaré Phil Robertson de Human Rights Watch.

Traités comme des étrangers dans ce pays à plus de 90% bouddhiste d’Asie du Sud-Est, les Rohingyas sont apatrides, même si certains vivent là depuis des générations.

Ils sont victimes de multiples discriminations: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres.

Plusieurs prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai et l’archevêque sud-africain Desmond Tutu puis le dalaï lama, admiré par Aung San Suu Kyi, l’ont appelée à intervenir.

Mais la tâche d’Aung San Suu Kyi est compliquée par la montée des bouddhistes extrémistes ces dernières années. Et surtout par la grande autonomie de l’armée birmane, qui reste toute puissante dans cette zone de conflit et tient les rênes de trois ministères importants: l’Intérieur, les Frontières et la Défense.

« Aung San Suu Kyi doit parler, c’est un impératif moral pour elle », a estimé Phil Robertson, ajoutant que « ce n’est pas seulement sa réputation internationale qui est en jeu, mais aussi son statut vis-à-vis de l’armée ».

La cause des Rohingyas a trouvé ces derniers jours un écho particulier dans le monde musulman, où les images présentées comme des exactions de l’armée birmane sont largement partagées sur les réseaux sociaux. Mardi, le guide suprême iranien Ali Khamenei a estimé que leur sort marquait « la mort du prix Nobel de la paix ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 septembre 2017 12h27)

Dans l’exode des Rohingyas, des enfants seuls et vulnérables

septembre 13, 2017

Des réfugiés rohingyas de Birmanie arrivent à Teknaf, le 12 septembre 2017 au Bangladesh / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

Le garçon rohingya perdu a fait le voyage depuis la Birmanie seul, se raccrochant à des étrangers d’autres villages pour franchir rivières et jungles, jusqu’à ce qu’ils atteignent le Bangladesh. Pays où il n’avait nulle part où aller, et plus aucune famille.

« Des femmes dans le groupe ont demandé: +Où sont tes parents ?+. J’ai dit que je ne savais pas où ils étaient », raconte Abdul Aziz, 10 ans. Son nom a été modifié pour protéger son identité.

« Une femme a dit: +Nous allons prendre soin de toi comme notre enfant, viens avec nous+. Et je les ai suivis. »

Plus de 1.100 enfants rohingyas fuyant les violences dans l’ouest de la Birmanie sont arrivés seuls au Bangladesh depuis le 25 août, selon les derniers chiffres de l’Unicef.

Ces mineurs isolés sont particulièrement vulnérables aux abus sexuels, au trafic des êtres humains et au traumatisme psychologique, s’inquiète l’agence onusienne spécialisée dans les droits de l’enfant.

Nombre d’entre eux ont vu les membres de leur famille massacrés dans des villages de l’État Rakhine (aussi appelé Arakan) par l’armée birmane et les milices bouddhistes, des opérations qualifiées par les Nations unies de « nettoyage ethnique ».

D’autres ont eu la vie sauve à un cheveu. Certains enfants de cette minorité musulmane persécutée arrivent avec des blessures par balle.

Le nombre de mineurs arrivés au Bangladesh seuls, ou séparés de leur famille sur la route de l’exode, est voué à monter au fur et à mesure que de nouveaux cas sont portés à la connaissance des autorités et organisations internationales.

Plus de la moitié des 379.000 réfugiés rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août, date du déclenchement de la nouvelle flambée de violences au Rakhine, sont mineurs, selon les estimations de l’ONU.

Au sein de cette marée humaine, repérer les enfants seuls revient à chercher une aiguille dans une botte de foin pour les responsables de protection de l’enfance. Dans les immenses camps de réfugiés, des tout-petits errent nus, des enfants dorment dehors ou jouent en solitaire dans les flaques d’eau sale.

– ‘Mangé des feuilles’ –

Les enfants seuls « au début ils parlent pas, ne mangent pas, ne jouent pas. Ils restent juste assis, immobiles, le regard dans le vide », témoigne auprès de l’AFP Moazzem Hossain, chargé de projet au sein de l’organisation caritative BRAC.

Son ONG, en partenariat avec l’Unicef, gère un espèce réservé aux enfants dans le camp de réfugiés de Kutupalong. Quarante-et-une de ces zones protégées sont en place à travers les campements du sud du Bangladesh.

