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Jean-Luc Mélenchon, l’autre discours de Ouagadougou

juillet 22, 2021

En visite au Burkina Faso, le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale s’est dit prêt, s’il est élu, à annuler tous les accords de défense signés avec des Etats africains.

Pour exposer sa conception des relations franco-africaines, forcément renouvelées selon la promesse de tous les candidats en campagne, Jean-Luc Mélenchon avait projeté une tournée de dix jours au Sahel avec des visites au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Les restrictions dues au Covid-19 et le débat parlementaire en France sur le passe sanitaire l’ont finalement amené à concentrer son déplacement sur quatre jours, du 18 au 21 juillet, et un pays.

Inévitablement, le choix s’est porté sur le Burkina Faso pour une visite dans une nation qui s’enorgueillit de ses contestations. Un voyage en pays ami – accompagné de Mathilde Panot, la vice-présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée, et du député de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud – avec ses étapes officielles et ses hommages aux figures révolutionnaires passées et présentes. M. Mélenchon a ainsi eu droit à un entretien avec le président Kaboré qui l’a reçu « avec une forme de courtoisie et de fraternité » en dépit de son statut d’opposant.

Il est également allé chercher l’inspiration auprès du Balai citoyen, mouvement-phare de « la révolution citoyenne » de 2014 qui mena à la chute du président Blaise Compaoré. M. Mélenchon a, enfin, salué comme il se doit pour toute personnalité de gauche de passage la mémoire de Thomas Sankara« haute figure de l’insoumission ». Le groupe LFI avait demandé, en 2017, l’ouverture des archives françaises sur l’assassinat de ce capitaine trente ans plus tôt.

Opposition à l’opération « Barkhane »

Le Burkina Faso est le lieu idéal pour tenir un discours de rupture à destination d’une jeunesse d’Afrique francophone qui manifeste ouvertement sa défiance à l’égard de l’ancien colonisateur. Emmanuel Macron avait ainsi choisi à dessein en novembre 2017 l’université de Ouagadougou pour assurer devant un auditoire dubitatif « qu’il n’y a plus de politique africaine de la France » et amorcer un récit où « l’Afrique n’est ni un encombrant passé ni un voisin parmi d’autres ».about:blankclose

A moins d’un an de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est donc venu marcher sur les pas du chef de l’Etat, mais avec l’ambition affichée d’effacer sa trace. Mercredi 21 juillet, dans cette même université Joseph-Ki-Zerbo connue pour son esprit frondeur, il a tenté de faire entendre « une autre voix de la France », forcément débarrassée des maux de « l’impérialisme », du « néocolonialisme » et du « paternalisme ».

Le député LFI a ainsi réitéré son opposition à l’opération « Barkhane », en voie de disparaître, et déploré l’absence de consultation sur l’intervention au Sahel dont le président Macron a annoncé une diminution des effectifs. « Il n’existe aucune solution militaire à un problème politique. Les premiers qui l’ont dit ce sont les militaires de mon pays. Je ne supporte pas que nous soyons depuis huit ans en guerre et que nous n’en ayons discuté qu’une fois à l’Assemblée nationale », a-t-il dénoncé une nouvelle fois, avant de se dire, s’il est élu, « prêt à annuler tous les accords de défense » qui lient Paris avec plusieurs capitales africaines en cas d’attaque extérieure. « Le départ de l’armée française, c’est quand vous voulez ! », a-t-il lancé à son jeune public.

Alors que l’une des premières préoccupations des Burkinabés est la perte de contrôle de leur Etat face aux groupes djihadistes, Jean-Luc Mélenchon a délivré sa vision du combat qui doit être mené. « Je crois à la guerre idéologique, à la guerre sociale (…), à la guerre du financement » contre des groupes sur lesquels il dit avoir « de petits doutes sur les motivations religieuses ».

« Il n’est pas là pour nous, il parle aux Français »

Pour lui, à l’origine de tous les maux se trouvent « des puissants », animés par des logiques d’accaparement auxquels devrait être opposée la réalisation d’ « un horizon commun ». Son outil pour rétablir les ponts entre une France où se renforce « un sentiment xénophobe insupportable » et une Afrique où le sentiment antifrançais « est un crève-cœur » ? Une langue française et un monde créolisés. « Je sais quels soupçons pèsent sur la francophonie. Un instrument de l’impérialisme français », a t-il concédé. Mais, selon lui, « la langue est un usage commun », « un bien commun » pour 300 millions de locuteurs présumés. « J’en appelle à une langue francophone qui soit une langue d’opinions et de projets », a-t-il plaidé, dessinant les batailles à venir : contre « le Big Pharma » dans la crise sanitaire actuelle, contre le changement climatique avec la création d’une force « pour intervenir à chaque fois qu’il y a une catastrophe » et pour « la souveraineté alimentaire, où cela a été compris au Burkina Faso plus vite qu’ailleurs ».

A l’issue de deux heures de discours et d’échanges, dans l’auditoire les avis se partageaient entre ceux conquis par l’ardeur de la dénonciation et ceux revenus de toutes les promesses venues d’ailleurs. Aucun n’était dupe des intentions. « Il n’est pas là pour nous, il parle aux Français », jugeait Kelgwendé Sawadogo, un étudiant en philosophie de 28 ans. Notamment à un électorat issu de l’immigration africaine, dont une partie garde un œil attentif sur les déclarations relatives au continent. Jean-Luc Mélenchon a répété durant son voyage qu’il était venu « apprendre et pas pour donner des leçons ». Une démonstration d’humilité aux allures de numéro de séduction.

Avec Le Monde par Cyril Bensimon et Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)

L’actrice américaine Angelina Jolie soutient des réfugiés maliens au Burkina

juin 20, 2021
L'actrice americaine Angelina Jolie soutient des refugies maliens au Burkina
L’actrice américaine Angelina Jolie soutient des réfugiés maliens au Burkina© AFP/OLYMPIA DE MAISMONT

L’actrice américaine Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), est venue soutenir dimanche des milliers de réfugiés maliens ayant fui la violence jihadiste, dans le camp de Goudebou, dans le nord-est du Burkina Faso, a constaté l’AFP.

La star américaine est arrivée au camp de réfugiés de Goudebou à bord d’un hélicoptère, accompagnée du ministre burkinabè des Affaires étrangères Alpha Barry, pour la commémoration de la journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque 20 juin.

« Je célèbre cette journée chaque année depuis 40 ans avec des réfugiés dans différents pays, et je n’ai jamais été aussi préoccupée par l’état des déplacements dans le monde qu’aujourd’hui », a déclaré Angelina Jolie, après la visite du vaste camp, situé à une centaine de kilomètres de la frontière malienne.

« La vérité est que nous ne faisons pas la moitié de ce que nous pourrions et devrions faire pour trouver des solutions pour permettre aux réfugiés de rentrer chez eux ou pour soutenir les pays d’accueil », a-t-elle ajouté, appelant à soutenir les pays qui accueillent les réfugiés comme le Burkina Faso.

En mars 2020, après une nouvelle attaque contre le poste de sécurité de ce camp, situé près de Dori, et qui abritait jusqu’à 9.000 réfugiés, ceux qui étaient restés après de précédentes attaques avaient dû fuir à leur tour, occasionnant la fermeture de fait de Goudebou.

Depuis décembre, les autorités burkinabè et le HCR ramènent les réfugiés dans ce camp, après avoir renforcé le dispositif sécuritaire, avec davantage de personnels militaires, plus de patrouilles et à terme la construction d’une caserne.

Entre décembre et juin, près de 11.000 personnes venant de villes du nord du Burkina sont revenues à Goudebou, selon le HCR.

« Les réfugiés sont meurtris car le contexte sécuritaire se dégrade au jour le jour malgré les efforts consentis par les autorités burkinabè, leurs partenaires et les forces de défense et de sécurité dans la région du Sahel », a déclaré le représentant des réfugiés de Goudebou, Wanadine ag Mohamed.

Il a rappelé le drame de Solhan (nord-est du Burkina), au cours duquel 132 personnes selon les autorités et 160 selon des sources locales, ont été tuées dans une attaque menée par des jihadistes présumés dans la nuit du 4 au 5 juin.

Depuis 2012, quelque 22.000 réfugiés de diverses nationalités ont trouvé refuge au Burkina Faso, dont de nombreux Maliens fuyant les exactions des groupes jihadistes dans le nord et le centre de leur pays.

Mais le Burkina est devenu à son tour la cible d’attaques jihadistes depuis 2015, qui ont fait plus de 1.400 morts et contraint un million de personnes à fuir leurs foyers, en raison d’attaques de groupes jiadistes liés à Al-Qaida ou à l’Etat islamique.

Par Le Point avec AFP

Côte d’Ivoire: un soldat tué dans une attaque à la frontière du Burkina Faso

juin 8, 2021

Avec France24

Burkina : plus de 100 morts dans l’attaque la plus meurtrière depuis 2015

juin 5, 2021
Des soldats burkinabè patrouillent lors d’une opération à Gorgadji, dans le nord du pays, en mars 2019.

Au moins 114 civils ont été tués en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi, lors de deux attaques dans le Nord du Burkina Faso, dont l’une a fait une centaine de morts, la plus meurtrière dans ce pays depuis le début des violences jihadistes en 2015.

Ces attaques ont été commises dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de jihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique contre des civils et des militaires.

« Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d’une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes », a indiqué une source sécuritaire.

L’attaque et le bilan « provisoire » ont très vite été confirmés par le gouvernement qui précise dans un communiqué que les victimes sont des « civils sans distinction d’âge, tués par les terroristes » et que « plusieurs habitations et le marché (de Solhan) ont été incendiés ».

Deuil national

« Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures, à compter de ce jour 5 juin à 00H00 au lundi 7 juin à 23H59, est décrété », ajoute le gouvernement qui affirme que « les forces de défense et de sécurité sont à pied d’oeuvre pour neutraliser ces terroristes et ramener la quiétude au sein des populations ».

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé « cette attaque barbare » et « ignoble ». « Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes », a-t-il ajouté.

Selon une source locale, « l’attaque, qui été signalée aux environs de 02H00 (locales et GMT), a d’abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie », les VDP, des supplétifs civils de l’armée, et « les assaillants ont ensuite visité les concessions (maisons) et procédé à des exécutions ».

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à jihadistes ces dernières années.

Le 14 mai, le ministre de la Défense Chériff Sy, et des membres de la hiérarchie militaire s’étaient rendus à Sebba, assurant que la situation était revenue à la normale, après de nombreuses opérations militaires.

14 morts dans un autre village

Cette attaque massive en a suivi de près une autre, menée tard vendredi soir, sur un village de la même région, Tadaryat, au cours de laquelle au moins 14 personnes, dont un supplétif civil, ont été tuées.

Ces attaques surviennent une semaine après deux autres attaques dans la même zone, au cours desquelles quatre personnes, dont deux membres des VDP, avaient péri. Créés en décembre 2019, les VDP interviennent aux côtés des forces armées pour des missions de surveillance, d’information et de protection, après une formation militaire de 14 jours. Ils font également office de pisteurs et combattent souvent avec l’armée, au prix de lourdes pertes, avec plus de 200 morts dans leurs rangs depuis 2020, selon un décompte de l’AFP.

Les 17 et 18 mai, quinze villageois et un soldat avaient déjà été tués lors de deux assauts contre un village et une patrouille dans le Nord-Est du pays, selon le gouverneur de la région burkinabè du Sahel.

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des attaques jihadistes, les forces armées ont lancé une opération d’envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l’annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1.400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : nouvelles attaques attribuées à des jihadistes à Kafolo et Tehini, près du Burkina Faso

mars 29, 2021
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d’illustration.

Une position militaire ivoirienne à Kafolo et un poste de gendarmerie à Tehini, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été la cible d’attaques ce lundi. Les services de sécurité ivoiriens soupçonnent les hommes de la katiba Macina, du jihadiste malien Amadou Kouffa.

L’attaque de Kafolo a été lancée aux premières heures de la journée de ce lundi 29 mars contre un poste avancé de l’armée de Kafolo, situé non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Une autre attaque a été menée à peu près au même moment, visant cette fois un poste de gendarmerie à Kolobougou, dans le département de Téhini, plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina.

Menées par un groupe armé encore non identifié, ces attaques ont fait au moins trois morts – dont deux soldats tués à Kafolo, et un gendarme tué à Kolobougou – et six blessés parmi les hommes des services de sécurité ivoiriens, qui sont cependant parvenus à repousser les assaillants dans les deux cas. Au moins trois d’entre eux ont été tués au cours des affrontements à Kafolo, selon un bilan encore provisoire délivré par une source de Jeune Afrique au sein des services de sécurité ivoiriens. Des armes, des véhicules et des équipements de communication ont été saisis.

« Ce sont les hommes d’Amadou Koufa »

Des renforts de militaires et de gendarmes ont été déployés dans la zone, où une opération de ratissage est en cours pour retrouver les assaillants qui ont pris la fuite. «  Il est clair que le mode opératoire est celui d’une attaque terroriste, confie notre source. Les premiers indices en notre possession montrent que ce sont les hommes de la katiba Macina, du chef terroriste malien Amadou Koufa. »À LIRE [Série] Terrorisme : de Kafolo à Tengrela, comment la Côte d’Ivoire fait face à la menace (2/4)

C’est la seconde fois en moins d’un an que Kafalo est la cible d’une attaque de ce type. Les forces de sécurité avaient déjà payé un lourd tribut lors de l’assaut mené dans la nuit du 10 au 11 juin dernier contre le poste mixte de la gendarmerie et de l’armée, qui avait fait douze morts et huit blessés. Première attaque d’envergure dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’assaut contre le poste militaire de Kafalo avait fortement inquiété dans les milieux sécuritaires, entre préoccupations sur de possibles défaillances et interrogations sur la nécessité de revoir la stratégie face à la menace jihadiste.

Une trentaine de combattants et d’individus suspectés de liens avec des jihadistes avaient été arrêtés dans les jours et semaines suivant l’attaque. Parmi eux, notamment, le Burkinabè Sidibé Ali, dit « Sofiane », chef présumé de l’un des trois commandos à avoir mené l’assaut contre le poste mixte de Kafolo, dont l’arrestation avait été annoncée le 25 juin par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia.

Les services de sécurité ivoiriens sont convaincus que l’attaque de ce lundi 29 mars a été, comme la précédente, perpétrée par les hommes de Sidibé Abdramani – alias « Hamza » -, l’un des lieutenants d’Amadou Koufa qui aurait été envoyé dans cette zone frontalière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire il y a plus de deux ans, avec pour « mission » d’y installer la katiba Macina. Le groupe, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), cherche notamment à recruter de nouveaux combattants dans la région.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Côte d’Ivoire : attaque meurtrière contre des militaires près de la frontière avec le Burkina

décembre 31, 2020
Des soldats des forces spéciales ivoiriennes, lors d’un défilé militaire en 2015 (illustration).

Un soldat ivoirien a été tué dans une attaque menée par un groupe armé non identifié à Koguienou, dans le nord-ouest du pays.

Deux éléments isolés des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS), qui étaient en patrouille à moto, ont été la cible d’une attaque, dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 décembre. Les militaires ont essuyé des tirs alors qu’ils se trouvaient à 4 kilomètres du poste frontière de Koguienou, dans le département de Doropo, dans le nord du pays.

Des « coupeurs de route » ?

L’attaque s’est produite dans une zone agricole. Les soldats patrouillaient dans un champ d’ancarde sur les pistes habituellement empruntées par les trafiquants qui font de la contrebande entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

« Il semble que ce soit des coupeurs de route qui ont ouvert le feu sur ces éléments des FDS qui étaient alors isolés, a précisé à Jeune Afrique une source sécuritaire sous couvert d’anonymat. Aucun poste frontière n’a été attaqué. »

Un « ratissage de la zone » est en cours et une enquête a été ouverte, a affirmé la même source, qui précise que la piste terroriste n’est, pour l’heure, pas la thèse privilégiée. En cette période de fêtes de fin d’année, une recrudescence de la criminalité transfrontalière est en revanche redoutée par les autorités des deux pays.

Le spectre de Kafolo

Cette région frontalière fait cependant l’objet d’une surveillance particulière de la part des autorités ivoiriennes et burkinabè, en particulier depuis l’attaque, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin, de la base militaire de Kafolo, située à une soixantaine de kilomètres à l’ouest.

Si elle n’a jamais été formellement revendiquée, cette attaque – qui avait fait 12 morts et 8 blessés, dont deux graves, chez les militaires ivoiriens – , aurait été menée par des jihadistes en représailles à l’opération « Comoé », conduite du 11 au 24 mai, qui avait abouti à la destruction de plusieurs de leurs bases mobiles situées en territoire ivoirien.

Par Baudelaire Mieu

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

décembre 28, 2020
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.

Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.https://www.youtube.com/embed/43NdzIZhJ3M?feature=oembed

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique

Burkina : le parti de Kaboré n’obtient pas la majorité absolue à l’Assemblée

novembre 29, 2020
Le président Roch Marc Christian Kaboré s'adresse à ses supporters à Ouagadougou, le 26 novembre 2020.

Le parti du président Marc Roch Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de Roch Marc Christian Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87% des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés.

Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des Transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges.

D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges.

Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48% des suffrages.

L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

Nostalgie croissante

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré.

Considéré jusque là comme le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré est arrivé en troisième position avec 12,46% des voix, derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo (15,84%). Ce dernier représentait le parti de l’ex-président Compaoré, dont le régime fait l’objet d’une nostalgie croissante.

Eddie Komboïgo n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir mais plusieurs autres candidats malheureux à l’élection présidentielle ont déjà félicité Roch Marc Christian Kaboré, selon lui.

« Je salue la démarche républicaine » des candidats « venus me féliciter ». Il s’agit notamment de l’unique femme candidate, Yeli Monique Kam, arrivée 12e avec 0,53% des voix, de l’ancien ministre de M. Kaboré, Tahirou Barry (2,19%), de Gilbert Noël Ouédraogo (1,55%), d’Ablassé Ouedraogo (1,80%) et de Kiemdoro Do Pascal Sessouma (0,70%).

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques jihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

Discours rassembleur

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé Roch Marc Christian Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabè, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

Sans titre

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina: L’opposant Zéphirin Diabré reconnaît sa défaite face à Roch Kaboré

novembre 27, 2020

BURKINA: L'OPPOSANT ZÉPHIRIN DIABRÉ RECONNAÎT SA DÉFAITE FACE À ROCH KABORÉ© Reuters/Anne Mimault 

OUAGADOUGOU (Reuters) – Le principal candidat de l’opposition au Burkina Faso a reconnu vendredi soir sa défaite face au président Roch Kaboré, déclaré vainqueur dès le premier tour de l’élection, dimanche dernier, avec près de 58% des suffrages.

Zéphirin Diabré, ancien ministre des Finances et candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a rencontré le président sortant vendredi soir pour lui adresser ses félicitations, a rapporté ce dernier.

« Je salue sa démarche qui s’inscrit en droite ligne de l’esprit républicain de notre classe politique, et témoigne de la maturité de notre démocratie », ajoute-t-il sur son compte Twitter.

L’annonce a été confirmée par un porte-parole de Zéphirin Diabré.

Certains observateurs de la vie politique burkinabè anticipaient un scrutin plus serré, le premier mandat de Roch Kaboré ayant été marqué par la résurgence des violences ethniques et par la propagation d’insurrections islamistes qui concernent désormais une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.

Avec Reuters par (Thiam Ndiaga; version française Nicolas Delame et Henri-Pierre André)

Burkina Faso : Roch Marc Christian Kaboré réélu pour un second mandat, selon la Ceni

novembre 26, 2020
Roch Marc Christian Kaboré, lors de son premier meeting, à Bobo Dioulasso.

Roch Marc Christian Kaboré est arrivé en tête du scrutin présidentiel, avec 57,87%, devant Eddie Komboïgo (15,48%) et Zéphirin Diabré (12,46%), selon les résultats provisoires délivrés par la Commission électorale nationale indépendante.

Roch Marc Christian Kaboré visait le « coup KO ». C’est donc chose faite. Le président burkinabè, qui se présentait pour ce scrutin à un second mandat présidentiel, a obtenu 57,87% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a recueilli 12,46%.

Eddie Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), obtient 15,48%.

Kadré Désiré Ouédraogo (« Agir ensemble »), obtient 3,36%, Tahirou Barry (Mouvement pour le changement et la renaissance) a recueilli 2,19% des suffrages et Ablassé Ouédraogo (Faso Autrement) 1,80%.

Viennent ensuite Gilbert Noël Ouédraogo, de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA), qui a obtenu 1,55% des voix ; Yacouba Isaac Zida, du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), qui a obtenu 1,52% ; et Abdoulaye Soma, avec 1,41%. Les autres candidats n’ont pas dépassé la barre des 1%.

Les résultats des législatives, eux, n’ont pour le moment pas été communiqués. La Ceni a en théorie une semaine pour le faire, à compter du jour du scrutin.

Ces résultats provisoires, qui doivent encore être confirmés pas la Cour constitutionnelle, ont été proclamés ce jeudi 26 novembre, à l’issue d’une semaine qui aura vu les tensions s’accentuer au fil de l’annonce des résultats, délivrés au compte-goutte. Démarré dès le lundi 23, au lendemain du scrutin présidentielle et des législatives, la proclamation des résultats commune par commune a été un temps suspendue après les critiques portées par l’opposition sur le mode de décompte.

Contexte sécuritaire

Les candidats de l’opposition signataires d’un accord politique par lequel ils s’engagent à soutenir le mieux placé d’entre eux dans l’éventualité d’un second tour, ont émis des doutes sur la crédibilité et la sincérité des résultats dès le jour du vote. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, avait notamment évoqué des « achats de conscience et de cartes d’électeurs » et une « modification à la dernière minute de la cartographie électorale ».

« Aucun cas n’a été signalé au niveau de nos structures », lui avait pour répondu, dès dimanche, Newton Ahmed Barry, le président de la Ceni.

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (Codel), qui avait déployé près de 4 000 observateurs sur le terrain, avait pour sa part noté que « de manière générale, malgré quelques difficultés observées çà et là, la majorité des bureaux de vote ont ouvert à l’heure et fonctionné normalement ».

Le double scrutin – la présidentielle et les législatives – s’est déroulé dans un contexte sécuritaire tendu. Dans les zones les plus frappées ces derniers mois par les attaques, situées majoritairement dans les régions du nord et de l’est, 1 318 bureaux – sur les 21 154 au niveau national – qui n’ont pas pu ouvrir. Au total, 6 % du corps électoral n’a pas pu se rendre aux urnes en raison de la menace terroriste.

Avec Jeune Afrique