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Ukraine: A Kharkiv, des barricades de sable pour sauver le poète Chevtchenko des obus

mars 27, 2022

Comment protéger son patrimoine de la mitraille: deuxième ville d’Ukraine, Kharkiv, soumise quotidiennement aux bombardements russes, a commencé ce week-end à monter des barricades de sable devant ses statues les plus emblématiques.

La plus importante d’entre elles trône au cœur du centre-ville, dans un vaste parc aux arbres centenaires: menton en avant et l’allure conquérante, le poète Taras Chevtchenko est la principale figure du patriotisme ukrainien du XIXème siècle.

Depuis l’indépendance du pays en 1991 avec l’effondrement de l’Union soviétique, pas une ville ukrainienne qui n’ait son avenue ou sa place Chevtchenko, également nom de la plus grande université ukrainienne à Kiev.

Ouvriers et engins élévateurs s’affairent autour de l’imposante statue de fonte noire, haute de 16 mètres selon la mairie, et plus haute sculpture de Kharkiv depuis qu’a été mise à bas celle de Lénine en 1994, sur une grande esplanade voisine.

« Il faut protéger la ville pour que les générations futures la connaissent comme nous l’avons connue », plaide Petro, retraité de 72 ans à la casquette de cuir et aux dents en or, venu participer à l’opération comme « volontaire ».

Erigée en 1935, la statue de Chevtchenko est un mixte de réalisme socialiste et de stalinisme baroque, où le personnage central est comme cerné par les soldats révolutionnaires à ses pieds, image du patriotisme ukrainien longtemps bridé par la Russie « frère » sous le régime communiste.

Le socle en grès et les combattants staliniens disparaissent maintenant sous les sacs de sable, qui arrivent déjà à la taille du poète, masquant sa démarche conquérante, mais pas encore son regard farouche et sa moustache tombante.

« Il paraît que pendant la Seconde guerre mondiale, une balle avait ricoché sur sa tête », raconte, sourire en coin, l’une des employés de la municipalité mobilisée pour les travaux.

« A l’époque, la ville avait été ravagée, mais le centre-ville relativement préservé, il n’avait pas été bombardé comme maintenant », s’offusque Volodymyr, un colosse cinquantenaire.

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, Kharkiv est, avec Marioupol (sud), la métropole la plus bombardée. Stationnée à quelques kilomètres, l’artillerie russe bombarde quotidiennement le nord et l’est de la ville, ainsi que son centre historique.

« Encore mille ans ! »

Plus d’un millier de bâtiments ont été détruits ou endommagés, dans une ville vidée d’environ un tiers de ses 1,5 million d’habitants, selon les autorités locales.

Les édifices publics du centre, abritant administrations et services de sécurité, ont été particulièrement visés.

Ville de culture et d’histoire, Kharkiv compte « une cinquantaine de monuments dressés en l’honneur de ceux qui ont fait la gloire de la ville », et qui seront donc protégés par des sacs de sable, a annoncé la mairie. Et d’ajouter: « nous espérons que ces monuments dureront encore mille ans ! »

Il y a les monuments dans le plus pur style soviétique, comme celui qui commémore la « Grande guerre patriotique » ou le « Soldat libérateur ». Mais aussi divers mémoriaux, dont celui de Drobytsky Yar, en hommage aux milliers de juifs assassinés pendant la Seconde guerre mondiale. Situé à la limite est de la ville, il a été endommagé dans les combats samedi, a constaté l’AFP.

La muraille protectrice de la statue Chevtchenko quasi-terminée, des dizaines d’employés de la mairie et des volontaires s’activent désormais à disposer des sacs de sable autour du monument de l’Indépendance, une déesse brandissant les lauriers de la victoire, installée en l’honneur de la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine le 24 août 1991.

Pour l’instant, on peut toujours lire, gravé en alphabet cyrillique, le slogan que l’on entend désormais partout dans le pays en guerre: « Gloire à l’Ukraine ».

« Nous sommes des fonctionnaires et des employés municipaux inoccupés actuellement, la mairie nous a mobilisés », explique une membre du groupe, Ilona Kalachnikova, habituellement affectée aux espaces verts.

« En ce moment, on ramasse surtout les branches et les arbres décapités par les roquettes. Cette année nous ne planterons rien, il n’y aura pas de fleurs », regrette-t-elle. « Ces sacs de sable sont un symbole de notre attachement à notre ville. On peut reconstruire des maisons détruites, mais pas des monuments historiques ».

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Les bombardements s’intensifient sur Kiev, où un couvre-feu est décrété

mars 15, 2022

Un pompier réconforte une femme près d’un immeuble résidentiel visé par une frappe russe, peu avant l’aube mardi, à Kiev. Photo : AFP via Getty Images Aris Messinis

Au 20e jour de la guerre, les sirènes d’alerte ont encore une fois retenti à travers toute l’Ukraine. À Kiev, les bombardements se sont intensifiés et ont atteint plusieurs immeubles résidentiels du centre de la capitale, sur laquelle les troupes de Vladimir Poutine continuent de resserrer leur étau.

Des immeubles résidentiels de plusieurs étages se trouvant dans les quartiers de Sviatochine, Podil et Lukyanivska, tous situés dans le nord-ouest de la capitale, non loin du centre, ont été bombardés mardi juste avant l’aube.

Le bilan de ces frappes est de quatre morts, pour l’heure, dont deux dans l’attaque à Sviatochine. Le bâtiment visé par le bombardement s’est embrasé, mais les secours ont pu sortir 27 personnes saines et sauves.

À Lukyanivska, c’est une station de métro qui a été touchée. Elle a dû être fermée de manière temporaire.

Une femme étendue sur une civière est transportée par plusieurs pompiers.

Les pompiers sortent le corps d’une femme d’un immeuble visé par une frappe russe à Kiev, le 15 mars 2022. Photo: AFP via Getty Images Aris Messinis

Lundi, le Kremlin avait affirmé que l’armée russe n’excluait pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées, ce qui fait craindre qu’un assaut soit lancé de manière imminente sur la capitale.

Oleksiy Arestovych, un conseiller du président Volodymyr Zelensky qui participe aux négociations avec Moscou, a prévenu que la guerre entre l’Ukraine et la Russie est à la croisée des chemins. Soit nous nous mettons d’accord lors des discussions actuelles, soit les Russes tenteront une nouvelle offensive et il y aura des discussions ensuite, a-t-il dit.

Kiev, que les forces russes tentent d’encercler, s’est vidée d’au moins la moitié de ses quelque trois millions d’habitants depuis le début du conflit, le 24 février.

Affirmant qu’il s’agit d’un moment dangereux et difficile pour Kiev, le maire Vitalii Klitschko a décrété un couvre-feu de 36 heures qui doit entrer en vigueur mardi dès 20 h, soit 14 h (HAE), et ce, jusqu’à jeudi matin 7 h, soit 1 h (HAE).

Il est interdit de circuler en ville sans autorisation spéciale, sauf pour se rendre dans des abris, a-t-il expliqué.

« La capitale est le cœur de l’Ukraine et elle sera défendue. Kiev, qui est actuellement l’avant-garde de liberté et de la sécurité de l’Europe, ne sera pas abandonnée. »— Une citation de  Vitalii Klitschko, maire de Kiev

Le maire Klitschko a aussi appelé les hommes du pays à affluer vers la capitale pour la défendre.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, les deux généraux ukrainiens responsables de la défense de la capitale ont expliqué comment leurs forces combattent pour maintenir l’artillerie russe hors de portée et pourquoi ils estiment avoir des atouts qui changeront la donne.

La topographie et le terrain de la ville sont du côté de l’Ukraine, a indiqué le général Andreï Krischenko, précisant que Kiev est grande et tentaculaire : Elle est traversée par des rivières; non seulement le puissant fleuve Dniepr, qui divise Kiev en deux, mais aussi ses affluents.Une femme a les mains et le visage noirs.

Une résidente évacuée d’un immeuble frappé à l’aube par l’armée russe, à Kiev, le 15 mars 2022. Photo : Getty Images/Chris McGrath

Le contrôle de la région de Kherson revendiqué

Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi que son armée avait pris le contrôle total de la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Cette information est invérifiable de source indépendante pour le moment.

Les troupes russes avaient déjà annoncé avoir pris le contrôle de la ville de Kherson (250 000 habitants), au début mars. La région compte quant à elle 1 million d’habitants en temps de paix.

Selon des responsables américains de la Défense, à partir de la région de Kherson, les troupes russes pourraient ensuite se diriger vers la ville Mykolaïv (1,12 million d’habitants), située à environ 70 kilomètres au nord-ouest, avant de viser Odessa (990 000 habitants), principal port ukrainien sur la mer Noire.

Les habitants d’Odessa se préparent à une offensive russe depuis des jours déjà, tandis qu’à Mykolaïv, déjà pilonnée par l’armée russe, les services d’urgence ont confirmé la mort d’au moins sept personnes dans une frappe survenue dimanche contre une école.

2000 voitures quittent Marioupol

Plus à l’est, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours.

Mardi, la mairie a annoncé que 2000 voitures privées avaient réussi à quitter la vielle assiégée, et que 2000 autres attendaient de pouvoir faire de même. La veille, c’est 160 voitures qui avaient réussi à quitter la ville. Il s’agissait de la première évacuation de civils depuis que la ville est entièrement encerclée.

Le couloir humanitaire emprunté par les colonnes de véhicules relie Marioupol à Zaporijia, via Berdiansk, sur environ 270 km de route. On ne sait toutefois pas combien de personnes sont arrivées à fuir dans ces évacuations, mais près de 400 000 personnes, sur une population d’environ 450 000, seraient toujours prises au piège.

Les autorités locales estiment désormais que plus de 2300 civils ont perdu la vie depuis le début du siège russe, qui a plongé la ville dans une situation humanitaire critique. Les habitants y vivent terrés dans des caves, privés d’eau, d’électricité, de chauffage et de nourriture.

Un convoi d’aide humanitaire, qui cherche depuis des jours à atteindre la ville, a de nouveau été bloqué lundi par des soldats russes, selon les autorités.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, le maire Sergei Orlov a fait savoir que la situation se dégrade d’heure en heure.

« On reçoit beaucoup d’appels. Par exemple, une mère qui dit : « J’ai un enfant entre les mains en train de mourir de faim ». Et malheureusement, on ne peut rien faire. »— Une citation de  Sergei Orlov, maire de Marioupol

Située à environ 55 kilomètres de la frontière russe et à 85 kilomètres du fief séparatiste de Donetsk, Marioupol est la plus grande ville encore aux mains de Kiev dans le bassin du Donbass, qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk.

La prise par Moscou de cette ville portuaire serait un important tournant dans l’invasion de l’Ukraine. Elle permettrait de faire la jonction entre les forces russes venues de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports de Berdiansk et Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

L’aéroport de Dnipro détruit

Dans le centre-est du pays, la ville de Dnipro, jusqu’à récemment épargnée, a été de nouveau la cible de frappes russes. L’aéroport a été bombardé mardi, ce qui a causé des destructions massives, selon le maire, qui n’a pas évoqué de victimes dans l’immédiat.

Dans la nuit, l’ennemi a attaqué l’aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d’atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives, écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région sur Telegram.

Un peu plus au nord, les villes de Kharkiv et Chernihiv continuent d’être pilonnées par l’armée russe, selon les autorités locales.Une grue retire des débris d'un toit effondré.

Des équipes de secours retirent des débris d’un immeuble effondré après une frappe russe, le 15 mars 2022, à Kharkiv. Photo : Reuters

Avec Radio-Canada

Ukraine: Nouveaux bombardements russes sur Kiev, une ville « en état de siège »

mars 14, 2022
Un homme âgé au visage ensenglanté marche dans des débris aidé par trois personnes.

Les secours aident un homme blessé dans le bombardement d’un immeuble résidentiel à Kiev, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Gleb Garanich

Les forces militaires russes ont poursuivi lundi leur campagne punitive pour capturer Kiev avec des combats et des tirs d’artillerie dans la banlieue, après qu’une frappe aérienne sur une base militaire près de la frontière polonaise ait dangereusement rapproché la guerre des portes de l’OTAN.

Des alertes de raid aérien ont retenti dans les villes et villages de tout le pays pendant la nuit, de la frontière russe à l’est jusqu’aux montagnes des Carpates à l’ouest.

Les combats se poursuivaient aussi en périphérie de Kiev. Des responsables ukrainiens ont indiqué que les forces russes avaient bombardé plusieurs banlieues de la capitale, une cible politique et stratégique majeure pour leur invasion.

Un conseiller municipal de Brovary, banlieue à l’est de Kiev, a été tué dans des combats, ont indiqué des responsables. Des obus sont également tombés sur les banlieues d’Irpin, de Boutcha et de Hostomel, qui ont connu certains des pires combats de la tentative pour le moment infructueuse de la Russie de prendre la capitale, ont déclaré des responsables locaux.Le corps d'un homme gît dans des décombres.

Kiev, la capitale ukrainienne, continue d’être bombardée par les troupes russes, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Mikhail Palinchak

Lundi, une frappe contre un immeuble résidentiel a fait au moins deux morts et 12 blessés, ont indiqué les secours ukrainiens.

Sur leur compte Telegram, les services d’urgence ukrainiens ont indiqué qu’un bâtiment de huit étages du quartier d’Oblon, dans le nord, avait été touché à l’aube vraisemblablement par un tir d’artillerie, causant un incendie qui a depuis été maîtrisé par les pompiers.

L’usine d’aérospatiale Antonov située dans la capitale a elle aussi été la cible de tirs russes, selon le gouvernement municipal. Des fragments de missile sont tombés sur la route dans le district de Kourenivka, faisant un mort et six blessés, a précisé la mairie.

L’usine Antonov est la plus grande usine de fabrication d’avions d’Ukraine et est surtout connue pour produire bon nombre des plus gros avions-cargos du monde.

Kiev « en état de siège »

Deux pompiers marchent sur une échelle posée sur le rebord d'une fenêtre d'un immeuble calciné.

Des pompiers participent à l’évacuation d’un immeuble visé par un missile russe, à Kiev, le 14 mars 2022. Photo : AFP via Getty Images/Aris Messinis

La capitale est désormais une ville en état de siègeselon les mots d’un conseiller du président ukrainien. Les évacuations doivent se poursuivre lundi dans la région.

Panne à Tchernobyl

À Tchernobyl, à quelques 130 kilomètres au nord de Kiev, les craintes concernant la sécurité de l’ancienne centrale nucléaire continuent s’accumuler. La centrale serait de nouveau coupée du réseau électrique, selon le régulateur.

Les autorités ukrainiennes avaient pourtant indiqué la veille avoir rétabli l’alimentation électrique de l’ancienne centrale, qui a toujours besoin d’énergie pour assurer la sécurité des assemblages combustibles stockés sur place.

Aussi, le personnel qui gère les complexes de déchets radioactifs a arrêté de procéder aux réparations de sécurité en raison de l’épuisement, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), qui en a été informée par les autorités ukrainiennes.

Le personnel à (Tchernobyl) ne procède plus aux réparations et à la maintenance de l’équipement lié à la sécurité, en partie du fait de leur fatigue physique et psychologique après avoir travaillé sans arrêt depuis trois semaines, a confirmé l’agence, sans plus de détails.

Il semble que le personnel en question n’a pas été relevé depuis que les troupes russes ont pris le contrôle de la centrale.

Dans leur plus récent bilan diffusé lundi, les Nations unies ont confirmé qu’au moins 636 civils avaient été tués en Ukraine, incluant 46 enfants, depuis le début de l’offensive russe. Le bilan réel est vraisemblablement beaucoup plus lourd, a toutefois averti le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. En fait, à Marioupol seulement, les autorités ukrainiennes estiment qu’au moins 2187 civils ont perdu la vie.

Un missile à sous-munition lancé sur Donetsk?

Les séparatistes prorusses de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont affirmé lundi qu’un missile ukrainien avait causé la mort d’au moins 23 personnes, dont des enfants, et fait 18 blessés dans le centre de cette grande ville industrielle, habituellement épargné par les combats.

Sur son compte Telegram, la défense territoriale de Donetsk a publié des photos montrant plusieurs corps ensanglantés gisant dans une rue, au milieu de débris. Un minibus aux vitres brisées est également visible.Une femme étendue dans une rue jonchée de débris.

Le corps d’une femme tuées par la frappe au centre-ville de Donetsk, le 14 mars 2022. Photo : Reuters

Selon la défense territoriale de Donetsk, les défenses antiaériennes des séparatistes ont intercepté un missile ukrainien Totchka dont les débris ont ensuite fauché les victimes.

Le chef des séparatistes de Donetsk, Denis Pouchiline, a affirmé à la télévision russe qu’il s’agissait d’un missile contenant des sous-munitions, interdites par plus d’une centaine de pays dans le monde, mais pas par la Russie ni l’Ukraine.

Les autorités russes ont accusé Kiev de crime de guerre. Or, l’armée ukrainienne a fermement démenti avoir tiré un missile contre Donetsk. Il s’agit définitivement d’un missile russe ou d’un autre type de munition, a déclaré le porte-parole Leonid Matioukine lors d’un point-presse.

Défendre l’OTAN contre toute attaque, même accidentelle

Par ailleurs, une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche contre la base militaire de Yavoriv, à seulement une vingtaine de kilomètres de la Pologne, pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN et de l’Union européenneUE, continue de faire réagir lundi. Ce raid a fait 35 morts.Un homme au visage ensanglanté.

Un soldat blessé attend une ambulance à la base militaire de Yavoriv, le 13 mars 2022. Photo : Reuters/Kai Pfaffenbach

Le conseiller national pour la sécurité des États-Unis, Jake Sullivan, a prévenu dimanche que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN répondra avec toute sa force à toute attaque sur son territoire, même si celle-ci est accidentelle.

À l’émission Face the Nation, il a affirmé que le président Joe Biden a été clair sur le fait que les États-Unis travailleront avec leurs alliés pour défendre chaque pouce du territoire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, et ça veut dire chaque pouce.

C’est notamment à cette base qu’arrive une partie de l’aide militaire livrée par les pays occidentaux à l’Ukraine depuis son invasion par la Russie, le 24 février. Moscou a déjà prévenu que ces convois d’aides militaires sont considérés comme des cibles légitimes.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

Ukraine: Kiev se prépare à un assaut, Moscou poursuit les bombardements

mars 13, 2022

Des soldats ukrainiens marchent à Irpine, à l’ouest de Kiev, où des bombardements russes font rage. Photo : AFP/Sergei Supinsky

L’offensive de l’armée russe se poursuit pour une 18e journée en Ukraine. Les troupes de Moscou continuent de bombarder plusieurs villes et accentuent la pression sur la capitale, Kiev. Plus à l’ouest, des tirs ont été signalés à Lviv, jusqu’ici épargnée des combats.

Les forces russes ont bombardé dimanche une base militaire située à Yavoriv dans la région de Lviv, près de la frontière polonaise et jusque-là relativement à l’écart du conflit.Un homme blessé sur une civière.

Militaire blessé sur une civière après l’attaque de la base militaire de Yavoriv. Photo: Reuters/Kai Pfaffenbach

L’attaque a fait 35 morts et 134 blessés, a annoncé le gouverneur de la région, Maxim Kozitsky. Un premier bilan faisait état de neuf morts et 57 blessés.

Les occupants ont mené une frappe aérienne sur le Centre international pour le maintien de la paix et la sécurité. D’après les informations préliminaires, ils ont tiré huit missiles, a déclaré l’administration régionale de Lviv dans un communiqué.

Cette base a servi ces dernières années de terrain d’entraînement aux forces ukrainiennes sous l’encadrement d’instructeurs étrangers, notamment américains et canadiens.

Elle est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, grande ville de l’ouest de l’Ukraine où de nombreuses personnes déplacées par l’invasion russe ont afflué. Plusieurs pays y ont aussi déplacé leur ambassade, jugeant cette ville plus sûre que Kiev.Des civils ukrainiens quittent leur ville en proie aux bombardements.

Des civils, dont un homme blessé, fuient la ville d’Irpine, hors de Kiev. Photo: Reuters/Gleb Garanich

D’ailleurs, dans la capitale, les autorités ukrainiennes craignent que la ville soit encerclée par les troupes russes et promettent une défense acharnée face aux envahisseurs. Sur place, on se prépare à un assaut, comme en témoignent les rues barricadées.

Des images satellites montraient samedi matin que l’armée russe avait effectué des mouvements de son convoi stationné depuis plusieurs jours au nord-ouest de la ville. Des frappes ont touché samedi matin la ville de Vasylkiv, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale.

Un journaliste américain a été tué et un autre blessé par balles dimanche à Irpin, à la lisière nord-ouest de Kiev, où les forces ukrainiennes combattent les forces russes, rapporte l’Agence France-PresseAFP citant des sources concordantes.

Les deux hommes ont été touchés alors qu’ils circulaient en voiture avec un civil ukrainien, également blessé, a précisé Danylo Shapovalov, un médecin engagé auprès des forces ukrainiennes qui a pris en charge les victimes. Un journaliste de l’Agence France-PresseAFP a vu le corps du journaliste tué.

Les autorités ukrainiennes ont rapidement accusé la Russie, mais l’origine des tirs était difficile à établir dans l’immédiat.

Le maire ukrainien de la ville de Dniproroudné, Evguen Matveïev, a quant à lui été enlevé dimanche par des soldats russes dans le sud du pays, deux jours après le kidnapping d’un autre maire, selon le gouverneur de la région de Zaporijia.

Ces enlèvements ont été condamnés par l’Union européenne.

Des bombes au phosphore dans le Donbass

Oleksi Bilochytsky, chef de la police de Popasna, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Lougansk, a accusé dans la nuit de samedi à dimanche l’armée russe de bombarder sa localité avec des bombes au phosphore.

Ces informations étaient invérifiables dans l’immédiat.

Des responsables ukrainiens ont rapporté une trentaine de blessés lors de frappes sur un grand monastère de la région de Donetsk.

À Kramatorsk, un train évacuant des personnes en direction de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, a été lui aussi touché par des frappes dans la nuit, selon le chef de la région militaire de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko. Le bombardement aurait fait un mort et un blessé.

Deux églises orthodoxes où s’abritent des civils ont aussi été touchées par les combats, selon les autorités régionales : l’église de Sviatoguirsk, célèbre lieu de culte de la région de Donetsk, et une église à Severodonetsk, dans la région de Lougansk. Aucun bilan n’a été communiqué.Deux hommes observent avec des jumelles les mouvements de l'armée russe.

Des membres de la défense territoriale ukrainienne observent avec des jumelles les mouvements des troupes russes autour du village de Velyka Dymerka, à 40 km à l’est de Kiev. Photo : AFP/Dimitar Dilkoff

Des proportions catastrophiques

Pendant ce temps, au sud-est du pays, la ville portuaire de Marioupol espère l’arrivée d’aide humanitaire. Les habitants attendent un convoi bloqué pendant plus de cinq heures à un barrage russe samedi.

Les bombardements empêchent les approvisionnements et l’inhumation des morts. Le bilan des victimes était estimé à 1500 vendredi, selon le cabinet du maire.

La Turquie a réclamé l’aide de la Russie pour évacuer ses citoyens de Marioupol.

Moscou reconnaît que la situation dans certaines villes a pris des proportions catastrophiques, selon les mots du général Mikhaïl Mizintsev, cité samedi par les agences de presse russes.

Mais le militaire a accusé les nationalistes ukrainiens de miner les zones résidentielles et de détruire des infrastructures, privant les civils de voies d’évacuation et de ressources élémentaires.

Toujours au sud, la métropole d’Odessa continue de se préparer à une offensive des troupes russes, qui se concentrent actuellement à une centaine de kilomètres à l’est sur la ville de Mykolaïv, où l’on rapporte des frappes meurtrières.

Neuf personnes ont été tuées dans des frappes russes, a indiqué le gouverneur de la région sur Telegram, sans donner plus détails.

Mykolaïv, désormais désertée, a été la cible de plusieurs bombardements qui ont touché des zones d’habitation, y compris un centre de cancérologie et un hôpital ophtalmologique.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Un hôpital pour enfants de Marioupol bombardé par l’armée russe

mars 9, 2022
Une femme tient un bébé dans ses mains.

Une femme tient un bébé dans un abri anti-aérien de Marioupol, le 8 mars. Photo : La Presse Canadienne/AP/Evgeniy Maloletka

Un hôpital pédiatrique de la ville portuaire de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, a été touchée par des frappes aériennes russes, et des enfants sont ensevelis sous les décombres, affirme le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

L’information n’a pas été confirmé par l’armée russe et ne peut être vérifiée de manière indépendante.

Frappes directes des troupes russes sur la maternité d’un hôpital. Des gens, des enfants sont sous les décombres. Atrocité! , s’est indigné le président Zelensky dans un message publié sur Twitter, accompagné d’une vidéo montrant selon lui les lieux.

Combien de temps encore le monde sera-t-il complice en ignorant la terreur? Fermez le ciel immédiatement! Vous avez le pouvoir de le faire, mais vous semblez perdre votre humanité, a-t-il ajouté.

Le bombardement de l’hôpital avait été annoncé un peu plus tôt par le conseil municipal de Marioupol, ville stratégique assiégée par l’armée russe depuis déjà plusieurs jours.

Les forces d’occupation russes ont lâché plusieurs bombes sur l’hôpital pour enfants. La destruction est colossale, a-t-il annoncé en ligne, sans offrir de bilan.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters

Côte d’Ivoire: Bombardement de Bouaké : perpétuité pour les trois accusés

avril 15, 2021
Vue du camp Descartes à Bouaké après le bombardement du 6 novembre 2004.

La cour d’assises de Paris a condamné les trois accusés, ivoiriens et biélorusse, à la prison à perpétuité pour avoir bombardé la ville ivoirienne et tué neuf soldats français en 2004.

La cour d’assises de Paris a rendu sont verdict dans le procès du bombardement de Bouaké qui avait coûté la vie à neuf militaires français et un civil américain, le 6 novembre 2004. Yury Sushkin, un mercenaire biélorusse, ainsi que Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, deux officiers de l’armée de l’air ivoirienne, ont été condamnés à la prison à perpétuité par les juges qui ont rendu leur verdict ce jeudi au terme de trois semaines de procès. Absents lors de celui-ci, les trois hommes étaient notamment poursuivis pour « assassinats », le bombardement ayant « été effectué en temps de paix, sur des militaires pris par surprise », a précisé le président de la Cour d’appel, Thierry Fusina.

Les juges ont ainsi suivi les réquisitions de l’avocat général, qui avait réclamé la peine maximale à l’encontre des trois hommes. « Cette peine » de perpétuité, « je l’aurais requise dans les mêmes conditions si ces personnes étaient ici, si elles s’étaient défendues, parce que ce qui justifie cette peine, c’est la violence inouïe des faits », a déclaré Jean-Christophe Müller.

« Préméditation »

Un soldat français après l’attaque sur la base de Bouaké, en 2004.

Ni la justice ivoirienne ni la justice du Bélarus n’ont répondu aux mandats d’arrêt émis par la justice française à l’encontre des trois accusés. La première a indiqué que les deux officiers ivoiriens, promus au sein de l’armée l’année suivant le bombardement, ne pouvaient être poursuivis pour ces faits en raison d’une loi d’amnistie adoptée en 2007. Selon les autorités ivoiriennes, Ange Gnanduillet est décédé en 2015.

Le 6 novembre 2004, deux chasseurs déployés par l’aviation du président ivoirien Laurent Gbagbo pour attaquer les rebelles installés dans la moitié nord du pays avaient bombardé par surprise un camp de la force de paix française, chargée de faire tampon entre les deux forces en présence. Neuf soldats français et un civil américain avaient ainsi été tués, et une quarantaine de personnes blessées.

DÉCOLLER AVEC DEUX AVIONS DE GUERRE ARMÉS DE ROQUETTES ME SEMBLE L’EXPRESSION CHIMIQUEMENT PURE DE LA PRÉMÉDITATION

L’attaque était « caractérisée par une volonté préalable d’aller bombarder le camp français », avait argué Jean-Christophe Müller. « Des éléments montrent à l’évidence que la frappe était volontaire et dirigée contre [ledit] camp », et « décoller avec deux avions de guerre armés de roquettes me semble l’expression chimiquement pure de la préméditation », avait encore ajouté l’avocat général.

En représailles, Paris avait détruit le jour même l’ensemble de l’aviation militaire ivoirienne, ruinant son offensive en cours, et déclenchant une crise diplomatico-militaire inédite entre la France et la Côte d’Ivoire.https://www.dailymotion.com/embed/video/x5vqxle

Le lendemain du bombardement, le 7 novembre 2004, quinze mercenaires biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan, et huit autres à Lomé. Mais tous avaient par la suite été relâchés dans des conditions qui n’ont jusqu’à présent pas pu être éclaircies par la justice. Cet incompréhensible refus de Paris, dix jours après le bombardement, de récupérer huit suspects bélarusses, dont Yury Sushkin, a occupé une bonne partie des débats du procès.

Michèle Alliot-Marie, ministre française de la Défense à l’époque des faits, avait notamment affirmé qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été délivré à leur encontre et qu’il n’y avait donc pas de base légale pour maintenir leur détention.

Zones d’ombre

Bouaké bombing trial continue – Paris

De lourds soupçons ont pesé sur les décisions prises alors par les autorités françaises de l’époque. Au cours de l’enquête, la juge d’instruction chargée du dossier avait notamment pointé le rôle de Michèle Alliot-Marie (Défense), Dominique de Villepin (Intérieur) et Michel Barnier (Affaires étrangères). Dès 2016, elle avait saisi la Cour de justice de la République (CJR), en vain, le procureur général s’étant abstenu de soutenir sa requête.

En janvier 2009, le juge François Moulins, qui était alors chargé de l’instruction, a pu à son tour saisir la CJR, lui demandant de se prononcer sur l’opportunité d’ouvrir une enquête pour « recel de malfaiteurs », « entrave à la manifestation de la vérité » et « non-dénonciation de crime » à l’encontre des trois ministres. Demande rejetée en mai de la même année, par la commission des requêtes de la CJR, dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours.

LE MINISTÈRE DE LA DÉFENSE EST UN MINISTÈRE D’EXÉCUTION DE DÉCISIONS PRISES PAR D’AUTRES

Près de 90 témoins, quasiment tous Français, se sont succédé à la barre, des rescapés du bombardement aux anciens ministres français en fonction au moment des faits. Appelé à témoigner lors du procès, Dominique de Villepin a assuré n’avoir été « ni présent, ni associé » aux décisions dans ce dossier, pointant la « compétence claire » du ministère de la Défense. L’ex-ministre des Armées a elle aussi botté en touche, assurant notamment que « le ministère de la Défense est un ministère d’exécution de décisions prises par d’autres ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Syrie: des écoles de Damas rouvrent après des jours de bombardements rebelles

février 18, 2018

Des enfants syriens sur le chemin de l’école à Damas, après plusieurs jours passés à la maison en raison des bombardements rebelles sur la capitale, le 18 février 2018 / © AFP / LOUAI BESHARA

D’un geste de la main, Hanane lance un dernier au revoir à sa fille qui a repris dimanche le chemin de l’école à Damas après plusieurs jours passés à la maison en raison de bombardements rebelles.

Avant même la fermeture de l’école de sa cadette Lina, âgée de 11 ans, cette mère de trois enfants avait pris la décision de la garder à la maison.

Quelques jours plus tard, un obus s’est abattu sur l’une des salles de l’établissement situé dans le vieux quartier de Damas.

Même « la route vers l’école était devenue très dangereuse », dit Hanane, âgée de 44 ans.

« Il vaut mieux que ma fille perde une année scolaire plutôt que sa vie (…). Je ne peux pas décrire l’anxiété qui m’accompagne du moment où elle quittait la maison jusqu’à son retour de l’école », confie-t-elle à l’AFP.

La semaine dernière, l’aviation syrienne avait intensifié ses frappes contre la Ghouta orientale, enclave rebelle à l’est de la capitale, faisant plus de 250 morts et plus de 700 blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Cela avait provoqué une recrudescence des bombardements en provenance de l’enclave assiégée, tuant près de 20 civils, dont trois enfants, dans la capitale, relativement épargnée par la guerre qui saigne le pays depuis sept ans.

Une accalmie relative est observée depuis jeudi mais cette escalade avait contraint une dizaine d’écoles à fermer leurs portes.

« Aujourd’hui la situation est meilleure (…) mais j’ai tout de même consulté une page sur Facebook qui recense les tirs de mortiers sur Damas pour avoir l’esprit tranquille », confie Hanane qui vit dans le quartier d’Al-Amine au cœur du vieux Damas, soumis durant plusieurs semaines à des tirs de mortiers en provenance de la Ghouta.

– Sirènes et classes vides –

Dimanche, la vie dans le vieux quartier de la capitale semblait renouer avec la normale.

A l’instar de Hanane, de nombreux parents accompagnent leurs enfants, leurs cartables sur le dos, aux différentes écoles du quartier.

Ils slaloment entre des cratères d’obus remplis d’eau de pluie.

Avant ce retour au calme, « nous entendions les bruits des tirs, c’était effrayant », témoigne Fadia, enseignante d’anglais au collège dans une école privée, située dans le quartier de Bab Charqi.

« Les sirènes des ambulances ne s’arrêtaient jamais. Parfois nous devions fermer les fenêtres pour pouvoir entendre nos élèves », raconte-t-elle à l’AFP.

« Une des nos élèves de 15 ans, Rita el-Eid, a été tuée par un obus de mortier. Le lendemain, la plupart des salles étaient vides », ajoute l’enseignante.

L’établissement décide alors de suspendre les classes durant trois jours.

« Les enseignants et les élèves sont désormais de retour. Nous nous attendons même à un plus grand afflux demain », se réjouit Fadia.

« La vie dans le vieux Damas est étroitement liée à l’évolution des combats dans la Ghouta orientale », ajoute-t-elle.

– ‘Nous devons vivre’ –

Au cours des dernières semaines, la terreur avait également gagné d’autres secteurs de la capitale.

A quelques pas, dans le quartier de Bab Touma, une poignée de bus publics attendent les passagers.

L’un des chauffeurs, Abou Mohammad, nettoie le pare-brise de son bus blanc, avant de montrer du doigt un cratère situé à proximité de la station.

« Ici, un obus a explosé à côté d’un bus, trois personnes sont mortes et plus de dix ont été blessées », raconte-t-il.

« Nous sommes alors tous rentrés chez nous, mais sommes revenus le lendemain, nous devons vivre, nous n’avons pas le choix », confie-t-il.

L’imprévisibilité des tirs de roquettes et de mortiers ont dissuadé de nombreux Damascènes de quitter leurs foyers et ralenti ainsi l’activité des transports en commun, souligne Abou Mohammad.

« D’habitude, les passagers s’entassent ici du matin au soir, mais aujourd’hui il y a très peu de monde (…) La mort peut elle aussi monter dans les bus », déplore l’homme, âgé d’une cinquantaine d’années.

Romandie.com avec(©AFP / 18 février 2018 13h20)                

Les forces égyptiennes ont bombardé des « camps terroristes » en Libye (TV d’Etat)

mai 26, 2017

Le Caire – L’aviation égyptienne a mené vendredi six frappes contre des « camps d’entraînement terroristes » en Libye après une nouvelle attaque meurtrière contre la minorité chrétienne copte, a indiqué la télévision d’Etat.

Selon la chaîne, des camps d’entraînement jihadistes ont été frappés dans la ville de Derna, dans l’est de la Libye.

Cette annonce intervient quelques minutes après une déclaration du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui a annoncé que les forces égyptiennes avaient frappé des camps jihadistes, mais sans préciser où.

« L’Egypte n’hésitera pas à frapper les camps d’entraînement terroristes partout, sur son sol comme à l’étranger », a-t-il dit.

Des témoins en Libye ont fait état de quatre frappes à Derna, contrôlée par une milice proche d’Al-Qaïda.

Ils ont indiqué que les frappes étaient apparemment le fait d’un avion qui a visé quatre secteurs à Derna dont l’un dans le centre-ville.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mai 2017 22h26)                                            

Congo: Génocide du Pool

mai 7, 2017

Images de Mayama après Bombardements.

 

Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Congo/Pasteur Ntumi : « Sassou a réarmé les rebelles Ninja »

avril 5, 2016

 

Dans la nuit du 3 au 4 avril, les quartiers sud de la capitale congolaise, Brazzaville, réputés hostiles au président Sassou ont été le théâtre des tirs d’anciens rebelles « Ninjas ».

Les Ninjas ont longtemps été contrôlés par l’ex-chef rebelle Frédéric Bintsamou, connu sous le nom de « pasteur Ntumi », qui, durant la guerre civile congolaise des années 1990, combattait aux cotés de Kolelas et de Sassou contre l’ancien président Lissouba. Or ce chef de milices, qui s’est rangé du coté des opposants à Sassou, est aujourd’hui pointé du doigt par les autorités comme le fauteur des troubles. Ce qu’il dément, dans un entretien avec « Mondafrique ». Les Ninjas, auteurs de ces tirs, explique le bon pasteur Ntumi, ont été réarmés à dessein par le pouvoir de Brazzaville afin de justifier la répression menée contre les populations du sud de la capitale traditionnellement opposées à Sassou Nguesso. Résultat: les populations résidentes dans ces zones ont été contraintes de quitter leurs habitations pour se réfugier au centre ou au nord de la ville et on veur lui faire porter le chapeau.

Entretien 

Mondafrique : Quelle est la situation actuelle à Brazzaville ?

Pasteur Ntumi : Le général Jean François Ndenguet, directeur général de la police nationale, depuis 1997, a recruté certains miliciens ninjas démobilisés. Cette situation intervient alors que la Cour constitutionnelle a publié les résultats définitifs de la réélection contestée de Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis plus de 32 ans. Les autorités ont voulu imposer un état de siège pour publier les résultats afin d’étouffer toute velléité de contestation de la population. Les populations des quartiers sud fuient actuellement leurs habitations pour se réfugier au nord et au centre de Brazzaville. En fomentant ces attaques, le pouvoir de Brazzaville, souhaite justifier une action répressive d’envergure contre ces parties de la ville, réputées opposées à Denis Sassou Nguesso.

Mondafrique : Etes-vous personnellement en danger ?

Pasteur Ntumi : Effectivement oui. C’est pourquoi j’appelle la communauté internationale à s’exprimer le plus rapidement possible. Cette situation est la conséquence directe de la crise politique que le pays traverse aujourd’hui. Nous vivons une dictature qui ne dit pas son nom. Lors de la campagne présidentielle, mon cortège était attaqué au pont du Djoué alors que je venais d’assister au meeting de Guy Brice Parfait Kolélas, au stade Marchand. Trois de mes gardes du corps étaient tués.

Mondafrique : Pourquoi n’avez- vous pas donné, plus tôt, l’alerte à la communauté internationale sur le réarmement des ex-ninjas démobilisés ?

Pasteur Ntumi : Personne n’est dupe. Les ex-ninjas réarmés par le général Ndenguet n’en sont pas à leur premier forfait à Brazzaville. Déjà lors du référendum, ils avaient commis des exactions à l’endroit des manifestants dans certains quartiers sud. C’était très grave, mais jusqu’ici personne n’en parlait.

Mondafrique : Votre nom a été cité à plusieurs reprises dans la vidéo mettant en cause le général Mokoko en train de préparer un coup d’Etat au Congo.

Pasteur Ntumi : En ce temps-là, en 2007 le général Mokoko se trouvait hors de Brazzaville, tandis que je me trouvais encore dans le département du Pool. Certainement le général avait pensé à moi pour parvenir à ses fins, mais je n’étais pas en contact avec lui.

Mondafrique : Pour l’opposition, vous semblez être un rempart de poids contre le pouvoir armé de Brazzavile grâce à vos nombreux soutiens du côté des rebelles Ninja.

Pasteur Ntumi : Je ne le suis pas seulement pour les opposants. Je souhaite l’être pour le peuple congolais tout entier qui souffre. Le peuple réclame un changement. Malheureusement Denis Sassou Nguesso a volé sa victoire. Nous en appelons à la communauté internationale parce que la situation devient très compliquée.

Mondafrique.com