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Congo(Covid-Organics) Alexis Elira Dokékias : « le produit malgache n’est pas toxique »

mai 27, 2020

 

Dans une interview exclusive accordée aux Dépêches de Brazzaville, le professeur Alexis Elira Dokékias, président de la Commission prise en charge au sein du Comité de riposte au coronavirus (Covid-19) annonce la publication, le 28 mai du rapport d’analyses toxicologiques faites par le laboratoire de l’Institut de recherche en science de la santé du Congo.

 

-Professeur Alexis Elira Dokékias/Photo Adiac

Les Dépêches de Brazzaville : le Congo a reçu un lot de Covid-organics, la décoction malgache censée guérir le coronavirus. A quand la distribution du produit aux malades ?

Alexis Elira Dokékias : la première étape ne consiste pas en la distribution du produit à la population, mais plutôt à faire des analyses chimiques et toxicologiques, pour vérifier si le produit a la toxicité sur les rats à titre expérimental. Les conclusions d’analyses toxicologiques faites par le laboratoire de l’institut de recherche en science de la santé du Congo seront disponibles le 28 mai. La composition chimique est connue, et les analyses toxicologiques montrent que le produit n’est pas toxique.

Cependant, le produit contient une quantité de sucre non négligeable. De ce fait, nous devons tenir compte de ce qui est rapporté pour que le produit soit administré à la population. Il y a près de quatre semaines, nous avons reçu, en terme préventif, deux cents doses, qui ont été calculées sur la base de la situation épidémiologique du Congo, trois cents doses curatives. Avant de lancer les essais, nous avons pris un minimum de précautions.

L.D.B : Que faut-t-il faire avant d’utiliser le produit ?

A.E.D : D’abord, il a fallu obtenir l’avis du comité d’éthique pour savoir si ce que nous faisons est en conformité avec les directives de l’OMS en matière d’expérimentation, puis celui du comité des experts. Tous les essais ont été faits, et les protocoles rédigés.

Le premier essai, à titre préventif, concernera les sujets exposés, c’est-à-dire, les infirmiers, les médecins, la presse. En un mot, tous ceux qui sont exposés au risque d’être contaminés. Toute personne en bonne santé doit prouver que son test de la Covid-19 est négatif au départ. Le deuxième essai c’est à titre curatif.

Dans les deux essais, les patients doivent être âgés de plus de dix-huit ans, puisqu’ils doivent au préalable signer leur consentement éclairé. D’ici la semaine prochaine nous débuterons l’essai. Il y a un bilan minimal à faire avant d’inclure tout patient. Plusieurs examens sont nécessaires avant la consommation du produit.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a jamais fait d’études sur ce produit. C’est à nous de confirmer l’efficacité du produit, et l’OMS attend nos conclusions. Elle devrait coordonner les études pilotes. Dans la période actuelle, il est important d’être humble puisqu’il n y a pas encore de protocole consensuel. Pendant que les essais se font, il faut être prudent, parce que dans cette maladie, les mesures les plus efficaces pour l’instant se résument en prévention et sur le plan curatif, il n’y a pas de consensus.

L.D.B : Quel produit administrez-vous aux malades atteints de coronavirus ?

A.E.D : Nous administrons aux malades des traitements très efficaces. Dans le protocole mis en place, nous enregistrons rarement les échecs. Lorsqu’on reprend le traitement cinq ou dix jours après, la virémie a disparu. Nous avons plus de 95% de réussite. Nous avons en assemblage des produits pharmaceutiques, y compris la fameuse chloroquine, et un antibiotique. Tout ceci, associé à un médicament qui fait ses preuves dans les propriétés antivirales. Voilà la trithérapie administrée aux patients, qui parfois, entraîne des petits effets secondaires comme un petit inconfort gastrique. De façon observationnelle, nous n’avons aucun décès dû à ce traitement. Mais, nous devons rester vigilants, en mettant tous les moyens nécessaires pour assurer la surveillance des patients.

L.D.B : Votre point de vue sur l’usage de la chloroquine dans la lutte la Covid-19 comme le professeur Didier Raoult ?

A.E.D : Je n’ai pas encore pris connaissance des travaux du professeur Didier Raoult. En pratique, j’utilise, en tant que hématologue, l’hydroxychloroquine depuis plus de 25 ans, pour moduler la réponse immunitaire en vue de combattre le Covid-19. Ses vertus sont certainement réelles. Mais, sur le plan expérimental, au Congo, nous n’avons pas choisi l’hydroxychloroquine seule. Nous l’associons à un antiviral, car, en dehors de la réponse humanitaire, il faut un médicament qui agit contre les différentes phases de l’évolution du virus. Par conséquent, je ne peux pas critiquer un confrère scientifique. Il a ses moyens et sa méthodologie. Nous avons mis en place un protocole avec méthodologie et des moyens qui sont adaptés à nos capacités.

L.D.B : Votre message à la population congolaise ?

Il faut se faire dépister, surtout, après avoir été en contact avec une personne diagnostiquée positive, afin de commencer le traitement tôt. En plus, il faut observer les mesures de prévention pour éviter de contacter la maladie, en appliquant les mesures barrières, (la distanciation sociale, le lavage des mains…). Ce sont les seules mesures qui garantissent la prévention. Je reproche aux Congolais l’automédication, parce que c’est très dangereux. Elle peut entraîner des morts subites.

 

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Yvette Reine Nzaba

Congo-Brazzaville : le réseau routier urbain, un grand défi des autorités municipales

mai 23, 2020

 

Elu le 22 mai à l’issue de la session extraordinaire élective, le nouveau président du conseil départemental et municipal, maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, a dévoilé sa vision de la gestion de la ville.

 

Structuré en dix axes principaux, le programme de développement local du nouveau maire de Brazzaville met un accent particulier sur les infrastructures de transport. En effet, Dieudonné Bantsimba s’engage, entre autres, à redonner aux habitants de Brazzaville des perspectives heureuses. « Notre souci majeur et le plus urgent sera de transformer les revendications légitimes des citoyens en projets urbains prioritaires. Notre ambition est de recréer des raccordements de tous les quartiers au moyen des voiries qui bénéficieront désormais d’un programme d’entretien exécuté à des cadences régulières », a-t-il annoncé.

Dévoilant le deuxième axe de sa feuille de route consacré aux infrastructures de transport, le nouveau locataire de l’hôtel de ville entend doter Brazzaville d’un plan de transport qui définira sa stratégie en matière d’organisation, des équipements et des infrastructures. « D’ores et déjà, la réhabilitation des voiries urbaines, la signalisation horizontale et verticale sur les artères à grande circulation sera un volet important de notre action. Les opérations de point-à- temps ou bouchage de nids de poule seront systématisées. La saison sèche qui pointe à l’horizon sera mise à profit », a-t-il dévoilé.

Désenclaver les quartiers périphériques

Il envisage également de relancer l’opération de reprofilage des rues en terre afin d’ouvrir plusieurs ruelles à la circulation. Pour mener à bien ces travaux de proximité, les conseillers municipaux et les administrateurs-maires d’arrondissement seront pleinement impliqués. Conscient du fait que les capacités de financement de la mairie sont limitées, le nouveau maire entend solliciter l’appui du gouvernement pour ouvrir progressivement d’autres liaisons inter quartiers. Selon lui, les opérations de pavage des voiries seront privilégiées, intensifiées et étendues. Ces opérations de pavage pourront être réalisées par la Société des pavés du Congo en y intéressant les jeunes regroupés en associations pour les travaux à haute intensité de main d’œuvre.

Il a, par ailleurs, promis la duplication du projet de Développement urbain et de restructuration des quartiers précaires (DurQuap) mis en œuvre par la Banque mondiale dans d’autres quartiers de la ville. Une telle action permettra, a-t-il dit, de résoudre tant soit peu le problème de chômage des jeunes en milieu urbain.

« Nous mettrons, par ailleurs, un accent particulier sur le désenclavement des quartiers périphériques, en dépit du caractère parfois difficile de la topographie rencontrée dans ces zones. La route nationale N°2, dans son tronçon urbain à Makabandilou, sera placée parmi les priorités. Pour la réalisation de ce projet, la mairie sollicitera le concours de l’Etat », a-t-il prévenu, s’engageant à veiller à ce que les travaux de voiries menant à la mairie de Mfilou et à l’hôpital de base de cet arrondissement puissent reprendre et s’achever dans les délais raisonnables.

L’autre projet qui tient à cœur Dieudonné Bantsimba concerne l’aménagement de la route du cimetière public de Matari, dans le 7e arrondissement de Brazzaville. Un site déjà aménagé mais qui risque de tomber dans les oubliettes à cause de son enclavement.

Ressusciter « Brazza la verte »

La mairie de Brazzaville s’est engagée à trouver, à moyen terme, des solutions aux collines de salle posant ainsi de sérieux problèmes d’assainissement à la ville par le phénomène d’érosions et d’ensablement. « A ce propos, il nous faut ressusciter « Brazza la verte » par la reconstruction progressive du manteau de verdure de notre ville en investissant les espaces publics, en menant des opérations de planting en zones d’érosion.  Pour tous les travaux neufs de la ville, nous prenons l’engagement de veiller à une application stricte des procédures de passage des marchés édictés par les codes en vigueur dans notre pays », a-t-il laissé entendre.

Le ministre délégué à la Décentralisation, Charles Nganfouomo, qui a ceint l’écharpe tricolore et remis la clé de la ville ainsi que le maillet, symbole de commandement, au nouveau promu, lui a rappelé le cadre général. « Je me suis retrouvé parce que les engagements qu’il a pris se situent dans la droite ligne des instructions du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. Il faut que les conseillers sachent que la décentralisation est régie par des lois et règlements. Dès lors que vous faisiez fi de ces lois et règlements, tout de suite vous entrerez dans le collimateur du ministère de l’Intérieur qui va vous sanctionner », a-t-il mis en garde.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Charles Nganfouomo remettant les symboles de la ville à Dieudonné Bantsimba/DR

Congo: Le nouvel élu de la mairie de Brazzaville

mai 22, 2020

Dieudonné Batsimba

 

Il s’appelle Dieudonné Batsimba, de mère Mbochi et de père Lari, cet homme de 63 ans est réputé pour être un homme discret et travailleur, il fait partie des membres influents du comité central du Parti congolais du Travail. Agent de la mairie admis à la retraite, il sert de lien entre les jeunes et l’ancienne génération. C’est lui que le PCT a choisi pour diriger la maire de Brazzaville.
Les vieillards qui ont pris en otage le Congo n’ont toujours pas assumé leur échec et ne veulent pas céder la place aux jeunes qu’ils sont entrain d’infantiliser et transmettre leur incompétence.
Photo de BrazzaNews.

Au début des années 90, il fait ses débuts au sein des instances de la mairie, avant d’être nommé en 2012 directeur de cabinet du ministre de l’aménagement, de I ’équipement, du territoire et des grands travaux aux côtés de Jean-Jacques Bouya. Plusieurs fois Directeur de la gestion foncière urbaine, il est régulièrement sollicité pour son expérience et sa grande connaissance dans le domaine de l’urbanisme. Dénis Sassou Nguesso connaît bien l’homme, puisque Dieudonné Batsimba a été son chargé de mission et responsable du projet de cadastre national.

Au sein du Parti congolais du travail, Dieudonné Batsimba est perçu comme le candidat du consensus. Titulaire d’un 3ème cycle à l’institut de l’urbanisme de Paris (France) et détenteur d’un diplôme d’études approfondies en géographie urbaine, sa connaissance des dossiers sensibles à la mairie et à la Délégation générale des Grands Travaux, sa discrétion et sa réputation d’homme pragmatique ont fait de lui le choix par excellence du Président Dénis Sassou Nguesso.

à la suite de l’élection du maire de la ville de Brazzaville prévue ce vendredi 22 mai 2020. Le successeur de Christian Roger Okemba qui a été élu pour un mandat de deux ans est monsieur  Dieudonné Batsimba.
Photo de BrazzaNews.

Le dernier maire originaire du Pool fut l’éternel opposant Bernard Kolelas, devenu peu avant sa mort frère de Denis Sassou Nguesso.
Avec Sacer-infos par  Alexandre Meunier

Congo/Université Marien-Ngouabi : vers la dispensation des cours à distance

mai 19, 2020

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean-Richard Itoua, a évoqué le 18 mai à Brazzaville, l’option de dispenser les cours à distance à l’Université Marien-Ngouabi, en cette période d’état d’urgence sanitaire décrété dans le cadre de la lutte contre le coronavirus (Covid-19).

Le ministre Bruno Jean-Richard Itoua lors du point de presse/Adiac

« Dans les amphithéâtres universitaires, les étudiants de premier cycle sont dans l’ordre de deux mille et plus. Donc, il sera difficile de respecter la distanciation sociale d’un mètre. La force de pouvoir reprendre les enseignements dans un ou deux mois, c’est forcément d’envisager l’enseignement à distance », a indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur.

Selon le plan de riposte sous-sectoriel décliné, les enseignements vont se faire par paliers dans le secteur public ou privé pour éviter le risque d’une année blanche.

Depuis quatre ans, les cadres du ministère avaient mis en place un plan de numérisation des enseignements et proposé la création de l’université virtuelle du Congo. « Sur le plan technologique, ce projet est prêt, il ne reste qu’à le mettre en œuvre, c’est-à-dire la mise en place de certaines structures, le recyclage des enseignants, la disponibilité d’accès à internet pour les enseignants, les étudiants et autres. Deux mois seraient suffisants pour entamer ce projet si nous avons la ressource financière », a expliqué le ministre Bruno Jean-Richard Itoua.

Le projet cible également les enseignements en ligne, les vidéo-conférences et la création des espaces publics ouverts ainsi que des points d’accès à internet dans les principales villes du pays.

Selon un rapport déposé auprès du ministre, sur les onze établissements d’enseignement supérieur que compte l’Université Marien-Ngouabi, neuf ont terminé leurs cours du premier semestre. Par contre les instituts et écoles privés de niveau supérieur ainsi que le Centre informatique de recherche de l’armée et de la sécurité (CIRAS) et le Centre inter-Etats d’enseignement supérieur en santé publique d’Afrique centrale (Ciespac) n’ont pas encore fait parvenir leur situation pédagogique et académique au ministre de tutelle.

« L’année académique compte deux semestres. Il faut que tous les établissements d’enseignement supérieur finissent leur premier semestre.  La décision de la reprise est du ressort du gouvernement, de l’avance de notre riposte à l’épidémie et de l’efficacité des mesures prises. Mais nous travaillons pour commencer le deuxième semestre à partir du mois de septembre », a précisé le ministre de l’Enseignement supérieur.

Il a, par ailleurs, confirmé le paiement de la bourse, l’octroi d’une allocation aux étudiants non-bousiers et la distribution des ordinateurs portables à certains étudiants afin qu’ils soient connectés.

 

Avec Adiac-Congo par Fortuné Ibara

Congo/Interview. Pr Alexis Elira Dokekias : « Les personnes testées à temps sortent négatives après le 22e jour »

mai 9, 2020

 

Le Pr Alexis Elira Dokekias livre dans cet entretien l’essentiel des informations sur le protocole thérapeutique qu’utilise le Congo et ses méthodes, la décision du pays d’expérimenter le Covid-Organic élaboré à Madagascar et la question du déconfinement qui doit être traitée sans que les structures perdent leur rythme de travail. Interview complète à suivre également cette semaine sur notre webtélé

 

Les Dépêches de Brazzaville. Où en êtes-vous avec la prise en charge des malades du Covid-19 au Congo ?

Alexis Elira Dokekias : « Dans un projet important comme celui-ci, la prise en charge est liée à toutes les commissions.  Evidemment dans le cadre d’un système sanitaire qui n’est pas au point, il y a des imperfections depuis le départ. Sur cette prise en charge, nous pouvons dire qu’il y a environ 270 cas qui ont été révélés positifs selon les derniers examens réalisés. Et au niveau national, l’Etat a mis des structures de prise en charge. Au niveau de Brazzaville, nous avons le CHU qui est le premier site qui a été ouvert et qui a reçu le premier cas qui a été dépisté dans des conditions difficiles, le site n’étant préparé. Ensuite, nous avons le site de l’hôpital Albert-Leyono, celui de l’hôpital de Mfilou dont les travaux sont prêts à 85% et qui n’a pas encore ouvert, et celui de Kintélé La Concorde qui est un site hôtelier que nous avons transformé en site de prise en charge. A Brazzaville, avant, vous avez des sites de quatorzaine que vous appelez quarantaine, des sites dédiés à toutes personnes se retrouvant à l’extérieur du pays et qui devraient subir la quarantaine au niveau de plusieurs formations hôtelières.

L.D.B. : Qu’on est -il de la situation à Pointe-Noire où plusieurs sites ne sont pas totalement opérationnels ?

A.E.D. : Au niveau de Pointe-Noire, nous avons des sites officiels de prise en charge, notamment l’hôpital Adolphe-cissé qui n’est pas prêt a 100%. Nous avons le site de Mouesso- Madeleine qui est un centre de santé intégré situé à Tié-Tié. Sur ce site, les travaux ne sont pas encore terminés malheureusement. Ce qui fait qu’au niveau de Pointe-Noire, les compagnies pétrolières ou les centres médicaux sociaux d’entreprises ont dû réquisitionner certains hôtels pour lesquels nous avons dû placer certains patients pour la prise en charge. A ces patients, il faut compter que près d’un tiers était pris en charge à domicile. Nous avons mis en place un protocole de prise en charge à domicile. Au niveau du reste de la République, nous avons l’hôpital Edith-Lucie-Bongo-Ondimba à Oyo. Puis, nous avons dû précipiter la mise en place d’un centre au niveau du CSI Nzalangoye a Ouesso pour prendre en charge le cas que nous avons dépisté à Ouesso. Ceci dit, toutes les cliniques privées participent à notre commission de prise en charge, que ce soient des cas alertes ou positifs. Nous avons conseillé la mise en place des espaces de pré-tri dans les hôpitaux.

L.D.B. plusieurs personnes jugent mitigé le rapport entre le nombre de personnes dépistés positifs et ceux qui guérissent. Est-ce à dire que vos schémas thérapeutiques sont moins efficaces ?

A.E.D. : Vous devez comprendre que chaque pays a des schémas thérapeutiques. Le nôtre est très dur. Dans d’autre pays, il suffit de rester quatorze jours et on vous sort de l’hôpital. On sort des personnes qu’on croit être guéries et parfois elles restent encore positives. C’est ce qu’ils ne vous disent pas. Ils disent que le nombre d’hospitalisation décroît, alors que la prise en charge est biaisée. Chez nous, lorsque vous commencez un traitement aujourd’hui, il faut attendre le 22e jour pour qu’on fasse le premier contrôle. Et si celui-ci est négatif, il faut un 2e contrôle fait au 10e ou 14e jours pour confirmer. Cela veut dire que quand on sort un patient au 22e jours, il doit rester confiné chez lui pendant quatorze jours. Les normes édictent que la durée totale du confinement pour une personne qui est positive qui n’a pas eu de symptômes de la maladie est de vingt-huit jours minimum. Nos critères sont durs et il faut être patient. Je peux vous dire que nous avons déjà prêt de quarante patients guéris. Selon les nouveaux schémas de quinze jours qui sont scientifiquement démontrés, je peux vous dire que tous ce qui ont bénéficié de ce traitement sortent négatifs après le 22e jour.

L.D.B. : Quel est finalement le protocole officiel thérapeutique que le pays utilise pour parvenir aux résultats que vous estimez ?

AED. : Nous avons le sulfate de chloroquine, mais on aurait souhaité avoir l’Hydroxychloroquine, la molécule qui permet l’immunomodulation prouvée. La molécule de base c’est la chloroquine. Nous avons un antibiotique que nous donnons pour essayer de faire que les infections respiratoires ne prennent pas le devant. Nous avons des médicaments contre le virus qui présentent plusieurs composantes. Car nous devons interrompre la chaîne de production des virus dans le corps. On ne peut pas malheureusement vous faire le récit complet de tous ceci. Pour certains cas, nous associons d’autres maladies.

L.D.B. Vous étiez à la tête d’une délégation qui a séjourné récemment à Madagascar pour récupérer un produit appelé Covid-Organics issu de la recherche malgache pour contrer le Covid-19. Pourquoi le Congo s’allie-t-il à cette forme thérapeutique alors que vous avez des protocoles qui marchent bien ?

A.E.D. : C’est un produit à base d’une recette traditionnelle préparée par nos collègues de l’Institut malgache des sciences appliquées. Il se présente soit sur une forme de solution dans un flacon plastique de 33 cl soit sur une forme en sachets conditionnés. Au même titre que nous faisons des essais cliniques sur des médicaments modernes, au même titre que nous devrons le faire sur les médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle. Ce produit contient l’artémesia à 60%, une plante dont nous avons initié la culture chez nous aussi. A 20%, il comprend les composants d’une plante médicinale pour lequel les collègues malgaches ne sont pas obligés de divulguer pour préserver la propriété intellectuelle. Et puis il contient près de 15% d’excipients. Nos collègues malgaches nous ont montré des preuves qu’ils ont eu près de 176 cas et zéro décès et que ce produit n’a pas de toxicité, qu’il est efficace contre l’infection à Covid-19. Notre chef d’Etat étant sensible à la question, il nous a dépêchés à Madagascar après des échanges qu’il a eus avec son homologue malgache.

L.D.B. Justement où en êtes-vous avec la prescription médicale de ce produit dans les différents centres de prise en charge ?

A.E.D : Nous sommes des scientifiques. Sur cette base, il est de notre droit de prendre un échantillon de produit et de faire des analyses chimiques et de toxicologies préalables. Ce qui est en cours. D’ici deux jours, nous aurons la certitude de la composition chimique de ces produits. Et à partir de là comme dans ces recettes traditionnelles, il y a celles qui sont préparées pour la prévention et d’autres pour la recette curative, nous sommes en train de finaliser les protocoles que nous allons soumettre au comité des experts dont je fais partie et au comité d’éthique en science de la santé. Ce qui nous permettra dès l’avis favorable à utiliser ces produits et de les intégrer dans nos schémas thérapeutiques. Si son efficacité est prouvée, je peux vous assurer que le président de la République fera en sorte que nous acquérons ce produit par voie normale car ce premier lot est un don du président malgache.

L.D.B. Quels sont les malades épinglés comme prioritaires dans l’utilisation de ce Covid-Organics ?

A.E.D. : Les malades destinataires, dans le cadre de ce protocole que nous avons préparé, sont les asymptomatiques, c’est-à-dire ceux qui ont peu de symptômes cliniques. Il s’agit de démontrer qu’en prenant ce produit pendant sept jours, lorsqu’on contrôle au 14e jour,  nous puissions avoir la négativation de la virémie si elle était constatée positive au départ. Est-ce qu’on doit l’intégrer seul ou en association avec d’autres produits comme nous l’avons entrepris ? C’est le protocole qui va le déterminer. La quantité que nous avons est suffisante pour couvrir le nombre des sites si l’efficacité est prouvée.  Les patients de l’avenir pourront bénéficier du produit par la voie que j’ai citée.

L.D.B. Dans l’optique d’un déconfinement annoncé d’ici peu, comment votre commission va s’y prendre pour poursuivre la prise en charge des malades sachant que des débordements peuvent être observés à plusieurs niveaux ?

A.E.D. : Le déconfinement est normal. Le président de la République nous a prescrit ce qui doit accompagner ce déconfinement progressif. Il faut d’abord que nous cernions la majorité des cas contacts.  Et après, il faut que cela soit accompagné d’un dépistage de masse qui doit cibler certaines populations. On ne pourra pas dépister les 5 millions de Congolais. Mais il y a des personnes exposées qu’il faut dépister prioritairement. Il s’agit des professionnels de santé, la force publique, les administrations, les vendeurs de marchés, les chauffeurs dans les transports en commun et bien d’autres. Il convient donc d’organiser des stratégies au niveau des douze départements du pays et voir comment assurer la prise en charge. Mais des mesures de prévention doivent être prioritaires. Que chacun porte son masque et respecte les gestes barrières déjà édictées car l’épidémie est encore en cours.

L.D.B. Depuis le début de la pandémie, des Congolais comme plusieurs africains se sont lancés dans l’automédication, notamment à base des tisanes concoctées ici et là. Que sera votre message à nos lecteurs dont plusieurs doutent encore des conditions d’hébergement des malades dans les différents centres de santé et ceux érigés pour la circonstance ?  

A.E.D. : Le patient congolais est très méchant. Quand il a des symptômes, il aime l’automédication. Il va regarder les réseaux sociaux pour prendre ce qu’on lui conseille. Et c’est quand il est en détresse qu’il va courir à l’hôpital parce qu’il a des complications respiratoires. Et après, on nous demande de faire la magie. On ne joue pas avec les maladies qui ont une atteinte respiratoire comme celle-là. En France, vous avez vu des décors qui assuraient parfois entre 500 et 1000 morts par jours. Les gens ne mourraient pas parce que les médecins français ne sont pas compétents mais parce qu’il y a des gens qui arrivent à un stade tardif et les médecins sont débordés. Les médicaments que nous donnons sont gratuits. Maintenant, pour les conditions hôtelières, c’est vrai qu’on nous critique mais nous continuons d’améliorer les méthodes et nous sommes très avancés sur ce point. Vous pouvez aller voir comment les choses s’améliorent chaque jour.

 

Avec Adiac- Congo par Quentin Loubou

Congo/Covid-19 : un vol commercial spécial d’Air France au départ de Brazzaville

avril 18, 2020

 

La rotation aérienne opérée par la compagnie Air France, partira de Brazzaville le 21 avril, en direction de Roissy Charles de Gaulle, via Kinshasa en République démocratique du Congo.

 

« L’ambassade de France a sollicité l’accord du gouvernement congolais pour la mise en place d’un nouveau vol commercial exceptionnel, afin de permettre aux compatriotes qui le souhaitent, en priorité aux Français de passage au Congo ou ceux qui se trouvent en situation de fragilité personnelle, de regagner leur pays », précise un communiqué de l’ambassade publié le 17 avril.

Comme les précédents vols organisés depuis le 29 mars sur Pointe-Noire et Brazzaville, le vol de mardi n’embarquera, selon l’ambassade, aucun passager au départ de Paris, conformément aux règlements sanitaires en vigueur sur le territoire de la République du Congo.

« Nous invitons les ressortissants français intéressés à se rendre à l’agence Air France de Brazzaville (uniquement à l’agence Air France de l’aéroport Maya-Maya). Des dispositions ont été prises par l’ambassade de France avec les autorités congolaises afin que chaque voyageur potentiel puisse se rendre à l’agence Air France et, le jour du vol, à l’aéroport international Maya-Maya », explique le communiqué.

Par ailleurs, l’ambassade demande aux voyageurs d’avoir en leur possession des documents ci-après : une attestation de déplacement dérogatoire que chaque voyageur présentera aux compagnies de transport avant l’embarquement ; une attestation de déplacement international dérogatoire vers la France métropolitaine.

Ces attestations devront aussi être présentées par tous les passagers, quelle que soit leur nationalité, aux autorités en charge du contrôle des frontières, à l’arrivée en France.

« Il est également impératif pour chaque voyageur de télécharger et de compléter, avant de se rendre en France, l’attestation de déplacement dérogatoire, afin de pouvoir rejoindre son domicile depuis l’aéroport de Roissy (cocher : déplacement pour motif familial impérieux) », indique le document.

