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Un cabinet américain de lobbying réclame 1,25 million de dollars au Gabon suite à une prestation non payée

juin 7, 2019

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Le président gabonais Ali Bongo Ondimba au sommet Union africaine-Union européenne le 29 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le cabinet d’avocats Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) réclame plus de 1,25 million de dollars à la République gabonaise pour des frais de lobbying non payés, dans le cadre d’un contrat signé en janvier 2016 par l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi.

L’affaire débute le 29 janvier 2016. À quelques mois d’une présidentielle qui s’organise dans un climat tendu, le gouvernement gabonais sollicite, par le biais de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, le cabinet d’avocats américains Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)  afin de « resserrer les liens diplomatiques » entre le Gabon et les États-Unis.

La mission que mène le cabinet américain consiste à « fournir des conseils en matière de relations gouvernementales afin de sensibiliser les membres du Congrès et les fonctionnaires de l’administration [américaine] aux préoccupations et aux enjeux de la République gabonaise dans divers domaines ». Le total des honoraires, précise le feuille de mission, relayée par le site américain Law, « se montent 1,38 million de dollars (1,26 million d’euros) et sont payables d’avance.

Assurant, en mars 2018, ne pas avoir perçu les frais dus par le gouvernement depuis le 26 mai 2016 – soit 1,261 million de dollars de dettes – , la firme américaine se tourne vers le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (ACAB), le 31 juillet 2018

Poursuites engagées

« En cas de litige concernant nos honoraires et autres frais, le différend sera réglé par voie d’arbitrage. L’arbitrage doit être entendu par le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (D.C. Attorney Client Arbitration Board ou « ACAB ») », précise le contrat signé en janvier 2016 entre le cabinet BCLP et la présidence de la République gabonaise.

Après avoir accepté la demande d’arbitrage, l’ACAB a informé le cabinet et la présidence gabonaise de la sélection d’un panel pour une audience prévue le 3 avril 2019. À l’issue de cette audience, au cours de laquelle le Gabon était représenté par deux avocats, la Cour a enjoint la présidence à régler 1,25 million de dollars.

La somme n’ayant, selon le cabinet américain, pas été réglée en temps voulu, c’est-à-dire avant le 3 mai 2019, l’ACAB a informé la République gabonaise, par le biais d’un courrier daté du 29 mai et adressé au ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo, que la firme BCLP avait engagé des poursuites pour aboutir à une « ordonnance de jugement » dans ce dossier.

Le gouvernement doit adresser une réponse « dans les soixante jours » suivant la citation adressée au chef de la diplomatie gabonaise. Sollicitée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas répondu à nos sollicitations.

Jeuneafrique.com par Par Romain Gras

RDC: en exil, Moïse Katumbi dévoile son cabinet

juillet 3, 2018

Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

 

Près de quatre mois après la présentation de son programme, l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RDC, nomme 46 personnes au sein de son cabinet. Et se dit prêt pour les élections.

Malgré un exil forcé qui perdure et de multiples ennuis politico-judiciaires, Moïse Katumbi affûte ses armes en vue des prochaines échéances électorales. C’est en tout cas le message que ce candidat déclaré à la présidentielle à venir en RDC essaie de faire passer.

Vingt-quatre heures seulement après avoir annoncé que les regroupements politiques composant sa plateforme électorale déposeraient bien, sous certaines conditions, des candidatures dans les 201 circonscriptions prévues pour les provinciales du 23 décembre prochain, le leader d’Ensemble pour le changement a signé, dans la soirée du lundi 2 juillet, six décisions portant notamment sur la nomination des membres de son cabinet.

« SK Della », de l’ombre à la lumière

Jeune Afrique a pu consulter ces documents. Sans grande surprise, le candidat déclaré en exil confirme son bras droit, Salomon Idi Kalonda Della, au poste de conseiller spécial et politique. Les deux hommes se connaissent depuis une vingtaine d’années et ont depuis cheminé ensemble dans le business, le sport avec le TP Mazembe et la politique.

