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Nigeria : sept ans après son enlèvement, une « fille de Chibok » retrouve sa famille

août 8, 2021
Les lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste, le 12 mai 2014.

Une des quelque 300 jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram dans un collège de Chibok en 2014 est libre et a retrouvé sa famille, a annoncé samedi le bureau du gouverneur de l’État de Borno au Nigeria.

Le 14 avril 2014, une centaine de jihadistes de Boko Haram (nom qui signifie « l’éducation occidentale est un péché ») avaient enlevé 276 jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, dans un collège de filles de Chibok, dans l’État de Borno. Cet enlèvement avait provoqué une énorme vague d’indignation internationale et une campagne intitulée #BringBackOurGirls pour leur libération. Au fil des ans, la majorité des filles ont été relâchées ou retrouvées par l’armée, mais une centaine d’entre elles sont toujours portées disparues, avait rappelé Amnesty international en avril dernier, à l’occasion du septième anniversaire de leur enlèvement.

Dans un communiqué, le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a précisé que Ruth Ngladar Pogu s’était présentée auprès de l’armée le mois dernier en compagnie d’une personne qu’elle a identifiée comme son mari. « Je connais le sentiment des familles de celles qui sont encore en captivité mais nous devons garder espoir, surtout après le développement d’aujourd’hui », a déclaré le gouverneur. Selon son bureau, la jeune fille s’est présentée le 28 juillet auprès de l’armée mais la nouvelle n’avait pas été rendue publique pour lui donner le temps de contacter ses parents.

Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit, qui s’est propagé aux pays voisins, a fait plus de 36 000 morts et trois millions de personnes ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU. De nombreux autres enlèvements de masse se sont produits dans le nord du Nigeria depuis Chibok, entraînant la fermeture de centaines d’établissements scolaires. Depuis décembre, près de mille élèves ont été enlevés, principalement dans les États du nord-ouest et du centre du pays. La plupart ont été libérés, mais certains sont toujours détenus après des mois de captivité.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nigeria : le chef de Boko Haram est mort

juin 6, 2021

Selon un groupe djihadiste rival, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau se serait suicidé lors de combats contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest. 

Le chef de Boko Haram s'est suicide lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a affirme celui-ci dans un enregistrement audio diffuse deux semaines apres de premieres informations faisant etat de sa mort.
Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort.© HANDOUT / BOKO HARAM / AFP

Abubakar Shekau est mort. Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort. « Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur Terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif », déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l’Iswap Abu Musab Al-Barnawi dans cet enregistrement remis à l’Agence France-Presse par une source relayant habituellement les messages du groupe.

Boko Haram ne s’est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef, et l’armée nigériane dit enquêter. Dans son enregistrement, Iswap décrit comment ses troupes, envoyées dans l’enclave de Boko Haram, dans la forêt de Sambisa, ont découvert Abubakar Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat.

L’Iswap est né d’une scission avec Boko Haram

« Il a battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours. Néanmoins les combattants (de l’Iswap) ont continué à le chercher et à le traquer jusqu’à ce qu’ils soient capables de le localiser », raconte la voix. Après l’avoir débusqué dans la brousse, les combattants d’Iswap l’ont sommé, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s’est donné la mort, poursuit-elle.

L’Iswap, reconnu par l’État islamique, est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d’ampleur contre l’armée nigériane. « Nous sommes tellement heureux », souligne la voix, ajoutant que Abubakar Shekau est « quelqu’un qui s’est rendu coupable d’un terrorisme et d’atrocités inimaginables ».

« Peut-être pas fini »

Cette montée en puissance du groupe, qui semble désormais sur le point d’absorber les combattants de Boko Haram et de prendre possession de ses anciens territoires inquiète les analystes, car elle signifie que l’Iswap dispose désormais d’une plus grande zone sous son contrôle, mais aussi de plus de combattants et d’armes à disposition.

Les hostilités entre Boko Haram et Iswap profitaient également à l’armée nigériane. « Si l’Iswap convainc les forces de Shekau de le rejoindre, il contrôlera la majorité des forces ennemies et sera en outre présent dans l’essentiel des zones échappant au contrôle gouvernemental dans le nord-est », explique dans une note Peccavi Consulting, une société d’évaluation du risque spécialiste de l’Afrique.

