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Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique

août 12, 2022
Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une eglise catholique
Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique© AFP/Archives/ELVIS BARUKCIC

À la sortie de l’église tout juste consacrée par une messe, les fidèles remercient chaleureusement un homme de bonne stature en chemise blanche. Husejn Smajic n’a pas assisté aux célébrations religieuses, mais l’édifice catholique n’existerait pas sans ce musulman qui pense qu’une Bosnie fraternelle est toujours possible.

Depuis la guerre intercommunautaire qui fit 100.000 morts dans les années 1990, la Bosnie est divisée selon des lignes de fractures ethniques, avec une entité serbe et une fédération croato-musulmane où les deux communautés cohabitent péniblement.

Bugojno n’est pas épargnée. La plupart des Croates catholiques, avant-guerre 34 % des 47.000 habitants de cette localité de Bosnie centrale, furent expulsés en 1993 par les forces musulmanes bosniaques et moins d’un tiers sont revenus. Des crimes ont été commis des deux côtés.

Husejn Smajic, 68 ans, ne veut pas de cette Bosnie là.

Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, l’homme d’affaires retraité a découvert les fondations d’une église catholique médiévale. Le cardinal Vinko Puljic, alors chef de l’Eglise catholique de Bosnie, avait inspecté le site où furent retrouvés 12 squelettes ainsi que les lambeaux d’un habit doré, peut-être selon les archéologues celui de la reine Jelena Gruba, seule femme à avoir dirigé le royaume bosnien médiéval vers la fin du XIVe siècle.

Husejn Smajic décida alors de concrétiser sa vision de la Bosnie multiethnique.

Il a cédé à l’Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l’invasion ottomane du XVe siècle.

Mariages mixtes

Propriétaire d’une scierie et de deux petites centrales hydroélectriques, il est relativement aisé et a financé en grande partie les opérations. Il a aussi fait appel à ses partenaires et bénéficié de dons d’argent et de matériel de Croates mais aussi de musulmans et de Serbes.

« J’ai fait ça pour que les gens voient qu’on peut vivre bien tous ensemble. Il ne peut pas y avoir ici de beauté sans mélange des communautés, c’est notre richesse », explique-t-il à l’AFP.

Il est marié à une catholique, Vesna, et sait de quoi il parle. « J’ai réussi depuis 45 ans déjà à vivre avec mon ennemie », ironise-il. Leurs trois enfants gèrent désormais les entreprises familiales.

« Sa famille, un mariage mixte, lui musulman et sa femme catholique, ses filles mariées à des catholiques, c’est la particularité de ce pays dans lequel nous vivons avec nos différences et où nous pouvons vivre ensemble si nous nous respectons les uns les autres », dit à l’AFP Mgr Puljic dans un sourire approbateur, après avoir consacré la nouvelle église.

Dans les années 1970, les mariages mixtes étaient fréquents dans le petit pays des Balkans de 3,5 millions d’habitants, des Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes. La guerre a largement déchiré les trois communautés, y compris les familles, et les coins multiethniques sont rares. Souvent, même dans des localités multiethniques, les enfants ne fréquentent pas les mêmes écoles.

En sortant de l’église, les larmes aux yeux mais « heureuse et fière », Zeljka Sistov Franjic, Croate de 61 ans qui vit aujourd’hui en Croatie, pense que le geste de Smajic est d’une « grande importance pour la cohabitation à Bugojno et en Bosnie ».

Son père de 78 ans vit seul à Bugojno et des voisins musulmans s’en occupent. « C’est ça la vie ici », raconte-t-elle.

« Nous ferions une Suisse« 

« Si nous étions tous comme lui, si nous avions tous cet amour pour l’autre, je pense que ce pays serait tellement heureux et que plus personne n’irait en Allemagne, en Autriche, en Suisse. Nous ferions une Suisse ici », dit Mihovil Klisanin, la soixantaine, parmi les centaines de fidèles qui ont assisté à la messe dans l’église et à l’extérieur.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Bosniens fuient leur pays, l’un des plus pauvres d’Europe, pour des raisons économiques et à cause de l’absence de perspectives dans un système où des élites politiques accrochées au pouvoir n’ont pas intérêt au changement.

« Les gens comme Husejn sont rares en Bosnie, surtout après ces conflits tragiques. Il a un cœur grand comme une montagne », dit Frano Glavas, 58 ans, Croate originaire de Bugojno et qui vit lui aussi en Croatie.

L’intéressé invoque plutôt l’amour pour la Bosnie.

« Si on aime ce pays et si on aime ce peuple, je dis bien tout son peuple, il faut travailler contre les hommes politiques et vous êtes alors certainement sur la bonne voie. Ce qu’ils font ne mène nulle part », dit Husejn Smajic.

En attendant, la cérémonie se conclut autour de vastes tablées de cevapis, saucisses prisées dans tous les Balkans.

Par Le Point avec AFP

Bosnie: décès à 48 ans de l’acteur rom primé en 2013 à Berlin

février 18, 2018

Sarajevo – L’acteur rom de Bosnie Nazif Mujic, prix d’interprétation masculine à Berlin en 2013, est décédé à 48 ans dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé son frère à l’AFP.

Suljo Mujic a précisé que le corps sans vie de Nazif Mujic avait été découvert dimanche matin à son domicile à Svatovac, un village dans le nord de la Bosnie.

« Nous étions ensemble hier, il allait bien et, voilà, ce matin on m’a appelé pour dire qu’il est décédé », a déclaré à l’AFP Suljo Mujic, joint par téléphone. Ses funérailles auront probablement lieu mercredi, a-t-il précisé.

La santé de l’acteur était vacillante depuis un certain temps, a expliqué son frère. « Il était très inquiet en raison de sa situation matérielle. En janvier, il a essayé de trouver des solutions en Allemagne, mais il est revenu ».

En 2017, Nazif Mujic avait vendu son Ours d’argent au patron d’un bar local pour 4.000 euros, car il ne parvenait plus à nourrir sa famille. « J’ai d’abord vendu une vieille voiture, ensuite quelques objets personnels, puis c’était le tour de l’Ours », avait-il confié à l’AFP.

Nazif Mujic avait été primé à Berlin en 2013 pour avoir joué son propre rôle dans « Un épisode dans la vie d’un ramasseur de ferraille », du réalisateur Danis Tanovic.

Le festival de cinéma s’est dit dimanche « très attristé par l’annonce » de sa disparition, dans un bref communiqué, revenant sur sa participation à la Berlinale en 2013.

A son retour du festival, l’acteur avait été accueilli en héros dans son village. Très vite, il était retombé dans l’anonymat et la pauvreté. Sa demande d’asile en Allemagne avait été rejetée en 2014.

Diabétique insulino-dépendant, il avait continué à entretenir sa famille (sa femme, son fils et ses deux filles), grâce à ses récoltes de ferraille qui lui rapportaient environ 3,5 euros par jour.

En janvier, Nazif Mujic avait dit avoir acheté un billet de bus pour se rendre au festival de Berlin et y raconter l’histoire de sa famille depuis la réception du prix. L’édition 2018 du festival de Berlin se tient du 15 au 25 février.

Entre 50.000 et 75.000 Roms vivent en Bosnie. Selon l’ONG Atlantska Inicijativa, seuls 5% disposent d’un emploi officiel. Dans son rapport 2016, Human Rights Watch dénonçait vis-à-vis de cette communauté « une discrimination généralisée, dans l’emploi, l’éducation, la représentation politique ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 février 2018 18h02)                                            

TPIY: le Croate de Bosnie Praljak est mort

novembre 29, 2017

Captures d’images de la vidéo du TPIY sur laquelle on voit l’ex-chef militaire des Croates de Bosnie Slobodan Praljak avaler du poison, au moment du verdict, le 29 novembre 2017 à La Haye / © International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia/AFP / –

L’ex-haut responsable des forces croates de Bosnie « est mort dans un hôpital de La Haye après avoir bu du poison » dans la salle d’audience du tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, a annoncé l’agence officielle croate Hina.

Agé de 72 ans, Slobodan Praljak a entendu le tribunal confirmer sa condamnation à 20 ans de prison, avant de dire « Je rejette votre verdict », de sortir une fiole, d’en avaler le contenu avant que son avocat n’indique qu’il s’agissait de poison. Le décès a été annoncé par plusieurs médias croates, dont la chaîne privée N1 et les principaux quotidiens Jutarnji List et Vecernji List avant d’être confirmé par Hina, qui cite une source proche de l’accusé.

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2017 15h10)                

Verdict historique pour le «boucher des Balkans» Radovan Karadzic

mars 24, 2016

A 70 ans, Radovan Karadzic est inculpé de 11 chefs d'accusation pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

A 70 ans, Radovan Karadzic est inculpé de 11 chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Crédits photo : MICHAEL KOOREN/AFP

Plus de 20 ans après la guerre sanglante qui a enflammé l’ex-Yougoslavie, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie doit recevoir son jugement au tribunal pénal international de la Haye. Il risque la prison à vie.

Plus de 20 ans après le massacre de Srebrenica et le sanglant siège de Sarajevo, les juges du Tribunal pénal international de La Haye (TPIY) doivent rendre jeudi leur verdict contre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, au terme d’un procès historique. A 70 ans, Radovan Karadzic est inculpé de 11 chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

Le jugement sera rendu à 14h00 en présence de nombreuses victimes, dont des anciens détenus des camps et des mères de Srebrenica, ainsi que des diplomates et journalistes venus du monde entier. Il deviendra en effet le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes présumés commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.

Reconnaissable à sa mèche indomptable, Radovan Karadzic était le président de l’entité des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska. Il voulait, selon l’accusation, diviser la Bosnie et «chasser à jamais les Musulmans et Croates des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie». Mercredi, celui qui s’était défendu seul a pourtant affirmé avoir livré «un combat permanent pour préserver la paix, prévenir la guerre et réduire la souffrance des tous les gens, indépendamment de leur religion». Il s’attend à être acquitté, a-t-il ajouté, lors d’une interview à BIRN, un réseau d’information sur des sujets de justice, actif dans les Balkans.

Massacre de Srebrenica et siège sanglant de Sarajevo

Radovan Karadzic, psychiatre de formation, est notamment accusé de génocide pour le massacre de près de 8.000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica en juillet 1995, le pire à avoir été commis en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Cette qualification de «génocide» est controversée.

Selon l’accusation, ce massacre s’inscrivait dans le cadre du «nettoyage ethnique» planifié par Radovan Karadzic avec le général Ratko Mladic et Slobodan Milosevic à l’issue du démantèlement de la Yougoslavie. Il est par ailleurs accusé de génocide dans plusieurs autres municipalités de Bosnie mais doit aussi répondre de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés.

L’accusation lui impute notamment la responsabilité du siège de Sarajevo, qui dura 44 mois et tua 10.000 personnes, et des camps de détention aux «conditions de vie inhumaines», selon l’accusation. Autrefois fugitif le plus recherché du continent, Radovan Karadzic avait échappé à la justice internationale pendant près de 13 ans, se cachant sous l’identité d’un spécialiste de médecine alternative, arborant une barbe blanche nourrie. Arrêté dans un bus à Belgrade en juillet 2008, où il se cachait au grand jour depuis la fin de la guerre, il est transféré à La Haye où un plaidoyer de non-culpabilité est prononcé en son nom en mars 2009. Plus de 47.500 pages de transcriptions et 115.000 pages d’éléments de preuve: le procès se termine en octobre 2014 après 497 jours d’audiences et 586 témoins.

L’accusation requiert la prison à vie

L’accusation a requis la prison à vie à l’encontre de M. Karadzic, qui reste pour beaucoup de Serbes un «héros» de la guerre en Bosnie. Le conseiller juridique de M. Karadzic, Peter Robinson, a néanmoins avoué à l’AFP qu’un acquittement serait «une énorme surprise». Pour les victimes, le principal enjeu de ce jugement est le premier chef d’accusation, celui de génocide dans les municipalités autres que Srebrenica.

Contrairement au massacre de Srebrenica reconnu comme génocide par la justice internationale, les juges n’ont pas encore reconnu qu’un génocide – qui est le crime le plus difficile à prouver en droit international – ait été commis dans d’autres municipalités. Pour le procureur, ce jugement est «l’un des plus importants de l’histoire du tribunal et met en lumière la responsabilité des hommes politiques dans la souffrance de leur peuple», a-t-il affirmé à l’AFP.

Lefigaro.fr avec AFP, AP, Reuters  et Agences

Décès d’un général de Bosnie condamné pour génocide à Srebrenica

février 9, 2016

Le général serbe bosnien Zdravko Tolimir, reconnu coupable de génocide à Srebrenica en 1995 et condamné à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, est décédé dans la prison de la cour internationale de La Haye. Le TPIY a confirmé sa mort.

Bras droit de Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie à l’époque des faits, Zdravko Tolimir est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 67 ans, a déclaré le vice-Premier ministre serbe, Rasim Ljajic, cité par la télévision publique RTS.

L’épouse du général a déclaré au quotidien serbe Kurir avoir appris sa mort dans la nuit. « Il a été malade, mais les idiots ne lui ont pas permis de venir ici et d’être soigné à la maison », a-t-elle dit.

Lors de son arrestation en 2007 à Bratunac, en Bosnie orientale, les médias locaux affirmaient déjà qu’il souffrait d’un cancer. Le président d’une association d’ex-combattants serbes de Bosnie, Milomir Savcic, a lui aussi affirmé que Tolimir était « sérieusement malade » et « ne recevait certainement pas des soins médicaux adéquats, ce qui a davantage affecté sa santé déjà mauvaise ».

L’ombre de Srebrenica
Zdravko Tolimir a été condamné fin 2012, en première instance, à la perpétuité pour génocide, ainsi que pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, dont meurtre, extermination et persécution. Ce verdict a été confirmé en avril 2015, en appel.

Le président de la Republika Srpska, entité des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik a déploré la disparition d’un « patriote », une « grande perte (…) pour tout le peuple serbe ».

En tant que chef du renseignement et de la sécurité au sein des forces militaires des Serbes de Bosnie (VRS), Zdravko Tolimir a été principalement condamné pour son rôle dans le massacre de Srebrenica commis en juillet 1995, peu de temps avant la fin de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-1995).

Entreprise criminelle
Près de 8000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie dans cette enclave de l’est de la Bosnie, en l’espace de quelques jours. Selon les juges, Zdravko Tolimir avait pris part à une « entreprise criminelle commune » dont le but était de faire de Srebrenica une zone serbe ethniquement pure.

Né le 27 novembre 1948 à Glamoc (ouest de la Bosnie), il était l’un des sept commandants adjoints qui rendaient directement compte à Ratko Mladic, lui-même actuellement jugé par le TPIY. Au cours des négociations de paix à Dayton, aux Etats-Unis, qui ont mis un terme à la guerre en Bosnie, c’est Tolimir, sur insistance de Mladic, qui était l’unique officier de l’armée des Serbes de Bosnie présent.

Romandie.com

Bosnie: un imam condamné à 7 ans de prison pour avoir encouragé ses adeptes à rejoindre l’EI

novembre 5, 2015

Sarajevo – Un leader de la mouvance islamiste en Bosnie, Husein Bosnic, dit Bilal, a été condamné jeudi à sept ans de prison pour terrorisme pour avoir encouragé ses adeptes à aller combattre en Syrie et en Irak, dans les rangs du groupe Etat islamique.

L’inculpé a été reconnu coupable d’incitation publique à des activités terroristes, de recrutement à des fins terroristes et d’organisation d’un groupe terroriste, a dit la juge Amela Huskic, du tribunal de Sarajevo devant lequel le procès de Bosnic s’était ouvert en janvier.

La juge a expliqué que Bosnic, 43 ans, attirait durant 2013 et 2014, dans plusieurs localités en Bosnie, notamment à Velika Kladusa (nord-ouest) et à Gornja Maoca (nord-est), de nombreux adeptes qui venaient écouter ses prêches. Nombre sont ensuite partis en Syrie ou en Irak, et six d’entre eux ont été tués dans les combats, a-t-elle précisé.

De sa position de leader autoproclamé (…) Bilal Bosnic a interprété les enseignements sacrés (ndlr, de l’islam) en sortant de leur contexte certaines citations (..) pour renforcer la décision de ses adeptes à rejoindre le groupe État islamique, a expliqué la juge.

Un nombre important de membres des forces spéciales de police était déployé autour du tribunal tandis que sept d’entre eux portant des cagoules, étaient présents dans la salle où le verdict a été prononcé.

La Bosnie s’est dotée en 2014 d’une nouvelle législation prévoyant des peines allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement pour les jihadistes et leurs recruteurs.

Il s’agit du premier procès intenté devant la justice locale après l’adoption de cette nouvelle législation, mais du deuxième verdict.

A l’issue d’un autre procès, qui avait commencé après celui de Bosnic mais dont le verdict a été prononcé le 6 octobre, deux recruteurs bosniens de jihadistes pour le compte de l’EI et deux candidats au jihad en Syrie ont été condamnés à des peines allant de douze mois à trois ans et demi de prison.

Ancien membre d’une unité des moudjahidine pendant la guerre intercommunautaire en Bosnie (1992-95), qui était composée aussi d’étrangers venus épauler les forces musulmanes, Husein Bosnic, un Bosnien, s’est imposé comme leader de la mouvance salafiste locale après le départ en Syrie, fin 2013, de son prédécesseur Nusret Imamovic.

Cheveux gris et une longue barbe noire sur la poitrine, Bosnic a déclaré durant le procès être père de 18 enfants qu’il a eus dans une union avec quatre femmes, bien que la polygamie soit interdite en Bosnie.

Beaucoup de ses prêches ont été diffusées sur YouTube et la juge Huskic a cité jeudi certains de ses propos.

Je prie Allah que le combat soit notre stratégie, C’est la préparation pour l’instauration d’un État islamique sur toute la planète, a-t-elle cité.

Le Parquet s’est dit satisfait de la décision du tribunal de reconnaître Bosnic coupable, mais entend réclamer une peine plus sévère en appel.

L’avocat de Bosnic, Adil Lozo, a dénoncé pour sa part un procès politique.

Peuplée de 3,8 millions d’habitants, la Bosnie compte environ 40% de musulmans qui dans leur écrasante majorité suivent un islam modéré. Le reste de la population est formée notamment de chrétiens, orthodoxes et catholiques.

Quelque 200 ressortissants bosniens sont allés rejoindre des groupes jihadistes en Irak ou en Syrie, selon les estimations des renseignements bosniens publiées par la presse locale. Près de trente d’entre eux ont été tués et une quarantaine sont rentrés en Bosnie.

Romandie.com avec(©AFP / 05 novembre 2015 13h44)

Les inondations font de nouvelles victimes en Bosnie et Serbie

mai 17, 2014

Sept nouvelles victimes des inondations en Bosnie ont été découvertes samedi, ce qui porte le bilan des victimes dans le pays à onze. En Serbie voisine, plus de 15’000 personnes ont été évacuées de plusieurs villes sinistrées.

« A Doboj, dans le nord de la Bosnie, six cadavres ont été découverts dans la zone où l’eau s’est retirée », a déclaré Milorad Dodik, président de la Republika Srpska, entité des Serbes de Bosnie. Une autre victime a été découverte à Samac. Plusieurs villes et des dizaines de villages ont été submergés par les eaux depuis mercredi.

Des dizaines de milliers de personnes ont été piégées dans leurs maisons, alors que certaines bourgades ont été entièrement évacuées à la suite de glissements de terrain. La Bosnie, tout comme la Serbie, n’a pas connu de telles pluies depuis 120 ans.

Ville entière à évacuer

Depuis jeudi, plus de 15’000 personnes ont été évacuées d’une dizaine de villes sinistrées en Serbie. Dans ce pays, cette « horrible catastrophe naturelle », selon les propos de son Premier ministre Aleksandar Vucic, a fait jusqu’à jeudi trois morts. Mais de nouvelles victimes ont été signalées samedi.

Les autorités ont décidé de ne pas dévoiler le nombre de morts avant la fin des opérations, a déclaré un responsable des services de secours, Predrag Maric.

« Nous avons découvert un certain nombre de cadavres à Obrenovac, près de Belgrade. Les gens ont peur de ce qu’on pourrait découvrir après le retrait des eaux », a expliqué le Premier ministre serbe. Tous les habitants (20’000 personnes) de cette ville devront être évacués, selon M. Maric.

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