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Burkina Faso : le grand imam de Djibo retrouvé mort

août 15, 2020
Des soldats burkinabè, lors d'un exercice (Illustration).
Des soldats burkinabè, lors d’un exercice (Illustration). © DR / état-major des armées Burkina Faso

 

Souaibou Cissé, important imam du nord du Burkina Faso enlevé mardi par un groupe armé, a été retrouvé mort samedi près du lieu du rapt.

« Après plusieurs jours de recherches infructueuses, le corps sans vie du grand imam a été retrouvé ce (samedi) matin, malheureusement sans vie, non loin du lieu de son enlèvement », a déclaré un élu local, joint de Ouagadougou.

« C’est triste, mais c’est son corps qui a été retrouvé. Dès membres de sa famille ont procédé à l’identification du corps et s’apprêtent à procéder à l’inhumation qui aura lieu dans l’après-midi même », a confirmé un habitant de Djibo.

Un leader religieux modéré

Souaibou Cissé, grand imam de Djibo, 73 ans, avait été enlevé mardi « par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », avait-on appris de sources de sécurité. Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance », Souaibou Cissé faisait parti de « ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon des proches, rappelant qu’il avait à plusieurs reprises échappé à des attaques, notamment contre son domicile.

Depuis plusieurs mois, Djibo est de plus en plus menacé, des groupes armés imposant un blocus à cette grande ville du nord, entraînant des pénuries régulières de produits de première nécessité (denrées alimentaires, gaz, carburant et médicaments), selon des habitants. Lors d’une visite surprise en juin, le président Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville.

 Par Jeune Afrique avec AFP 

Burkina Faso : enlèvement du grand imam de Djibo

août 12, 2020

Des soldats burkinabè lors d'un exercice en février 2019 (image d'illustration).

Des soldats burkinabè lors d’un exercice en février 2019 (image d’illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Souaibou Cissé, le grand imam de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a été « enlevé par des individus non identifiés » mardi 11 août, a-t-on appris de source sécuritaires et locales.

Le grand imam « a été enlevé par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », a déclaré une source sécuritaire. « Ils ont arrêté le car et procédé à une fouille et un contrôle d’identité avant de repartir avec le grand imam. Ils ont laissé les autres occupants du car poursuivre leur trajet », selon cette source, citant des témoignages de voyageurs.

« Toute la communauté est attristée et sans nouvelle du grand imam depuis cet après-midi », a indiqué un habitant de Djibo, précisant que le rapt s’est déroulé « entre Namsiguia et Gaskindé, sur l’axe Kongoussi – Djibo ».

Menaces

Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance » Souaibou Cissé « était de ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon la même source. « La ville est de plus en plus menacée. Depuis quelques semaines, les terroristes ont imposé un blocus. Tous les cars qui quittent ou arrivent à Djibo sont systématiquement arrêtés et fouillés », a témoigné un fonctionnaire de la localité, sous le couvert de l’anonymat.

« Le risque est réel tant pour les différents leaders que pour les populations », a-t-il estimé, rappelant l’enlèvement d’un chef traditionnel sur le même axe fin-juillet. Lors d’une visite surprise en mi-juin à Djibo, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville en proie à des attaques terroristes.

Par Jeune Afrique avec AFP

La diaspora burkinabè soutient Roch Marc Christian Kaboré

août 9, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. © Présidence du Burkina Faso

 

La diaspora burkinabè a lancé samedi à Abidjan son premier mouvement politique pour peser sur l’élection présidentielle de novembre au Burkina.

Quelque milliers de délégués venus de 18 pays ont lancé dans un grand hôtel de la capitale économique ivoirienne, un mouvement politique dénommé « C’est le moment! »

« Nous avons décidé de porter notre choix sur le président Roch Marc Christian Kaboré qui brigue un deuxième mandat parce qu’il a permis à la diaspora de prendre part aux élections, d’obtenir dix sièges au parlement (dans la prochaine législature) et de disposer d’un ministère des Burkinabè de l’étranger », a aussitôt déclaré Moumouni Pograwa, son porte-parole.

Bouclier face au terrorisme

Pour Moumouni Pograwa, « le président Kaboré a fait front contre le terrorisme et constitue un bouclier face à ce fléau ».

La diaspora burkinabè représente une communauté de sept millions de personnes, dont plus de la moitié vit en Côte d’Ivoire. Elle transfère chaque année l’équivalent de 58 milliards de FCFA (environ 88 millions d’euros) au Burkina.

Roch Marc Christian Kaboré a été investi le 11 juillet par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), son parti, pour briguer un second mandat, alors que le pays a sombré dans les violences jihadistes en cinq ans.

Rassemblement pro-Compaoré à Ouagadougou

Par ailleurs, samedi, à Ouagadougou, un rassemblement des partisans de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré pour réclamer son retour au pays a été empêché.

Un imposant dispositif policier dressé aux abords de la Maison du peuple dans la capitale Ouagadougou, où devait se tenir la manifestation, a empêché des milliers de personnes de se rassembler. Aucune raison officielle n’a été donnée par les forces de l’ordre, certains policiers se contentant d’indiquer que le rassemblement est « reporté ».

Blaise Compaoré, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, vit actuellement en Côte d’Ivoire d’où il ne peut être extradé en raison de sa double nationalité ivoirienne obtenue grâce à son épouse.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina: un engin explosif tue six personnes dont des enfants

août 2, 2020

 

Au moins six personnes, dont des enfants, ont été tuées samedi soir par l’explosion d’un engin artisanal au passage de leur charrette dans une région du nord du Burkina confronté à des attaques djihadistes, selon des sources sécuritaires et locales.

«Une charrette conduite par un groupe d’enfants a explosé sur un engin artisanal hier samedi, aux environs de 17h. Le bilan provisoire est de six morts et quatre blessés», a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. «Les blessés ont été évacués au CHR (Centre hospitalier régional) de Ouahigouya. Une équipe (militaire) a été envoyée sur place pour le constat et sécuriser la zone», a précisé cette source.

Les victimes sont «presque toutes des enfants qui revenaient de pâturage avec leurs animaux» lorsque leur charrette a sauté «sur la mine», selon un habitant joint à Ouahigouya.

Le Burkina Faso, particulièrement les régions du nord et de l’est, est confronté à des attaques djihadistes qui ont fait plus de 1 000 morts et environ un million de déplacés depuis 2015. Les attaques avec des engins explosifs improvisés s’y sont multipliées depuis 2018 coûtant la vie à près de 200 personnes – civils et militaires -, selon un décompte de l’AFP. Ces attaques sont souvent couplées à des embuscades.

Les violences djihadistes dans le Sahel, souvent entremêlées à des conflits inter communautaires, qui ont fait plus de 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso, selon l’0NU.

Par Le Figaro avec AFP

Burkina : l’opposant Zéphirin Diabré investi candidat à la présidentielle par son parti

juillet 26, 2020

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou.

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

 

Le chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré, a été investi samedi 25 juillet à Ouagadougou par son parti, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), candidat à la présidentielle de novembre.

« Les militants de l’UPC réuni en congrès extraordinaire ont procédé à la désignation du candidat Zéphirin Diabré à la présidentielle », a déclaré le vice-président du parti Denis Yaméogo, lisant le procès-verbal, après un vote par acclamation des 5 000 militants rassemblés au palais des sports de Ouagadougou.

« Je jure solennellement ici et maintenant de m’investir en votre nom, corps et âme, dans ce combat pour la renaissance du Burkina Faso », a déclaré Zéphirin Diabré, 61 ans, qui se présente pour la deuxième fois à la magistrature suprême.

À l’élection présidentielle de 2015, il était arrivé deuxième avec 29,65% des voix, battu par l’actuel président Roch Marc Christian Kaboré. Ce dernier se représente pour un deuxième mandat, alors que le Burkina Faso a progressivement sombré dans les violences jihadistes, entremêlées à des conflits intercommunautaires, qui ont fait depuis 2015 au moins 1 100 morts et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

« Il y a cinq ans, les Burkinabé ont commis la grave erreur de confier leur destinée au MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, actuel parti au pouvoir) et à ses alliés (…) Comme tout Burkinabé déçu de la gestion du MPP, nous voulons le changement et le vrai changement », a déclaré Zéphirin Diabré.

« Génération Zeph »

« Ce pays a besoin plus que jamais d’un nouveau départ, d’un nouveau souffle, d’une nouvelle vision », a martelé l’opposant.

Ancien ministre de Blaise Compaoré dans les années 1990, Zéphirin Diabré était passé dans l’opposition en 2011 en fondant l’UPC. Un changement de cap trois ans avant la chute de l’ancien président, chassé par une insurrection populaire fin 2014, après 27 ans au pouvoir.

« C’est une candidature chargée d’espoir pour les militants et tous ceux qui ont soif de changement. Nous ne voulons plus laisser le pays dans le gouffre », a déclaré Abdoul Ouedraogo, responsable des jeunes du parti. La porte-parole de l’union des femmes du parti, Jacqueline Konaté, a appelé Zéphirin Diabré à « sauver le pays des affres de la désolation », l’estimant seul à même « d’unir tous les Burkinabé ».

Sa candidature est soutenue par le mouvement la « Génération Zeph 2020 », un mouvement regroupant une centaine de partis politiques et associations, ainsi que plusieurs coalitions de partis.

L’opposition part cependant divisée au scrutin présidentiel, ce qui fait le jeu du président Kaboré, selon les analystes, malgré son bilan face aux violences jihadistes.

Parmi les autres candidats pressentis à la présidentielle figurent de nombreux autres anciens du régime Compaoré : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un parti anciennement allié à Compaoré, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ex-parti au pouvoir.

Les autres postulants de poids sont Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, et le juriste Abdoulaye Soma.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Burkina Faso : Kaboré investi samedi par son parti

juillet 10, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l'issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l’issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020. © DR / Présidence du Faso

 

Le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, doit être officiellement investi par son parti, samedi 11 juillet, pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de novembre.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) fait bloc derrière son chef, unique candidat à l’investiture. « C’est le président Kaboré que nous allons désigner pour être investi au titre de notre parti pour la prochaine présidentielle », explique le secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo. C’est le croisement entre le bilan et le programme proposé par le candidat qui détermine la position du parti […]. Il est le candidat le mieux placé pour porter le flambeau. »

La candidature du chef de l’État, 63 ans, devrait également être soutenue par l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), regroupement d’une quarantaine de formations politiques.

« Le faire élire au premier tour »

« Notre objectif, c’est de le faire élire au premier tour et avec un score plus confortable qu’en 2015. Nous voulons faire au-delà de 60 % », projette Lassané Savadogo.

Pourtant, selon un sondage réalisé en juin par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), la cote le président est en baisse, 63 % de la population n’étant « pas satisfaite des actions du président ».

« Les défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de Covid-19 et d’autres facteurs ont influencé négativement la mise en œuvre du programme, concède Lassané Savadogo, mais cela ne nous a pas fait dévier de nos objectifs fondamentaux. »

En 2015, l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, avec 53,49% des voix, avait suscité de grands espoirs de développement et de changement. Mais sous sa présidence, le Burkina est devenu une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes, des pans entiers du pays étant inaccessibles.

Ces attaques, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1 100 morts depuis 2015 et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

Nombreux candidats de l’opposition

Le chef de l’État devrait être opposé à plusieurs cadres de l’ancien du régime : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, de Balise Compaoré).

Parmi les autres grands candidats figurent le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, Tahirou Barry, ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, ainsi que le juriste Abdoulaye Soma.

Il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir. »

« Malgré le bilan mitigé du président Kaboré qui a réussi quelques actions, notamment le développement des infrastructures routières, il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir », soutient l’analyste politique Drissa Traoré, qui pointe aussi « la situation sécuritaire [qui] s’est considérablement dégradée ».

« Quatorze provinces, réparties dans les six régions du pays, sont sous état d’urgence. La tenue des élections dans ces zones en proie aux attaques est hypothétique. Ces populations sont plutôt préoccupées à sauver leurs vies », souligne-t-il.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Opération antijihadiste conjointe Côte d’Ivoire-Burkina : Abidjan salue d’« excellents résultats »

mai 25, 2020

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration).

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration). © FILE – In this Thursday, Oct. 22, 2015 file photo, an Ivory Coast troop provides security before the arrival of incumbent President Alassane Ouattara at his election rally in Abidjan, Ivory Coast. Witnesses say gunfire has broken out in Ivory Coast’s second-largest city, where the defense chief was expected to resume talks on an army mutiny there a week ago. Fanta Kourouma, a resident of Bouake, says shots could be heard shortly before noon Friday, Jan. 13, 2017. (AP Photo/Schalk van Zuydam,File)/ASVZ101/17013467308163/FILE PHOTO TAKEN THURSDAY, OCT. 22, 2015/1701131413

Pour la première fois, les armées ivoirienne et burkinabè ont mené une opération militaire conjointe à la frontière des deux pays. Huit jihadistes présumés tués, 38 suspects interpellés et une base détruite.

L’opération « Comoé », du nom du fleuve qui traverse les deux pays, s’est déroulée au nord-est de la ville de Ferkessedougou, en Côte d’Ivoire, et au sud de Banfora, au Burkina. Selon l’état major ivoirien, une « base terroriste » a été détruite à Alidougou, côté burkinabè. Huit « terroristes » ont été tués et 38 suspects interpellés, dont 24 au Burkina et 14 en Côte d’Ivoire, avant d’être remis aux services de renseignements. Des armes, munitions, clés USB et téléphones portables ont également été saisis lors de l’opération.

Dans un communiqué, l’armée ivoirienne assure que « la zone est sous contrôle » et souligne la « satisfaction des deux états-majors » et les « excellents résultats obtenus grâce à la parfaite coordination entre les deux armées » lors de cette opération conjointe entre les armées ivoiriennes et burkinabè, présentée comme une première.

Des combats ont notamment eu lieu dans la zone des villages de Tinadalla et Diambeh, au nord de Kong, la ville de la famille du président Alassane Ouattara, près de la frontière burkinabè, selon des habitants de la région rencontrés par un journaliste de l’AFP. Ceux-ci font état d’une forte présence militaire dans le secteur.

Présents depuis plus d’un mois

D’après un habitant de Tindalla, des hommes suspects étaient présents dans la zone depuis plus d’un mois, allant et venant d’un côté et de l’autre de la frontière burkinabè.

L’armée ivoirienne assure qu’« aucune base terroriste n’existe sur le territoire ivoirien » mais note que celui-ci « a peut-être pu servir de zone refuge lors des précédentes offensives » de l’armée burkinabè.

Samedi, une source sécuritaire burkinabè avait toutefois indiqué que toute l’opération s‘était déroulée en « territoire ivoirien ». Un soldat burkinabè blessé pendant l’opération a été hospitalisé à Korhogo, en Côte d’Ivoire), a assuré un militaire burkinabè.

« Les deux armées se sont rassemblées. Il n’y a plus de possibilité de s’échapper. C’est cela qui nous a permis d’avoir des résultats tangibles. Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. C’est une première mais je peux vous assurer que ce ne sera pas la dernière », a affirmé à la presse le chef d‘état-major burkinabè, le général Moïse Miningou, à l’issue d’une rencontre vendredi avec son homologue ivoirien en Côte d’Ivoire.

« Il est nécessaire pour nous de nous unir pour faire face à la menace. Eux (les terroristes), ils ont réussi à le faire. Ils arrivent à se solidariser entre groupes armés terroristes. Si nous ne le faisons pas, évidement, on perdra la guerre », a commenté le chef d’état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia.

Une fuite côté ivoirien

L’opération a toutefois connu un raté, avec l’arrestation du chef d’escadron de la gendarmerie de Kong, pour avoir communiqué à un civil des informations confidentielles au sujet de l’opération, selon des éléments de l’enquête. Ce qui a « sans doute » permis à certains jihadistes de s’enfuir, selon une source sécuritaire.

La présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé avait été détectée depuis plus d’un an. Selon des sources sécuritaires, il s’agissait de militants opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

Le Burkina fait face à des attaques jihadistes qui ont fait près de 900 morts depuis 2015. Des sources sécuritaires ont affirmé à l’AFP dimanche que 13 « jihadistes » avaient été tués samedi lors d’un « accrochage » avec l’armée dans le nord du pays. Vendredi, une attaque a fait trois morts dont un soldat dans l’est.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina-Faso: le président de l’ex-parti au pouvoir candidat à la présidentielle

mai 10, 2020

 

Eddie Komboigo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) burkinabè, parti de l’ex-président Blaise Compaoré renversé en 2014, a été désigné dimanche candidat à la présidentielle de novembre par sa formation. Eddie Komboigo, 56 ans, a été désigné par les membres du haut conseil du CDP, du bureau exécutif national et les secrétaires provinciaux à l’issue d’un vote remporté par 133 voix contre 21 à son rival, Yahaya Zoungrana.

Le choix d’Eddie Komboigo devra être entériné par Blaise Compaoré, président d’honneur du CDP, qui vit en exil à Abidjan depuis sa chute en octobre 2014, renversé par la rue après 27 ans de pouvoir. Puis il devra être investi lors d’un congrès, selon le parti. A la tête du CDP depuis mai 2015, cet expert-comptable qui a fait fortune à la tête d’un cabinet d’audit ne comptait pas parmi les barons du parti du temps où il régnait sans partage. Il était jusque-là député à l’assemblée nationale. Déjà prétendant à la présidentielle de 2015, Eddie Komboigo avait vu sa candidature à rejetée en vertu d’une loi excluant les proches de Compaoré qui avaient soutenu son projet de modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir, projet qui avait finalement causé sa chute.

Le Burkina Faso organisera le 22 novembre des élections présidentielle et législatives. Après une brève suspension en raison de l’épidémie de coronavirus, la révision des listes électorales a repris vendredi, le gouvernement ayant décidé d’alléger progressivement les mesures restrictives de lutte contre l’épidémie.

Candidat à sa propre succession, le président Roch Marc Christian Kaboré devrait être opposé à de nombreux anciens proches de Blaise Compaoré, dont l’ancien Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo et Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un ancien parti allié du régime Compaoré. Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement du président Kaboré, a également annoncé sa candidature à la présidentielle.

Par Le Figaro avec AFP

Face au coronavirus, le Burkina tenté par la chloroquine

mars 29, 2020

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l'extérieur d'un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d'illustration).

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l’extérieur d’un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d’illustration). © Themba Hadebe/AP/Sipa

 

Face à la propagation du Covid-19, qui a déjà affecté plus de 200 personnes au Burkina Faso, les autorités ont décidé de recourir à la chloroquine pour le traitement des patients. Deux essais cliniques seront menés concomitamment par des chercheurs burkinabè et béninois.

Alors que le conseil des ministres s’est tenu jeudi par visioconférence, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a décidé de durcir les mesures de protection contre la pandémie de Covid-19 qui a contaminé 207 personnes dans le pays au 28 mars. Il a ainsi déclaré l’état d’alerte sanitaire et décidé de mettre les villes touchées en quarantaine pour deux semaines à compter du vendredi 27 mars.

Cette mesure concerne principalement Ouagadougou, qui concentre la majorité des personnes atteintes. Bobo-Dioulasso, la capitale économique, et les localités de Dédougou, Banfora, Manga, Boromo, Houndé et Zorgho sont également visées par cette mesure.

Bientôt des essais cliniques

Comme le Maroc ou le Sénégal, qui prônent l’usage de la chloroquine, les autorités annoncent  deux essais cliniques de ce médicament sur des personnes atteintes du Covid-19. Joint au téléphone par Jeune Afrique, Roger Nebié, le directeur général du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), affirme toutefois qu’il va falloir patienter pour avoir les premiers résultats. « Les protocoles des essais sont terminés et doivent être validés par la commission éthique du ministère de la Santé. Ce n’est qu’après que nous démarrerons à proprement parler les essais cliniques », explique-t-il. Une formalité avant de pouvoir lancer l’essai.

Selon le Pr Alkassoum Maïga, ministre de la Recherche scientifique, le premier essai, dénommé Chloraz, est dirigé par le Dr Halidou Tinto, directeur de recherche à l’Unité de recherche clinique de Nanoro. Le processus est mené en collaboration avec le Centre Muraz de Bobo-Dioulasso et les centres hospitaliers universitaires de Tingandogo à Ouagadougou et Sourou-Sanon à Bobo-Dioulasso, les deux principaux foyers de l’infection du pays. « L’essai vise à évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de la chloroquine et de la combinaison chloroquine-azithromycine dans le traitement de l’infection au Covid-19 au Burkina », a détaillé le ministre.

En parallèle, le Burkina coopère avec le Bénin voisin, qui a lui aussi autorisé l’usage de la chloroquine à des fins thérapeutiques. « Les deux pays conduisent un essai clinique international dénommé Api-Covid-19, qui vise à évaluer l’efficacité clinique et virologique d’un médicament à base de plantes nommé Apivirine chez les patients atteints de Covid-19 », a précisé le Pr Maïga. Cette étude est coordonnée par une équipe de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), dirigée par le Dr Sylvain Ouedraogo, directeur de recherche en pharmacologie.

Avec Jeuneafrique par Nadoun Coulibaly

Coronavirus : la présidence burkinabè dément les rumeurs sur l’état de santé de Roch Kaboré

mars 23, 2020

Roch Marc Christian Kaboré.

Roch Marc Christian Kaboré. © Vincent Fournier pour JA 

Alors que cinq ministres burkinabè ont été testés positifs au Covid-19, le président Roch Marc Christian Kaboré fait désormais l’objet de rumeurs quant à son état de santé. L’information selon laquelle il serait lui aussi porteur du virus a été démentie par la présidence.

Le président Roch Marc Christian Kaboré, porteur du coronavirus ? C’est en tout cas la rumeur qui affole la toile depuis que plusieurs ministres – Alpha Barry (Affaires étrangères), Siméon Sawadogo (Administration territoriale), Stanislas Ouaro (Éducation nationale ), Oumarou Idani (Mines) et Harouna Kaboré (Commerce) – ont été diagnostiqués positifs au Covid-19.

« Un avion médicalisé a quitté la Suisse dans la matinée et a atterri à Ouagadougou ce soir pour embarquer Roch Kaboré et ses ministres malades du Covid-19 afin d’être soignés à l’étranger. Malheureusement pour nous, ce gouvernement est un esprit malin : le couvre-feu de 19 heures à 5 heures est bien réfléchi pour les exfiltrer sans opposition de la population », peut-on lire sur la page Facebook du groupe Esprit Critique. « Covid-19 : le président du Burkina Faso, Roch Kaboré contrôlé positif », titre pour sa part le portail en ligne APR News.

Des informations immédiatement balayées par la présidence : « Des gens appellent pour savoir si un avion suisse est venu chercher le président hier. Il s’agit d’un tissu de mensonges », rétorque un conseiller du chef l’État.

Un ressortissant suisse évacué

En réalité, un avion médicalisé a bel et bien atterri dimanche à l’aéroport international de Ouagadougou. Le bombardier challenger 650 a évacué le reggaeman Hadry Sanou, un ressortissant suisse de 32 ans. Selon nos informations, c’est Elisabeth Alansar, cheffe de la coopération suisse au Burkina Faso, qui a en fait la demande auprès des autorités burkinabè.

Dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères et consulté par Jeune Afrique, elle remercie les autorités du Burkina Faso pour leur soutien : « L’avion se prépare au décollage avec le patient suisse pour le retour sur Zurich. Je vous souhaite du fond du cœur ainsi qu’à vos collègues un prompt rétablissement », a-t-elle écrit à Alpha Barry.

Protection du chef de l’État renforcée

Du côté de la présidence, on assure que les mesures restrictives imposées à la population ont été généralisées au Palais de Kosyam et que la protection autour du chef de l’État a été renforcée. Outre l’utilisation de gel hydroalcoolique et les règles de distanciation, le personnel de la présidence doit désormais porter un masque, tandis que les surfaces de contact, comme les poignées de portes, sont nettoyées en permanence.

Afin de limiter les risques, la plupart des équipes de la présidence vont se mettre en télétravail à partir de ce 23 mars, selon un conseiller du chef de l’État, qui précise que les audiences ont été « suspendues où extrêmement limitées ». Ce week-end, le président s’est entretenu avec ses homologues ghanéen et nigérien via des visioconférences.

Mesures drastiques

Avec 99 cas actifs ce 23 mars, le Burkina Faso est le pays d’Afrique de l’Ouest le plus touché par le coronavirus. Ainsi, les autorités ont mis en place des mesures drastiques pour limiter la propagation du Covid-19, qui a déjà fait quatre victimes sur le territoire.

Liaisons terrestres et aériennes coupées, couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin, fermeture des marchés, des bars et restaurants et restriction des événements sociaux comme les funérailles. Dès ce lundi, le trafic interurbain est également suspendu jusqu’à nouvel ordre.

Avec Jeuneafrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou