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Après le Brexit, le Royaume-Uni durcit sa politique d’asile

mars 24, 2021

 APRÈS LE BREXIT, LE ROYAUME-UNI DURCIT SA POLITIQUE D'ASILE

© Reuters/POOL APRÈS LE BREXIT, LE ROYAUME-UNI DURCIT SA POLITIQUE D’ASILE

LONDRES (Reuters) – Le Royaume-Uni va instaurer de nouvelles règles pour les demandeurs d’asile, rendant plus difficile le séjour des réfugiés entrés illégalement dans le pays, a annoncé mercredi la ministre de l’Intérieur Priti Patel, qualifiant cette mesure de ferme mais juste.

Ce « nouveau plan pour l’immigration » (« New Plan for Immigration »), que le gouvernement britannique présente comme la plus grande réforme du système d’asile depuis des décennies, prévoit de réinstaller plus rapidement les réfugiés en situation de risque urgent tout en rendant la tâche plus difficile à ceux qui arrivent clandestinement.

« Dans le cadre de notre nouveau plan (…), les gens arrivent illégalement (…) n’auront plus les mêmes droits que ceux qui arrivent légalement, et il sera plus difficile pour eux de rester », a déclaré Priti Patel dans un communiqué.

Les passeurs seront quant à eux passibles d’une peine maximale de réclusion à perpétuité, a-t-elle ajouté. « Cela ne vaudra plus la peine de profiter de l’immigration illégale vers la Grande-Bretagne », a commenté Priti Patel.

« Je ne m’excuse pas de la fermeté de ces mesures, mais comme elles permettront également de sauver des vies et de cibler les passeurs de clandestins, elles sont aussi indéniablement justes », a-t-elle estimé.

La ministre a ajouté que les personnes arrivant après avoir transité par un pays sûr comme la France ne seraient pas automatiquement intégrées dans le système, et que le gouvernement « empêcherait les personnes les moins scrupuleuses d’abuser du système en se faisant passer pour des enfants ».

Réduire l’immigration était une promesse des partisans du Brexit réunis dans l’organisation Vote Leave, dont l’actuel Premier ministre Boris Johnson était une figure emblématique, lors du référendum de 2016 sur l’appartenance à l’UE.

Les organisations caritatives ont critiqué ces propositions, affirmant qu’elles créeraient un système injuste à deux vitesses. « C’est inhumain », a estimé Mike Adamson, directeur général de la Croix-Rouge britannique.Avec

Avec Reuters par (Elizabeth Piper, version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Brexit : les réactions des responsables politiques après l’annonce d’un accord historique

décembre 24, 2020

Quelques minutes après l’annonce de l’accord commercial tant espéré, les réactions n’ont pas tardé. Tour d’horizon.

«Deal is done!» Plus de quatre ans après le référendum du Brexit le 23 juin 2016, Londres et Bruxelles se sont finalement entendus sur un accord commercial post-Brexit historique à la veille de Noël, et à une semaine de la rupture définitive au 1er janvier 2021.

Les États membres de l’Union européenne devront désormais voter une procédure d’application provisoire de l’accord, afin qu’il entre en vigueur dès le premier jour de la nouvelle année. Le Parlement européen ne se prononcera pas avant 2021. Son feu vert est indispensable pour l’entrée en vigueur officielle de l’accord.

Quelques minutes après l’annonce de l’accord, les réactions des responsables politiques de l’Europe des Vingt-Sept et outre-Manche n’ont pas tardé. Tour d’horizon.

  • Un accord «équitable, équilibré et juste», pour la présidente de la Commission européenne

«Cet accord est équitable, équilibré et juste. Nous pouvons finalement laisser le Brexit derrière nous, l’Europe continue d’avancer», a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse. Le Royaume-Uni restera «un partenaire digne de confiance» de l’Union européenne, a-t-elle ajouté.

  • Le négociateur européen Michel Barnier, entre soulagement et tristesse

Le négociateur européen, Michel Barnier, a exprimé son soulagement, ajoutant en parlant de l’accord dont il s’est occupé qu’il était « teinté d’une certaine tristesse, quand on compare ce qu’il y avait avant et ce qui nous attend désormais ».

«Après quatre ans d’efforts collectifs pour préserver la paix et la stabilité et pour protéger nos citoyens et notre marché, je vous remercie tous. Aujourd’hui, c’est un jour de soulagement avec quelques ombres au tableau si l’on compare ce qu’il y avait auparavant avec ce qu’il y a devant nous», a déclaré le Français.

Les réactions outre-Manche n’ont pas tardé

  • Boris Johnson, premier ministre britannique

Outre-Manche, les réactions des responsables politiques n’ont pas tardé. À commencer par le premier ministre britannique. Quelques minutes après l’annonce de l’accord, Boris Johnson a posté sur Twitter une photo de lui exultant, bras écartés et pouces levés, avec pour légende : « L’accord a été trouvé », ajoutant qu’il s’agissait d’un accord «bon pour toute l’Europe ».

Plus tard lors d’une conférence de presse , le premier ministre a estimé que le Royaume-Uni a repris le contrôle de son destin. «Nous avons repris le contrôle de nos lois et de notre destin», a-t-il martelé. «Nous avons accompli notre plus grand accord commercial», a-t-il avancé, estimant que cet accord post-Brexit est «bon pour toute l’Europe».

La secrétaire d’État au commerce international britannique, Liz Truss, a salué la nouvelle sur Twitter« Nous aurons une relation commerciale solide avec l’UE et approfondirons nos échanges avec nos partenaires dans le monde entier grâce à notre politique commerciale indépendante », a-t-elle écrit.

Par ailleurs, l’ancien premier ministre britannique David Cameron, instigateur de l’organisation du référendum sur le Brexit, a également félicité l’entente entre l’Europe des Vingt-Sept et le Royaume-Uni. «L’accord commercial est vraiment bienvenu», a-t-il écrit.

  • L’Ecosse remet l’indépendance sur la table

De son côté, l’Écosse en a profité pour remettre l’indépendance sur la table. La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, membre du parti indépendantiste, a estimé qu’il était grand temps pour la province britannique de devenir une « nation européenne indépendante », après la conclusion de l’accord.

« Le Brexit arrive contre la volonté du peuple d’Écosse [qui avait voté à 62 % contre la sortie de l’UE] » , a tweeté Nicola Sturgeon, soulignant qu’« aucun accord ne pourra jamais compenser ce que le Brexit nous enlève »« Il est temps de tracer notre propre avenir en tant que nation européenne indépendante », a-t-elle affirmé, alors que Londres refuse à l’Écosse un nouveau référendum sur l’indépendance.

L’Europe des Vingt-Sept satisfaite

  • Le président français Emmanuel Macron salue «la fermeté européenne »

Emmanuel Macron n’a également pas tardé à réagir. «L’unité et la fermeté européennes ont payé. L’accord avec le Royaume-Uni est essentiel pour protéger nos citoyens, nos pêcheurs, nos producteurs. Nous nous assurerons que c’est bien le cas. L’Europe avance et peut regarder vers l’avenir, unie, souveraine et forte», a ainsi tweeté le président français.

La ministre française de la Mer, Annick Girardin, très concernée par le dossier ô combien délicat de la pêche entre les deux parties, a également salué l’accord. «Ces négociations ont été dures mais l’accord permet à la Manche de rester un espace pacifié de pêche», a réagi la ministre sur Twitter.

  • La chancelière allemande satisfaite

Outre-Rhin, la chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «confiante» dans le fait que l’accord obtenu à l’arraché entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur leur future relation commerciale constituait «un bon résultat».

«Je suis très confiante dans le fait que nous avons ici un bon résultat», a-t-elle indiqué dans communiqué. «Avec cet accord, nous jetons les bases d’un nouveau chapitre dans nos relations. Le Royaume-Uni continuera d’être un partenaire important pour l’Allemagne et pour l’Union européenne en dehors de l’Union», est-il indiqué.

  • La Belgique salue une concurrence loyale

De son côté, le premier ministre belge Alexander De Croo a déclaré que l’accord commercial sur le Brexit conclu avec l’Union européenne jeudi offre la possibilité de maintenir une relation solide avec le Royaume-Uni et «fournit des garanties cruciales pour une concurrence loyale pour nos entreprises».

  • En Irlande, un accord post-Brexit «bienvenu »

Enfin, l’Irlande a estimé que l’accord commercial protège ses intérêts aussi bien qu’on aurait pu l’espérer, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Simon Coveney.

Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a lui salué la conclusion de l’accord, son chef de la diplomatie se réjouissant que soit évité le retour d’une frontière physique sur l’île d’Irlande. « Un accord de Brexit est vraiment le bienvenu après quatre longues années de négociations », a réagi Micheal Martin, estimant qu’un tel accord permettra désormais de se concentrer sur « [leur] gestion d’une bonne relation dans les années à venir ».

avec Le Figaro par Claudia Cohen

Brexit: Londres refusera que l’UE lui impose ses règles

février 17, 2020
Le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.
Le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost. Reuters

Le gouvernement britannique n’acceptera pas que l’Union européenne lui impose certaines règles en matière d’environnement, de droit du travail ou d’aides d’Etat dans sa future relation avec le continent, a prévenu lundi le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

«Il est essentiel pour nous de pouvoir établir des lois qui nous conviennent, de revendiquer le droit que possède tout autre pays non membre de l’UE dans le monde», a-t-il affirmé lors d’une intervention à l’université libre de Bruxelles (ULB). «Il ne s’agit pas d’une simple position de négociation qui pourrait changer sous la pression. C’est l’objectif même de l’ensemble du projet», a insisté le négociateur du Royaume-Uni, qui est entré depuis son départ de l’UE le 31 décembre dans une période de transition jusqu’à la fin de l’année.

«Relation d’égal à égal»

Le discours très attendu de David Frost a lieu au moment où les États membres de l’UE élaborent un mandat pour leur propre négociateur, Michel Barnier, fixant leurs objectifs et leurs lignes rouges dans la négociation. Les Européens souhaitent que le Royaume-Uni s’engagent dans la future relation à respecter les mêmes règles que l’UE, voire à s’y adapter «au fil du temps» dans plusieurs domaines (environnement, concurrence, fiscalité, droit du travail…) afin d’éviter les distorsions de concurrence, en échange d’un accès privilégié au marché européen.

Ces garanties semblent indispensables aux Européens étant donné la proximité géographique et économique du Royaume-Uni. L’UE aimerait également que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) garde le dernier mot pour interpréter le droit de l’Union, en cas de différend entre Londres et Bruxelles. «Penser que nous pourrions accepter une supervision de l’UE sur des questions dites d’égalité des conditions de concurrence («level playing field», ndlr), c’est ne pas comprendre l’intérêt de ce que nous faisons», a commenté David Frost. «Comment réagiriez-vous si le Royaume-Uni exigeait que, pour se protéger, l’UE s’harmonise de manière dynamique avec nos lois nationales décidées à Westminster et les décisions de nos propres régulateurs et tribunaux ?», a-t-il interrogé.

Le négociateur du Royaume-Uni a rappelé que Londres espérait conclure un accord de libre-échange du même type que ceux récemment négociés par l’UE avec le Canada ou le Japon. «Pour fait court, tout ce que nous voulons c’est ce dont bénéficient les autres pays indépendants», a-t-il résumé. «S’il est donc vrai, comme nous l’ont dit nos amis de la Commission et des 27, que l’UE souhaite une relation durable et viable (…), la seule façon de progresser est de s’appuyer sur cette approche d’une relation d’égal à égal», a-t-il conclu. Les négociations entre Londres et Bruxelles devraient commencer début mars et s’achever d’ici la fin de l’année.

Par Le Figaro avec AFP

Brexit: Von der Leyen n’exclut pas une prolongation de la transition

décembre 26, 2019

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doute que le Royaume-Uni et les Vingt-Sept aient le temps nécessaire pour parvenir à un accord sur leurs futures relations d’ici à la fin de l’année prochaine et se prononce vendredi dans Les Echos en faveur d’un réexamen de la durée de la transition. «Je suis très inquiète devant le peu de temps dont nous disposons. Il ne s’agit pas seulement de négocier un accord de libre-échange, mais de nombreux autres sujets», souligne-t-elle dans une interview accordée au quotidien économique.

Le Brexit est fixé au 31 janvier prochain. Commencera alors une période de transition courant jusqu’au 31 décembre 2020 censée permettre aux deux parties de s’entendre sur les modalités de leur future relation, notamment commerciale. Dans l’intervalle, les règles européennes continueront de s’appliquer au Royaume-Uni.

Fort de son triomphe aux élections générales anticipées du 12 décembre dernier, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a exclu de prolonger cette transition et l’a fait voter par la nouvelle Chambre des communes.

Mais Ursula von der Leyen doute qu’il soit possible de tenir ce calendrier. «Il me semble que, des deux côtés, nous devrions nous demander sérieusement si toutes ces négociations sont faisables en si peu de temps», indique-t-elle dans Les Echos. «Je crois, ajoute-t-elle, qu’il serait raisonnable de faire le point en milieu d’année et, si nécessaire, de s’entendre sur une extension de la période de transition.»

Par Le Figaro avec Reuters

Brexit: vers la grande explication électorale

octobre 29, 2019

 

Le Parlement britannique a donné son feu vert mardi soir pour la tenue d’élections le 12 décembre.

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Le premier ministre britannique, Boris Johnson, s’adresse à la chambre des communes du Parlement, mardi à Londres. HO/AFP

Après des mois d’escarmouches parlementaires, partisans et adversaires du Brexit vont s’affronter dans les urnes. Le Parlement a donné son feu vert mardi soir. Les Britanniques vont bien voter avant Noël, pour la première fois à cette époque de l’année depuis 1923…

Dénonçant une fois de plus «l’obstructionnisme parlementaire», Boris Johnson a déclaré que des élections étaient «la seule façon maintenant de faire avancer ce pays». Et bien sûr de mener à bien le Brexit. Pour le premier ministre, l’horizon électoral s’est ouvert le week-end dernier avec le basculement de deux partis d’opposition – les Libéraux démocrates et le SNP écossais – se prononçant pour un scrutin anticipé. Il s’est définitivement dégagé mardi matin, quand le patron du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, jusqu’à présent debout sur les freins, s’est dit lui aussi prêt à aller aux urnes. Le Parlement sera dissous le 6 novembre.

Lundi, la Chambre des communes avait rejeté une première motion proposant la tenue du scrutin le 12 décembre. Mais mardi soir, elle a accueilli favorablement une nouvelle tentative du premier ministre, en adoptant une loi fixant au 12 décembre ces mêmes élections anticipées après avoir rejeté un amendement de l’opposition plaidant pour le 9 décembre. Pour emporter l’adhésion de l’opposition, Boris Johnson a accepté de ne pas pousser parallèlement son accord de retrait, ce qui a suscité quelques toussotements dans les rangs conservateurs.

