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Congo: Ma minute de silence pour Augustin KALLA-KALLA

mai 5, 2019

 

La semaine dernière, lors d’un échange téléphonique avec mon ami Gilbert GOMA , le cousin germain de notre camarade Augustin KALLA-KALLA , je demandais les nouvelles de celui-ci. Le manque de soins et de suivi après les tortures affligées par le régime de Brazzaville, avait fragilisé physiquement et moralement Augustin KALLA-KALLLA .

Le régime de Brazzaville avait atteint son objectif : Tuer à petit feu un opposant.
Ces derniers temps, Augustin KALLA-KALLA s’était réfugié dans la foi en un Dieu juste et sauveur lui donnant la certitude qu’il assistera un jour à la libération de notre pays et surtout à la grande réconciliation dans le pardon.

Il a eu des moments d’enthousiasme, comme un patient paralytique à qui le médecin annonce une éventuelle guérison.

Une image m’a bouleversé, quand la rumeur annonçait une possible sortie de son ami André Okombi Salissa de prison. Je l’ai vu esquisser quelques pas de danse comme on sait le faire sur les terres bembé lorsque la joie inonde le village.

Là encore, c’était oublier la violence d’un parti qu’il avait servi très tôt, le PCT. Ce matin, j’ai entendu la cloche de mon église sonner, c’était cette fois pour me dire que là-bas dans mon pays un frère est mort.

Augustin Kalla Kalla est mort. L’un des meilleurs de sa génération, Augustin Kalla Kalla proche collaborateur d’Andre Okombi Salissa et cadre du CADD est décédé ce matin 05/05/2019.

Au-delà de cette amitié qui s’est créée dans le combat politique de ces trois dernières années, j’avais pour Augustin Kalakala une admiration fondée sur deux faits.

Il fut un homme digne et pudique qui avait lu Alfred Vigny dans «la mort du loup», rejetant ainsi toute forme de lamentations. Mourir en silence, sans dire un mot, voilà la leçon du stoïcisme. Il avait aussi des convictions respectables.

Il était resté attaché à son parti le PCT, pendant que l’Upads était au pouvoir. Il s’est mis à dos sa famille biologique et politique naturelle parce que, pour lui, la politique devait se faire sur une base idéologique et non sentimentale.

J’ai compris plus tard pourquoi ce fils de Mouyondzi avait choisi André Okombi Salissa.
La famille des démocrates congolais est en deuil.
Ils viennent de tuer encore l’un des nôtres.
André Okombi Salissa vient de perdre un frère dans des conditions difficiles comme celui qui est mort gratuitement en prison suite à de nombreuses tortures.

AUGUSTIN, j’aimais t’appeler Saint-Augustin, parce que j’ai longtemps retenu la leçon de ce père de l’Église qui écrivait: «Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche».

AUGUSTIN, tu nous quittes un 5 mai, c’est à cette même date, en 1972, que Fulbert Youlou meurt en exil, en Espagne. Transmets, cher Frère, au Père de l’indépendance notre respect car très tôt, il avait prédit cette décadence d’un pays pris en otage par une engeance.

Vois-tu, MBIKI DE NANITELAMIO est allé rejoindre aussi Jean Blaise KOLOLO, Germain PIMBI, Albert Roger MASSEMA, René SAMBA et tant d’autres qui ne verront pas ce jour tant attendu. C’étaient mes amis. L’espérance nous avait unis. Ils comprendront en te voyant que le pays qu’ils ont laissé avait renoué avec les vieux démons.

J’imagine que devant la porte du Panthéon de nos grands combattants de la liberté au Congo, tu leur diras que de l’Amérique à l’Europe, en passant par l’Afrique, le Congo, la diaspora congolaise a pris l’initiative d’écouter la Congolaise en apprenant ma mort.

Tu me diras, mon frère, que ta marche s’est arrêtée certes, mais tu sais maintenant ce que nous savons… Je vais gémir et Espérer.

Par Marc MAPINGOU

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Congo: André Okombi Salissa reste en détention

août 10, 2018

 

André Okombi Salissa reste en détention
La rumeur de la libération de André Okombi Salissa a couru jeudi, au point de faire affluer nombre de militants de la CADD au Palais de justice de Brazzaville où l’opposant était entendu par le juge d’instruction. Ceux-ci ont attendu longtemps, avant de se raviser : « Ils ne l’ont pas libéré ».

 

Le palais de justice prise d’assaut jeudi 9 août par les militants du CADD

André Okombi Salissa avait rendez-vous avec le juge d’instruction, une deuxième fois de suite. Selon ses avocats qui ont toujours soutenu que le dossier est vide et qu’en l’occurrence, leur client devrait de toute évidence, retrouver la liberté, cette audition se présentait comme celle de la constatation de la nullité des charges, avec à la clé une liberté provisoire, au pire des cas.

Ainsi, en ce jeudi 9 juillet, c’était la fête au domicile de André Okombi Salissa, alors que lui même était entendu dans le bureau du juge. Cortège et autres calicots étaient déjà prêts, pour un défilé en forme de bras d’honneur aux autorités.

Quand André Okombi Salissa est ressorti du tribunal, aussi encadré par la police, que comme à son arrivée, pour reprendre la direction de la DGST où il est détenu, certains ont cru qu’il allait simplement y récupérer ses affaires, avant de rentrer chez lui.

C’est bien plus tard, que l’on s’est ravisé que l’homme restait en détention, en attendant la décision du juge qui n’a pas encore rendu ses conclusions sur l’audition du jeudi.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Congo: Des militants et sympathisants d’André Okombi Salissa à la DGST

janvier 12, 2017

Pour exprimer leur ras-le-bol, des militants et sympathisants du CADD, d’André Okombi Salissa, détenu à la DGST, ont pris d’assaut ce 12 janvier, le quartier général de la « Securidade ».

Des échauffourées, violences et courses poursuites ont éclatées aux alentours de la Direction Générale de la Sécurité Territoriale (DGST). Les congolais se mobilisent pour dire non à la Fatwa  »atteinte à la sureté de l’Etat et détention d’armes de guerre » prononcée par le Procureur de la République et la police judiciaire.

En cette fin de matinée, sympathisants et militants de la CADD ainsi que les parents se sont dirigés vers la DGST pour réclamer la libération du Président André Okombi Salissa.
Ils veulent se constituer prisonniers comme les 92% des congolais qui ont dit NON à monsieur 8% s’inscrivant dans la même veine qu’André Okombi Salissa, Jean-Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya, Jacques Banangadzala, Jean Ngouabi, Libongo Ngoka, Pasteur Ntumi etc..

La police politique de Jean François Ndenguet a chargé et violenté comme à son habitude les manifestants aux mains nues.

Face à l’arbitraire et la barbarie, les militants et sympathisants du CADD sont déterminés à poursuivre leur mobilisation en multipliant des actions de sensibilisation et de protestations.

Avec Brazzanews.fr