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Médias : le journaliste Élie Smith expulsé du territoire congolais

septembre 26, 2014
Élie Smith a

Élie Smith expulsé de Brazzaville-Congo

Les autorités congolaises ont annoncé aujourd’hui, dans un communiqué de presse, l’expulsion du journaliste Élie Smith du territoire congolais avec  interdiction formelle d’y séjourner pour avoir fait, selon le directeur général de la police, de nombreux actes et propos séditieux et subversifs.

Ancien journaliste à la chaîne africaine 3A Télésud, basée à Dakar, M. Smith travaillait depuis trois ans pour le compte de MNTV, une chaîne de télévision privée proche du pouvoir congolais et appartenant à Maurice Nguesso, frère aîné du président Denis Sassou Nguesso. De nationalité camerounaise, Élie Smith a assumé durant ces années les fonctions de directeur de la Chaîne privée  MNTV et directeur des  Études et Planification du Groupe MN Com. Il était également animateur d’une émission  La  Grande interview  diffusée tous les dimanches sur la même chaîne.

Communiqué de presse

Sur décision du ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, «Elie Smith, journaliste à MNTV, a été expulsé de la République du Congo avec interdiction formelle d’y séjourner», indique le communiqué.

Par arrêté N°15968 du 26 septembre 2014, signé du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Élie Smith, journaliste à MNTV, a été expulsé de la République du Congo avec interdiction formelle d’y séjourner.
Pour la Direction générale de la police, cette décision fait suite à des nombreux actes et propos séditieux et subversifs qui sont imputables à M. Élie Smith.
Il est notamment reproché à l’intéressé d’avoir été en intelligence avec les puissances étrangères œuvrant contre les intérêts de la République du Congo.
Au-delà de son métier de journaliste, Monsieur Elie Smith a fait preuve d’un activisme politique débordant, en contradiction flagrante avec la déontologie de sa profession.

Fait à Brazzaville, le 26 septembre 2014.

La Direction générale de la police.

Agences de presse avec lesoir.be

Le Congo bat la RDC et se qualifie pour le CHAN

juillet 28, 2013

Les Diables Rouges de la République du Congo se sont qualifiés pour les phases finales du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), en battant dimanche au stade Denis Sassou N’Guesso de Dolisie (250 km de Brazzaville), les Léopards de la RD Congo par 1 but à 0.

Le but congolais a été marqué par Dimitri Bissiki à la 44-ème minute de la deuxième mi-temps.

Il a fallu beaucoup de doigté à l’entraîneur congolais Barthélémy Gatsono pour parvenir à ce résultat qui permet aux Diables Rouges de se qualifier pour la première de leur histoire au CHAN.

L’entraîneur des Léopards de la RDC, Mutubilé Santos, visiblement déçu de cette contreperformance, n’a fait aucun commentaire à l’issue de la rencontre.

Au match aller disputé le 7 juillet dernier, les Léopards avaient battu les Diables rouges du Congo par 2 buts à 1. Ainsi, le but marqué au match retour par ces derniers suffit pour leur qualification.

APA-Brazzaville (Congo)

Vers une hausse considérable du trafic à l ‘ aéroport de Maya-Maya de Brazzaville

juillet 26, 2013
Aéroport de Maya-Maya Congo-Brazzaville

Aéroport de Maya-Maya Congo-Brazzaville

Le nombre de passagers à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville, au Congo, est en hausse passant de 700.000 en 2010 à plus d’un million en 2012, a annoncé vendredi à Brazzaville, un communiqué du ministère de l’Aménagement du territoire et de la Délégation générale aux Grands travaux.

Selon ce communiqué émanant des autorités de ce ministère, « il y a deux ans, le trafic des passagers à l’aéroport de Maya-Maya était évalué à 700.000 passagers, en 2012 ce trafic a dépassé le cap d’un million de passagers par année ».

« Le terminal actuel est fait pour accueillir plus de 3 millions de passagers alors que l’objectif final est de recevoir cinq millions de passagers par an et un accent particulier a été mis sur le terminal des passagers afin de permettre aux gens de voyager confortablement », poursuit ce communiqué.

L’aéroport international de Maya-Maya est en train d’être doté d’une deuxième piste d’atterrissage, d’une aérogare moderne avec des passerelles et d’un hôtel de grand standing, indique-t-on.