Toutefois, l’Iswap va probablement devoir convaincre ou combattre d’autres factions de Boko Haram loyales à Abubakar Shekau, qui disposent encore d’importants bastions notamment de part et d’autre de la frontière avec le Cameroun à Gwoza, Pulka, et dans les montagnes de Mandara, ainsi qu’au Niger. « Ce n’est peut-être pas fini, l’Iswap va devoir soumettre ou convaincre ces groupes de s’unir à lui, pour consolider totalement son contrôle », a expliqué une source sécuritaire.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad

Depuis 2019, l’armée nigériane s’est retirée des villages et bases de petite importance, pour se retrancher dans des « supercamps », une stratégie critiquée car elle permet aux jihadistes de se déplacer sans entraves dans les zones rurales.

Après sa prise de la forêt de Sambisa, l’Iswap a envoyé des messages aux habitants de la région du lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, les disant bienvenus dans son « califat » autoproclamé, a expliqué Sallau Arzika, un pêcheur de Baga, localité des rives du lac.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad par l’Iswap qui les accusaient d’espionner pour le compte de l’armée. Al-Barnawi leur a indiqué qu’ils pouvaient retourner pêcher et faire du commerce, après paiement de taxes, avec l’assurance qu’ils ne leur serait fait aucun mal, a expliqué le pêcheur. Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36 000 morts et deux millions de déplacés.

Par Le Point avec AFP

Nigeria: Mort du chef de l’armée et de celui de Boko Haram

mai 21, 2021
Au Nigeria, le chef de l'armee meurt dans un crash d'avion
Au Nigeria, le chef de l’armée meurt dans un crash d’avion© AFP/Archives/Audu Marte

Le chef de l’armée nigériane, le lieutenant général Ibrahim Attahiru, est mort dans le crash d’un avion militaire avec dix autres officiers vendredi en fin d’après-midi autour de l’aéroport de Kaduna dans le nord du Nigeria, ont annoncé les autorités.

Le militaire âgé de 54 ans avait été nommé à la tête de l’armée le 26 janvier dernier par le président nigérian Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques après des mois de grave détérioration de la situation sécuritaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique, en proie notamment à une insurrection jihadiste.

L’annonce de son décès intervient alors que des informations sur la possible mort du chef du groupe jihadiste Boko Haram Abubakar Shekau, grièvement blessé mercredi soir après des affrontements avec des jihadistes rivaux, ne cessent de circuler.

Le président Buhari a exprimé « sa profonde tristesse » après le crash de l’avion militaire « qui a enlevé la vie au chef de l’armée, le lieutenant général Ibrahim Attahiru et à d’autres officiers militaires », dans un communiqué vendredi soir.

Dix autres officiers sont morts dans ce crash « qui a eu lieu peu après le décollage à l’aéroport de Kaduna à cause du mauvais temps », selon l’armée, qui précise dans un communiqué, qu’une enquête a été ouverte.

« C’est un coup mortel qui nous est porté à un moment où nos forces armés sont sur le point de mettre fin aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté », a ajouté le président dans son communiqué.

L’armée nigériane combat une insurrection jihadiste dans le nord-est du pays depuis 2009, un conflit qui a fait plus de 40.000 morts et a forcé à la fuite plus de deux millions de personnes.

En mai 2017, M. Attahiru avait pris la tête des opérations contre le groupe jihadiste dans le nord-est du pays, mais il avait été limogé sept mois plus tard alors que les attaques de Boko Haram n’avaient pas diminué.

Neutraliser Shekau

L’armée nigériane, sous financée et accusée de mauvaise gestion, est critiquée de toute part pour son incapacité à mettre un terme aux violences dans le pays, et particulièrement à l’insurrection jihadiste.

Depuis des années, elle tente notamment de neutraliser le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau en vain. Elle avait même annoncé à plusieurs reprises sa mort, à tort.

Abubakar Shekau, ici en 2014 dans une vidéo de propagande de Boko Haram.

Mercredi, ce sont des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) qui ont réussi à encercler la maison où se trouvait Abubakar Shekau dans la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria.

Selon deux sources proche des services de renseignement, le leader s’est grièvement blessé en tentant de se suicider pour éviter d’être capturé par les jihadistes rivaux liés à l’Etat islamique (EI).

L’une de ces sources a affirmé vendredi soir à l’AFP que Abubakar Shekau était finalement décédé jeudi des suites de ses blessures.

« Shekau est mort hier soir dans le village de Nainawa, il a été enterré dans la nuit, mais sa tombe n’a pas été marquée pour éviter que l’armée nigériane ou les jihadistes rivaux ne puissent l’exhumer », a affirmé à l’AFP cette source.

Un habitant de ce village, situé dans le forêt de Sambisa, a confirmé à l’AFP avoir vu une vingtaine de véhicules de Boko Haram, dont l’un transportant un corps, arriver jeudi soir dans sa localité.

« Nous avons appris aujourd’hui que c’était Shekau qui était dans le véhicule, qu’il est mort hier et qu’il a été enterré dans la nuit », a-t-il déclaré à l’AFP au téléphone.

Ni Boko Haram, ni l’Iswap n’ont pour l’heure annoncé la mort de Abubakar Shekau, mais pour plusieurs médias nigérians et spécialistes de la région, son décès ne fait plus de doute.

La perte de Shekau serait un coup dur pour Boko Haram dont il a été la figure centrale pendant onze ans, mais elle ne signifierait pas la fin de l’insurrection jihadiste.

Au contraire, la prise du fief de Shekau pourrait permettre à l’Iswap, devenu le groupe le plus puissant dans la région, de consolider son emprise sur le territoire, et de mener des attaques encore plus sophistiquées contre l’armée nigériane.

Par Le Point avec AFP

Boko Haram au Nigeria : Abubakar Shekau grièvement blessé lors d’une attaque

mai 21, 2021
Abubakar Shekau, ici en 2014 dans une vidéo de propagande de Boko Haram.

Des sources au sein des services de renseignements affirment que le chef du groupe jihadiste Boko Haram s’est blessé en tentant de se suicider pour éviter d’être capturé par des jihadistes rivaux.

Après une série de combats contre des membres du groupe rival État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), Abubakar Shekau – qui dirige le Jamaat Ahl Al-Sunnah Lil Dawa Wal Jihad (JAS) – et plusieurs de ses hommes se sont retrouvés encerclés mercredi 19 mai dans leur bastion de la forêt de Sambisa. « Pour éviter d’être capturé, Shekau s’est tiré une balle dans la poitrine, et elle a traversé son épaule. Il a été grièvement blessé », a affirmé une source au sein des services de renseignements.

Certains de ses combattants auraient réussi à s’enfuir en l’emmenant avec eux, a précisé la même personne. Une deuxième source issue des renseignements a déclaré à l’AFP qu’Abubakar Shekau avait été sévèrement blessé après avoir activé des explosifs dans la maison où il s’était réfugié avec ses hommes. Toutefois, l’armée et les autorités nigérianes n’ont pas encore réagi.

Boko Haram monte en puissance

Depuis le début de l’insurrection, ce chef jihadiste aussi violent qu’insaisissable a été donné pour mort à plusieurs reprises. Un temps silencieux, il avait fait une sortie remarquée en mars 2020 en se montrant menaçant, dans un enregistrement sonore, envers le président Idriss Déby Itno. Le Nigérian, s’exprimant en haoussa, y mettait en garde le chef de l’État tchadien, l’estimant incapable de « combattre ceux qui ont choisi de se battre pour le jihad ». « Il fanfaronne », avait alors commenté pour Jeune Afrique un haut responsable à N’Djamena.

En 2016, Boko Haram s’est scindé en deux factions. L’une, historique, l’Iswap, reconnu par l’organisation État islamique (EI), a son bastion autour du lac Tchad. L’autre, le JAS d’Abubakar Shekau, contrôle le région qui entoure la forêt de Sambisa.

Force est de constater que, malgré cette scission, les deux groupes montent en puissance. Ils combattent l’armée nigériane et ont étendu leurs actions jusqu’au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins. La faction historique Iswap, elle, gagne du terrain en lançant des attaques plus sophistiquées.

Par Jeune Afrique avec AFP

Plus de 340 écoliers libérés au Nigeria six jours après leur enlèvement

décembre 17, 2020

PLUS DE 340 ÉCOLIERS LIBÉRÉS AU NIGERIA SIX JOURS APRÈS LEUR ENLÈVEMENT

© Reuters/AFOLABI SOTUNDE 

KATSINA, Nigeria (Reuters) – Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents enlevés vendredi soir dernier dans un établissement scolaire du nord du Nigeria et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Katsina.

Les jeunes garçons, du nombre de 344 exactement, dont l’enlèvement avait été revendiqué mardi par le groupe djihadiste Boko Haram dans un message vocal, sont en route pour la ville de Katsina, a ajouté Aminu Bello Masari. Détenus dans la forêt pendant plusieurs jours, ils vont subir un examen médical et pourront retrouver leurs familles vendredi.

« Nous avons récupéré la plupart des garçons, pas tous », a précisé le gouverneur.

Lors de l’opération, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes gens étaient détenus, avec pour instruction de ne pas tirer un seul coup de feu, a déclaré le gouverneur.

« Nous avions établi un contact indirect pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a-t-il dit.

Le rapt du 11 décembre a provoqué un choc au Nigeria et rappelé l’enlèvement de plus 270 lycéennes à Chibok en 2014.

Avec Reuters par (Afolabi Sotunde et Ismail Abba, version française Jean-Stéphane Brosse

Au moins 110 civils tués dans une attaque jihadiste au Nigeria

novembre 29, 2020
Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Au moins 110 civils ont été tués samedi par des membres présumés de Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon un bilan des Nations unies, ce qui en fait une des attaque les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection jihadiste.

L’attaque s’est déroulée le jour des élections locales dans cet État, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins 110 civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté.

Le communiqué de l’ONU ne mentionne pas le groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie les attaques dans cette région depuis plus de dix ans et contrôle une partie du territoire.

L’attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, non loin de cette ville.

« Egorgés »

Samedi, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental avait fait état de 43 morts.

« Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés », avait déclaré Babakura Kolo. « C’est sans aucun doute l’oeuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ».

Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Ces 43 premières victimes ont été enterrées dimanche dans le village voisin de Zabarmari, en présence du gouverneur de l’État du Borno, Babaganan Umara Zulum. Les recherches d’autres victimes dans ces eaux marécageuses et difficile d’accès se poursuivaient.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Figurent notamment parmi les victimes des dizaines d’ouvriers agricoles originaires de l’État de Sokoto, à environ 1 000 km à l’ouest, qui s’étaient rendus dans l’Etat de Borno pour trouver du travail dans les rizières.

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a « condamné » samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes « , dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

« Devoir de voter »

L’attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l’État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

« C’est mon devoir de venir et de voter pour les représentants et les conseillers régionaux car ils sont les responsables de ma localité », avait témoigné samedi Bukar Amar, un déplacé du conflit qui a voté pour sa localité depuis le camp de Bakassi.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu’il n’est plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés – qui n’ont plus accès à leurs champs – dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

Un nombre important de déplacés ont ainsi regagné leurs villages, pourtant ravagés par les violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Tchad: au moins dix civils tués dans une attaque de Boko Haram

juillet 31, 2020

 

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe djihadiste Boko Haram par un officier de l’armée et le préfet local. «Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes» de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l’AFP un officier sous couvert de l’anonymat. «Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer», a ajouté la même source. Dans cette région marécageuse parsemée d’îlots où les djihadistes avaient trouvé refuge, l’armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l’attaque d’une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l’attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails. «J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées», a-t-il dit. «Il s’agit des enfants de la localité mécontents qui s’attaquent à leurs propres parents», a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n’a pas confirmé l’attaque, affirmant qu’il était lui-même en train de «recouper ses informations».

Après l’offensive d’avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu’au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu’il n’y avait «plus un seul djihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire». Mais le 9 juillet, un véhicule de l’armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d’au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Par Le Figaro avec AFP

Cameroun : cinq combattants de Boko Haram tués

juillet 26, 2020

L’armée camerounaise a annoncé ce dimanche 26 juillet avoir tué la veille cinq combattants du groupe djihadiste Boko Haram vers Gouzda-Vreket, un village proche de la frontière nigériane.

«Le 25 juillet, une équipe du commando de nos Forces de défense (…) a eu un accrochage violent avec les terroristes de Boko Haram», a déclaré le porte-parole de l’armée, le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo dans un communiqué transmis à l’AFP dimanche.

Le bilan fait état de «cinq terroristes neutralisés, «4 fusils d’assaut récupérés», ainsi que des munitions et du matériel logistique saisis. Aucun militaire n’a été tué au cours de cet affrontement.

52 attaques pour le seul mois de juin

Née dans le nord-est du Nigeria en 2009, l’insurrection de Boko Haram s’est peu à peu propagée à ses voisins camerounais, nigérien et tchadien, particulièrement dans la région du lac Tchad, située à la frontière entre ces quatre pays. En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches : la faction historique, dirigée par Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié à l’Etat islamique (EI). L’Extrême-Nord du Cameroun, au sud du lac, est l’une des régions les plus pauvres du monde. Elle est plutôt la cible d’attaques commanditées par la faction historique de Boko Haram.

Le Nord du lac Tchad, à cheval sur le Tchad et le Niger, est plutôt le repaire de ISWAP. Ces derniers mois, peu d’accrochages entre l’armée camerounaise et le groupe djihadiste ont été rapportés. Toutefois, une multitude de petites attaques contre des civils dans les villages, avec des vols de bétails et de vivres, ont eu lieu. Au mois de juin dernier, 52 attaques contre des civils ont ainsi été enregistrés dans cette région, selon les Nations unies.

Depuis 2015, les quatre pays riverains du lac Tchad luttent contre ces groupes djihadistes au sein d’une Force multinationale mixte (FMM). Mais ces derniers mois, son efficacité a été de plus en plus discutée. Les attaques continuent dans tous les pays de la FMM. Le Tchad avait lancé en mars une grande opération militaire, affirmant à son terme avoir chassé Boko Haram de son territoire Mais début juillet, au moins huit de ses soldats ont péri dans une attaque sur son sol.

Le nord-ouest du Nigeria est lui aussi, dix ans après le début de l’insurrection, toujours meurtri par les attaques. Plus de 36.000 personnes y ont été tués depuis 2009, et plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad : 44 membres de Boko Haram retrouvés morts dans leur cellule de prison

avril 20, 2020

Des soldats de l'armée nigérienne, le 7 mars 2015. (Image d'illustration)

Des soldats de l’armée nigérienne, le 7 mars 2015. (Image d’illustration) © Jerome Delay/AP/SIPA

 

Ces éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers au cours d’une récente opération lancée par le Tchad contre le groupe jihadiste. Ils ont été retrouvés morts dans leur cellule à N’Djamena jeudi dernier, selon une annonce du procureur de la République.

« À la suite des combats dans le lac Tchad, 58 éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers et déférés à N’Djamena pour les besoins de l’enquête. Jeudi matin, leurs geôliers nous ont annoncé que 44 prisonniers avaient été retrouvés morts dans leur cellule», a déclaré à la télévision nationale Youssouf Tom, procureur de la République, qui s’est rendu sur place.

«Nous avons enterré 40 corps et remis 4 corps au médecin légiste pour une autopsie», a-t-il précisé.

«La conclusion de cette autopsie indique qu’il y a eu consommation d’une substance létale et iatrogène, ayant produit un trouble cardiaque chez les uns et une asphyxie sévère chez les autres», a ajouté le procureur. L’enquête va se poursuivre «pour déterminer la cause exacte de ce drame», a-t-il indiqué.

Colère de Bohoma

Ces prisonniers avait été arrêtés lors de la vaste opération lancée par le président tchadien Idriss Déby Itno fin mars contre les groupes djihadistes qui multiplient les attaques sur le lac Tchad. Ils avaient été remis à la justice mercredi, avait annoncé le ministre tchadien de la Justice Djimet Arabi. Ils devaient ensuite être auditionnés jeudi puis être jugés par une cour criminelle.

L’opération militaire tchadienne, baptisée Colère de Bohoma s’est déroulée du 31 mars au 8 avril. Selon l’armée, au moins 52 soldats tchadiens et 1.000 djihadistes ont trouvé la mort au cours de cette opération déclenchée pour venger l’armée tchadienne.

Celle-ci avait été la cible d’une sanglante attaque le 23 mars d’éléments de Boko Haram contre l’une de ses bases, tuant une centaine de ses soldats. La pire défaite jamais enregistrée en moins de 24 heures par cette armée.

Avec Jeune Afrique avec AFP

 

Tchad: 6 militaires tués et 10 blessés dans une attaque de Boko Haram

janvier 28, 2020

 

Six militaires tchadiens ont été tués et dix ont été blessés lors d’une attaque lundi en fin d’après-midi attribuée au groupe djihadiste Boko Haram autour de l’île de Tetewa, située sur le lac Tchad, a déclaré à l’AFP l’armée tchadienne. «Nos hommes étaient en patrouille quand ils ont été attaqués par les éléments de Boko Haram. Nous déplorons 6 morts et 10 blessés», a indiqué le général Taher Erda, chef d’état-major des armées.

Depuis plusieurs mois, les attaques djihadistes se sont intensifiées autour du lac Tchad, une vaste étendue d’eau truffée d’îlots et de marécages partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria. Depuis le début de l’année, le bilan est particulièrement lourd côté tchadien: lundi dernier, une kamikaze a fait exploser sa ceinture dans le village de Kaiga Kindjiria et a provoqué la mort de 9 civils, dont 2 femmes et 7 hommes. Neuf jours plus tôt, quatre villageois tchadiens avaient été tués et quatre femmes enlevées par les djihadistes dans une autre localité tchadienne située sur les pourtours du lac.

Par Le Figaro.fr avec AFP