Un non à des élections un jour, un oui le lendemain, d’étranges chicaneries sur la date du scrutin – 9, 11 ou 12 décembre -, les derniers développements du Brexit peuvent laisser perplexes. Derrière ces prises de position fluctuantes, il y a un mélange de défiance extrême et de calculs électoraux. La soudaine décision des Libéraux démocrates, farouchement anti-Brexit, de soutenir un scrutin pouvant doter Boris Johnson d’une majorité lui permettant de réaliser ce même Brexit, a pu surprendre. Les lib-dems ont compris que le vote d’un second référendum était compromis et que le «deal» de Johnson risquait de passer avec des voix du Labour. Surtout, leur dirigeante, Jo Swinson, a fait ses comptes. Le parti revient de loin et entend bien continuer sa remontée. Or, une fois le Brexit effectif, les lib- dems pourraient ne plus avoir grand-chose de saillant à proposer aux électeurs. Qui plus est, ils espèrent profiter de la mauvaise passe du Labour et de sa position ambiguë sur le Brexit. Le SNP (Parti national écossais), lui, espère voler des voix à des conservateurs qui veulent de facto faire sortir l’Écosse malgré elle de l’UE.

Crédibilité économique

De son côté, le Labour ne pouvait se permettre d’être la seule formation d’opposition à refuser un scrutin que, par ailleurs, il appelle depuis longtemps de ses vœux. À partir du moment où l’élection devenait inéluctable, il s’exposait à l’aborder encore plus affaibli par sa frilosité. Jeremy Corbyn a justifié son revirement. «Notre condition d’exclure une sortie sans accord est désormais remplie», avec le nouvel ajournement du Brexit accepté par l’UE, a-t-il dit. Il a promis «la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale pour un véritable changement que notre pays ait jamais vue». Un ancien poids lourd du parti, Peter Mandelson, a pourtant averti que le Labour manquait de crédibilité économique. Pour l’ancien ministre, les projets de nationalisation des services publics et de renforcement des syndicats risquent de «réaffirmer la pensée étatiste que le Nouveau Labour avait désavoué».

Boris Johnson a incontestablement remporté ce dernier bras de fer. Il reste à savoir s’il réussira à se doter d’une majorité absolue. Afin de rassembler, il vient de réintégrer dans le parti 10 des 21 députés conservateurs rebelles, dont Nicholas Soames, le petit-fils de son cher Winston Churchill. Pour l’heure, les sondages sourient aux Tories, qui devancent le Labour de 10 à 15 points. Mais les campagnes électorales ont leurs mystérieuses dynamiques et la saga du Brexit a appris à se défier de la rationalité…

Le Figaro.fr par Arnaud de La Grange, Correspondant à Londres

Brexit : les députés britanniques compromettent une sortie de l’UE le 31 octobre

octobre 22, 2019

 

Réagissant à ce revers, le premier ministre Boris Johnson a annoncé la suspension du projet de loi.

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Boris Johnson s’adressant aux députés, mardi au Parlement britannique, avant les votes décisifs pour le Brexit. Jessica Taylor / AFP

C’est une première étape capitale que vient de franchir Boris Johnson. Après des semaines d’embuscades parlementaires, les députés ont voté positivement sur le texte qui traduit dans la loi britannique son accord de retrait de l’UE, le WAB (Withdrawal Agreement Bill). Ils l’ont soutenu par 329 voix contre 299, soit une confortable majorité. Le Parlement ayant refusé de se prononcer sur l’accord de Brexit arraché à Bruxelles dans son ensemble, Boris Johnson avait choisi de contourner l’obstacle en leur soumettant la législation technique nécessaire à sa mise en œuvre.

En revanche, après ce soutien initial, Boris Johnson a perdu un deuxième vote tout aussi important. Les députés ont rejeté par 322 voix contre 308 son calendrier d’examen du WAB. Or, de ce «programme» dépendait la possibilité ou non pour Boris Johnson de tenir sa promesse de sortie de l’UE au 31 octobre, alors que l’on est à huit jours de l’échéance.

Suspension du projet de loi

Forcé samedi par ses opposants de demander un report du Brexit à Bruxelles, le premier ministre est d’autant plus désireux d’accélérer les choses. Se félicitant du premier vote mais déplorant le revers sur le calendrier, Boris Johnson a annoncé la suspension du projet de loi tout en se disant toujours déterminé à sortir de l’UE le 31 octobre «avec cet accord», une échéance qui paraît pourtant compromise. Il attend désormais la réaction des Européens avec qui il va se consulter.

Boris Johnson voulait un travail législatif au pas de charge, en trois jours, demandant aux élus de siéger « jour et nuit » s’il le fallait. Mais cet examen express d’un texte aussi important a fait grincer les dents de nombreux députés. Le document qui leur a été remis lundi soir fait 110 pages, auxquelles il faut ajouter des notes explicatives qui épaississent sérieusement le dossier.

L’ancien chef de cabinet de Theresa May, Gavion Barwell, admettait qu’il s’agissait d’un texte législatif « long et complexe ». Un think-tank faisait remarquer que les Communes disposeront de moins de temps pour débattre de ce texte majeur qu’ils n’en ont eu pour discuter d’une loi interdisant le recours à des animaux sauvages dans les cirques…

Dans la journée, après avoir redit que le pays était fatigué de ces interminables joutes parlementaires et qu’il était temps de « tourner la page », Boris Johnson avait fait monter la pression. Il avait menacé de retirer son projet de loi et de demander des élections anticipées si les parlementaires refusaient la feuille de route qu’il proposait.

En fait, des sources de Downing Street laissaient entendre qu’il serait disposé à une courte extension, le temps que son texte soit examiné, mais pas à un report de trois mois. « Si le Parlement refuse de laisser le Brexit se faire et décide de tout repousser à janvier ou même plus tard, le texte devra être retiré et nous devrons aller vers des élections anticipées » avait déclaré Boris Johnson devant la Chambre des communes. De son côté, le Labour s’est dit disposé à discuter d’un nouveau calendrier pour trouver un compromis.

Vers une batterie d’amendements

Le parcours du combattant n’est pas terminé pour Boris Johnson. L’opposition entend bien mettre sur sa route toute une batterie d’amendements. L’un proposerait le maintien dans une union douanière avec l’UE. Il pourrait rassembler assez de voix, même si une telle proposition avait déjà été rejetée par le Parlement il y a quelques mois. Pour les Brexiters, elle est inacceptable car un tel maintien empêcherait Londres de négocier librement de nouveaux accords commerciaux.

Un autre amendement possible concerne la tenue d’un référendum « de confirmation » de l’accord de sortie, ce qui revient de facto, à la possibilité d’annuler purement et simplement la procédure de divorce avec les Européens. D’ex-députés conservateurs mettraient aussi comme condition à leur soutien l’adoption d’un amendement empêchant toute sortie sans accord à la fin de la période de transition en décembre 2020.

Des amendements inacceptables, « sabotant » son « deal », seraient un autre motif pour Boris Johnson de retirer son texte d’accord. Si la sortie de l’UE était reportée et que le combat se portait sur le terrain électoral, le premier ministre a averti qu’il ferait campagne sous le slogan « Let’s get Brexit done ».

Il est à peu près impossible à un citoyen lambda qui a un travail de suivre les derniers développements du Brexit

Tony Blair

Pour l’heure, le Parti travailliste continue à dire qu’il ne soutiendra la tenue d’un scrutin anticipé que si un délai pour le Brexit est définitivement acquis, afin de s’assurer qu’une sortie sans accord ne soit pas possible. Mais si ce report est acté, il lui sera difficile de refuser plus longtemps une élection qu’il redoute, car les sondages ne lui sont pour l’heure guère favorables.

Tony Blair a décrit assez bien la confusion qui règne dans le pays pendant que l’on ferraille à Westminster. « Il est à peu près impossible à un citoyen lambda qui a un travail de suivre les derniers développements du Brexit. » Ajoutant : «C’est devenu aussi complexe que la science balistique… »

Le Figaro.fr par Arnaud de La Grange Correspondant à Londres

Royaume-Uni : le président du Parlement refuse un nouveau vote sur l’accord de Brexit

octobre 21, 2019

 

Le «speaker» de la Chambre des communes, John Bercow, a refusé de soumettre au vote des députés, ce lundi, l’accord de Brexit conclu entre Londres et l’Union européenne, expliquant que la motion avait déjà été examinée samedi.

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Un accord a finalement été trouvé entre Londres et Bruxelles ce jeudi 17 octobre. HENRY NICHOLLS/REUTERS

L’histoire se répète. Comme Theresa May avant lui, le premier ministre Boris Johnson a trouvé un «deal» avec Bruxelles, mais la Chambre des communes, où il a de facto perdu sa majorité depuis septembre, ne l’a pas approuvé, samedi, préférant le repousser tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée au Parlement.

Malgré ce vote qui a permis à l’opposition de gagner du temps, le gouvernement britannique a demandé, ce lundi 21 octobre, à ce que le texte du «deal» soit de nouveau examiné par les «MP» (members of parliamant). Mais le «speaker» de la Chambre, John Bercow, s’y est opposé, estimant que les députés se sont déjà prononcé sur le texte, il y a «moins de 49 heures». Ce serait «répétitif» et «désordonné», a jugé l’europhile John Bercow, qui a en revanche invité le gouvernement de Boris Johnson à soumettre les projets de loi d’application du Brexit à l’examen du Parlement dès ce lundi s’il le souhaite.

Sans l’aval des députés britanniques, le Brexit avec accord ne peut pas avoir lieu tandis que l’heure tourne, la date-butoir étant toujours fixée au 31 octobre. En sait-on plus sur ce qui va se passer ?

Le bref espoir d’une sortie de crise

Jeudi 17 octobre 2019, quelques heures avant l’ouverture d’un sommet européen très attendu, le premier ministre Boris Johnson et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont affirmé qu’ils étaient parvenus à un «accord de Brexit» qualifié de «juste et équilibré à la fois pour l’UE et la Royaume-Uni» par le Luxembourgeois et d’«excellent» par le Britannique. Le plus difficile restait à obtenir : l’aval des députés britanniques.

Le samedi 19 octobre 2019, Boris Johnson a convoqué la Chambre des communes pour obtenir ce précieux sésame. Un événement : la chambre n’avait pas siégé un samedi – «Big saturday» – depuis la guerre des Malouines en 1982. Las, les députés d’opposition ont voté en faveur d’un report du vote sur l’accord.

Nouveau vote ?

Aussitôt le même jour, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg a déclaré que le gouvernement soumettrait derechef l’accord de Brexit à un débat et à un vote dès ce lundi 21 octobre. Mais c’est au «speaker» (président, NDLR) de la Chambre des communes, John Bercow, de décider de l’ordre du jour. Ce personnage haut en couleur, notoirement défavorable au Brexit et régulièrement critiqué pour le choix des amendements qu’il met en avant, a annoncé, ce lundi après-midi, qu’il refusait un nouveau débat.

Plusieurs parlementaires lui avaient auparavant rappelé qu’il avait lui-même exhumé sous le gouvernement de Theresa May, en mars dernier, une disposition remontant à 1604 et interdisant qu’une même question soit soumise deux fois à un vote lors d’une même session parlementaire. «J’ai été surpris par cette affaire, comme d’autres l’ont été, a commenté Bercow après l’annonce de Rees-Mogg. Le gouvernement n’est pas l’arbitre de ce qui est régulier.»

Nouveau délai ?

Une majorité de députés d’opposition sont opposés tant à l’accord négocié par Boris Johnson qu’à la solution d’un «Brexit sans accord» qui, faute de «deal», se déclencherait automatiquement le 31 octobre, à moins que Londres ne demande à Bruxelles un nouveau report et que l’ensemble des 27 Etats membres l’accepte.

C’est dans cette optique que l’opposition à la Chambre des communes, qui contrôle depuis le début du mois de septembre l’agenda parlementaire, a fait voter la loi Benn dite «anti-no deal», qui force Boris Johnson à demander un report à Bruxelles s’il n’a pas obtenu de nouvel accord ou s’il n’a pas de majorité à la Chambre en faveur d’un Brexit sans accord. Tentant de la contourner, le premier ministre a en réalité envoyé trois lettres au président du Conseil européen, Donald Tusk : une première, non signée, dans laquelle il demande un report ; une deuxième dans laquelle il indique que ce report serait une erreur ; une troisième dans laquelle l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne précise que cette demande de report est une obligation légale.

Ce lundi, saisie d’une plainte sur le sujet, la plus haute juridiction d’Ecosse, la Court of Session, doit justement se pencher sur la question de savoir si, par ce stratagème des trois lettres, Boris Johnson enfreint la loi Benn, ce que les juristes du gouvernement contestent.

Une majorité pour Boris Johnson ?

Dans la foulée de la décision des députés, samedi, de repousser le vote sur l’accord de Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée, Boris Johnson a déclaré aux parlementaires que son gouvernement soumettrait cette semaine les actes législatifs nécessaires. On s’attend à ce que ce processus parlementaire débute ce mardi 22 octobre. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le gouvernement pensait disposer du nombre de voix nécessaire pour faire passer ces législations. Les 21 conservateurs frondeurs, exclus le mois dernier pour s’être opposés à Boris Johsnon, pourraient cette fois-ci soutenir le gouvernement. «Il dispose d’une coalition fragile mais sincère», a résumé l’ancienne ministre Amber Rudd, démissionnaire il y a quelques semaines, mais qui devrait aussi s’associer au vote.

Reste que la situation est difficile pour Boris Johnson : vu les équilibres politiques mouvants au sein de la Chambre des communes, l’opposition travailliste pourrait profiter du vote de ces actes législatifs pour tenter de faire passer des amendements, visant, par exemple, à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne voire à introduire un référendum de confirmation de l’accord, ce qui ferait resurgir dans le débat outre-Manche l’hypothèse d’une annulation du Brexit.

Des élections anticipées ?

Si, finalement, l’accord de Brexit n’était pas approuvé avant le 31 octobre, les Européens pourraient décider de se résigner à accorder un nouveau délai au Royaume-Uni, qu’il s’agisse d’un «report technique» de quelques jours (pour achever le travail législatif en cours au sein de la Chambre des communes) ou d’un report plus politique qui pourrait courir jusqu’au 31 janvier 2020 (délai évoqué par Boris Johnson dans sa lettre numéro une). Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé samedi en fin de soirée qu’il allait entamer des consultations avec les dirigeants des Vingt-Sept.

Les Européens pourraient somme toute se satisfaire d’un report de durée raisonnable pour laisser le temps aux Britanniques d’organiser des élections anticipées. Si Boris Johnson les remporte, l’actuel premier ministre disposera d’une nouvelle Chambre des communes, où il disposera d’une majorité pour mettre en oeuvre, finalement, l’accord de Brexit. Un scénario qui pourrait apparaître comme la meilleure solution du point de vue de Londres et Bruxelles, vu le blocage à Westminster qui a déjà causé la chute du gouvernement de Theresa May.

Tant les conservateurs de Boris Johnson que l’opposition travailliste disent vouloir de nouvelles élections. Mais le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, refuse de bouger sur ce front tant que le risque d’un Brexit sans accord ne sera pas écarté. Il sait aussi que les sondages ne lui sont pas favorables. Au contraire, Johnson, dont le parti est en tête dans les études d’opinion, pourrait profiter de l’exaspération des Britanniques envers l’actuelle chambre, une majorité d’entre eux souhaitant en finir avec l’incertitude.

Par Le Figaro.fr par Alexis Feertchak

Le Brexit : Londres publie un rapport révélant des risques de pénurie

septembre 11, 2019

FILE PHOTO: Britain's PM Johnson meets with Ireland's PM (Taoiseach) Varadkar in Dublin

Le rapport «Operation Yellowhammer» accroît la pression sur le Premier ministre Boris Johnson, qui a promis de mener à bien le Brexit d’ici le 31 octobre. Phil Noble/Reuters

Le rapport de l’«Opération Yellowhammer» souligne l’état d’impréparation du royaume face aux périls qui le guettent le 31 octobre, en cas de sortie de l’UE sans accord : inflation, pénuries et tensions sociales.

Le gouvernement britannique a publié ce mercredi 11 septembre les conclusions du dossier «Opération Yellowhammer», qui évalue les conséquences les plus brutales d’un Brexit sans accord. Les députés britanniques avaient voté la semaine dernière pour forcer leur gouvernement à publier les détails de ce rapport, mis au point dans l’éventualité d’un Brexit sans accord, ce qu’il a fait mercredi.

Des extraits avaient dejà fuité au mois d’août et faisaient état d’un risque de pénuries de nourriture, de carburants et de médicaments, de blocage des ports et du rétablissement de la frontière physique en Irlande. L’état de préparation du public et du secteur marchand en cas de Brexit sans accord reste « faible » au Royaume-Uni, confirment les documents officiels rendus publics ce mercredi.

La traversée de la Manche risque d’être singulièrement perturbée en cas de no-deal. Jusqu’à 85% des poids-lourds britanniques pourraient ne pas être en mesure de franchir les contrôles douaniers français, entraînant une baisse de «40 à 60% du niveau actuel» de circulation. Ces délais devraient affecter non seulement le trafic entre Douvres et Calais, mais aussi Gibraltar, territoire britannique au sud de l’Espagne, en raison de la mise en place de contrôles douaniers à sa frontière avec l’Union européenne.

Ces perturbations pourraient durer trois mois et « avoir un impact sur l’approvisionnement en médicaments et matériel médical », ainsi qu’en produits frais. Ils pourraient même à terme entraîner d’importants mouvements de mécontentement dans le pays, voire des émeutes. Des accrochages pourraient également éclater dans les zones de pêche entre pêcheurs britanniques et étrangers, indique le rapport, qui met aussi en garde contre «une possible augmentation des désordres publics et des tensions communautaires.»

Pénurie, inflation et tensions

Si le rapport ne prévoit de grave pénurie alimentaire, il prédit en revanche que les consommateurs britanniques auront moins de choix sur les étals et que l’inflation qui ne manquera pas de s’ensuivre risque d’affecter en premier lieu les populations les plus vulnérables.

Une pénurie de médicaments vétérinaires risque en outre de limiter la capacité du pays à prévenir et contrôler des épizooties dans le futur, prévient le rapport, qui souligne le risque accru pour la santé publique et l’auto-suffisance alimentaire du pays.

Certaines régions, notamment Londres et le sud-est du pays, pourraient également être affectées par des pénuries de carburant. Ailleurs, les réflexes de stockage des consommateurs pourraient rendre la situation tendue. Si l’augmentation des prix à la pompe devrait concerner tous les Britanniques, elle impactera en premier lieu le niveau de vie des plus pauvres.

Le projet britannique de suppression des contrôles à la frontière irlandaise « s’avérerait probablement non viable en raison d’importants risques sur les plans économique, juridique et de biosécurité », selon ce document, qui évoque la possibilité de l’émergence d’un marché noir dans les communautés frontalières.

Le gouvernement a souligné qu’il était en train de «mettre à jour» le document, dont un paragraphe a été purement et simplement caviardé. «Il décrit ce qui pourrait se passer dans le pire des cas», a insisté le ministre en charge du Brexit, Michael Gove.

Mais ces mises en garde accroissent la pression sur le Premier ministre Boris Johnson, qui a promis de mener à bien le Brexit d’ici le 31 octobre, avec ou sans accord avec l’Union européenne. Il a essuyé mercredi un nouveau revers, lorsque la justice écossaise a déclaré «illégale» la suspension controversée du Parlement jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date prévue pour le Brexit.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Inquiets du Brexit, les Anglais se précipitent pour vendre leur logement

août 22, 2019

Boris

Les prix de l’immobilier à Londres ont chuté de plus de 4% sur les cinq premiers mois de l’année Crédits photo : ZGPhotography/Shutterstock

– Alors que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se précise, le nombre de ventes immobilières outre-Manche s’envole de plus de 6% sur un an. Du jamais vu depuis 2015.

Le nouveau premier ministre britannique Boris Johnson l’a assuré: le Royaume-Uni quittera l’Union européenne le 31 octobre. Une échéance qui inquiète les propriétaires immobiliers qui ne savent pas à quoi ressemblera le marché après le Brexit. Conséquence: le nombre de ventes s’accélère en août, selon une récente étude du plus grand portail immobilier du pays, Rightmove. Une hausse de 6,1% a ainsi été enregistrée par rapport à août 2018. Du jamais vu depuis 2015 pour un mois d’août, une période habituellement creuse en raison des grandes vacances.

Pour Rightmove, l’explication est claire: certes, la perspective du Brexit n’est une surprise pour personne. Mais désormais, la date de sortie du Royaume-Uni est connue. Dès lors, beaucoup de vendeurs, anticipant une baisse des prix de l’immobilier, se précipitent pour vendre au mieux leur bien. De leur côté, les acheteurs se frottent les mains. Avec une livre qui a perdu 20% de sa valeur face à l’euro en trois ans, les étrangers ont aussi de bonnes affaires à réaliser. «De plus en plus d’acheteurs ont compris que la période était propice aux achats. En règle générale, les acheteurs sont peu nombreux en août. Mais étant donné le contexte actuel, la concurrence est plus forte car les vendeurs sont plus disposés à accepter de baisser leur prix», explique Miles Shipside, analyste du marché immobilier de Rightmove

Même si l’affolement est rarement gage de succès, le marché immobilier britannique perd assurément de sa superbe. Les prix ne progressent quasiment plus: leur hausse est restée inférieure à 1% en juillet (+0,3%) pour le huitième mois consécutif, selon la banque mutualiste Nationwide. Pour s’offrir un logement au Royaume-Uni, vous devez débourser un peu moins de 218.000 livres (plus de 237.000 euros). À titre de comparaison, un logement coûte en moyenne 220.000 euros en France.

Ce ralentissement des prix est une aubaine pour les acheteurs et forcément moins pour les vendeurs. Conséquence: le nombre de propriétés qui changent de mains ne représente que 5% du total de maisons au Royaume-Uni, selon Nationwide. Un taux de rotation nettement inférieur à celui enregistré avant la crise (autour de 8%). Pire: à Londres, les prix ont reculé de plus de 4% sur les cinq premiers mois de l’année, selon les chiffres de l’Office for National Statistics. La plus forte baisse enregistrée depuis 2009.

 

Le Figaro.fr par Guillaume Errard

Le taux de chômage britannique au plus bas depuis 1974 malgré le Brexit

mai 14, 2019

Le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint son plus bas niveau depuis 1974.

Le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint son plus bas niveau depuis 1974. AFP

Le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint son plus bas niveau depuis 1974, à 3,8% au premier trimestre, signe de la solidité du marché de l’emploi malgré le Brexit, sans occulter le poids des inégalités dans le pays. Ce chiffre publié aujourd’hui par l’Office des statistiques nationales (ONS) dépasse les anticipations. La baisse du chômage, à son niveau le plus faible depuis la période d’octobre à décembre 1974, témoigne encore une fois de la solidité du marché du travail qui continue de créer des emplois malgré les incertitudes du Brexit.

Le taux d’emploi s’est maintenu à 76,1% pendant cette période, toujours à un sommet depuis le début de la compilation de ces statistiques en 1971. L’ONS explique cette performance par le fait que davantage de femmes travaillent entre 60 et 65 ans en raison d’une réforme des pensions des retraite. Celle-ci incite à travailler plus tard car elle recule la période d’indemnisation pleine.

Plusieurs économistes expliquent en outre les bons chiffres du chômage ces derniers mois par la décision d’entreprises d’embaucher plutôt que de lancer des projets d’investissements compte tenu du flou entourant les conditions de sortie de l’UE. Initialement prévu fin mars, le Brexit a été repoussé à fin octobre compte tenu du blocage politique dans le pays qui empêche la Première ministre Theresa May de faire adopter l’accord négocié avec Bruxelles.

Les bons chiffres de l’emploi ne masquent en outre pas un niveau préoccupant d’inégalités économiques et sociales au Royaume-Uni, comme le rappelle une étude du respecté organisme indépendant Institute for fiscal studies (IFS). Après dix ans d’austérité, les inégalités de revenus au Royaume-Uni sont les plus élevées parmi les pays riches à l’exception des Etats-Unis et se sont rarement faites autant sentir sur la société, si bien qu’elles représentent une menace pour la démocratie et la cohésion du pays, prévient l’étude.

De son côté, la puissante organisation syndicale TUC s’alarme dans une enquête également publiée aujourd’hui de salaires toujours inférieurs à ce qu’ils étaient avant la crise financière pour les travailleurs, notamment dans le secteur public, loin du florissant monde de la finance. «Il n’est pas juste que les salaires bondissent dans la City au moment où la plupart des travailleurs sont dans une situation pire qu’il y a dix ans», s’inquiète Frances O’Grady, sa secrétaire générale.

Par Le Figaro.fr avec AFP