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Roumanie: funérailles de la « dernière reine », Anne de Bourbon Parme

août 13, 2016

Un millier de personnes dont des représentants de plusieurs familles royales ont rendu hommage samedi à Bucarest à Anne de Roumanie, morte à l’âge de 92 ans. Une cérémonie dont le grand absent a été son époux, l’ex-roi Michel.

« Nous tournons une page de l’histoire, Anne a été la dernière reine de Roumanie, même si elle n’a jamais été couronnée », a déclaré Adriana Chiriac, médecin à la retraite et « monarchiste convaincue » qui a assisté aux funérailles.

Descendante du roi Louis XIV, née à Paris en 1923, Anne avait épousé Michel de Roumanie en 1948, un an après l’abdication de ce dernier sous la pression des communistes.

Décédée à Morges
Elle est morte le 1er août dans un hôpital de Morges (VD). Sa dépouille a été transportée en Roumanie, où plusieurs milliers de personnes lui ont rendu hommage ces derniers jours.

L’ancien souverain âgé de 94 ans, qui se trouve en Suisse, a annoncé « avec la plus grande tristesse » ne pas pouvoir participer aux funérailles en raison de sa santé défaillante.

Deuil national
Ce samedi a été décrété jour de deuil national en Roumanie, où l’ancienne famille royale jouit d’une forte popularité, même si une minorité seulement des Roumains se dit favorable à un retour de la monarchie.

« Quand je suis née, la Roumanie était encore un royaume, c’est dommage que ces 25 dernières années (depuis la chute de communisme) nous n’ayons pas eu Anne comme reine », déplore une retraitée, Zenaida Rosu, 80 ans.

Après un service religieux orthodoxe célébré dans la salle du trône de l’ancien palais royal et une messe catholique, sur la grande place attenante, le cercueil a été emmené vers Curtea de Arges (centre), où Anne devait être enterrée dans une cathédrale orthodoxe, au cours d’une cérémonie privée.

Roi contraint à l’exil
Contraint à l’exil après son abdication, Michel avait pu retourner pour la première fois dans son pays natal en 1992. Des centaines de milliers de Roumains étaient alors descendus dans la rue pour l’accueillir.

Le couple s’était installé à Bucarest en 2000, mais se rendait régulièrement en Suisse. Début mars, l’ex-roi a annoncé son retrait de la vie publique après que son médecin lui eut diagnostiqué un cancer et une leucémie.

Père de cinq filles, il a chargé son aînée, Margareta, de le représenter dans les actions publiques de la famille royale.

Romandie.com avec(ats / 13.08.2016 16h51)

Le Cameroun sous le choc après la mort du footballeur Patrick EkengLe Cameroun sous le choc après la mort du footballeur Patrick Ekeng

mai 9, 2016

A Bucarest, sur la pelouse du stade où est mort, en plein match, le jeune joueur camerounais Patrick Ekeng, vendredi 6 mai 2016.
A Bucarest, sur la pelouse du stade où est mort, en plein match, le jeune joueur camerounais Patrick Ekeng, vendredi 6 mai 2016. Crédits : DANIEL MIHAILESCU/AFP
« Oui il est mort. Patrick est vraiment mort. » Le téléphone portable de Blaise Pascal Esseri ne cesse de crépiter. Ses amis veulent savoir si les nouvelles qui circulent depuis vendredi soir, le 6 mai, sur les réseaux sociaux, sites d’information, radios et télévisions sont vraies. « Patrick Ekeng était mon ami, mon pote, mon frère, sanglote-t-il. On nous appelait les jumeaux. On a causé hier matin [vendredi] sur WhatsApp. Il m’a parlé du match qu’il allait livrer en soirée. Je ne savais pas qu’il allait mourir» Blaise, tout de noir vêtu, s’interrompt, retire ses lunettes de soleil qui lui mangent le visage, essuie ses larmes et les remet en place, d’une main tremblante.

Au quartier Essos, en plein cœur de Yaoundé, capitale du Cameroun, les amis d’enfance de Patrick Ekeng, décédé le 6 mai à Bucarest après un malaise lors d’un match du championnat de Roumanie, sont sous le choc. La mine triste, les yeux hagards et rougis, ils ne parlent pas. Tous ont passé « la pire nuit de leur existence ». Lorsqu’on lui a d’ailleurs annoncé le décès de son « pote », Blaise a d’abord pensé à un « canular ». Mais, au fur et à mesure qu’il se renseignait, la nouvelle se confirmait. Après une nuit blanche, ce jeune technicien vivant à Douala, capitale économique, a pris le premier train pour rejoindre ses amis.

Jeune prodige

Ils se sont rassemblés samedi près du « petit stade » aujourd’hui transformé en garage, parking et point de lavage des voitures, où Patrick aimait jouer. « Je l’ai connu ici il y a plus de dix ans, raconte Anicet Ondoa, un autre ami, la voix brisée par le chagrin. A l’époque, nous étions tous jeunes et nous jouions au football chaque week-end. Il venait d’arriver dans le quartier avec sa famille. Un jour, il est venu dans ce stade et nous a demandé s’il pouvait jouer avec nous. Il était tout frêle mais nous avons accepté. » Dès le premier match, les amis sont « épatés » par le « petit génie ». Patrick manie le ballon comme « bonjour ». Il joue et dribble tellement bien pour son jeune âge qu’ils le surnomment « Ballon d’or », convaincus qu’un jour, celui qu’ils appellent affectueusement « Patou », obtiendra cette consécration.

Le footballeur camerounais Patrick Ekeng jouait au Mans FC avant d'intégrer avec le Dinamo Bucarest en 2015. Ici lors d'un match Bastien-LeMans en 2012.
Le footballeur camerounais Patrick Ekeng jouait au Mans FC avant d’intégrer avec le Dinamo Bucarest en 2015. Ici lors d’un match Bastien-LeMans en 2012. Crédits : JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP

Très rapidement, ils forment le « Zimbabwe », un fan-club qui suit le joueur dans tous ses déplacements. Ces encouragements finissent par porter ses fruits : Patrick passe avec brio le test du mythique club de 1re division Canon de Yaoundé en 2008 alors qu’il est encore élève au lycée de Nkoldongo. Joseph Atangana, entraîneur du Canon qui le coachait déjà à l’époque, se souvient d’un joueur « trop jeune », avec une forte présence physique et sans crainte de l’adversité. D’ailleurs, comme test, Patrick doit affronter un défenseur « très redoutable ». Il sort gagnant du duel, ce qui renforce l’admiration du coach qui exige qu’une licence lui soit immédiatement établie. La carrière du jeune prodige est lancée.

En 2009, Patrick Ekeng est sélectionné à l’équipe nationale junior pour prendre part à la Coupe d’Afrique des nations au Rwanda. Le Cameroun est battu en finale mais gagne une place à la coupe du monde junior en Colombie. De retour de cette compétition, Patrick s’envole pour Le Mans, en France, vers une carrière qui le mènera tour à tour en Suisse, en Espagne et en Roumanie. C’est là qu’il décède à l’âge de 26 ans, laissant une veuve et une petite fille de 2 ans. « Voir un talent partir ainsi me fait mal, murmure Joseph Atangana. C’est un goût d’inachevé qui m’habite. Mais, j’ai aussi l’impression que Patrick n’a pas eu la carrière qu’il méritait. Il était très talentueux. »

Samuel Eto’o « abattu »

A Essos, les amis s’apprêtent à aller rendre visite à la mère de leur ami qui s’est effondré sept minutes après son entrée sur le terrain, lors de la rencontre qui opposait son club de Dinamo Bucarest au Viitorul Constanta. Pour se donner du courage, ils revisitent les anciennes photos où on les voit à côté d’un Patrick toujours souriant. Ils écrasent une nouvelle larme. Comme un signe funeste du destin, on attend les taxis à l’avenue Marc-Vivien-Foé, du nom du footballeur camerounais qui s’est lui aussi effondré le 26 juin 2003 sur la pelouse du stade Gerland à Lyon, lors de la demi-finale de la Coupe des confédérations.

« En août 2015, un autre joueur est décédé à Douala après un malaise en plein match. Ça fait beaucoup pour les Camerounais, s’énerve Bienvenu Bikéi, journaliste sportif, qui a suivi de bout en bout la carrière du jeune Patrick. Ce jeune homme ne méritait pas la mort. En 2015, lorsqu’il a été sélectionné en équipe nationale pour la CAN en Guinée-Equatoriale, j’ai compris que je n’étais pas le seul à voir ce talent immense caché dans cette jeunesse. Je pensais qu’il devait avoir le temps de l’exprimer. Je suis choqué et attristé par cette mort brutale. »

A Bucarest, en plein match contre Viitorul Constanta, l'international camerounais Patrick Ekeng s'effondre, foudroyé par une crise cardiaque, le 6 mai 2016.

A Bucarest, en plein match contre Viitorul Constanta, l’international camerounais Patrick Ekeng s’effondre, foudroyé par une crise cardiaque, le 6 mai 2016. Crédits : REUTERS

Une mort tragique qui stupéfie aussi les grands noms du foot camerounais. « C’est totalement incompréhensible de partir si jeune, avec un talent certain, dont les premiers rayons illuminaient déjà le maillot vert, rouge et jaune. Le football avait encore besoin de toi, mais la vie en a décidé autrement », écrit sur sa page Facebook la star de football camerounaise Samuel Eto’o, complètement « effondré » et « abattu ».

« La famille du football camerounais vient de perdre un frère. Je ne peux pas le croire », s’émeut pour sa part Stéphane Mbia, capitaine des Lions indomptables, sur son compte Twitter. « La mort est devenue ordinaire. Mais cette mort directe, cruelle, étonnante, inattendue, rapide, me donne des frissons. Où est parti ce génie ? », s’interroge une internaute dont le « cœur saigne d’une douleur atroce ». Sur Facebook, de nombreux profils camerounais ont été changés à l’image du joueur décédé.

« Il ne voulait pas jouer »

Au domicile familial au quartier Ngousso, les pleurs résonnent de toute part. Céline Ekeng, la maman de Patrick, pleure son « fils », son « beau gosse », son « compagnon », son « footballeur ». Des voisins, proches, amis et passants, s’arrêtent, pleurent aussi. « J’ai toujours voulu que Patrick aille à l’école. Mais il a préféré le football. C’était sa passion, sa raison confie Céline, le regard perdu. Dieu l’a rappelé, mais pourquoi si jeune ? » Yannick Adebogo, joueur de Titanic d’Edéa (2e division), par ailleurs l’un des amis d’enfance de Patrick, assure avoir eu une conversation avec le joueur trois heures avant sa mort.

A Yaoundé, les amis du jeune joueur camerounais Patrick Ekeng, foudroyé par une crise cardiaque en plein match avec le DInamo de Bucarest, le 6 mai 2016, montrent leurs photos souvenirs.

A Yaoundé, les amis du jeune joueur camerounais Patrick Ekeng, foudroyé par une crise cardiaque en plein match avec le DInamo de Bucarest, le 6 mai 2016, montrent leurs photos souvenirs. Crédits : Josiane Kouagheu

« Il m’a dit qu’il était fatigué et qu’il ne voulait pas jouer », confie Yannick, la mine défaite. C’est Patrick qui l’encourageait à ne pas baisser les bras, à continuer à travailler pour devenir « meilleur footballeur ». Dans la cour du domicile où une bâtisse de deux niveaux en construction s’érige, il y a déjà du monde. Tous sont venus pleurer Patrick « l’ami », « le frère », « celui qui n’hésitait pas envoyer de l’argent quand on était en difficulté ». « C’est la maison que Patrick voulait construire », sanglote sa mère. Patrick est parti « sans Ballon d’or » et même sans avoir le temps de finir la construction du « palace » dont il rêvait depuis tout petit.

Lemonde.fr par Josiane Kouagheu, contributrice Le Monde Yaoundé

Roumanie: La somptueuse résidence de Nicolae Ceausescu ouverte au public

mars 12, 2016

L’ancienne résidence du dictateur roumain Nicolae Ceausescu à Bucarest a été ouverte pour la première fois au public samedi, 26 ans après la chute du régime communiste en Roumanie. Le Palais Primaverii (« Palais du Printemps ») abrite 80 chambres.

Plus de 300 personnes ont pu visiter samedi gratuitement cette résidence. Elle pourra être explorée de nouveau par les touristes à partir du 19 mars prochain pour le prix de 30 lei (7,15 francs).

Après la chute du dictateur, la villa a servi de logement pour les officiels étrangers. Elle dispose de 80 chambres décorées de miroirs en verre de Murano, de lustres et d’autres finissages de luxe et est dotée d’une piscine intérieure, d’une salle de cinéma, d’un bunker souterrain et d’un jardin où se promènent des paons.

Ce lieu « doit être connu du public, il doit être ouvert au peuple roumain, qui doit faire la paix avec son histoire et connaître son passé, avec toutes ses facettes », a déclaré la ministre pour les Consultations publiques et le dialogue civique, Violeta Alexandru, lors de la cérémonie d’ouverture. Situé dans l’ancien quartier de la nomenklatura communiste, le Palais du Printemps a été bâti entre 1964 et 1965 et décoré au goût du couple Nicolae et Elena Ceausescu.

Selon un communiqué des autorités roumaines, les deux époux et leurs enfants Zoe, Valentin et Nicu y ont résidé de 1965 à décembre 1989, quand le couple a fui la capitale à la suite des manifestations de rue réprimées dans le sang. Ils ont été arrêtés peu après et jugés lors d’un procès dans une caserne de Targoviste (sud), puis fusillés.

Romandie.com

Roumanie: le chef de l’Etat réclame la démission du Premier ministre, soupçonné de corruption

juin 5, 2015

Bucarest – Le chef de l’Etat roumain conservateur Klaus Iohannis a demandé vendredi la démission du chef du gouvernement social-démocrate Victor Ponta, soupçonné de corruption, afin d’éviter une crise politique au pays, une demande rejetée par l’intéressé.

L’annonce, en matinée par le parquet, du lancement de poursuites pénales contre le chef du gouvernement met le pays dans une situation impossible, a déclaré M. Iohannis après s’être entretenu avec M. Ponta. Le pire qui pourrait arriver est une crise politique, a-t-il estimé lors d’une courte déclaration, ajoutant qu’il demandait la démission du chef du gouvernement.

Dans une réaction publiée sur son compte Facebook, M. Ponta a rejeté cette option, assurant que seul le Parlement peut (le) démettre. Je respecte la position publique du président mais j’ai été nommé dans cette fonction par le Parlement, où la coalition de gauche menée par le parti social-démocrate du chef du gouvernement dispose d’une large majorité.

Le respect des principes constitutionnels est essentiel pour notre société et en aucun cas je ne peux accepter qu’un procureur soit au-dessus du Parlement, du gouvernement et des citoyens, a-t-il ajouté dans son message, affirmant que si cela était le cas il s’agirait d’une dictature, 25 ans après la chute du régime communiste.

Le parquet anticorruption roumain (DNA) a demandé vendredi le lancement d’une procédure pénale contre M. Ponta soupçonné notamment de complicité d’évasion fiscale et conflit d’intérêt dans le pays, l’un des plus pauvres de l’Union européenne.

Le DNA va saisir la chambre des députés pour formuler les demandes de poursuites pénales contre Ponta Victor-Viorel, qui est également député et bénéficie d’une immunité parlementaire, a annoncé le parquet dans un communiqué.

Le chef du gouvernement est soupçonné de faux en écriture (…) de complicité d’évasion fiscale de façon continue et de blanchiment d’argent du temps où il était avocat en 2007. Par ailleurs, il est accusé de conflit d’intérêt dans l’exercice de ses fonctions de Premier ministre.

Ces soupçons sont liés à un autre dossier de corruption présumée concernant son allié politique Dan Sova, député et ancien ministre des Transports (mars à juin 2014). Ce dernier a également été entendu pas les procureurs juste après le Premier ministre.

Le DNA a demandé à plusieurs reprises la levée de l’immunité de M. Sova, soupçonné d’abus de pouvoir dans trois dossiers, mais le parlement avait voté contre.

Le lancement de poursuites contre Ponta marque un sommet dans l’offensive du redouté DNA, qui a fait tomber ces derniers mois plusieurs personnalités très influentes soupçonnées de corruption.
Romandie.com avec(©AFP / 05 juin 2015 12h55)