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Le gouvernement de Boris Johnson secoué par un nouveau scandale sexuel

juillet 1, 2022
Le premier ministre britannique, Boris Johnson.

Les scandales à caractère sexuel s’accumulent au sein du parti de Boris Johnson. Photo : Reuters/Henry Nicholls

Boris Johnson fait face vendredi à un nouveau scandale sexuel au sein de son parti. L’un des membres de son gouvernement a démissionné après s’être fait accuser d’attouchements sexuels sur deux hommes.

C’est un retour difficile pour le premier ministre conservateur, à peine rentré d’une semaine passée à l’étranger pour assister à trois sommets internationaux.

Après les conflits sociaux qui se multiplient en raison de la flambée des prix et après la controverse du partygate, il doit gérer une nouvelle affaire au sein de son gouvernement.

Dans une lettre de démission datée de jeudi, le whip en chef adjoint, Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs, reconnaît avoir beaucoup trop bu et présente des excuses pour s’être couvert de honte, [lui] et d’autres personnes.

Selon plusieurs médias britanniques, l’élu de 52 ans a procédé à des attouchements mercredi soir, sur deux hommes, dont un député, devant des témoins dans un club privé londonien, le Carlton Club, rapporte le Sky News. Ces gestes ont entraîné des plaintes auprès du parti.

Les histoires à caractère sexuel au sein du gouvernement au pouvoir s’accumulent :

  • un député a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie à la Chambre sur son téléphone portable;
  • un député soupçonné de viol, non nommé, a été arrêté puis libéré sous caution à la mi-mai;
  • et un ancien député a été condamné, en mai, à 18 mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent de 15 ans.

Le départ récent de deux députés avait provoqué des législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs, suivies du départ du président du parti, Oliver Dowden.

S’il a démissionné de sa fonction, M. Pincher reste toutefois député.

Le premier ministre a accepté la démission et pense que c’était la chose à faire […]. Il trouve évidemment ce genre de comportement inacceptable et encourage ceux qui souhaitent se plaindre à le faire, a indiqué son porte-parole.

Mais, face aux appels qui réclament l’exclusion du député du parti et à la tenue d’une enquête interne, la pression s’accroît sur M. Johnson pour qu’il adopte des mesures plus fermes.

Il est hors de question que les conservateurs ignorent une agression sexuelle éventuelle, a tweeté Angela Rayner, la numéro deux du Parti travailliste, principale formation d’opposition.

Boris Johnson doit maintenant [nous] dire comment Chris Pincher peut rester député conservateur, a-t-elle ajouté, déplorant une totale dégradation des normes de la vie publique sous le premier ministre.

Loin d’être un cas isolé

Ce dernier a été considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street malgré les restrictions sanitaires durant la pandémie. L’affaire lui a valu un vote de confiance dans son propre camp, auquel il a survécu de peu, il y a moins d’un mois.

Sur la chaîne Sky News, le ministre chargé du Pays de Galles, Simon Hart, a estimé qu’il pourrait être contre-productif de précipiter une enquête, mais a indiqué que le whip en chef, Chris Heaton-Harris, aurait des conversations dans la journée de vendredi pour déterminer la ligne de conduite appropriée.

« Ce n’est pas la première fois, je crains que cela ne soit possiblement pas la dernière. Cela arrive sur le lieu de travail de temps à temps »— Une citation de  Simon Hart, ministre responsable du Pays de Galles

Nommé en février, M. Pincher avait déjà démissionné comme whip junior en 2017, accusé d’avoir fait des avances sexuelles à un athlète olympique et à un potentiel candidat conservateur aux élections.

Il avait été blanchi après une enquête interne. Réintégré par l’ancienne première ministre Theresa May, il avait rejoint le ministère des Affaires étrangères comme secrétaire d’État lors de l’arrivée au pouvoir de M. Johnson en juillet 2019.

La police londonienne a indiqué n’avoir reçu aucun signalement d’agression au Carlton Club.

Avec Agence France-Presse

La Russie convoque l’ambassadrice britannique après les propos de Johnson

juin 30, 2022

Moscou a décidé de répliquer après des propos considérés comme « ouvertement grossiers » du Premier ministre britannique envers Vladimir Poutine.

Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passes a Moscou.
Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passés à Moscou.© MIKHAIL KLIMENTYEV / Sputnik / Sputnik via AFP

La réponse de la Russie n’a pas tardé. L’ambassadrice du Royaume-Uni à Moscou, Deborah Bronnert, a été convoquée, jeudi 30 juin, au ministère russe des Affaires étrangères. La raison ? Les propos jugés « grossiers » du Premier ministre Boris Johnson sur le président Vladimir Poutine. Cette décision de la diplomatie russe vise à protester « fermement » contre « les propos ouvertement grossiers des autorités britanniques à l’égard de la Russie, de son dirigeant, de ses responsables, ainsi que du peuple russe », indique le Kremlin.

« Dans une société polie, il est de coutume de s’excuser pour des propos de ce genre », a souligné la diplomatie russe en dénonçant une « rhétorique insultante inacceptable ».

Poutine, un « exemple parfait de toxicité masculine »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré mardi soir à la chaîne de télévision allemande ZDF que Vladimir Poutine n’aurait pas déclenché l’offensive en Ukraine s’il avait été une femme. Il a ensuite dénoncé cette opération militaire russe comme « un exemple parfait de toxicité masculine », en clôture du sommet du G7 en Allemagne.

Pour sa part, Ben Wallace, ministre britannique de la Défense, a déclaré mercredi soir à LBC Radio que « la vision que le président Poutine a de lui-même et du monde est un syndrome du petit homme, une vision macho ». Ben Wallace s’est également emporté contre la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, en l’accusant de « menacer tout le monde avec des armes nucléaires » chaque semaine.

En convoquant l’ambassadrice britannique, le ministère russe des Affaires étrangères a également souligné qu’il était « inacceptable » pour les responsables britanniques de « faire la propagande des informations délibérément fausses, notamment sur les menaces présumées de la partie russe de recourir aux armes nucléaires », selon le communiqué de la diplomatie russe.

Par Le Point avec AFP

Exclusif – Boris Johnson : « Nous sommes fiers du partenariat que nous avons noué avec le Rwanda »

juin 20, 2022

Alors que s’est ouvert ce lundi à Kigali le sommet du Commonwealth, le Premier ministre britannique défend la nouvelle politique migratoire du Royaume-Uni en dépit des polémiques. Dans l’entretien qu’il a accordé à The Africa Report et Jeune Afrique, il se dit aussi préoccupé par la situation sécuritaire dans le Sahel et par la montée en puissance des Russes sur le continent.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson quitte Downing Street pour se rendre à la séance des questions à la Chambre des communes, à Londres, en Grande-Bretagne, le 8 juin 2022. © HANNAH MCKAY/REUTERS

Boris Johnson s’attendait-il à un tel tollé en annonçant, mi-avril, la signature d’un accord avec le Rwanda pour qu’il accueille sur son territoire – et moyennant plusieurs millions de dollars – des migrants et demandeurs d’asile acheminés depuis le Royaume-Uni ? Les semaines qui ont suivi, les critiques ont plu sur le Premier ministre britannique, la Cour européenne des droits de l’homme allant jusqu’à annuler à la dernière minute le premier vol qui devait décoller le 14 juin dernier. 

C’est dans ce contexte que s’est ouvert, ce lundi à Kigali, le sommet du Commonwealth, auquel les dirigeants des pays membres participeront, jeudi et vendredi. Nul doute que Boris Johnson va tenter d’en profiter pour inverser la tendance et qu’il n’a aucune intention de faire marche arrière. Sur ce sujet et sur d’autres – de l’insécurité au Sahel aux menaces que le changement climatique fait peser sur l’Afrique –, il a répondu par écrit aux questions de The Africa Report et de Jeune Afrique.

L’accord passé avec le Rwanda en augure-t-il d’autres du même type ? Le Royaume-Uni va-t-il désormais sous-traiter « ses » migrants à des pays tiers ?

Boris Johnson : Il n’existe pas de solution unique pour lutter contre ces redoutables trafiquants d’êtres humains qui alimentent une immigration dangereuse et incontrôlée. Je suis fier du partenariat que nous avons noué avec le gouvernement rwandais, qui contribue à faire obstacle à ces bandes criminelles de passeurs.

Ce n’est toutefois qu’une partie d’une stratégie plus large visant à réformer un système de demande d’asile défaillant et à garantir des voies d’immigration sûres et légales. Il est clair depuis longtemps que la façon actuelle de faire, avec des personnes désespérées qui donnent toutes leurs économies à des passeurs et traversent l’océan dans des canots pneumatiques fragiles, ne fonctionne pas.

Mais des restrictions de plus en plus strictes en matière de visas empêchent les Africains ayant des raisons valables de se rendre au Royaume-Uni. N’est-ce pas contraire à la promesse d’une « Grande-Bretagne globale » ?

Le Royaume-Uni est ouvert sur le monde. Nos entreprises et nos universités accueillent les éléments les meilleurs et les plus brillants, d’où qu’ils viennent, dans le cadre d’un nouveau système de visa post-Brexit qui supprime les disparités pour les visiteurs non européens. Nous constatons déjà une augmentation de l’immigration qualifiée en provenance des pays non européens.

La crise des réfugiés en Ukraine a récemment entraîné des retards dans le traitement des demandes de visas des visiteurs, mais les entreprises et les touristes africains sont les bienvenus au Royaume-Uni.

Incapable d’exploiter pleinement les richesses en hydrocarbures, empêchée d’obtenir de l’énergie bon marché pour s’industrialiser, très touchée par les effets de la hausse des températures… L’Afrique risque d’être la grande perdante du changement climatique. Est-il utile de rappeler aux nations européennes à quoi ressemblerait réellement un exode climatique des migrants ? 

Que les pays qui émettent le moins soient les plus menacés par la hausse des températures est une grande tragédie. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous avons désormais des solutions à portée de main. Nous savons ce qui fonctionne contre le changement climatique et comment associer les nouvelles technologies vertes à une croissance économique rapide. En Afrique, les possibilités de transformer les vastes ressources naturelles du continent en énergie solaire, éolienne et hydroélectrique, autrement dit en énergie propre, sont illimitées.

Le Royaume-Uni contribue déjà à atténuer les effets du changement climatique, notamment en luttant contre les inondations et en soutenant une agriculture résistante à la sécheresse. Nous travaillons avec les gouvernements et l’industrie pour empêcher la terrible destruction des habitats naturels et faire en sorte que les futurs réseaux de transport et d’électricité de l’Afrique protègent les habitants du continent et de la planète.

La diplomatie économique française est actuellement très offensive, y compris dans des pays comme le Nigeria et le Kenya, tandis que le Royaume-Uni semble marquer le pas. Le Brexit ne peut-il pas être une opportunité pour les entreprises britanniques qui souhaitent se développer sur le continent ?

Le libre-échange est la clé du progrès économique, il permet la paix et la prospérité. Je veux que le Royaume-Uni soit à l’avant-garde de la collaboration avec ses partenaires africains en matière d’innovation commerciale et de développement d’infrastructures vertes et propres. Nous soutenons aussi la vision africaine d’un accord de libre-échange continental qui, selon la Banque mondiale, permettra à 98 millions de personnes de sortir de la pauvreté d’ici à 2035.

Quitter l’Union européenne a offert aux entreprises et aux investisseurs britanniques d’énormes possibilités d’accroître le commerce avec des économies clés comme le Nigeria et le Kenya, et je suis heureux de les voir les saisir à pleines mains. Les faits parlent d’eux-mêmes : les échanges entre le Royaume-Uni et l’Afrique ont augmenté de près de 30 % depuis 2020, et nous avons désormais conclu des accords commerciaux avec 18 pays du continent, soit plus que [lorsque nous appartenions à] l’Union européenne.

Mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Je suis déterminé à voir davantage d’entreprises britanniques en Afrique, qui soumissionnent pour des contrats et encouragent le talent et l’innovation.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) estime qu’en 2021, l’Afrique a perdu près de 88 milliards en raison de la fuite illicite des capitaux. Une grande partie de cet argent a transité par des dépendances du Royaume-Uni, comme les Îles Vierges britanniques ou des paradis fiscaux comme Jersey et Guernesey. Pourquoi votre gouvernement britannique ne finance-t-il pas mieux ses agences de lutte contre la corruption, étant donné que la réduction de ces flux illicites renforcerait les économies africaines ?

La corruption prive une nation de ses ressources légitimes et étouffe la croissance économique. Elle est odieuse. Nous nous efforçons de lutter contre dans le monde entier en augmentant nos budgets dédiés – 760 millions de livres l’année dernière – et en fournissant une assistance technique directe aux gouvernements africains pour lutter contre le blanchiment d’argent.

Lorsque des fonds sont récupérés, ils peuvent être réinvestis dans le développement. Plus tôt cette année, par exemple, 4,2 millions de livres volées par le gouverneur de l’État du Delta et récupérées par des agences britanniques, ont été rendues au Nigeria pour être allouées à des travaux d’infrastructure publique essentiels.

Il convient de noter que les territoires britanniques d’outre-mer et les dépendances de la Couronne ont leurs propres gouvernements élus, qui sont responsables de leur politique en matière de services financiers. Ils se sont engagés à mettre en place des registres accessibles au public indiquant les propriétaire des entreprises qui y sont enregistrées, ce qui est une mesure positive et progressiste.

Les politiciens britanniques sont-ils bien placés pour faire la leçon aux gouvernements africains en matière de responsabilité et de bonne gouvernance ?

Je ne crois pas qu’il faille donner des leçons à qui que ce soit. Chaque pays peut faire plus en matière de reddition des comptes, mais la réalité est que le Royaume-Uni dispose d’institutions solides, de médias libres et équitables et d’un système judiciaire indépendant pour demander des comptes au gouvernement.

Nous travaillons en partenariat avec un certain nombre de pays africains pour améliorer la gouvernance. En Tanzanie par exemple, le Royaume-Uni aide le gouvernement à mettre en œuvre sa stratégie de gestion des finances publiques. En Zambie, nous avons financé un système de suivi des votes géré par la société civile lors des dernières élections.

Le Royaume-Uni soutient-il la secrétaire générale Patricia Scotland pour un second mandat à la tête du Commonwealth ?

Nous lui sommes bien sûr reconnaissants pour les services qu’elle a rendus au Commonwealth, mais j’ai décidé que nous soutiendrions la candidate jamaïcaine Kamina Johnson Smith pour être la prochaine secrétaire générale. Elle possède une vaste expérience et a le soutien de tout le Commonwealth pour unir cette famille unique de nations. Alors que nous sortons de la pandémie et que nous devons faire face aux retombées mondiales de l’invasion barbare de l’Ukraine par la Russie, un nouveau secrétaire général pourra relever les défis et saisir les nombreuses opportunités qu’offre le Commonwealth.

Avec l’influence croissante de la Russie au Sahel et la capacité décroissante de la France à tenir la ligne, que peut offrir le Royaume-Uni aux gouvernements africains du Sahel ?

Il est important que la communauté internationale ne perde pas de vue le Sahel, où les mercenaires russes et les ramifications du groupe État islamique sèment l’insécurité et la souffrance. J’en ai discuté avec mon ami, le président ghanéen Nana Akufo-Addo à Londres il y a quelques mois. Le Royaume-Uni s’est engagé à renforcer la coopération en matière de sécurité avec nos alliés en Afrique de l’Ouest.

Nous proposons une réponse humanitaire, en fournissant 160 millions de livres d’aide à la région depuis 2019, et nous utilisons notre présence diplomatique dans toute la zone pour promouvoir la paix et la stabilité, y compris par le biais de contributions de troupes à la mission de l’ONU au Mali, par exemple, et du travail de résolution des conflits au Niger.

Comment le Royaume-Uni peut-il influencer positivement les pourparlers de paix en Éthiopie ?

La crise au Tigré a été très préoccupante, menaçant de faire reculer les récents progrès démocratiques et économiques en Éthiopie. Le Royaume-Uni s’est engagé à travailler avec les différentes parties pour soutenir le processus de paix, et ma ministre de l’Afrique, Vicky Ford, a travaillé avec le gouvernement d’Addis-Abeba pour faire avancer les choses.

La seule façon de mettre fin à la violence et d’atténuer la crise humanitaire est de trouver une solution politique négociée. Nous aimerions voir les parties se mettre autour de la table pour des discussions sérieuses.

Avec Jeune Afrique par Nicholas Norbrook

Boris Johnson à Kiev, l’Ukraine craint une offensive russe imminente

avril 9, 2022
Boris Johnson à Kiev, l’Ukraine craint une offensive russe imminente© UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP/Stringer

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a effectué une visite surprise à Kiev samedi et promis de nouvelles armes à l’Ukraine, où la menace d’une nouvelle offensive russe imminente pousse la population à fuir l’est du pays, au lendemain d’une frappe russe meurtrière devant la gare de Kramatorsk.

« Aujourd’hui j’ai rencontré mon ami le président Zelensky à Kiev afin de montrer notre soutien indéfectible au peuple ukrainien », a tweeté Boris Johnson après la rencontre.

Il s’est engagé à fournir à l’Ukraine des véhicules blindés et des missiles antinavires, rendant hommage à l’armée ukrainienne pour « le plus grand fait d’armes du 21e siècle » qui a permis de mettre en échec « les desseins monstrueux de Poutine », selon un communiqué de Downing Street.

Sur la chaîne Telegram du président Volodymyr Zelensky, plusieurs photos du président ukrainien, toujours en tenue kaki, accueillant Boris Johnson en costume-cravate devant le siège de la présidence à Kiev et à l’intérieur.

M. Johnson est le premier dirigeant du G7 a se rendre dans la capitale ukrainienne, menacée d’un assaut et bombardée il y a encore une semaine, et où Volodymyr Zelensky s’est retranché depuis le début de l’invasion russe le 24 février, forçant le respect du monde entier.

« Cette visite est une manifestation du soutien résolu, puissant et permanent de l’Ukraine par la Grande-Bretagne« , a commenté le président ukrainien dans un communiqué. « Nous l’apprécions et nous nous en souviendrons toujours ».

Londres, en pointe dans les condamnations de la politique du Kremlin, a notamment fourni dès les débuts de précieuses armes antichar à l’armée ukrainienne et n’a pas hésité à sanctionner les oligarques russes dont la présence massive lui avait donné un temps le sobriquet de « Londongrad ».

« L’ennemi continue de frapper »

Au même moment dans l’est du pays, où un missile russe a fait plus de 50 morts vendredi parmi les centaines de civils rassemblés devant la gare de Kramatorsk dans l’espoir de monter dans un train et de fuir vers l’ouest, on se préparait au pire.

