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A Madagascar, l’inquiétant business des enlèvements

mai 20, 2018

-Depuis des années déjà, Madagascar est le théâtre d’une inquiétante vague d’enlèvements crapuleux / © AFP/Archives / RIJASOLO

C’était il y a cinq ans mais André s’en souvient comme si c’était hier. Un commando armé l’a braqué devant chez lui, roué de coups et séquestré pendant sept jours pour obtenir une forte rançon, au seul prétexte qu’il était censé être riche.

Depuis des années déjà, Madagascar est le théâtre d’une inquiétante vague d’enlèvements crapuleux dirigée en priorité contre la communauté indienne, les « Karanas », forte de quelque 15.000 membres.

Les autorités semblent incapables d’enrayer le phénomène.

Par peur de représailles, André, la cinquantaine, n’a accepté d’évoquer son calvaire que sous couvert d’un prénom d’emprunt.

La vie de ce Karana en a été marquée à jamais. « Aujourd’hui, je suis malade dès que j’entends qu’il y a eu un kidnapping en ville, c’est devenu automatique », confie-t-il.

Ce matin-là, un commando de quatre personnes cagoulées et armées de fusils d’assaut l’enlève devant son domicile et l’embarque en voiture vers une destination inconnue.

Passé à tabac, il est détenu dans une chambre, ligoté, les yeux bandés. Des négociations s’engagent rapidement entre sa famille et les ravisseurs, qui le libèrent sept jours plus tard contre une rançon dont il refuse de donner le montant.

Bouleversé, l’homme décide de se mettre un temps au vert à l’étranger.

« Je suis revenu et je me suis mis au sport mais c’est une expérience que je n’oublierai pas », raconte-t-il.

– Convoitises –

Les Karanas ont commencé à émigrer d’Inde vers Madagascar à la fin du XVIIe siècle. Nombre d’entre eux ont gardé la nationalité française après l’indépendance en 1960. Souvent commerçants, ils occupent une place de choix dans l’économie malgache.

En 2017, le magazine Forbes en recensait trois parmi les grosses fortunes d’Afrique francophone. Hassanein Hiridjee, le PDG du groupe Axian (télécoms), Ylias Akbaraly à la tête de Sipromad (entretien) et Iqbal Rahim, patron de Galana (pétrolière).

Dans un pays où 90% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, leur succès suscite toutes les convoitises.

Ces dix dernières années, une centaine d’enlèvements visant la communauté karana ont été signalés. Et le phénomène s’accélère. « De ce que l’on sait, on a recensé 14 cas depuis 2017, un record », indique le directeur Collectif français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), Jean-Michel Frachet.

Parmi ces récents dossiers, celui d’un jeune homme. « Je ne m’attendais pas à ce que notre famille soit victime de cet acte-là », raconte son père, lui aussi sous couvert de l’anonymat, « nous sommes des citoyens lambda tout à fait corrects qui n’ont pas fait de bêtise particulière ».

Même s’il est patron d’une entreprise qui emploie 250 personnes, il n’a pas compris pourquoi son fils avait été la cible de ravisseurs.

« Ils étaient très mal informés sur ma richesse personnelle car ils m’ont demandé une rançon impossible à payer, elle représentait cinq siècles de mon salaire », affirme-t-il. Avant de confier qu’il l’a quand même payée pour obtenir la libération de son fils…

Créé l’an dernier, le CFIOM a décidé de taper du poing sur la table pour interpeller les autorités et « stopper l’escalade ». Le mois dernier, il a organisé un concert de klaxons et de casseroles dans la capitale Antananarivo. Cinq minutes de tapage pour dire « Aok’zay », « l’insécurité, ça suffit ! »

– Représailles –

Jusque-là plutôt discret, le président malgache Hery Rajaonarimampianina a diffusé récemment une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il déplore la situation « inacceptable » vécue par les membres de la communauté karana.

Il y a six mois, la police, la gendarmerie et la justice malgaches ont également mis en place une cellule spéciale de lutte contre les rapts. « Des investigations et des enquêtes approfondies ont été menées et se poursuivent », a-t-il insisté.

