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RDC : Félix Tshisekedi dénonce la « mafia » dans l’armée et les institutions

juin 20, 2021
Félix Tshisekedi le jour de sa prestation de serment, le 24 janvier 2019, à Kinshasa

Le président Félix Tshisekedi a dénoncé samedi des pratiques mafieuses et de « magouille » au sein des forces armées et des institutions de la RDC lors d’une visite dans le Nord-Est du pays en proie aux violences.

« Il y a beaucoup de magouilles qui minent nos forces de sécurité. Il y a la mafia, cette loi de l’omerta, cette loi du silence, c’est à ça qu’il faut s’attaquer », a déclaré le président Tshisekedi à Bunia, capitale de l’Ituri, lors d’un échange avec les représentants de la population de la province.

« Il s’est développé la mafia dans l’armée, dans nos institutions, on l’a vu récemment au Sénat (…) Il faut détricoter cela, patiemment », a insisté le chef de l’État, en visite depuis une semaine dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

À la frontière de l’Ouganda, les deux provinces ont été placées en état de siège depuis le 6 mai par Félix Tshisekedi qui y a aussi remplacé les autorités civiles par des officiers de l’armée et de la police.

« L’état de siège c’est pour votre intérêt »

En évoquant le Sénat, il faisait notamment allusion aux sénateurs ayant refusé de statuer sur l’immunité parlementaire de leur collègue, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo (2012-2016), mis en cause dans une affaire de détournements de fonds publics.

JE NE SERAI PAS FIER DE MON MANDAT SI JE NE RÈGLE PAS DÉFINITIVEMENT LE PROBLÈME D’INSÉCURITÉ »

Lors de cet échange, les participants ont demandé au chef de l’État de doter l’armée de moyens conséquents pour accomplir sa mission dans la traque des groupes armés. « L’état de siège c’est pour votre intérêt (…) je l’espère d’ailleurs le plus court possible, soyez indulgents, soyez patients », leur a-t-il dit. « Je ne serai pas fier de mon mandat, si je ne règle pas définitivement le problème d’insécurité » dans l’Est du pays, a conclu Félix Tshisekedi.

Quelque 120 groupes armés de taille diverse ont été répertoriés dans l’Est de la RDC, d’après le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Depuis fin 2017, la province de l’Ituri a replongé dans les violences qui ont fait plusieurs centaines de morts. Ces violences sont majoritairement imputées aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) qui prétendent défendre la communauté Lendu, face aux autres communautés (Hema, Alur).

Par Jeune Afrique avec AFP

RD Congo : une journaliste libérée après quatre jours de détention

décembre 6, 2016

Des partisans de l’opposition congolaise, le 31 juillet 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Une journaliste congolaise arrêtée dans le nord-est de la République démocratique du Congo a été libérée après quatre jours de détention, a annoncé mardi son avocat.

Elle « a été libérée hier » (le 5 décembre), a déclaré à l’AFP Me Augustin Yaongonda à propos de sa cliente, Adèle Uvon, reporter à la Radio-Télévision Lobiko – chaîne locale de Bunia, capitale de la province de l’Ituri.

Cinq militants de la Lucha toujours détenus

La journaliste avait été arrêtée le 1er décembre dans cette ville, alors qu’elle s’apprêtait à couvrir une manifestation organisée par la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés très critiques du pouvoir.

Me Yaongonda, joint par téléphone depuis Kinshasa, a précisé qu’aucune charge n’avait été retenue contre la journaliste mais que les cinq militants de la Lucha arrêtés en même temps qu’elle – et dont il assure la défense – étaient maintenus en détention et devaient être jugés vendredi pour « incitation à la désobéissance à l’État ».

La campagne « Bye-Bye Kabila » qui dérange

La journaliste et les militants avaient été appréhendées par la police à Bunia alors que ces derniers s’apprêtaient à tenir une conférence de presse sur la campagne « Bye-Bye Kabila », lancée par la Lucha.

Cette campagne appelle la population à se mobiliser pour contraindre le chef de l’État, Joseph Kabila, à quitter ses fonctions le 19 décembre, date du terme de son mandat. La Lucha a également appelé à saisir les avoirs d’une trentaine de hauts responsables congolais, dont ceux du président, à partir de cette date.

Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Faute d’élection présidentielle tenue dans les temps, le chef de l’État entend se maintenir au pouvoir grâce à un accord passé en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition. Le reste de l’opposition menace d’organiser des manifestations populaires le 19 décembre pour le contraindre à partir.

Jeuneafrique.com avec AFP