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CAF : Ahmad Ahmad suspendu pour cinq ans par la Fifa

novembre 23, 2020
Ahmad Ahmad, ici en Égypte en juin 2019, a été suspendu de son poste de président de la Confédération africaine de football le 23 novembre 2020 par la Fifa.

Le président sortant de la Confédération africaine de football a été condamné à l’interdiction d’exercer toute activité relative au football pour cinq ans par la chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fifa. Ahmad Ahmad est notamment accusé de détournements de fonds.

Cela faisait plusieurs semaines que la menace d’une suspension par la Fifa planait au-dessus de la tête  d’Ahmad Ahmad. La décision est tombée sous la forme d’un communiqué publié sur le site de la Fédération internationale de football association (Fifa). Le Malgache Ahmad Ahmad, président sortant de la Confédération africaine de football (CAF) et vice-président de la Fifa, est suspendu pour une période de cinq ans de toute activité liée au football professionnel.

La chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante « a jugé Ahmad Ahmad coupable d’avoir enfreint les articles 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la Fifa, ainsi que l’article 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018 », détaille la Fifa.

Ahmad Ahmad a « manqué à son devoir de loyauté »

« L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités », précise le communiqué de la chambre de jugement de la Commission d’éthique, qui affirme avoir « établi » qu’Ahmad Ahmad « avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF. »

Il devra en outre verser une amende de 200 000 francs suisses (185 000 euros). Contacté par mail, le service de presse de la FIFA n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il avait été entendu pendant plusieurs heures, la semaine dernière, par la Commission d’éthique via une visioconférence. La décision de sa suspension lui a été immédiatement notifiée, avec effet immédiat. D’ici soixante jours, il recevra l’intégralité des motivations de la sanction.

À partir de ce 23 novembre 2020, il n’est donc plus le président de la CAF. Selon les statuts de celle-ci, c’est le premier vice-président, le Congolais Constant Omari qui dirige désormais l’instance. Ce sera le cas jusqu’en mars prochain, date de l’élection du président de la CAF, et qui aura lieu à Rabat.

Élu président de la CAF en 2017, Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat à la tête du football africain. Face à lui, quatre candidats s’étaient jusqu’à présent déclarés : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Augustin Senghor. Leurs dossiers seront examinés par les instances compétentes de la CAF, lesquelles communiqueront la liste des candidats autorisés à se présenter.

Ahmad Ahmad fera-t-il appel ?

Ahmad Ahmad, qui se remet de sa contamination au Covid-19 depuis son fief de Mahajanga, à Madagascar, « va bien », a assuré l’un de ses proches à Jeune Afrique. Avec ses avocats, il décidera dans les prochains jours s’il fait appel ou non de la décision de la Fifa. Un seul recours s’ouvre à lui : devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais un éventuel appel n’est pas suspensif.

Ahmad,  qui a décidé de garder le silence dans un premier temps, pourrait également communiquer à court terme, après avoir consulté sa garde rapprochée.

La CAF, face à cette situation inédite, s’est rapidement fendue d’un communiqué expliquant « prendre acte de cette décision qui met Ahmad Ahmad en position de ne plus pouvoir exercer ses responsabilités », s’inquiétant au passage « des conséquences sur sa réputation de cette longue procédure. » L’instance du football africain a néanmoins décider de maintenir le calendrier de l’ensemble de ses activités et programmes.

Plusieurs hypothèses sont désormais ouvertes. « Soit Ahmad Ahmad fait appel devant le TAS, sachant que la procédure peut se révéler longue, afin de pouvoir être candidat. Soit il décide de ne pas faire appel et de rentrer à Madagascar, expose le dirigeant d’une fédération africaine, contacté par JA. Il faut rappeler qu’il avait beaucoup réfléchi, et même hésité, avant d’annoncer sa candidature à un second mandat. Il s’est décidé parce qu’il est soutenu par de nombreuses fédérations. Il ne faut pas exclure qu’il accepte la sanction et se retire du monde du football. »

Un autre dirigeant de fédération, partisan d’Ahmad Ahmad, résume un sentiment assez largement répandu parmi les partisans de président de la CAF qui vient d’être suspendu : « Gianni Infantino (le président de la FIFA, ndlr) ne souhaitait pas qu’Ahmad soit candidat à sa réélection, car les relations entre les deux hommes sont très tendues. Il ne veut plus de lui à la tête du football africain. Cette sanction de la Commission d’éthique n’arrive pas par hasard… »

Les tensions au sein de l’instance étaient devenus récurrentes ces derniers mois. Licencié en avril 2019, le secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, avait ainsi envoyé une lettre à la Fifa dans laquelle il accusait Ahmad Ahmad de corruption et de harcèlement sexuel à l’encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

En juin 2019, Ahmad Ahmad a été brièvement placé en garde à vue et interrogé par la justice française, avant d’être remis en liberté sans poursuite. Il avait, à la même époque, demandé l’aide de la Fifa pour superviser une CAF fragilisée par plusieurs polémiques et des problèmes de gouvernance. La numéro 2 de la Fifa, Fatma Samoura, avait effectué un mandat de six mois en tant que « déléguée générale pour l’Afrique », mais celui-ci, qui visait à « apporter son expertise pour évaluer la situation et aider à accélérer la mise en place du processus de réforme en cours », n’avait pas été renouvelé quand il était arrivé à son terme, en février dernier.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Football : Ahmad Ahmad, le président de la CAF, ressort de sa garde à vue sans poursuites

juin 7, 2019

Ahmad Ahmad, le président de la CAF, lors d’une conférence de presse le 16 mars 2017 (image d’illustration). © STR/AP/SIPA

 

La garde à vue à l’Office de lutte contre la corruption de la police judiciaire française d’Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football (CAF) interpellé jeudi à Paris, a été levée sans poursuites, a annoncé vendredi le procureur de Marseille.

Ahmad Ahmad avait été interpellé dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille le 28 mai, notamment pour association de malfaiteurs, corruption, abus de confiance et faux et usage de faux, a précisé le procureur Xavier Tarabeux.

Comme le révélait Jeune Afrique, le patron du football africain avait été interpellé la veille vers 8h30 à l’hôtel de Berri, à Paris, pour être entendu par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Une arrestation intervenue alors qu’il se trouvait à Paris pour assister au congrès de la Fifa, qui a abouti à la réélection du président Gianni Infantino.

Football : Ahmad Ahmad, le président de la CAF, interpellé à Paris

juin 6, 2019

Ahmad Ahmad, le patron malgache de la CAF, lors d’une visite à Marrakech, au Maroc, en mars 2017. © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA

 

Selon nos informations, le président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad a été interpellé ce jeudi matin dans un hôtel à Paris, où il séjournait pour assister au congrès de la Fifa.

Ahmad Ahmad a été interpellé ce jeudi matin vers 8h30 à l’hôtel de Berri, à Paris, pour être entendu par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), a appris Jeune Afrique. Selon nos informations, cette interpellation serait liée au contrat rompu unilatéralement par la CAF avec l’équipementier allemand Puma pour s’engager avec la société Tactical Steel, basée à La Seyne-sur-Mer.

Une signature de contrat qui, selon l’ex-secrétaire général de l’instance continentale Amr Fahmy, aurait été favorisée par la proximité entre Ahmad Ahmad et un des dirigeants de l’entreprise française, et dont le surcoût atteindrait 830 000 dollars (739 000 euros). « Toutes les décisions ont été prises de manière collégiale » et « transparente », s’était défendu mi-avril le patron du foot africain.

L’arrestation intervient alors qu’Ahmad Ahmad se trouvait à Paris pour assister au congrès de la Fifa, qui a abouti à la réélection du président Gianni Infantino.

Mercredi soir, la CAF a pris la décision de faire rejouer la finale retour de la Ligue des champions africaine, après l’interruption controversée du match pour un problème lié à l’assistance vidéo à l’arbitrage. Une vive polémique s’en est suivie, les Tunisiens de l’Espérance sportive de Tunis, déclarés vainqueurs mais déchus de fait du quatrième titre continental de leur histoire, ayant annoncé leur intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Cameroun: la visite de Biya dans le Sud-Ouest « pas confirmée », arrivée du président de la CAF

octobre 2, 2018

Yaoundé – La visite du président Paul Biya dans le Sud-Ouest anglophone du Cameroun en conflit n’est « pas confirmée », selon une source proche de la présidence à Yaoundé où est arrivé mardi le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad.

Lundi, une source proche du ministère de la Communication avait annoncé à l’AFP la visite mardi du président Biya dans la capitale de la région du Sud-Ouest, Buea, où se font entendre des coups de feu quotidiennement.

« Il y a des préparatifs en cours, la tribune de la place des fêtes a été réfectionnée », a indiqué mardi matin une source proche des autorités locales de Buea.

Dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les combats entre l’armée et des séparatistes armés sont quotidiens. Ces derniers revendiquent l’indépendance du Cameroun anglophone vis-à-vis de Yaoundé.

Ils ont menacé de s’en prendre à toute personne qui voterait dimanche au scrutin présidentiel à un tour.

Lundi, pour le premier anniversaire de la proclamation symbolique de l’indépendance des régions anglophones, le 1er octobre 2017, un couvre-feu a été mis en place dans la plupart des grandes villes de la zone.

Les rues de Buea et Bamenda, les deux capitales régionales, étaient vides hormis les patrouilles de l’armée, selon des témoins.

Mardi, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, a été reçu par Paul Biya au palais présidentiel à Yaoundé.

Le Cameroun doit accueillir la Coupe d’afrique des Nations (CAN) en 2019, mais des retards dans l’organisation ont soulevé des polémiques sur la capacité du pays à boucler les préparatifs de la compétition en temps et en heure.

« La CAF n’a pas de plan B, la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun », a déclaré M. Ahmad à sa sortie d’audience avec Paul Biya.

« C’est le Cameroun qui accueille cette compétition, c’est le Cameroun qui pourra nous dire demain +On est prêts+ (ou) +Ah non, donnez nous le temps, on n’est pas prêts+, ça dépend du Cameroun », a-t-il ajouté face à la presse.

Dimanche, neuf candidats – dont Paul Biya – s’affronteront dans les urnes pour briguer la présidence du Cameroun, dans un contexte sécuritaire tendu avec les attaques persistantes des jihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et le conflit armé dans les régions anglophones.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 15h47)                                                        

Centrafrique: qui est Patrice-Édouard Ngaïssona, l’ancien chef de guerre anti-balaka élu à la CAF ?

février 7, 2018
Patrice-Édouard Ngaïssona, ancien chef de guerre anti-balaka, désormais membre du conseil d’administration de la CAF. © DR / Copie d’écran Facebook

L’élection de Patrice Edouard Ngaïssona au Comité exécutif de la CAF fait polémique. De forts soupçons pèsent en effet sur le rôle qu’a joué dans la guerre civile centrafricaine cet ancien « coordinateur » auto-proclamé des anti-balaka.

D’habitude, les élections au Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) se déroulent dans une certaine confidentialité et ne déchaînent pas la passion médiatique. Mais celle qui a été organisée à Casablanca vendredi 2 février, en marge de la phase finale du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) a produit son petit effet. Ahmad Ahmad, qui ne déteste pas que la CAF qu’il préside depuis mars dernier fasse parler d’elle, est servi. Mais pas forcément comme il l’espérait.

C’est que cette fois, c’est Patrice Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football depuis 2008, qui a été élu au Comité exécutif en tant que représentant de la zone Centre, face au gabonais Pierre-Alain Mounguengui (30 voix contre 23 plus une abstention).

« Coordinateur politique » des anti-balaka

Image d’archive datant de 2013, montrant un groupe de miliciens anti-balaka à Bangui. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Comme d’autres, il a du sang sur les mains

En 2014, ce businessman centrafricain, également passé par la politique, se présentait comme le « coordinateur politique » des milices anti-balaka. En février de la même année, il a même échappé de peu à une arrestation, parvenant à prendre la fuite en pleine opération menée conjointement à Bangui par la Misca (la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) et l’armée française.

Selon une source militaire française qui se confiait alors à Jeune Afrique, l’homme était alors à la tête d’une faction anti-balaka « bien équipée, composée notamment d’officiers des Forces armées centrafricaines et d’ex-membres de la garde présidentielle, opérant principalement à Boy-Rabe », un quartier de Bangui.

Ex-ministre de Bozizé, proche de Touadéra

Finalement arrêté en février 2014 au Congo-Brazzaville, il avait ensuite été remis à la Misca. Il sera remis en liberté sous contrôle judiciaire en avril de la même année, après avoir été auditionné par la gendarmerie centrafricaine. En 2015, il a tenté un retour sur le devant de la scène politique, en présentant sa candidature à la présidentielle. Candidature finalement rejetée par la Cour constitutionnelle.

« Comme d’autres, il a du sang sur les mains », glisse à Jeune Afrique un diplomate. Décrit comme un homme « autoritaire », Ngaïssona, très bien implanté dans le IVe arrondissement de Bangui, est un dur. « C’est un vrai leader, qui n’accepte pas vraiment d’être contredit », poursuit ce diplomate français.

« Il a su s’attirer les bonnes grâces de l’actuel chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra, notamment en mobilisant les électeurs dans les régions favorables à François Bozizé », explique un membre du Kwa Na Kwa (KNK), le parti du chef de l’État qui a pris la fuite en 2013. « Quand la justice centrafricaine fonctionnera normalement, Ngaïssona devrait logiquement répondre de ses actes », assène cette source.

Touche-à-tout sulfureux

Avant de devenir le « coordinateur » auto proclamé des anti-balaka, il fut également ministre des Sports sous la présidence de François Bozizé. Ngaïssona a aussi été député, et a notamment assumé les charges de premier questeur à l’Assemblée nationale et de vice-président de la commission des finances.

« C’est un homme à qui je ne confierais pas mes affaires », souligne un ancien membre de la FIFA, qui a croisé ce touche-à-tout sulfureux à plusieurs reprises. Car Ngaïssona adore le football. Il fût président du Stade Centrafricain, un des meilleurs clubs du pays (quatre titres de champion, deux coupes nationales) où il est resté très influent. Et, depuis le mois de juillet dernier, il succédé au Tchadien Moktar Mamoud à la présidence de l’Union des fédérations de Football de l’Afrique Centrale (UNFFAC).

Ses partisans le défendent

Willy Kongo, le team manager de la sélection nationale centrafricaine, côtoie Ngaïssona régulièrement et loue son implication dans le football du pays. « Sous sa présidence, on a remporté la Coupe de la CEMAC en 2009, à Bangui et atteint la finale en 2013, au Gabon. Il a aussi permis au championnat de se dérouler dans des conditions à peu près normales, notamment à Bangui, pendant les événements qui ont secoué le pays », assure Willy Kongo.

« Et malgré cette situation, la sélection centrafricaine a pu s’engager dans toutes les compétitions officielles et disputer des matchs amicaux. Il a mis de son argent personnel pour que les choses fonctionnent. C’est quelqu’un qui aime vraiment son pays », continue-t-il, qui affirme qu’« il est apprécié en Centrafrique pour ce qu’il fait pour le football. »

Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui

Après son élection au Comité exécutif de la CAF, Ngaïssona – dont la femme et les enfants résident en Île-de-France – s’est félicité de cette élection. « Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui », a-t-il ainsi déclaré à l’AFP, tandis que plusieurs voix se sont élevées au sein des ONG de défense des droits de l’homme pour s’émouvoir de la situation.

Le Parti centrafricain pour l’unité et le développement (PCUD), qu’il a fondé en 2014, a publié un communiqué de presse, affirmant que le groupe armé que dirigeait Ngaïssona « n’est qu’une résistance populaire face à l’invasion de la RCA par des mercenaires de la coalition séléka ». La Confédération africaine de football et ses membres n’ont, de leur côté, fait aucun commentaire. Mais en privé, certains avouent « ne pas être emballés » à l’idée de siéger en compagnie d’un homme à la réputation aussi sulfureuse…

Jeuneafrique.com par

Élection à la CAF : Chute du dinosaure camerounais Issa Hayatou

mars 16, 2017

Le malgache Ahmad Ahmad, nouveau président de la CAF

Issa Hayatou a été battu ! Président de la Confédération africaine de football (CAF) depuis 1988, le Camerounais n’effectuera pas un huitième mandat. Le mandat de trop ! C’est le (très inconnu) Malgache, Ahmad Ahmad (notre photo), qui a été élu président de la CAF, ce jeudi, 16 mars, à Addis Abeba (Ethiopie). Une journée noire pour Issa Hayatou et le football camerounais dont les autorités l’avaient, fortement, soutenu dans cette entreprise (à risque).