Estimés à plus de 39 milliards de FCFA, les travaux de la deuxième piste en pleine exécution par la société française SGE-Congo, sont estimés à plus de 39 milliards cfa, tandis que le coût de l’aérogare et de l’hôtel, réalisés par une société chinoise, sont de l’ordre de 80 milliards cfa.

La mise en service du deuxième module de l’aéroport international de Maya-Maya dont l’inauguration se fera bientôt, va conforter le pays dans sa position actuelle de première plate-forme aéroportuaire d’Afrique centrale.

APA-Brazzaville (Congo)

Joseph Kabila en visite de travail de 48h au Congo-Brazzaville

juillet 19, 2013

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabangé, est arrivé vendredi à Brazzaville pour une visite de travail 48h dans le but de raffermir les relations de coopération entre les deux pays.

Le président Kabila a été accueilli à 11h 37 mn par son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso, en présence des autorités civiles et militaires du Congo-Brazzaville.

Après les civilités d’usage, les deux chefs d’Etat se sont dirigés vers le salon d’honneur de l’aéroport international de Maya-Maya où ils ont eu un bref entretien.

Ils ont ensuite pris un bain de foule et le cortège présidentiel s’est dirigé vers la Villa des hôtes où le va résider le président Joseph Kabila Kabangé pendant son séjour.

Selon les services du protocole, les deux présidents auront samedi un tête à tête dont le menu sera sans nul doute la situation qui prévaut à l’est de la République démocratique du Congo avec les combats qui opposent les troupes de la RDC aux rebelles du M23. Un communiqué final devrait sanctionner cette visite.

Par ailleurs, les services de la communication de la présidence congolaise ont annoncé l’arrivée à Brazzaville, ce vendredi, du président guinéen Alpha Condé pour une brève visite de travail.

APA-Brazzaville (Congo)

Plus de 73 000 candidats à l’assaut du Baccalauréat au Congo

juillet 9, 2013

Plus de 73 000 candidats, dont 47 111 pour le Baccalauréat général et 26 639 pour le Baccalauréat technique, repartis dans plusieurs centres à travers tout le territoire congolais, composent depuis mardi matin pour obtenir le parchemin qui leur ouvre les portes de l’université.

Selon le ministre de l’enseignement primaire et secondaire, Hellot Maltson Mampouya, ‘’pour cette année, les candidats devraient se munir de leur badge, sans téléphone portable, ni ordinateur ou calculatrice pour avoir accès dans la salle d’examen ».
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Il a en outre exhorté toute personne non concernée par cet examen ‘’à ne pas s’approcher du lieu du déroulement des épreuves », soulignant que ‘’les dispositions sécuritaires draconiennes ont été prises pour qu’il n’y ait pas fraude au cours de cet examen ».

Du côté du Bac technique, malgré quelques manquements constatés la veille à propos du manque de noms de certains candidats, tout est rentré dans l’ordre et ce matin le problème a été résolu.

Cette année, le nombre de candidats de cet examen d’Etat a connu une augmentation de près de près de 6000 candidats faisant passer les effectifs à 73 750 contre 67.750 en 2012.

L’année dernière cet examen a connu des résultats très critiqués, suite à la suspension des épreuves orales. De fait, sur 29 061 candidats au baccalauréat 2012 de l’enseignement général, 5 019 seulement, soit 17,85%, avaient obtenu le précieux sésame qui ouvre les portes des facultés et instituts supérieurs.

Cette année l’on espère des résultats soient meilleur que ceux de l’année au regard des dispositions prises par le gouvernement pour un bon déroulement de ces épreuves.

Même s’il faut rappeler que l’année scolaire 2012-2013 a été marquée par une longue grève qui, du 25 février au 29 avril, a paralysé l’enseignement primaire et secondaire dans toutes ses composantes.

APA-Brazzaville (Congo)

20 milliards de FCFA de la France pour l’assainissement de Brazzaville

juin 12, 2013

Le Congo et l’Agence française de développement (AFD) ont, dans le cadre du contrat de désendettement et de développement (CDD), conclu trois conventions d’une valeur de 20,3 milliards de FCFA pour l’assainissement des rivières de Brazzaville, a-t-on appris mercredi de source officielle.

La première convention concerne le projet visant à aménager les cours d’eaux de Makélékélé, Mfoa et Madoukou pour qu’ils drainent les eaux de pluie jusqu’au fleuve Congo.

Il va également contribuer à la mise en place d’une filière de gestion des déchets en renforçant les capacités de la mairie de Brazzaville.

D’un montant de 15, 7 milliards de FCFA, ce projet permettra aussi de réduire et d’éviter les inondations des eaux stagnantes, des zones d’érosion dans le centre ville d’ici 2015, grâce à des travaux sur certains collecteurs.

La deuxième convention porte sur l’appui à la refondation de la formation en travail. Financée à hauteur de 2,6 milliards de FCFA, elle contribuera à la formation des agents de l’action sociale, à la prise en charge de l’insertion socio-économique et à la protection des enfants, des personnes âgées et des minorités.

Elle vise aussi la prise en charge des handicaps et l’amélioration de leur situation sociale.

La troisième et dernière convention, d’un coût de 2 milliards de FCFA, est liée à un fonds d’expertise et de renforcement des capacités. Elle permettra de financer les études techniques nécessaires à la définition et à la préparation des projets futurs et d’appuyer les administrations ou structures publiques concernées par les projets de l’AFD.

Ces conventions ont été paraphées mardi à Brazzaville par le directeur du département Afrique de l’AFD, Yves Boudot, et Jean Raymond Dirat, directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, en présence de l’ambassadeur de la France au Congo, Jean-François Valette.

APA-Brazzaville(Congo)

L’Afrique a enregistré une diminution de 33 pour cent de décès causés par le paludisme

avril 26, 2013

 

La région africaine a enregistré une diminution de 33% de décès dus au paludisme et a été épargnée de plus de 1,1 million de décès, selon le rapport mondial de 2012, cité jeudi à Brazzaville par la représentante de l’OMS au Congo, Dr Fatoumata Binta Diallo.
Dans son message à l’occasion de la journée mondiale contre le paludisme, Mme Diallo a souligné que 90% des 660.000 décès dus au paludisme ont été signalés en 2012 dans le continent.

Cependant, un cinquième des pays de la région est en voie d’atteindre l’objectif de réduction des taux d’incidence du paludisme de 75% d’ici à 2015.

A cet effet, elle a salué les efforts entrepris dans huit pays africains, notamment la Namibie, l’Afrique du Sud, Madagascar, le Botswana visant à éliminer le paludisme à travers des initiatives transfrontalières et insulaires.

Mme Diallo, a par ailleurs, demandé aux gouvernements africains d’augmenter les financements internes et externes pour rendre disponible les stratégies de protection, de prévention et de soins contre le paludisme.

En outre, la représentante de l’OMS, a appelé à une solidarité agissante en Afrique, en vue de rendre disponible les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée, les tests rapides, les microscopes, les réactifs et les antipaludéens.

Elle a aussi souligné la nécessité de vaincre le paludisme, en intégrant la santé maternelle et infantile, au Programme Elargi de Vaccination (PEV), à l’hygiène, à l’assainissement et à des programmes améliorés de logement.

APA Brazzaville (Congo)

Congo: Denis Sassou N’Guesso et Xi Jinping inaugurent la grande bibliothèque universitaire

mars 30, 2013

Fruit de la coopération sino-congolaise, la grande bibliothèque universitaire de Brazzaville a été officiellement inaugurée ce 30 mars 2013 par les présidents Denis Sassou N’Guesso de la République du Congo et Xi Jinping de la République populaire de Chine qui ont coupé conjointement le ruban symbolique à l’entrée de l’édifice.

Denis Sassou N’Guesso et Xi Jinping inaugurent la grande bibliothèque universitaire
La grande bibliothèque universitaire est située dans la concession du rectorat de l’université Marien Ngouabi. Elle abritera une médiathèque chinoise et contribuera à la formation, l’amélioration des connaissances et à l’épanouissement intellectuel des étudiants et chercheurs congolais.Elle est constituée d’un bâtiment de trois étages en forme de la lettre H majuscule renversée, bâti sur une superficie de 6042m2. On y trouve trois zones fonctionnelles, notamment la zone de collection, la zone de lecture et la salle des conférences.La grande bibliothèque universitaire a été construite pour contenir un fonds documentaires de 150.000 volumes et accueillir 10000 usagers par jour. Elle a démarré ses activités avec un fonds documentaire de 15000 volumes, 4986 travaux d’études et de recherche, 807 CD et disquettes, ainsi que des perspectives d’abonnement aux bibliothèques virtuelles.

Au rez-de-chaussée de l’édifice se trouvent l’administration, la grande salle de stockage et de tri de nouvelles acquisitions documentaires, l’atelier de reliure et de reprographie, etc. Le premier étage comporte un grand hall qui dévoile un grand comptoir ou guichet appelé banque de prêt en charge du service public. Il y a également les salles d’expositions, de consultation des archives et travaux d’études et de recherche, un magasin de stockage d’archives, les salles de lecture en sciences juridiques, politiques, économiques et sociales, et en lettres, sciences humaines, arts, loisirs et sports.

Denis Sassou N’Guesso et Xi Jinping inaugurent la grande bibliothèque universitaire
Les salles multimédias, de recherche des enseignants, de lecture en sciences exactes et naturelles, une salle VIP et trois salles occupées par l’institut Confucius et la Maison de la Chine sont logées au deuxième niveau.Au troisième étage sont basées la bibliothèque virtuelle avec un parc de 150 ordinateurs dont une centaine en cours d’installation, des compartiments réservés aux informaticiens, maintenanciers et relationnistes, des salles de lecture en sciences de la santé ; en sciences appliquées, techniques et nouvelles technologies de l’information et de la communication.Pour le ministre congolais de l’enseignement supérieur, le Pr. Georges Moyen, cette bibliothèque universitaire constitue un symbole de l’excellence des liens d’amitié et de coopération entre le Congo et la Chine.

«Ce majestueux monument, ouverture sur les connaissances universelles, abritera la médiathèque chinoise dont la vocation est d’assurer la diffusion et le rayonnement de la culture chinoise ; il constitue pour nous un symbole puissant du renforcement irréversible d’une amitié et d’une coopération plus fructueuses. Pour nous, ce centre sera une voie ouverte à la connaissance approfondie de la Chine», a-t-il déclaré devant les deux chefs d’Etat.

L’inauguration de la grande bibliothèque université a bouclé la visite d’Etat du chef de l’Etat chinois dans la capitale congolaise.

Congo : Sassou Nguesso candidat en 2016 ?

mars 6, 2013

Le retour de Sassou Nguesso au pouvoir. Brazzaville, le 25 octobre 1997 Le retour de Sassou Nguesso au pouvoir. Brazzaville, le 25 octobre 1997 © Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Sera-t-il ou non candidat à sa succession en 2016 ? Et si oui, comment compte-t-il s’y prendre pour contourner l’obstacle constitutionnel ? Ces questions, tout Brazzaville se les pose sans que l’intéressé y réponde. Muet sur ses intentions, le président congolais Denis Sassou Nguesso préfère pour l’instant déployer à l’extérieur ses talents de médiateur. Non sans succès, mais loin de la France…

Une fois assumés les inconvénients, en termes de repères temporels, que représente cette anomalie calendaire tout droit issue de l’administration coloniale, être « né vers » présente un avantage inédit. Denis Sassou Nguesso, qui appartient à la dernière génération de ces Africains nés en brousse à l’époque où les registres de l’état civil donnaient allègrement dans l’approximatif, ne saura jamais quand il a vu le jour à Edou, chef-lieu de canton de la Cuvette, à 400 km au nord de Brazzaville (Congo). Du coup, s’amuse celui qu’un fonctionnaire blanc expéditif a fait naître « vers 1943 », « chaque matin de 2013 est celui de mon soixante-dixième anniversaire ».

L’homme à l’élégance toujours aussi millimétrée, de la pointe des chaussures au pli du col, qui nous reçoit un après-midi de février dans sa résidence du Plateau, n’a pourtant guère l’humeur festive. Même si sept décennies d’une vie souvent sur le fil du rasoir, dont presque trois passées au pouvoir, usent forcément l’organisme et teintent les journées de travail d’une dose de lassitude, Denis Sassou Nguesso n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il s’agit de déployer ses talents de médiateur.

En tête de gondole sur le fragile règlement de la crise centrafricaine, dont il surveille les acteurs – président Bozizé compris – comme le lait sur le feu, il s’est également beaucoup investi, avec l’aide de son conseiller spécial et sherpa, le très discret Abbas Haïdara, dans l’élaboration du plan régional de paix pour l’est de la RD Congo, recevant tour à tour ces dernières semaines les présidents Joseph Kabila et Paul Kagamé. Il devait d’ailleurs en être, le 24 février, l’un des signataires à Addis-Abeba, avec ce label d’honnête courtier que tous ses pairs d’Afrique centrale lui reconnaissent. Autre signe d’intérêt : dans un mois, le nouveau président chinois, Xi Jinping, fera étape à Brazzaville pour sa première tournée africaine, une visite présentée à Pékin comme une consécration du statut de sage attribué au chef de l’État d’un pays en passe de devenir l’un des pivots pétroliers de la Chinafrique.

À l’instar des avions d’Air France, ou d’Ecair – la nouvelle compagnie nationale reliant Paris au Congo – et des hôtels de la capitale, le calendrier des rendez-vous internationaux de Denis Sassou Nguesso a rarement été aussi rempli qu’en ce moment, et ses partenaires aussi attentionnés. À preuve, il a suffi d’un froncement de sourcils du chef pour que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, rappelle définitivement, en janvier, son ambassadeur à Brazzaville, jugé trop intrusif. Et l’étendue des liens que Sassou Nguesso entretient de longue date avec la quasi-totalité de la classe politique en RD Congo fait de lui le médiateur quasi obligé d’un dialogue politique perçu comme de plus en plus indispensable. Qui a osé dire que la panthère mbochie n’avait plus de dents ?

Caillou

Si impression d’isolement il y a, elle tient du tropisme, ou plus exactement de l’état actuel des relations avec un unique pays : la France. Les deux hommes n’ayant guère d’affinités réciproques, Denis Sassou Nguesso ne s’est toujours pas rendu à Paris depuis l’élection de François Hollande, et même si le Congolais a tenu à faire preuve de bonne volonté en prêtant un avion gros-porteur pour déposer les troupes tchadiennes au Mali, c’était pour répondre à une demande explicite d’Idriss Déby Itno beaucoup plus que pour complaire à l’hôte de l’Élysée. L’entretien que Hollande et lui ont eu en marge du sommet de la Francophonie à Kinshasa, en octobre dernier, a d’ailleurs été assez tendu, avec, comme pierre d’achoppement, le dossier empoisonné des « biens mal acquis » (BMA).

L’affaire des biens mal acquis, c’est comme un caillou dans une chaussure.

Denis Sassou Nguesso, le président congolais

À son homologue français qui lui répétait qu’il n’était ni en son pouvoir ni de sa volonté d’interférer dans l’enquête judiciaire en cours, Sassou Nguesso a répondu sur le mode de l’allégorie : « Cette affaire, lui ai-je dit, c’est comme un caillou dans une chaussure. D’abord, c’est une petite gêne, on n’y prête pas attention et on continue de marcher. Puis la gêne se transforme en écorchure, rien d’inquiétant. On marche encore. Puis l’écorchure devient une plaie que l’on néglige de soigner et devient gangrène. Alors, c’est l’amputation. » Brazzaville, qui fut capitale de la France libre, coupée de l’ancienne métropole ? On n’en est certes pas là tant l’entrelacs des liens culturels et économiques entre les deux pays est étroit. Mais depuis l’échange de Kinshasa, deux perquisitions visant des membres de la famille présidentielle ont eu lieu à Paris et dans sa banlieue proche, et Denis Sassou Nguesso en a été ulcéré. Contrairement à son voisin Ali Bongo Ondimba, qui, soucieux de se démarquer de son père, a longtemps pratiqué l’esquive sur ce dossier et plaidé (en vain) la méconnaissance de cause, Sassou l’affronte de face. Début janvier, il a convoqué ses avocats français et les a instruits de rendre coup pour coup. Reste à savoir comment.

Quelle que soit l’issue de ce bras de fer entre le sixième producteur de pétrole d’Afrique et des ONG françaises proches à la fois de l’Élysée (Me William Bourdon, à l’origine de la plainte sur les BMA, a été le conseiller aux droits de l’homme du candidat Hollande), mais aussi des ministres de la Justice et du Développement, Christiane Taubira et Pascal Canfin, ses conséquences seront sans doute plus symboliques et émotionnelles que réelles. D’abord parce que François Hollande, qui est loin d’en avoir fini avec la crise malienne et ses dommages collatéraux, a besoin d’alliés africains sûrs au point de découvrir les « vertus » de régimes à poigne comme celui du tchadien Déby Itno. Ensuite parce que les effets de ce psychodrame sur la seule échéance de politique intérieure congolaise qui compte – la présidentielle de 2016 – sont faibles, en tout cas peu mesurables pour l’instant.

Denis Sassou Nguesso sera-t-il candidat à sa succession dans trois ans ? L’intéressé n’en dit mot, et la Constitution le lui interdit par un système de triple verrouillage : la limite d’âge (70 ans), la limitation du nombre des mandats (deux de sept ans) et l’impossibilité de modifier le texte fondamental. Pour contourner l’obstacle, il faudrait un changement de régime (de présidentiel à semi-présidentiel par exemple) et donc une nouvelle Constitution soumise à un référendum d’initiative populaire, un simple vote des députés présentant, pour un tel enjeu, un évident déficit de légitimité. 

Nous sortons peu à peu du tête-à-tête incestueux avec Paris.

Un proche du président Denis Sassou Nguesso

Pour qui connaît le Congo, l’hypothèse d’un nouveau (et ultime) mandat de Sassou à la tête du pays ne devrait pas poser de difficulté majeure sur le plan interne. Le quadrillage du Parti congolais du travail (PCT), dont le moteur de machine électorale s’est remis en marche depuis son sixième congrès de 2011, est tel, et l’atomisation de l’opposition, au sein de laquelle seul l’ancien ministre des Finances, Mathias Dzon, à la tête d’une petite formation non représentée au Parlement, s’oppose frontalement au pouvoir, est si évidente, que les jeux paraissent faits d’avance.

Face aux réticences, surtout sensibles en milieu urbain au sein de ce qui tient lieu de société civile, Sassou Nguesso pourra en outre compter sur les gros bataillons des électeurs de province, sevrés de candidats identitaires crédibles et touchés par les bienfaits d’une politique de municipalisation accélérée qui a porté ses fruits : de Dolisie à Impfondo, le développement des infrastructures de base a connu ces dernières années un bond en avant impressionnant. Reste à gérer l’extérieur : aux yeux de la communauté internationale, le fait de ne pas passer la main quand on l’a eue pendant trois décennies (même si, dans le cas d’espèce, ce fut en deux périodes distinctes entrecoupées de cinq années de traversée du désert) est une anomalie politiquement incorrecte qui contrevient aux règles élémentaires de la bonne gouvernance. Un écueil que ce proche du président tient toutefois à relativiser : « Quand on parle de communauté internationale, ici, on parle en réalité de la France. Or nous sortons peu à peu du tête-à-tête incestueux avec Paris. La Chine, qui est désormais notre premier partenaire, n’a pas toutes ces préventions. » 

La tentation de l’Alima

En attendant, l’entourage scrute le chef. A-t-il encore l’envie ? Quand se décidera-t-il ? On scrute, on s’épie, et dans cette atmosphère raréfiée où deux ou trois caciques maintiennent les trois quarts des ministres en état d’apnée budgétaire et font à peu près ce qu’ils veulent, la nuit est propice aux petites manoeuvres. Déjà, une demi-douzaine de collaborateurs, parfois très proches du président, qui lui doivent tout et qu’il serait cruel de nommer, donnent des signes d’impatience : si « il » ne se représente pas en 2016, eux sont prêts à faire don de leur personne. Résigné sur la nature humaine (« Si je ne supportais pas la trahison, je ne travaillerais avec personne dans ce pays », confie-t-il) mais pas dupe pour un sou, l’intéressé attend, la mine gourmande, que ces héritiers autoadoubés sortent du bois. Quant à la question sur son envie de continuer, la réponse est simple. À 70 ans, et même si la tentation de l’Alima, ce fleuve sur les rives duquel il aime venir se reposer, le tenaille parfois, Denis Sassou Nguesso a toujours autant envie qu’on ait envie de lui. Comme si être « né vers » avait valeur d’éternel élixir de jeunesse.

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Jeuneafrique.com par François Soudan, envoyé spécial

Étonnants voyageurs : Brazzaville la polyglotte

février 17, 2013
Michel Le Bris (à g) et Alain Mabanckou lors de l'ouverture du festival, le 14 février. Michel Le Bris (à g) et Alain Mabanckou lors de l’ouverture du festival, le 14 février. © Guy Gervais-Kitina/AFP

Le Festival de littérature Étonnants voyageurs s’est tenu à Brazzaville, au Congo, du 13 au 17 février, réunissant quelque 80 écrivains venus du monde entier et surtout d’Afrique. Un bouillonnement d’univers littéraires à la rencontre du public… et des écrivains en herbe.

L’Afrique qui vient… C’est ainsi que les organisateurs du festival de littérature Étonnants voyageurs qui s’est tenu à Brazzaville (Congo) pendant quatre jours ont décidé d’intituler leur manifestation. Sans doute fallait-il trouver un titre, alors va pour celui-là. Mais tout aussi bien aurait-on pu dire « Les Afriques en devenir », tant il est vrai que les quelque 80 écrivains venus à la rencontre des lecteurs – mais aussi des non-lecteurs – congolais représentent une somme de diversités impossible à dénombrer.

Nourris d’influences venues des quatre coins du monde, habitant ici ou là, nomades ou sédentaires, ils sont autant d’individualités uniques qu’il serait vain de vouloir entasser dans un même panier. Pour Alain Mabanckou, l’enfant du pays passé par la France et aujourd’hui installé aux Etats-Unis, « La fratrie congolaise a épousé la littérature monde dans son éclatement. C’est ici que sont nés les écrivains de l’Afrique centrale et il y avait une exigence à ramener le monde au Congo. »

Chacun cherche sa voix

Il y avait donc du monde, et du beau monde, pour discuter avec les étudiants ou les curieux venus assister aux conférences, débats et cafés littéraires organisés entre le Palais des Congrès, le Centre culturel français, les lycées et les différents quartiers de la ville. Constamment invoqués, les morts sont là dans les paroles de leurs héritiers : Tchicaya U’Tamsi, Sony Labou Tansi, Ahmadou Kourouma. Les anciens sont là aussi, mémoires vives d’une histoire récente ou moins récente : le Sud-Africain André Brink, le Sénégalais Souleymane Bachir Diagne, les Congolais Henri Lopes et Tchichellé Tchivela…

Et puis les plus jeunes : la sensation belge David Van Reybrouck, le Sénégalais Felwinn Sarr, le Sud-Africain Niq Mhlongo, le Congolais Fiston Nasser Mwanza. Mais dans ce rassemblement hors du commun, il serait difficile de distinguer des écoles ou des tendances. Chez les écrivains comme ailleurs, l’individu reste aujourd’hui premier, chacun cherchant sa propre voix. L’ambassadeur de la République du Congo en France, Henri Lopes, déclare ainsi : « En football, on porte les couleurs d’une nation. En littérature et en art, non. »

Transmission et émotion

Le jeune américain d’origine nigériane Teju Cole, lui, explique ainsi son désir d’écriture : « Si je suis inspiré, c’est parce qu’il existe ce miracle qui consiste à transmettre par des mots mon état d’esprit à quelqu’un qui n’est pas là et l’émouvoir. »

S’il fallait néanmoins tenter de tirer une conclusion de ce bouillonnement créatif agitant pour quelques jours le Congo, la vitalité des littératures africaines anglophones mériterait d’être soulignée. De jeunes auteurs nigérians ou d’origine nigériane comme Teju Cole, Helon Habila, Noo Saro-Wiwa ou comme le Sud-Africain Niq Mhlongo portent haut les couleurs de la langue de… Ah, Shakespeare ? Chaucer ? Hemingway ? Faulkner ? Non vraiment, ces expressions ne peuvent plus avoir cours : pour dire le réel, il y a autant de langues que d’écrivains.

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Jeuneafrique.com Par Nicolas Michel, envoyé spécial à Brazzaville