S’agissant de l’accueil à l’arrivée, en raison des mesures de confinement en France, il est demandé aux passagers de s’assurer que « s’ils souhaitent se faire récupérer par un proche, que cette personne dispose aussi d’une attestation spécifique justifiant son déplacement et l’emploi de son véhicule personnel ».

A défaut, il est demandé aux passagers de prévoir ou de réserver un moyen de transport depuis l’aéroport pour regagner leur domicile ou leur site de confinement, muni d’une attestation individuelle et d’une pièce d’identité.

 

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Congo: décès d’Agnès Patricia NKOUNGOU, MBÉRI MOUKALA Varou et du docteur Joseph NGALA

avril 16, 2020
Décès de madame Agnès Patricia NKOUNGOU ancienne speakerine à télé Congo vient de tirer sa révérence le 14 avril 2020 des suites d’un AVC.

 

Photo de BrazzaNews.
Agnès Patricia Nkoungou

Décès de MBÉRI MOUKALA Varou, dans la nuit du 15 Avril 2020 à Brazzaville. Le quartier Diata te pleure.

 

Photo de BrazzaNews.
Repose en paix VAROU .

 

Décès du Dr Joseph NGALA, le miracle allait se produire hier. Déclaré pour mort par ses collègues médecins à 18h, quelques heures après il s’est mis à respirer. Ils décident de le mettre sous respirateur. Aux environs de 23h il ne respire plus. Un d’espoir s’installe. 30 mn après il reprend la respiration.

Et depuis 4h du matin jusqu’à maintenant il ne fait plus signe de vie, ne respire plus. Finalement: il est décédé et le corps est encore dans la salle, la famille attend le DDS pour la confirmation. Et après confirmation définitive, il sera enterré dans les heures qui vont suivre à moins qu’un autre miracle puisse se reproduire.

Source : Sa famille biologique

Dr Joseph NGALA était le chargé de la surveillance épidémiologique à Pointe-Noire à  l’hôpital Adolphe A. Sice

 

Photo de BrazzaNews.
Repose en paix Docteur
Avec Brazzanews

Congo: 4e décès de covid-19

avril 3, 2020

URGENT : Congo-covid-19: un quatrième cas de décès à Brazzaville 🇨🇬.

Il s’agit de monsieur Auguste NAKOUBAYOULA, cadre au Ministère de l’Éducation Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation, en qualité de CEF (Conseiller Économique et Financier).
Il est décédé ce vendredi 3 mars 2020 vers 12h au Centre médico-social SECUREX.

La dépouille de Monsieur Auguste NAKOUBAYOULA, a été vite récupérée et mise dans un cercueil apprêté pour des raisons de sécurité sanitaire comme le montre la vidéo publiée dans Brazzanews.

Les faits : Monsieur Auguste NAKOUBAYOULA fut l’argentier du MEPSA du ministre Collinet MAKOSSO. Il a souffert quelques jours entre domicile et modestes soins médicaux. Il a fini par être conduit à Sécurex, clinique ayant pignon sur rue où l’examen de ses poumons montrera des graves lésions. Il n’a pas pu résister au virus ayant exercé un assaut contraignant sur lui jusqu’à en mourir.

Cette mort soulève une série d’inquiétudes :
1– En sa qualité de financier du ministère, il avait un bureau d’affluence, gérant jusqu’aux besoins de la DEC (quel potentiel-Contacts, surtout que ce type de responsabilité vous oblige à gérer aussi une petite caisse-espèces pour des urgences).
2– Les examens à Sécurex ont du prendre un certain temps. Le personnel de cette clinique, les membres de sa familles, ses autres contacts…
3– Chacune des personne ayant été en contact avec lui, a aussi eu des contacts secondaires, tertiaires etc.

Implication :
1– Collinet MAKOSSO doit mettre tout son ministère en quarantaine, lui-même inclus
Cette quarantaine doit s’étendre aux personnels des services affiliés comme la DEC.
2– Lydia MIKOLO doit communiquer avec transparence sur ce cas et gérer rapidement la chaine de contamination (il va falloir trouver le moyen de violer le confinement en allant prendre les personnes contacts chez elles)
3– La clinique SÉCUREX doit tester tout son personnel au bout d’une période de quarantaine. Et retrouver la liste des gens consultés durant le séjour du disparu dans ses lieux.

 

Photo de BrazzaNews.
Auguste NAKOUBAYOULA
Avec Brazzanews

Congo: Décès à Brazzaville de l’ancien ministre Jean-Claude Ganga

mars 28, 2020

 

L’ancien ministre des sports et ancien ambassadeur du Congo en Chine, Jean-Claude Ganga est décédé ce samedi 28 mars 2020, chez lui en banlieue Sud de Brazzaville.
Vivant en France, il était venu au Congo pour enterrer sa femme. Il est resté quelque temps avant de repartir. Malheureusement, la fermeture des frontières l’a condamné à rester chez lui où il est décédé, à 86 ans.

Le corps est déposé à la Morgue municipale de Brazzaville.

 

Photo de BrazzaNews.
Jean-Claude Ganga
Avec Brazzanews

Congo : Il y a soixante-dix ans que disparaissait Paulo Kamba

mars 18, 2020

 

Ce grand précurseur de la musique congolaise moderne a marqué plusieurs générations. Paulo Kamba, dit « Tata Paulo », a quitté ce monde à l’âge de 38 ans.

 

 

Né le 12 décembre 1912, à Mpouya, en République du Congo, Paul Kamba est mort le 19 mars 1950, quelques mois avant son départ en France où il était attendu pour une formation musicale dans un conservatoire français.  Le talentueux artiste chanteur, Paul Kamba, a connu un immense succès tout à fait remarquable à Brazzaville et à Léopoldville (Kinshasa). Son œuvre considérable lui a valu la décoration de « Chevalier de l’Etoile du Bénin » de la République Française.

L’artiste a ouvert la voie à toute la lignée des grands noms qui ont dominé le monde de la musique dans le grand Bassin du Congo.  Il fonde en 1941 à Brazzaville « le Victoria Brazza » qui devint un des groupes légendaires de la rumba et, passe beaucoup de temps à affiner sa musique, ce qui ne l’empêche pas de se produire régulièrement à Léopoldville (Kinshasa) et de s’imposer dans cette ville qui regorgeait d’excellents musiciens.

Paulo Kamba avait une faculté de création extraordinaire, il créa avec son groupe, un genre typique plein de charme dans lequel il s’était imposé auprès du public et des musiciens.  L’artiste n’a vécu à peine qu’une trentaine d’années, il a su élever son talent d’artiste-musicien à travers la guitare, les instruments à corde et le piano.

Ses chansons ont un tel succès régional, l’essentielle de la discographie de Paul Kamba aux Editions Ngoma : Disque n° 271 : « Victoria » – « Marie Thérèse » – Disque n°272 : « Catherine » – « Victoria ya Maria » ; Disque n°273 : « Obela Mpoko » – « Liwele ya Paulo ; Disque n°275 : « Djiguida » – « Masanga fala »

Pour cette reconnaissance, la Municipalité de Brazzaville, le Ministère de la Culture et des arts ,  chargé du Tourisme ont attribué  à plusieurs lieux son nom notamment, la rue Paul Kamba, dans le troisième arrondissement Poto-Poto ; l’Ecole nationale des Beaux-arts Paul Kamba dans l’arrondissement 1 Bacongo ; la grande compétition musicale nationale dite : « Edition Challenge Paul Kamba » ;  le buste Paul Kamba, situé à la place de la gare à Brazzaville ; l’hospice des vieillards Paul Kamba, etc.

Paulo Kamba a fait ses études à l’ecole Jeanne d’Arc de Brazzaville, à l’issue desquelles il tente sa chance à Léopoldville où il commence à travailler en qualité de commis des P.T.T. C’est là qu’il approfondit ses connaissances en musique, particulièrement à la guitare où il s’était intéressé à jouer très jeune à l’ecole Jeanne d’Arc, à Brazzaville.

De retour dans son pays natal en 1932, il occupe successivement des emplois au Service des Mines et des Affaires Economiques. « Tata Paulo » donne le meilleur de lui-même dans toutes les tâches que lui confère l’administration coloniale. Sa passion pour la musique ne l’empêche pas d’aimer le football où il fut un excellent arbitre central de l’époque où le stade Eboué de Brazzaville constituait le grand sanctuaire du football congolais.

Paulo Kamba a occupé différentes fonctions :  secrétaire général du syndicat des contractuels et auxiliaires du gouvernement général de l’A.E.F ; collaborateur du Cercle de l’union éducative et mutuelle de la jeunesse africaine. Il a, également, contribué à animer la rubrique culturelle de la revue Liaison, où il a laissé quelques partitions musicales.

Auteur -compositeur – guitariste, Paulo Kamba repose pour toujours au cimetière du centre-ville de Brazzaville. C’est depuis le mois de mars 1974 que l’UNEAC (Union nationale des écrivains et artistes congolais) a procédé à l’exhumation de sa dépouille, de l’ancien cimetière de Moukounzi-Ngouaka à Bacongo, pour le cimetière du Centre-ville.

 

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika