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Mali : des islamistes détruisent le monument de l’indépendance à Tombouctou

octobre 28, 2012
Capture d'écran de la détruction d'un mausolée à Tombouctou, le 1er juillet 2012. Capture d’écran de la détruction d’un mausolée à Tombouctou, le 1er juillet 2012. © AFP

Les islamistes armés qui occupent le nord du Mali ont entrepris samedi de détruire le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué à l’AFP des habitants de la ville.

Les islamistes armés qui occupent le nord du Mali ont entrepris samedi de détruire le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué à l’AFP des habitants de la ville.

« A l’aide d’un tracteur, les islamistes sont actuellement en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou », situé au centre-ville, a affirmé un habitant contacté par téléphone. Un autre témoin a précisé que « huit islamistes avec un bulldozer » étaient « en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou ».

Le 18 octobre, les islamistes armés qui ont pris le contrôle du nord du Mali après le coup d’Etat ayant renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, avaient détruit des mausolées à Tombouctou, selon des témoins. Les islamistes d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), groupe armé qui contrôle Tombouctou avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avaient déjà procédé à de telles destructions cet été dans cette ville historique.

Mausolés

En juillet, ils avaient suscité un tollé en détruisant des mausolées en terre dans l’enceinte de la plus grande mosquée de la ville, classée patrimoine mondial en péril. Ils s’attaquent aux mausolées – importants lieux de recueillement – car ils considèrent la vénération des saints comme « de l’idolâtrie », contraire à l’unicité de Dieu.

De nombreux habitants avaient assisté, impuissants, à l’opération de destruction, alors que les islamistes promettaient de détruire tous les mausolées de la région. Ils avaient, quelques jours auparavant, déjà détruit sept des seize mausolées de Tombouctou et brisé la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia. Les islamistes armés prônent la charia (loi islamique), dont ils ont une interprétation rigoriste. Ils commettent en son nom de nombreuses exactions (meurtres, lapidations, amputations, coups de fouet en public) avec de plus en plus de brutalité, selon des témoins.

Le 12 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution préparant le déploiement d’une force militaire internationale de quelque 3.000 hommes au Mali, donnant 45 jours aux pays ouest-africains, qui en constitueront le noyau, pour préciser leurs plans.

L’Union africaine, que le Mali vient de réintégrer, a appelé mercredi à « une finalisation rapide de la préparation conjointe d’une force internationale, menée par l’Afrique, (…) en vue de reprendre le contrôle des territoires occupés du Nord ». Cette force, composée de milliers de soldats de pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), doit être déployée avec l’aval de l’ONU et le soutien logistique de pays comme la France, ex-puissance coloniale au Mali, et les Etats-Unis.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le Tribunal pénal international renvoie un accusé devant la justice rwandaise

février 24, 2012

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) vient de  décider un deuxième renvoi d’un accusé vers la justice rwandaise, a-t-on appris  vendredi de source officielle.

Cette décision, qui vise l’ex-inspecteur de police judiciaire en fuite  Fulgence Kayishema vient après celle concernant le pasteur pentecôtiste Jean  Uwinkindi, dont le renvoi effectif au Rwanda est en cours de préparation.

En 2007, les juges du TPIR avaient rejeté une première demande de renvoi vers  la justice rwandaise du dossier de Fulgence Kayishema, estimant que le Rwanda ne  remplissait pas encore les conditions d’un procès équitable.

Mais depuis, le Rwanda a mené un certain nombre de réformes judiciaires.

Le TPIR, basé à Arusha dans le nord de la Tanzanie, note désormais que le  pays « a réalisé des changements matériels dans ses lois et a indiqué sa capacité  et sa volonté de juger des affaires renvoyées par ce tribunal ».

Les juges sont également rassurés par le fait que les conditions de détention  et le déroulement du procès seront régulièrement suivis par « un mécanisme de  monitoring robuste » travaillant pour le compte du TPIR.

Maître Joaquine Antoinette De-Mello qui a représenté les intérêts de l’accusé  en fuite dans cette procédure, peut encore contester la décision de renvoi  devant la chambre d’appel, dont la décision clora définitivement le débat.

Inspecteur de police judiciaire au niveau de la commune Kivumu (ouest)  pendant le génocide des Tutsi de 1994, Kayishema est notamment accusé d’avoir  participé à la planification du massacre d’environ 2. 000 Tutsi qui avaient  cherché refuge dans une église de la commune en avril 1994.

Ils moururent ensevelis par des briques lorsque l’édifice religieux fut rasé  par un bulldozer en plein jour.

Le TPIR est encore saisi de deux demandes de renvoi vers le Rwanda.  L’une  vise Charles Sikubwabo, un ancien maire en fuite, l’autre concerne Bernard  Munyagishari, un ancien chef milicien présumé du nord du Rwanda.

Le transfert de certains dossiers vers des juridictions nationales fait  partie de la stratégie de fin de mandat du TPIR qui s’est engagé à terminer les  procès de première instance fin juin cette année et les appels fin 2014.

Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire : l’autorité de régulation suspend un marché public attribué par la ministre Ouloto

février 7, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlFait rarissime, l’autorité de régulation des marchés publics  (ANRMP) en Côte d’Ivoire a suspendu un marché attribué par un membre du  gouvernement, en l’occurence Anne Ouloto, ministre de la Salubrité urbaine. La  décision n’a pour l’heure pas été motivée.

L’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP) en Côte d’Ivoire a suspendu le 6 février le marché octroyé par Anne Désirée Ouloto, ministre de la Salubrité urbaine, à  l’entreprise Satarem Greensol. Une première depuis l’avènement d’Alassane  Ouattara, qui a imposé à ses ministres un code de bonne conduite.

La décision a été prise par la Cellule recours et sanctions de l’ANRMP. Dans  un communiqué publié sur son site Internet, lundi soir, celle-ci a annoncé  qu’elle avait suspendu provisoirement le même jour, « les opérations de  passation, d’approbation, d’exécution ou de contrôle de l’appel d’offres  restreint relatif à la concession pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un  schéma de gestion intégrée des déchets solides ménagers et assimilés du district  d’Abidjan ».

Camouflet pour Ouloto

En clair, même si l’ANRMP ne donne pas les raisons qui ont motivé sa  décision, il s’agit d’un camouflet pour Anne Désirée Ouloto. Surnommée Maman  Bulldozer après avoir lancé de spectaculaires opérations de « déguerpissement » dans le pays deux mois après sa nomination, la  ministre de la Salubrité urbaine semblait pourtant sûre de son fait. Réagissant  à une série d’articles publiés dans la presse ivoirienne sur ce marché dont le  montant n’a pas été rendu public, elle avait déclaré que le processus qui avait  abouti au choix de l’entreprise avait été des plus transparents.

« Satarem Greensol, avait-elle souligné, a participé à toutes les étapes  procédurales exigées par le code des marchés publics. Dans le choix de cet  opérateur, il a été privilégié un élément fondamental : la compétence ». Ouloto a voulu jouer la transparence dans ce dossier, comme le demande Alassane  Ouattara qui a fait adopter un code de bonne conduite au gouvernement et a  soumis ses ministres à un code d’éthique.

Cette affaire tombe au moment où Ouloto, l’une des plus célèbres ministres du  gouvernement de Guillaume Soro, compte relancer l’opération « Pays  propre », qui a notamment vu la destruction partielle de la mythique Rue Princesse de  Yopougon à Abidjan avant d’être suspendue.

Pour l’heure, au ministère de la Salubrité urbaine, on refuse de commenter la  décision de l’ANRMP. Il ne fait cependant pas l’ombre d’un doute que la « compétence » de l’entreprise adjudicatrice du marché dans ce  secteur très juteux des déchets ménagers a été appréciée par l’ANRMP d’une autre  façon que la ministre.

Zones d’ombre

Société anonyme au capital de 10 millions FCFA (environ 15 000 euros),  Satarem Greensol a pour président du conseil d’administration Salif Bictogo,  frère d’Adama Bictogo, ministre de l’Intégration africaine. Ce dernier est cité  dans un autre affaire, celle des passeports biométriques, un marché attribué  sous Laurent Gbagbo.

Beaucoup de zones d’ombres subsistent. D’abord, Ouloto a présenté  publiquement Satarem Greensol comme une entreprise française, avant que la  presse de l’opposition ne prouve le contraire. Ensuite, elle a déclaré que  celle-ci avait été choisie parce qu’elle a « présenté les meilleurs  arguments techniques, économiques et financiers et un savoir-faire dans la  gestion intégrée des ordures dans le monde », avant que l’on ne découvre  qu’elle venait juste d’être créée à Abidjan, le 10 novembre 2011. Trois semaines  après que le ministère eut déclaré infructueux le premier appel d’offres lancé  le 20 octobre… Délit d’initié ? La décision définitive de l’ANRMP donnera  sans doute des éléments de réponse.

Jeuneafrique.com par André Silver Konan, à Abidjan