La justice a elle aussi commencé, timidement, à sévir. L’an dernier, un tribunal a, pour la première fois, infligé des peines exemplaires de travaux forcés à perpétuité à une vingtaine de personnes qui avaient participé en 2015 au rapt de deux adolescents de la communauté karana.

Malgré cette prise de conscience, la lutte contre les kidnappings reste difficile. Pour ne pas attirer l’attention, de nombreuses victimes préfèrent ne pas porter plainte.

« La situation est tendue pour notre communauté, la peur des représailles existe et le choix de la discrétion sur le sujet s’impose », justifie Jean-Michel Frachet. « La communauté (karana) reste mal comprise par la population du pays. »

Le responsable du CFIOM craint une reprise des « opérations karanas » ou OPK, ces pillages des commerces indiens fréquents lors des manifestations politiques qui ont agité Madagascar dans les années 1990 et 2000.

« Aujourd’hui, on voit sur les réseaux sociaux des appels à l’OPK », regrette M. Frachet. « Nous mettons en place avec nos avocats un dispositif pour traîner en justice tous les auteurs d’incitation à la haine raciale et religieuse ».

Inquiets, certains Karanas ont préféré quitter Madagascar.

André, lui, a choisi de rester malgré la peur. « Nos vies et nos affaires sont ici », confie-t-il. « J’ai juste engagé des gardes du corps pour nous protéger. »

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2018 16h38)                

Du business sur le malheur des populations du Pool au Congo: Ntumi, de Pasteur guerrier à homme d’affaires

mars 18, 2018

 

Mali: l’excision, un business lucratif… pour les féticheurs aussi

février 6, 2018

 

Au Mali, l’excision concerne près de 90% des femmes de 15 à 45 ans, selon des enquêtes nationales. © ALEXANDRA ZAVIS/AP/SIPA/AP/SIPA

Au Mali, il n’existe aucune loi pour interdire les mutilations génitales comme l’excision et l’infibulation, qui y sont pratiquées depuis des générations sur des fillettes sans défense. La force de la tradition n’est pas seule en cause : la pratique, qui concerne jusqu’à 91% des femmes d’entre 15 et 45 ans selon des enquêtes nationales, constitue aussi un business très lucratif… non seulement pour les exciseuses mais aussi pour les féticheurs. Un article à (re)lire à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, ce 6 février.

« À partir de dix ans, j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas comme les autres filles de mon âge. J’avais dû mal à uriner normalement, contrairement aux autres ». La voix basse, la tête légèrement baissée et bavarde des pieds, Nafissa a aujourd’hui 20 ans. Elle avait à peine 40 jours en ce mois de mai 1997 quand sa mère l’a prise dans ses bras pour l’amener chez l’exciseuse du quartier, à Bamako. Comme ses huit autres sœurs avant elle. Et surtout « comme l’exige la tradition », lui a-t-on raconté plus tard.

Toute petite à l’époque, elle n’a pas de souvenir conscient de la douleur. « Mais à la moindre égratignure, je me dis que c’est sûrement pire que cela », affirme-t-elle, le regard fuyant. De la douleur, elle en a pourtant senti en grandissant. Surtout à partir de l’âge de dix ans. « Les lèvres étaient collées et je ne pouvais pas uriner. Ou quand j’y arrivais, l’urine se partageait en deux et je me tordais de douleur », raconte Nafissa.

Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force

Elle en souffre plusieurs semaines. Sa mère pense-t-elle l’emmener à l’hôpital ? Elle décidera plutôt de se rendre chez une autre exciseuse pour lui « rouvrir les lèvres » et qu’elle « puisse avoir l’urine facile ». En clair, il faut à nouveau de la terre battue, une lame ou un couteau trempé d’abord dans l’eau puis rougi au feu pour inciser la cicatrice vieille de dix ans. Le tout, bien sûr, sans anesthésie.

« Ils choisissent un coin isolé. Pour moi, c’était dans les toilettes. On m’a couché sur le dos, au sol. Elles ont écarté mes jambes… » Quelques secondes de silence, très longues, puis elle ajoute : « Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force », explique Nafissa, aujourd’hui étudiante en première année de sciences économiques. Elle poursuit : « Je criais, pleurais et je me débattais de toutes mes forces. » Face à ses cris de détresse et avant même qu’on ne la touche, sa mère, présente, change d’avis et exige qu’on libère sa fille. « J’ai eu de la chance », affirme-t-elle du bout des lèvres.

Consommer le mariage avant que la cicatrice ne se referme

De la chance, Nafissa en a effectivement eue, selon Mariam Seck. Membre de l’association « Sini Sanuman » [Un lendemain meilleur, NDLR] qui lutte contre l’excision depuis 2002, cette diplômée en sciences de l’éducation connaît bien les mutilations génitales et les moindres recoins de Bamako où elles sont pratiquées. « J’ai déjà vu des cas pareils. Et très souvent, c’est au lendemain du mariage qu’on ramène la fille chez l’exciseuse pour la désinfubilation. On s’empresse ensuite de dire au mari de vite consommer le mariage avant que le sang coagule encore [que la cicatrice se referme, NDLR]. Vous comprenez la douleur que la jeune fille peut sentir ? »

Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maîtriser mes désirs

Comme Nafissa, plus de 60 % des filles sont excisées à l’âge de moins d’un an au Mali. Ce chiffre frôle les 90% quand on l’élargit à celles qui subissent la pratique avant leur dixième anniversaire. À Bamako, la pratique est quotidienne. Un lundi matin, à Banconi, quartier populaire à la rive gauche de Bamako, un groupe de jeunes filles et de garçons est devant une boutique, à écouter une radio. Dans le brouhaha de la circulation routière, chacun tend l’oreille pour entendre les mots de Chouala Baya Haïdara, un jeune prêcheur bamakois, sur l’excision.

« Quelqu’un a déjà vu une personne tuée par l’excision ? Personne ! », vocifère le jeune prêcheur sur les ondes, la voix énergique. « Il a raison. Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maitriser mes désirs », affirme dans l’assistance une jeune fille d’une vingtaine d’années.

Des propos qui mettent Mariam Seck hors d’elle-même : « Mais on l’expose plutôt, car bientôt elle va chercher désespérément le désir sexuel qu’elle devrait avoir avec ses organes au complet. » Maimouna Dioncounda Dembélé, spécialiste dans la prévention des violences basées sur le genre confirme : « J’ai fait une étude pour un journal suisse où on a effectivement découvert que la plupart de ces femmes ont beaucoup de mal à retrouver leur plaisir sexuel normal. » Désespérées, certaines d’entre elles vont jusqu’à consommer des produits aphrodisiaques, selon Maimouna.

« Pour les adultes, ça coûte 10. 000 FCFA »

Pour comprendre la persistance du phénomène, la force de la tradition n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Il faut dire qu’une réelle économie de l’excision s’est développée. Dans le quartier populaire de Banconi à Bamako, Oumou Ly est bien connue. Exciseuse de son état depuis au moins cinq ans, elle n’excise que les bébés. Comme ses sœurs, cette femme d’environ la quarantaine tient la pratique de sa mère qui l’a reçue elle aussi de sa mère… Oumou ne travaille que les lundi et jeudi, deux jours où les accidents sont censés être peu fréquents, selon la croyance populaire. Elle n’a pas souhaité nous parler, mais Mariam Seck la connaît très bien pour l’avoir sensibilisée à de nombreuses reprises afin qu’elle abandonne sa « profession ».

Elle l’a notamment « retrouvée à son domicile les mains trempées de sang » à plusieurs reprises. « Elle peut exciser une quarantaine de fillettes chaque lundi et autant le jeudi d’après », affirme Mariam. Un nombre de « clients » suffisant pour qu’elle gagne entre 200 et 300 000 FCFA par semaine, soit quatre à cinq fois le smig du pays. Des informations confirmées par une ancienne exciseuse : « Vous pouvez gagner beaucoup d’argent. Pour les adultes, ça coûte 10 000 FCFA par personne. »

À 62 ans, cette femme a arrêté la pratique après qu’une de ses clientes a failli mourir d’une hémorragie. Elle n’a pas « le courage » de nous raconter ce qui s’est passé, mais elle « a eu la peur de sa vie. » Une expérience qui n’étonne pas ce membre l’association Sini Sanuman, qui a préféré garder l’anonymat : « De nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Quand les victimes commencent à perdre du sang, en général les exciseuses préfèrent les garder plutôt que de les amener en urgence dans un centre de santé, par peur. »

Que deviennent les organes mutilés ?

« Si les arguments religieux et traditionnels sont souvent évoqués pour continuer à mutiler les jeunes filles dans le pays, l’aspect financier de cette pratique est aussi très important », estime Siaka Traoré, président de l’ONG Sini Sanuman. Pendant les séances de sensibilisation, elles sont des dizaines à déclarer abandonner l’excision. Mais une fois les regards détournés, elles reprennent la lame. « Quand je le faisais, je pouvais sentir la douleur que les filles ressentaient, mais pour moi c’était nécessaire non seulement par croyance, mais aussi pour vivre. C’est un travail », explique notre ancienne exciseuse.

Un « travail » qui ne s’arrête pas seulement à l’ablation des organes féminins. « Je ne l’ai jamais fait, mais je sais que ceux-ci sont donnés à des charlatans pour leurs travaux », poursuit-elle, précisant qu’elle se contentait « de les enterrer. » Avant d’ajouter que certains organes, notamment le clitoris, « sont séchés et mélangés à des poudres ou des pommades. »

L’utilisation des organes féminins par les charlatans est l’un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision

« L’organe est commercialisé partout. Les marabouts, tout le monde s’approvisionne. On dit par exemple que si une femme et son mari sont en désaccord, il faut travailler sur ces organes là pour les réconcilier », renchérit Siaka Traoré, révolté. Il y a aussi les hommes qui recherchent du pouvoir et à qui l’on a fait croire que de mettre des lubrifiants composés de ces organes les rendra aimés et désirés par tous. »

Au sein des militants de la lutte contre l’excision, il ne fait aucun doute : l’utilisation des organes féminins par les charlatans est même « un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision. Avant, on égorgeait les êtres humains pour les fétiches, aujourd’hui on récupère le sang des jeunes-filles pour les mêmes fétiches », commente Siaka Traoré, dont la mère est elle-même une ancienne exciseuse.

Un avant projet de loi sur la table du gouvernement

Au Mali, les médecins et les agents de santé n’ont pas le droit de pratiquer l’excision, mais aucune loi ne l’interdit formellement. Et en 2016, quand le ministre de la Justice s’est engagé à prendre une loi sur le sujet avant le 31 décembre 2017, il a suscité une vague d’indignation dans les milieux religieux, notamment au sein du Haut conseil islamique.

Va-t-il avoir le courage de tenir parole ? Depuis le mois de juillet, un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre est enfin sur la table du gouvernement. Ses défenseurs espèrent que le texte « ne va pas être excisé et amputé des points les plus importants. » Nafissa, elle aussi, est au courant de cette initiative et espère que le texte sera bientôt voté. Soignée aujourd’hui par Sini Sanuman, elle connaît les conséquences de l’excision. « Il y a notamment la stérilité et ça me fait peur, relève-t-elle. J’y pense souvent et à chaque fois ça me donne envie de pleurer. »

Jeuneafrique.com par – à Bamako

Richard Attias : Très heureux avec Cécilia à New York, il évoque leur famille

août 26, 2011

Richard Attias, 51 ans, installé depuis deux années à New York, est un expatrié épanoui. Dans le cadre du sujet Refaire sa vie, à 25, 45 et 65 ans publié dans le magazine Challenges, le businessman, marié à Cécilia ex-Sarkozy, y explique comment il s’est construit de nouveaux repères dans la Grosse Pomme, qu’ils soient personnels ou professionnels.

Celui qui se sent « citoyen du monde » du fait d’être né au Maroc, d’avoir construit sa carrière en France et beaucoup voyagé pour affaires, est revenu sur sa brève installation à Dubaï, émirat qu’il a quitté rapidement, notamment pour le bien de ses proches. « Même si la décision d’y aller avait été prise de façon unanime par la famille, la greffe n’a pas pris ni du côté de mon épouse, ni de mon beau-fils. Il est difficile d’exister en tant que femme indépendante à Dubaï. Comme de vivre dans un pays où il fait 40 degrés », a-t-il confié.

Pour rappel : le businessman est papa d’Alexandra, née de son précédent mariage, tandis que Cécilia a deux filles, Judith (27 ans) et Jeanne-Marie (24 ans et maman), nées de son mariage avec feu Jacques Martin, ainsi qu’un garçon prénommé Louis, 14 ans, issu de son union avec le président Nicolas Sarkozy.

Le businessman a expliqué qu’ils étaient tous extrêmement heureux à New York : « Notre tribu s’est peu à peu rapprochée. J’ai un gendre qui fait un MBA à Harvard, une belle-fille qui entame une deuxième carrière dans la finance internationale. Quant à ma fille, après avoir décroché un bac brillamment, elle a estimé, après une semaine de prépa HEC, que le système français n’était pas pour elle. Elle étudie au Canada. »

Celui qui est à la tête de l’entreprise Richard Attias & Associates a évoqué l’aisance avec laquelle il avait pu trouver sa place dans cette ville. « En deux ans, j’ai développé plus de relations à New York qu’en vingt ans de vie professionnelle. (…) Que ce soit après le 11 septembre ou la crise financière, cette ville reste toujours debout », a-t-il expliqué. Quant à son rythme de vie, bien que chargé, il n’a aucun rapport avec celui qu’il avait en Europe. Il prend du temps pour ceux qu’il aime, et réussit à jongler entre ses différente occupations avec habileté.

Sur ce qui a changé en lui depuis son installation américaine, il conclut : « J’y ai gagné une énorme ouverture d’esprit. Cécilia a aussi créé sa fondation au service des femmes et, à travers elle, j’ai découvert la puissance d’engagement des Américains dans ce qu’ils appellent le charity. »

Par ailleurs, le magazine Challenges précise que le publicitaire, figure de proue des « expatriés heureux », était prédestiné à être en couverture de cette édition à la place du chef de l’Etat. Cependant, « la récession planant, l’homme de la semaine ne peut être que Nicolas Sarkozy, grand défenseur du triple A de la France. Voilà pourquoi le président a chipé la place en une de son rival », a écrit l’hebdomadaire.

Richard Attias n’en sera à coup sûr pas vexé. Si on fait le bilan, c’est lui qui a tout gagné…

Purepeople

Pippa Middleton : Une businesswoman rock’n’chic

août 18, 2011

Pippa Middleton, 27 ans, a été projetée sur la scène médiatique internationale le 29 avril dernier, à l’occasion du mariage de sa soeur Kate avec le prince William, à Londres.

Sa robe ivoire imaginée comme celle de la mariée par Sarah Burton (et dont la réplique à un tarif abordable sera disponible dès le mois de septembre) et sa chute de reins vertigineuse, ont subjugué le monde entier, rivé ce jour-là sur l’abbaye de Westminster et le palais de Buckingham.

Depuis, celle qui était désignée en 2008 comme la célibataire de la haute société britannique la plus convoitée ne peut plus faire un pas sans être suivie par des admirateurs ou des photographes. Devant ce constat, la jeune femme, dont la vie professionnelle est extrêmement chargée – elle partage son temps entre l’entreprise familiale Party Pieces, son poste de chargée d’événementiel pour Table Talk et de lobbyiste pour son ex-boyfriend et ami le comte Percy -, arbore au quotidien un look de parfaite businesswoman et de modeuse chic afin de continuer de faire rêver les curieux et fans.

Celle dont le sublime postérieur refait la une actuellement (des experts supposent que Philippa a sublimé la réalité en portant des dessous liftant lors du mariage princier), a été aperçue ravissante mardi 16 août dans les rues de la capitale anglaise.

La jolie brune au teint hâlé, dont la romance avec son banquier et ancien champion de cricket Alex Loudon est plus actuelle que jamais, portait des chaussures camel compensées, une courte robe noire cintrée à la taille agrémentée par une veste en cuir, et une pochette assortie à ses souliers.

Une allure sage mais légèrement rock. En total look black, Pippa assure !

Purepeople.com

Congo: le Beach, une « cour des miracles » pour vrais handicapés

juin 27, 2011

De son fauteuil roulant sur les jantes, un paralysé crie sur deux porteurs, un aveugle tient la main d’un guide portant un colis, deux estropiés aux jambes difformes rigolent: le Beach, le port de Brazzaville, est souvent surnommé « la cour des miracles ».

A tort: ici les handicapés le sont réellement et tous les jours, dans une incroyable fourmilière, ils tentent de gagner leur vie, de « faire le business » en commerçant entre Brazzaville et Kinshasa, comme le raconte Barthélemy Bassumba, 32 ans, paralysé des membres inférieurs.

Cloué sur une chaise roulante depuis son enfance, il a apparemment souffert de la poliomyélite, mais il préfère croire à une action de sorcellerie liée à un « problème de famille ».

Les handicapés bénéficient de réductions sur les prix des billets de la traversée du fleuve Congo qui sépare les deux capitales, sur le prix du transport des colis et sur les droits de douane, donnant naissance à un commerce légal et encadré.

« Comme ça, on n’a pas à quémander. S’il n’y avait pas ça, que ferait-on? », explique Maman Hortense, paralysée aussi depuis son enfance.

Selon le port du Beach, quelque 12. 000 personnes traversent chaque mois les 3 km du fleuve Congo sur des bacs très chargés, contribuant à un trafic de 3. 000 à 4. 000 tonnes, dont une grande partie est transportée par les handicapés.

Pagnes et tissus vont de « Brazza » à « Kin ». Bières, biscuits, savons, bonbons transitent dans l’autre sens. Le trafic marchandise est cinq fois plus important entre Kinshasa et Brazzaville que dans le sens inverse.

La scène est toujours la même: dès que le bac accoste, des dizaines de personnes sautent du bateau pour monter au Beach, franchir les douanes et aller vendre leurs marchandises. Il y a parfois la course entre des porteurs avec des estropiés sur le dos, tandis qu’une nuée de porteurs avec des vestes numérotées débarquent des colis sur leur dos ou sur leur tête.

Une fois le déchargement terminé, c’est la cohue dans l’autre sens. Les nombreux policiers n’hésitent pas à donner des coups de baguettes pour canaliser la foule.

« Avant c’était encore plus spectaculaire, affirme un habitant européen de Brazzaville. Il y avait une barge +le Matadi+ avec une porte. Quand elle s’ouvrait, c’était le débarquement de Normandie! ».

« Le Matadi est aujourd’hui en panne », explique un cadre du port.

« Il y a plusieurs manières de faire le business. Si vous voulez simplement traverser, vous pouvez recruter un aveugle ou un autre handicapé et être son accompagnateur. Le billet vous coûtera moitié moins cher (plein tarif 9. 600 FCFA, 15 euros) et vous reversez une partie (de ce que vous avez économisé) à l’handicapé », explique un policier.

Mais, l’essentiel porte sur le fret: « Les commerçants embauchent un handicapé pour payer moins cher le transport de ses marchandises. Ou l’handicapé fait lui-même le business avec sa famille ou ses amis », poursuit-il.

« Je ne fais plus de business moi-même. Une fois, j’ai vendu ma marchandise, de la bière, à un homme qui ne m’a jamais payé. J’ai perdu 100. 000 FCFA (150 euros) », explique Barthélemy, qui affirme vivre avec 120 euros par mois avec sa femme et deux enfants. Il travaille désormais avec des commerçants valides qui le paient à chaque traversée.

Kinois, Baggio Ngama Bamba a une jambe difforme et se déplace avec des béquilles. « On achète des produits à Kin, on revend ici à Brazza. Quand on fait du bénéfice, on donne aux aides de camps » (ceux qui les aident).

Avant, il pouvait en vivre. « Mais maintenant, il y a trop de tracasseries, de taxes, de dépenses. Trop, c’est trop. On n’y arrive plus ».

Jeuneafrique.com avec AFP