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Tempête russo-ukrainienne sur la mer d’Azov

septembre 26, 2018

Un employé marche dans le port ukrainien de Marioupol le 14 août 2018 / © AFP / Aleksey FILIPPOV

Dominant une mer étincelante sous le soleil de plomb, les grues du port ukrainien de Marioupol restent immobiles: son activité se trouve en grande partie paralysée en raison de ce que Kiev dénonce comme un blocus russe de la mer d’Azov.

Cette petite mer se trouve dans une zone sous haute tension, entre la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014 et l’est de l’Ukraine, théâtre d’une guerre avec les séparatistes prorusses.

Une nouvelle crise s’amplifie, Kiev et les Occidentaux accusant la Russie d' »entraver » délibérément la navigation des navires commerciaux via le détroit de Kertch, seule voie maritime vers la mer d’Azov.

« Je n’ai rien vu de pareil depuis que j’ai commencé à travailler ici » il y a 23 ans, soupire Serguiï Kostyrko, un docker, montrant le principal quai de Marioupol, vide. « Les cargos sont devenus trop rares dans notre port ».

L’Ukraine critique une tentative de Moscou d’étouffer ses ports, cruciaux pour les exportations de sa production métallurgique, voire de préparer une offensive contre Marioupol, dernière grande ville sous contrôle de Kiev dans l’est.

Moscou cherche à « bloquer les ports ukrainiens de la mer d’Azov, faire monter la tension et – on ne peut pas l’exclure – lancer une offensive militaire sur Marioupol », a lancé en juillet le président Petro Porochenko.

– Quais vides –

Fin août, Washington a dénoncé un « harcèlement du transport international » affectant des « centaines de navires commerciaux ». Début septembre, la représentation de l’UE en Ukraine a elle aussi accusé Moscou d' »entraver et retarder le passage » des cargos.

L’Ukraine critique une tentative de Moscou d’étouffer ses ports, cruciaux pour les exportations de sa production métallurgique / © AFP / Aleksey FILIPPOV

Moscou renvoie la responsabilité à Kiev, sa porte-parole Maria Zakharova assurant que « les contrôles effectués par la Russie visent exclusivement à assurer sa sécurité »: « Nous avons vu en pratique ce dont sont capables les éléments radicaux ukrainiens ».

Les difficultés sont apparues avec la construction par Moscou d’un très controversé pont de 19 kilomètres dans le détroit de Kertch reliant la Crimée annexée à la Russie.

L’installation de ses arches en 2017 a d’ores et déjà « coupé la voie à une partie des navires, trop grands pour passer en-dessous », a déclaré à l’AFP Oleksandre Oliïnyk, directeur du port de Marioupol.

Cette année, les garde-frontière russes ont commencé à retenir des bateaux, officiellement pour des contrôles.

« Les contrôles prennent trois ou quatre heures, mais l’attente peut prendre cinq jours » contre « un maximum de dix heures » auparavant, déplore M. Oliïnyk.

Et ces retards infligent des pertes importantes aux armateurs et aux ports, qui perdent leurs clients. Chaque jour d’attente d’un cargo coûte « de 5.000 à 15.000 dollars » à ses propriétaires, dit M. Oliïnyk. « Un jour, les armateurs finiront par nous dire: basta, cela ne nous intéresse plus! »

Sur les sept premiers mois de l’année, les recettes des ports de Marioupol et Berdiansk ont chuté presque d’un quart par rapport à la même période en 2017, selon des médias.

Carte de l’Ukraine avec les zones contrôlées par les séparatistes et de la Crimée annexée par la Russie / © AFP / Jochen GEBAUER, Jonathan JACOBSEN

– Présence militaire –

La tension monte y compris sur le plan militaire dans les eaux peu profondes de la mer d’Azov qui baignent le sud du Donbass, région ukrainienne où le conflit armé avec les séparatistes prorusse a fait plus de 10.000 morts en quatre ans.

Kiev et l’Occident accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes, ce qu’elle dément, malgré de nombreuses preuves du contraire.

Rien qu’en mai, Moscou a transféré cinq de ses navires militaires de la Caspienne vers la mer d’Azov, se « donnant une nouvelle capacité d’attaque », selon une publication du centre d’analyse Jamestown Foundation le même mois.

En juillet, Kiev a affirmé qu’une quarantaine de vedettes de combat russes se trouvaient déjà en mer d’Azov.

« La présence de forces armées russes est devenue provocatrice et agressive », a déclaré récemment à Kiev l’envoyé spécial américain Kurt Volker.

En réponse, l’Ukraine a transporté par terre en septembre deux navettes blindées d’artillerie dans le port de Berdiansk et, selon son ambassadeur aux Etats-Unis, négocie avec Washington l’obtention de deux embarcations de patrouille de classe Island.

Dimanche, deux navires ukrainiens sont entrés dans la mer d’Azov par le détroit de Kerch vers Berdiansk, port censé devenir, selon le président Porochenko, « une nouvelle base des forces navales ukrainiennes ».

Romandie.com avec(©AFP / (26 septembre 2018 12h19)

Israël renforce le blocus sur Gaza dans un contexte de vives tensions

juillet 17, 2018

Photo prise le 17 juillet 2018 à Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza sous blocus / © AFP / SAID KHATIB

Israël a renforcé encore davantage le blocus sur la bande de Gaza, en réaction aux cerf-volants incendiaires lancés ces derniers mois depuis l’enclave palestinienne, qui ont provoqué des dommages pour son secteur agricole et contribué au risque d’embrasement.

Trois jours après la pire confrontation armée entre Israël et le mouvement islamiste Hamas depuis la guerre de 2014, le ministère de la Défense israélien a suspendu mardi les livraisons de fioul et de gaz via Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et l’enclave.

La semaine dernière, Israël avait déjà annoncé la fermeture immédiate de ce point de passage, le Hamas dénonçant un « crime contre l’humanité ».

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumis à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.

Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur le Hamas, détériorant encore la situation humanitaire déjà précaire dans l’enclave où 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale.

Rafah, l’autre point de passage des biens vers Gaza ouvrant vers l’Egypte, était aussi fermé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP, sans qu’une confirmation officielle en détaille les raisons.

Il était fermé de manière quasi-permanente depuis quelques années.

– Cerfs volants incendiaires – / © AFP / SAID KHATIB

– « Tuer les incendiaires » –

Depuis plus d’une semaine, Israël durcit sa réponse aux cerfs-volants et ballons enflammés lancés depuis Gaza, qui ont déjà dévoré plus de 2.600 hectares de terres israéliennes, selon les autorités.

Après les pierres, le cerf-volant et sa déclinaison incendiaire sont devenus le symbole de la mobilisation palestinienne, embarrassant les dirigeants israéliens qui ne parviennent pas à stopper les dégâts causés par ces engins artisanaux, le plus souvent fabriqués avec un morceau de bois, du plastique et des tissus enflammés.

Ces projectiles incendiaires accompagnent les manifestations de Gazaouis qui protestent le long de la barrière qui sépare Israël de Gaza depuis le 30 mars contre le blocus et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Au moins 144 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de ce mouvement. Aucun Israélien n’a été tué.

En visite lundi dans les localités voisines de la bande de Gaza, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que son pays considérait les cerfs-volants enflammés comme des violations du cessez-le-feu avec le Hamas.

Photo prise le 17 juillet 2018 montrant des bateaux de pêche au port de Gaza, Israël réduisant la zone de pêche sur la côte de 6 à 3 milles / © AFP / SAID KHATIB

« Si je ne me fais pas comprendre par les mots, le message sera clarifié par des actions de l’armée », a-t-il prévenu.

Son ministre de l’Education, Naftali Bennett, a lui estimé mardi qu’il fallait « tuer les terroristes incendiaires et « éteindre cette vague de terrorisme ».

– « Jouer avec le feu » –

Lundi, l’armée israélienne a attaqué deux positions du Hamas d’où, selon elle, des ballons incendiaires avaient été lancés. Ces dernières semaines, les frappes israéliennes étaient surtout dissuasives, ciblées à proximité des lanceurs de projectiles enflammés.

« L’occupation israélienne a exagéré les dégâts causés par les cerfs-volants et les ballons, afin de justifier son attaque contre Gaza », a estimé Sami Abou Zohri, un porte-parole du Hamas dans un communiqué.

« L’occupation israélienne joue avec le feu si ses avions de guerre visent les lanceurs de cerfs-volants », a-t-il averti.

Un cerf-volant auquel est attaché un cocktail Motlotov est dirigé par de jeunes Palestiniens vers la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 18 avril 2018 / © AFP / MAHMUD HAMS

Pour Israël, le Hamas a la capacité de stopper les cerfs-volants.

« Rien ne se passe à Gaza sans le consentement du Hamas », a affirmé à l’AFP Gabi Siboni, directeur de l’institut israélien des études de sécurité nationale et ancien officier de l’armée israélienne, précisant que les cerfs-volants pourraient être à l’origine d’une nouvelle escalade militaire.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de science politique à Gaza, le Hamas pourrait stopper ces projectiles mais il les utilise pour faire pression sur Israël.

« Le Hamas est limité dans sa réponse militaire », a-t-il expliqué à l’AFP. « Il n’a pas intérêt à aller à la confrontation, car les gens ne veulent pas d’une guerre à moins qu’elle soit imposée par Israël ».

Samedi, Israël a mené des dizaines de raids aériens, en réponse aux projectiles incendiaires et aux manifestations le long de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza.

Ces frappes ont tué deux adolescents palestiniens de 15 et 16 ans, alors que 200 roquettes et obus ont été tirés en réponse depuis l’enclave vers le territoire israélien.

Le Hamas a annoncé plus tard qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une médiation égyptienne. Depuis, quelques échanges de tirs seulement sont venus troubler le calme précaire.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2018 14h30)

Le Qatar se tourne vers Oman pour contourner le blocus naval des Emirats

juin 12, 2017

Doha – Le Qatar a annoncé lundi l’ouverture de deux lignes maritimes avec Oman pour contourner les Emirats arabes unis dont les ports sont fermés à tout trafic maritime avec Doha depuis la début de la crise du Golfe.

L’annonce faite par l’Autorité des ports du Qatar précise que les deux dessertes se feront entre le port Hamad de Doha et les ports omanais de Sohar et Salalah.

Le port Hamad est distant de 778 km de Sohar et de 2.095 km de Salalah.

Parmi les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Oman et le Koweït sont les seuls à ne pas avoir suivi l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn dans leur décision le 5 juin de rompre avec le Qatar.

Les ports des Emirats ont servi pendant des décennies de point de transit pour les importations du Qatar.

Les Emirats font partie des alliés de l’Arabie saoudite qui ont rompu les relations diplomatiques avec le Qatar et lui ont imposé des restrictions commerciales, en l’accusant de soutenir le « terrorisme » et de leur préférer l’Iran, ce qu’il nie avec force.

Le Qatar est le premier producteur et exportateur de gaz naturel liquéfié et dépend fortement des importations pour ses besoins en produits alimentaires.

L’Arabie saoudite a fermé le seul point d’entrée terrestre du Qatar par lequel transitaient, selon des spécialistes, 40% de ses importations alimentaires.

L’Iran, rival chiite de l’Arabie saoudite, s’est empressé d’envoyer des tonnes de produits alimentaires au Qatar et la Turquie, autre alliée de Doha, a également offert son aide.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2017 12h59)                                            

Congo: Communiqué des Assises Nationales du Congo sur le blocus des résidences de Parfait Kolelas et Okombi-Salissa

octobre 24, 2015

ASSISESLes Assises Nationales du Congo pour l’Alternance Démocratiques attirent la très haute attention du Gouvernement des Etats Unis d’Amérique, de l’Union Européenne et de ses pays membres, en particulier la France et l’Italie, ainsi que celle des ONG, associations et médias concernés par la situation qui prévaut au Congo Brazzaville.

Depuis quasiment le début, près d’une semaine, que la crise vient d’y éclater, tous les responsables de l’opposition intérieure, Messieurs Parfait Kolélas, André Okombi Salissa, Mathias Dzon, Guy Kinfoussia, Clément Mierassa, Michel Mampouya et quelques autres membres de l’IDC-FROCAD sont en résidence surveillée. Les domiciles sont entourés par des mercenaires étrangers en uniformes de la police congolaise et rien, ni personne, ne peut y entrer ni en sortir. Ni médicament, ni ravitaillement, sans aucun moyen pour la plupart d’entre eux de communiquer avec l’extérieur.

Nous demandons que les Ambassadeurs des USA, de la France et de l’Union Européenne se rendent aux domiciles desdits leaders de l’opposition, et exigent la levée immédiate du siège de leur domicile. Cette situation d’enfermement et de siège est insupportable et devient inhumaine.

Nous en appelons à tous, Gouvernements, ONG, Associations, médias à relayer cette information et à permettre de mettre un terme à cette cruelle situation ou pour le moins la mise en place de couloirs humanitaires.

Nous rappelons par la même occasion, l’illégalité du référendum anticonstitutionnel du 25 octobre 2015 et appelons tous les Congolais à mettre tout en œuvre pour faire échec à ce scrutin.

Fait à Paris le 24 octobre 2015

Le Coordonnateur des Assises

Jean Luc Malekat