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Côte d’Ivoire : nouvelles attaques attribuées à des jihadistes à Kafolo et Tehini, près du Burkina Faso

mars 29, 2021
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d’illustration.

Une position militaire ivoirienne à Kafolo et un poste de gendarmerie à Tehini, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été la cible d’attaques ce lundi. Les services de sécurité ivoiriens soupçonnent les hommes de la katiba Macina, du jihadiste malien Amadou Kouffa.

L’attaque de Kafolo a été lancée aux premières heures de la journée de ce lundi 29 mars contre un poste avancé de l’armée de Kafolo, situé non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Une autre attaque a été menée à peu près au même moment, visant cette fois un poste de gendarmerie à Kolobougou, dans le département de Téhini, plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina.

Menées par un groupe armé encore non identifié, ces attaques ont fait au moins trois morts – dont deux soldats tués à Kafolo, et un gendarme tué à Kolobougou – et six blessés parmi les hommes des services de sécurité ivoiriens, qui sont cependant parvenus à repousser les assaillants dans les deux cas. Au moins trois d’entre eux ont été tués au cours des affrontements à Kafolo, selon un bilan encore provisoire délivré par une source de Jeune Afrique au sein des services de sécurité ivoiriens. Des armes, des véhicules et des équipements de communication ont été saisis.

« Ce sont les hommes d’Amadou Koufa »

Des renforts de militaires et de gendarmes ont été déployés dans la zone, où une opération de ratissage est en cours pour retrouver les assaillants qui ont pris la fuite. «  Il est clair que le mode opératoire est celui d’une attaque terroriste, confie notre source. Les premiers indices en notre possession montrent que ce sont les hommes de la katiba Macina, du chef terroriste malien Amadou Koufa. »À LIRE [Série] Terrorisme : de Kafolo à Tengrela, comment la Côte d’Ivoire fait face à la menace (2/4)

C’est la seconde fois en moins d’un an que Kafalo est la cible d’une attaque de ce type. Les forces de sécurité avaient déjà payé un lourd tribut lors de l’assaut mené dans la nuit du 10 au 11 juin dernier contre le poste mixte de la gendarmerie et de l’armée, qui avait fait douze morts et huit blessés. Première attaque d’envergure dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’assaut contre le poste militaire de Kafalo avait fortement inquiété dans les milieux sécuritaires, entre préoccupations sur de possibles défaillances et interrogations sur la nécessité de revoir la stratégie face à la menace jihadiste.

Une trentaine de combattants et d’individus suspectés de liens avec des jihadistes avaient été arrêtés dans les jours et semaines suivant l’attaque. Parmi eux, notamment, le Burkinabè Sidibé Ali, dit « Sofiane », chef présumé de l’un des trois commandos à avoir mené l’assaut contre le poste mixte de Kafolo, dont l’arrestation avait été annoncée le 25 juin par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia.

Les services de sécurité ivoiriens sont convaincus que l’attaque de ce lundi 29 mars a été, comme la précédente, perpétrée par les hommes de Sidibé Abdramani – alias « Hamza » -, l’un des lieutenants d’Amadou Koufa qui aurait été envoyé dans cette zone frontalière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire il y a plus de deux ans, avec pour « mission » d’y installer la katiba Macina. Le groupe, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), cherche notamment à recruter de nouveaux combattants dans la région.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Côte d’Ivoire : attaque meurtrière contre des militaires près de la frontière avec le Burkina

décembre 31, 2020
Des soldats des forces spéciales ivoiriennes, lors d’un défilé militaire en 2015 (illustration).

Un soldat ivoirien a été tué dans une attaque menée par un groupe armé non identifié à Koguienou, dans le nord-ouest du pays.

Deux éléments isolés des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS), qui étaient en patrouille à moto, ont été la cible d’une attaque, dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 décembre. Les militaires ont essuyé des tirs alors qu’ils se trouvaient à 4 kilomètres du poste frontière de Koguienou, dans le département de Doropo, dans le nord du pays.

Des « coupeurs de route » ?

L’attaque s’est produite dans une zone agricole. Les soldats patrouillaient dans un champ d’ancarde sur les pistes habituellement empruntées par les trafiquants qui font de la contrebande entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

« Il semble que ce soit des coupeurs de route qui ont ouvert le feu sur ces éléments des FDS qui étaient alors isolés, a précisé à Jeune Afrique une source sécuritaire sous couvert d’anonymat. Aucun poste frontière n’a été attaqué. »

Un « ratissage de la zone » est en cours et une enquête a été ouverte, a affirmé la même source, qui précise que la piste terroriste n’est, pour l’heure, pas la thèse privilégiée. En cette période de fêtes de fin d’année, une recrudescence de la criminalité transfrontalière est en revanche redoutée par les autorités des deux pays.

Le spectre de Kafolo

Cette région frontalière fait cependant l’objet d’une surveillance particulière de la part des autorités ivoiriennes et burkinabè, en particulier depuis l’attaque, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin, de la base militaire de Kafolo, située à une soixantaine de kilomètres à l’ouest.

Si elle n’a jamais été formellement revendiquée, cette attaque – qui avait fait 12 morts et 8 blessés, dont deux graves, chez les militaires ivoiriens – , aurait été menée par des jihadistes en représailles à l’opération « Comoé », conduite du 11 au 24 mai, qui avait abouti à la destruction de plusieurs de leurs bases mobiles situées en territoire ivoirien.

Par Baudelaire Mieu

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

décembre 28, 2020
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.

Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.https://www.youtube.com/embed/43NdzIZhJ3M?feature=oembed

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique

Burkina : le parti de Kaboré n’obtient pas la majorité absolue à l’Assemblée

novembre 29, 2020
Le président Roch Marc Christian Kaboré s'adresse à ses supporters à Ouagadougou, le 26 novembre 2020.

Le parti du président Marc Roch Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de Roch Marc Christian Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87% des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés.

Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des Transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges.

D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges.

Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48% des suffrages.

L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

Nostalgie croissante

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré.

Considéré jusque là comme le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré est arrivé en troisième position avec 12,46% des voix, derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo (15,84%). Ce dernier représentait le parti de l’ex-président Compaoré, dont le régime fait l’objet d’une nostalgie croissante.

Eddie Komboïgo n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir mais plusieurs autres candidats malheureux à l’élection présidentielle ont déjà félicité Roch Marc Christian Kaboré, selon lui.

« Je salue la démarche républicaine » des candidats « venus me féliciter ». Il s’agit notamment de l’unique femme candidate, Yeli Monique Kam, arrivée 12e avec 0,53% des voix, de l’ancien ministre de M. Kaboré, Tahirou Barry (2,19%), de Gilbert Noël Ouédraogo (1,55%), d’Ablassé Ouedraogo (1,80%) et de Kiemdoro Do Pascal Sessouma (0,70%).

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques jihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

Discours rassembleur

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé Roch Marc Christian Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabè, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

Sans titre

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina: L’opposant Zéphirin Diabré reconnaît sa défaite face à Roch Kaboré

novembre 27, 2020

BURKINA: L'OPPOSANT ZÉPHIRIN DIABRÉ RECONNAÎT SA DÉFAITE FACE À ROCH KABORÉ© Reuters/Anne Mimault 

OUAGADOUGOU (Reuters) – Le principal candidat de l’opposition au Burkina Faso a reconnu vendredi soir sa défaite face au président Roch Kaboré, déclaré vainqueur dès le premier tour de l’élection, dimanche dernier, avec près de 58% des suffrages.

Zéphirin Diabré, ancien ministre des Finances et candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a rencontré le président sortant vendredi soir pour lui adresser ses félicitations, a rapporté ce dernier.

« Je salue sa démarche qui s’inscrit en droite ligne de l’esprit républicain de notre classe politique, et témoigne de la maturité de notre démocratie », ajoute-t-il sur son compte Twitter.

L’annonce a été confirmée par un porte-parole de Zéphirin Diabré.

Certains observateurs de la vie politique burkinabè anticipaient un scrutin plus serré, le premier mandat de Roch Kaboré ayant été marqué par la résurgence des violences ethniques et par la propagation d’insurrections islamistes qui concernent désormais une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.

Avec Reuters par (Thiam Ndiaga; version française Nicolas Delame et Henri-Pierre André)

Burkina Faso : Roch Marc Christian Kaboré réélu pour un second mandat, selon la Ceni

novembre 26, 2020
Roch Marc Christian Kaboré, lors de son premier meeting, à Bobo Dioulasso.

Roch Marc Christian Kaboré est arrivé en tête du scrutin présidentiel, avec 57,87%, devant Eddie Komboïgo (15,48%) et Zéphirin Diabré (12,46%), selon les résultats provisoires délivrés par la Commission électorale nationale indépendante.

Roch Marc Christian Kaboré visait le « coup KO ». C’est donc chose faite. Le président burkinabè, qui se présentait pour ce scrutin à un second mandat présidentiel, a obtenu 57,87% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a recueilli 12,46%.

Eddie Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), obtient 15,48%.

Kadré Désiré Ouédraogo (« Agir ensemble »), obtient 3,36%, Tahirou Barry (Mouvement pour le changement et la renaissance) a recueilli 2,19% des suffrages et Ablassé Ouédraogo (Faso Autrement) 1,80%.

Viennent ensuite Gilbert Noël Ouédraogo, de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA), qui a obtenu 1,55% des voix ; Yacouba Isaac Zida, du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), qui a obtenu 1,52% ; et Abdoulaye Soma, avec 1,41%. Les autres candidats n’ont pas dépassé la barre des 1%.

Les résultats des législatives, eux, n’ont pour le moment pas été communiqués. La Ceni a en théorie une semaine pour le faire, à compter du jour du scrutin.

Ces résultats provisoires, qui doivent encore être confirmés pas la Cour constitutionnelle, ont été proclamés ce jeudi 26 novembre, à l’issue d’une semaine qui aura vu les tensions s’accentuer au fil de l’annonce des résultats, délivrés au compte-goutte. Démarré dès le lundi 23, au lendemain du scrutin présidentielle et des législatives, la proclamation des résultats commune par commune a été un temps suspendue après les critiques portées par l’opposition sur le mode de décompte.

Contexte sécuritaire

Les candidats de l’opposition signataires d’un accord politique par lequel ils s’engagent à soutenir le mieux placé d’entre eux dans l’éventualité d’un second tour, ont émis des doutes sur la crédibilité et la sincérité des résultats dès le jour du vote. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, avait notamment évoqué des « achats de conscience et de cartes d’électeurs » et une « modification à la dernière minute de la cartographie électorale ».

« Aucun cas n’a été signalé au niveau de nos structures », lui avait pour répondu, dès dimanche, Newton Ahmed Barry, le président de la Ceni.

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (Codel), qui avait déployé près de 4 000 observateurs sur le terrain, avait pour sa part noté que « de manière générale, malgré quelques difficultés observées çà et là, la majorité des bureaux de vote ont ouvert à l’heure et fonctionné normalement ».

Le double scrutin – la présidentielle et les législatives – s’est déroulé dans un contexte sécuritaire tendu. Dans les zones les plus frappées ces derniers mois par les attaques, situées majoritairement dans les régions du nord et de l’est, 1 318 bureaux – sur les 21 154 au niveau national – qui n’ont pas pu ouvrir. Au total, 6 % du corps électoral n’a pas pu se rendre aux urnes en raison de la menace terroriste.

Avec Jeune Afrique

Présidentielle au Burkina : un vote dans le calme, l’opposition dénonce des tentatives de fraude

novembre 22, 2020
Le président-candidat Roch Marc Christian Kaboré vote lors de la présidentielle le 22 novembre 2020, au Burkina Faso.

Après une campagne tendue, quelque 6 467 000 Burkinabè étaient appelés aux urnes dimanche 22 novembre pour désigner le président du Faso et ses députés.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 6 heures. À Ouagadougou, une file d’électeurs s’est formée tôt ce dimanche matin devant le bureau numéro 1 de l’école primaire de la Patte d’oie, un quartier situé dans le sud de la capitale. Comme en 2015, c’est là que le président-candidat Roch Marc Christian Kaboré, favori d’après les analystes politiques, a voté devant un parterre de journalistes.

Visiblement serein et confiant, Kaboré a appelé les Burkinabè à sortir massivement pour désigner leurs dirigeants. « Je suis venu poser un acte patriotique et citoyen qui est celui de voter. J’appelle donc tous les Burkinabè, quelles que soient leurs tendances, à ne pas faire preuve de paresse. Parce qu’il s’agit de la démocratie, du développement et de la paix du Burkina Faso. Il est important que chaque Burkinabè aille voter et choisir celui qui dirigera le pays demain.

Interrogé sur les tentatives supposées de fraude dénoncées par l’opposition, le chef de l’État a botté en touche, arguant que les polémiques n’ont pas lieu d’être. « C’est une question à laquelle je ne dois pas répondre, a-t-il affirmé. L’heure est au vote. J’aurai l’occasion, le moment venu, de revenir sur ces questions. »

Mise en garde de l’opposition

Après avoir voté dans le bureau installé à l’intérieur de la Medersa de la Zone du bois à Ouagadougou, Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, a pourtant réitéré les accusations de fraude évoquées la veille par la plupart des candidats. Il a confirmé avoir saisi le procureur du Faso, dénonçant « des achats de conscience et de cartes d’électeurs, qui ont cours dans les marchés, dans les quartiers périphériques (…) où le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, au pouvoir) prend les numéros de téléphone des femmes et leur promet de leur envoyer de l’argent ». « Tout cela pose un problème qui risque d’entacher le sérieux et la sincérité des urnes », a déclaré l’opposant, invitant « les citoyens à se rendre à partir de 18h devant les bureaux de vote pour être témoins du comptage des voix ».

Zéphirin Diabré a rappelé qu’il y a cinq ans, il avait reconnu la victoire du chef de l’État avant même la proclamation des résultats officiels. « Je suis un homme de paix, mais je ne suis pas l’idiot du village, et encore moins le dindon de la farce. Si les résultats sont sincères, nous féliciterons le vainqueur. (…) Mais si ce n’est pas le cas, qu’on ne vienne pas nous demander d’accepter une mascarade électorale », a mis en garde l’ex-ministre de l’Économie et des Finances.

« Dans l’ensemble tout se passe bien »

Ce scrutin présidentiel et législatif se tient dans un contexte sécuritaire tendu. Plus de 45 000 éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été mobilisés pour la sécurisation des opérations de vote. « Nos forces de sécurité sont en alerte maximale. C’est une journée longue pour nous », a confié à Jeune Afrique Chérif Sy, le ministre de la Défense.

MÊME DANS LES RÉGIONS OÙ NOUS AVIONS DES CRAINTES, LES BUREAUX ONT PU OUVRIR ET LA SITUATION EST PLUTÔT SATISFAISANTE. »

Alors que près de 10 600 observateurs internationaux et nationaux scrutent le bon déroulement des opérations, des anomalies ont été signalées par endroit : retard dans l’acheminement du matériel électoral – dont les bulletins de vote -, noms d’électeurs manquants sur les listes, bureaux de vote introuvables… « Dans l’ensemble tout se passe bien, que ce soit au niveau du processus électoral et de la sécurisation, a toutefois déclaré à la mi-journée Newton Ahmed Barry, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Même dans les régions où nous avions des craintes, dans le Sahel et dans l’Est, les bureaux ont pu ouvrir et la situation est plutôt satisfaisante. (…) Dans ces zones qui constituent l’épicentre du terrorisme, nous avons remarqué une volonté d’aller voter. »

Des électeurs privés de vote dans l’Est et dans le Sahel

Dans l’Est, l’une des deux régions les plus frappées par les attaques terroristes avec le Sahel, des centres n’ont pu ouvrir, même si les forces de l’ordre ont sécurisé certaines zones. Par crainte de représailles, bon nombre n’ont pas voulu prendre le risque d’assurer la permanence. Conséquence, 436 bureaux ont ouvert, sur les 528 que compte la province de la Gnagna, et 365 sur 510 dans celle du Gourma. Dans le Nord, 38 centres sont actifs dans la seule ville de Djibo – contre 83 d’ordinaire en comptant toutes les communes et villages environnants -, et 25 sur 100 sont opérationnels à Arbinda.  Au Sahel, ce sont 1 334 bureaux de votes et 374 712 électeurs – soit 6 % du corps électoral – qui n’ont pas pu participer au choix du président et des députés.

S’il n’a pu avancer à la mi-journée des chiffres concernant la participation, le président de la Ceni a en revanche répondu aux accusations de fraude formulées par l’opposition. « Aucun cas n’a été signalé au niveau de nos structures », a-t-il déclaré. Même constat pour les observateurs, qui saluent un scrutin globalement apaisé. « Dans l’ensemble, le vote se déroule dans un climat apaisé, l’affluence est régulière même si par endroit des bureaux de vote ont ouvert tardivement pour des raisons de logistique », souligne Cédric Bénon, observateur de l’ONG Stand For Live.

Alors que les électeurs faisaient part de leurs préoccupations devant les bureaux de vote, sécurité et cohésion sociale revenaient sans surprise parmi les priorités exprimées. « J’attends du président élu qu’il ramène la paix et la sécurité. Je sais que la situation n’est pas aisée avec le terrorisme, je lui souhaite donc bonne chance », a déclaré Jonas Soalla, 39 ans, animateur social, après avoir voté. Comme lui, Émilie Badini, juriste, se dit fière de s’être rendue aux urnes dans de bonnes conditions, sans bousculade, ni difficultés : « j’ai voté en espérant que le vainqueur fera de la sécurité et de l’emploi des jeunes ses priorités, et s’attèlera surtout à relancer l’économie, affectée par la pandémie de Covid-19. »

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly et Thibault Bluv – à Ouagadougou

Burkina – Eddie Komboïgo : « J’ai toujours eu le soutien de Blaise Compaoré »

novembre 13, 2020

Homme d’affaires prospère, Eddie Komboïgo, 54 ans, a été investi par le CDP le 26 juillet dernier.

Candidat à la présidentielle du 22 novembre, adoubé par Blaise Compaoré, Eddie Komboïgo entend remettre le CDP au centre de la vie politique burkinabè.

Tenu à l’écart des scrutins de 2015, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) rêve de faire son grand retour sur le devant de la scène politique burkinabè lors des présidentielle et législatives du 22 novembre.

C’est donc un CDP requinqué qui part à la conquête des électeurs. Pour la première fois depuis la chute de Blaise Compaoré en 2014, le parti présentera un candidat à la magistrature suprême : Eddie Komboïgo.

Homme d’affaires prospère, Komboïgo, 54 ans, a été investi par son parti le 26 juillet dernier. Militant du CDP depuis le mitan des années 1990, il espère marquer des points face au président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, en surfant sur le mécontentement né de la forte dégradation de la situation sécuritaire.

Jeune Afrique : Le CDP peut-il vraiment percer aux élections du 22 novembre ?

Eddie Komboïgo : En 2015, notre parti avait été donné pour mort. Nous avons tenu des assemblées dans chacune des 45 provinces du territoire, nous l’avons reconstruit et nous sommes aujourd’hui sereins et confiants. Nous avons sillonné le pays, sauf lorsque certaines zones étaient déconseillées pour des raisons sécuritaires. C’est un travail essentiel pour connaître les réalités d’un pays et être en mesure d’apporter des réponses pertinentes. Il ne suffit pas d’organiser des meetings ici ou là pour rassembler du monde.

Qu’attendez-vous de ces élections couplées ?

Nous sommes convaincus que le CDP va de nouveau être porté à la tête du pays. Il n’y a qu’à voir l’adhésion et l’engouement que nous avons suscités. Le CDP demeure un grand parti, bien organisé et solidement implanté dans tout le Burkina. Nos comités de base et nos sous-sections sont en ordre de bataille, et nos forces sont intactes : les caciques, anciens présidents d’institutions ou ex-Premiers ministres, sont restés avec nous. Nous avons su rester unis.

NOUS POUVONS BÉNÉFICIER D’UN VOTE SANCTION

J’ajoute que, durant ce quinquennat, la gouvernance a été un échec total. Nous pouvons donc bénéficier d’un vote sanction. Et puis il y a notre programme, bâti autour du nouveau pacte social, qui achèvera de convaincre nos concitoyens de nous faire confiance. Je suis un candidat serein et satisfait, et je veux ramener le CDP au pouvoir.

Mais le CDP n’incarne-t-il pas une époque aujourd’hui révolue ?

Bien au contraire ! Notre parti suit désormais une trajectoire nouvelle et il a rajeuni – c’est fondamental dans un pays où les jeunes représentent près de 65 % de la population.

Quelles seront vos priorités si vous êtes élu ? 

La paix, la réconciliation et la cohésion sociale. Sans oublier la relance économique qui, pour être forte, sera portée par les grands travaux de désenclavement et par l’autoroute Ouagadougou-Abidjan. Nous allons également relancer le débat sur l’investissement ferroviaire.

Vous critiquez la gestion du président Kaboré, notamment sur la question sécuritaire et en matière de gouvernance. Mais que proposez-vous aux Burkinabè ?

Roch Marc Christian Kaboré a manqué de vision. Le terrorisme n’est pas apparu du jour au lendemain. Avant lui, ceux qui dirigeaient ce pays avaient pour credo : mieux vaut prévenir que guérir. Malheureusement, les soubresauts politiques d’octobre 2014 et la période de transition qui a suivi ont fissuré le dispositif de renseignement militaire. Le régime issu des élections de 2015 se devait de remettre ces structures en place. Cela n’a pas été le cas, et les groupes terroristes ont profité de ces failles pour s’incruster.

Plutôt que de chercher les solutions appropriées pour faire reculer l’insécurité, le président Kaboré a montré du doigt Blaise Compaoré pour se rendre compte, trois, voire quatre ans plus tard, qu’il faisait fausse route. Nous proposons donc de changer d’approche.

Pour combattre le terrorisme, il faut former des unités spéciales, mieux équiper les forces de défense et de sécurité, et ce afin de bâtir une armée véritablement dissuasive. Sans oublier d’investir massivement dans les régions touchées. Mais il faut aussi tenter de parvenir à un compromis.

Vous préconisez le dialogue avec les groupes terroristes ?

Nulle part le terrorisme n’a été vaincu par la seule option militaire. Il faut travailler à connaître ceux qui attaquent et endeuillent le Burkina, et il faut comprendre ce qui les pousse à agir ainsi, pour mieux les combattre – c’est ce que devrait faire le président.

Par ailleurs, en 2016, le président Kaboré lui-même a dit avoir reçu à Kosyam des terroristes, venus demander du matériel. Comment un chef d’État peut-il recevoir des terroristes et ne pas les mettre en prison ?

IL EST TEMPS DE PASSER LA MAIN AUX JEUNES

Le président Compaoré vous a finalement adoubé comme candidat à la présidentielle. Était-ce indispensable pour espérer vous imposer dans les urnes ?

Il est vrai que nous avons connu quelques résistances, notamment de la part d’anciens cadres du parti. Mais j’ai toujours eu le soutien du président Blaise Compaoré. Il comprend, lui, que nous sommes dans une phase de transition intergénérationnelle. Tous ceux qui, comme lui, m’ont apporté leur soutien, à l’instar de Tertius Zongo et de Paramanga Ernest Yonli [anciens Premiers ministres], de Mélégué Maurice Traoré [ancien président de l’Assemblée nationale] ou de Jean de Dieu Somda [ancien ministre], sont convaincus qu’il est temps de passer la main aux jeunes.

Des pourparlers pour le retour de l’ancien président Compaoré sont-ils en cours ?

Non. J’entends dire que ceux qui se sont exilés peuvent rentrer mais qu’ils vont devoir affronter la justice. En 2018, j’avais approché le président Kaboré à la demande de Blaise Compaoré pour lui dire qu’il serait une erreur de garder les Burkinabè divisés pour des motifs politiques. Aujourd’hui, le président Compaoré souhaite toujours rentrer et être utile à son pays.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Burkina Faso : le grand imam de Djibo retrouvé mort

août 15, 2020
Des soldats burkinabè, lors d'un exercice (Illustration).
Des soldats burkinabè, lors d’un exercice (Illustration). © DR / état-major des armées Burkina Faso

 

Souaibou Cissé, important imam du nord du Burkina Faso enlevé mardi par un groupe armé, a été retrouvé mort samedi près du lieu du rapt.

« Après plusieurs jours de recherches infructueuses, le corps sans vie du grand imam a été retrouvé ce (samedi) matin, malheureusement sans vie, non loin du lieu de son enlèvement », a déclaré un élu local, joint de Ouagadougou.

« C’est triste, mais c’est son corps qui a été retrouvé. Dès membres de sa famille ont procédé à l’identification du corps et s’apprêtent à procéder à l’inhumation qui aura lieu dans l’après-midi même », a confirmé un habitant de Djibo.

Un leader religieux modéré

Souaibou Cissé, grand imam de Djibo, 73 ans, avait été enlevé mardi « par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », avait-on appris de sources de sécurité. Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance », Souaibou Cissé faisait parti de « ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon des proches, rappelant qu’il avait à plusieurs reprises échappé à des attaques, notamment contre son domicile.

Depuis plusieurs mois, Djibo est de plus en plus menacé, des groupes armés imposant un blocus à cette grande ville du nord, entraînant des pénuries régulières de produits de première nécessité (denrées alimentaires, gaz, carburant et médicaments), selon des habitants. Lors d’une visite surprise en juin, le président Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville.

 Par Jeune Afrique avec AFP 

Burkina Faso : enlèvement du grand imam de Djibo

août 12, 2020

Des soldats burkinabè lors d'un exercice en février 2019 (image d'illustration).

Des soldats burkinabè lors d’un exercice en février 2019 (image d’illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Souaibou Cissé, le grand imam de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a été « enlevé par des individus non identifiés » mardi 11 août, a-t-on appris de source sécuritaires et locales.

Le grand imam « a été enlevé par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », a déclaré une source sécuritaire. « Ils ont arrêté le car et procédé à une fouille et un contrôle d’identité avant de repartir avec le grand imam. Ils ont laissé les autres occupants du car poursuivre leur trajet », selon cette source, citant des témoignages de voyageurs.

« Toute la communauté est attristée et sans nouvelle du grand imam depuis cet après-midi », a indiqué un habitant de Djibo, précisant que le rapt s’est déroulé « entre Namsiguia et Gaskindé, sur l’axe Kongoussi – Djibo ».

Menaces

Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance » Souaibou Cissé « était de ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon la même source. « La ville est de plus en plus menacée. Depuis quelques semaines, les terroristes ont imposé un blocus. Tous les cars qui quittent ou arrivent à Djibo sont systématiquement arrêtés et fouillés », a témoigné un fonctionnaire de la localité, sous le couvert de l’anonymat.

« Le risque est réel tant pour les différents leaders que pour les populations », a-t-il estimé, rappelant l’enlèvement d’un chef traditionnel sur le même axe fin-juillet. Lors d’une visite surprise en mi-juin à Djibo, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville en proie à des attaques terroristes.

Par Jeune Afrique avec AFP