Posts Tagged ‘Bundu Dia Kongo’

RDC: Ne Muanda Nsemi reste introuvable

août 19, 2017
Ne Muanda Nsemi, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo. © P.D.C Vision pour la R.D.C/Youtube/Capture d’écran

Évadé de la prison de Makala en mai, le député congolais, introuvable, continue de diriger ses adeptes et de défier le pouvoir.

Où se cache-t‑il ? Depuis son incroyable évasion le 17 mai, Ne Muanda Nsemi (« esprit créateur » en kokongo), de son vrai nom Zacharie Badiengila, reste introuvable. Le gourou de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo (BDK) continue pourtant à faire parler de lui à Kinshasa.

Le 7 août, comme il l’avait annoncé fin juin dans une vidéo diffusée sur YouTube, ses adeptes sont descendus dans les rues de la capitale et de certaines villes de son Kongo-Central natal pour exiger le départ du président Joseph Kabila, tentant au passage d’attaquer de nouveau la prison de Makala, à Kinshasa, et divers « sites stratégiques », notamment les installations de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi.

Une « tentative de coup d’État », selon la police, qui a arrêté une dizaine de makesa, les combattants de BDK, gourdins et grigris en main, rubans rouges sur la tête. « Nous avons affaire à des illuminés », commente un proche d’Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ne Muanda Nsemi, 71 ans, est officiellement à la tête de son mouvement depuis 1986. Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi. Il promet notamment à ses ouailles la résurrection du royaume Kongo tel qu’il s’étendait au XVe siècle, de la RD Congo au Gabon en passant par l’Angola et le Congo-Brazzaville.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région »

Le député de la Funa (district de Kinshasa) s’est-il retranché dans l’un de ces pays, où il revendique des adeptes ? « Si Ne Muanda Nsemi est aperçu chez nos voisins, il sera immédiatement arrêté », croit savoir une source gouvernementale congolaise.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région », ajoute-t‑elle. Sur ce point, le Rassemblement de l’opposition émet un doute car il soupçonne une instrumentalisation de BDK par le pouvoir.

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RD Congo : comment Ne Muanda Nsemi s’est évadé de la prison de Makala

mai 23, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Retour sur l’évasion massive qui a secoué la prison centrale de Makala, le 17 mai dernier, en RD Congo. Le prisonnier de marque Zacharie Badiengila, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, reste toujours introuvable.

À cette heure, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, reste introuvable. À l’issue d’un assaut lancé par ses adeptes contre la prison centrale de Makala, où il était détenu depuis mars, ce député national, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, a pu s’évader le 17 mai à l’aube. Selon une source du centre pénitentiaire de Kinshasa, l’opération débute vers 3 h 40 lorsqu’un groupe composé d’hommes et de femmes, rubans rouges sur la tête et autour des bras, pour certains armés de kalachnikovs, parvient à entrer dans la maison d’arrêt après avoir maîtrisé les gardiens. Une fois à l’intérieur, ils tuent « à la machette » deux geôliers, entre le bâtiment administratif de la prison et le pavillon 9, où sont détenues des femmes. Celles-ci sont sommées de quitter leurs cellules.

 

L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi

Même ordre intimé aux « pensionnaires » du pavillon 10, qui héberge des militaires poursuivis ou condamnés. Puis les assaillants incendient un véhicule et le bureau du directeur de la prison. « L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi », croit savoir notre source.

Des morts

Mais toujours pas de Ne Muanda Nsemi. Le commando poursuit sa recherche. Vers 5 heures, il atteint le pavillon 1, où sont incarcérées des « personnalités ». La voie est enfin libre, mais le gourou hésite à suivre ses ouailles. Celles-ci lui assurent alors qu’elles ont amené des grigris pour le protéger contre les balles. Lorsque Ne Muanda Nsemi se décide à partir avec ses hommes, un premier renfort de l’armée est déjà sur place. Un dernier accrochage a lieu à la sortie de la prison. « Il y a eu des morts », reconnaît-on au ministère de la Justice, sans avancer de chiffre.

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RDC : Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte Bundu Dia Kongo, s’évade de la prison de Makala

mai 17, 2017

Des patrouilles de police à Kinshasa, le 19 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Dans la nuit, une attaque contre la prison de Makala, la plus grande de Kinshasa, a permis l’évasion de Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK) et de dizaines d’autres prisonniers, selon le ministre de la Justice congolais, Alexis Thambwe Mwamba.

La prison de Makala, à Selembao, au sud de Kinshasa, a été attaquée dans la nuit du 16 au 17 mai. L’information a été confirmée ce matin sur les ondes de la radio Top Congo par le ministre de la Justice.

Selon Alexis Thambwe Mwamba, les partisans de Ne Muanda Nsemi, le leader de la secte Bundu Dia Kongo (BDK), seraient à l’origine de cette attaque qui a permis de faire évader leur chef, ainsi que des dizaines d’autres détenus parmi ses soutiens.

Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur.

« Des miliciens de Ne Muanda Nsemi ont attaqué avec des armes de guerre la prison [de Makala] cette nuit, a plus précisément déclaré le ministre. J’attends les précisions quant à l’heure. Ils ont réussi à faire évader Ne Muanda Nsemi et plusieurs dizaines de prisonniers parmi lesquels plusieurs de ses adeptes. Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur. »

 

Photo de BrazzaNews.
Ne Muanda Nsemi

Toujours d’après le ministre, les auteurs de l’attaque auraient grièvement blessé le chef des opérations de la police à l’intérieur de la prison, lequel a pu être évacué. Ils auraient également incendié le bureau du directeur et son véhicule.

Un recensement des prisonniers en cours

Dans la foulée de l’évasion, l’alerte a été lancée avec le signalement des prisonniers évadés. Un recensement est en cours pour identifier les fugitifs mais selon le ministre de la Justice congolais, «à première vue, les prisonniers emblématiques, à l’exception de Ne Muanda Nsemi, sont toujours dans le centre pénitentiaire. »

Plus grande prison de Kinshasa avec un effectif estimé à près de 7 000 personnes en 2015, Makala abritait jusqu’ici le député Ne Muanda Nsemi, dont la secte politico-religieuse BDK avait appelé à l’insurrection en République démocratique du Congo contre le président Joseph Kabila.

Début mars dernier, le député s’était rendu à la police avec son épouse après des accrochages avec les forces de l’ordre aux abords de son domicile.

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RDC : huit blessés dans des affrontements entre des policiers et la secte Bundu Dia Kongo à Kinshasa

février 14, 2017

Opération de police en RDC en septembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Huit personnes soupçonnées d’appartenir à la secte politico-religieuse violente de Ne Muanda Nsemi ont été blessées lors de heurts avec les forces de l’ordre à Kinshasa, selon un « bilan partiel » communiqué à la presse mardi par la police congolaise.

Selon un journaliste de l’AFP, plusieurs dizaines de policiers anti-émeute armés de kalachnikovs ont donné l’assaut lundi soir dans le centre de la capitale contre une résidence soupçonnée d’abriter des hommes du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (BDK).

Dans la soirée, des tirs d’armes automatiques ont été entendus dans un autre quartier et, mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords avaient été bouclés, selon des riverains.

D’ores et déjà, « 22 personnes ont été interpellées dont huit blessés graves », a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, dans un message électronique.

Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre, a ajouté l’officier.

Cavale

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Dans des vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait rwandais.

« Dans deux semaines, je vais frapper », menace-t-il dans le dernier de ces messages filmés, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Connivence avec Kabila

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec Joseph Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP