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RDC : 20 ans de prison requis contre Vital Kamerhe

juin 12, 2020

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. © Vincent Fournier/J.A.

Une peine de 20 ans de prison a été requise jeudi par la justice congolaise contre l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, allié politique et directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, 61 ans, est le principal des trois accusés d’un procès sans précédent pour détournement et blanchiment présumés de quelque 50 millions de dollars d’argent public.

Le jugement sera rendu le 20 juin, a indiqué en soirée le président du tribunal de grande instance, au terme d’une cinquième audience retransmise en direct, très suivie par les Congolais.

Le procès se tient dans l’enceinte de la prison centrale de Kinshasa, où Vital Kamerhe est en détention préventive depuis le 8 avril. Comme ses deux co-accusés, il a clamé son innocence, dénonçant un « procès politique » et la « brutalité et l’acharnement » du tribunal contre lui. Le procureur avait demandé 20 ans de « travaux forcés » à son encontre, ainsi que dix ans de privation du droit de vote et d’éligibilité.

La même peine de 20 ans a été requise contre le premier de ses deux coaccusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, 78 ans, dont plus de 50 au Congo.

Le Parquet a également demandé la « confiscation des fonds » bancaires de l’épouse de Vital Kamerhe, de la fille de celle-ci et d’un cousin de l’accusé, ainsi que « la confiscation des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés pendant la période allant de janvier 2019 à ce jour ».

Dans la plaidoirie de la partie civile, un avocat de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé que le couple, qui s’est marié en février 2019, avait acquis et rénové un hôtel particulier en France pour plus d’un million d’euros.

« La vraie justice viendra de Dieu »

« C’est comme si vraiment on voulait abattre toute la famille », s’est défendu Vital Kamerhe, en parlant d’une maison « à 45 minutes de Paris ». « La vraie justice viendra de Dieu, quand les juges humains s’écartent de la vraie justice », a-t-il ajouté, affirmant avoir prévenu sa femme avant l’audience que « la messe est dite » concernant son sort judiciaire.

Originaire de la province du Sud-Kivu (Est), Vital Kamerhe est une figure centrale de la vie politique congolaise depuis les années 2000.

Candidat déclaré à la présidentielle du 30 décembre 2018, il s’était désisté au profit de Félix Tshisekedi un mois avant le scrutin.  Les deux hommes avaient alors conclu un accord prévoyant que Vital Kamerhe devienne Premier ministre puis candidat à la présidentielle suivante, en 2023.

Une fois au pouvoir, Félix Tshisekedi l’avait finalement nommé directeur de cabinet, devant réserver le poste de Premier ministre à un proche de son prédécesseur Joseph Kabila, en vertu d’un autre accord politique.

L’argent public que Vital Kamerhe est accusé d’avoir détourné devait financer un volet des travaux d’urgence du programme des « 100 jours » lancé par le chef de l’État début mars 2019.

Ce volet portait sur la construction de logements sociaux pour militaires, sous la forme de 1 500 maisons préfabriquées et importées de Turquie. Le marché avait été passé avec Jammal Samih, qui a également demandé son acquittement: « Je suis innocent », a-t-il dit.

Vital Kamerhe et Jammal Samih sont jugés avec un troisième accusé, Jeannot Muhima, en charge du service import-export à la présidence de la République, et du dédouanement des marchandises importées.

Décès soudain de Raphaël Yanyi

Depuis Paris, un collectif d’avocats de Vital Kamerhe a affirmé avoir saisi un « groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire » en « sollicitant une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux de Vital Kamerhe ».

« Il n’y a aucune preuve de flux financiers coupables », écrivent dans un communiqué Me Jean-Marie Kabengela et Me Pierre-Olivier Sur. Les deux avocats reviennent également sur la mort soudaine du magistrat Raphaël Yanyi dans la nuit du 26 au 27 mai, soit deux jours à peine après avoir présidé la deuxième audience du procès.

Dans l’attente d’un compte-rendu d’autopsie, « plusieurs sources » avancent que le magistrat a été « empoisonné et désignent monsieur Vital Kamerhe comme responsable ». « Dans ce contexte tendu, les autorités pénitentiaires congolaises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité » de Vital Kamerhe, estiment les avocats.

Vital Kamerhe n’a pas officiellement démissionné de son poste de directeur de cabinet, mais un intérimaire – son adjoint – a été nommé.

Vital Kamerhe est le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), parti qui compte plusieurs ministres au sein du gouvernement de coalition de Félix Tshisekedi. Aucun n’a démissionné à ce jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

Angola : le fils de l’ex-président José Eduardo dos Santos dénonce un « procès politique »

décembre 12, 2019

L'ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos à Lusaka, en Zambie, en avril 2008.

L’ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos à Lusaka, en Zambie, en avril 2008. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Jugé depuis lundi par un tribunal de Luanda pour détournement de fonds publics et blanchiment, le fils de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos a dénoncé un règlement de comptes politique.

« Si je n’étais pas le fils de l’ancien président de la République, je ne serais pas ici pour être jugé par vous« , a lancé Jose Filomeno dos Santos au juge Joao Da Cruz Pitra, qui préside les débats du Tribunal suprême.

Ex-patron du fonds d’investissement souverain angolais, Jose Filomeno dos Santos, 41 ans, comparaît avec trois autres prévenus pour détournement de fonds publics et blanchiment.

La justice leur reproche d’avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale angolaise (BNA) vers un compte Credit Suisse à Londres, dans le cadre d’une fraude qui leur aurait permis, selon le parquet, de détourner jusqu’à 1,5 milliard de dollars.

Mercredi, Jose Filomeno dos Santos a répété que ce virement entrait dans le cadre d’un projet parfaitement légal qui devait permettre à l’Angola de bénéficier de 35 milliards de dollars de financements.

« Les 500 millions devaient être gérés selon un contrat signé entre la BNA (Banque centrale angolaise) et un consortium, qui n’a pas été exécuté parce qu’il a été annulé par le nouvel exécutif », s’est-il défendu.

« Je n’ai jamais été le partenaire ou le représentant d’une entreprise à qui la BNA a versé cet argent », a insisté le prévenu.

« Je n’ai fait que transmettre une lettre de projet à l’ancien président, qui m’a autorisé à assister à des réunions en tant que président du fonds souverain ».

Jusqu’à douze ans de prison

Jose Filomeno dos Santos est le premier membre de la famille de l’ex-président poursuivi devant la justice. Surnommé « Zenu », il avait été incarcéré en septembre 2018, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire en mars.

Il risque de deux à douze ans de prison. Son père José Eduardo dos Santos a pris sa retraite en 2018 après 38 ans d’un règne sans partage, pendant lequel il a mis l’économie angolaise en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

Son successeur Joao Lourenço, ancien cacique du régime, a limogé les soutiens de l’ancien chef de l’État de la tête des institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays, au nom de la lutte contre la corruption.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Danemark: le patron de la 1ère banque emporté par un scandale de blanchiment d’argent

septembre 19, 2018

Le patron de la première banque danoise, Danske Bank, Thomas Borgen, à Copenhague le 16 novembre 2017 / © Ritzau Scanpix/AFP/Archives / Anne BAEK

Le patron de la première banque danoise, Danske Bank, a annoncé mercredi sa démission, emporté par un scandale de blanchiment en Estonie entre 2007 et 2015 dont l’ampleur exacte reste à déterminer mais qui pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros.

« Il est évident que Danske Bank n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités dans le cas du possible blanchiment d’argent en Estonie », a indiqué le directeur général Thomas Borgen dans un communiqué de presse alors que la banque présentait mercredi les résultats de son enquête interne.

Même si cette enquête, réalisée par un cabinet indépendant, « conclut que j’ai respecté mes obligations légales, je crois qu’il est mieux pour toutes les parties que je démissionne », ajoute M. Borgen, âgé de 54 ans et en poste depuis 2013.

Cette enquête, réalisée par un cabinet indépendant, a porté sur des flux de 1.500 milliards de couronnes danoises, soit plus de 200 milliards d’euros, ayant transité par une filiale de la banque en Estonie. A titre de comparaison, le Produit intérieur brut de l’Estonie se montait en 2017 à 23 milliards d’euros.

Sur cette somme totale de quelque 200 milliards d’euros, Danske Bank n’est pas « capable de fournir une estimation précise du montant des transactions suspectes », selon un communiqué.

– Des milliards d’euros –

Début septembre, le quotidien américain Wall Street Journal avait évoqué une somme de 150 milliards de dollars (129 milliards d’euros) provenant « d’entreprises ayant des liens avec la Russie et l’ex-Union soviétique » ayant transité par la filiale estonienne durant la période.

Un chiffre de 8,3 milliards de dollars de capitaux blanchis avait été avancé lors de l’ouverture en août d’une enquête par le parquet financier danois.

Le quotidien danois Berlingske, qui avait évoqué en 2017 des sommes d’environ 3,9 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros), avait alors plus que doublé le chiffre après avoir consulté les relevés bancaires de vingt sociétés ayant eu des comptes dans cette filiale entre 2007 et 2015. Des relevés liés à une affaire plus ancienne révélée par l’avocat russe Sergueï Magnitsky, décédé en 2009 après un an de détention en Russie.

Danske Bank a également annoncé mercredi le versement de l’équivalent de 200 millions d’euros à une fondation indépendante qui sera créée pour soutenir les initiatives visant à combattre la criminalité financière internationale, y compris le blanchiment d’argent, « également au Danemark et en Estonie ».

Cette somme sera comptabilisée au troisième trimestre, ce qui oblige la banque à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfice pour 2018.

L’action Danske Bank a décroché à la Bourse de Copenhague, perdant 8,29% à 160,40 couronnes à 9H55 GMT.

« Nous n’avons rien appris sur l’étendue du problème de blanchiment. Cela signifie que l’incertitude peut durer. La peur de fortes amendes est toujours là », a analysé Mikkel Emil Jensen de Sydbank pour l’agence locale Ritzau Finans.

Selon des informations du Wall Street Journal, Danske Bank, qui n’opère pas aux Etats-Unis mais possède des obligations en dollars, est aussi dans le collimateur du gendarme financier américain.

La banque danoise n’est pas le seul établissement financier soupçonné de blanchiment: de grandes banques européennes comme BNP Paribas et Deutsche Bank ont été condamnées à ce titre.

Début septembre, la banque néerlandaise ING a payé la somme de 775 millions d’euros dans un accord conclu avec les autorités suite à une enquête concernant du blanchiment d’argent aux Pays-Bas entre 2010 et 2016.

Romandie.com avec(©AFP / (19 septembre 2018 12h42)

Opération de blanchiment entre la Suisse et Dubaï

mai 26, 2018

Berne (awp/ats/ansa) – La « Guardia di finanza » de Padoue a mis à jour une association de malfaiteurs transnationale active dans le blanchiment de plus de 46 millions d’euros entre la Suisse et Dubaï, a indiqué samedi l’agence italienne ansa. Cinq personnes ont été placées en détention préventive, dont un Suisse.

Outre ce ressortissant suisse, les personnes arrêtées sont toutes italiennes. Il s’agit d’une femme résidant à Dubaï, un homme résidant à Monaco mais domicilié à Padoue et sa compagne, ainsi qu’un autre homme résidant à Lugano (TI), précise ansa.

De nombreuses perquisitions ont été menées sur le territoire italien, a aussi indiqué l’agence. Contacté samedi, le Département fédéral de justice et police (DJPD) n’était pas en mesure de confirmer l’information.

 Par la Tchéquie et la Slovaquie

Conduite par le Parquet de Padoue, l’enquête a débuté en 2016. Les investigations ont révélé que les cinq personnes mises en cause auraient mis sur pied une organisation pour blanchir l’argent issu d’activités financières illicites et déposé dans des banques suisses.

Ils effectuaient des virements de banques helvétiques vers des sociétés fictives en République tchèque et en Slovaquie, sous couvert d’acquisition de lingots d’or qui n’existaient pas en réalité. Les virements étaient ensuite envoyés à Dubaï.

Aux Emirats arabes unis, une ressortissante italienne percevait l’argent et le réexpédiait par avion à nouveau en Suisse, à disposition des clients de l’organisation. Les cinq complices retenaient entre 5 et 10% de l’argent. Le chiffre d’affaires de l’organisation a été estimé à environ 46 millions d’euros.

Romandie.com avec (AWP / 26.05.2018 16h23)                                                        

France: un fils du chef de la diplomatie française en garde à vue pour faux, escroquerie et blanchiment

décembre 15, 2015

Paris – Thomas Fabius, fils du chef de la diplomatie française Laurent Fabius, a été placé mardi en garde à vue dans la banlieue parisienne dans le cadre d’une enquête pour faux, escroquerie et blanchiment, a-t-on appris de sources concordantes.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2013 pour éclaircir d’importants mouvements de fonds qui pourraient avoir transité par les comptes de Thomas Fabius.

Les enquêteurs s’intéressent notamment à l’acquisition en 2012 d’un appartement à Paris pour sept millions d’euros.

Cette transaction avait fait l’objet d’un signalement par la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, Tracfin. Cet appartement, situé boulevard Saint-Germain, artère cossue de la capitale française, a été perquisitionné mardi matin, selon une source proche de l’enquête.

C’est la première fois que Thomas Fabius, 34 ans, est entendu dans cette affaire par les enquêteurs de l’office central de répression de la grande délinquance financière de la direction centrale de la police judiciaire.

Sollicité, son avocat, Me Cyril Bonan, a confirmé la garde à vue, mais n’a pas fait d’autre commentaire dans l’immédiat.

Thomas Fabius est également visé par un mandat d’arrêt délivré par les États-Unis fin octobre. Il est accusé d’avoir rédigé des chèques en bois d’un montant total de plus de 3,5 millions de dollars (3,2 millions d’euros) dans plusieurs casinos de Las Vegas, mi-2012.

Romandie.com avec(©AFP / 15 décembre 2015 17h01)