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Violents combats à Tripoli, Kadhafi appelle à résister

août 21, 2011

Plusieurs explosions ont retenti dans la nuit de samedi à dimanche à Tripoli où de violents affrontements ont eu lieu entre des insurgés et les forces pro-Kadhafi. Le colonel libyen s’est exprimé dans un message sonore.

• Explosions et tirs à Tripoli

Quatre puissantes explosions ont secoué tôt dimanche la capitale libyenne. Plusieurs explosions et des échanges de tirs nourris avaient déjà retenti dans la nuit à Tripoli, dont plusieurs quartiers ont été le théâtre de violents affrontements entre des insurgés et de forces loyales au régime du colonel Mouammar Kadhafi.

«La situation est désormais sous contrôle», avait pourtant assuré dans la nuit le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, dans des déclarations diffusées par la télévision officielle libyenne. Ne confirmant que des «petits affrontements» pendant une demi-heure avec de petits groupes dans des quartiers non loin du centre de la capitale, il a indiqué que les volontaires et les forces libyennes étaient venus à bout des insurgés «inflitrés».

• Message sonore de Kadhafi

Dans un message sonore diffusé pendant la nuit par la télévision officielle, le colonel Mouammar Kadhafi a exhorté ses partisans à «marcher par millions» pour «libérer les villes détruites». Qualifiant les rebelles d’«agents, de traîtres et de rats» qui «profanent les mosquées», il a ajouté qu’ils étaient «des agents de Sarkozy qui veut prendre le pétrole libyen».

Autour du dirigeant libyen, les défections se multiplient. Omran Aboukraa, ministre libyen du Pétrole, n’est pas rentré dans son pays au terme d’un séjour à l’étranger, selon une source autorisée tunisienne. L’ancien ministre du Pétrole en titre, Chokri Ghanem, avait lui-même fui, après de nombreuses années à son poste. Il s’agit du troisième haut dirigeant libyen à faire apparemment défection cette semaine : un haut responsable de la sécurité libyenne, Nasser al Mabrouk Abdoullah, avait d’abord gagné lundi par avion la Tunisie avec sa famille en provenance du Caire. Et selon les insurgés, le commandant Abdel Salam Djalloud, ex-ministre et ancien compagnon d’armes de Mouammar Kadhafi aux premières heures de la révolution de 1969, s’est rallié aux rebelles vendredi.

• Liesse à Benghazi

Alors que le «guide» libyen serait en train de négocier l’exil de sa famille, les rebelles semblent très optimistes quant à l’issue du conflit : «Tout montre que la fin est très proche», a déclaré samedi Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles.

«Je m’attends à une fin catastrophique pour lui et pour les siens. Je m’attends aussi à ce qu’il créé une situation (d’anarchie) dans Tripoli. J’espère que je me trompe», a ajouté le chef des rebelles libyens, qui appelle les habitants de la capitale à «protéger la vie et les biens de la population», mais également à «protéger les institutions et les biens publics». Moustapha Abdeljalil enjoint par ailleurs les rebelles de ne pas piller et de «traiter avec justice» tous les soldats du régime qui seront fait prisonniers ou se rendront. «Nous sommes tous Libyens», a-t-il insisté.

Dans plusieurs villes du pays, la foule a commencé samedi soir à se réjouir. Ainsi à Sabratah, à 50 km à l’ouest de Tripoli, la population massée autour des téléviseurs manifestait sa joie dans les rues, jugeant que la fin du régime était proche. À Benghazi,»capitale» rebelle dans l’est du pays, des milliers de personnes en liesse se sont rassemblées pour soutenir le «soulèvement» à Tripoli, a constaté un photographe. «Au revoir Kadhafi!», «Dieu est grand!» scandaient les manifestants.

• Recul à Brega, avancées à Zliten et Zawiya

Avant Tripoli, les rebelles libyens avaient progressé vendredi dans Brega, poste avancé des pro-Kadhafi dans l’Est, où ils auraient rencontré samedi des difficultés.«C’est une retraite stratégique et tactique, pour épargner les vies de nos combattants, et éviter plus de destructions aux infrastructures pétrolières», a assuré le porte-parole militaire de la rébellion, le colonel Ahmed Omar Bani. Vendredi, les rebelles avaient annoncé avoir pris Zliten et Zawiya. L’atout principal de cette dernière réside dans sa raffinerie, unique source d’approvisionnement de la capitale en essence, gazole et gaz.

Lefigaro.fr

Libye: les rebelles gagnent du terrain à Brega et près de Misrata

août 12, 2011

Les rebelles libyens gagnent du terrain dans l’Est, où ils sont aux portes de Brega, et ont lancé une offensive dans l’Ouest pour mettre fin aux tirs de roquettes contre leur enclave de Misrata, presque six mois après le début de la révolte contre Mouammar Kadhafi.

Les divisions au sein de la rébellion ont cependant été une nouvelle fois illustrées avec une déclaration vendredi à Benghazi d’une vingtaine de brigades contre le ministre rebelle de la Défense, Jallal al-Digheily, qu’elles tiennent pour indirectement responsable de la mort du général Abdel Fatah Younès.

L’assassinat le 28 juillet de cet ancien pilier du régime rallié à la rébellion suscite d’intenses spéculations sur l’identité des meurtriers, le rôle du Conseil national de transition (CNT, organe politique des rebelles) ou l’existence d’une possible « cinquième colonne » pro-Kadhafi.

Suite à cet assassinat, le CNT a limogé mardi son bureau exécutif, qui fait office de gouvernement par intérim, et doit nommer un nouveau bureau dans les prochains jours.

Du côté du régime libyen, les forces loyales au colonel Kadhafi ont tellement diminué qu’elles ne peuvent plus « mener une offensive crédible », a estimé le chef des opérations militaires de l’Otan en Libye, le Canadien Charles Bouchard, dans un entretien accordé jeudi à l’AFP.

Et après plusieurs mois de sur-place, « les forces anti-Kadhafi vont de l’avant pour arrêter cette violence contre la population », a-t-il assuré. « On voit des changements » sur les trois fronts: Brega à l’est, Misrata à l’ouest, le djebel Nefoussa au sud-ouest de la capitale.

A Brega, les rebelles assurent que la conquête de cette cité pétrolière, poste avancé des pro-Kadhafi à 240 km au sud-ouest de Benghazi, n’est plus qu’une « question de jours ».

Mercredi, les combattants rebelles étaient dans les faubourgs de la zone résidentielle de la ville, selon un journaliste de l’AFP. Jeudi soir, après une journée de combats, les rebelles ont affirmé avoir pris le contrôle de l’un des trois quartiers de cette zone.

« Chaque jour, nous gagnons du terrain », a assuré Fawzi Bukatif, ingénieur civil devenu l’un des principaux chefs militaires de l’insurrection, tout en précisant qu’il valait « mieux aller doucement pour épargner des vies, sécuriser méthodiquement notre progression ».

La ville de Brega s’étend sur une dizaine de kilomètres d’est en ouest, le long de la route côtière. Les forces pro-Kadhafi ont aménagé de solides lignes de défense, avec des centaines de mines et un ingénieux réseau de tunnels souterrains où chars et véhicules peuvent échapper aux frappes de l’Otan.

Outre la maîtrise des installations pétrolières aujourd’hui à l’arrêt, l’objectif pour les combattants rebelles de l’Est est surtout de « soulager les autres fronts de Misrata et du djebel Nefoussa en retenant et en affaiblissant ici le maximum de forces de Kadhafi », selon M. Bukatif.

Dans l’Ouest, les combattants de Misrata, enclave rebelle à 200 km à l’est de Tripoli, ont lancé jeudi une offensive sur Touarga, à une quarantaine de kilomètres au sud, pour mettre fin aux tirs de roquettes des pro-Kadhafi qui continuent de terroriser les habitants.

La cité portuaire, qui comptait 500. 000 habitants avant le début de la révolte mi-février, tente de se relever après les violents combats qui avaient duré des mois au printemps, jusqu’à ce que les rebelles parviennent à desserrer l’étau mi-mai, grâce aux frappes de l’Otan.

Le long de la rue de Tripoli, l’axe principal de la ville qui a longtemps été la ligne de front, aucun bâtiment n’est intact sur deux kilomètres, et les bas-côtés sont encombrés de carcasses de conteneurs, de chars ou de voitures.

A Benghazi, les rebelles ont récupéré un avion-cargo, propriété du régime de Kadhafi mais saisi par les Emirats arabes unis, et ont annoncé qu’ils allaient l’utiliser pour acheminer l’aide humanitaire depuis l’étranger.

Sur le front diplomatique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a fait part jeudi de son inquiétude concernant le nombre « inacceptable » de civils tués dans le conflit libyen, y compris à la suite de frappes de l’Otan.

M. Ban a appelé « toutes les parties à faire preuve d’extrême prudence dans leurs actions, afin de réduire à l’avenir les pertes de vies civiles », selon un communiqué.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : les rebelles entrent à Brega et consolident le front ouest

juillet 17, 2011

La bataille pour la prise du port pétrolier de Brega, en Libye orientale, est entrée dans une nouvelle phase dimanche, les rebelles disant être engagés dans des « combats rapprochés » avec les forces kaddafistes dans un quartier d’habitation.

« Quelques petits groupes ont réussi à pénétrer à l’intérieur (de la ville), mais nous ne contrôlons pas encore toute » la cité, a déclaré Mohammed Zawi, un porte-parole des insurgés à Benghazi, la « capitale » de la rébellion, dans l’Est.

« Il s’agit maintenant de combats rapprochés » dans ce quartier du nord-est de Brega, a-t-il ajouté, précisant que les forces en présence faisaient désormais usage de mitrailleuses, plus adaptées à ce terrain.

La prise de cette cité portuaire tenue depuis avril par les soldats loyalistes et située à 800 km à l’est de Tripoli et à 240 km au sud-ouest de Benghazi représenterait une victoire majeure pour les rebelles.

Tranchées défensives

Environ 3.000 hommes fidèles au colonel Kaddafi sont retranchés dans le centre-ville, d’après les insurgés, qui ont déclenché jeudi soir une offensive par le sud, le nord et l’est de Brega. Ces combats ont fait au moins 13 morts et près de 200 blessés parmi les rebelles.

Leur progression a été ralentie par des centaines de mines et la découverte samedi de tranchées défensives creusées autour de la localité et remplies de produits inflammables.

S’emparer de Brega sans que n’y soient causés de dommages majeurs aux infrastructures permettrait aux insurgés de s’approvisionner en carburant et de relancer les exportations de pétrole, quasiment à l’arrêt.

Le groupe de contact réuni vendredi à Istanbul a en effet reconnu le Conseil national de transition (CNT), la représentation politique de la rébellion, en tant qu' »autorité gouvernementale légitime » en Libye, lui permettant de lier des relations économiques avec l’étranger.
L’Otan a pour sa part déclaré dimanche surveiller attentivement la situation, notamment à Brega, et indiqué avoir bombardé dans la matinée un grand entrepôt de véhicules militaires dont des chars et d’autres blindés à Tajoura, à 30 km à l’est de Tripoli.

De son côté, le colonel Kaddafi a prévenu samedi les insurgés : « Le peuple libyen est prêt à mourir pour défendre son pétrole et il ne laissera jamais cette richesse aux mains d’une bande de traîtres inféodée à l’Otan ».

Multiplication des messages de Kaddafi

Le dirigeant libyen, qui a multiplié ces derniers jours les messages audio diffusés par haut-parleurs pendant des manifestations de ses partisans dans les villes visées par les rebelles, a de nouveau juré qu’il ne quitterait « jamais » la terre de ses « ancêtres ».

« Ils (les membres de la communauté internationale) me demandent de quitter (la Libye, ndlr), c’est de la rigolade. Je ne quitterai pas la terre de mes ancêtres, ni le peuple qui s’est sacrifié pour moi », a lancé M. Kaddafi dans un discours diffusé samedi soir à Zawiyah, à 50 km à l’ouest de Tripoli.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la capitale a été secouée par une série de fortes explosions. La télévision publique libyenne a annoncé que ces raids de « l’agresseur colonialiste croisé » (l’Otan) avaient fait des victimes sur des sites civils et militaires à Aïn Zara, dans l’est de Tripoli, et à Tajoura, dans la grande banlieue.

Sur le front Ouest, la situation était toujours relativement calme dimanche, les rebelles s’attachant à consolider leurs positions après de brusques avancées quelques jours auparavant.

Jeuneafrique.com avec AFP