Posts Tagged ‘Bruxelles’

Bond migratoire aux Canaries : Bruxelles veut plus de renvois vers les pays d’origine

novembre 6, 2020

Les migrants débarquant sur les îles espagnoles des Canaries et ne bénéficiant pas d’un statut de réfugié doivent être renvoyés dans leur pays d’origine, a plaidé vendredi 6 novembre la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, en déplacement sur l’archipel confronté à une explosion des arrivées clandestines.

«Nous avons beaucoup d’arrivées qui n’ont pas besoin de protection internationale, c’est pourquoi il est si important à présent d’augmenter les retours vers les pays d’origine et de transit», un sujet sur lequel «la Commission et l’Espagne travaillent», a déclaré Ylva Johansson lors d’une visite officielle sur l’île de Grande Canarie.

L’archipel espagnol situé au large des côtes nord-ouest de l’Afrique observe une explosion des arrivées de migrants clandestins, plus de 11.000 depuis le début de l’année d’après le ministère de l’Intérieur, soit sept fois plus que sur la même période en 2019.

«Fournir une protection internationale à ceux qui en ont besoin est une obligation morale, un droit fondamental, mais ceux qui n’ont pas besoin de cette protection internationale doivent retourner dans leur pays d’origine», a déclaré la Commissaire européenne.

Ylva Johansson a effectué sa visite au côté du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a annoncé la fermeture du camp d’Arguineguin sur l’île de Grande Canarie, débordé d’après la Croix Rouge, au profit des «terrains militaires de Polvorín de Barranco Sec» dans la ville de Las Palmas.

Depuis plusieurs mois, les migrants africains ont repris la route des Canaries de préférence à la Méditerranée en raison d’accords de contrôles frontaliers conclus avec la Libye, la Turquie et le Maroc.

Par Le Figaro avec AFP

Plan de relance européen : vers un échec des négociations ?

juillet 19, 2020

Les Vingt-Sept sont réunis depuis vendredi en sommet à Bruxelles pour tenter de s’entendre sur un plan de relance post-coronavirus.

L’ombre d’un échec plane sur le sommet européen qui se tient à Bruxelles depuis trois jours. Les dirigeants des vingt-sept États membres apparaissent profondément divisés sur le plan de relance économique post-coronavirus.

D’abord prévue à midi dimanche, la reprise du sommet a été reportée à un horaire inconnu pour laisser place à de multiples rencontres entre groupes de dirigeants, sous différents formats. «Pas avant 17h30», selon un porte-parole du Conseil européen. «À ce stade, il s’agit (…) de clarifier s’il est réellement possible de parvenir à un accord», s’est lamentée une source diplomatique espagnole. Les chances de trouver un accord n’étaient «pas fameuses», résumait une autre source diplomatique européenne.

«J’ai rarement vu en 7 ans des positions aussi diamétralement opposées, sur beaucoup de points», a observé le Luxembourgeois Xavier Bettel. Selon lui, trois points principaux sont «à clarifier» : le volume du fonds de relance, la façon d’administrer les fonds, et la corrélation avec le respect de l’État de droit. Et l’unanimité nécessaire des Vingt-Sept rend un compromis particulièrement difficile.

Dimanche matin, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union, n’écartait pas le risque d’un échec des négociations. «Il y a beaucoup de bonne volonté (…) mais il est aussi possible qu’aucun résultat ne soit obtenu aujourd’hui», a-t-elle déclaré. De son côté, le président français Emmanuel Macron avait prévenu que les «compromis» ne pouvaient pas se faire «au prix de l’ambition européenne».

Les deux dirigeants ont retrouvé dès le début de matinée le président du Conseil européen, Charles Michel, chef d’orchestre du sommet, pour décider de la marche à suivre, après 48 heures de discussions qui n’ont pas permis de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés «frugaux» (Danemark, Suède et Autriche, ainsi que la Finlande), très réservés sur ce projet. Ces cinq pays se sont également retrouvés de leur côté, avant de rencontrer les pays du sud, l’Italien Giuseppe Conte, l’Espagnol Pedro Sanchez et le grec Kyriakos Mitsotakis.

Réunion «très dure» samedi

Le deuxième jour de discussion, sous haute tension, s’était achevé dans la nuit de samedi à dimanche sur une réunion «très dure», selon plusieurs sources, entre le président français, la chancelière allemande et les dirigeants des quatre «frugaux» et de la Finlande.

Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d’emprunt de 750 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne, qui affronte une récession historique, adossé au budget à long terme de l’UE (2021-2027) de 1.074 milliards d’euros.

Charles Michel tentait de «tester» une nouvelle proposition chiffrée dimanche avant de rouvrir la séance plénière. Une option est de modifier la répartition entre prêts et subventions en augmentant la part des premiers à 300 milliards (contre 250 dans la proposition initiale) sans réduire la part des subventions directement destinées aux États pour soutenir leurs plans de relance.

France et Allemagne ont indiqué ne pas vouloir descendre sous la barre de 400 milliards pour la partie subventions. Les «frugaux» préfèrent nettement les prêts, que chaque État doit personnellement rembourser, aux subventions.

Par Le Figaro avec AFP

Données personnelles: Bruxelles dit enquêter sur les pratiques de Google

novembre 30, 2019

 

Les autorités de régulation des deux côtés de l’Atlantique s’intéressent à la façon dont les géants de la tech récoltent des données et les monétisent.

Les autorités européennes de concurrence enquêtent sur les pratiques de Google en matière de collecte de données, a déclaré la Commission européenne à Reuters samedi, laissant entendre que le moteur de recherche le plus populaire au monde reste en ligne de mire en dépit d’amendes records ces dernières années.

Les autorités de régulation des deux côtés de l’Atlantique s’intéressent à la façon dont les géants de la tech récoltent des données et les monétisent. L’exécutif européen a expliqué qu’il cherchait à savoir comment et pourquoi Google, filiale d’Alphabet, collectait des données, confirmant une information rapportée par Reuters vendredi. «La Commission a envoyé des questionnaires dans le cadre d’une enquête préliminaire sur les pratiques de Google en termes de collecte et d’utilisation des données. L’enquête préliminaire est en cours», a fait savoir le régulateur européen dans un email adressé à Reuters.

Selon un document que Reuters a pu consulter, le régulateur s’intéresse aux données liées aux services locaux de recherche, à la publicité en ligne, aux services de publicité ciblée, aux services d’authentification et aux navigateurs internet, entre autres choses.

Google explique utiliser les données pour améliorer ses services et fait valoir que les usagers peuvent gérer, effacer et transférer leurs données à n’importe quel moment.

La Commissaire européenne Margrethe Vestager a infligé plus de 8 milliards d’euros d’amendes à Google au cours des deux dernières et exigé des modifications de ses pratiques commerciales.

Par Le Figaro avec Reuters

Devoir de mémoire: Joutes oratoires entre Étienne Tshisekedi et Jean Nguza Karl I Bond à Bruxelles

juin 9, 2019

Revivez pour mémoire ce débat d’une rare succulence, sur un plateau télévisé, à Bruxelles,  entre deux anciens Premiers ministres décédés de Mobutu Sesse Seko !

Belgique/Bruxelles : Dernières images d’Étienne Tshisekedi dans son cercueil

mai 31, 2019

 

Publiée le 6 février 2017 par Les Léopards de la Presse. RDC

Bruxelles: Réunion Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi, Katumbi, Kamerhe et Muzito

septembre 13, 2018

 

De Bangkok à San Francisco en passant par Paris, des marches pour le climat

septembre 8, 2018

Des manifestants pour la lutte contre le dérèglement climatique, le 8 septembre 2018 à Parisn / © AFP / Philippe LOPEZ

De Bangkok à San Francisco en passant par Bruxelles, des dizaines de milliers de personnes ont pris part à des marches ce samedi dans de nombreuses villes à travers le monde, pour exiger des gouvernements qu’ils agissent enfin sérieusement contre le dérèglement climatique, en pleine préparation de la COP 24.

Près d’un millier d’événements étaient organisés dans une centaine de pays, dans le cadre de l’appel baptisé « Rise for climate » (« Debout pour le climat »).

Après des manifestations qui ont donné lieu à une faible participation en Asie, des rassemblements ont lieu en Europe, notamment à Paris et Bruxelles, puis devaient se tenir aux Etats-Unis avec San Francisco en point d’orgue.

« Les événements climatiques extrêmes menacent nos enfants. La seule façon de protéger notre avenir c’est une action pour le climat ambitieuse, et maintenant », a plaidé sur Twitter le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

En France, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, une mobilisation jamais vue pour l’environnement, l’ONG 350.org revendiquant 115.000 participants, dont 50.000 à Paris, où la préfecture de police a comptabilisé 18.500 personnes.

Actions pour le climat / © AFP / Laurence SAUBADU

Ces marches répondaient aussi à un appel lancé sur les réseaux sociaux par un jeune homme de 27 ans, après la démission du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui s’était plaint d’un manque de soutien populaire pour l’environnement.

– « plus grande journée » –

« C’est la plus grande journée d’action pour le climat en France, la preuve que les citoyens sont prêts à demander des comptes », a commenté à l’AFP Clémence Dubois, responsable des campagnes de 350.org en France.

« Je vais être papa en décembre, je veux qu’il ait une planète vivable », a expliqué l’initiateur de cette marche, Maxime Lelong.

Un bateau portant la bannière « Rise for climate » (Debout pour le climat) entre dans le port de Sydney, en Australie, le 8 septembre 2018, au début de la journée d’action mondiale pour le climat / © AFP / Saeed KHAN

700 scientifiques français ont lancé ce samedi un appel aux dirigeants, publié par le journal Libération, pour qu’ils passent « de l’incantation aux actes pour enfin se diriger vers une société sans carbone ».

A Bruxelles, un rassemblement devant le Parlement européen a réuni 1.300 personnes selon la police, à l’appel de Greenpeace et de la Coalition Climat, collectif d’associations et d’ONG de la société civile.

« L’idée était d’interpeller les élus et les gouvernements à partir de la capitale européenne. Il y a beaucoup de lobbies ici », a déclaré à l’AFP Kim Le Quang, un professeur participant au rassemblement.

Entre 10.000 (selon la police) et 15.000 personnes (d’après les organisateurs) ont manifesté à Copenhague. « Nous voulons que le Danemark atteigne la neutralité carbone en CO2 en 2040 », a indiqué à l’agence Ritzau Sarah Hellebek, porte-parole de la manifestation.

Banderoles de manifestants appelant à lutter contre le réchauffement climatique, lors de la marche pour le climat, à Marseille le 8 septembre 20180 / © AFP / Christophe SIMON

En Suède plus d’une centaine de personnes, dont la vice premier-ministre, la Verte Isabella Lövin, ont marché à Stockholm.

En Asie, c’est à Manille que la mobilisation a été la plus forte, avec 800 manifestants. L’un d’eux, habillé en dinosaure, tenait une pancarte « Go Fossil-free » (finissons-en avec les énergies fossiles »).

Cette journée d’action doit culminer avec une grande manifestation à San Francisco, où se tiendra à partir du 12 septembre le Sommet mondial des villes et entreprises pour le climat, organisé par le gouverneur de Californie en réponse à la politique anti-écologique de Trump.

A Bangkok, près de 200 manifestants se sont réunis devant le siège régional de l’ONU où est organisée jusqu’à dimanche une réunion de préparation du prochain sommet sur le climat, dit COP24, prévu en Pologne dans trois mois.

Le réchauffement climatique / © AFP /

Certains ont dénoncé l’arrêt de la contribution des Etats-Unis décidée par Donald Trump, un manifestant portant un masque du président américain.

« Nous condamnons le président Trump qui s’est retiré des accords de Paris », a déclaré Lidy Nacpil, représentante de l’Asian People’s movement in Debt and Developpement, mouvement asiatique réclamant plus d’implication des pays riches.

– Rôle de sape de Washington –

Des participants à cette réunion préparatoire de Bangkok ont également dénoncé samedi le rôle de sape joué selon eux par les Etats-Unis.

« Les Etats-Unis ne sont plus dans le jeu, mais c’est toujours eux qui imposent les règles », a dénoncé un négociateur.

En Australie, les organisateurs ont fait entrer dans le port de Sydney, face à son emblématique opéra, un bateau portant la bannière « Rise for climate ».

Et des centaines de manifestants se sont réunis devant les bureaux du Premier ministre Scott Morrison en l’appelant à « sortir le charbon de la politique ».

Romandie.com avec(©AFP / (08 septembre 2018 19h58)

Bruxelles propose la fin du changement d’heure dans l’UE

août 31, 2018

Genval (Belgique) – La Commission européenne a annoncé vendredi qu’elle allait proposer de mettre un terme au changement d’heure saisonnier dans l’UE, à la suite d’une consultation publique ayant reçu cet été un nombre record de réponses.

« Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir, c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela », a expliqué le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, à la chaîne de télévision allemande ZDF.

Environ 4,6 millions de réponses, en provenance des 28 Etats membres, ont été enregistrées au cours de cette consultation publique, qui s’est tenue du 4 juillet au 16 août.

Selon des résultats préliminaires, 84% des répondants, qui se sont exprimés via un questionnaire en ligne, sont favorables à la fin du changement d’heure.

« Lorsque l’on consulte les citoyens sur quelque chose il convient aussi ensuite de faire ce qu’ils souhaitent », a insisté Jean-Claude Juncker vendredi dans son entretien avec la ZDF.

« Le message est très clair », a pour sa part estimé à Bruxelles la commissaire européenne chargée des Transports, Violetta Bulc.

« Nous allons maintenant agir en conséquence et préparer une proposition législative pour le Parlement européen et le Conseil (qui représente les Etats membres, ndlr), qui décideront ensuite ensemble », a-t-elle précisé.

Selon la Commission, les opposants au changement d’heure ont mis en avant des « considérations relatives aux impacts négatifs sur la santé, à l’augmentation du nombre d’accidents de la route ou au manque d’économies d’énergie ».

Effets négatifs

Le changement entre heure d’été et d’hiver, introduit en Europe à l’origine pour réaliser des économies d’énergie, suscite une controverse permanente depuis des années.

Plusieurs pays du nord de l’Europe – Lituanie, Finlande, Pologne et Suède – réclament l’abandon de ce système.

La consultation publique de la Commission fait notamment suite à une résolution adoptée en février par les députés européens, réclamant une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure.

« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure, avaient souligné les eurodéputés dans un communiqué.

« La directive actuelle, entrée en vigueur en 2001, fixe pour l’ensemble de l’UE une date et une heure harmonisées pour le début et la fin de la période de l’heure d’été, l’objectif étant d’aider le marché intérieur à fonctionner de façon efficace », rappellent-ils dans un communiqué.

Depuis 1996, tous les Européens avancent leur horloge d’une heure le dernier dimanche de mars et la reculent d’une heure le dernier dimanche d’octobre.

Les résultats de la consultation publique laissent apparaître que les Allemands sont particulièrement intéressés par le sujet, puisque 3,79% de leur population ont répondu au questionnaire.

Ils sont suivis par les Autrichiens (2,94%) et les Luxembourgeois (1,78%). Dans tous les autres pays, moins d’1% de la population s’est manifesté.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2018 10h54)                                                        

Un attentat contre l’opposition iranienne déjoué en France, un couple arrêté à Bruxelles

juillet 2, 2018

Des policiers et des militaires belges devant le palais de justice de Bruxelles le 20 novembre 2015 / © BELGA/AFP/Archives / NICOLAS LAMBERT

Un couple de Belges d’origine iranienne a été arrêté samedi à Bruxelles pour avoir planifié un attentat à l’explosif le même jour contre un rassemblement de l’opposition iranienne en France, et inculpé, a annoncé lundi le parquet fédéral spécialisé dans les affaires de terrorisme.

Le couple a été interpellé dans une commune de Bruxelles en possession de 500 grammes d’explosif dans sa voiture. Il est soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, près de Paris, lors d’un rassemblement organisé par les Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), a précisé le parquet dans un communiqué.

Tous deux ont été inculpés lundi de « tentative d’attentat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste ».

Un diplomate iranien, contact du couple, a été interpellé en Allemagne et une autre de leurs relations a été arrêtée en France, a annoncé le parquet.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n’a été communiquée sur leurs résultats.

« L’attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l’Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes », a affirmé le parquet.

Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été interceptés samedi à bord de leur véhicule Mercedes dans lequel les policiers ont découvert « environ 500 grammes de TATP » (Trirpéroxyde de triacétone), explosif utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 notamment.

S’y trouvait également « un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette », précise le communiqué. Les services de déminage ont été appelés pour faire sauter l’explosif de manière contrôlée.

Leur cible était une conférence organisée par les Moudjahidine du Peuple Iranien, un parti d’opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, à laquelle ont assisté près de 25.000 personnes samedi, a précisé le parquet.

Le ministre Belge de l’Intérieur Jan Jambon a indiqué sur Twitter qu’il n’a à aucun moment été question de projets d’attentats en Belgique. L’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace en Belgique, a maintenu inchangé le niveau de la menace, a-t-il précisé.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 15h41)

Migration: un mini-sommet européen pour éviter les divisions

juin 23, 2018

Des femmes posent devant des drapeaux de l’Europe à Bruxelles le 5 mai 2018 / © AFP/Archives / JOHN THYS

Les dirigeants de seize pays européens vont tenter dimanche à Bruxelles d’apaiser les tensions dans l’UE face au défi migratoire, encore illustrées par un bras de fer autour du navire transportant des migrants à qui l’Italie et Malte ont refusé samedi l’accostage.

Désormais tous d’accord pour renforcer les frontières extérieures de l’UE, les Européens n’en finissent plus de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l’Europe, comme de ceux s’y trouvant déjà.

La chute massive des arrivées sur les côtes européennes depuis 2015 est loin d’avoir calmé les débats. « La situation est risquée », a admis une source diplomatique, car faute de solution européenne « ce sera la fermeture des frontières nationales et donc la remise en cause de l’espace Schengen, donc de l’UE ».

La « réunion informelle » de dimanche, organisée par la Commission, devait au départ réunir huit pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Bulgarie, Grèce et Malte) pour déminer le terrain du sommet à 28 des 28-29 juin.

Ils seront finalement le double, après que huit autres ont demandé à participer (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède, Finlande, Slovénie et Croatie). Ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), ont dit ne pas être intéressés.

« J’ai malheureusement peu d’espoir d’un résultat important », a avoué le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays prendra la tête le 1er juillet de la présidence tournante l’UE.

– ‘Sauver Merkel’ –

L’objectif affiché par Bruxelles pour dimanche est d’éloigner le spectre de décisions unilatérales, à l’image de celle de Rome de fermer ses ports aux navires d’ONG secourant des migrants, comme l’Aquarius il y a peu et désormais le Lifeline et ses 230 passagers, en attente d’une solution dans les eaux internationales.

Comme celle aussi du refoulement aux frontières que menace d’instaurer le ministre allemand de l’Intérieur, un conservateur bavarois, contre l’avis de la chancelière Angela Merkel.

« L’idée au départ de cette réunion, c’était un peu de sauver Merkel », a souligné une source diplomatique, en montrant à l’aile droite de sa coalition que l’Europe allait mettre fin au problème des « mouvements secondaires » de migrants.

Un document qu’avait préparé la Commission pour dimanche contenait ainsi un catalogue de mesures contre ce phénomène qui voit les demandeurs d’asile se déplacer dans l’UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l’attente d’une décision sur leur cas.

Le texte insistait sur les obligations des pays de première entrée, comme l’Italie, et sur la nécessité de pouvoir y renvoyer effectivement les personnes qui y sont ou auraient dû y être enregistrées.

Au point de provoquer la colère du gouvernement populiste italien, qui a menacé de boycotter le mini-sommet de dimanche, avant de se raviser. Mme Merkel a en effet « éclairci les choses », s’est félicité le Premier ministre italien Giuseppe Conte, assurant que Rome ne serait pas contrainte d’accepter des mesures pré-définies.

La chancelière allemande Angela Merkelà Beyrouth le 22 juin 2018 / © AFP / JOSEPH EID

– ‘Centres fermés’ –

La rencontre de dimanche devrait se conclure par « un résumé des positions exprimées », fait par la Commission, selon une source européenne.

La France et l’Espagne proposeront de créer des « centres fermés sur le sol européen », dotés de « moyens européens », où les migrants attendraient l’examen de leur cas, a annoncé samedi Emmanuel Macron.

« Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement », a immédiatement répliqué le ministre italien d’extrême droite Matteo Salvini.

La Bulgarie plaidera elle dimanche pour la création de centres d’accueil hors UE, « proches des zones de conflit », a indiqué une source diplomatique.

Parmi les points à débattre dimanche figureront aussi l’accélération des renvois des migrants illégaux et des déboutés de l’asile. L’idée encore floue de « plateformes régionales de débarquement » des migrants secourus en mer, dans et hors de l’UE, est également sur la table.

Les 16 devront évoquer enfin la réforme du régime d’asile européen, dans l’impasse depuis plus de deux ans.

La Commission propose de retoucher le Règlement de Dublin, qui confie la responsabilité des demandes d’asile aux pays de première entrée. En cas de crise comme celle de 2015, l’exécutif européen plaide pour une répartition ponctuelle des demandeurs d’asile dans l’UE.

Mais cette proposition est jugée insuffisante par les pays méditerranéens, qui souhaitent une répartition permanente. Et elle est rejetée frontalement par d’autres, comme les quatre pays de Visegrad, soutenus par l’Autriche.

Le sommet à 28 des 28-29 juin à Bruxelles devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 05h15)