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Burkina-Faso/Assassinat de Thomas Sankara: Blaise Compaoré mis en accusation

avril 13, 2021

Le tribunal militaire burkinabè a décidé, le 13 avril, de mettre en accusation l’ex-président Blaise Compaoré dans le dossier Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987.

Blaise Compaoré a été mis en accusation dans le dossier de l’assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara, pour des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, complicité d’assassinat et de recel de cadavres.

Son ancien bras droit, le général Diendéré qui purge actuellement sa peine dans l’affaire du putsch manqué du 16 septembre 2015, est poursuivi dans le présent dossier pour attentat à la sûreté de l’Etat, complicité d’assassinat, subornation de témoins et recel de cadavres. Trente-sept ans après, au total, quatorze personnes comparaîtront devant le tribunal dans ce dossier.

Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat, le 4 août 1983, Thomas Sankara a été assassiné lors d’un putsch qui amena au pouvoir Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Ce dernier vit en Côte d’Ivoire depuis 2014.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Burkina – Eddie Komboïgo : « J’ai toujours eu le soutien de Blaise Compaoré »

novembre 13, 2020

Homme d’affaires prospère, Eddie Komboïgo, 54 ans, a été investi par le CDP le 26 juillet dernier.

Candidat à la présidentielle du 22 novembre, adoubé par Blaise Compaoré, Eddie Komboïgo entend remettre le CDP au centre de la vie politique burkinabè.

Tenu à l’écart des scrutins de 2015, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) rêve de faire son grand retour sur le devant de la scène politique burkinabè lors des présidentielle et législatives du 22 novembre.

C’est donc un CDP requinqué qui part à la conquête des électeurs. Pour la première fois depuis la chute de Blaise Compaoré en 2014, le parti présentera un candidat à la magistrature suprême : Eddie Komboïgo.

Homme d’affaires prospère, Komboïgo, 54 ans, a été investi par son parti le 26 juillet dernier. Militant du CDP depuis le mitan des années 1990, il espère marquer des points face au président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, en surfant sur le mécontentement né de la forte dégradation de la situation sécuritaire.

Jeune Afrique : Le CDP peut-il vraiment percer aux élections du 22 novembre ?

Eddie Komboïgo : En 2015, notre parti avait été donné pour mort. Nous avons tenu des assemblées dans chacune des 45 provinces du territoire, nous l’avons reconstruit et nous sommes aujourd’hui sereins et confiants. Nous avons sillonné le pays, sauf lorsque certaines zones étaient déconseillées pour des raisons sécuritaires. C’est un travail essentiel pour connaître les réalités d’un pays et être en mesure d’apporter des réponses pertinentes. Il ne suffit pas d’organiser des meetings ici ou là pour rassembler du monde.

Qu’attendez-vous de ces élections couplées ?

Nous sommes convaincus que le CDP va de nouveau être porté à la tête du pays. Il n’y a qu’à voir l’adhésion et l’engouement que nous avons suscités. Le CDP demeure un grand parti, bien organisé et solidement implanté dans tout le Burkina. Nos comités de base et nos sous-sections sont en ordre de bataille, et nos forces sont intactes : les caciques, anciens présidents d’institutions ou ex-Premiers ministres, sont restés avec nous. Nous avons su rester unis.

NOUS POUVONS BÉNÉFICIER D’UN VOTE SANCTION

J’ajoute que, durant ce quinquennat, la gouvernance a été un échec total. Nous pouvons donc bénéficier d’un vote sanction. Et puis il y a notre programme, bâti autour du nouveau pacte social, qui achèvera de convaincre nos concitoyens de nous faire confiance. Je suis un candidat serein et satisfait, et je veux ramener le CDP au pouvoir.

Mais le CDP n’incarne-t-il pas une époque aujourd’hui révolue ?

Bien au contraire ! Notre parti suit désormais une trajectoire nouvelle et il a rajeuni – c’est fondamental dans un pays où les jeunes représentent près de 65 % de la population.

Quelles seront vos priorités si vous êtes élu ? 

La paix, la réconciliation et la cohésion sociale. Sans oublier la relance économique qui, pour être forte, sera portée par les grands travaux de désenclavement et par l’autoroute Ouagadougou-Abidjan. Nous allons également relancer le débat sur l’investissement ferroviaire.

Vous critiquez la gestion du président Kaboré, notamment sur la question sécuritaire et en matière de gouvernance. Mais que proposez-vous aux Burkinabè ?

Roch Marc Christian Kaboré a manqué de vision. Le terrorisme n’est pas apparu du jour au lendemain. Avant lui, ceux qui dirigeaient ce pays avaient pour credo : mieux vaut prévenir que guérir. Malheureusement, les soubresauts politiques d’octobre 2014 et la période de transition qui a suivi ont fissuré le dispositif de renseignement militaire. Le régime issu des élections de 2015 se devait de remettre ces structures en place. Cela n’a pas été le cas, et les groupes terroristes ont profité de ces failles pour s’incruster.

Plutôt que de chercher les solutions appropriées pour faire reculer l’insécurité, le président Kaboré a montré du doigt Blaise Compaoré pour se rendre compte, trois, voire quatre ans plus tard, qu’il faisait fausse route. Nous proposons donc de changer d’approche.

Pour combattre le terrorisme, il faut former des unités spéciales, mieux équiper les forces de défense et de sécurité, et ce afin de bâtir une armée véritablement dissuasive. Sans oublier d’investir massivement dans les régions touchées. Mais il faut aussi tenter de parvenir à un compromis.

Vous préconisez le dialogue avec les groupes terroristes ?

Nulle part le terrorisme n’a été vaincu par la seule option militaire. Il faut travailler à connaître ceux qui attaquent et endeuillent le Burkina, et il faut comprendre ce qui les pousse à agir ainsi, pour mieux les combattre – c’est ce que devrait faire le président.

Par ailleurs, en 2016, le président Kaboré lui-même a dit avoir reçu à Kosyam des terroristes, venus demander du matériel. Comment un chef d’État peut-il recevoir des terroristes et ne pas les mettre en prison ?

IL EST TEMPS DE PASSER LA MAIN AUX JEUNES

Le président Compaoré vous a finalement adoubé comme candidat à la présidentielle. Était-ce indispensable pour espérer vous imposer dans les urnes ?

Il est vrai que nous avons connu quelques résistances, notamment de la part d’anciens cadres du parti. Mais j’ai toujours eu le soutien du président Blaise Compaoré. Il comprend, lui, que nous sommes dans une phase de transition intergénérationnelle. Tous ceux qui, comme lui, m’ont apporté leur soutien, à l’instar de Tertius Zongo et de Paramanga Ernest Yonli [anciens Premiers ministres], de Mélégué Maurice Traoré [ancien président de l’Assemblée nationale] ou de Jean de Dieu Somda [ancien ministre], sont convaincus qu’il est temps de passer la main aux jeunes.

Des pourparlers pour le retour de l’ancien président Compaoré sont-ils en cours ?

Non. J’entends dire que ceux qui se sont exilés peuvent rentrer mais qu’ils vont devoir affronter la justice. En 2018, j’avais approché le président Kaboré à la demande de Blaise Compaoré pour lui dire qu’il serait une erreur de garder les Burkinabè divisés pour des motifs politiques. Aujourd’hui, le président Compaoré souhaite toujours rentrer et être utile à son pays.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Burkina: Compaoré sort de son silence pour démentir « tout lien » avec des terroristes

novembre 17, 2017

Abidjan – L’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, resté 27 ans au pouvoir avant d’être chassé par la rue en octobre 2015, a démenti vendredi depuis son exil à Abidjan « tout lien coupable avec les terroristes » islamistes sous sa présidence, dans un communiqué parvenu à l’AFP.

« Je ne peux accepter de lire (…) que j’aurais pu avoir des liens coupables avec les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique, lesquels justifieraient en réaction les attaques subies par mon pays », affirme M. Compaoré, rompant ainsi « un devoir de réserve absolu » qu’il observait depuis sa chute, selon le communiqué transmis par son avocat Pierre-Olivier Sur.

« Ceci est odieux, scandaleux, abject. Et chacun comprendra que cela nécessite qu’aujourd’hui, je brise exceptionnellement le silence et que je quitte mon devoir de réserve pour condamner fermement des allégations formulées avec légèreté qui ne sont que la marque d’une très grave irresponsabilité », souligne l’ancien président.

« Depuis que j’ai quitté le pouvoir, j’ai observé un devoir de réserve absolu. Cependant, je reste très attentif à l’actualité de mon pays. J’ai souffert lorsqu’il a été l’objet d’attaques terroristes qui ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines », assure M. Compoaré.

Le Burkina a été victime de deux attentats majeurs à Ouagadougou en août 2017 (19 morts) et janvier 2016 (30 morts) ainsi que d’innombrables attaques dans ses zones frontières depuis 2016. Ce pays sahélien pauvre avait été préservé de toute attaque pendant la présidence de Compaoré.

L’actuel président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a notamment observé le 5 novembre à TV5 Monde que « l’ex-président Blaise Compaoré a joué des rôles de médiation au Mali qui ont fait que, de façon constante, nous avons eu certaines collusions –je pèse mes mots– +collusions+ avec les forces jihadistes qui sont au Mali ».

« En matière de terrorisme, la polémique et la division partisane n’ont pas de sens. L’union sacrée est plus qu’un impératif. C’est une exigence absolue. Je salue à cet égard les efforts effectués par mon successeur, démocratiquement élu, le président Roch Marc Christian Kaboré, que je respecte », ajoute Compaoré.

« Il (Kaboré) s’investit, avec le gouvernement, les Forces de Défense et de Sécurité, sans concession et en synergie avec les chefs d’Etat de la sous-région et les Nations unies dans la lutte contre le terrorisme », poursuit l’ancien président, qui fait mine de ne pas avoir relevé les déclarations à TV5 de son successeur.

Des observateurs avaient aussi évoqué ces liens présumés, soulignant le rôle prépondérant du régime Compaoré dans la libération de plusieurs otages occidentaux dans la sous-région. Certains soulignaient notamment les relations de Moustapha Chafi avec les groupes jihadistes. Ce Mauritanien, fin diplomate et excellent connaisseur de la région, a longtemps été un conseiller de Compaoré.

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2017 18h07)                                            

Burkina Faso : le procès de Blaise Compaoré et de son dernier gouvernement fixé au 27 avril 11

avril 11, 2017

L’ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, le 18 septembre 2012. © Francois Mori/AP/SIPA

La Haute Cour de justice du Burkina Faso a annoncé le 10 avril que l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, qui vit en exil en Côte d’Ivoire, et les ministres de son dernier gouvernement seront jugés le 27 avril pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui avait conduit à la chute du régime.

« La Haute Cour de justice va statuer sur le dossier de l’insurrection populaire, le jeudi 27 avril […] dans la salle d’audience du Tribunal de grande instance de Ouagadougou », a précisé le Parquet général.

Les membres du dernier gouvernement du Premier ministre Beyon Luc Adolphe Tiao, y compris l’ancien président Blaise Compaoré, qui était aussi ministre de la Défense, sont poursuivis pour « complicité d’homicide volontaire » et « coups et blessures volontaires ».

La justice reproche aux ministres leur participation au conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014, alors que les mouvements de la société civile et de l’opposition manifestaient contre la modification de la Constitution.

La peine de mort ?

« Au cours de ce conseil des ministres, il a été décidé de prendre une réquisition complémentaire spéciale faisant appel à l’armée pour maintenir l’ordre avec usage d’armes à feu », avait expliqué le parquet en février. Parmi les 34 membres du dernier gouvernement, Clothilde Ky (déléguée au Budget) et Yacouba Ouédraogo (Sport), qui n’avaient pas participé à ce conseil des ministres, ont bénéficié d’un non-lieu. Les autres ont été inculpés, mais bénéficient d’une liberté provisoire avec interdiction de quitter le pays. Tous risquent la peine de mort.

Selon les sources officielles, 33 personnes ont été tuées lors de ces manifestations. Toutefois, le gouvernement déchu est poursuivi pour complicité présumée d’assassinat de « 7 manifestants » à Ouagadougou et pour « 82 » blessés.

Jeuneafrique.om par

Burkina Faso : Pouvoir et opposition disent Niet à un retour aux affaires de Blaise Compaoré

octobre 27, 2016

Quand il voit comment Pierre Nkurunziza résiste à la pression de la communauté internationale, bien qu’il ne sorte plus du Burundi depuis sa victoire controversée en juillet 2015, quand il voit comment Denis Sassou Nguesso a réussi à déjouer son opposition intérieure et celle (supposée) du gouvernement français, même si les cordons de la bourse au FMI sont, momentanément, coupés, quand il observe comme Joseph Kabila se joue de Washington en refusant de tenir les élections à bonne date, stratégie qui lui permet de conserver le pouvoir, Blaise Compaoré (notre photo) doit se dire pourquoi moi seul et personne d’autre ? En effet, de tous les chefs d’Etat qui étaient dans le viseur de la communauté internationale parce que leurs constitutions ne leur permettaient plus de se représenter, seul, lui, Compaoré, a bu la tasse. Les autres s’en sortent tant bien que mal, aidés, parfois, par des oppositions, pas à la hauteur.

A Ouagadougou où on vient de déjouer une énième tentative de déstabilisation des institutions, on prend, très au sérieux, le souhait (caché) caressé par Blaise Compaoré de récupérer son « bien ». Simplement, le peuple burkinabé étant différent de celui du Burundi, du Congo-Brazzaville et du RDCongo, les choses ne seront pas si simples pour Blaise Compaoré et ses amis.

Plus de 300 participants au nombre desquels des personnalités de haut rang de diverses spécialités et bords politiques, sont attendus à la conférence nationale sur l’insurrection, prévue le samedi 29 octobre prochain, à Ouagadougou, a annoncé mardi, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré.

Cette conférence nationale, organisée par l’opposition, se tiendra dans le cadre de la commémoration du 2e anniversaire de l’insurrection populaire de fin octobre 2014. Ce 2e anniversaire sera fêté, comme il se doit, aussi bien, par le pouvoir que par l’opposition.

«Insurrection et aspirations au changement du peuple burkinabè : bilans et perspectives pour une véritable réconciliation nationale », tel sera le thème de cette conférence.

Par la suite, l’opposition se joindra à la cérémonie d’hommage aux martyrs du gouvernement prévue au Monument aux martyrs, à Ouaga 2000, dans la matinée du 30 octobre.

Afriqueeducation.com

Burkina Faso : La société civile élève le ton contre l’impunité

mai 10, 2016

Dans une déclaration conjointe, rendue publique, ce lundi, 9 mai, sept Organisations de la société civile (OSC) ont dénoncé des ‘’tripatouillages’’ dans le dossier relatif au coup d’état manqué de septembre dernier au Burkina Faso : ‘’La Cour de cassation avait servi un spectacle ahurissant en rendant deux décisions contradictoires le même jour concernant le recours en annulation des mandats d’arrêt : une décision publique rejetant le recours lue et entendue à l’audience du matin devant tout le monde et une autre décision rendue publique le soir par des canaux non officiels infirmant la décision du matin », ajoutant que ‘’manifestement, il y a eu fraude quelque part ».

N’y allant pas de main morte, les sept OSC dont le célèbre ‘’Balai citoyen », proclament leur ‘’attachement à la bonne administration de la justice », et disent suivre avec une grande vigilance ces derniers développements du dossier. Les six autres OSC sont : « ‘Génération Joseph Ki-Zerbo », ‘’Génération Cheikh Anta Diop », ‘’Mouvement des Sans Voix (MSV) », ‘’Cadre deux heures pour nous, deux heures pour l’Afrique », ‘’La ligue des Panafricanistes » et ‘’Le Repère ».

‘’Même si les thuriféraires de l’impunité systématique crient victoire, nous restons convaincus que c’est une nouvelle opportunité de prendre toutes les dispositions utiles afin que nul ne puisse se prévaloir de vices de procédure pour échapper à ses responsabilités dans ce crime odieux contre notre processus démocratique », peut-on lire dans la déclaration.

Les OSC encouragent les juges d’instruction à reprendre lesdits mandats en respectant scrupuleusement les règles de procédure. De même, ils mettent en garde les gouvernants contre toute tentative de blocage, de manipulations politiciennes ou diplomatiques de ce dossier.

A cet égard, ces OSC condamnent avec vigueur la décision de l’exécutif consistant à dessaisir un des juges d’instruction. ‘’C’est une immixtion grave dans la conduite du dossier que nous ne saurons accepter », dénoncent-elles.

La déclaration dénonce, aussi, le refus de certains hauts gradés de l’armée, de la gendarmerie et de la police de répondre devant les juges instructeurs, qui veulent les entendre sur leurs rôles dans le coup d’état : ‘’Nous sommes scandalisés par cette information surtout que les mis en cause, à savoir, les premiers responsables de la gendarmerie, de la police et de l’armée sont ceux chargés d’appliquer et de faire respecter la loi ». Pour les OSC, ‘’ce comportement de leur part relève manifestement de l’incivisme au sommet de l’Etat ».

Les OSC disent craindre le risque de tripatouillage de tous les dossiers emblématiques de justice au Burkina Faso, notamment, ceux du putsch, de l’insurrection, de Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary, etc.

Elles élèvent le ton : ‘’Nous, organisations de la société civile qui avons participé auprès de notre peuple à la lutte héroïque pour nous débarrasser de l’autocratie et de son système d’injustice, demeurons vigilantes pour l’aboutissement de ce dossier et de tous les autres ».

Afriqueeducation.com

Burkina Faso/Affaires Compaoré et Soro: De nouveaux mandats d’arrêts vont être lancés

mai 1, 2016

 

Qui a tué le capitaine Thomas Sankara, à l’époque, président du Burkina Faso, pourquoi, de quelle façon, dans quelle circonstance ? Qui en était l’instigateur et pour quelle raison ?
Parlant du coup d’état avorté de septembre dernier : qui en a eu l’idée et pourquoi ? Comment ce coup d’état en pleine transition a-t-il été organisé et de quelle façon allait-il se dérouler ? Qui en était le bras séculier et pour quelle raison ?

Le peuple burkinabé et l’Afrique entière veulent savoir de quoi ces deux affaires retournent. Le fait d’essayer de les enterrer ferait déclencher de nouvelles manifestations à Ouagadougou. Pour dire vrai, on n’en est pas là, même si le très puissant mouvement de masse, Balai Citoyen, a, officiellement, regretté la décision de la Cour de cassation. Mais, à ce qu’on sache, ce n’est que partie remise. Car la justice burkinabè va relancer de nouveaux mandats d’arrêt internationaux contre Blaise Compaoré et Guillaume Soro, après leur annulation, par la Cour de cassation, pour vice de forme. Cette déclaration est du commissaire du gouvernement (procureur militaire).

« Les juges d’instruction vont reprendre les mandats. Si c’est pour des raisons de procédure, de forme, que la requête en annulation a été introduite (et acceptée, ndlr), il n’y a pas de raison que ces mandats ne soient pas repris », a déclaré le procureur militaire de Ouagadougou, le colonel, Norbert Koudougou. Et de poursuivre : « Nous avions introduit la requête pour corriger un vice de procédure, cela étant fait, on ne voit pas d’empêchement particulier à ce que ces mandats puissent être repris », a insisté le colonel Koudougou.

La Cour de cassation de Ouagadougou a annulé, jeudi, 28 avril, le mandat d’arrêt international lancé par la justice militaire contre l’ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, devenu ivoirien, depuis cinq mois, dans le but d’échapper à la justice de son pays, le Burkina Faso, qu’il avait dirigé pendant 28 ans, et le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro.

« Ces annulations ont été faites pour vice de forme parce qu’il aurait fallu demander les réquisitions du commissaire du gouvernement (procureur), du tribunal militaire avant d’émettre les mandats. Cette formalité n’ayant pas été accomplie, la Cour a, donc, décidé d’annuler tous les mandats internationaux », a indiqué le procureur général de la Cour de cassation, Armand Ouédraogo.

La justice militaire burkinabè avait lancé, le 4 décembre, un mandat d’arrêt international contre Blaise Compaoré, réfugié en Côte d’Ivoire depuis sa chute du pouvoir, le 31 octobre 2014.

« L’Ivoirien de fraîche date », Blaise Compaoré, a été inculpé, pour son implication présumée dans l’assassinat de son « alter ego », le président, Thomas Sankara (notre photo), tué le 15 octobre 1987, lors d’un coup d’état (particulièrement sanglant) qui l’avait porté au pouvoir, et rendu l’Afrique triste.

Blaise Compaoré est poursuivi pour « assassinat », « attentat » et « recel de cadavre » dans le cadre de l’enquête ouverte, fin mars 2015, par les autorités de la transition burkinabé. Ayant eu peur de comparaître devant la justice de son pays, il a fui pour se réfugier en Côte d’Ivoire, le pays de son épouse, Chantal, où il a obtenu la nationalité ivoirienne, par le biais de cette dernière. Mais par cette façon d’agir, Blaise a, totalement, perdu le sens de l’honneur. Avec un tel comportement de fuyard, il se discrédite et force les gens à avoir une piètre idée de sa personne.

La justice militaire burkinabè avait, par ailleurs, émis, le 8 janvier, un mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, celui-là qui ambitionnait de devenir, président de Côte d’Ivoire, en s’appuyant sur Blaise Compaoré. Il est évident que, Blaise exilé, Soro voit ses chances de devenir président s’amoindrir. Car il y a d’autres sérieux prétendants au sein du RDR et du PDCI qui ne veulent pas entendre parler de lui. Privé de son mentor, Blaise, Soro doit, maintenant, composer avec d’autres tableaux pas évidents pour lui. Il est poursuivi par la justice burkinabé, pour son implication présumée dans le coup d’état manqué contre le gouvernement de transition burkinabè, en septembre 2015, dont le but final était, de remettre en place, le régime de Blaise Compaoré. Pas mal pensé, mais l’opération ayant connu un gros échec, Guillaume doit, aujourd’hui, rendre les comptes.

La justice se base, notamment, sur l’enregistrement d’une conversation téléphonique supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, pour le poursuivre.

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Burkina: annulation du mandat d’arrêt contre Compaoré et Guillaume Soro

avril 28, 2016

Ouagadougou – La Cour de cassation de Ouagadougou a annulé le mandat d’arrêt international lancé par la justice militaire contre l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré et le président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire Guillaume Soro, a-t-on appris jeudi de source judiciaire à Ouagadougou.

Tous les mandats d’arrêt internationaux ont été annulés aujourd’hui par la Cour de cassation pour vice de forme. Ca concerne aussi bien le mandat d’arrêt contre Blaise Compaoré, celui contre Guillaume Soro et bien d’autres, a déclaré à l’AFP le procureur général de la Cour de cassation Armand Ouédraogo.

Ces annulations ont été faites pour vice de forme parce qu’il aurait fallu demander les réquisitions du commissaire du gouvernement (procureur), du tribunal militaire avant d’émettre les mandats. Cette formalité n’ayant pas été accomplie, la Cour a donc décidé d’annuler tous les mandats internationaux, a indiqué M. Ouédraogo.

Le commissaire du gouvernement a saisi la Chambre de contrôle puis la Cour de cassation afin d’obtenir l’annulation de ces mandats, a indiqué une source proche du dossier.

L’article 130 du Code de procédure pénale oblige le juge à requérir les réquisitions du procureur avant tout mandat international, a précisé cette source.

La justice militaire burkinabè a lancé le 4 décembre un mandat d’arrêt international contre Blaise Compaoré réfugié en Côte d’Ivoire depuis qu’il a été renversé le 31 octobre 2014.

M. Compaoré a été inculpé pour son implication présumée dans l’assassinat du président Thomas Sankara, tué le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir.

Il est poursuivi pour assassinat, attentat et recel de cadavre dans le cadre de l’enquête ouverte fin mars 2015, par les autorités de la transition burkinabé.

La justice militaire burkinabè a par ailleurs émis le 8 janvier un mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro pour son implication présumée dans le coup d’Etat manqué contre le gouvernement de transition burkinabè en septembre 2015.

La justice se base sur l’enregistrement d’une conversation téléphonique supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro.

Djibrill Bassolé, homme clé du régime de Blaise Compaoré, et Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion ivoirienne (2002-2010) ont tous les deux nié avoir eu cette conversation, dénonçant une manipulation.

Le mandat d’arrêt international contre Mme Fatou Diallo, l’épouse du général Gilbert Diendéré, cerveau présumé du coup d’Etat manqué, a été également annulé.

L’annulation des mandats ne veut pas dire que c’est fini. Les juges peuvent reprendre et corriger les actes en suivant les procédures pour les rendre valides. Ce sont des lacunes qui peuvent être reprises. Même dès demain si les juges le veulent, a indiqué M. Ouédraogo.

Romandie.com avec(©AFP / 28 avril 2016 22h27)

Une naturalisation ivoirienne de Blaise Compaoré pour échapper à la justice burkinabé ?

février 26, 2016

L'ancien président burkinabé Blaise Compaoré (gauche) et le président ivoirien Alassane Ouattara (droite), le 4 mars 2014 à Abidjan.

L’ancien président burkinabé Blaise Compaoré (gauche) et le président ivoirien Alassane Ouattara (droite), le 4 mars 2014 à Abidjan. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP
Au moment où les autorités burkinabées attendaient toujours l’exécution d’un mandat d’arrêt international émis le 21 décembre 2015 à l’encontre de l’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, Abidjan a adressé une réponse diplomatique à Ouagadougou. Le président Alassane Ouattara a accordé la nationalité ivoirienne à son hôte, recherché pour son implication présumée dans la mort de l’ancien chef d’Etat burkinabé Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons le 15 octobre 1987.

La décision d’Alassane Ouattara, diffusée dans les médias ivoiriens le 22 février, fait écho à sa déclaration du 15 janvier 2016 : « Comme la France, la Côte d’Ivoire n’extrade pas ses nationaux. »

Il s’agissait d’une des réponses adressées à la justice du Burkina, qui a aussi émis un mandat d’arrêt à l’encontre du numéro deux ivoirien Guillaume Soro, accusé d’être impliqué dans l’affaire des écoutes téléphoniques avec l’ancien chef de la diplomatie burkinabée, Djibril Bassolé.

« C’est une décision souveraine qui a été prise. Elle ne va rien induire. Il [Blaise Compaoré] est Ivoirien, un point un trait. Je ne pense pas qu’il y ait lieu de faire un commentaire outre que de constater », a soutenu en conférence de presse le 24 février, la porte-parole du gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine, au sortir d’un conseil des ministres.

« Une incurie politique »

A Abidjan, cette sortie de la ministre de la communication a été peu appréciée, qualifiée de « maladroite » par une partie de la classe politique. Mais on ne digère surtout pas que la décision de naturalisation n’ait été inscrite au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire que le 18 janvier 2016, alors que le document avait déjà été signé le 17 novembre 2014, soit deux semaines environ après la chute de Compaoré et sa fuite vers la Côte d’Ivoire.

« C’est une incurie politique. Il est impossible que quelqu’un ait officié aux plus hautes fonctions de son pays pendant 27 ans, et soit brusquement absous de ses responsabilités [par le déni de] la nationalité du pays qu’il a présidé », a vivement réagi au Monde Afrique Michel Séri Gouagnon, secrétaire national chargé des droits et des libertés au Front populaire ivoirien (FPI, opposition).

S’il assure que la naturalisation est un acte entre un Etat et un individu, Séri soutient qu’une procédure est à engager et un délai à respecter :

« N’ayant pas obéi à la procédure et aux textes, cette naturalisation est illégale. Mais nous comprenons que la vraie raison de cette naturalisation est de faire échec à son extradition. En même temps, c’est un aveu des crimes qui lui sont reprochés. »

Le parti de Michel Séri, au pouvoir pendant la décennie 2000, s’était déjà opposé à une naturalisation de l’ancien président burkinabé. En juin 2004, en plein examen du projet de loi modifiant le Code de la nationalité, l’ex-député FPI de Duékoué (ouest du pays), Dehe Gnahou avait déclaré à l’hémicycle : « Non, non et non ! Blaise Compaoré ne sera pas Ivoirien parce que sa femme est ivoirienne. »

Pour le juriste et analyste politique ivoirien Geoffroy Kouao, deux faits importants empêchaient l’acquisition de la nationalité ivoirienne à Blaise Compaoré, en dépit du fait que son épouse dispose effectivement de ladite nationalité.

« La loi adoptée est postérieure au mariage du couple. [Elle] ne saurait donc rétroagir. Aussi, la loi interdit que toute personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’une procédure judiciaire ne soit admise à acquérir la nationalité ivoirienne. Alors que nous sommes dans cette hypothèse concernant M. Compaoré. Dans tous les cas de figure, la nationalité ivoirienne ne pouvait lui être octroyée », estime Kouao.

Lemonde.fr par Alexis Adélé (contributeur Le Monde Afrique, Abidjan)

Mandat d’arrêt contre Compaoré: le gouvernement ivoirien dit ne pas être au courant

décembre 23, 2015

Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi, à Abidjan ne pas être au courant d’un mandat d’arrêt lancé par le Burkina Faso contre son ancien Président Blaise Compaoré et ne souhaite pas commenter les décisions de justice.

« Premièrement, nous ne sommes pas au courant de l’information que vous donnez. Même si c’était le cas, nous avons eu l’habitude ici de ne pas commenter les décisions de justice», a déclaré le ministre de la Poste, des technologies de l’information et de la communication, Bruno Nabagné Koné.

M. Koné, par ailleurs porte-parole du gouvernement, s’exprimait à l’issue d’un Conseil de ministre présidé par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Le capitaine Thomas Sankara, président du Faso (1983-1987) a été assassiné le 15 octobre 1987, lors du coup d’Etat qui a propulsé Blaise Compaoré au pouvoir.

Dans le cadre de l’instruction judiciaire en cours sur son assassinat, un mandat d’arrêt international à été émis, en début décembre dernier, contre Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire, depuis l’insurrection de fin octobre 2014.

Apanews.net