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RDC : des soldats rwandais et burundais sont intervenus dans l’Est, selon l’ONU

janvier 5, 2021
Soldats rwandais se retirant du territoire congolais, ici à Goma, le 25 février 2009 (illustration).

Le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU mentionne des opérations menées par les forces armées rwandaises et burundaises dans l’est de la RDC de la fin de 2019 à octobre 2020. Ce que Kigali et Gitega démentent.

Des contingents étrangers sont-ils intervenus dans l’est de la RDC à partir de la fin de l’année 2019 ? C’est en tout cas l’une des principales conclusions du dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

Rendu public le 23 décembre 2020, ce document de plus de 200 pages souligne que, « de la fin de 2019 au début d’octobre 2020, des membres des Forces de défense rwandaises (RDF) étaient présents dans le Nord-Kivu ».

À l’en croire, « l’armée burundaise, aux côtés de membres des Imbonerakure, a également lancé des incursions dans le Sud-Kivu entre novembre 2019 et juillet 2020 ». Ces interventions auraient été menées « en violation du régime de sanctions » car elles n’ont pas été notifiées au comité onusien chargé de veiller à son respect.

Preuves à l’appui

Pour étayer ces accusations, les auteurs du rapport disent se fonder sur plusieurs éléments de preuve (documents, photographies, images aériennes, etc.) et assurent que la présence des RDF a été confirmée dans les territoires de Nyiragongo, de Rutshuru et de Masisi.

SOIXANTE MEMBRES DES RDF PORTANT 18 MITRAILLEUSES PKM ET QUATRE LANCE-ROQUETTES AURAIENT ÉTÉ OBSERVÉS SUR LE MONT RUGOMBA

Ils citent notamment une lettre de Célestin Mbala, le chef d’état-major des Forces armées congolaises (FARDC), adressée le 22 avril 2020 au Mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier exemple en date mentionné par le groupe d’experts remonte au 2 octobre dernier.

« Soixante membres des RDF portant 18 mitrailleuses PKM et quatre lance-roquettes » auraient ce jour-là été observés sur le mont Rugomba, dans le territoire de Rutshuru.

L’intervention supposée de l’armée rwandaise alimente suspicions et rumeurs depuis des mois. À de nombreuses reprises, des élus congolais ainsi que des membres de la société civile du Nord-Kivu ont alerté sur cette présence.

LA MORT DE PLUSIEURS CHEFS DE GROUPES ARMÉS HOSTILES À KIGALI INTERROGE

Le Kivu Security Tracker, un « baromètre sécuritaire » mis en place par Human Rights Watch et le Groupe d’étude sur le Congo, rattaché à l’Université de New York, a également affirmé à de multiples reprises au cours des derniers mois que des militaires rwandais se trouvaient aux côtés des FARDC lors de diverses opérations.

La mort de plusieurs chefs de groupes armés hostiles à Kigali, dont Sylvestre Mudacumura, chef militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) tué en septembre 2019, et Juvénal Musabimana, alias Jean-Michel Africa, abattu en novembre 2019, avait amené à s’interroger sur l’étendue de la collaboration entre le Rwanda et la RDC.

Échanges de renseignements

Interrogé à ce sujet par le groupe d’experts, le gouvernement rwandais a nié, dans une lettre, la présence de troupes de son pays en chez son voisin et a réaffirmé que les RDF n’avaient mené aucune opération conjointe avec les FARDC.

Sollicités à de nombreuses reprises, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont systématiquement contesté l’existence de telles opérations, assurant qu’il s’agissait d’échanges de renseignements.

En avril dernier, lors d’une conférence de presse, Paul Kagame s’était félicité de ce que le gouvernement congolais collaborait avec les pays de la région pour « résoudre le problème des groupes armés, qui court depuis plusieurs décennies ».

LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS A COMMENCÉ À AGIR SUR LA BASE DE NOS INFORMATIONS

« Nous donnons des informations à nos partenaires de la région, dont les Nations unies et le gouvernement congolais, lequel a commencé à agir sur la base de certaines d’entre elles, car il a pu les vérifier et voir par lui-même ce qui grandissait dans le Nord-Kivu », avait en substance expliqué le chef de l’État rwandais.

Lors de cette même conférence de presse, Paul Kagame avait également nié toute présence de l’armée rwandaise dans le Sud-Kivu, assurant néanmoins que les forces armées burundaises se trouvaient dans cette province pour traquer les Red-tabara, un groupe armé hostile à Gitega. Des incursions dans les territoires de Fizi et Uvira que le groupe d’experts de l’ONU confirme et que la lettre du chef d’état-major des FARDC mentionne aussi.

Sollicitées par les experts onusiens, les autorités burundaises ont assuré qu’elles « ne déployaient des troupes à l’étranger que dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies ».

Les autorités congolaises, elles, n’ont pas répondu aux auteurs du rapport avant sa publication

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Human Right Watch dénonce des disparitions forcées de réfugiés burundais de Tanzanie

novembre 30, 2020

Les services de sécurité tanzaniens ont arrêté arbitrairement, torturé ou fait disparaître de force depuis un an une vingtaine de réfugiés burundais des camps de Tanzanie, a dénoncé lundi 30 novembre l’organisation Human Right Watch (HRW).

La police tanzanienne a «arrêté et fait disparaître de force sept (…) réfugiés et demandeurs d’asile depuis janvier 2020» dont «le sort est toujours inconnu», affirme l’organisation dans un rapport publié lundi.

En outre, «entre octobre 2019 et août 2020, la police et les services de renseignements tanzaniens ont (…) torturé et détenu arbitrairement au moins 11 Burundais pendant plusieurs semaines dans des conditions déplorables dans un poste de police à Kibondo, dans la région de Kigoma» dans le nord-ouest de la Tanzanie, près de la frontière avec le Burundi, explique HRW. «Trois d’entre eux ont été libérés en Tanzanie et les autorités tanzaniennes ont reconduit de force les huit autres au Burundi en août, où ils sont détenus sans chef d’inculpation», poursuit l’organisation de défense des droits de l’Homme qui évoque une possible «collusion entre les agents des deux pays».

Selon les témoignages recueillis par HRW, au moins neuf d’entre eux ont assuré avoir subi des tortures dans les cachots du poste de police de Kibondo. Selon eux, «les policiers et agents des services de renseignements les ont soumis à des chocs électriques, ont frotté leur visage et leurs parties génitales avec du piment et les ont frappés et fouettés». Ceux qui ont été relâchés sont retournés dans les camps de réfugiés, a établi HRW, qui précise que ces arrestations ont eu lieu dans les camps de réfugiés de Mtendeli et Nduta dans la région de Kigoma,

«Les disparitions forcées de réfugiés et de demandeurs d’asile burundais en Tanzanie commises par les autorités tanzaniennes sont des crimes odieux, notamment en raison de l’angoisse et de la souffrance causées aux membres des familles, qui, pour nombre d’entre eux, ont fui des abus similaires au Burundi», dénonce Mausi Segun, directrice de la division Afrique de HRW. Fin octobre, plus de 150.000 réfugiés burundais se trouvaient encore dans trois camps en Tanzanie, alors que près de 100.000 sont rentrés depuis septembre 2017. Plus de 400.000 Burundais avaient fui dans les pays voisins au plus fort de la crise née de la décision de Pierre Nkruunziza, aujourd’hui décédé, de briguer un 3e mandat présidentiel.

«La crainte de subir des violences, d’être arrêtés et d’être expulsés a incité de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile burundais en Tanzanie à quitter le pays», avait conclu HRW dans un rapport de 2019

Par Le Figaro avec AFP

Congo: Sassou a renforcé sa sécurité avec 60 mercenaires burundo-soudanais

mai 11, 2018

  

60 mercenaires originaires du Burundi et Soudan ont atterri à l’aéroport d’Ollombo jeudi 10 mai, à bord d’un vol spécial, affrété par la présidence de la république. Ce contingent, dont les éléments sont formés à la protection dans les conditions adverses des hommes politiques, débarque à Oyo quand à Brazzaville, l’ex chef d’état major des forces armées congolaises a été jugé et condamné à 20 ans de prison, pour atteinte à la sûreté intérieure.

Denis Sassou Nguesso a toujours redouté être victime d’un putsch, et pour ce faire, il a consacré depuis son retour aux affaires, un budget colossale à sa sécurité. Après les explosions de Mpila, le numéro un congolais avait fait appel à un contingent des forces spéciales angolaises pour assurer sa sécurité.

La débandade de ses éléments pendant les explosions, lui faisait craindre une intervention d’une partie de l’armée pour le renverser. Il a eu recours aux mercenaires de différents pays dans la traque stérile du pasteur Ntumi. Alors que s’est déroulé à Brazzaville le procès du général Jean Marie Michel Moukoko, ex chef d’état major et candidat à la présidentielle de mars 2016, Denis Sassou Nguesso qui se trouve hors de Brazzaville, comme à chaque événement, a fait venir une soixantaine de mercenaires originaires du Burundi et Soudanais pour renforcer sa sécurité.

Un bruit de mécontentement court au sein des forces armées congolaises sur le traitement infligé au général Jean Marie Michel Moukoko, ainsi qu’à Norbert Dabira et probablement prochainement Nianga Mbouala. Ces 60 mercenaires devraient rejoindre prochainement la capitale Brazzaville et prendre discrètement position autour du palais présidentiel.

Sacer-infos-com par Stany Franck

Tanzanie: le choléra fait 27 morts dans un camp de réfugiés burundais

mai 21, 2015

Tanzanie: le choléra fait 27 morts dans un camp de réfugiés burundais
Tanzanie: le choléra fait 27 morts dans un camp de réfugiés burundais © AFP

Une épidémie de choléra a fait 27 morts parmi les dizaines de milliers de Burundais qui ont fui les violences politiques dans leur pays pour se réfugier dans le nord-ouest de la Tanzanie, a annoncé jeudi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

L’agence onusienne ajoute avoir lancé une opération d’urgence pour tenter de circonscrire l’épidémie.

« Les troubles de ces derniers jours ont forcé plus de 110 000 personnes à fuir dans les pays voisins. La plupart sont des femmes et des enfants, et une majorité d?entre eux sont arrivés en Tanzanie où une épidémie de choléra a pour l?instant fait 27 victimes », a indiqué l’Unicef dans un communiqué.

« C’est dans le village de Kagunga (ouest de la Tanzanie) que l?on dénombre le plus d’arrivées, avec environ 50. 000 personnes qui campent sur les rives du lac Tanganyika, dans une zone isolée et difficile d’accès », a précisé l’Unicef.

« La surpopulation et les mauvaises conditions sanitaires ont provoqué un pic de cas suspects et confirmés de choléra et de diarrhée aiguë parmi les réfugiés. A défaut de la mise en place d’un centre de traitement sur le site de Kagunga, la mortalité pourrait très rapidement augmenter », a mis en garde l’organisation onusienne, qui signale que 15 cas ont également été détectés au Burundi, dans la région frontalière et voisine de Nyanza Lac.

L’Unicef indique avoir « déclenché une opération de secours », avec distribution dans la zone affectée de matériels appropriés.

Selon l’Unicef, plus de 70. 000 Burundais se sont réfugiés en Tanzanie, plus de 26. 000 au Rwanda et plus de 9. 000 en République démocratique du Congo.

Depuis fin avril, le Burundi est en proie à des affrontements entre la police et des manifestants qui s’opposent à la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Un coup d’Etat avorté la semaine dernière a encore envenimé le climat dans le pays.

Jeuneafrique.com

RDC: arrivée de milliers de réfugiés burundais apeurés par les Imbonerakure

mai 6, 2015

La jeunesse du CNDD-FDD a été pointée plusieurs fois pour des violences au Burundi.AFP PHOTO/JOSE CENDON

La jeunesse du CNDD-FDD a été pointée plusieurs fois pour des violences au Burundi.AFP PHOTO/JOSE CENDON

 

Les Burundais qui fuient les manifestations et la répression des derniers jours affluent dans l’est de la RDC, près de la ville d’Uvira. En un peu plus d’un mois, 7 000 Burundais sont venus se réfugier au Congo voisin. Mardi 5 mai, le chef de la mission de l’ONU au Congo, Martin Kobler, a rendu visite à ces réfugiés.

« Je suis venu ici pour vous écouter », affirme le chef de la mission de l’ONU au Congo, Martin Kobler, un mégaphone à la main. Il s’adresse à une petite foule. Quatre cents personnes sont assises sur des bancs sous un grand arbre. Beaucoup de jeunes, des femmes, des hommes et des dizaines d’enfants…

Tous ont fui le Burundi ces dernières semaines, comme Godé parti de Rugombo dans la province de Cibitoke : « J’ai fui les jeunes du parti CNDD-FDD qui s’appellent Imbonerakure. Ils sont arrivés chez nous pour nous menacer vers minuit. On nous a dit que si nous ne votons pas pour le président Nkurunziza, on va nous tuer. »

Des récits comme celui-là, il y en a des dizaines. A chaque fois, les Imbonerakure, la jeunesse du parti au pouvoir est pointée du doigt. Hakima est partie sans rien juste après l’école : « Ils sont arrivés dans mon lycée et ils ont dit qu’ils allaient prendre les filles et les hommes forts pour les envoyer dans des camps d’entraînement Imbonerakure. J’ai eu trop peur, je suis partie. »

Chaque jour, ils sont 200 à 300, à franchir la frontière. En un mois, 7 000 sont venus se réfugier en RDC trop nombreux pour être pris en charge par les familles d’accueil estime le HCR. Les Congolais s’inquiètent d’une contagion sécuritaire, mais pour le chef de la Monusco Martin Kobler la priorité est d’accueillir ces réfugiés : « La priorité maintenant ce sont les questions humanitaires, de recevoir ceux qui sont venus. Les réfugiés doivent manger, ils doivent être logés… »

Pour le moment, accueilli dans des familles souvent d’ex-réfugiés burundais de 1994, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) songe à construire un camp de réfugiés pour faire face à cet afflux. Des discussions avec les autorités sont en cours pour ouvrir un camp de réfugiés comme le réclament ces Burundais qui disent craindre pour leur sécurité. De plus en plus de sources font état d’Imbonerakure qui vont et viennent entre le Burundi et la RDC.

Rfi.fr