« L’ennemi russe continue de se préparer pour intensifier ses opérations offensive dans l’est de l’Ukraine et prendre le contrôle total des régions de Donetsk et de Lougansk », dans le Donbass, a déclaré l’état-major de l’armée ukrainienne samedi sur Facebook.

Outre la poursuite des combats pour prendre le contrôle des villes clés de Marioupol, au sud, et d’Izioum plus au nord, « l’ennemi continue de frapper avec des missiles des cibles civiles dans toute l’Ukraine », a averti l’état-major.

A Lyssytchansk, une petite ville de la région de Lougansk, le maire Olexandre Zaïka a appelé les habitants à partir le plus vite possible.

« La situation dans la ville est très tendue, je vous demande d’évacuer. Cela devient très difficile, les obus de l’ennemi tombent un peu partout », a-t-il dit dans un message sur la messagerie Telegram.

Mais « personne ne va abandonner la région de Lougansk », a-t-il ajouté, « nos gars travaillent bien ».

Dans la zone rurale de Barvinkove, soldats ukrainiens et membres de la Défense territoriale étaient occupés à fortifier leurs positions et creuser de nouvelles tranchées. Les bords de routes ont été minés, et des obstacles anti-chars sont installés à tous les carrefours.

« Nous resterons ici »

« Nous resterons ici jusqu’à la victoire finale », a commenté un commandant local.

Menacé à son tour de frappes, le grand port d’Odessa, dans le sud sur la mer Noire, va connaître pour sa part un couvre-feu de samedi soir à lundi matin, ont annoncé les autorités locales.

« Nous sommes prêts à nous battre, et à chercher parallèlement des voies diplomatiques pour arrêter cette guerre », a souligné Volodymyr Zelensky plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse avec le chancelier autrichien Karl Nehammer, lui aussi venu à Kiev.

La veille, c’était la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen qui avait fait le voyage, y compris à Boutcha, petite ville proche de la capitale devenue un symbole des atrocités de l’invasion russe.

« Si ceci n’est pas un crime de guerre, qu’est-ce qu’un crime de guerre ? », avait-elle déclaré.

10 milliards pour l’Ukraine

La dirigeante européenne a annoncé samedi qu’une collecte internationale avait permis de réunir 10,1 milliards d’euros destinés à soutenir l’Ukraine. « C’est fantastique », a-t-elle dit. « Une fois que les bombes auront cessé de tomber, nous aiderons le peuple ukrainien à reconstruire son pays. Nous continuerons à défendre l’Ukraine », a-t-elle déclaré.

A Kramatorsk, où le dernier bilan vendredi soir de la frappe au missile devant la gare a fait état de 52 morts dont 5 enfants, les évacuations de civils se poursuivaient samedi par la route. Des mini-bus et camionnettes venaient récupérer des dizaines de rescapés du bombardement qui ont passé la nuit dans une église protestante du centre-ville, non loin de la gare, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le président américain Joe Biden a dénoncé une « horrible atrocité » commise par Moscou et la diplomatie française un « crime contre l’humanité ».

Moscou a nié être responsable de la frappe, allant jusqu’à dénoncer une « provocation » ukrainienne.

Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l’Ukraine, la Russie a fait de la conquête totale du Donbass, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses, sa priorité.

Le président Vladimir Poutine, dont la décision d’envahir l’Ukraine avec l’intention initiale de prendre Kiev s’est brisée sur la résistance acharnée des Ukrainiens, a revu ses plans à la baisse mais veut obtenir une victoire au Donbass avant le défilé militaire du 9 mai marquant sur la Place Rouge la victoire soviétique sur les nazis, point d’orgue du narratif militariste qu’il a imposé en Russie, notent les observateurs.

A la suite des révélations sur les exactions de son armée en Ukraine, la Russie avait été suspendue jeudi par un vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et a été la cible de nouvelles sanctions économiques occidentales, qui n’empêchent cependant pas le rouble, la monnaie russe, d’avoir retrouvé de la vigueur depuis un mois.

La Banque centrale russe a même annoncé vendredi qu’elle réautorisait à partir du 18 avril la vente de devises étrangères, suspendue début mars.

Londres a décidé de sanctionner les deux filles de Vladimir Poutine et celle du chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, disant vouloir s’en prendre au « train de vie fastueux du cercle rapproché du Kremlin ».

L’UE a également inscrit sur sa liste noire les deux filles du président russe.

Elle avait déjà adopté jeudi soir un nouveau train de mesures punitives, avec notamment un prochain arrêt des importations de charbon russe. C’est la toute première fois que les Européens frappent le secteur énergétique russe, première source de revenus de Moscou.

Bruxelles a adopté de nouvelles sanctions contre des banques russes et a décidé la fermeture des ports européens aux navires russes.

Kiev réclame la fourniture « immédiate » d’armes pour faire face à une nouvelle offensive russe dans l’Est.

Outre les armées annoncées samedi, le Royaume-Uni avait déjà promis l’envoi de missiles antichars et antiaériens supplémentaires. Et la Slovaquie « fait don » à Kiev de systèmes de défense antiaérienne S-300, de conception soviétique.

Selon les médias tchèques, Prague a de son côté envoyé lundi à l’Ukraine des trains chargés de chars T72 et de véhicules blindés de fabrication soviétique, ce qui serait une première livraison d’armements lourds réclamés par Kiev.

Avec Le Point avec AFP

Royaume-Uni/Partygate : Boris Johnson pris en flagrant délit lors d’un quiz de Noël

février 9, 2022

Sur une photo datée au 15 décembre 2020, le Premier ministre apparaît avec deux collaborateurs et une bouteille de vin, rapporte le « Guardian ».

Boris Johnson aurait participe a plusieurs fetes a Downing Street ces derniers mois.
Boris Johnson aurait participé à plusieurs fêtes à Downing Street ces derniers mois.© JACK HILL / POOL / AFP

Chaque jour apporte son lot de révélations au Royaume-Uni et le feuilleton du « PartyGate » n’en finit pas. Déjà chargée d’enquêter sur plusieurs événements festifs organisés dans la résidence du Premier ministre Boris Johnson pendant des périodes de confinement strict, la police va devoir se pencher sur une nouvelle affaire.