Ahmad Ahmad (qui craignait la fraude à tort) devrait féliciter Hayatou d’avoir rendu le vote transparent, ce qui lui a permis de gagner à la régulière, sans tricherie. Lui qui criait au hold up certain ! Il a, en effet, obtenu les suffrages de 34 des 54 fédérations africaines votantes lors du scrutin, Issa Hayatou obtenant les 20 autres voix, selon les résultats officiels communiqués à l’Assemblée générale de la CAF.

Ancien ministre malgache des Sports puis de la Pêche, Ahmad Ahmad, nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF), est présenté comme un homme plutôt discret. Mais efficace…

Lors de ces multiples rencontres avec les hautes sphères du continent africain, notamment durant la CAN au Gabon juste après l’annonce de sa candidature, puis lors de ses déplacements dans plusieurs pays, ce membre de l’éthnie Sakalava, de confession musulmane, avait réussi à faire adhérer à son projet les quatorze fédérations de la Cosafa (Afrique australe). D’autres leur ont depuis emboîté le pas.

Sur l’échiquier du football africain, Madagascar fait partie des pays dont on parle peu. La sélection nationale n’a jamais participé à aucune compétition internationale, ses clubs passent rarement plus d’un tour lors des coupes d’Afrique, et même s’il n’est jamais simple d’aller jouer au stade Mahamasina d’Antananarivo – l’Égypte, le Sénégal, la RD Congo et le Nigeria y ont laissé des plumes dans un passé plus ou moins récent – le football de la Grande Île fait rarement parler de lui.

« Nous avons tout de même été champions d’Afrique de beach soccer en 2015, et nous avions obtenu l’organisation de la CAN 2017 des moins de 17 ans, jusqu’à ce que la CAF nous la retire, pour des motifs (retards dans les travaux au stade de Mahamasina) que nous contestons », nous avait rappelé Ahmad Ahmad au mois de février.

Des soutiens de la FIFA

Les nouvelles autorités de la FIFA auront joué un rôle déterminant pour faire abattre celui qui était considéré comme le dernier dinosaure du football mondial, après la chute du Suisse, Sepp Blatter et du Français, Michel Platini.

En voyage, en Afrique, le mois dernier, le nouveau président de la FIFA, l’Italo-Suisse, Gianni Infantino, avait, clairement, appelé à voter contre la réélection d’Issa Hayatou à la présidence de la CAF, militant pour le renouvellement de l’appareil dirigeant de la CAF. Il en a été de même pour la secrétaire générale de la FIFA, la Sénégalaise, Fatma Samba Diouf Samoura, qui, de son côté, aurait mobilisé les fédérations de l’Afrique de l’Ouest à commencer par celles du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.

Certaines, comme Djibouti, l’avaient annoncé publiquement. Les dix-neuf autres (Ahmad s’est largement imposé par 34 voix contre 20) ont préféré l’intimité offerte par le secret du vote pour valider leur choix. « Je pense que certains ont voté pour Ahmad car ils voulaient qu’Hayatou s’en aille. Non pas que son bilan soit mauvais, car il a fait passer le football africain dans l’ère de la modernité. Mais il s’agissait plus d’une question de personne. Sept mandats, c’est énorme. Et le management d’Hayatou dérangeait, même parmi ses soutiens. Mais des fédérations ont aussi voté pour Ahmad car elles adhèrent à son projet.

Des soupçons de corruption, pas de preuves

Ahmad, qui a fait son apparition dans l’organigramme de la CAF lors du Congrès de Marrakech en mars 2013, en tant que membre du Comité exécutif représentant la zone Sud, avait déjà créée une surprise de taille, en écartant le Sud-Africain Dany Jordaan, président du comité d’organisation de la Coupe du monde 2010.

« Il est discret, mais efficace. Il sait avancer ses pions intelligemment. C’est un politique. Il a été nommé sénateur par le chef de l’État, lequel lui a accordé son soutien lorsqu’il a décidé d’être candidat contre Hayatou. Il ne fait pas d’esbroufe. Ahmad est un homme de réseaux. À la CAF, il a tissé de bonnes relations avec les fédérations d’Afrique australe. En Afrique de l’Ouest également, il a des appuis », poursuit notre source.

Dans son pays, le nouveau président de la CAF a été plusieurs fois cité par la presse locale dans une affaire de trafic de crabes lorsqu’il détenait le portefeuille de la Pêche (en 2015). Et le Sunday Times, sans apporter de preuves, avait évoqué une possible corruption du malgache par le Qatar lors de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au petit émirat. « L’argent du Qatar était destiné à la fédération malgache pour organiser l’élection du président, au développement du football dans mon pays. Mais en aucun cas à acheter ma voix », nous avait assuré Ahmad quelques semaines avant son élection à Addis Abeba.

Quel avenir pour Issa Hayatou ?

Un malheur ne venant jamais seul, Issa Hayatou risque de souffrir dans l’avenir, des enquêtes diverses devant être diligentées pour s’assurer de la régularité des contrats de sponsoring signés lors des compétitions internationales, et si ceux-ci n’ont pas fait l’objet de rétro commissions. Les nouvelles autorités de la FIFA entendent, en effet, y voir clair.

Afriqueeducation.com avec Jeuneafrique.com

Football : le Malgache Ahmad Ahmad élu président de la CAF

mars 16, 2017

Issa Hayatou, en février 2016, à Zurich, en Suisse. © Michael Probst/AP/SIPA

Le Camerounais Issa Hayatou, en poste depuis près de 30 ans, cède sa place au Malgache Ahmad Ahmad. Celui-ci a été élu mercredi président de la Confédération africaine de football pour un mandat de quatre ans, lors d’une assemblée générale à Addis Abeba.

À 57 ans, Ahmad Ahmad, le président de la fédération malgache, a été a été élu président de la CAF avec 14 voix d’avance sur Issa Hayatou, qui dirige l’instance depuis 1988, lors d’un congrès de l’instance à Addis Abeba, jeudi 16 mars.

L’unique rival du patron de football depuis plus de trente ans, candidat à un 8e mandat, avait profité de sa présence à Libreville le 13 janvier, à la veille du coup d’envoi de la CAN 2017, pour annoncer officiellement sa décision de se porter candidat.

Sa candidature avait obtenu quelques jours plus tard le soutien des présidents des 14 fédérations de la Cosafa  (Conseil des fédérations d’Afrique australe), une position qui avait crispé les relations entre la CAF et la Cosafa.

Jeuneafrique.com

CAN 2017 : « Carton rouge pour Ali Bongo ! »

janvier 9, 2017

Notre chroniqueur dénonce le maintien au Gabon de la compétition de football panafricaine malgré la « réélection » contestée du président gabonais.

A Libreville, après la validation de la présidentielle gabonaise par le Conseil constitutionnel, le 24 septembre 2016. Crédits : REUTERS
Samedi 14 janvier débutera la 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Gabon. Pendant trois semaines, la grand-messe du foot africain se déroulera dans un pays dont le président a tordu le bras des institutions pour se maintenir au pouvoir. La Confédération africaine de football (CAF) aurait dû retirer l’organisation de ce rendez-vous continental à un Etat dont le chef n’a cure de l’expression de ses concitoyens.

Ali Bongo, soucieux de se donner une image lisse et moderne, pourra bien se pavaner lors des festivités marquant le début de la CAN. Mais les Gabonais et les progressistes africains, dans leur majorité, n’oublieront pas le scandale du décompte des voix dans la province du Haut-Ogooué. Pour rappel, le président sortant avait engrangé 95 % des voix dans cette province avec un taux de participation fantaisiste de 99,3 % lors de la présidentielle d’août 2016. Le ridicule à son comble.

Il s’en est suivi un pays qui a basculé dans la violence avec une répression féroce des manifestants par le régime de Bongo et de nombreux morts à la clé. Ali Bongo ne se soucie pas des vies perdues à cause de sa soif de pouvoir. Il s’est autoproclamé président sans crainte de s’exposer aux rires du monde entier. La décence est un privilège avec lequel le locataire du palais du bord de mer ne semble pas s’embarrasser.

Un président illégitime

Le maintien de l’attribution de la CAN au Gabon est au mieux une erreur, au pire un manque de respect total vis-à-vis des Gabonais qui devront encore « se coltiner » un président illégitime. Ali Bongo a triché pour continuer d’exercer un pouvoir au mépris des aspirations au changement exprimées dans les urnes par ses concitoyens. Le carton rouge que lui ont infligé les Gabonais a été annulé par la CAF, qui le réhabilite et approuve ainsi la violation du suffrage d’un peuple.

Le message que la CAF et son éternel président Issa Hayatou lancent au peuple gabonais est clair : sa souffrance et, surtout, son droit au respect ne sont guère leur préoccupation.

Lire aussi :   Bongo le Second : un braquage à la gabonaise

L’industrie du football est finalement à l’image de notre monde. Pendant que les satrapes gouvernent en se jouant des règles du jeu démocratique, le business continue. On est dans une entreprise résolue à fructifier le pactole que génère le sport de haut niveau, entre financements publics, sponsors et droits télévisés. Si les dirigeants de la CAF et des fédérations nationales peuvent, en passant, égayer les férus du ballon rond, mettre de l’ambiance dans les capitales africaines et anesthésier la souffrance des peuples, tant mieux. Les valeurs attendront.

Mais le sport ne peut se dissocier longtemps de l’éthique. Le football ne peut occuper une part importante dans la société et se payer le luxe de ne pas se soucier de nos aspirations à la démocratie et à la liberté. Il n’y a qu’à observer le vent de fraîcheur que la première qualification de la Guinée-Bissau apporte à ce peuple martyrisé depuis l’indépendance du pays pour mesurer l’importance de ce qui est devenu plus qu’un divertissement.

Le football occupe une place importante dans nos vies, et ses dirigeants ont l’obligation de faire des efforts afin de prendre en compte les désirs de la jeunesse de voir émerger une Afrique meilleure.

Forfaiture

Ali Bongo, son administration et son armée de conseillers feront de cet événement sportif un énième moyen de communication à outrance pour asseoir sa légitimité de président « réélu ». Mais celle-ci lui fera toujours défaut durant ce deuxième mandat car, même s’il a mis tout le monde devant le fait accompli, personne n’oubliera le Haut-Ogooué et ses électeurs « massivement sortis exercer leur devoir citoyen ».

Bongo est comme un joueur exclu qui resterait quand même sur le terrain. Un joueur qui va rester encore sept longues années, car il s’est arrogé le droit de définir les règles de la compétition et de les violer à sa guise.

Néanmoins, malgré mon opposition à l’organisation de la CAN au Gabon qui volontairement légitime la forfaiture d’Ali Bongo, je regarderai tous les matchs, avouant ainsi une faiblesse qui peut être, à juste titre, considérée comme une incohérence. Je serai au premier rang pour suivre les exploits de mes champions, puisque, cette année, les Lions de la Téranga – l’équipe du Sénégal – sont encore favoris pour le titre. L’amour pour le ballon rond est au-delà de la raison critique. En cela, comme le souligne l’écrivain et philosophe argentin Fabian Casas, « le football est intellectuellement indéfendable ».

Lemonde.fr par Hamidou Anne, chroniqueur Le Monde Afrique, Dakar

Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.

Football : la CAF suspend le Maroc pour les CAN 2017 et 2019

février 6, 2015

Issa Hayatou, le président de la CAF.
Issa Hayatou, le président de la CAF. © Khaled Desouki/AFP

Réuni à Malabo, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé vendredi la suspension du Maroc pour les CAN 2017 et 2019. Une amende réglementaire d’un million de dollars a également été infligée à la Fédération royale marocaine de football.

En marge de la 30e édition de la Coupe d’Afrique des nations en Guinée équatoriale, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé, le 6 janvier, de suspendre la sélection marocaine de football pour les CAN 2017 et 2019.

Dans un communiqué publié sur le site de la CAF, son comité exécutif a également indiqué qu’une « amende réglementaire » d’un million de dollars a été infligée à la Fédération royale marocaine de football.

Des décisions de la CAF interviennent à la suite du « refus de Maroc d’abriter [la CAN 2015] aux dates prévues », a rappelé le communiqué.

La CAF a enfin décidé « par une mesure distincte de mettre à la charge de la Fédération royale marocaine de football la somme de 8 050 000 euros en réparation de l’ensemble des préjudices matériels subis » par la Confédération africaine de football et les parties prenantes « du fait du désistement survenu ».

Le président de la Fédération tunisienne de football suspendu de toutes fonctions

par ailleurs, le président de la Fédération tunisienne (FTF), Wadie Jary, a été suspendu de toutes activités liées à la Confédération africaine (CAF), cette dernière donnant à la FTF jusqu’au 31 mars 2015 pour présenter des excuses sous peine de disqualification de la Tunisie à la CAN-2017. Une décision qui intervient quelques jours après que le président de la FTF a lui-même annoncé sa démission de la Commission d’organisation de la CAN de la CAF, dont il était membre depuis mai 2013.

La Tunisie avait été éliminée en quarts de finale de la CAN-2015 sur un penalty inexistant en faveur du pays-hôte, la Guinée-équatoriale. Cette rencontre avait suscité la colère du camp tunisien et notamment deWadie Jary. La Confédération africaine suspend M. Jary « jusqu’à ce qu’une lettre d’excuses soit présentée ou que des preuves irréfutables et tangibles soient présentées afin d’étayer les propos faisant état de partialité de la CAF et de la volonté de nuire à la sélection tunisienne ».

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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

CAN: la Fédération tunisienne dénonce les « manigances » de la CAF

février 1, 2015

CAN: la Fédération tunisienne dénonce les « manigances » de la CAF © AFP

La Fédération tunisienne (FTF) a critiqué dimanche les « manigances » de la Confédération africaine (CAF), accusée d’avoir désigné un « arbitre maison » pour « satisfaire l’équipe locale », la Guinée équatoriale vainqueur la veille du quart de finale de la CAN-2015 (2-1 a. p. ).

« Ce n’est pas un vol, c’est pratiquement un viol », a déclaré à l’AFP Hichem Ben Omrane, chef de la délégation tunisienne à Bata et membre du bureau exécutif de la FTF. « Il y a une sorte de hold-up pour satisfaire l’équipe locale. La CAF a désigné un arbitre maison, qu’elle désigne à chaque fois pour ses sales besognes. Il est malhonnête, sans foi ni loi. Il faut que la CAF arrête ses manigances.  »

L’arbitre mauricien Rajindraparsad Seechurn a sifflé un penalty très litigieux en faveur de la Guinée équatoriale dans les arrêts de jeu du temps règlementaire, transformé par Balboa (90+3) et entraînant une prolongation où le même joueur a fait la décision sur un coup franc.

« La Guinée équatoriale a organisé la CAN, a fait des concessions avec des difficultés et des risques, sûrement que la CAF doit la soutenir », a aussi avancé M. Ben Omrane. « On est attaqués par la CAF gratuitement, il y a des intérêts personnels au comité exécutif.  »

Interrogé sur d’éventuelles suites disciplinaires à l’encontre des joueurs tunisiens qui ont essayé de molester l’arbitre, M. Ben Omrane a répondu: « Ils (la CAF) savent que l’arbitre a fait des gaffes, s’il y a des sanctions, elles seront seulement financières. Les nerfs ont flanché, c’est vrai, mais il y a eu tout au long du match des décisions arbitrales fausses, les joueurs se sentent lésés. Avec, cerise sur le gâteau, ce penalty à la 92e minute.  »

« On va écrire un rapport à la Fifa pour mettre un terme à ce genre de manigances, parce que c’est le foot africain qui est perdant, ils ont touché à l’image de marque du foot africain », a-t-il aussi avancé.

Afin de montrer son mécontentement, selon son entourage, le président de la FTF, Wadie Jary, « a présenté ce jour sa démission de la Commission d’organisation de la CAN de la CAF dont il est membre depuis le mois de mai 2013 », a annoncé la Fédération tunisienne dans un communiqué lapidaire.

Jeuneafrique.com avec AFP