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États-Unis: le juge Kavanaugh à la Cour suprême, Donald Trump crie victoire

octobre 7, 2018

Le juge Brett Kavanaugh, le 5 septembre 2018 à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le Sénat américain a approuvé samedi la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême après trois semaines de tourmente politique, offrant à Donald Trump une nouvelle victoire qui devrait satisfaire son électorat conservateur à un mois, jour pour jour, des élections parlementaires.

« J’applaudis et je félicite le Sénat pour la confirmation de notre formidable candidat », a salué sur Twitter le président américain, qui a défendu bec et ongles M. Kavanaugh.

Il doit prêter officiellement serment samedi soir lors d’une cérémonie privée à la Cour suprême, a précisé dans un communiqué l’institution.

En votant à une très courte majorité (50-48) — la plus courte depuis 1881 –, les sénateurs ont mis un terme à un processus de confirmation chaotique, marqué par des accusations d’agression sexuelle datant de plus de 30 ans contre le magistrat.

Ces accusations ont accentué les clivages au sein de la société américaine et des milliers de personnes ont protesté dans le pays contre M. Kavanaugh.

Des manifestants protestent devant le Congrès américain contre la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, le 6 octobre 2018 à Washingtonn / © AFP / Michael Mathes

– Foudres présidentielles –

Un millier de manifestants ont passé la journée de samedi devant la Cour suprême située à quelques dizaines de mètres du Capitole. Après le scrutin, ils ont frappé de colère à la porte du bâtiment de marbre blanc, obligeant la police à intervenir.

Et, dans l’hémicycle, le vote a été plusieurs fois interrompu par des cris de protestation.

Le Sénat, chargé de donner le feu vert pour les nominations à vie au sein du temple du droit américain, a suivi les lignes partisanes –les républicains votant pour et les démocrates contre– à l’exception d’un élu démocrate. La républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski, qui avait annoncé qu’elle voterait non, s’est finalement abstenue.

Composition de la Cour suprême / © AFP / Gal ROMA

L’élue, qui remettra son mandat en jeu en 2022, s’est pourtant attirée les foudres du président américain. « Elle ne s’en remettra pas. Je pense que les gens de l’Alaska ne lui pardonneront jamais pour ce qu’elle a fait », a affirmé au Washington Post M. Trump, qui devait participer à une réunion électorale dans la soirée au Kansas.

A 53 ans, le juge Kavanaugh va ainsi rejoindre la plus haute juridiction des Etats-Unis, qui vérifie la constitutionnalité des lois et arbitre les conflits les plus épineux de la société américaine (droit à l’avortement, peine de mort, encadrement des armes à feu, mariage homosexuel, protection de l’environnement…).

Donald Trump peut crier victoire. Comme promis pendant la campagne, il a fait pencher l’institution dans le camp conservateur en nommant deux juges depuis son entrée en fonction. Les « progressistes » sont désormais en minorité (quatre sur neuf).

C’est un revers pour les démocrates et défenseurs des droits civiques qui s’étaient mobilisés dès sa nomination en juillet pour tenter d’empêcher sa confirmation.

Montage photo du juge Brett Kavanaugh et de Chrisine Blasey Ford, lors de leurs auditions publiques au Sénat, le 27 septembre 2018 à Washington / © POOL/AFP/Archives / SAUL LOEB

Mais la candidature de Brett Kavanaugh, un brillant magistrat formé à l’université de Yale, a déraillé quand une femme l’a accusé mi-septembre d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Cette accusation a provoqué un choc, près d’un an après le lancement du mouvement #MeToo contre les violences sexuelles.

Lors d’une audition au Sénat suivie par vingt millions d’Américains, Christine Blasey Ford, universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par M. Kavanaugh alors qu’elle n’avait que 15 ans et lui 17.

En colère, le magistrat a clamé son innocence et s’est dit victime d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’extrême gauche.

Brett Kavanaugh, candidat du président Donald Trump à la Cour suprême / © AFP / Gal ROMA

Sous la pression d’élus indécis, le Sénat a alors reporté sa décision d’une semaine.

Un rapport complémentaire de la police fédérale (FBI) a toutefois conforté les républicains, qui n’y ont « rien » trouvé de compromettant. Pour les avocats de Mme Ford, ce rapport n’est pas « significatif » car ni Mme Ford ni le juge Kavanaugh n’ont été interrogés.

– « Votez » –

Donald Trump espère que ce succès politique, couplée à une ligne dure sur l’immigration et une économie en pleine croissance, poussera ses partisans à le remercier dans les urnes lors des « midterms », et à lui offrir une majorité plus confortable au Congrès. « Les républicains vont très bien s’en sortir », a-t-il dit samedi à des journalistes l’accompagnant au Kansas. « Nous bénéficions d’un dynamisme que l’on avait pas vu depuis des années ».

Les démocrates espèrent eux que cette nouvelle polémique mobilisera l’électorat féminin et leur permettra de reprendre le contrôle du Congrès.

« Nous sommes déçues. Nous sommes furieuses. Mais nous exprimerons notre colère aux élections », a mis en garde sur Twitter l’organisation d’aide aux candidates démocrates Emily’s List.

« Aux Américains, à tous les millions de gens outrés par ce qu’il s’est passé ici, il n’y a qu’une réponse: votez », avait lancé samedi avant le vote au Sénat le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 00h42)

Le juge Kavanaugh fait un pas de plus vers la Cour suprême

octobre 5, 2018

Le juge Brett Kavanaugh aux côtés de Lisa Murkowski, seule sénatrice républicaine à avoir voté « non » lors du vote préliminaire de vendredi (photo prise le 23 août 2018 à Washington) / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le juge Brett Kavanaugh a franchi vendredi une nouvelle étape sur la route semée d’embûches de la Cour suprême, avec un premier vote de procédure favorable au Sénat, qui ouvre la voie à un vote final de confirmation peut-être dès samedi.

Les sénateurs, qui ont le dernier mot sur les nominations à vie au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis, ont voté la clôture des débats avec 51 pour et 49 contre.

« Je suis très fier du Sénat américain », a immédiatement twitté le président Donald Trump, qui a choisi Brett Kavanaugh en juillet et lui a apporté depuis un soutien indéfectible.

Le vote des sénateurs donne une indication du rapport de force mais ne reflète pas automatiquement l’issue du vote final, les sénateurs n’étant pas liés par leur premier choix.

Les républicains disposent d’une courte majorité à la chambre (51 sièges sur 100), mais trois de leurs membres avaient laissé planer le doute sur leurs intentions jusqu’à la dernière minute. Jeff Flake, et Susan Collins ont finalement voté pour clôturer la procédure. Lisa Murkowski a voté contre.

Un démocrate, Joe Manchin, a aussi rompu avec son groupe, en votant « oui ».

La candidature de Brett Kavanaugh, un fervent défenseur des valeurs conservatrices, divise fortement l’Amérique. Des accusations d’abus sexuels remontant à sa jeunesse ont encore renforcé les tensions.

La haute cour est l’arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis: peine de mort, droit à l’avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel… L’entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

A l’ouverture des débats vendredi, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein a rappelé cet enjeu. « Le président Trump a promis de nommer à la Cour suprême des opposants à l’avortement qui défendent le droit au port d’armes ». « Le juge Kavanaugh remplit ces critères », a-t-elle assuré.

La Cour suprême américaine / © AFP / Gal ROMA

Les Républicains ont eux dénoncé une « campagne de destruction » menée contre le juge. Rejeter sa cndidature reviendrait à valider « la loi de la foule », a estimé le républicain Chuck Grasley, chef de la commission judiciaire du Sénat.

– Débats vifs –

Les débats, vifs, ont dépassé l’enceinte du Capitole.

Des milliers de manifestants ont défilé jeudi à Washington pour demander aux sénateurs de voter contre le juge Kavanaugh. Certains sont entrés dans un bâtiment du Sénat pour tenter de faire plier les sénateurs indécis et environ 300 ont été brièvement arrêtés. Des femmes avaient aussi, plusieurs jours auparavant, interpellé le sénateur Jeff Flake dans un ascenseur du Congrès.

La Maison Blanche les a vivement critiqués vendredi.

« Les manifestants (…) qui hurlent dans l’ascenseur sont des professionnels qui ont été payés pour donner une mauvaise image des sénateurs. Ne vous laissez pas avoir! », a tweeté vendredi le président Trump. « Regardez aussi toutes les pancartes identiques faites par des professionnels. Payées par Soros et d’autres », a-t-il ajouté.

La fondation du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros finance plusieurs ONG dans le monde, allant de la défense des droits de l’homme à l’aide aux réfugiés. Il est la cible régulière de la droite dure européenne, notamment du Premier ministre hongrois Viktor Orban, et d’une partie de l’extrême droite américaine.

– Deux vérités irréconciliables –

Des opposants à la nomination à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, le 4 octobre 2018 à Washington / © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Brett Kavanaugh, un brillant magistrat, était en bonne voie d’être confirmé, quand une femme est sortie de l’ombre à la mi-septembre pour l’accuser d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Lors d’une audition suivie par 20 millions d’Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. En colère et offensif, le magistrat s’est dit tout aussi certain de son innocence.

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, ce dernier s’est expliqué dans une tribune publiée par le Wall Street Journal sur ce ton « tranchant ».

« J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû dire. J’espère que tout le monde peut comprendre que j’étais là-bas en tant que fils, mari et père », a-t-il justifié.

Confronté à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d’élus indécis, demandé un complément d’enquête au FBI, qui a rendu sa copie mercredi soir. Le rapport a conforté les républicains, mais laissé les démocrates sur leur faim.

« Cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a estimé le républicain Chuck Grassley.

« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n’est pas ce qui est dedans, mais ce qui n’y est pas », a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête « incomplète ».

Romandie.com avec(©AFP / (05 octobre 2018 17h19)

Trump attaque les opposants anti-Kavanaugh avant un vote crucial au Sénat

octobre 5, 2018

Des manifestants contre la nomination du juge Kavanaugh à New York, devant la Trump Tower, le 4 octobre 2018 / © AFP / TIMOTHY A. CLARY

Donald Trump a accusé vendredi le milliardaire progressiste George Soros de financer les manifestations contre Brett Kavanaugh, avant un vote crucial au Sénat sur la candidature du magistrat conservateur à la Cour suprême.

Les sénateurs, qui ont le dernier mot sur les nominations à vie au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis, avaient engagé vendredi les dernières délibérations. Un vote de clôture sur la confirmation du juge Kavanaugh est prévu vers 10H30 (14H30 GMT), avant un vote final peut-être le lendemain.

L’issue des débats reste incertaine. La majorité des républicains au Sénat (51 contre 49) est très courte et trois de ses membres n’ont pas encore fait connaître leur position.

La candidature de Brett Kavanaugh, un fervent défenseur des valeurs conservatrices choisi par Donald Trump, divise fortement l’Amérique. Des accusations d’abus sexuels remontant à sa jeunesse ont encore renforcé les tensions.

Des milliers de manifestants ont défilé jeudi à Washington pour demander aux sénateurs de voter contre lui. Certains sont entrés dans un bâtiment du Sénat pour tenter de faire plier les sénateurs indécis et environ 300 ont été brièvement arrêtés. Des femmes avaient aussi, plusieurs jours auparavant, interpellé le sénateur républicain Jeff Flake dans un ascenseur du Congrès.

Brett Kavanaugh entendu par les sénateurs le 5 septembre 2018 à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

La Maison Blanche les a vivement critiqués vendredi.

« Les manifestants (…) qui hurlent dans l’ascenseur sont des professionnels qui ont été payés pour donner une mauvaise image des sénateurs. Ne vous laissez pas avoir! », a tweeté le président Trump. « Regardez aussi toutes les pancartes identiques faites par des professionnels. Payées par Soros et d’autres », a-t-il ajouté.

La fondation du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros finance plusieurs ONG dans le monde, allant de la défense des droits de l’homme à l’aide aux réfugiés. Il est la cible régulière de la droite dure européenne, notamment du Premier ministre hongrois Viktor Orban, et d’une partie de l’alt-right aux Etats-Unis, l’extrême droite américaine.

– « Colère » –

Des manifestants contre la confirmation du juge Kavanaugh le 4 octobre 2018 au Capitole à Washington, avec une grande banderole « Nous croyons tous les survivants » / © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Malgré la mobilisation anti-Kavanaugh, la Maison Blanche s’est dite « confiante » sur l’issue du scrutin. En meeting dans le Minnesota, Donald Trump a même estimé jeudi soir que l’affaire Kavanaugh était de nature à mobiliser l’électorat républicain à l’approche des élections parlementaires du 6 novembre.

La « résistance » des démocrates à la nomination du juge « alimentée par la colère, est en train de se retourner contre eux comme jamais », a-t-il assuré.

Brett Kavanaugh, un brillant magistrat héraut des valeurs conservatrices, était en bonne voie d’être confirmé, quand une femme est sortie de l’ombre à la mi-septembre pour l’accuser d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Lors d’une audition suivie par 20 millions d’Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. En colère et offensif, le magistrat s’est dit tout aussi certain de son innocence.

Manifestation contre le juge Brett Kavanaugh devant le Capitole, le 4 octobre 2018 à Washingtonn / © AFP / JIM WATSON

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, ce dernier s’est expliqué dans une tribune publiée par le Wall Street Journal sur ce ton « tranchant ».

« J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû dire. J’espère que tout le monde peut comprendre que j’étais là-bas en tant que fils, mari et père », a-t-il justifié.

– « Incomplète » –

Confronté à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d’élus indécis, demandé un complément d’enquête au FBI, qui a rendu son rapport confidentiel mercredi soir à la Maison Blanche.

La Cour suprême américaine / © AFP / Gal ROMA

Les sénateurs ont pu en consulter une copie jeudi dans une salle fermée. Les républicains en sont sortis ragaillardis, les démocrates frustrés.

« Cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a estimé le chef républicain de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley.

« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n’est pas ce qui est dedans, mais ce qui n’y est pas », a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête « incomplète ».

L’intensité des débats s’explique par l’importance de la Cour suprême.

La haute cour est l’arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis: peine de mort, droit à l’avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel… L’entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

Les sénateurs républicains soutiennent quasiment tous le candidat de Donald Trump, mais trois modérés –Jeff Flake, Susan Collins et Lisa Murkowski– détiennent la clé du vote. Ils réservent encore leur décision.

Du côté démocrate, le sénateur Joe Manchin reste indécis.

Romandie.com avec(©AFP / (05 octobre 2018 16h23)

États-Unis/Cour suprême: le candidat de Trump remporte un premier vote au Sénat

septembre 28, 2018

Jeff Flake, le sénateur républicain qui a demandé à ce que le vote final du Sénat pour confirmer la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême soit retardé d’une semaine pour laisser le FBI enquêter, le 28 septembre 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, a remporté vendredi un vote en commission au Sénat, ouvrant la voie à un vote final de confirmation en séance plénière malgré les accusations d’abus sexuel qui le visent.

Au lendemain des auditions poignantes du juge, qui nie en bloc, et de son accusatrice, les 11 membres républicains de la commission judiciaire du Sénat ont voté pour recommander sa confirmation et les dix démocrates s’y sont opposés.

Jeff Flake, un des trois sénateurs républicains dont le vote n’est pas forcément acquis à M. Kavanaugh, a demandé à ce que le vote final soit retardé d’une semaine au maximum pour que la police puisse enquêter sur les accusations de Christine Blasey Ford.

« Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d’une procédure en bonne et due forme », a déclaré ce modéré qui ne se représente pas aux élections de novembre. Sa demande a été soutenue par la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

« Je ne serai à l’aise pour voter en séance plénière que lorsque le FBI aura enquêté un peu plus qu’aujourd’hui », a ajouté M. Flake, laissant entendre qu’au moment du vote final, il pourrait se désolidariser de la majorité.

Selon la Constitution des Etats-Unis, il revient au Sénat de donner son feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays et arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l’avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel…).

Les républicains détiennent actuellement une courte majorité au Sénat, avec 51 sièges sur 100. Mais, outre Jeff Flake, deux sénatrices, Susan Collins et Lisa Murkowski, n’ont pas fait savoir ce qu’elles allaient voter.

Les deux femmes soutiennent le droit à l’avortement, alors que le juge Kavanaugh, un magistrat catholique et conservateur, est accusé par les associations féministes et les démocrates de vouloir limiter ce droit.

Le président Donald Trump, qui n’envisage « pas du tout » de nommer un autre candidat à la Cour, a fait savoir vendredi qu’il laissait aux sénateurs le choix de décider s’il était nécessaire d’enquêter plus avant. Jusqu’ici, il avit refusé d’ordonner une enquête du FBI, ne la jugeant pas nécessaire.

Romandie.com avec(©AFP / (28 septembre 2018 20h46)

Une partie de l’Amérique captivée par l’audition Kavanaugh

septembre 27, 2018

Des gens regardent l’audition Kavanaugh dans un bar de Los Angeles le 27 septembre 2018 / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP / MARIO TAMA

Ils ont regardé dans les bars, les bus, en voiture et même dans Air Force One: les Américains étaient captivés jeudi par les auditions au Sénat de Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême américaine, et de la femme qui l’accuse d’agression sexuelle dans les années 1980.

Il y a deux semaines, le destin de ce magistrat de 53 ans, conservateur et catholique pratiquant, était tout tracé. Jeudi, c’était un juge en colère qui s’est défendu bec et ongles face aux accusations d’agressions sexuelles, de l’exhibitionnisme à la tentative de viol.

Près de 60% des Américains ont dit vouloir suivre de près ou de loin ces auditions, selon un sondage de l’institut Marist.

A Los Angeles, des étudiants en journalisme de l’université de Californie du Sud étaient réunis pour regarder les débats, diffusés en direct toute la journée par les grandes chaînes d’info. Et la sentence est irrévocable.

« Il devrait être derrière les barreaux », juge Cameron Keel, une étudiante en journalisme de 19 ans qui a pris le parti de Christine Blasey Ford. « Quatre femmes différentes se sont exprimées et ce n’est pas un accident », explique-t-elle.

L’enseignante en psychologie de Palo Alto, près de San Francisco, a confirmé ses déclarations parues dans la presse. Alors qu’elle avait 15 ans, le jeune Brett Kavanaugh a tenté selon elle de la violer lors d’une soirée entre lycéens à l’été 1982, sous les yeux d’un complice.

Tout en retenue et parfois submergée par l’émotion, elle a expliqué être sortie de l’ombre pas « devoir civique ».

Dynasty Raines, une autre étudiante du même âge, est pleinement d’accord. « Il devrait être jeté de la Cour (suprême), il ne devrait pas participer à cette audition ou être élu, nommé, car il doit y avoir une tolérance zéro concernant les agressions sexuelles », dit-elle.

– Soap opera –

Pour elle, l’affaire Kavanaugh n’aurait jamais vu le jour sans le mouvement #MeToo, né en octobre 2017 du scandale entourant le producteur Harvey Weinstein, qui a libéré la parole de milliers de victimes d’abus sexuels.

« Tout ce qui concerne les agressions sexuelles est montré à la lumière, auparavant c’était secret », affirme-t-elle.

Au bar Shaw’s Tavern de Washington, les téléviseurs sont branchés sur CNN. Parmi la trentaine de clients, certains tentent de suivre les débats.

Anthea Francis, une pharmacienne quinquagénaire, a trouvé le témoignage de l’accusatrice « extraordinairement crédible ». Mais elle renvoie dos à dos les deux camps politiques. « Les républicains n’ont pas la volonté réelle de chercher la vérité (et) les démocrates jouent le jeu politicien », dit-elle.

Le président américain Donald Trump a visionné le témoignage de Mme Blasey Ford dans l’avion Air Force One qui le ramenait de New York, où il assisté à l’Assemblée générale de l’ONU. Il a suivi dans l’après-midi depuis la Maison Blanche l’audition de M. Kavanaugh, avant de confirmer son plein soutien au juge dans un tweet diffusé quelques minutes après la fin des débats.

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les journalistes accrédités auprès du département d’Etat américain étaient rivés sur un écran retransmettant l’audition de Mme Blasey Ford en attendant le briefing d’un haut responsable dans un hôtel de la ville.

L’audition de l’accusatrice était programmée en pleine réunion du Conseil de sécurité sur la Corée du Nord, présidée par Mike Pompeo. « J’ai zappé entre le Conseil et l’audition », avoue une journaliste.

A l’un des nombreux portiques de sécurité du bâtiment, des policiers comparaient l’affaire à un soap opéra, pariant sur l’issue de l’audition.

Romandie.com avec(©AFP / (28 septembre 2018 03h13)

États-Unis/Cour Suprême: le candidat de Trump aux prises avec une accusation d’agression sexuelle

septembre 16, 2018

Le juge Brett Kavanaugh à l’ouverture de son audition devant le Sénat américain, le 4 septembre 2018 / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le candidat conservateur de Donald Trump à la Cour suprême était dimanche sous le coup du témoignage public d’une femme l’accusant d’agression sexuelle dans les années 1980, lorsqu’il était lycéen. Un retournement qui promet de perturber sa confirmation par le Sénat américain.

Magistrat conservateur, ancien conseiller du président George W. Bush, le juge Brett Kavanaugh, 53 ans, conteste catégoriquement ces accusations.

Les démocrates ont immédiatement réagi, exigeant le report du vote au Sénat sur sa confirmation.

L’enjeu est grand. Brett Kavanaugh pourrait, s’il est confirmé à ce poste à vie, faire basculer pendant au moins une génération l’équilibre de la Cour suprême. Elle est chargée aux Etats-Unis de trancher sur des questions divisant profondément la société, comme l’avortement ou les armes.

Les républicains disposent d’une très courte majorité (51-49) au Sénat, qui a le dernier mot sur les candidats désignés par le président américain. Déjà sous la loupe, la réaction de deux sénatrices républicaines défendant le droit à l’avortement va donc être scrutée de près dans les prochains jours.

A deux mois d’élections parlementaires qui pourraient voir les démocrates prendre la majorité au Congrès américain, la Maison Blanche et les républicains n’ont pas de temps à perdre.

Mais le témoignage de Christine Blasey Ford, publié dimanche par le Washington Post, pourrait enrailler un processus qui s’annonçait rapide.

– « Devoir civique » –

Professeure universitaire de psychologie âgée de 51 ans, elle affirme qu’au début des années 1980, lorsque Brett Kavanaugh était scolarisé dans la proche banlieue de Washington, ce dernier et un ami « complètement ivres » l’auraient coincée dans une chambre lors d’une soirée.

Brett Kavanaugh l’aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements par dessus ses vêtements, qu’il aurait tenté sans succès de lui retirer. Quand elle aurait tenté de crier, il lui aurait couvert la bouche avec la main.

« J’ai pensais qu’il risquait de me tuer sans le vouloir », a-t-elle confié au journal. Elle avait finalement pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.

Christine Blasey Ford dit n’avoir parlé à personne des ces faits, qui l’ont pendant longtemps affectée, jusqu’à une séance de thérapie de couple avec son époux en 2012. Elle a fourni au journal des notes prises par son psychothérapeute à l’époque, quand elle évoquait « une tentative de viol » pendant son adolescence.

Ces informations étaient parvenues dès cet été dans une lettre confidentielle à une influente sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, qui n’en avait pas touché mot aux autres sénateurs. Cette dernière avait finalement révélé jeudi avoir donné sa lettre à des inspecteurs.

Christine Blasey Ford explique au Washington Post que face aux rumeurs folles qui couraient depuis sur son idendité, elle a décidé de sortir de l’ombre.

« J’estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles », explique cette professeure de l’université de Palo Alto.

Electrice démocrate, elle a fait des petits dons à des organisations politiques, précise le Washington Post.

– « Une insulte pour les femmes » –

Un vote en commission sénatoriale est prévu jeudi sur la confirmation de Brett Kavanaugh, avant le vote final en séance plénière qui pourrait intervenir dès fin septembre.

Maintenant que l’accusatrice a parlé publiquement « il revient au FBI de mener une enquête. Cela devrait se produire avant que le Sénat n’avance sur cette nomination », a déclaré dimanche Dianne Feinstein, dans un communiqué.

« Insister pour voter maintenant serait une insulte pour les femmes américaines et l’intégrité de la Cour suprême », a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Dénonçant depuis jeudi une « opération de la dernière chance », la Maison Blanche a renvoyé le Washington Post vers le démenti « catégorique et sans équivoque » de Brett Kavanaugh publié en fin de semaine.

« Je n’ai pas fait cela, que ce soit au lycée ou à n’importe quel autre moment », écrivait le juge, catholique pratiquant, marié et père de deux filles.

Plus de 60 femmes disant le connaître à l’époque l’ont défendu dans une lettre.

« Au cours de ses 25 ans dans la fonction publique le FBI a consciencieusement et régulièrement étudié le parcours de Brett Kavanaugh », avait insisté jeudi la Maison Blanche. Un argument repris par les républicains au Sénat.

Après la publication de l’interview, le sénateur républicain Lindsey Graham s’est toutefois dit prêt à entendre Christine Blasey Ford en commission si elle le désire. Avant d’ajouter que cela devrait « être fait immédiatement, afin que le processus puisse se poursuivre comme prévu ».

Romandie.com avec(©AFP / (17 septembre 2018 01h08)