Des enfants, certains portant leur petit frère ou petite sœur dans les bras, viennent dans ces rudimentaires abris en bois pour des ateliers de chant, s’amuser avec des jouets et des cubes.

Pour eux, ces interludes de paix constituent un répit bienvenu dans la misère noire des camps, transformés en bourbier par la pluie et où des réfugiés exténués se disputent le moindre espace libre.

Ces temps de jeu sont aussi l’opportunité pour les spécialistes d’étudier les enfants, d’en apprendre un peu plus sur leur histoire, d’enregistrer les nouveaux arrivants et surtout de repérer ceux qui voyagent seuls.

Mohammad Ramiz (le nom a été changé), 12 ans, s’est retrouvé sans personne en fuyant son village et s’est joint à un groupe d’adultes.

« Il y avait beaucoup de violences, donc j’ai traversé la rivière avec les autres », raconte-t-il à l’AFP.

« J’ai mangé des feuilles d’arbres et bu de l’eau pour survivre. »

Sans surveillance, ces enfants risquent de tomber aux mains de personnes mal intentionnées, avertit Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef à Genève.

Dans la masse humaine qui continue chaque jour d’affluer dans la région du Bangladesh frontalière de la Birmanie, il est urgent de repérer les réfugiés mineurs seuls.

« Plus vite nous agissons, plus grandes sont les chances de retrouver leur famille », explique à l’AFP M. Boulierac.

« Le plus important est de les protéger car les enfants non-accompagnés, les enfants séparés, sont particulièrement vulnérables et en danger. »

Romandie.com avec(©AFP / 13 septembre 2017 12h58)                

Birmanie: combats entre les Rohingyas font 400 morts et des déplacés

septembre 1, 2017

Des policiers birmans aux abords de la frontière avec le Bangladesh dans l’État Rakhine, le 28 août 2018 / © AFP/Archives / STR

Les combats qui opposent des rebelles musulmans rohingyas et l’armée dans le nord-ouest de la Birmanie ont fait au moins 400 morts en une semaine et poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir vers le Bangladesh.

Environ 20.000 personnes seraient bloquées à la frontière entre les deux pays, dont certaines tentaient de traverser une rivière, à la nage ou sur des rafiots de pêche, pour se réfugier dans le pays voisin, au péril de leur vie. Dix-huit corps ont été retrouvés vendredi sur la rive bangladaise.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a appelé les forces de sécurité birmanes à la « retenue » contre la minorité musulmane.

« Le secrétaire général s’inquiète fortement des informations sur les débordements durant les opérations conduites par les forces de sécurité de Birmanie dans l’Etat de Rakhine et il appelle à la retenue et au calme pour éviter une catastrophe humanitaire », a indiqué vendredi un porte-parole.

L’armée birmane avait annoncé plus tôt dans la journée sur sa page Facebook que « les corps de 370 terroristes avaient été retrouvés » et que 15 soldats et 14 civils avaient également été tués dans ces opérations.

Le dernier bilan il y a deux jours faisait état de 110 morts.

Les violences ont commencé après l’attaque vendredi dernier (25 août) d’une trentaine de postes de police par la rébellion naissante, l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA). Depuis ce jour là, l’armée birmane a lancé une vaste opération dans cette région très pauvre et reculée.

Des dizaines de milliers de Rohingyas ont pris la route. Selon les derniers chiffres de l’ONU vendredi, 38.000 personnes sont arrivées au Bangladesh depuis une semaine. Ces réfugiés sont quasiment tous des Rohingyas.

Et comme lors de la dernière explosion de violence en octobre dernier, l’armée est accusée d’exactions.

Originaire du village de Kyet Yoe Pyin, une jeune Rohingya a raconté que le cauchemar qu’a vécu son village quand l’armée est arrivée.

« L’armée et des complices bouddhistes sont venus dans notre village et ont cruellement assassiné les hommes, les femmes et les enfants », a confié par téléphone à l’AFP, cette jeune Rohingya de 23 ans, tout juste réfugiée à Cox’s Bazar au Bangladesh. L’AFP n’a pas vu vérifier ces informations.

La région est bouclée depuis octobre par l’armée et aucun journaliste ne peut s’y rendre de façon indépendante.

Des survivants ont raconté à l’ONG locale Fortify Rights que pendant près de cinq heures l’armée avait semé le chaos dans le village de Chut Pyin.

« Mon frère est mort brûlé. Nous avons trouvé les autres membres de ma famille dans les champs. Ils avaient des marques d’impact de balles et certains des blessures par arme blanche », a raconté Abdul Rahman, 41 ans.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de « génocide » les violences perpétrées. « Ceux qui ferment les yeux sur ce génocide perpétré sous couvert de démocratie en sont les collaborateurs », a-t-il dit lors d’un discours célébrant la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) à Istanbul.

M. Erdogan a réitéré sa volonté d’aborder le sujet lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, plus tard ce mois-ci.

– Frontière fermée –

Une partie de ceux qui ont réussi à fuir les combats se retrouvent bloqués à la frontière avec le Bangladesh, sans aucune ressource, une situation humanitaire jugée sérieusement préoccupante par l’ONU.

Son envoyée spéciale pour les Nations unies en Birmanie, Yanghee Lee, a réclamé que le cycle de la violence soit « rompu de manière urgente ».

Plus de 400.000 réfugiés rohingyas se trouvent déjà au Bangladesh après avoir fui lors de vagues de violences précédentes. Et le pays, qui ne veut plus en accueillir davantage, a fermé sa frontière.

Désespérés, nombre de Rohingyas tentent donc leur chance à la nage ou sur des petites embarcations à travers la rivière Naf, qui marque une frontière naturelle entre la Birmanie et la pointe sud-est du Bangladesh.

Les flots de ce cours d’eau peuvent être particulièrement capricieux en cette période de mousson en Asie du Sud.

Au total, ces derniers jours 41 se sont échoués, a indiqué un officiel de la région de Cox’s Bazar, sous le couvert de l’anonymat.

Des centaines d’autres villageois de l’ethnie Rakhine, bouddhistes, ont également fui leurs habitations pour rejoindre les villes birmanes hors de la zone des troubles.

Une commission internationale dirigée par l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a récemment appelé la Birmanie à donner plus de droits à sa minorité musulmane des Rohingyas, qui compte environ un million de personnes, faute de quoi elle risque de « se radicaliser ».

Mais le pouvoir birman, emmené par l’ex-dissidente Aung San Suu Kyi, est jusqu’ici sur une ligne dure, dans le sillage de l’armée.

La lauréate du prix Nobel de la paix a accusé lundi les « terroristes » rohingyas, qui mènent ces attaques meurtrières dans l’ouest du pays, d’utiliser des enfants soldats et de mettre le feu à des villages.

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2017 23h07)

Les nids d’hirondelle, de la Birmanie rurale aux tables chics de Shanghai

juin 6, 2017

Des hirondelles construisent leurs nids sous le toit d’un immeuble de Myeik dans le sud de la Birmanie, le 10 mai 2017 / © AFP/Archives / Ye Aung Thu

Les cris d’hirondelles résonnent dans la pièce sombre. Dans cet élevage du sud de la Birmanie, les oiseaux ne sont pas élevés pour leur chair mais pour leurs nids, revendus à prix d’or aux gastronomes de la Chine voisine.

Des dizaines de hangars en béton gigantesques ont poussé ces dernières années autour de la petite ville de Bokpyin, pour que les hirondelles y construisent leurs précieux nids, faits de bave solidifiée.

Le moyen pour attirer les milliers de volatiles dans ces nichoirs géants? Tous les matins et tous les soirs, des enregistrements de pépiements d’oiseaux sont diffusés via les hauts-parleurs installés aux fenêtres des hangars.

L’élevage d’hirondelles est devenu l’une des principales sources de revenus pour les habitants de cette région agricole plutôt connue jusque-là pour sa production d’huile de palme, de caoutchouc naturel et de noix de bétel, sorte de chewing-gum naturel aux vertus excitantes.

Les nids se vendent près de 1.200 euros le kilo aux grossistes chinois, soit le salaire annuel moyen en Birmanie.

Une fois arrivés à destination, dans les restaurants chics de Pékin ou Shanghai, les nids d’hirondelles sont dissous en une sorte de gelée blanchâtre qui sert de base à des desserts, des soupes ou des boissons.

La médecine chinoise leur prête de nombreuses vertus, même si les études nutritionnelles montrent que la salive des hirondelles est surtout riche en protéines.

– 5 milliards d’euros –

A Bokpyin, « nous avons commencé à construire ces tours à hirondelles il y a une dizaine d’années », raconte Paing Set Aung, qui en possèdent plusieurs.

« Au début, il y avait un hangar où les hirondelles venaient nicher d’elles-mêmes. Cela a donné l’idée aux habitants de construire des nichoirs » géants, ajoute-t-il.

La plupart des nids produits ici prennent ensuite le chemin de la Chine pour satisfaire les gourmets. Longtemps limité aux tables des banquets des élites, ce plat, s’il reste cher, est de plus en plus recherché par la classe moyenne chinoise grandissante.

Le marché annuel des nids d’hirondelles pèse quelque cinq milliards d’euros. Une aubaine pour les pays d’Asie du Sud-Est, principale région productrice de nids d’oiseaux en Asie, et notamment pour la Birmanie, un pays dont les exportations ont explosé depuis l’autodissolution de la junte en 2011 et l’ouverture économique.

« Les nids d’hirondelles sont l’un des principaux secteurs d’activités à Bokpyin », explique un éleveur, Lin Aung, qui en est à la construction de sa troisième tour en cinq ans. « La Chine est l’acheteur numéro un de nids d’oiseaux ici », confirme-t-il.

– Caviar de l’Orient –

A Shanghai, de nombreux restaurants proposent ce « caviar de l’Orient », à plusieurs centaines d’euros le bol.

Le public féminin est particulièrement visé, les nids d’hirondelles se voyant prêter des vertus de rajeunissement de la peau et de bienfait pour les femmes enceintes.

Un spa de luxe de Shanghai le propose même à ses clientes enceintes au menu de son restaurant, ainsi que sous forme de crèmes de beauté, vendues plus de 500 euros le coffret cadeau.

Ces nids d’oiseaux se vendent aussi en ligne, notamment intégrés à des bonbons.

« En Chine, les nids d’hirondelles sont un stimulant traditionnel vraiment connu et apprécié depuis des lustres », explique Zhang Yi, propriétaire du restaurant NestCha de Shanghai.

« C’est bon pour les femmes, les vieux, les enfants et les hommes », assure la restauratrice.

– Falaises à nids –

La transformation de ces nids d’hirondelles en mets de luxe est bien loin de leurs modestes origines dans le sud de la Birmanie. Le procédé de collecte traditionnel était périlleux: les Birmans les récoltaient en escaladant les falaises des îls où les hirondelles venaient naturellement nicher.

Aujourd’hui, les nids d’hirondelles sont récoltés trois ou quatre fois par an, pour satisfaire le gourmand marché chinois.

Pendant des décennies, le secteur a été contrôlé par un puissant conglomérat économique militaire, qui a perdu son monopole l’an dernier.

A Bokpyin, près de Myeik, producteurs de nids d’hirondelles et professionnels du tourisme se disputent désormais à prix d’or les terrains, faisant grimper les prix au niveau de ceux de Rangoun, la capitale économique birmane.

Car cette région de bord de mer, prisée des hirondelles, l’est aussi des opérateurs du tourisme.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2017 17h32)                

Birmanie: test électoral pour le gouvernement d’Aung San Suu Kyi

avril 1, 2017

Rangoun – Les Birmans votaient samedi pour des législatives partielles, un premier test pour le gouvernement d’Aung San Suu Kyi qui peine à relancer le pays et à apaiser les tensions ethniques après un an au pouvoir.

L’euphorie qui a entouré en 2015 la large victoire électorale de cette icône de la démocratie, ancienne dissidente et prix Nobel de la paix, s’est dissipée tandis que son gouvernement s’efforce de réaliser les réformes promises.

Seuls 19 sièges de députés sont en jeu, et ces élections ne devraient donc pas menacer la prééminence du parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD). Mais elles permettront de juger le sentiment du public envers le gouvernement après un an de règne mouvementé.

Le mécontentement est particulièrement fort dans les régions du pays habitées par des minorités ethniques, où beaucoup considèrent qu’Aung San Suu Kyi collabore trop étroitement avec les militaires qui ont dirigé le pays pendant 50 ans et contrôlent encore des leviers importants du gouvernement.

Mais le NLD a toujours du soutien dans le pays, et les premiers résultats le montraient samedi sur le point de remporter cinq des sièges en jeu dans la capitale économique, Rangoun.

« D’après nos informations, nous avons gagné cinq sièges à Rangoun », a déclaré à la presse le gouverneur de la ville, Phyo Min Thein, au quartier général du NLD.

En début de journée, des centaines d’électeurs ont fait la queue devant les bureaux de vote de la ville.

Chit Min, un habitant de Dagon Seikkan, une banlieue de Rangoun, a déclaré à l’AFP que beaucoup de ses amis avaient décidé de ne pas voter cette fois-ci.

« Mais je suis sûr que la NLD va de nouveau gagner », a-t-il dit.

La plupart des sièges à pourvoir étaient ceux laissé vacants par des députés passés à des postes ministériels dans le gouvernement civil. D’autres sont des sièges de régions reculées où les violences avaient empêché le vote en 2015.

Le parti pourrait notamment être mis en difficulté dans l’Etat Shan, dans le nord, où des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par une recrudescence des affrontements entre l’armée et des insurgés issus de minorités ethniques.

L’élite politique et économique birmane, dont le NLD et l’armée, est depuis longtemps dominée par l’ethnie majoritaire Bamar, et régulièrement accusée de vouloir écraser les cultures des minorités locales.

Ces tensions génèrent régulièrement des violences, comme dans l’état de Rakhine, sur la côte ouest, à nouveau déchiré depuis octobre dernier et l’émergence d’une nouvelle rébellion de la minorité musulmane Rohingya, réprimée dans le sang par l’armée.

Quelque 75.000 Rohingyas ont depuis fui ces violences militaires, que des enquêteurs de l’ONU ont qualifiées de possibles crimes contre l’humanité.

Cette crise pose un épineux problème à Aung San Suu Kyi, confrontée d’un côté à une forte pression internationale lui demandant de défendre et protéger les Rohingyas, et de l’autre à un fort sentiment anti musulmans dans son pays.

Romandie.com avec(©AFP / 01 avril 2017 18h30)

Birmanie : un moine bouddhiste cachait 4,6 millions de comprimés de méthamphétamine

février 6, 2017

La police birmane avait d’abord découvert 400 000 comprimés dans la voiture du bonze. D’après les médias locaux, l’homme est le premier moine arrêté pour possession de drogues dans la province de Maungdaw.

Un moine bouddhiste birman a été arrêté dimanche 5 février après la découverte de plus de 4 millions de comprimés de méthamphétamine cachés dans son monastère du nord-ouest du pays, a annoncé la police lundi.

« Quand la police l’a arrêté, ils ont trouvé 400 000 comprimés dans sa voiture », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Kyaw Mya Win, de la police de la province de Maungdaw. C’est en fouillant son monastère que les forces de l’ordre ont découvert « 4,2 millions de comprimés dissimulés ». D’après les médias locaux, l’homme est le premier moine arrêté pour possession de drogues dans cette partie reculée du pays.

Explosion des drogues de synthèse

La Birmanie, pays d’Asie du Sud-Est qui sort de décennies de régime militaire, est l’une des plaques tournantes de la drogue dans la zone. La région du Triangle d’or – aux confins du Laos, de la Thaïlande et de la Birmanie – a longtemps été le principal lieu de production de l’opium et de l’héroïne, jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne une plaque tournante de la production.

Les saisies de méthamphétamines en Asie-Pacifique ont quadruplé en cinq ans, d’après l’Organisation des Nations unies, qui estime que la production et la consommation des drogues de synthèse a explosé dans la région. L’an passé, plus de 98 millions de comprimés de méthamphétamine ont été interceptés en Birmanie contre 50 millions en 2015.

En Thaïlande, une trentaine de moines avaient été défroqués pour consommation de drogue en 2013, année où le royaume faisait face à une multiplication de scandales impliquant des religieux.

Lemonde.fr avec AFP