Et si Boris Johnson affirme n’avoir pas participé à la plupart des fêtes concernées, sa défense vient d’être mise à mal. Comme le rapporte le Guardian, il apparaît au premier plan sur une image publiée ce mercredi par le Daily Mirror, accompagné de deux membres de son cabinet (dont l’un porte une guirlande autour du cou) et d’une bouteille de vin. Les faits remontent au 15 décembre 2020, alors que le Royaume-Uni interdit les rassemblements entre personnes de foyers différents à l’approche des fêtes de fin d’année.

EXCL: New bombshell image shows Boris Johnson with open bottle of bubbly at No 10 Christmas quiz https://t.co/2eK8mNvjdu— Pippa Crerar (@PippaCrerar) February 9, 2022

Confusion autour de l’enquête

La photo a été malicieusement publiée à 12 h 15, heure locale, soit quelques minutes à peine après le lancement de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre à la Chambre des communes. « Cela ressemble à l’une des fêtes de Noël dont le Premier ministre affirme qu’elles n’ont pas eu lieu », attaque un parlementaire d’opposition. « Cette soirée a déjà été soumise aux enquêteurs », répond le Premier ministre.

Pour l’heure, la police londonienne, en charge de l’enquête, se penche sur 12 événements festifs. Boris Johnson aurait participé à trois d’entre eux. Mais, selon le Guardian, la soirée du 15 décembre 2020, que Downing Street présente comme un « quiz virtuel pour l’équipe du Premier ministre », n’en faisait pas partie.

Le dossier comporte plus de 300 photos et 500 pages de preuves. Dominic Cummings, ex-conseiller de Boris Johnson récemment écarté, poursuit ses attaques incessantes envers son ancien patron et affirme sur son compte Twitter qu’il existe « de bien meilleures photos que celles qui circulent, y compris dans les appartements » du Premier ministre.

Par Le Point

Grande-Bretagne: Démissions en série dans l’entourage de Boris Johnson dans la foulée du « partygate »

février 4, 2022

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet

Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022.
Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022. HENRY NICHOLLS / REUTERS

Les noms de trois d’entre eux avaient été cités dans l’enquête sur les fêtes à Downing Street en plein confinement de la population britannique pendant la pandémie de Covid-19. Le directeur de cabinet de Boris Johnson, le premier ministre britannique, Dan Rosenfield, son principal secrétaire privé, Martin Reynolds, son directeur de la communication, Jack Doyle, et sa conseillère politique Munira Mirza ont tous démissionné, jeudi 3 février. Martin Reynolds est celui qui avait envoyé un courriel à une centaine de personnes pour les inviter à un pot en mai 2020.

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes à la suite de la publication d’un rapport accablant de la haute fonctionnaire Sue Gray en début de semaine, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet.

Le premier ministre a remercié Martin Reynolds et Dan Rosenfield pour leur « importante contribution au gouvernement », notamment pour leur travail sur la pandémie et la reprise économique, a déclaré un porte-parole dans un communiqué. « Ils resteront en place jusqu’à ce que leurs successeurs soient désignés », a-t-il ajouté.

Accusations erronées contre le chef du Labour

Munira Mirza a reproché à Boris Johnson d’avoir lancé une accusation « trompeuse » contre le chef de l’opposition lorsqu’il se défendait au Parlement après la publication d’un rapport interne accablant sur ces rencontres à Downing Street, qui lui imputait des « erreurs de leadership ».

Le premier ministre avait accusé le chef du parti travailliste, Keir Starmer, d’avoir permis au pédophile Jimmy Savile, feue ex-star de la BBC, d’échapper à la justice quand il dirigeait le parquet britannique.

Le recours à cette accusation, répandue dans les milieux complotistes et d’extrême droite, a provoqué un tollé. Keir Starmer a lui-même accusé Boris Johnson de répéter « les théories du complot de fascistes pour marquer des points politiques pour pas cher »« Il n’y avait aucune base raisonnable ou juste à cette assertion », a écrit Munira Mirza, responsable des politiques à Downing Street, dans sa lettre de démission publiée sur le site du magazine The Spectator.

Il s’agissait d’une « référence partisane et déplacée à une affaire épouvantable d’abus sexuels sur des enfants », a-t-elle déclaré. Malgré son appel en ce sens, « vous n’avez pas présenté d’excuses pour l’impression trompeuse que vous avez donnée », a-t-elle poursuivi.

Ancienne membre du défunt Parti communiste révolutionnaire, Munira Mirza a travaillé avec Boris Johnson quand il était maire de Londres, entre 2008 et 2016.

Selon le tabloïd Daily Mail, Jack Doyle, le directeur de la communication de Boris Johnson, a dit à ses équipes qu’il avait toujours été dans son intention de partir deux ans après son arrivée à Downing Street en 2020, d’abord dans un rôle subalterne, et que sa vie familiale avait fortement souffert de ce scandale ces dernières semaines.

Downing Steet a souligné la « gratitude » de Boris Johnson à ces deux anciens conseillers pour leur « contribution au gouvernement ».

Par Le Monde avec AFP

Grande-Bretagne: Boris Johnson défend son poste malgré le polémique « partygate »

janvier 26, 2022

Le gouvernement britannique est pendu aux conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur les différentes garden-parties.

Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.
Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.© JESSICA TAYLOR / AFP

Boris Johnson n’a pas fini d’entendre parler du « partygate ». Le Premier ministre britannique, dans la tourmente à cause de fêtes organisées à Downing Street quand le pays était soumis à de lourdes restrictions (notamment une interdiction de rassemblement), fait tout pour défendre son poste. Mercredi 26 janvier, il a fait face aux critiques de l’opposition, alors que sa place de Premier ministre était suspendue à la publication d’un rapport potentiellement explosif sur ces fameuses fêtes qui ont eu lieu pendant les confinements.

Westminster est en proie à une véritable guerre des nerfs en attendant les conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur différentes garden-parties, pots de départ ou fêtes d’anniversaire dans les cercles du pouvoir. Ces rassemblements ont choqué les Britanniques, contraints par la loi, à l’époque, de restreindre drastiquement leurs contacts.

Après une journée de spéculations et informations contradictoires sur le moment où sera publié ce rapport, la presse britannique estime que cela pourrait arriver dès mercredi ou jeudi, sans aucune assurance.

Boris Johnson traité de « menteur »

Accusé de mensonges et appelé à la démission lors de sa séance hebdomadaire d’explications devant les députés, le dirigeant conservateur de 57 ans a refusé de commenter l’enquête en cours et a rejeté tout départ. Il a assuré se concentrer sur la reprise économique ou encore la crise en Ukraine, haussant la voix dans une ambiance houleuse.

Le leader du Labour, Keir Starmer, l’a accusé de « mépriser » le pays et le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a dû intervenir à plusieurs reprises pour maintenir le calme, réprimandant au passage un député travailliste qui avait qualifié Boris Johnson de « menteur ».

Ajoutant à la tension, la police s’est aussi saisie de l’affaire, annonçant mardi enquêter sur plusieurs « événements » afin d’établir s’il y a eu des « violations potentielles des règles liées au Covid-19 », passibles d’amendes. Même au sein de la majorité conservatrice de Boris Johnson, la colère gronde. S’il a jusqu’à présent échappé à un vote de défiance, qui peut être déclenché à la demande de 54 (sur 359) députés de son camp, Boris Johnson reste en position très délicate.

Certains ont déjà demandé publiquement son départ. D’autres frondeurs attendent la publication du rapport de Sue Gray pour décider de tenter ou non d’évincer leur leader. Reste à savoir s’il sera publié en totalité, photos, messages et témoignages à la clé, ou dans une version allégée.

« Erreurs commises »

Devant les députés, Boris Johnson a salué mardi l’ouverture de l’enquête policière espérant qu’elle « donnera au public la clarté dont il a besoin et aidera à mettre ces questions derrière nous ». Selon son porte-parole, il « coopérera pleinement » à ces investigations. Elles le plongent dans une tourmente jamais vue depuis son accession triomphale au pouvoir à l’été 2019, avec une popularité en chute libre et des députés de sa majorité ouvertement hostiles. Espérant rebondir, le Premier ministre a annoncé la levée des dernières restrictions liées au Covid à partir de jeudi, espérant regagner la faveur de l’opinion dans un pays soumis à de longs confinements et fortement endeuillé par la pandémie, qui y a fait plus de 154 000 morts.

Mais régulièrement, de nouvelles révélations viennent accabler le dirigeant. Dernière en date : une fête organisée par sa future épouse Carrie dans la salle du conseil des ministres à l’occasion de son anniversaire le 19 juin 2020 après-midi, lors du premier confinement. Selon ITV, jusqu’à 30 personnes y auraient participé. Une nouvelle difficile à digérer pour les Britanniques, qui s’étaient pliés aux règles. La reine Elizabeth II elle-même avait fêté son 94e anniversaire dans la discrétion, le 21 avril 2020, sans sa famille. « Le Premier ministre a présenté ses excuses pour ce qui s’est passé. Il a dit que des erreurs avaient été commises », l’a défendu mercredi sur SkyNews sa ministre des Affaires étrangères, Liz Truss. La cheffe de la diplomatie a ajouté qu’il ne faudrait plus attendre longtemps pour connaître les conclusions du rapport de Sue Gray.

Par Le Point avec AFP

Royaume-Uni : pourquoi les jours de Boris Johnson au 10 Downing Street sont comptés

janvier 16, 2022

Confronté à de multiples accusations portant sur le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street en 2020, Boris Johnson vacille malgré des excuses présentées mercredi au Parlement. Le Premier ministre est contesté par l’opposition travailliste et par des députés de son propre camp, où des Tories veulent organiser un vote de défiance pour le faire démissionner.

Bientôt la sortie pour le principal artisan du Brexit ? Boris Johnson est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, à la suite de multiples affaires révélées par la presse britannique concernant le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street au printemps et à l’hiver 2020.

Dernière en date : des pots ont été organisés chaque vendredi à Downing Street pendant le confinement, a affirmé samedi 15 janvier le journal The Mirror. Photos à l’appui, le tabloïd explique que « tout au long de la pandémie, le personnel de Downing Street a organisé des ‘vendredis du vin’, Boris Johnson assistant régulièrement à ces rencontres. (…) Le Premier ministre encourageait ses collaborateurs à ‘se défouler’ malgré l’interdiction de se réunir à l’intérieur, conformément aux règles de confinement. » Et d’ajouter que ces « apéros du vendredi » étaient « programmés dans les agendas électroniques d’une cinquantaine d’employés du N° 10, entre 16 h et 19 h chaque semaine ».

Cette affaire, qui finit de fragiliser Boris Johnson, vient ponctuer un mois de révélations ayant constamment mis le Premier ministre sur le devant de la scène : la presse britannique a d’abord révélé et s’est indignée de la tenue d’une fête clandestine au 10 Downing Street en décembre 2020, au moment où les Britanniques étaient soumis à des restrictions sanitaires. Boris Johnson, qui a alors affirmé ne pas avoir été présent à cette fête, a promis des sanctions.

Une semaine plus tard, The Guardian et The Independent ont révélé que « Boris Johnson s’est joint au personnel du N° 10 pour une fête à Downing Street » en mai 2020, lors du premier confinement au Royaume-Uni. « Il s’agissait de réunions de personnes au travail parlant du travail », a justifié le Premier ministre quelques jours plus tard. 

Mais c’est la chaîne ITV qui a mis le feu aux poudres en révélant, le 10 janvier, que l’invitation à cette fête – intitulée « Apportez votre alcool » – a été envoyée « par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement ».

« Politiquement, le Premier ministre est un mort-vivant »

Le « Partygate » a valu à Boris Johnson de présenter « du fond du cœur » ses excuses, mercredi, à la Chambre des communes, affirmant au sujet de la garden party de mai 2020 : « Je croyais implicitement que c’était un événement professionnel. »

L’opposition travailliste lui a répondu qu’il fallait qu’il démissionne. « La fête est finie, Boris Johnson », a lancé le chef de file du Labour, Keir Starmer. « Après des mois de tromperie, (voici) le spectacle pathétique d’un homme qui est arrivé au bout du chemin. Sa défense – il ne s’est pas rendu compte qu’il était à une fête – est tellement ridicule qu’elle est insultante pour le peuple britannique. »

The party is over @BorisJohnson.

Resign.— Keir Starmer (@Keir_Starmer) January 12, 2022

Face aux appels à sa démission, Boris Johnson a expliqué qu’il n’était pas en mesure d’anticiper les résultats de l’enquête interne menée par Sue Gray, secrétaire permanente du Cabinet Office, sur plusieurs événements organisés au 10 Downing Street pendant les périodes de confinement.

Cette enquête va durer au moins plusieurs semaines. « Il ne s’agit pas d’une enquête parlementaire formelle, d’une enquête menée par un juge (…), donc ce (ne sera) pas le dernier mot », estime auprès de Sky News Catherine Haddon, chargée de mission à l’Institute for Government. « Toutefois, le rapport pourrait contenir des éléments si explosifs et si accablants qu’ils provoqueraient une crise politique pour le Premier ministre. Il devra alors (…) obtenir suffisamment de soutien pour rester à la tête du pays. »

Et les soutiens se font rares actuellement pour Boris Johnson. Sa fin pourrait être précipitée avant même les conclusions de l’enquête de Sue Gray, tant certains députés de son propre camp politique semblent souhaiter sa démission. « Il me semble, j’en ai peur, que politiquement, le Premier ministre soit un mort-vivant », a déclaré le député conservateur Sir Roger Gale.

D’autres, comme le député conservateur William Wragg, considèrent que la position de Boris Johnson est « intenable ». « Il revient au Parti conservateur, si ce n’est au Premier ministre lui-même, de prendre cette décision », a aussi déclaré sur la BBC celui qui est le vice-président du Comité 1922. 

C’est d’ailleurs ce puissant comité, en charge de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, qui pourrait pousser le Premier ministre à la démission. Plusieurs députés Tories ont déjà envoyé une lettre de défiance au Comité 1922, et il en faut au total 54 – soit 15 % des membres du groupe conservateur au Parlement – pour déclencher un vote de défiance qui conduirait probablement Boris Johnson à la démission.

Rishi Sunak et Liz Truss évoqués pour succéder à Boris Johnson

Cette situation de plus en plus tendue au sein du camp conservateur indique au moins que le Premier ministre est tombé « en disgrâce » vis-à-vis de ses pairs, comme l’explique à RFI Sophie Loussouarn, docteure spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni : « Boris Johnson connaît la disgrâce après avoir gagné une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes lors des dernières élections législatives, c’est-à-dire la plus grande victoire pour les conservateurs depuis 1987. (…) Ce soulèvement est une humiliation pour (lui), qui a perdu la confiance d’une partie de ses députés ».

Dans sa situation actuelle, Boris Johnson est sur un siège éjectable et les conversations pour lui succéder à la tête des Tories ont démarré bien avant les accusations qu’il affronte depuis des semaines, comme l’indiquait en décembre dernier The Independent.

Deux noms reviennent avec insistance pour briguer le poste de Premier ministre : le chancelier de l’Échiquier – le ministre chargé des Finances et du Trésor – Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, « l’un des ministres les plus expérimentés (du gouvernement) Johnson » selon Politico.

I’ve been on a visit all day today continuing work on our #PlanForJobs as well as meeting MPs to discuss the energy situation.

The PM was right to apologise and I support his request for patience while Sue Gray carries out her enquiry.— Rishi Sunak (@RishiSunak) January 12, 2022

Absent à la Chambre des communes mercredi lorsque Boris Johnson a présenté ses excuses, Rishi Sunak est soupçonné par plusieurs médias britanniques de prendre ses distances avec le Premier ministre en lui ayant apporté un soutien timoré dans un tweet : « (Boris Johnson) a bien fait de présenter ses excuses et je soutiens sa demande de faire preuve de patience; »

Dans l’immédiat, Boris Johnson entend s’attaquer à la « culture sous-jacente » à Downing Street ayant permis des fêtes pendant des périodes de confinement. Selon le Sunday Times, le Premier ministre va bientôt annoncer des mesures « pour sauver son poste », parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux du 10 Downing Street. Dont il reste pour le moment le locataire, même dans la tourmente.

Avec France24 par Jean-Luc Mounier

Grande-Bretagne: Boris Johnson en position précaire après une défaite lors d’une élection partielle

décembre 17, 2021
Helen Morgan s'apprête à crever un ballon sur lequel est écrit : « Boris Bubble ».

La libérale-démocrate Helen Morgan, au lendemain de sa victoire dans le North Shropshire, avec 47 % des suffrages PHOTO : GETTY IMAGES / CHRISTOPHER FURLONG

Accusé d’avoir participé à des fêtes en plein confinement, défié par son propre camp au Parlement et maintenant fragilisé par une défaite électorale de son Parti conservateur, le premier ministre britannique Boris Johnson se retrouve vendredi en position précaire.

La fin de l’année tourne au cauchemar pour le dirigeant conservateur, deux ans après sa victoire électorale historique sur la promesse de réaliser le Brexit. Il voit désormais les scandales s’accumuler, l’inflation s’envoler et les contaminations au coronavirus s’emballer de manière spectaculaire, chamboulant les plans de Noël des Britanniques.

Jeudi, une élection partielle dans le North Shropshire, circonscription très rurale du centre de l’Angleterre acquise de longue date aux conservateurs, a été remportée par les libéraux-démocrates avec 47 % des suffrages.

Les électeurs ont exprimé clairement à Boris Johnson que la fête est finie, a lancé la gagnante Helen Morgan, après l’annonce de sa victoire. Votre gouvernement, dirigé par des mensonges et des fanfaronnades, devra rendre des comptes, a-t-elle prévenu.

Ce camouflet pour le dirigeant de 57 ans reflète, de l’aveu même des conservateurs, une exaspération populaire.

« Les électeurs du North Shropshire en ont eu marre. Je pense qu’ils voulaient nous envoyer un message et […] nous l’avons bien entendu. »— Une citation de  Oliver Dowden, président du Parti conservateur, en entrevue à SkyNews

Pour le quotidien conservateur The Telegraph, la défaite du Parti conservateur dans une circonscription qu’il tenait depuis près de 200 ans est une humiliation pour le premier ministre.

L’effondrement calamiteux du soutien aux conservateurs […] va effrayer de nombreux députés conservateurs et risque de susciter des questions à propos de l’avenir de Johnson, note le quotidien de gauche The Guardian.

L’hypothèse d’un vote de défiance contre lui au sein du parti, qui aboutirait à le remplacer à la tête de l’exécutif, n’est plus taboue, même si peu d’élus ont pour l’instant indiqué soutenir une telle démarche.

Les noms des ministres des Affaires étrangères Liz Truss et des Finances Rishi Sunak circulent déjà pour le remplacer. Car ce revers électoral s’ajoute à une série de scandales.Boris Johnson sort de Downing Street par l'arrière de la bâtisse.

Le premier ministre Boris Johnson, qui quitte Downing Street par une porte arrière, s’est fait discret vendredi, au lendemain de la défaite dans le North Shropshire. Photo: Reuters/Toby Melville

Scandales, fronde et crise de confiance

La révélation d’événements festifs à Downing Street à l’hiver 2020, alors que les Britanniques étaient soumis à de fortes restrictions pour lutter contre la pandémie, a fait chuter sa popularité.

Même l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, s’est dit déçu, appelant chacun à respecter les règles.

S’y est ajoutée jeudi la révélation par les journaux The Guardian et The Independant d’une apparition de Boris Johnson à un pot à Downing Street le 15 mai 2020, malgré les restrictions sanitaires.

Oliver Dowden a déclaré vendredi qu’il s’agissait d’une réunion qui s’était tenue dans un jardin, pour limiter les risques de transmission de la COVID-19. Je pense que c’était parfaitement approprié et raisonnable, a-t-il affirmé.

Ces affaires tombent au plus mal pour M. Johnson, au moment où le Royaume-Uni est soumis, selon ses termes, à un raz-de-marée de contaminations dues au variant Omicron du coronavirus dans un pays qui déplore près de 147 000 morts.

Sa crédibilité fragilisée, il a peiné mardi au Parlement à faire accepter de nouvelles restrictions contre la COVID-19 : 99 députés de son camp ont voté contre l’instauration d’un passeport sanitaire pour les grands événements, jugée liberticide, mesure finalement adoptée grâce aux voix de l’opposition travailliste.

À l’échelle du parti, seule l’ancienne première ministre Theresa May avait connu pire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour le Daily Mail, Boris Johnson vit un cauchemar avant Noël et la défaite révèle le niveau élevé de fureur publique contre le premier ministre.

Le député conservateur Roger Gale a estimé que Boris Johnson doit prouver qu’il est à même de diriger le pays s’il veut garder son poste.

Le Parti conservateur a la réputation de ne pas faire de prisonniers. Si le premier ministre échoue, le premier ministre s’en va, a-t-il déclaré vendredi sur la BBC. Et de rappeler que Boris Johnson est lui-même arrivé au pouvoir après que Theresa May en a été chassée par son camp.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Grande-Bretagne: Boris Johnson ciblé par de nouvelles attaques de son ex-conseiller

juillet 20, 2021
Boris Johnson cible par de nouvelles attaques de son ex-conseiller
Boris Johnson ciblé par de nouvelles attaques de son ex-conseiller© AFP/Archives/Tolga Akmen

L’ancien conseiller de Boris Johnson, Dominic Cummings, s’est livré à une nouvelle charge contre le Premier ministre britannique, affirmant que le chef du gouvernement conservateur s’était montré réticent à ordonner un deuxième confinement car ceux qui mouraient avaient plus de 80 ans.

Après avoir longuement étrillé Boris Johnson sur son blog, sur Twitter et pendant sept heures d’audition devant une commission parlementaire il y a deux mois, Dominic Cummings, qui a quitté Downing Street à l’automne dernier sur fond de luttes internes, a accordé une longue interview à la BBC, diffusée mardi soir.

Dans un extrait de l’interview publié avant sa diffusion, Dominic Cummings affirme qu’à l’automne dernier, Boris Johnson résistait à l’avis des scientifiques et de l’opposition travailliste d’ordonner un deuxième confinement car il estimait que « les confinements ne fonctionnent pas » et que « les gens qui meurent sont tous essentiellement âgés de plus de 80 ans et on ne peut pas tuer l’économie juste parce que des gens meurent à plus de 80 ans ».

L’ex-conseiller cite à l’appui des messages de son ancien patron sur WhatsApp, dans lesquels celui-ci affirmait le 15 octobre dernier que l’âge médian des victimes du Covid, « 82-81 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes », était « au-dessus de l’espérance de vie ».

Boris Johnson finira pas ordonner un deuxième confinement d’un mois en novembre, puis un troisième de plusieurs mois en janvier, en raison d’une explosion des cas due au variant Alpha.

L’essentiel des dernières restrictions a été levé lundi en Angleterre, obligation du port du masque y compris, malgré la reprise en flèche des l’épidémie, en raison du variant Delta, hautement contagieux.

Le gouvernement met en avant le succès de la campagne de vaccination (près de 69 % des adultes sont totalement vaccinés) au Royaume-Uni, qui avec plus de 128.700 morts figure parmi les pays les plus durement touchés par la pandémie en Europe.

« Difficile d’imaginer pire »

Sur les ondes de la BBC, le secrétaire d’Etat aux Entreprises Paul Scully a contesté l’accusation selon laquelle Boris Johnson aurait été prêt à sacrifier les plus de 80 ans pour préserver l’économie, soulignant que « le Premier ministre a eu de très difficiles décisions à prendre ».

Selon Dominic Cummings, Boris Johnson voulait le 18 mars 2020, cinq jours avant le premier confinement, aller voir la reine Elizabeth II comme chaque semaine, alors que le gouvernement recommandait d’éviter les contacts avec les personnes âgées.

« Je lui ai dit, +il y a des gens dans ce bureau qui s’isolent, vous avez peut-être le coronavirus, j’ai peut-être le coronavirus, vous ne pouvez pas aller voir la reine+ », a déclaré Dominic Cummings.

« J’ai dit, +si vous lui donnez le coronavirus et qu’elle meure, qu’est-ce que vous… vous ne pouvez pas faire ça, vous ne pouvez pas prendre ce risque, c’est complètement fou+ », a-t-il poursuivi, avant d’expliquer que Boris Johnson avait alors renoncé.

Downing Street a démenti auprès de la BBC l’existence de cette scène et affirmé que « depuis le début de la pandémie, le Premier ministre a pris les mesures nécessaires pour protéger des vies » en « s’appuyant sur les meilleurs avis scientifiques ».

Sur Twitter, l’un des responsables de l’opposition travailliste, Richard Burgon, a dénoncé de « nouvelles révélations choquantes au sujet de l’attitude épouvantable du Premier ministre » face à la crise sanitaire. Il a appelé à ce que l’enquête publique sur la gestion de la pandémie, prévue en 2022, commence « immédiatement ».

« Difficile d’imaginer avoir pire Premier ministre que Boris Johnson pendant une pandémie », a quant à lui tweeté le député travailliste David Lammy.

Par Le Point avec AFP