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Cameroun : pourquoi les enseignants poursuivent leur bras de fer avec le gouvernement

mars 9, 2022
Des élèves et des enseignants unis dans « l’Opération craie morte » qui touche le Cameroun depuis le 21 février 2022. © Camer Press Agency

Le mouvement de grève des enseignants dure depuis le 21 février. Pourquoi le blocage perdure malgré les mesures annoncées par le gouvernement ? Quelles sont leurs revendications ? Décryptage.

Des élèves en uniforme qui battent le pavé en soutien à leurs enseignants absents des salles de classe depuis bientôt trois semaines : ces scènes qui se sont jouées le 7 mars à Douala, Ebolowa (sud) ou Mora (extrême-nord), sont le dernier acte du mouvement national de grève qu’observent, depuis le 21 février dernier, les enseignants affectés à l’éducation de base et au secondaire à travers le Cameroun.

« On a trop supporté  » (OTS), du nom du collectif constitué au début du mouvement, a lancé une « opération craie morte » qui ne cesse de gagner en intensité. Contrairement aux bruyantes manifestations des enseignants anglophones de 2016, qui avaient conduit à des affrontements avec les forces de sécurité avant de se transformer en crise socio-politique, les adhérents du collectif OTS ont fait le pari d’observer un mouvement pacifique : ils rejoignent leurs lieux de services tous les matins mais refusent de dispenser la moindre leçon.

Un mouvement sans leader

Le collectif n’a aucun leader connu : les communiqués signés par une trentaine d’enseignants au début de la grève ne comptent plus aujourd’hui que trois numéros de téléphone auxquels répondent des interlocuteurs qui insistent pour garder l’anonymat.

« Ce n’est pas la première fois que nous défendons ces revendications, explique au téléphone l’un des porte-parole d’OTS. Nous gardons l’anonymat pour éviter que certains, parmi nous, ne subissent seuls le courroux de l’administration, ou qu’ils puissent être achetés, comme cela a malheureusement trop souvent été le cas par le passé. »

LE COLLECTIF DE GRÉVISTES DÉFEND LA NÉCESSITÉ D’ORGANISER DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE L’ÉDUCATION

La tactique, pour l’heure, semble s’avérer payante. Les enseignants grévistes reçoivent de nombreux soutiens au sein de la population et même certains acteurs politiques montent au créneau. « Aucun avenir radieux n’est possible au Cameroun sans un système éducatif de qualité. Nous soutenons la nécessité d’organiser des états généraux de l’Éducation », ont ainsi écrit une dizaine d’opposants dans une tribune publiée le 3 mars.

Réveil des autorités

Au fil des semaines, la grève des enseignants est devenue une crise sociale d’envergure que les autorités camerounaises, après avoir longtemps repoussé l’échéance, tentent de juguler. Ce lundi 7 mars, le président Paul Biya a demandé que soit débloqué en urgence le verrou de précaution budgétaire des administrations publiques de 20% de leurs crédits destinés à l’achat des biens et services.

Le but ? Répondre le plus rapidement possible aux revendications des grévistes. Ce sont pas moins de 2,7 milliards de F CFA qui ont ainsi été mis sur la table par le gouvernement, qui doivent servir à payer des arriérés de primes de correction d’examen qui datent de 2020. En parallèle, Joseph Le, le ministre de la Fonction publique, a mis en place une task force chargée de travailler sur les desiderata des enseignants.

LES RAISONS PROFONDES DE LA GROGNE SONT À CHERCHER DANS LE PROCESSUS DE RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS

Une avancée saluée par nombre d’entre eux mais que beaucoup jugent encore insuffisante. Le paiement des arriérés de primes de correction n’est qu’une des vingt revendications listées par le collectif OTS. Outre les compléments de salaires restant dûs par l’État, les enseignants réclament également la prise en compte de tous ceux qui sont encore en attente. Au total, l’enveloppe globale tournerait plutôt autour des 181 milliards de F CFA.

Les raisons profondes de la grogne sont à chercher du côté du processus de recrutement des enseignants. Au Cameroun, ils sont formés pendant 3 à 5 ans dans des écoles d’État. À leur sortie, ils sont affectés dans différents établissements et doivent soumettre à l’administration un dossier d’intégration pour être pris en compte dans la masse salariale de l’État. Un processus qui prend du temps : jusqu’en 2008, un enseignant nouvellement affecté pouvait ainsi attendre jusqu’à deux ans avant de percevoir ses premiers émoluments.

NOS COLLÈGUES SE RETROUVENT À PASSER DIX ANS SANS LE MOINDRE SALAIRE OU PRESQUE

Face aux inconvénients de cette situation, décision avait été prise par le ministère de la Fonction publique d’instaurer un nouveau système : les enseignants perçoivent une avance sur solde correspondant aux deux tiers de leur salaire, en attendant que leurs dossiers d’intégration soient traités et qu’ils reçoivent – enfin – le complément de salaire. Mais là encore, le système censé fluidifier la situation a encore alourdi un processus déjà à la peine.

En position de force

« Nos collègues sortent des instituts de formation, sont affectés sur le terrain mais se retrouvent à passer dix ans sans le moindre salaire ou presque. Ceux qui reçoivent les deux tiers de leur salaire n’ont jamais de compléments de solde ; à cela s’ajoute l’absence d’avancements et de primes », insiste le membre du collectif OTS précédemment cité.

« Je suis à ma onzième année sans avancement, sans primes de logement. À chaque fois, on nous fait des promesses qui n’aboutissent jamais. Et lorsqu’on se rend dans les bureaux du ministère, nos collègues fonctionnaires nous rackettent parfois jusqu’à 15% de notre dû pour faire avancer nos dossiers ! » vitupère Jeanette Fouda, prof de français à Yaoundé.

Lors de la précédente grève, en 2019, une réunion organisée avec les autorités avait permis de dresser l’état des lieux du secteur. On dénombrait alors 6 547 dossiers d’avance de solde, 19 862 dossiers d’actes de carrière, 501 indemnités de non logement, 419 prestations familiales, 550 indemnités de sujétion et 3 423 états de sommes dues en attente d’un déblocage des fonds du ministère des Finances.

Le gouvernement avait alors engagé établi un échéancier de règlement de cette dette mais le processus s’est progressivement grippé. Au début de l’« Opération craie morte », les autorités ont évoqué la gestion de la pandémie et la crise dans les régions anglophones du pays pour justifier ces retards.

Inflation galopante

Les enseignants, eux, campent sur leur position. Outre le règlement des retards, ils réclament la revalorisation de leurs salaires et des primes supplémentaires pour faire face à l’inflation galopante. Ils demandent aussi la définition d’un statut de l’enseignant. À quelques mois de l’organisation des examens de fin d’année, ils sont en position de force dans les négociations. Les efforts déployés par le gouvernement sont là pour le prouver.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute – à Yaoundé

Mali: Bras de fer entre la Cédéao et la junte militaire

janvier 10, 2022

Avec France24

États-Unis: Bras de fer entre Trump et le football américain

septembre 24, 2017

Geste de défiance face à Donald Trump, le 24 septembre 2017 avant le match de Miami Dolphins à Esat Rutherford face aux New York Jets / © Getty/AFP / Steven Ryan

La réponse du football américain à Donald Trump a été spectaculaire. Les joueurs de la NFL ont massivement posé un genou à terre en début de matches dimanche, un geste de défiance que le président américain considère comme un manque de respect à l’Amérique

La vague de protestation est survenue quelques heures après que Donald Trump a suggéré aux amateurs de boycotter les équipes dont les joueurs ne respectent pas l’hymne national.

« Si les fans de NFL (championnat de football américain, Ndlr) refusent d’aller aux matches jusqu’à ce que les joueurs arrêtent de manquer de respect à notre drapeau et notre pays, vous verrez rapidement un changement. Virez ou suspendez! », a ainsi tweeté dimanche le président américain, arguant que « les propriétaires (des clubs) doivent faire quelque-chose ».

Avant de monter à bord d’Air force one, dimanche soir dans le New Jersey pour revenir à Washington, Donald Trump n’a pas voulu réitérer à la presse ses propos sur le réseau social, mais indiqué que ces marques de protestation étaient « irrespectueuses pour notre pays et irrespectueuses pour notre drapeau ».

« Nous avons un grand pays. Nous avons un grand peuple qui représente notre pays, spécialement nos soldats et nos premiers intervenants. Ils doivent être traités avec respect », a-t-il dit sous l’aile de l’avion.

« Lorsque vous posez un genou à terre et ne respectez pas le drapeau ou l’hymne américain, c’est manquer de respect. Cela n’a rien à voir avec la race ou autre-chose. Cela a à voir avec le respect ».

– Genou à terre, poing levé –

Dimanche, des joueurs des Cleveland Browns et des New England Patriots, champions en titre de la NFL, se sont agenouillés et nombre d’entre eux se tenaient par les bras pendant que retentissait l’hymne national.

Certains joueurs noirs ont également levé le poing, imitant le geste des deux athlètes afro-américain gantés durant les jeux Olympiques de 1968.

Ce qui n’avait pas ému Donald Trump: « Super solidarité pour notre hymne national et pour notre pays. Se tenir debout par les bras c’est bien, s’agenouiller c’est inacceptable », avait-t-il tweeté dans la foulée.

Autre forme de protestation: lorsque l’hymne s’est fait entendre à Nashville, ni les Seattle Seahawks, ni les Tennessee Titans n’étaient présents sur le terrain. « Nous ne nous lèverons pas pour l’injustice qui a accablé les gens de cette couleur (de peau, ndlr) dans ce pays », ont affirmé les joueurs de Seattle dans un communiqué.

L’origine du genou à terre remonte à l’été 2016, lorsque l’ancien « quarterback » des San Francisco 49ers Colin Kaepernick l’avait effectué – et provoqué un scandale national – pour protester contre les meurtres de plusieurs Noirs abattus par des policiers blancs.

Le président Trump, élu sur un discours populiste et nationaliste, s’en était pris sans le nommer à ce joueur vendredi lors d’un meeting: « Est-ce que vous n’aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d’équipe) de NFL dire, quand quelqu’un manque de respect à notre drapeau, +sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré!+ ».

Après cette première missive et une escalade verbale pendant le week-end, les footballeurs américains sont désormais engagés dans un bras de fer très symbolique avec le président républicain.

« Je connais nos joueurs qui se sont agenouillés pendant l’hymne national et ce sont des jeunes hommes intelligents avec du caractère » qui « voulaient lancer un dialogue », avait abondé avant les matches le propriétaire des Miami Dolphins, Stephen Ross.

« En ce moment, notre pays a besoin d’un leadership qui unit, pas de davantage de division », avait-il ajouté.

– Nouveau symbole anti-Trump ? –

Donald Trump s’en était pris samedi au basket, en retirant l’invitation à la Maison Blanche pour l’équipe de NBA des Golden State Warriors, vainqueur du dernier championnat.

En cause, l’opposition notamment du meneur Stephen Curry à la politique du président américain. La décision a provoqué une pluie de critiques.

Et la polémique semble avoir créé un effet boule de neige, le geste polémique s’étant propagé samedi soir au baseball, avec le premier joueur de la ligue professionnelle, Bruce Maxwell des Oakland Athletics, à s’agenouiller durant l’hymne.

La star de l’athlétisme Allyson Felix a apporté son soutien au mouvement. « Reconnaissante à tous ceux qui s’expriment à ce moment-charnière. Trop c’est trop. Nous avons le pouvoir de créer le changement », a-t-elle écrit sur Twitter.

Donald Trump a annoncé dimanche que les Pittsburgh Penguins, champions de hockey sur glace (NHL) seraient reçus prochainement à la Maison Blanche.

Au-delà des frontières du sport, Stevie Wonder a lui aussi posé un genou à terre durant un concert samedi soir à New York.

Signe que le geste pourrait devenir un symbole anti-Trump…

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 02h11)                

Les pro-Morsi s’apprêtent à manifester en Egypte

juillet 5, 2013

L’Egypte se prépare à des manifestations des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Ceux-ci veulent dénoncer le coup militaire et la vague d’arrestations des dirigeants du mouvement des Frères musulmans, faisant craindre un nouveau bras de fer et des violences.

Regroupées au sein du « Front national de défense de la légitimité », les principales forces islamistes ont appelé les partisans du président renversé à manifester en masse et « pacifiquement » pour un « vendredi du refus » contre « le coup d’Etat militaire ». Les manifestations devaient commencer après la traditionnelle prière hebdomadaire musulmane, en milieu de journée.

De son côté, la coalition de l’opposition à Mohamed Morsi a lancé vendredi un appel « urgent » à manifester en masse.

Le ministère de l’Intérieur a averti qu’il répondrait « fermement » aux troubles. Des blindés ont été déployés au Caire. Mais l’armée a souligné que « les rassemblements pacifiques et la liberté d’expression sont des droits garantis pour tous ».

Les Frères musulmans qui ont dénoncé, « la terreur de l’Etat policier qui a arrêté des figures de la confrérie et du parti » et « un coup d’Etat militaire contre la légitimité (de M. Morsi) », ont néanmoins appelé leurs partisans à la retenue.

Morsi en détention « préventive »

Premier président démocratiquement élu d’Egypte, M. Morsi a été placé en résidence surveillée. Plusieurs cadres de la confrérie islamiste et de son émanation politique, le Parti liberté et justice (PLJ), ont été arrêtés.

Cette épreuve de force fait craindre de nouveaux accrochages avec les forces de sécurité ou même avec des groupes de manifestants pro-Morsi qui restent rassemblés au Caire, particulièrement sur la place Tahrir.

Attaques dans le Sinaï

Par ailleurs, des militants islamistes ont attaqué des postes militaires et de police dans le Sinaï. Un soldat égyptien a été tué et deux autres ont été blessés vendredi matin dans une attaque coordonnée à la roquette et à la mitrailleuse, a-t-on indiqué de source médicale et sécuritaire. Les attaques n’ont pas été revendiquées.

Romandie.com