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Burundi : l’opposition annonce son boycott des élections

juin 27, 2015
Police contre manifestants

Police contre manifestants

L’opposition burundaise et la société civile ont appelé au boycott des élections censées débuter lundi, alors que les autorités ont affirmé qu’elles se tiendraient comme prévu malgré des semaines de contestation et de violences déclenchées par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Refusant de cautionner un « simulacre » électoral et dénonçant un « forcing électoral du président » qui ne « pense qu’à ses propres intérêts », les principaux dirigeants de la société civile ont aussi demandé à la communauté internationale de ne pas valider les scrutins.

La Belgique, ex-puissance colonisatrice du Burundi, a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne reconnaîtra pas leurs résultats.

Face au climat « politique et sécuritaire » qui règne dans le pays, et suivant une recommandation de son envoyé spécial sur place, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a réclamé un report des élections.

Faisant fi de cet appel, l’ambassadeur du Burundi auprès des Nations unies Albert Shingiro a déclaré que le gouvernement burundais « ne pouvait pas accepter de tomber dans un vide institutionnel, dans un trou (…) ».

« C’est pour cela que nous optons pour aller aux élections », a-t-il ajouté devant le Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’une réunion convoquée en urgence.

Les Etats-Unis ont eux annoncé vendredi dans la soirée avoir suspendu l’assistance technique qu’ils apportaient à la Commission électorale burundaise, estimant que les « conditions nécessaires à des élections crédibles » n’étaient pas réunies.

L’opposition est favorable au principe d’un report, qui lui aurait permis d’éviter de se retirer du processus, gardant en tête son boycott des élections en 2010 qui a eu pour seule conséquence de la sortir du jeu politique pendant cinq ans. Mais elle exige surtout des préalables à sa participation.

« Toute l’opposition a décidé unanimement de boycotter les élections (…) qui commencent par les communales et législatives de lundi », a déclaré à l’AFP l’un de ses dirigeants, Charles Nditije.

Une lettre, signée par tous les représentants de l’opposition politique et dont l’AFP a obtenue une copie, a été déposée en ce sens jeudi à la Commission électorale (Céni).

Ils y dénoncent un calendrier électoral fixé unilatéralement et demandent que soient « préalablement créées » les conditions pour des élections « paisibles, transparentes et inclusives ».

« Ces conditions ont, entre autres, trait au désarmement de la milice Imbonerakure (la Ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir) et à la sécurisation du processus électoral et des leaders politiques et sociaux, à la réouverture des médias indépendants, le retour des réfugiés de fraîche date et des leaders politiques et de façon générale le retour à une vie sociale normale », précisent-ils dans leur lettre.

M. Nditije a également mis en cause la légitimité de la Céni, dont deux membres ont fui à l’étranger et qui est désormais composée selon lui uniquement de fidèles du président Nkurunziza. Il a aussi contesté le maintien de la candidature du chef de l’Etat à la présidentielle du 15 juillet, au centre de la crise.

Fuite en avant

Les opposants à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, le jugent anticonstitutionnel et contraire à l’accord d’Arusha qui avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

Les manifestations qui ont suivi l’annonce de sa candidature fin avril ont été violemment réprimées par la police et ont donné lieu à des heurts avec les Imbonerakure, accusés de campagne d’intimidation contre les anti-Nkurunziza. Lors d’un putsch manqué de généraux eux aussi opposés au 3e mandat mi-mai, les médias indépendants ont été détruits et restent depuis empêchés de réémettre.

Les violences qui ont accompagné la contestation populaire ont fait au moins 70 morts, selon une ONG burundaise de défense des droits de l’homme. Et plus de 100.000 Burundais ont fui ce climat délétère dans des pays voisins, Rwanda, République démocratique du Congo, Tanzanie.

Face à cette crise, le pouvoir burundais a déjà reporté deux fois les scrutins législatifs et municipaux et une fois la présidentielle.

Arguant d’un risque de vide institutionnel – le mandat de Pierre Nkurunziza s’achève le 26 août -, il a jusqu’ici exclu tout nouveau report, malgré les pressions internationales.

Les détracteurs de M. Nkurunziza dénoncent jour après jour une fuite en avant du chef de l’Etat, qui a lancé jeudi sa campagne présidentielle. Chaque semaine voit son lot d’opposants, journalistes, membres de la société civile et même de frondeurs du CNDD-FDD fuir le pays, disant craindre pour leur vie.

Depuis une semaine, à l’approche des scrutins, les violences ont de nouveau gagné en intensité dans le pays, où des attaques à la grenade ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés. Des explosions et des tirs ont encore été entendus jeudi et vendredi soir dans la capitale.

Jeuneafrique.com

Burundi: le chef historique des ex-rebelles des FNL refait surface

août 5, 2013

BUJUMBURA (Burundi) – Agathon Rwasa, chef historique du principal mouvement d’opposition burundais, les ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL), fera sa première réapparition publique mardi après trois ans de maquis, en vue de préparer l’élection présidentielle de 2015, a annoncé lundi à l’AFP son porte-parole.

Ex-rebelle converti à la politique, Agathon Rwasa était retourné dans la clandestinité à la suite du boycott par l’opposition burundaise des élections générales de 2010. Le dirigeant historique des FNL était depuis constamment qualifié de menace par le pouvoir burundais.

M. Rwasa se trouve à Bujumbura depuis quelques jours et fera sa réapparition publique mardi à 10h00 (08h00 GMT), devant ses militants et de nombreux invités dont des représentants de la communauté internationale, a précisé son porte-parole, Aimé Magera.

L’information a été confirmée par des sources diplomatiques.

M. Rwasa, qui est le leader naturel de l’opposition, vient pour rassembler ses militants et la population burundaise, pour préparer les élections de 2015, parce qu’il a l’intention de se présenter comme candidat à la présidentielle, a poursuivi le porte-parole.

En reprenant le maquis en juin 2010, M. Rwasa avait affirmé craindre pour sa vie. Depuis, le Burundi a été secoué par une série de violences imputées quasiment systématiquement par le pouvoir aux FNL.

M. Rwasa n’a jamais repris les armes, il n’a jamais appelé à la violence, (…) c’était un complot pour l’éliminer car il a renoncé définitivement à la guerre, a cependant assuré lundi M. Magera.

Selon le porte-parole, le retour de l’ex-rebelle n’a donné lieu à aucune négociation avec le pouvoir, mais le gouvernement sait depuis quelques temps quand et où il va réapparaître publiquement et a donné des garanties de sécurité pour son retour.

Des sources diplomatiques ont pourtant affirmé que son retour a été négocié par la communauté internationale, qui, en échange, a obtenu de M. Rwasa qu’il cesse de contester le résultat des élections de 2010.

Dimanche sur la radio privée Rema FM, le ministre burundais de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, a de son côté simplement indiqué que M. Rwasa pouvait rentrer comme tout Burundais qui désire revenir dans son pays natal.

Les amis et la famille qui iront l’accueillir le feront à titre privé, et non en l’honneur d’un chef de parti politique, a-t-il toutefois prévenu, interdisant à tous de porter l’uniforme des FNL, dont M. Rwasa a été évincé il y a quelques mois au profit d’un proche du pouvoir, Emmanuel Miburo.

Depuis qu’il a repris le maquis en 2010, la localisation de M. Rwasa a toujours prêté à confusion.

Il a été signalé à plusieurs reprises dans la province troublée du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, en Tanzanie et en Zambie.

Son porte-parole assure lui qu’il n’a jamais quitté le Burundi, mais se cachait au sein de la population burundaise qui l’a protégé. C’est maintenant le bon moment pour qu’il réapparaisse.

Romandie.com avec (©AFP / 05 août 2013 15h37)

Congo-Brazzaville: La désaffection électorale a atteint un niveau préoccupant

juillet 18, 2012
 
Le vote du dimanche 15 juillet dernier a un trait caractéristique: le faible taux de participation. Dans certains bureaux de vote, la rareté des électeurs était telle qu’on peut penser à un mouvement organisé de protestation électorale, comme si les électeurs se sont entendus pour ne pas aller voter. Pourtant, l’opposition n’a pas appelé au boycott. Mais, dans leur grande majorité, les électeurs sont restés chez eux et les bureaux de vote étaient déserts. Les votants arrivaient au compte-gouttes. «Selon des relevés de l’A.f.p (Agence France-presse), à Brazzaville, au bureau de l’hôtel de ville, 200 des 527 inscrits ont voté, et à l’école des filles du quartier Plateau, seulement 76 sur 647 inscrits. Dans un bureau d’Impfondo (extrême Nord), 100 votants se sont déplacés sur 447 attendus», a dit son envoyé spécial au Congo.
La désaffection électorale est, sans doute, un grand problème de notre démocratie. Les pouvoirs publics semblent ne pas s’en préoccuper, pour ne mettre en avant que le caractère serein du déroulement du vote. De nombreuses causes sont à l’origine de la chute du taux de participation au vote, durant ces dernières élections. Il y a le problème récurrent de la constitution du corps électoral. Le procédé qui consiste à appeler les électeurs pour aller se faire enregistrer sur les listes électorales ou revoir leurs noms lors de l’opération de révision des listes dans les mairies et les sous-préfectures ne marche pas. En réalité, la grande majorité de la population ne se déplace pas. Du coup, quand arrive le vote, beaucoup de Congolais n’ont pas leurs noms sur les listes électorales. Le procédé du recensement électoral, qui consiste à faire circuler des agents recenseurs de quartiers en quartiers et de villages en villages, est nettement mieux, pour notre contexte, car il permet de toucher tous les citoyens en âge de voter.
La deuxième cause est liée à l’organisation. Des électeurs qui ne reçoivent pas leurs cartes d’électeurs et qui donc, ne peuvent pas accomplir leur devoir civique, alors que leurs noms sont sur la liste électorale; d’autres qui ont leurs cartes d’électeurs, mais qui, curieusement, ne retrouvent pas leurs noms sur les listes électorales ou ne savent pas à quel bureau voter; enfin, il y a la lancinante question de la pièce d’identité: beaucoup d’électeurs n’en disposent pas et même quand on autorise de voter avec un acte de naissance en présence de deux témoins, on n’est pas toujours au bout du tunnel.
Les autres causes sont, probablement, liées au manque de confiance dans le système électoral. Qui organise les élections au Congo? Les opérations pré-électorales jusqu’à l’impression des bulletins de vote, sont assurées par le gouvernement, par le biais du Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, à travers sa structure sous tutelle, la direction générale des affaires électorales. L’organisation du vote est faite par la Conel, à travers ses démembrements locaux, qui s’appuient sur l’administration publique. Les résultats sont proclamés par le gouvernement. La responsabilité de l’organisation des élections est, en réalité,  partagée entre la Conel, le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation et la direction générale des affaires électorales. Un tel système est difficile à saisir, lorsque, surtout, le non respect de la loi électorale par des agents commis aux différentes tâches de l’organisation des élections s’en mêle. Les électeurs congolais boudent aussi les urnes pour une histoire d’équité sociale. Le décalage entre l’opulence affichée par certains candidats et une population, dont la moitié des quatre millions d’habitants ploie sous le joug de la pauvreté, influence largement la perception des élections. «Je ne vois pourquoi je vais me déranger pour aller voter des gens qui vont me narguer demain dans leurs véhicules luxueux, alors que dans les hôpitaux, on ne nous donne que des ordonnances», a lancé un jeune cadre qui a, comme beaucoup de ses compatriotes, préféré rester chez lui, au lieu d’aller voter. Malgré des manifestations de campagne électorale qui ont, parfois, drainé du monde, le taux de participation des électeurs était très faible, dimanche 15 juillet, au point de toucher à la crédibilité des élections. Une situation qui devrait préoccuper tout le monde et surtout, les pouvoirs publics.

Lasemaineafricaine.com par Joachim MBANZA

Sénégal : début de la campagne présidentielle, »méga-meeting » de l’opposition

février 5, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlLa campagne pour la présidentielle du 26 février au Sénégal a   officiellement débuté dimanche, avec une opposition qui affiche son  unité et sa  détermination à obtenir le retrait de la candidature du  président sortant  Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans.

En ce premier jour de campagne, huit candidats de l’opposition devaient tenir  un « méga-meeting » commun au centre de Dakar, à l’appel du Mouvement du 23 juin  (M23), qui regroupe opposants et représentants de la société civile.

« L’objectif est d’être tous ensemble pour le début de la campagne  électorale », a expliqué un responsable du M23, Cheikh Tidiane Dieye: « il ne  s’agit pas d’une campagne classique (…), nous allons accentuer le combat pour  le retrait de la candidature de Wade ».

Samedi, ces huit candidats, parmi lesquels les poids-lourds Moustapha Niasse,  Macky Sall, Idrissa Seck Ousmane Tanor Dieng, ainsi que la star de la chanson  Youssou Ndour, se sont engagés à « rester unis ».

Rejetant tout boycott du scrutin, ils ont réaffirmé leur « objectif premier »:  empêcher la candidature de Wade.

Le scrutin « ne se tiendra pas avec la candidature inconstitutionnelle de  Wade », ont-ils affirmé, appelant les Sénégalais à poursuivre la « mobilisation  populaire ».

Le président devait lui aussi faire son premier meeting dimanche après-midi à  Mbacké, près de Touba (est).

La campagne, qui s’achèvera le 24 février au soir, débute après une semaine  de vives tensions et de manifestations de l’opposition prônant la « résistance  pacifique ».

Apaisement attendu

Le 26 février, plus de cinq millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour  le dixième scrutin présidentiel depuis l’indépendance en 1960, dans un pays  souvent cité en exemple de démocratie et de stabilité en Afrique.

Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, brigue un troisième  mandat de sept ans face à 13 candidats.

Pour l’opposition il a épuisé ses deux mandats légaux et donc sa nouvelle  candidature est un « coup d’Etat constitutionnel ». Côté Wade, on affirme que les  réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent de concourir.

Très en pointe, le M23 est né fin juin 2011 après des émeutes qui ont abouti  au retrait d’un projet de loi qui visait à élire le président et le  vice-président à un seul et avec 25% des voix.

A l’annonce le 27 janvier de la validation de la candidature de M. Wade par  le Conseil constitutionnel, des violences avaient éclaté à Dakar et en  province.

Mardi, plusieurs milliers d’opposants avaient été dispersés par la police à  Dakar.

Au total, quatre personnes ont été tuées lors de ces manifestations.  Vendredi, un appel à une « journée de prière » à Dakar a peu mobilisé.

Pour son meeting ce dimanche place de l’Obélisque à Dakar, désormais lieu  symbole de la contestation, le M23 assure avoir informé les autorités.

Il a accusé des éléments infiltrés de la police – surnommés « les calots  bleus » – d’avoir provoqué les récents heurts avec les forces de l’ordre.

Wade accuse l’opposition

Le président Wade a rejeté sur l’opposition la responsabilité des violences  et clairement mis en garde ceux qui seraient tentés de « troubler l’ordre public »  à l’approche du scrutin, assurant que les manifestants « ne représentent rien par  rapport aux millions de personnes qui sont » avec lui.

La télévision nationale RTS accueillera chaque soir la profession de foi d’un  candidat, avec Idrissa Seck en ouverture dimanche soir.

Alors que le Sénégal célèbre ce week-end l’anniversaire de la naissance du  prophète, l’un des principaux dignitaires musulmans du pays, Cheikh Mouhamadou  Mansour Sy, calife de la confrérie soufie des Tidianes, a appelé les  responsables politiques à « l’apaisement ».

Ces confréries soufies – Tidianes, Mourides, Quadiriya et Layenne – ont une  influence déterminante dans le pays et sont fortement courtisées par les  politiques à l’approche des échéances électorales.

Jeuneafrique.com avec AFP

Liberia : Ellen Johnson Sirleaf, vers une réélection dans un climat délétère

novembre 10, 2011

C’est dans un contexte très tendu que la présidente Ellen Johnson Sirleaf a été réélue à la tête du Liberia. Selon des résultats partiels, elle est créditée de 90.8 % des suffrages lors d’un second tour boycotté par son adversaire Winston Tubman, et marqué par un faible de taux de participation, 37.4 %. Une situation qui met à mal la légitimité du prix Nobel de la paix 2011.

Sans rival après le boycott de l’opposant Winston Tubman, la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf a été réélue sans surprise, à l’issue du second tour de la présidentielle au Liberia, qui s’est déroulé le 8 novembre 2011.

Selon les premiers chiffres partiels publiés jeudi 10 novembre 2011 par la Commission électorale concernant 86 % des bureaux de vote, le scrutin a été marqué par une faible participation. Le prix Nobel de la paix 2011, obtiendrait 90,8 % des voix. Un second mandat obtenu dans les conditions les plus délétères et avec une participation de 37,4%.

Porte ouverte

Sans doute consciente que le déroulement du scrutin présidentiel met à mal sa légitimité, et afin de tenter d’apaiser les tensions de ces derniers jours, Ellen Johnson Sirleaf pourrait proposer d’offrir des postes gouvernementaux à ses rivaux, affirme Associated Press (AP).

« Elle prendra contact avec les principaux leaders de l’opposition, ainsi que les membres des autres partie politiques », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Information, Norris Tweah, précisant qu’inclure le Congrès pour le changement démocratique (CDC) et son candidat au gouvernement n’était pas exclu. « Il y a des gens bien au CDC », a-t-il dit.
Le candidat du CDC avait, de son côté, annoncé qu’il n’accepterait pas les résultats de l’élection présidentielle, expliquant qu’il comptait faire entendre sa voix auprès de la communauté internationale, rapporte AP.

Des journalistes d’opposition se disent menacés

Dans le même temps, les dirigeants de quatre médias d’oppositions interdits de diffusion (deux radios et deux télévisions) doivent comparaître jeudi devant la justice libérienne. Les ministres de la Justice et de l’Information les accusent d’avoir « illégalement utilisé leurs médias en diffusant des messages de haine contre le gouvernement, de la désinformation délibérée et des messages de violence, et en incitant le peuple à se soulever et descendre dans la rue et de s’engager dans une confrontation avec la police nationale du Libéria et les Nations Unies des forces de sécurité ».

« Je ne sais pas ce qu’il appelle incitation à la violence. Nous avons été très objectifs, équilibrés et crédibles dans notre reportage », a rétorqué Alexander Bealded, le directeur de KINGS-FM, l’une des radios concernées, précisant que la vie des journalistes d’oppositions était aujourd’hui en danger.

« Nous sommes très menacés. Tous les soirs, nous devons nous déplacer d’un point à un autre », explique le journaliste « Les cas de plusieurs personnes venant de nos institutions ayant été menacés par des armes à feu nous préoccupe », a-t-il poursuivi, rapporte Voice of America. Alexander Bealded s’inquiète également que les seuls médias qui aient aujourd’hui l’autorisation d’émettre soient, selon lui, « des institutions en faveur de la propagande du gouvernement ».

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Présidentielle au Liberia : sans rival, Ellen Johnson Sirleaf est seule au second tour

novembre 8, 2011

Le second tour de l’élection présidentielle au Liberia s’est ouvert mardi 8 novembre. Ellen Johnson Sirleaf est seule en lice après l’appel au boycott de son adversaire Winston Tubman. Au moins deux partisans du candidat du Congrès pour le changement démocratique sont morts lundi lors de manifestations.

Peu d’incertitudes quant à l’issue du second tour de l’élection présidentielle au Liberia. Seule en lice après que son adversaire Winston Tubman se soit retiré de la course et ait appelé à boycotter le scrutin, la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf est ainsi assurée d’être réélue le mardi 8 novembre 2011.

Au moins deux morts

De vives inquiétudes entourent cependant la tenue du scrutin, au lendemain de la dispersion sanglante de partisans de Winston Tubman.
Au moins deux personnes ont été tuées lundi 7 novembre à Monrovia selon des journalistes, 3 ou 4 selon le Congrès pour le changement démocratique (CDC), parti devant lequel s’étaient rassemblés des milliers de pro-Tubman. Bien qu’ils ont affirmé vouloir marcher pacifiquement, ils ont été dispersé par la police anti-émeutes.

Un policier libérien a été arrêté par les hommes de la a Mission des Nations unies au Liberia (Minul composée de 8 000 hommes) après avoir admis avoir ouvert le feu sur les manifestants durant les incidents, a confié un inspecteur de police libérien. La Minul a fait état d’un mort et plusieurs blessés, sans en préciser le nombre. Elle a appelé les différents camps à la retenue et indiqué avoir saisi « les autorités pour prévenir toute escalade ».

« Cela vous montre pourquoi le peuple libérien est déterminé à se débarrasser de ce leader. C’est une personne qui utilisera la violence contre des gens pacifiques », s’est empressé de déclaré Winston Tubman.

Appel au respect de la loi

Amnesty international a demandé l’ouverture d’une enquête et a appelé à la retenue les différentes parties. « Tous les candidats doivent s’assurer que leurs partisans respectent la loi, et leur faire comprendre que ceux responsables d’avoir ordonné ou exécuter des violations des droits de l’homme devront rendre des comptes », a déclaré Lucy Freeeman chercheuse au sein de l’organisation.

Le président américain Barack Obama a, quant à lui, mis en garde contre toute tentative de « perturber » le second tour de la présidentielle, soulignant que les électeurs avaient le droit de voter librement et sans peur.

Ellen Johnson Sirleaf, 73 ans, prix Nobel de la paix 2011, est arrivée en tête au premier tour du 11 octobre avec 43,9% des voix contre 32,7% à M. Tubman. Elle bénéficie du soutien de l’ex-chef de guerre devenu sénateur Prince Johnson (3e au premier tour avec 11,6% des voix) et du juriste Charles Brumskine (4e avec 5,5% des voix).

Winston Tubman, 70 ans, refuse de participer au scrutin par des craintes de fraudes similaires à celles qu’il a dénoncées au premier tour. Il a accusé la présidente sortante d’avoir utilisé en masse « les ressources de l’État » pour acheter le ralliement d’autres opposants au second tour.

Près de 1,8 million d’électeurs – sur quelque 4 millions d’habitants – sont appelés à voter de 08H00 à 18H00 (locales et GMT). Le scrutin sera supervisé par des milliers d’observateurs, dont ceux de l’Union africaine (UA) qui se sont déclarés « préoccupés » par le « mauvais signal » lancé par l’opposition par son appel au boycott.

Jeuneafrique.com avec Agences

Présidentielle au Liberia : la marche des partisans de Tubman inquiète la communauté internationale

novembre 7, 2011

Alors que l’opposant libérien Winston Tumbman a annoncé dimanche 6 novembre sa décision de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle, ses partisans se sont réunis dans la capitale afin d’appeler au boycott du scrutin, dans lequel la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf est désormais seule en lice.

À la veille du second tour de l’élection présidentielle libérienne, des milliers de personnes s’étaient rassemblées ce lundi 7 novembre en vue de protester contre la tenue du scrutin. Ces partisans de Winston Tubman, l’opposant de la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf, se sont réunis devant le siège du Congrès pour le changement (CDC, parti d’opposition) à Monrovia, trois jours après que leur candidat favori ait appelé à boycotter l’élection, dont le premier tour avait été considéré comme entaché de fraudes.

« On ne va pas voter ! », « On veut la justice et la liberté », « Les élections sont frauduleuses », hurlaient les partisans de Winston Tubman, arrivé second au premier tour de l’élection le 11 octobre avec 32,7% des voix (contre 43,9% pour la présidente sortante).

Les sympathisants du candidat devraient, plus tard dans la journée, effectuer une marche avec à leur tête les leaders du parti dont Winston Tubman et l’ex-star du football international George Weah, un projet qui suscite de fortes craintes de débordement. Des policiers anti-émeutes équipés de boucliers, casques et gaz lacrymogènes, ainsi que des véhicules de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) quadrillaient le siège du CDC, où militants et sympathisants arrivaient progressivement par vagues de plusieurs quartiers de Monrovia.

« Nous avons demandé à nos partisans de rester pacifiques et de ne pas répondre aux provocations », a déclaré George Solo, un des responsables de campagne de Winston Tubman. Un porte-parole de la police, George Bardoo, a pour sa part affirmé que la marche ne pourrait pas se tenir étant donné qu’elle n’aura pas été autorisée par le ministère de la Justice.

Processus démocratique « affaibli »

La communauté internationale est de plus en plus inquiète suite à la décision de Winston Tubman, et s’effraie d’une possible reprise des violences, alors que ce pays se relève de plusieurs décennies de guerres civiles qui ont provoqué la mort de 250 000 personnes entre 1989 et 2003 et détruit l’économie du pays.

« Plus personne dans ce pays ne veut revenir à la guerre », a estimé pour sa part la présidente sortante lors de ses derniers meetings dimanche. À 73 ans, Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la paix 2011, est désormais seule en lice.

Une situation qu’à regretté la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Saluant le premier tour de l’élection jugé « crédible et transparent » par les observateurs internationaux, elle a regretté le choix de l’opposition « de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle ». Cette décision « affaiblit plutôt qu’elle ne renforce le processus démocratique », selon ces propos.

« Nous avons un problème avec le processus électoral, pas avec Mme Sirleaf », a affirmé George Solo, qui a réitéré la proposition de son parti d’aller à un second tour avec une nouvelle Commission électorale nationale (NEC) garantissant un scrutin honnête. Si cette condition n’était pas satisfaite, le CDC entend poursuivre ses manifestations pacifiques chaque heure, chaque jour, chaque mois » jusqu’à obtenir satisfaction, « comme en Égypte et en Tunisie », a menacé George Solo.

Jeuneafrique.com avec AFP

Présidentielle au Libéria: Tubman appelle au boycott du 2e tour

novembre 4, 2011

L’opposant libérien Winston Tubman, adversaire de la chef de l’Etat sortante, Ellen Johnson Sirleaf au 2e tour de la présidentielle le 8 novembre, a appelé vendredi au boycott du scrutin et invité ses partisans à un rassemblement samedi au siège de son parti à Monrovia.

« A quatre jours » du vote, « nous informons officiellement le peuple libérien et le monde que le CDC (Congrès pour le changement démocratique, son parti) ne peut pas participer au scrutin du 8 novembre. Nous appelons tous les partisans du CDC, tous les sympathisants et tous les Libériens à ne pas se rendre aux urnes le 8 novembre », a déclaré M. Tubman lors d’une conférence de presse dans la capitale libérienne.

Jeuneafrique.com avec AFP

Elections législatives/Les dangers du boycott projeté par le FPI

septembre 23, 2011

Le Front populaire ivoirien (FPI) a décidé de mettre sa menace à exécution. Après ses revendications non satisfaites, notamment en ce qui concerne la recomposition équilibrée de la Commission électorale indépendante (CEI), l’ex-parti au pouvoir vient de claquer la porte de l’institution en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué signé de son secrétaire général par intérim, Laurent Akoun et publié dans la presse hier jeudi, le FPI s’est mis en congé de toutes les activités de la CEI. «Le Front populaire ivoirien (FPI) suspend sa participation à toutes les activités de la Commission électorale indépendante (CEI) sur toute l’étendue du territoire national », indique le texte. En filigrane, se profile à l’horizon le boycott par le Front populaire ivoirien, des futures élections législatives prévues pour se tenir en principe avant la fin de l’année 2011.

Même si la porte des discussions et tractations pouvant déboucher sur un hypothétique modus vivendi n’est pas encore totalement fermée, avec en prime un retour possible voire souhaitable du FPI dans le jeu électoral, on peut d’emblée s’interroger sur les conséquences d’une telle décision sur l’avenir de ce parti retombé dans l’opposition après une décennie de gestion du pouvoir d’État.

En effet, le Front populaire ivoirien court d’énormes risques en se mettant en marge de la suite du processus électoral. La politique de la « chaise vide » pour laquelle il veut opter, en refusant de participer aux futures législatives, pourrait s’avérer suicidaire pour le parti créé par l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. En décembre 2000, le Rassemblement des Républicains (Rdr) l’a expérimenté à ses dépens… N’eût été sa victoire aux municipales (en mars 2001) et son très bon score au scrutin des conseils généraux de département (en juillet 2001), ce parti se serait certainement mis hors jeu sur la scène politique ivoirienne.

Ainsi au niveau national, à défaut de disparaître de l’échiquier politique, le FPI pourrait perdre considérablement son influence. Durant toute une législature et la mandature du président Alassane Ouattara, c’est-à-dire pendant cinq (5) ans au moins, le parti à la rose sera totalement absent des grands débats qui engagent la vie de la nation. C’est peu dire, en effet, que c’est dans l’Hémicycle que se discutent les sujets importants et d’intérêt national. Les lois organiques et ordinaires qui fixeront les grandes lignes de la politique gouvernementale et du projet de société de la coalition politique au pouvoir seront débattues à l’Assemblée nationale, sans que le FPI ne fasse entendre sa voix ni valoir ses opinions ou ses objections.

Par son absence au Parlement, l’ex-parti au pouvoir se priverait de sa « minorité de blocage » qui constitue un levier essentiel en démocratie (au cas où il participait aux législatives mais ne disposait pas d’assez de députés à l’Assemblé nationale). Par exemple, les lois organiques ont besoin de recueillir une majorité qualifiée, généralement les ¾ des députés siégeant, pour être adoptées. Autant dire que le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pourra gouverner en roue libre, sans véritable contre-pouvoir ni opposition significative. Dans la foulée, le FPI s’infligerait un véritable black-out dans les médias publics (radio, télévision et presse), puisque les reportages et comptes rendus qui seront dorénavant faits des activités parlementaires ne mentionneront pas son nom ni ses points de vue.

La perte de l’influence

L’autre danger qui guette le Front populaire ivoirien par un éventuel boycott des joutes électorales à venir, c’est la perte ou la baisse de l’influence des cadres du parti dans leurs régions. Ce qui pourrait occasionner le recul de l’implantation du parti dans ces localités. Généralement, les populations sollicitent les élus (députés, maires, présidents de conseils généraux) en diverses occasions (mariages, baptêmes, décès, soins de santé, etc.). Mais comme les élus du FPI ne seront plus là pour faire face aux nombreuses sollicitations des populations, celles-ci seront enclines à demander la mansuétude des élus des autres partis politiques. Et en signe de reconnaissance, elles pourraient changer de formations politiques et/ou voter pour ces partis ou leurs candidats au cours des futures échéances électorales.

En outre, les élus prennent souvent la parole lors des grandes réunions des collectivités locales (mairies, conseils généraux, régionaux) ou de manifestations diverses (cérémonies de réjouissances, réunions de chefferies traditionnelles, dons de partenaires au développement, etc.). Parfois, ces tribunes servent à faire l’éloge des partis politiques et des actions menées par leurs représentants et à gagner de nouveaux militants ou élargir leurs bases électorales. Le FPI pourrait manquer ces occasions de promotion s’il se met en retrait de la vie politique nationale.

Un autre risque – et non des moindres – encouru est l’assèchement des caisses du parti. Déjà que les comptes de plusieurs dignitaires et haut cadres du FPI sont gelés, on mesure à quel point les ressources financières pourraient se faire de plus en plus rares si les élus, notamment les députés, ne participent plus aux charges de fonctionnement du parti. Et même si actuellement la loi sur le financement des partis politiques sur fonds publics est mise en veilleuse, rien ne dit qu’elle ne sera pas remise au goût du jour après la mise en place intégrale des nouvelles institutions du pays. Le Front populaire ivoirien pourrait donc, s’il n’y prend garde, se priver de cette importante manne financière publique (sous Laurent Gbagbo, les trois principaux partis politiques du pays, à savoir le PDCI-RDA, le FPI et le RDR empochaient chacun près d’un milliard de FCFA par an). Et partant, se faire hara-kiri s’il ne participe pas aux prochaines élections législatives.

L’Inter par Anassé Anassé