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Burkina: un engin explosif tue six personnes dont des enfants

août 2, 2020

 

Au moins six personnes, dont des enfants, ont été tuées samedi soir par l’explosion d’un engin artisanal au passage de leur charrette dans une région du nord du Burkina confronté à des attaques djihadistes, selon des sources sécuritaires et locales.

«Une charrette conduite par un groupe d’enfants a explosé sur un engin artisanal hier samedi, aux environs de 17h. Le bilan provisoire est de six morts et quatre blessés», a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. «Les blessés ont été évacués au CHR (Centre hospitalier régional) de Ouahigouya. Une équipe (militaire) a été envoyée sur place pour le constat et sécuriser la zone», a précisé cette source.

Les victimes sont «presque toutes des enfants qui revenaient de pâturage avec leurs animaux» lorsque leur charrette a sauté «sur la mine», selon un habitant joint à Ouahigouya.

Le Burkina Faso, particulièrement les régions du nord et de l’est, est confronté à des attaques djihadistes qui ont fait plus de 1 000 morts et environ un million de déplacés depuis 2015. Les attaques avec des engins explosifs improvisés s’y sont multipliées depuis 2018 coûtant la vie à près de 200 personnes – civils et militaires -, selon un décompte de l’AFP. Ces attaques sont souvent couplées à des embuscades.

Les violences djihadistes dans le Sahel, souvent entremêlées à des conflits inter communautaires, qui ont fait plus de 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso, selon l’0NU.

Par Le Figaro avec AFP

Burkina : l’opposant Zéphirin Diabré investi candidat à la présidentielle par son parti

juillet 26, 2020

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou.

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

 

Le chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré, a été investi samedi 25 juillet à Ouagadougou par son parti, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), candidat à la présidentielle de novembre.

« Les militants de l’UPC réuni en congrès extraordinaire ont procédé à la désignation du candidat Zéphirin Diabré à la présidentielle », a déclaré le vice-président du parti Denis Yaméogo, lisant le procès-verbal, après un vote par acclamation des 5 000 militants rassemblés au palais des sports de Ouagadougou.

« Je jure solennellement ici et maintenant de m’investir en votre nom, corps et âme, dans ce combat pour la renaissance du Burkina Faso », a déclaré Zéphirin Diabré, 61 ans, qui se présente pour la deuxième fois à la magistrature suprême.

À l’élection présidentielle de 2015, il était arrivé deuxième avec 29,65% des voix, battu par l’actuel président Roch Marc Christian Kaboré. Ce dernier se représente pour un deuxième mandat, alors que le Burkina Faso a progressivement sombré dans les violences jihadistes, entremêlées à des conflits intercommunautaires, qui ont fait depuis 2015 au moins 1 100 morts et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

« Il y a cinq ans, les Burkinabé ont commis la grave erreur de confier leur destinée au MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, actuel parti au pouvoir) et à ses alliés (…) Comme tout Burkinabé déçu de la gestion du MPP, nous voulons le changement et le vrai changement », a déclaré Zéphirin Diabré.

« Génération Zeph »

« Ce pays a besoin plus que jamais d’un nouveau départ, d’un nouveau souffle, d’une nouvelle vision », a martelé l’opposant.

Ancien ministre de Blaise Compaoré dans les années 1990, Zéphirin Diabré était passé dans l’opposition en 2011 en fondant l’UPC. Un changement de cap trois ans avant la chute de l’ancien président, chassé par une insurrection populaire fin 2014, après 27 ans au pouvoir.

« C’est une candidature chargée d’espoir pour les militants et tous ceux qui ont soif de changement. Nous ne voulons plus laisser le pays dans le gouffre », a déclaré Abdoul Ouedraogo, responsable des jeunes du parti. La porte-parole de l’union des femmes du parti, Jacqueline Konaté, a appelé Zéphirin Diabré à « sauver le pays des affres de la désolation », l’estimant seul à même « d’unir tous les Burkinabé ».

Sa candidature est soutenue par le mouvement la « Génération Zeph 2020 », un mouvement regroupant une centaine de partis politiques et associations, ainsi que plusieurs coalitions de partis.

L’opposition part cependant divisée au scrutin présidentiel, ce qui fait le jeu du président Kaboré, selon les analystes, malgré son bilan face aux violences jihadistes.

Parmi les autres candidats pressentis à la présidentielle figurent de nombreux autres anciens du régime Compaoré : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un parti anciennement allié à Compaoré, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ex-parti au pouvoir.

Les autres postulants de poids sont Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, et le juriste Abdoulaye Soma.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Burkina Faso : Kaboré investi samedi par son parti

juillet 10, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l'issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l’issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020. © DR / Présidence du Faso

 

Le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, doit être officiellement investi par son parti, samedi 11 juillet, pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de novembre.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) fait bloc derrière son chef, unique candidat à l’investiture. « C’est le président Kaboré que nous allons désigner pour être investi au titre de notre parti pour la prochaine présidentielle », explique le secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo. C’est le croisement entre le bilan et le programme proposé par le candidat qui détermine la position du parti […]. Il est le candidat le mieux placé pour porter le flambeau. »

La candidature du chef de l’État, 63 ans, devrait également être soutenue par l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), regroupement d’une quarantaine de formations politiques.

« Le faire élire au premier tour »

« Notre objectif, c’est de le faire élire au premier tour et avec un score plus confortable qu’en 2015. Nous voulons faire au-delà de 60 % », projette Lassané Savadogo.

Pourtant, selon un sondage réalisé en juin par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), la cote le président est en baisse, 63 % de la population n’étant « pas satisfaite des actions du président ».

« Les défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de Covid-19 et d’autres facteurs ont influencé négativement la mise en œuvre du programme, concède Lassané Savadogo, mais cela ne nous a pas fait dévier de nos objectifs fondamentaux. »

En 2015, l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, avec 53,49% des voix, avait suscité de grands espoirs de développement et de changement. Mais sous sa présidence, le Burkina est devenu une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes, des pans entiers du pays étant inaccessibles.

Ces attaques, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1 100 morts depuis 2015 et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

Nombreux candidats de l’opposition

Le chef de l’État devrait être opposé à plusieurs cadres de l’ancien du régime : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, de Balise Compaoré).

Parmi les autres grands candidats figurent le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, Tahirou Barry, ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, ainsi que le juriste Abdoulaye Soma.

Il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir. »

« Malgré le bilan mitigé du président Kaboré qui a réussi quelques actions, notamment le développement des infrastructures routières, il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir », soutient l’analyste politique Drissa Traoré, qui pointe aussi « la situation sécuritaire [qui] s’est considérablement dégradée ».

« Quatorze provinces, réparties dans les six régions du pays, sont sous état d’urgence. La tenue des élections dans ces zones en proie aux attaques est hypothétique. Ces populations sont plutôt préoccupées à sauver leurs vies », souligne-t-il.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Opération antijihadiste conjointe Côte d’Ivoire-Burkina : Abidjan salue d’« excellents résultats »

mai 25, 2020

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration).

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration). © FILE – In this Thursday, Oct. 22, 2015 file photo, an Ivory Coast troop provides security before the arrival of incumbent President Alassane Ouattara at his election rally in Abidjan, Ivory Coast. Witnesses say gunfire has broken out in Ivory Coast’s second-largest city, where the defense chief was expected to resume talks on an army mutiny there a week ago. Fanta Kourouma, a resident of Bouake, says shots could be heard shortly before noon Friday, Jan. 13, 2017. (AP Photo/Schalk van Zuydam,File)/ASVZ101/17013467308163/FILE PHOTO TAKEN THURSDAY, OCT. 22, 2015/1701131413

Pour la première fois, les armées ivoirienne et burkinabè ont mené une opération militaire conjointe à la frontière des deux pays. Huit jihadistes présumés tués, 38 suspects interpellés et une base détruite.

L’opération « Comoé », du nom du fleuve qui traverse les deux pays, s’est déroulée au nord-est de la ville de Ferkessedougou, en Côte d’Ivoire, et au sud de Banfora, au Burkina. Selon l’état major ivoirien, une « base terroriste » a été détruite à Alidougou, côté burkinabè. Huit « terroristes » ont été tués et 38 suspects interpellés, dont 24 au Burkina et 14 en Côte d’Ivoire, avant d’être remis aux services de renseignements. Des armes, munitions, clés USB et téléphones portables ont également été saisis lors de l’opération.

Dans un communiqué, l’armée ivoirienne assure que « la zone est sous contrôle » et souligne la « satisfaction des deux états-majors » et les « excellents résultats obtenus grâce à la parfaite coordination entre les deux armées » lors de cette opération conjointe entre les armées ivoiriennes et burkinabè, présentée comme une première.

Des combats ont notamment eu lieu dans la zone des villages de Tinadalla et Diambeh, au nord de Kong, la ville de la famille du président Alassane Ouattara, près de la frontière burkinabè, selon des habitants de la région rencontrés par un journaliste de l’AFP. Ceux-ci font état d’une forte présence militaire dans le secteur.

Présents depuis plus d’un mois

D’après un habitant de Tindalla, des hommes suspects étaient présents dans la zone depuis plus d’un mois, allant et venant d’un côté et de l’autre de la frontière burkinabè.

L’armée ivoirienne assure qu’« aucune base terroriste n’existe sur le territoire ivoirien » mais note que celui-ci « a peut-être pu servir de zone refuge lors des précédentes offensives » de l’armée burkinabè.

Samedi, une source sécuritaire burkinabè avait toutefois indiqué que toute l’opération s‘était déroulée en « territoire ivoirien ». Un soldat burkinabè blessé pendant l’opération a été hospitalisé à Korhogo, en Côte d’Ivoire), a assuré un militaire burkinabè.

« Les deux armées se sont rassemblées. Il n’y a plus de possibilité de s’échapper. C’est cela qui nous a permis d’avoir des résultats tangibles. Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. C’est une première mais je peux vous assurer que ce ne sera pas la dernière », a affirmé à la presse le chef d‘état-major burkinabè, le général Moïse Miningou, à l’issue d’une rencontre vendredi avec son homologue ivoirien en Côte d’Ivoire.

« Il est nécessaire pour nous de nous unir pour faire face à la menace. Eux (les terroristes), ils ont réussi à le faire. Ils arrivent à se solidariser entre groupes armés terroristes. Si nous ne le faisons pas, évidement, on perdra la guerre », a commenté le chef d’état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia.

Une fuite côté ivoirien

L’opération a toutefois connu un raté, avec l’arrestation du chef d’escadron de la gendarmerie de Kong, pour avoir communiqué à un civil des informations confidentielles au sujet de l’opération, selon des éléments de l’enquête. Ce qui a « sans doute » permis à certains jihadistes de s’enfuir, selon une source sécuritaire.

La présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé avait été détectée depuis plus d’un an. Selon des sources sécuritaires, il s’agissait de militants opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

Le Burkina fait face à des attaques jihadistes qui ont fait près de 900 morts depuis 2015. Des sources sécuritaires ont affirmé à l’AFP dimanche que 13 « jihadistes » avaient été tués samedi lors d’un « accrochage » avec l’armée dans le nord du pays. Vendredi, une attaque a fait trois morts dont un soldat dans l’est.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina-Faso: le président de l’ex-parti au pouvoir candidat à la présidentielle

mai 10, 2020

 

Eddie Komboigo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) burkinabè, parti de l’ex-président Blaise Compaoré renversé en 2014, a été désigné dimanche candidat à la présidentielle de novembre par sa formation. Eddie Komboigo, 56 ans, a été désigné par les membres du haut conseil du CDP, du bureau exécutif national et les secrétaires provinciaux à l’issue d’un vote remporté par 133 voix contre 21 à son rival, Yahaya Zoungrana.

Le choix d’Eddie Komboigo devra être entériné par Blaise Compaoré, président d’honneur du CDP, qui vit en exil à Abidjan depuis sa chute en octobre 2014, renversé par la rue après 27 ans de pouvoir. Puis il devra être investi lors d’un congrès, selon le parti. A la tête du CDP depuis mai 2015, cet expert-comptable qui a fait fortune à la tête d’un cabinet d’audit ne comptait pas parmi les barons du parti du temps où il régnait sans partage. Il était jusque-là député à l’assemblée nationale. Déjà prétendant à la présidentielle de 2015, Eddie Komboigo avait vu sa candidature à rejetée en vertu d’une loi excluant les proches de Compaoré qui avaient soutenu son projet de modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir, projet qui avait finalement causé sa chute.

Le Burkina Faso organisera le 22 novembre des élections présidentielle et législatives. Après une brève suspension en raison de l’épidémie de coronavirus, la révision des listes électorales a repris vendredi, le gouvernement ayant décidé d’alléger progressivement les mesures restrictives de lutte contre l’épidémie.

Candidat à sa propre succession, le président Roch Marc Christian Kaboré devrait être opposé à de nombreux anciens proches de Blaise Compaoré, dont l’ancien Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo et Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un ancien parti allié du régime Compaoré. Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement du président Kaboré, a également annoncé sa candidature à la présidentielle.

Par Le Figaro avec AFP

Face au coronavirus, le Burkina tenté par la chloroquine

mars 29, 2020

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l'extérieur d'un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d'illustration).

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l’extérieur d’un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d’illustration). © Themba Hadebe/AP/Sipa

 

Face à la propagation du Covid-19, qui a déjà affecté plus de 200 personnes au Burkina Faso, les autorités ont décidé de recourir à la chloroquine pour le traitement des patients. Deux essais cliniques seront menés concomitamment par des chercheurs burkinabè et béninois.

Alors que le conseil des ministres s’est tenu jeudi par visioconférence, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a décidé de durcir les mesures de protection contre la pandémie de Covid-19 qui a contaminé 207 personnes dans le pays au 28 mars. Il a ainsi déclaré l’état d’alerte sanitaire et décidé de mettre les villes touchées en quarantaine pour deux semaines à compter du vendredi 27 mars.

Cette mesure concerne principalement Ouagadougou, qui concentre la majorité des personnes atteintes. Bobo-Dioulasso, la capitale économique, et les localités de Dédougou, Banfora, Manga, Boromo, Houndé et Zorgho sont également visées par cette mesure.

Bientôt des essais cliniques

Comme le Maroc ou le Sénégal, qui prônent l’usage de la chloroquine, les autorités annoncent  deux essais cliniques de ce médicament sur des personnes atteintes du Covid-19. Joint au téléphone par Jeune Afrique, Roger Nebié, le directeur général du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), affirme toutefois qu’il va falloir patienter pour avoir les premiers résultats. « Les protocoles des essais sont terminés et doivent être validés par la commission éthique du ministère de la Santé. Ce n’est qu’après que nous démarrerons à proprement parler les essais cliniques », explique-t-il. Une formalité avant de pouvoir lancer l’essai.

Selon le Pr Alkassoum Maïga, ministre de la Recherche scientifique, le premier essai, dénommé Chloraz, est dirigé par le Dr Halidou Tinto, directeur de recherche à l’Unité de recherche clinique de Nanoro. Le processus est mené en collaboration avec le Centre Muraz de Bobo-Dioulasso et les centres hospitaliers universitaires de Tingandogo à Ouagadougou et Sourou-Sanon à Bobo-Dioulasso, les deux principaux foyers de l’infection du pays. « L’essai vise à évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de la chloroquine et de la combinaison chloroquine-azithromycine dans le traitement de l’infection au Covid-19 au Burkina », a détaillé le ministre.

En parallèle, le Burkina coopère avec le Bénin voisin, qui a lui aussi autorisé l’usage de la chloroquine à des fins thérapeutiques. « Les deux pays conduisent un essai clinique international dénommé Api-Covid-19, qui vise à évaluer l’efficacité clinique et virologique d’un médicament à base de plantes nommé Apivirine chez les patients atteints de Covid-19 », a précisé le Pr Maïga. Cette étude est coordonnée par une équipe de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), dirigée par le Dr Sylvain Ouedraogo, directeur de recherche en pharmacologie.

Avec Jeuneafrique par Nadoun Coulibaly

Coronavirus : la présidence burkinabè dément les rumeurs sur l’état de santé de Roch Kaboré

mars 23, 2020

Roch Marc Christian Kaboré.

Roch Marc Christian Kaboré. © Vincent Fournier pour JA 

Alors que cinq ministres burkinabè ont été testés positifs au Covid-19, le président Roch Marc Christian Kaboré fait désormais l’objet de rumeurs quant à son état de santé. L’information selon laquelle il serait lui aussi porteur du virus a été démentie par la présidence.

Le président Roch Marc Christian Kaboré, porteur du coronavirus ? C’est en tout cas la rumeur qui affole la toile depuis que plusieurs ministres – Alpha Barry (Affaires étrangères), Siméon Sawadogo (Administration territoriale), Stanislas Ouaro (Éducation nationale ), Oumarou Idani (Mines) et Harouna Kaboré (Commerce) – ont été diagnostiqués positifs au Covid-19.

« Un avion médicalisé a quitté la Suisse dans la matinée et a atterri à Ouagadougou ce soir pour embarquer Roch Kaboré et ses ministres malades du Covid-19 afin d’être soignés à l’étranger. Malheureusement pour nous, ce gouvernement est un esprit malin : le couvre-feu de 19 heures à 5 heures est bien réfléchi pour les exfiltrer sans opposition de la population », peut-on lire sur la page Facebook du groupe Esprit Critique. « Covid-19 : le président du Burkina Faso, Roch Kaboré contrôlé positif », titre pour sa part le portail en ligne APR News.

Des informations immédiatement balayées par la présidence : « Des gens appellent pour savoir si un avion suisse est venu chercher le président hier. Il s’agit d’un tissu de mensonges », rétorque un conseiller du chef l’État.

Un ressortissant suisse évacué

En réalité, un avion médicalisé a bel et bien atterri dimanche à l’aéroport international de Ouagadougou. Le bombardier challenger 650 a évacué le reggaeman Hadry Sanou, un ressortissant suisse de 32 ans. Selon nos informations, c’est Elisabeth Alansar, cheffe de la coopération suisse au Burkina Faso, qui a en fait la demande auprès des autorités burkinabè.

Dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères et consulté par Jeune Afrique, elle remercie les autorités du Burkina Faso pour leur soutien : « L’avion se prépare au décollage avec le patient suisse pour le retour sur Zurich. Je vous souhaite du fond du cœur ainsi qu’à vos collègues un prompt rétablissement », a-t-elle écrit à Alpha Barry.

Protection du chef de l’État renforcée

Du côté de la présidence, on assure que les mesures restrictives imposées à la population ont été généralisées au Palais de Kosyam et que la protection autour du chef de l’État a été renforcée. Outre l’utilisation de gel hydroalcoolique et les règles de distanciation, le personnel de la présidence doit désormais porter un masque, tandis que les surfaces de contact, comme les poignées de portes, sont nettoyées en permanence.

Afin de limiter les risques, la plupart des équipes de la présidence vont se mettre en télétravail à partir de ce 23 mars, selon un conseiller du chef de l’État, qui précise que les audiences ont été « suspendues où extrêmement limitées ». Ce week-end, le président s’est entretenu avec ses homologues ghanéen et nigérien via des visioconférences.

Mesures drastiques

Avec 99 cas actifs ce 23 mars, le Burkina Faso est le pays d’Afrique de l’Ouest le plus touché par le coronavirus. Ainsi, les autorités ont mis en place des mesures drastiques pour limiter la propagation du Covid-19, qui a déjà fait quatre victimes sur le territoire.

Liaisons terrestres et aériennes coupées, couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin, fermeture des marchés, des bars et restaurants et restriction des événements sociaux comme les funérailles. Dès ce lundi, le trafic interurbain est également suspendu jusqu’à nouvel ordre.

Avec Jeuneafrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Coronavirus : la Côte d’Ivoire et le Burkina ferment leurs frontières

mars 20, 2020

 

La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont annoncé tous deux vendredi soir la fermeture de leurs frontières pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. «Après évaluation de la pandémie» et pour lutter «contre la propagation de la maladie», «le gouvernement a décidé de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes à tout trafic de personnes», à partir de dimanche à minuit, selon un communiqué signé des ministres ivoiriens de la Défense et de la Sécurité. Le trafic de marchandises reste autorisé, et «des couloirs humanitaires ainsi que de sécurité seront ouverts pour faire face aux besoins spécifiques de gestion de la pandémie», est-il précisé.

Pays de 26 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire, qui avait déjà ordonné lundi la fermeture de tous les établissements scolaires et suspendu tous les événements sportifs et culturels, compte 14 cas confirmés de coronavirus (dont un guéri), selon le dernier bilan officiel publié ce vendredi. Les responsables religieux musulmans et chrétiens ont aussi annoncé la suspension des cultes.

Au Burkina Faso, pays qui a enregistré mercredi le premier décès lié au coronavirus en Afrique subsaharienne, c’est le président Roch Kaboré qui a annoncé dans une déclaration télévisée la fermeture des frontières terrestres et aériennes et l’instauration d’un couvre-feu à compter du 21 mars. «Nous devons tout mettre en oeuvre (…) pour interrompre la chaîne de transmission communautaire du Covid-19», a déclaré le président Kaboré, alors que 40 cas de coronavirus ont été détectés dans ce pays sahélien enclavé de 20 millions d’habitants.

Le couvre-feu sera en vigueur de 19 heures à 05 heures du matin, a-t-il précisé. Les aéroports de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, seront fermés sauf pour les vols intérieurs, les vols militaires et le fret. Soulignant les limites des structures de santé nationales, et appelant à «une mobilisation exceptionnelle et patriotique», le président a annoncé aussi la «suspension immédiate» des opérations d’enrôlement biométrique (saisie, stockage et traitement des données biométriques) en vue des élections couplées – présidentielle et législatives – de novembre 2020 et des opérations spéciales de délivrance de cartes nationales d’identité burkinabè.

Le 14 mars, les autorités burkinabé avaient décidé la fermeture des écoles, après avoir interdit trois jours plus tôt les manifestations et les rassemblements publics et privés. Le Burkina a enregistré sept nouveaux cas vendredi, dont trois membres du gouvernement, les ministres de l’Éducation, de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Par Le Figaro avec AFP

La France autorise l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

mars 5, 2020

 

Le gouvernement français a autorisé l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, où ce frère de l’ancien président déchu est mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 d’un journaliste, a appris jeudi l’AFP auprès de Matignon. Le décret d’extradition du frère cadet de Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir fin octobre 2014, a été signé par le Premier ministre Edouard Philippe, selon cette source. Il doit encore être publié au Journal officiel.

Contacté par l’AFP, l’avocat de François Compaoré, Me Pierre-Olivier Sur, a refusé de faire tout commentaire pour l’heure. Ce décret reste susceptible d’un recours devant le Conseil d’Etat. En juin 2019, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un «non-lieu» en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de son frère, Blaise Compaoré.

Journaliste d’investigation reconnu et directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo avait été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au «pays des hommes intègres». Le journaliste, âgé de 49 ans, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina Faso.

François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport de Roissy en octobre 2017, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou. Mais à ce jour, il n’est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

«C’est un tournant décisif qui vient d’être franchi dans la quête de la justice et la manifestation de la vérité sur cette affaire qui n’a que trop durer», a réagi Guy Zongo, fils aîné de Norbert Zongo. «C’est une autre étape importante de franchie et nous nous réjouissons que cela se passe dans le bon sens et selon les accords qui existent entre les deux pays», a-t-il dit à l’AFP. «Même si ce n’est pas aujourd’hui qu’il sera extradé puisque le décret peut faire l’objet d’un recours, tôt ou tard justice sera rendue. Nous sommes sereins sur cette fin inéluctable. Nous espérons que les choses se fassent en respect des procédures et nous avons espoir de voir enfin cette extradition se faire», a-t-il conclu.

Par Le Figaro avec AFP

Présidentielle au Burkina Faso : Yacouba Isaac Zida sollicité par son parti pour être candidat

février 15, 2020

Yacouba Isaac Zida, l’ancien Premier ministre du régime de transition burkinabè, à Montréal, le 11 juin 2019.

Yacouba Isaac Zida, l’ancien Premier ministre du régime de transition burkinabè, à Montréal, le 11 juin 2019. © David Himbert pour JA

 

Le Mouvement patriotique pour le salut (MPS) a proposé samedi 15 février comme candidat à la présidentielle de novembre au Burkina l’ex-premier ministre Yacouba Isaac Zida, qui vit au Canada depuis 2016.

« Le MPS a lancé un appel solennel à son président d’honneur Yacouba Isaac Zida pour qu’il se présente à l’élection présidentielle de 2020, après avoir constaté qu’il remplissait bien les critères définis par le parti et qui en font le meilleur étendard », a déclaré le président du MPS, Pr Augustin Loada, un ancien ministre du gouvernement de Zida. « Au regard de la situation nationale chaotique, le MPS est persuadé que son président d’honneur est l’homme capable de sortir le pays de ce chaos et de lui redonner son lustre d’antan », a-t-il expliqué, au cours d’une conférence de presse.

Yacouba Isaac Zida, à l’époque lieutenant-colonel, s’était emparé du pouvoir le 1er novembre 2014, au lendemain de la chute de Blaise Compaoré, chassé de la présidence par la rue le 31 octobre 2014 après 27 ans au pouvoir. Après de fortes pressions des partis politiques, de la société civile et de la communauté internationale, il avait cédé le pouvoir au bout de trois semaines à Michel Kafando, un diplomate à la retraite qui l’avait aussitôt nommé Premier ministre dans un gouvernement de transition.

Rayé des effectifs de l’armée

Après la fin de la période de transition politique, Isaac Zida avait rejoint sa famille au Canada, en janvier 2016. Radié des effectifs des forces armées nationales pour « désertion en temps de paix » et « insubordination » par le président Roch Marc Christian Kaboré le mois suivant, il pourrait être visé par une procédure devant le tribunal militaire.

Confronté depuis 2015, à des attaques jihadistes qui ont fait plus de 750 morts depuis 2015 et contraint plus de 600 000 personnes à fuir leur foyer, le Burkina Faso doit organiser en novembre 2020 une présidentielle couplée aux législatives, le deuxième scrutin après la chute du régime Compaoré.

Candidat à sa propre succession, le président Roch Marc Christian Kaboré, devrait être opposé à de nombreux anciens proches de Blaise Compaoré, dont l’ancien Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo et Gilbert Noël Ouédraogo, président de l’ancien principal parti allié du régime de Blaise Compaoré.

Par Jeuneafrique avec AFP