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Suisse: Drame «Arnaud est mort en me sauvant»

novembre 14, 2016

 

Un jeune Jurassien traversait la route avec sa petite amie pour prendre un Noctambus quand un chauffard l’a fauché…

 

Arnaud et sa compagne rentraient d'une soirée chez des amis.

Arnaud et sa compagne rentraient d’une soirée chez des amis. Image: LE MATIN

Il était jeune, beau et spirituel, mais ce que retiennent ses amis réunis hier au bord de la route, c’était sa joie de vivre. Pas tapageur, Arnaud était, disent-ils, «l’ami de tout le monde» dans les Franches-Montagnes. Sa religion, c’était ses potes. Mais ce «bon gars si cool» de 21 ans ne distillera plus son humour sarcastique: une voiture l’a fauché au milieu de la nuit de vendredi à samedi, aux Emibois (JU). Au sortir d’une soirée chez des amis, c’est pour attraper le Noctambus de 1 h 05, pour rentrer aux Bois, qu’Arnaud et sa petite amie traversaient la route, sur un passage pour piétons. Un médecin qui passait par là est arrivé avant même l’ambulance. Mais Arnaud n’a pas survécu au choc. Océane en a réchappé mais est traumatisée. Poussée sur le chemin pédestre, elle n’est que légèrement blessée, mais son état de choc jugé «profond» a nécessité son hospitalisation à Delémont.

«Arnaud est mort en me sauvant la vie, il m’a poussée pour que je ne sois pas percutée», écrit-elle sur Facebook. Il était son «ange», son «chaton».

A quelle vitesse surgissait la voiture fautive, au sortir d’une large courbe à droite, dans une zone à 60 km/h? La procureure Frédérique Comte l’ignore, elle qui s’est déplacée sans délai pour mieux comprendre l’accident. «Les analyses sont en cours», lâche-t-elle, sans exclure un drame de la vitesse, de l’alcool, ou des deux.

Conduite agressive

Le chauffard de 26 ans sortait d’un bar branché de Saignelégier. Ivre? Pas forcément. Ceux qui le connaissent le définissent comme un fou de vitesse à la conduite «agressive», qui a «plié quelques voitures». Samedi, vers 1 h, il roulait en direction du Noirmont, où il réside. Un trajet de 6 km qui prend normalement huit minutes. Aux Emibois, après le giratoire, la route est récente, construite pour contourner le hameau et épargner aux conducteurs deux passages à niveau. L’Audi A3 grise n’a laissé aucune trace de freinage. Après le passage pour piétons, elle s’est déportée sur la gauche et a littéralement pulvérisé les deux bornes de signalisation fixées sur l’îlot de sécurité suivant. Ces dégâts ravivent la mémoire de témoins. Un auto-stoppeur, pris par ce conducteur, leur a raconté, il y a quelque temps, qu’il avait traversé ce secteur à deux ou trois fois la vitesse autorisée.

Aux Emibois, l’accident est passé presque inaperçu sur le moment. Certains, voyant la circulation alternée mise en place jusqu’à 4 h 30, ont cru à un banal contrôle de police. Le brouillard est évoqué, la neige était tombée la veille, à 955 m d’altitude, mais la route était dégagée. Circonstance terriblement aggravante: le chauffard ne s’est pas arrêté! Il a continué son chemin jusqu’à son domicile, où la police l’a interpellé samedi. La procureure a ordonné son arrestation provisoire.

Emotion énorme

Ce drame suscite une émotion considérable dans les Franches-Montagnes. Ceux qui ont perdu un ami savent que le chauffard et la victime sont petits-cousins, sans être copains. Hier, des bougies ont été allumées sur le bas-côté enneigé de la H18. Arnaud avait achevé sa formation d’employé de commerce au bureau communal des Breuleux. Ancien hockeyeur, il avait troqué ses patins contre un skateboard et n’attendait qu’une opportunité pour s’orienter professionnellement. Lui et son amie habitaient chez leurs parents respectifs, à Saignelégier et aux Bois. Pour ses potes, le deuil a commencé par une longue marche dans la neige et sous la pluie. (Le Matin)

Lematin.ch(Créé: 14.11.2016, 14h45)

La Chine fait main basse sur les forêts africaines

mars 28, 2016

Abattage d'un arbre dans la concession La Compagnie équatoriale des bois, à 500 km à l'est de Libreville, au Gabon, en juillet 2006.

Abattage d’un arbre dans la concession La Compagnie équatoriale des bois, à 500 km à l’est de Libreville, au Gabon, en juillet 2006. Crédits : MAX HURDEBOURCQ / AFP
La voracité chinoise à l’égard des matières premières africaines n’a pas de limite : les minerais, le pétrole, la faune et la flore sont exploités de façon intensive. C’est le cas également du bois, dont 75 % de la production part pour la Chine, ce qui en fait la troisième matière première la plus importée par l’empire du Milieu.

Selon l’ONG Greenpeace, qui vient de publier une enquête à ce sujet, une grande partie des forêts est exploitée illégalement. Le bois est exporté brut vers la Chine où il est transformé avant d’être réexporté essentiellement vers l’Europe. Le tout dans des conditions souvent opaques. Le Cameroun, le Gabon, la République du Congo et le Mozambique sont en première ligne.

Lire aussi : La RDC, paradis du commerce illégal du bois ?

Greenpeace s’est ainsi penchée en particulier sur le bois en provenance du Cameroun et du Congo. Avec plus de 250 millions d’hectares, le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt de la planète. Elle fait vivre plus de 75 millions de personnes qui en dépendent pour leur subsistance, tout comme des espèces animales menacées comme les gorilles et les chimpanzés.

Un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars

L’enquête de l’ONG se concentre essentiellement sur la société camerounaise CCT (Compagnie de commerce et de transport) qui est le plus grand exportateur de grumes du pays. L’ONG a remonté la filière des forêts camerounaises au port chinois de Zhangjiagang (à l’est de la Chine), où les importateurs profitent d’une législation particulièrement laxiste. Cette zone de libre-échange construite en 1992 se trouve à une heure trente à peine de Shanghai.

Sur les quelque trois cents entreprises identifiées qui importent du bois d’Afrique, une trentaine concentre 80 % des volumes transportés. Parmi elles, Jiu Li Timber Industry, World Wood Trade, Allwin ou Huilong Goup… Il s’agit essentiellement d’entreprises de quatre provinces du Sud-Est : le Guangdong, le Zhejiang, Shanghai et le Jiangsu où se trouve le port de Zhangjiagang. C’est là, sur les rives du Yangtze, que se concentre l’essentiel de l’industrie chinoise du bois. Au total, le chiffre d’affaires de ces industriels du bois s’élève à 6 milliards des dollars.

Lire aussi : Le Gabon, partagé entre protéger et exploiter sa forêt

Mais le principal scandale de cette exploitation illégale est le commerce d’essences précieuses et protégées, comme le bois de rose en provenance de Madagascar. Un bois plutôt utilisé dans la fabrication de meubles pour une clientèle aisée. Dans le bassin du Congo existe plus de 10 000 espèces de bois tropicaux dont un tiers est endémique à cette région.

Entre 2000 et 2013, près de neuf millions d’hectares de forêts ont disparu. Une catastrophe pour la biodiversité. Au Gabon par exemple, l’exploitation illégale de Kevazingo, un bois précieux, est particulièrement réprimée. L’an dernier, vingt-six personnes, dont cinq Chinois, ont été arrêtées près de Makokou, dans le nord-est du Gabon, dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale. Le Gabon est l’un des principaux exportateurs de cette essence rare d’Afrique centrale avec près de 18 000 m3 exportés chaque année. Ce bois sert à fabriquer des meubles massifs, des parquets et moulures ou encore des instruments de musique.

La Chine ferme les yeux

La demande en Kevazingo a explosé ces dernières années, faisant flamber son prix. Le mètre cube varie aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 euros une fois en Chine, selon Luc Mathot, responsable de l’ONG Conservation Justice, à l’origine d’un rapport accablant qui dénonce une « véritable organisation mafieuse de blanchiment du bois et une corruption à tous les étages ».

Ces pays sont devenus tellement dépendants de la Chine qu’ils acceptent toutes les conditions posées par leur principal client. Selon l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), 90 % du bois du Mozambique part ainsi pour la Chine, dont la moitié proviendrait d’exploitations illégales.

Si l’Union européenne et les Etats-Unis ont renforcé leur législation en matière d’importation de bois africain, la Chine en revanche ferme les yeux. Pour prévenir une déforestation sauvage, l’IIED a mis en place, il y a deux ans, un observatoire, qui réunit les autorités africaines, chinoises et les principaux forestiers du continent, conduisant la Chine à adopter un code de bonne conduite dans l’importation de bois d’Afrique. Pour les pays africains, cela doit aussi être l’occasion de mettre en place une industrie responsable du bois, aussi vertueuse que vitale pour leurs économies.

Lemonde.fr par Sébastien Le Belzicchroniqueur Le Monde Afrique, Hongkong

Sébastien Le Belzic dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.

Conte : Le Bûcheron et le Cerf

juin 18, 2011

Il était une fois, Tâ Samba dia Nkouni, un Bûcheron, aux biceps arrondis, aux mollets de bouteille ventrue, à l’allure robuste et fort, vivait dans l’hémisphère boréal avec sa femme Mâ Oumba dia Pandou.

Samba dia Nkouni avait pour activité principale celle de couper le bois de pin avec sa hache fabriquée aux Forges de Saint-Maurice, à Trois-Rivières, au Québec, au Canada. Il prenait ses dispositions de chauffage à l’automne pour affronter l’hiver rude, âpre et dur.

Fort réputé dans l’abattage, il était connu de tout le monde dans sa communauté. Chaque ménage passait la commande chez lui au point où son nom était devenu une grande référence inoubliable et mémorable. Sa grande et belle maison qu’il avait construite dans la localité était facilement repérée de loin car du haut de sa cheminée s’échappait toujours en l’air de la fumée du bois combustible.

Travailleur assidu, consciencieux, organisé et infatigable, il rassemblait ses coupes et les entreposait dehors dans un hangar soutenu par de nombreux pieux solidement enfouis dans le sol.

Il ne craignait rien dans sa terre d’accueil. Il ne se reprochait d’aucun cas de conscience dans sa patrie d’adoption. Il voulait juste s’affirmer, prendre sa place dans la société et avoir de la considération humaine.

Un soir pendant qu’ils étaient autour du feu, mangeant des pommes de terre et des topinambours enfouis sous la cendre, sa femme Oumba dia Pandou entendait un troupeau de cerfs qui bramait.

Des cris d’animaux qui leur étaient familiers pour ces ruminants nomades venant des massifs résineux vers des montagnes peuplées de sapin car c’était leur heure préférée du crépuscule somnolent dans le bois vert pour se promener, manger des bourgeons, des jeunes pousses des arbres et arbustes mais aussi du maïs et des pommes pendant la nuit.

Après avoir partagé des heureux moments dans le crépitement des étincelles du bois torchant leur singulier visage qui brillait de jais. Ils dormirent, rêvèrent des paysages d’Afrique, des parties de chasse, de pêche et des travaux champêtres.

Le lendemain matin, dans les prémisses des bulles de la rosée qui avaient formé des cristaux de glace, au moment où elle descendait au puits pour prendre l’eau de la journée, elle vit un gros Cerf qui, après avoir traîné des paquets de bois assemblés, s’était accroché à un morceau d’arbre coupé la veille qui le retenait dans sa marche pendant un long moment.

Surprise de la découverte, elle déposa précipitamment son récipient par terre et courut avertir son mari qu’elle venait de voir un voleur avec un fagot de bois de son hangar en disant : « Tata Samba, Tata Samba voumbounka, Mwivi wu bahoukiri na nkouta nkouni (Monsieur Samba, Monsieur Samba, réveille-toi, un voleur s’est fait prendre avec un fagot de bois).

Le Bûcheron portant son pantalon attaché avec une écorce d’arbre sous forme de ceinture, prit sa chemise en peau d’ours et se rendit en toute vitesse au lieu de la capture par la nature. Là il trouva le voleur. C’était un grand Cerf élancé, au poitrail massif et au cou allongé d’un beau brun des feuilles mortes de l’automne. L’animal était fatigué. Sa respiration était haletante et s’était recroquevillé sur ses pattes, les yeux ampoulés et le regard vide de sens, transpirant à grosses gouttes. A force de chercher d’avancer avec sa lourde charge, il avait creusé un gros trou à l’endroit de son immobilisation. Le propriétaire alla informer le service des eaux et forêts qui vint constater l’infraction. Le Cerf fut conduit au tribunal situé à la place publique du marché central – noir de monde – pour soustraction frauduleuse de bois pendant la nuit, à l’insu et sans autorisation du propriétaire.

Interrogé par un grand Ours qui faisait, à la fois, office de président et de procureur de la couronne; il avoua qu’il avait posé son acte parce qu’il avait besoin de bois pour préparer de l’eau chaude de sa femme, une belle Biche aux oreilles effilées et aux pattes fines qui attendait maternellement dans les prochains jours un faon qui naîtrait de leur rut.

L’Ours était très sévère sur la sentence qui serait appliquée contre le Cerf consistant de lui couper les pattes afin de l’empêcher de marcher et de se rendre encore d’aventure dans un quelconque lieu pour voler le bois. Mais Tâ Samba dia Nkouni regardant la Biche en gestation qui était venue soutenir son mari, le Cerf, et assise à côté de sa femme Oumba dia Pandou, plongea dans une pitié lamentable de la dure sanction de la couronne et réclama contre le malfaiteur puisqu’il aime voler le bois de le condamner seulement à porter son fagot sur la tête sans le lui enlever. Cette peine fut acceptée et arrêtée à l’audience.

Dès lors on chargea sur la tête du Cerf qui avait à l’époque de petites cornes, un branchage de bois qui est devenu désormais ses cornes pouvant pousser à partir du 9e mois sur la tête du mâle et tombant chaque année en début du printemps chez les jeunes et en fin de l’hiver chez les cerfs âgés.

L’Ours leva la séance, Tâ Samba dia Nkouni et sa femme Oumba dia Pandou rentrèrent chez-eux dans la joie de l’application de la peine.

Quant à la Biche, elle sanglotait s’essuyant entre les pattes, éternuant tout en consolant son mari le Cerf qui bavait et marchait en petits bonds de seconde nature avec son fardeau.

C’est pourquoi depuis lors le Cerf d’Amérique du nord et celui d’Europe porte un branchage de cornes sur la tête – contrairement à celui d’Afrique – pour avoir volé du bois chez Tâ Samba dia Nkouni.

La faute des pères peut avoir des conséquences sur la vie des enfants, la postérité et les générations futures.

© Bernard NKOUNKOU

Tes yeux de rubis dans le bois

décembre 31, 2010

Ton regard charmant de rubis sous le bois
Éclaire l’ombre de mon cœur sans voix
Quand ton sourire rose écho du ciel
Éclate comme une bulle jaune d’étoile

Ta chevelure depuis la racine de ta tête
Tombe sur le plan de ton épaule sans crête
Où tes seins mûrs au contact de la nature
Sont des fruits juteux de ton corps mature

Quand tu déhanches dans l’herbe sauvage
Comme un bel oiseau bleu du jeune age
Je plonge dans l’océan bleu de l’admiration
Toute l’énergie grise de ma concentration

Tes bras ces autres ailes de ton corps chenille
S’ouvrent à moi dans la verte beauté des feuilles
Où l’ami papillon prend le plaisir de la promenade
À la rencontre du caméléon avant la tornade

Bernard NKOUNKOU

Conte : Le Pangolin et le Termite

août 25, 2010

Un Pangolin solitaire des savanes équatoriales revenait des champs avec un fagot de bois mort, contenant sa nourriture du soir, qu’il transportait secrètement et péniblement sur le dos de son corps recouvert d’écailles dures. Il rencontra un beau Termite, au cou jaune et potelé, avec qui ils firent route jusqu’au carrefour du quartier royal des termitières.

Fatigué de sa lourde charge, le Pangolin demanda au Termite de lui garder le fagot chez lui. Celui-ci lui répliqua ce qu’il devrait en faire. Il répondit qu’il servirait de feu de cuisine afin de préparer de l’eau chaude pour sa femme enceinte qui présente des œdèmes plantaires. Le Termite comprit la raison fondée et accepta de le lui garder. Il le déposa au pied de la termitière. Il rentra dans la maison et lui apporta de l’eau car il avait grand soif et transpirait à grosses gouttes. Il lui donna aussi une serviette en coton pour s’essuyer du ruissellement de sa transpiration. Il le remercia de son attention et de toutes les marques de sa sympathie. Il fit part au Termite qu’il alla appeler sa compagne, la Pangoline pour venir récupérer ensemble le fagot de bois.

Le Pangolin partit doucement, les membres endoloris, par la route escarpée conduisant à son village situé dans le bosquet, à perte de vue.

Au moment où il traversait la rivière Bitala, sur la peau du bois servant de passage, il glissa et tomba, à la renverse, dans l’eau. Il faillit se noyer mais fut retenu par une grosse pierre. Il regagna la rive en se faufilant entre les herbes fraîches, le corps trempé.

Dès qu’il arriva au village, il trouva sa femme affalée sur la natte qui l’attendait impatiemment. Celle-ci était enceinte de lui et sa grossesse tendait à son terme mensuel. La Pangoline demanda à son mari pourquoi il était mouillé et arrivait les mains vides. Il répondit avoir laissé le fagot en route car il était fatigué et que ses pieds l’abandonnèrent à la traversée de la rivière et se retrouva en plein dedans.

Quant au fagot, il le confia à un Termite avec qui il fit connaissance en chemin. Et qu’il était temps d’aller le chercher à la cité royale de l’autre côté de la rivière.

Le Termite qui avait la garde du fagot de bois était assis dessus. Il entendait momentanément, à l’intérieur du bois mort, un bruit qui lui était familier. Il chercha à nourrir sa curiosité et à en savoir davantage.

Soudain, il vit un Termite sortir du bois. Ce dernier lui demanda ce qu’il faisait là sur les branchages secs. Il lui dit devoir garder ce paquet appartenant au Pangolin, fatigué de le transporter et qu’il serait parti au village prendre le secours de sa femelle. Il lui dit qu’ils étaient nombreux dans le bois sec et sollicita une protection de sa part. Il alla d’abord informer la reine si l’on pouvait accueillir des étrangers dans leur termitière qui étaient exposés à un danger imminent. La reine accepta.

Aussitôt, il revint vers le Termite et lui donna l’avis favorable d’hospitalité. Et toute la colonie qui attendait dehors trouva refuge dans les loges reliées aux nombreuses galeries souterraines.

Le Pangolin et la pangoline revinrent sur le lieu du dépôt du fagot. A cet endroit, au pied de la termitière, dans la nuit chargée d’étoiles luisantes et des lucioles volantes, ils retrouvèrent leur paquet abandonné sans aucune garde. Le Pangolin inspecta son fagot, collant son oreille le long des branchages et n’entendait plus aucun bruit de son contenu. Tout était silencieux à l’intérieur du bois. Il fit aussi le test en promenant son fin museau capteur d’odorat malheureusement le bois ne sentait plus la friandise que dégage la présence des termites. Sa femme regretta sa compagnie malgré sa grossesse car l’enfant dans le ventre lui donnait des coups de pied de faim.

Face à ce constat de manque de provisions, le couple se querella. Le Pangolin cassa le bois pour vérifier. Toutes les parois étaient vides. Plus rien ! Il se gratta le nez, remua et roula sa queue pour exprimer son indignation. La Pangoline s’en moqua éperdument. Le vacarme du couple en discussion se fit entendre dans la termitière et dans toute la cité royale.

Scrutateur à l’ouïe fine, le Pangolin contourna la termitière et entendit le bruit d’une multitude de Termites qui s’égosillaient. Il proféra des menaces de destruction de la termitière. Confus et honteux devant sa femme – de ses pattes courtes terminées de cinq doigts griffus – il creusa le soubassement de l’architecture de la termitière et renversa le palais qui s’écroula. Les Termites étaient exposés à sa furie, devenus vulnérables, ceux qui n’arrivaient pas à s’échapper à sa vue, ils les dévorèrent avec sa femme, en projetant leur langue qui atteignait facilement leur proie.

Quand ils détruisirent le palais, ils découvrirent la reine entourée de sa dernière ceinture de sécurité bravant leur pince en l’air sans arrêter la colère du Pangolin. Celle-ci était assise sur de l’or qui brillait dans tout son éclat. Elle était reluisante de beauté et de charme. Dès que la Pangoline vit l’état de gestation dans lequel était la reine, elle stoppa son mari et l’attira de côté pour une négociation. Le compromis des deux femmes enceintes trouva leur règlement pacifique.

Le Pangolin se plia à la médiation de sa femme et rentra chez lui pour informer les autorités d’avoir découvert de l’or à l’intérieur d’une termitière. Il signa un protocole d’entente avec celles-ci de lui laisser manger les Termites, ouvriers et soldats leur donnant le droit d’exploiter l’or dans ces territoires, sources de richesse organique et minérale.

Depuis lors, le Pangolin fit des termites ses friandises préférées en plus des fourmis. Mais dans la violence ou la guerre, il est important d’épargner la femme enceinte car elle est porteuse de progéniture et sujet de reproduction de l’espèce.

© Bernard NKOUNKOU