Conseiller de Katumbi, alors gouverneur du Katanga, pendant près de neuf ans, le quadragénaire Salomon « SK Della » a toujours travaillé aux côtés de son mentor et a su ainsi gagner sa confiance. Rompu à l’art des négociations secrètes, à la tête du Parti national pour la démocratie et le développement (PND), qui draine de plus en plus la foule dans le Sud du pays, cet homme de l’ombre a été, entre autres, de toutes les tractations avec les politiques de premier plan qui entourent aujourd’hui Moïse Katumbi.

Le dircab Kamitatu et les 46 conseillers

À la tête du cabinet de l’ex-gouverneur, une figure bien connue de la scène politique congolaise avait été placée dès le mois d’avril. Plusieurs fois ministre, et président de l’Assemblée nationale pendant la période de la transition en RDC (2003-2006), Olivier Kamitatu dirigera désormais les 46 conseillers nommés lundi par Moïse Katumbi.

Un cabinet pléthorique ? « C’est beaucoup », reconnaît Olivier Kamitatu, qui justifie ce volume par la « période électorale, qui nécessite d’affiner les dossiers » du programme du candidat. « Mais, rassure-t-il, une fois élu, Moïse Katumbi formera un gouvernement restreint et compte bien réduire le train de vie de l’État ».

Un cabinet paritaire

En attendant, « l’une des principales préoccupations a consisté à présenter une équipe paritaire, avec la présence de 23 femmes et de 23 hommes dans le cabinet », poursuit Kamitatu. Nous n’avons pas fait du remplissage : Katumbi a tenu à choisir des personnes compétentes dans leurs domaines respectifs ».

Issue d’une famille royale dans l’ex-Katanga, l’ancienne militante de la société civile Dominique Munongo Inamizi, 57 ans, est par exemple nommée conseillère de Katumbi en charge des Relations extérieures et de la Coopération internationale.

La femme d’affaires Anne-Emilie Poto, sœur de la Première dame du Congo-Brazzaville, est, elle, chargée de la Coopération et de l’Intégration régionale. L’ancien député du parti au pouvoir Francis Kalombo et le Français François Hurstel, deux autres fidèles qui accompagnent Moïse Katumbi de longue date, ont été désignés, respectivement, conseiller en charge des questions électorales et conseiller en communication. Hurstel apportera notamment son expertise en matière de campagnes politiques et son réseau à l’international.

Jean-Jacques Wondo, expert des questions de sécurité, passé par l’École royale militaire belge, rejoint également Katumbi. Il en est de même de l’ancien magistrat Frédéric Bola, de l’ancien ministre provincial Jean-Marie Dikanga Kazadi et de Boniface Yemba Poyo, professeur à Washington et l’un des auteurs de la première version du Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSRP) de la RDC. C’est lui qui a rédigé la partie macro-économique du programme du candidat Moïse Katumbi.

« Intégration verticale des générations »

Dans le cabinet de ce dernier, on compte aussi des jeunes, notamment Patrick Amani Mundeke, Abel Augustin Amundala, Milly Mumba ou Marcelline Nkenyi, qui font, pour la plupart, leurs premiers pas en politique. « Une intégration verticale des générations chère à Moïse Katumbi », théorise Olivier Kamitatu.

Décision portant nomination des membres du cabinet de Moïse Katumbi

Outre la nomination du conseiller spécial et des membres de son cabinet, Moïse Katumbi a également créé quatre « coordinations régionales extérieures » (Afrique, Europe, Asie-Océanie et Amérique). « C’est bien un signal fort que nous sommes prêts, non seulement pour aller aux élections mais aussi pour proposer une alternance. Après Kabila, ce ne sera donc pas le néant », complète Salomon Idi Kalonda.

Mais pour prendre part aux scrutins de décembre, le camp Katumbi exige, entre autres, « l’abandon de la machine à voter », « la publication immédiate des listes électorales provisoires sans les cas litigieux », « l’application de toutes les mesures de décrispation politique contenues dans l’accord de la Saint-Sylvestre », notamment la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés…

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula