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Canada/Québec: Patrice L’Heureux rend l’âme à 46 ans

octobre 8, 2018
heureux
TROIS-RIVIÈRES — La communauté sportive de la Mauricie et l’univers québécois de la boxe sont en deuil depuis quelques heures, à la suite du décès soudain du Shawiniganais Patrice L’Heureux. L’ex-champion canadien des poids lourds a été retrouvé inanimé par son épouse à leur chalet, à Saint-Tite.

L’Heureux, 46 ans, avait assisté au gala de boxe samedi soir au Centre Vidéotron de Québec en compagnie de son ami Roger Lavergne. Ce dernier, qui lui avait permis en 2005 et 2006 de se battre dans son patelin, à l’aréna de Grand-Mère puis à l’aréna Jacques-Plante, était évidemment assommé par la tournure des événements.

«J’ai l’impression d’être en plein cauchemar. Nous étions ensemble pas plus tard que samedi à la boxe. On planifiait un voyage en Floride pour ma fête. Je suis dans les câbles actuellement. Je ne peux pas croire que mon ami Patrice est parti», confiait le président des Cataractes. «Les gens vont se souvenir du boxeur. Mais ce qu’il faut dire, c’est qu’il était d’abord et avant tout un gentleman et un bon vivant. Il aimait tellement jouer des tours, faire des blagues. Il s’amusait dans la vie. C’est un départ qui va attrister beaucoup de gens Un monument nous a quittés.»

Le promoteur Yvon Michel, avec qui L’Heureux a fait carrière, était lui aussi atterré par la nouvelle. «C’était une bonne personne, authentique, qui a performé jusqu’au maximum et même au-delà de son talent par sa détermination, par sa volonté à être le meilleur qu’il pouvait être. Il a connu une superbe carrière, autant chez les amateurs que chez les professionnels», a-t-il souligné.

Le boxeur avait fait ses débuts avec Alexandra Croft et tous deux ont rejoint l’équipe du Gym Yvon Michel dans les années 2000. Selon M. Michel, son ancien protégé est toujours resté en contact avec lui, même après sa retraite.

«Pendant le Festival de Saint-Tite, il y a trois semaines, j’étais chez lui avec ma famille, on a passé la journée ensemble. Il portait même un chandail Groupe Yvon Michel qu’on lui avait donné peut-être 10 ans avant! Il est toujours resté près de nous, il faisait partie de nos familles [Alexandra et moi].»

M. Michel a indiqué qu’un hommage sera rendu au boxeur lors du combat de championnat du monde entre Adonis Stevenson et Oleksandr Gvozdyk qui aura lieu le 1er décembre prochain, au Centre Vidéotron, à Québec.

«On a pas mal d’images de ses combats, alors on va faire un vidéo pour l’honorer», a-t-il promis.

Un «gentil géant»

Outre son talent pour la boxe, Patrice L’Heureux aura marqué ses proches et même ses adversaires par sa générosité et son grand coeur.

«Je garde le souvenir d’un homme généreux, d’un gentil géant, a indiqué l’ex-boxeur trifluvien David Cadieux, que L’Heureux a affronté à plusieurs reprises au cours de sa carrière. C’est quelqu’un que j’admirais, que je respecte énormément.»

M. Cadieux se rappelle notamment de la générosité de son rival lorsqu’il avait fait don à la Fondation En Coeur de la bourse de 5000 $ qu’il avait gagnée lors d’un combat à Trois-Rivières, il y a une quinzaine d’années. «Il avait fait don de sa bourse alors qu’on connaît les risques en boxe professionnelle, tu peux te faire maganer pas mal. Ça m’avait impressionné, c’était un homme de grand coeur, d’une générosité exemplaire de son portefeuille, mais de sa personne aussi.»

Après une belle carrière chez les amateurs, L’Heureux a boxé durant une décennie chez les professionnels, majoritairement sous les ordres de Jim Girard. En 2005, il a réussi à mettre la main sur le titre canadien des poids lourds, devenant le premier Québecois en plusieurs décennies à y arriver. En 2006, il a rempli l’aréna Jacques-Plante dans une collision avec le Trifluvien David Cadieux, qui l’a battu pour s’emparer de la ceinture nationale. Les deux géants de la Mauricie ont disputé un deuxième combat un contre l’autre six mois plus tard et Cadieux a encore eu le dessus.

L’Heureux a disputé six autres combats avant de mettre un terme à sa carrière en 2010, s’inclinant notamment devant le champion du monde Alexander Povertkin.

Son palmarès professionnel s’établit à 24 victoires en 30 sorties. Au-delà des victoires et des défaites, Le Granit était devenu un chouchou des amateurs de boxe au milieu des années 2000, grâce à son charisme et à son coeur dans le ring.

Lenouvelliste  par Steve Turcotte avec Matthieu Max-Gessler

Etats-Unis: Laila Ali, au nom du père

juin 16, 2016

 

Retour sur leur belle histoire père-fille

Décédé le 3 juin, son père Moha­med restera une légende. À charge désor­mais pour sa fille d’hono­rer son nom.

 

Des neufs enfants de Moha­med Ali, elle est l’avant-dernière. Mais dans le cœur de son père, disparu des suites de la mala­die de Parkin­son, à soixante-quatorze ans, le 3 juin, Laila a toujours été la première. C’est elle qui lui ressemble le plus. Elle qui, au nom de la famille, a rendu immé­dia­te­ment hommage au plus grand boxeur de notre époque, inhumé le 10 juin à Louis­ville dans le Kentu­cky :“Il était temps pour lui de partir. Je sais qu’il est mieux à présent et qu’il parle, bouge de nouveau et fait tout ce qu’il ne pouvait plus faire avec son corps. Je suis heureux pour ça même s’il me manquera profon­dé­ment.”

Laila Ali se prépa­rait depuis des années à l’iné­luc­table. Elle sait main­te­nant qu’il va falloir être forte. Prendre dans ses bras la petite fille de huit ans qui conti­nue de vivre en elle et qui, en cette loin­taine année 1986, ne s’était jamais résolu au premier départ de son père. C’est par ce trau­ma­tisme de son exis­tence qu’elle (s’)explique la passion immense qu’elle a toujours éprou­vée pour Ali, ce besoin qu’elle a toujours eu de lui ressem­bler jusqu’à embras­ser elle aussi une carrière de boxeuse.

À cette époque, le cham­pion – qui a fait sienne la devise “vole comme le papillon, pique comme l’abeille, et vas-y cogne, mon gars, cogne” – roucoule avec sa quatrième épouse, Yolanda Williams. Déjà malade, il s’ins­talle dans une ferme du Michi­gan dans l’es­poir d’y refaire sa vie. En Floride, Laila reste avec sa mère, Vero­nica Porche, et sa sœur ainée, Hana. Elle est sonnée. Elle se souvient : “C’était un père aimant. Je n’ou­blie­rai jamais la manière qu’il avait de nous embras­ser et de nous étreindre. Il nous donnait tout ce que nous voulions juste parce qu’il voulait voir un sourire sur nos visages.”

Pour le retrou­ver, elle fera n’im­porte quoi… L’idole a grandi dans le quar­tier noir de Louis­ville dans le Kentu­cky ? Sa fille se met en tête de réus­sir à l’école de la rue. Elle sourit : “Tout le monde essaye de sortir du ghetto. Moi je voulais y entrer.” Arrê­tée à plusieurs reprises pour des larcins qui lui valent une peine de déten­tion de trois mois dans un centre pour mineurs, l’ado rebelle provoque l’in­té­rêt de son père.

Laila a du carac­tère. Elle lui rend souvent visite durant les vacances d’été, passant quelques semaines en compa­gnie de sa nouvelle famille. Lorsque papa, converti à l’is­lam, lui reproche ses tenues légères et son peu d’ap­ti­tude à la prière, elle le renvoie au tapis en lui disant qu’elle respecte sa reli­gion mais que ce n’est pas la sienne. L’an­née de ses seize ans, elle travaille toute la saison comme serveuse au McDo du coin. Elle ne veut pas se sentir une gosse de riches. Bluffé, Ali lui rend souvent visite.

Père et fille se retrouvent autour d’une crème glacée. À son entou­rage, il confiait non sans fierté : “Tu peux dire tout ce que tu veux à Laila, elle est exac­te­ment comme moi !” Il n’ima­gi­nait pas à quel point. Lorsqu’elle lui demande de deve­nir son entraî­neur, il cherche d’abord à la dissua­der d’abi­mer son joli visage. Mais cède fina­le­ment face à la déter­mi­na­tion de sa fille. Leila ne la déçoit pas. Elle ne ménage pas sa peine et assi­mile rapi­de­ment la science du maître. Le 15 octobre 1999, sur le ring face à April Fowler, elle remporte son premier combat par K.O en… 37 secondes ! Une star est née. Durant sa carrière, “Miss Butter­fly” (son surnom) rempor­tera tous ses corps à corps – vingt-quatre au total, dont vingt et un par K.O. Entre le père et la fille, l’os­mose est parfaite.

En deve­nant une icône des rings, la cham­pionne du monde des poids mi-lourds fait de la boxe le symbole de l’éman­ci­pa­tion des femmes. Et Moha­med, qui l’ac­com­pagne souvent à ses combats, retrouve son punch et son mordant d’au­tre­fois. “Elle est sans pitié”, cligne-t-il de l’œil à ceux qui l’in­ter­rogent. Ensemble, ils appa­raissent dans plusieurs publi­ci­tés Adidas où Leila fait mordre pour de faux la pous­sière à papa. Après lui avoir offert une seconde jeunesse, Laila invoque désor­mais l’im­mor­ta­lité de son géni­teur : “Mon fils Curtis a son carac­tère, ses quali­tés, son physique. À travers lui, mon père conti­nue de vivre.” L’amour restera toujours plus fort que la mort.

Gala.fr Par Laurent Del Bono

États-Unis: Le légendaire boxeur Mohamed Ali meurt à l’âge de 74 ans

juin 4, 2016

 

Mohamed Ali en 1966.© Press Association Mohamed Ali en 1966. PHOENIX, Arizona – Mohamed Ali, le légendaire boxeur et ancien champion des poids lourds dont la personnalité a changé le monde du sport et a captivé le monde entier, est décédé à l’âge de 74 ans, selon un communiqué émis par sa famille.

Ali souffrait depuis trois décennies de la maladie de Parkinson, qui a ravagé son corps, mais ne pouvait jamais affaiblir sa présence plus grande que nature. Une figure emblématique lorsqu’il était à son sommet, il a voyagé et il fait plusieurs apparitions lors des dernières années même s’il ne pouvait plus parler en raison des milliers de coups de poing encaissés au cours de sa remarquable carrière.

Plus tôt cette semaine, il avait été hospitalisé à Phoenix pour des problèmes respiratoires. Sa famille s’était rendue à son chevet.

Ali était un géant de son époque, un furieux et bruyant boxeur dont l’influence s’est fait sentir bien au-delà du ring. Il a pris part à quelques-uns des combats les plus mémorables même si sa carrière a été interrompue pendant trois ans parce qu’il a refusé de faire son service militaire durant la Guerre du Viêt Nam.

Il a vaincu Sonny Liston, il a participé à des combats excitants contre Joe Frazier et il a battu George Foreman lors du « Rumble in the Jungle », au Zaïre. Ali a cependant payé cher les 29 000 coups reçus à la tête durant une carrière qui a peut-être fait de lui la personne la plus reconnue au monde.

« Je suis le meilleur », martelait-il.

Mohamed Ali terrasse Sonny Liston le 25 mai 1965 à Lewiston, dans le Maine.

© John Rooney/AP Mohamed Ali terrasse Sonny Liston le 25 mai 1965 à Lewiston, dans le Maine.
Vénéré par des millions de gens, Ali avait une personnalité qui ne laissait personne indifférent et il se promenait avec son entourage tout aussi coloré, qui le pressait de « flotter comme un papillon et piquer comme une abeille ». Il a terminé sa carrière avec une fiche de 56 victoires, dont 37 par K.O., et 5 défaites en plus d’être le premier boxeur à gagner la ceinture des poids lourds trois fois.Mais sa vie hors du ring a été aussi fascinante – et controversée – qu’elle l’était entre les câbles.

Ali a rejeté l’Amérique blanche lorsqu’il a rejoint les « Black Muslims » et il a changé son nom de Cassius Clay à Mohamed Ali. Il a refusé de combattre lors de la Guerre du Viêt Nam – « Je n’ai pas de querelle avec les Vietcongs » – et il a perdu trois ans et demi de sa carrière. Il a amusé des dirigeants du monde, disant même une fois au président des Philippines Ferdinand Marcos : « J’ai vu votre femme. Vous n’êtes pas si stupide que vous en avez l’air. »

Ali a déjà estimé qu’il avait amassé 57 millions de dollars américains au cours de sa carrière professionnelle, mais les effets des coups ont duré bien après que tout l’argent eut été dépensé. Ça ne l’a pas empêché de voyager sans relâche afin de promouvoir l’islam, rencontrer des dirigeants du monde et travailler à ce que les boxeurs ne se fassent pas escroquer par leurs gérants et leurs promoteurs. Même s’il était moins énergique lors des dernières années, il a fait bon nombre d’apparitions publiques, incluant un voyage en Irlande, en 2009.

Avec son visage presque gelé par la maladie et les mains tremblantes, il a allumé la vasque olympique lors des Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

Mohamed Ali en 1964.

© Harry Benson/Getty Images Mohamed Ali en 1964.
Né Cassius Marcellus Clay le 17 janvier 1942, à Louisville, au Kentucky, Ali a commencé à boxer à l’âge de 12 ans après s’être fait voler son vélo. Il a juré au policier Joe Martin qu’il allait corriger la personne qui l’avait volé.Il ne pesait que 89 livres à l’époque, mais Martin a décidé de l’entraîner à son gymnase de boxe. Le début d’une carrière amateur de six ans s’est conclu avec une médaille d’or dans la catégorie des mi-lourds, en 1960.

S’en sont suivis des combats aussi excitants qu’improbables, notamment en 1964, contre Sonny Liston. Ali s’est emparé de la ceinture de championnat des poids lourds pour la première fois.

Mohamed Ali en 1963.

© Press Association Mohamed Ali en 1963. 
Sa trilogie de combats contre Joe Frazier a secoué le monde de la boxe. Lors du premier combat, Frazier a eu le dessus, envoyant Ali au tapis au 12e round.Il s’agissait de la première défaite d’Ali. Il a pris sa revanche au deuxième combat et ensuite est arrivé le combat qu’on surnomme « Thrilla in Manila », le 1er octobre 1975, aux Philippines. Un combat brutal qui a fait dire à Ali qu’il s’agissait de l’expérience « la plus près de la mort » qu’il avait vécue.Ali a remporté ce troisième duel, mais il a reçu plusieurs coups de la part de l’infatigable Frazier. Selon plusieurs, il s’agissait de la dernière grande performance qu’il allait livrer.Cependant, son combat le plus mémorable a été celui surnommé le « Rumble in the Jungle », lorsqu’il a défait la jeune sensation George Foreman pour redevenir champion du monde des poids lourds à l’âge de 32 ans.

Plusieurs croyaient qu’Ali pourrait se blesser sérieusement contre le puissant Foreman, qui avait envoyé Frazier au tapis six fois dans une victoire au deuxième round.

Devant une foule de plus de 60 000 spectateurs à Kinshasa, Ali a réussi à l’emporter contre toutes attentes pour s’approprier la ceinture des poids lourds pour une deuxième fois.

C’est en utilisant la stratégie du « rope-a-dope », en laissant Foreman se fatiguer et en encaissant tous ses coups, qu’Ali est arrivé à ses fins. Il lui a passé le K.O. au huitième round.

« Je vous avais dit que j’étais le meilleur », a-t-il insisté.

Mohamed Ali: sa vie en images

Le 30 octobre 1974, au Zaïre, la légende de la boxe Mohamed Ali, affrontait le jeune George Foreman, largement favori dans ce que l’on désigne aujourd’hui comme « le combat du siècle » (ou « Rumble in the Jungle », soit le « duel dans la jungle »). Ali espérait ainsi remettre la main sur la ceinture de champion du monde des poids lourds. Après avoir passé la majeure partie du combat dans les cordes, Ali surprend Foreman et lui passe le K.O. au 8e round.

Voici quelques moments marquants de la vie de « The Greatest ».

Joe Frazier contre Mohammed Ali: 1975

novembre 8, 2011

Joe Frazier contre Mohammed Ali: 1974

novembre 8, 2011

Joe Frazier, le tombeur de Mohammed Ali est mort

novembre 8, 2011

Joe Frazier est décédé lundi à l’âge de 67 ans des suites d’un cancer. Il y a quarante ans, l’Américain remportait le «combat du siècle» contre son grand rival Mohammed Ali.

Une légende de la boxe s’est éteinte lundi. Joe Frazier, champion du monde des lourds entre 1970 et 1973, est mort des suites d’un cancer du foie à 67 ans. Le boxeur de Caroline du Nord a écrit quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la boxe grâce à sa rivalité avec Mohammed Ali, au début des années 70, quand le noble art était aussi le roi des sports.

Médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, Frazier, surnommé « Smokin’Joe » par son entraîneur pour sa capacité à faire fumer ses gants, connaitra son moment de gloire sept ans plus tard. Champion du monde officiel avec 26 victoires dont 23 par K-O, il défie Mohammed Ali, invaincu chez les pros mais destitué de sa ceinture mondiale après son refus d’aller faire la guerre au Vietnam. Alors qu’il n’a plus boxé depuis trois ans, Ali sous-estime un Frazier au sommet de son art. Dans un Madison Square Garden en fusion, Frazier domine Ali une grande partie du combat. Ce dernier va finalement au tapis dans le 15e et dernier round avant de se relever. Les juges désigneront vainqueur un Frazier exténué et hospitalisé dans la foulée. Ce combat sera désigné «combat du siècle» par la presse spécialisée.

Dans l’ombre d’Ali

Victime préférée des bons mots d’Ali, Frazier retrouvera son grand rival une première fois en 1974. Destitué de son titre par George Foreman un an plus tôt, Frazier s’incline cette fois aux points au Madison Square Garden. Les deux hommes se croiseront une dernière fois un an plus tard aux Philippines. Sur le déclin alors qu’Ali est au firmament après sa victoire contre Foreman à Kinshasa, Frazier déjoue les pronostics en rendant coup pour coup à son adversaire. Mis en rage par Ali qui l’a traité de «gorille» et d’«Oncle Tom» avant le combat, il pousse Ali dans ses derniers retranchements. Mais ce dernier sortira vainqueur de ce combat resté dans les annales sous le nom de «Thrilla in Manilla». Même s’il n’acceptera jamais la décision de son entraîneur de jeter l’éponge car il n’y voyait plus rien, Frazier gagne le respect de tous les amateurs de boxe et d’Ali lui-même qui s’excusera pour ses propos blessants.

Ali : «Respect et admiration»

Cogneur à la puissance redoutable et au crochet gauche dévastateur, Frazier boxera encore quelques années avant de raccrocher définitivement en 1981. Avec un bilan de 32 victoires pour quatre défaites et un nul, il peut se targuer de n’avoir été battu que par Ali et Foreman, deux géants de la discipline. Propriétaire d’une salle de boxe à Philadelphie, sa ville d’adoption, il inspirera Sylvester Stallone pour les scènes d’entraînement du film Rocky. Il connaîtra également une brève carrière de chanteur avec le groupe les Knockouts. Introduit au Hall of Fame de la boxe en 1990, Frazier doit faire face à de gros problèmes financiers. Alors qu’Ali, Foreman ou Holmes ont su faire fructifier leurs millions et leur notoriété, Frazier a perdu toute sa fortune ou presque. Hospitalisé à Philadelphie pour un cancer du foie diagnostiqué fin septembre, Frazier s’est éteint lundi. Son décès a suscité une vague d’émotion dans le monde de la boxe. «J’aurai toujours du respect et de l’admiration pour Joe. Mes pensées vont à sa famille et ses proches», a déclaré Mohammed Ali. De son côté, le champion du monde des welters, Floyd Mayweather, a décidé de soulager sa famille en payant les funérailles d’un boxeur qu’il considérait «comme l’un des tout meilleurs de l’Histoire».

Lefigaro.fr par Guillaume Loisy(Sport24.com)