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Blogueur saoudien: Ryad rejette toute ingérence étrangère

juin 11, 2015

Ryad – L’Arabie saoudite a rejeté jeudi toute critique et toute ingérence étrangère dans l’affaire du blogueur Raef Badaoui, dont la condamnation à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour insulte à l’islam a été confirmée par la Cour suprême.

Le royaume a exprimé son incrédulité et sa condamnation face aux critiques étrangères sur le cas du citoyen saoudien Raef Badaoui, a indiqué l’agence officielle SPA, citant une source officielle au ministère des Affaires étrangères.

La justice en Arabie saoudite jouit de l’indépendance et le royaume n’accepte aucune ingérence (dans son système) et ses affaires internes d’une quelconque partie, a ajouté cette source officielle saoudienne.

Mardi, la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström, qui avait provoqué une crise diplomatique avec Ryad en mars à propos des droits de l’Homme, a de nouveau accusé l’Arabie saoudite d’user d’une méthode moyenâgeuse en ayant recours à la flagellation.

La veille, les États-Unis avaient appelé Ryad à annuler la punition brutale contre Raef Badaoui, tandis que l’Union européenne avait qualifié ce châtiment d’inacceptable et contraire à la dignité humaine.

Raef Badaoui, 31 ans, avait été condamné en 2014 à 10 ans de prison et à 1.000 coups de fouet (50 par semaine pendant 20 semaines) pour insulte à l’islam.

Il avait subi une première séance de flagellation le 9 janvier 2015, mais les séances suivantes avaient été repoussées, d’abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.

Après la confirmation dimanche de sa condamnation par la Cour suprême, l’épouse du blogueur et des organisations de défense des droits de l’Homme ont déclaré redouter que les séances de flagellation ne reprennent rapidement.

– ‘Châtiment inhumain’ –

Amnesty International a mis en garde contre une reprise de ce châtiment cruel et inhumain, ajoutant que la Cour suprême saoudienne a prouvé que les autorités ne cherchent pas à rendre justice mais à faire de lui un exemple pour éviscérer la liberté d’expression.

Human Rights Watch a de son côté affirmé que le traitement cruel et injuste dont M. Badaoui est victime fait partie d’une offensive plus vaste contre les protestations pacifiques.

Animateur du site internet Liberal Saudi Network et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, Raef Badaoui est emprisonné depuis 2012.

La co-fondatrice du site, Souad al-Shammari, a passé trois mois en prison au début de l’année. Et l’avocat de M. Badaoui est derrière les barreaux.
Farouche défenseur de la liberté d’expression, le site internet de Raef Badaoui avait demandé la fin de l’influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, une stricte version de l’islam.

Dimanche son épouse, Ensaf Haidar, réfugiée au Canada avec ses trois enfants, n’avait pas caché sa déception après cette décision de la Cour suprême, finale et sans appel.

J’espérais qu’à l’approche du ramadan (le mois de jeûne musulman, qui commence vers le 17 juin) et avec le nouveau roi en Arabie saoudite, les prisonniers d’opinion dans le royaume, dont Raef, seraient graciés, a-t-elle ajouté dans un entretien téléphonique avec l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2015 19h11)

Tunisie: le blogueur Yassine Ayari est sorti de prison

avril 17, 2015

Tunisie: le blogueur Yassine Ayari est sorti de prison
Tunisie: le blogueur Yassine Ayari est sorti de prison © AFP

Le blogueur tunisien Yassine Ayari, condamné à six mois de prison ferme pour « atteinte à l’armée », a été libéré jeudi soir après avoir purgé plus de la moitié de sa peine, a indiqué vendredi son frère à l’AFP.

La famille du jeune homme avait demandé sa libération « il y a une dizaine de jours à la justice (. . . ) parce qu’il a purgé plus de la moitié de sa peine, n’a pas d’antécédents judiciaires et s’est bien conduit en prison », a précisé Moutiaa Ayari.

D’abord refusée par le Parquet militaire, sa libération a eu lieu « la nuit dernière », a-t-il ajouté.

Yassine Ayari avait été condamné dans un premier procès par contumace le 18 novembre à trois ans de prison pour avoir notamment diffamé des officiers et cadres du ministère de la Défense et accusé des responsables d’infractions financières et administratives sans présenter de preuves, selon ses avocats.

Interpellé en décembre à son arrivée de Paris puis transféré vers une prison près de Tunis, il avait fait opposition au jugement et avait vu sa peine réduite à un an en janvier, avant que la cour d’appel militaire ne décide de réduire sa peine à six mois.

Le blogueur a plusieurs fois assuré que ce procès était un « règlement de comptes » à son égard pour avoir critiqué des responsables de l’armée.

« Ce qui s’est passé lors de mon procès est une mascarade », a lancé Yassine Ayari à des journalistes à sa sortie de prison. « Tout ce que j’ai dit sur Facebook est vrai et je le redirai, et remettez-moi en prison si vous le voulez ».

M. Ayari était un activiste sous le régime déchu du dictateur Zine El Abidine Ben Ali et a continué à être actif après la révolution. Il est le fils d’un colonel de l’armée tué en mai 2011 dans des affrontements avec un groupe de jihadistes.

Jeuneafrique.com

Vietnam: un blogueur condamné

août 10, 2011

Un blogueur et professeur franco-vietnamien, dont l’arrestation il y a un an avait inquiété la France, a été condamné mercredi à Ho Chi Minh-Ville à trois ans de prison suivis de trois ans de résidence surveillée pour tentative de renversement du gouvernement vietnamien. Les actes de Pham Minh Hoang, défenseur des droits de l’Homme de 56 ans, « étaient graves et ont sapé la sécurité nationale », a déclaré le juge Vu Phi Long à l’issue d’un procès d’à peine quelques heures.

« Nous avons donc suffisamment d’éléments pour conclure qu’il a commis le crime d’activités visant à renverser l’administration populaire », a-t-il ajouté. Ce procès intervient deux semaines après la reconduction du premier ministre, Nguyen Tan Dung, pour un second mandat de cinq ans, entérinant une puissance politique jamais vue depuis des années qui fait craindre aux défenseurs des droits de l’Homme des temps plus difficiles encore pour la dissidence.

Des diplomates français présents

Des diplomates de plusieurs pays, dont la France, ont été vus arrivant au tribunal mercredi matin avant l’ouverture de l’audience. Une journaliste de l’AFP a également été autorisée à assister au procès. Après son arrestation le 13 août 2010, la France s’était dite « sérieusement préoccupée » par la situation de Hoang, appelant « à la transparence de la procédure judiciaire » et au respect « des droits de la défense ».

Les autorités vietnamiennes ont autorisé « régulièrement » des visites consulaires en prison, a indiqué une source diplomatique française. Selon le quotidien officiel Vietnam News, Hoang était également accusé d’appartenir à Viet Tan, organisation installée aux Etats-Unis considérée comme « terroriste » par Hanoï. Le groupe affirme lui promouvoir la démocratie par des moyens pacifiques.

Entre 2002 et mai 2010, il aurait écrit sur son blog, sous le pseudonyme de Phan Kien Quoc, 29 articles « déformant les politiques et les activités de l’Etat », selon le journal. Mais dans une lettre publiée il y a quelques jours sur le site de Viet Tan, sa femme a elle estimé qu’il était poursuivi pour ses prises de position notamment contre un projet très controversé d’exploitation de la bauxite dans les Hauts-Plateaux du centre du pays. Reporters sans frontières (RSF), qui a placé le Vietnam sur sa liste des « ennemis de l’internet », a de son côté réclamé sa « libération inconditionnelle » dans une lettre au premier ministre publiée lundi sur son site internet.

Lefigaro.fr avec AFP

Blogueur : une activité politique à haut risque

août 9, 2011

Depuis l’éclosion du printemps arabe, en Tunisie, en Égypte puis en Syrie, les blogueurs occupent le devant de la scène. Une étude menée par l’université d’Harvard et le site GlobalVoices révèle que 7% d’entre eux auraient déjà été arrêtés et que quelque 30% auraient subi des menaces durant l’année 2010. Conclusion de l’enquête : « la communication digitale est devenue une activité périlleuse. »

Ils sont considérés comme des activistes politiques à part entière. Et traités comme tels. Qu’ils soient traqués via leur compte Gmail par l’ex-gouvernement tunisien, ou poursuivis par la Syrian Electronic Army, les blogueurs exercent une activité risquée. Et l’anonymat de la Toile, le système de proxy et toutes les techniques de brouillage ne suffisent pas à garantir leur sécurité.

Ainsi, durant l’année 2010, 7% des activistes numériques interrogés dans l’étude menée par l’université d’Harvard auprès de 98 blogueurs partenaires du site GlobalVoices ont été démasqués puis arrêtés alors que quelque 30% d’entre eux disent avoir reçu des menaces. Un peu moins de 20% des sondés affirment également que leur site a subi une attaque ou a été infiltré, tandis que 5% révèlent avoir été licenciés ou réprimandés dans le cadre de leur emploi pour leurs blogs.

L’auto-censure pour lutter contre la censure ?

L’étude révèle également des données d’ordre sociologique. Les 3/5e des participants étaient des hommes, la majorité ayant entre 20 et 30 ans et la plupart d’entre eux sont titulaires d’un diplôme universitaire et donc relativement plus éduqués que la moyenne. Une élite intellectuelle et numérique.

Ce qui n’empêche pas ces activistes de faire des erreurs. Près de la moitié d’entre eux ont fait figurer leur nom complet sur leur site, 47% leur adresse mail, 42% une photographie les représentant clairement, et 4% ont même publié leur numéro de téléphone. Autant d’informations que n’auront pas manqué d’utiliser les censeurs des gouvernements critiqués. D’où l’une des conclusions de l’étude, adressée aux opposants imprudents : « l’auto-censure est une réponse possible pour éviter les conséquences négatives de l’expression en ligne ».
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Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier