Posts Tagged ‘Cameroun’

Le masque devient obligatoire dans plusieurs pays d’Afrique centrale

avril 15, 2020

Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, le port du masque est devenu obligatoire dans l’espace public afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé ces derniers jours leurs gouvernements. Au Gabon, le masque est obligatoire depuis mercredi matin, tout comme en Guinée équatoriale, qui demande aussi à ses citoyens de porter des gants lors de leur sortie.

Conscient de la difficulté des Gabonais à se procurer des masques médicaux, Libreville a recommandé à ses citoyens le port «du masque alternatif». De nombreux ateliers de couture au Gabon et ailleurs se sont mis à produire des masques en tissu, moins efficaces mais qui limitent toutefois la propagation du virus.

Lundi, le gouvernement tchadien avait également décrété le port obligatoire du masque sur son territoire avant de revenir sur sa décision le lendemain à cause du manque d’offre sur le marché. Le Cameroun – l’un des pays les plus touchés par le virus en Afrique avec 855 cas déclarés officiellement mercredi – avait déjà adopté cette mesure jeudi dernier.

Dans ces pays d’Afrique centrale, ces dispositions s’ajoutent à celles déjà prises, comme l’instauration de couvre-feux nocturnes, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte ainsi que les restrictions sur les rassemblements

Par Le Figaro avec AFP

Cameroun : décès de l’industriel Victor Fotso

mars 21, 2020

Victor Fotso au sommet France Afrique, à Yaounde, au Cameroun, en 2001.

Victor Fotso au sommet France Afrique, à Yaounde, au Cameroun, en 2001. © Jeune Afrique

 

Le magnat camerounais de l’industrie et de la finance a succombé à une courte maladie vendredi 20 mars dans un hôpital français. Il était âgé de 94 ans.

Patriarche, businessman, homme politique… C’est un homme aux multiples casquettes qui s’est éteint vendredi dans l’hôpital parisien où il séjournait depuis quelques semaines.

Fondateur d’une dynastie éponyme, Victor Fotso faisait partie, au même titre que Joseph Kadji Defosso, décédé en août 2018, de la première génération d’industriels camerounais. Si le portefeuille des entreprises de son empire a commencé avec des boîtes d’allumettes dans les années 1970, il s’est rapidement diversifié, au point de compter une vingtaine d’entreprises présentes dans pas moins de dix pays. Des filiales qui, pour la plupart, ont depuis mis la clé sous la porte.

Par son dynamisme, Victor Fotso s’était bâti une réputation ayant traversé les frontières. L’histoire retiendra l’internationalisation d’Unalor, entreprise de production d’allumettes, vers la Côte d’Ivoire, le Liberia et l’Angola. Celle des piles électriques (Pilcam), les insecticides (Moon Tiger) au Sénégal et au Mali, la fabrique des cahiers (Safcam), la distillerie des liqueurs, la culture de haricots verts pour la marque Bonduelle et l’Imprimerie nationale au Tchad.

Infaillible soutien du pouvoir

Le groupe Fotso, entreprise familiale, a également lancé la Commercial Bank qui a ouvert sa première agence à Douala en 1997 (CBC) avant d’essaimer en 1999 au Tchad (CBT), en Centrafrique (CBCA), en Guinée équatoriale (CBGE), et même à São Tomé-et-Príncipe (COBSTP). À cela, il faut ajouter la Société financière africaine (SFA) basée à Douala, mais aussi des investissements immobiliers en France, à Levallois-Perret, opérés par la Compagnie internationale de services (CIS).

Au début de la décennie 2010, le chiffre d’affaires du groupe était évalué à 500 milliards de F CFA – un montant jamais vérifié, en raison de l’opacité du groupe. Son personnel est lui évalué à 5 000 employés, en dehors des 18 000 planteurs de haricots verts. La rupture avec son fils Yves-Michel et l’emprisonnement de ce dernier a cependant provoqué une baisse conséquente du chiffre d’affaires de l’empire. Aujourd’hui, la réputation de ce flamboyant groupe s’est considérablement érodée.

Ayant bénéficié des faveurs d’Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, Victor Fotso s’était particulièrement investi en politique, en devenant un soutien de poids pour ces deux présidents dans la région de l’Ouest, bastion de l’opposition. En 1997, il avait obtenu son premier poste électif en devenant le maire de la commune de Pete-Bandjoun, son village d’origine. Il avait été réelu le 9 février dernier, pour un mandat qui devait s’achever en 2025.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute – à Yaoundé

Cameroun : Emmanuel Macron calme le jeu avec Paul Biya, après une semaine sous tension

mars 3, 2020

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d'un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017.

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d’un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Les présidents français et camerounais « se sont accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale » sur les violences commises dans la province du Nord-Ouest, après un échange téléphonique entre les deux chefs d’État, dimanche.

Exit les déclarations controversées d’Emmanuel Macron qui avaient mis le feu aux poudre le 22 février dernier en promettant de mettre « le maximum de pression » sur Paul Biya pour que cessent « des violences au Cameroun qui sont intolérables ». Du coté des autorités françaises, l’heure est visiblement à l’apaisement.

Le communiqué laconique publié par le service de presse de l’Élysée traduit la volonté affichée par la France de faire baisser la tension qui était montée d’un cran dans les relations entre Yaoundé et Paris au cours des sept derniers jours.

Au cours de leur échange téléphonique, Paul Biya et Emmanuel Macron se sont ainsi « accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest ». Une concession moindre pour Yaoundé qui a récemment prescrit l’ouverture d’une enquête.

Soutien de poids

Plus loin, le même communiqué indique que « les deux présidents ont convenu de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national« , sans jamais évoquer la question des prisonniers politiques ni celles des négociations avec les sécessionnistes, deux tabous pour Yaoundé.

Emmanuel Macron avait pourtant assuré au leader de la Brigade anti-sardinards (BAS) Calibri Calibro, qui l’avait interpellé sur ce sujet, qu’il en parlerait au président camerounais. « Je vais appeler la semaine prochaine le président Paul Biya et on mettra le maximum de pression pour que la situation cesse », avait déclaré le chef de l’État français au sujet du massacre de Ngarbuh.

Le retour aux usages diplomatiques du président français est-il lié à la vive réaction des autorités camerounaises, qui ont usé de tous les moyens pour faire entendre leur mécontentement ? Difficile d’être affirmatif. Le bruit des chants des « jeunes badauds » qui ont battu le pavé devant l’ambassade de France, le 24 février, pour dénoncer les propos d’Emmanuel Macron, sont néanmoins parvenus au sommet de l’État à travers un rapport détaillé, qui, selon nos sources, a été transmis au Quai d’Orsay, le siège de la diplomatie française.

Au vue de la tempérance d’Emmanuel Macron, Yaoundé devrait ainsi conserver un soutien de poids dans l’interminable crise qui l’oppose aux séparatistes anglophones, et gagner encore du temps face aux acteurs internationaux qui souhaitent un dialogue direct avec les leaders de ce mouvement, actuellement incarcérés. Une bouffée d’oxygène, dans un contexte où les violences continuent de faire de nombreuses victimes civiles.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute – à Yaoundé

 

Une candidate anglophone sacrée Miss Cameroun 2020

décembre 29, 2019

Audrey Nabila Monkam, Miss Nord Ouest 2020, désormais Miss Cameroun 2020.

Audrey Nabila Monkam, Miss Nord Ouest 2020, désormais Miss Cameroun 2020. © MissCamerounOfficiel/Twitter

 

Originaire du Nord-Ouest, Audrey Nabila Monkam a été couronnée Miss Cameroun 2020 au cours d’une cérémonie qui marquait le retour de la compétition, interrompue pendant deux ans en raison de scandales à répétition. Une première depuis 1991 pour une candidate anglophone.

La représentante de la région du Nord-Ouest, Audrey Nabila Monkam, 24 ans, s’est présentée comme la candidate de la « cohésion sociale » et du « vivre ensemble » entre les peuples, exposant un projet de mise en place d’un programme national de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

« J’espère pouvoir mettre ensemble les Camerounais de tout âge, toute origine culturelle et appartenance politique, car nous vivons dans un monde multiculturel où les gens ont des affiliations diverses », a-t-elle déclaré face au jury. Un discours qui a permis à cette étudiante, titulaire d’une licence en banque et finance, de damer le pion à ses 18 concurrentes.

Redorer le blason de Miss Cameroun

Pour le grand retour de ce concours national de beauté, après l’édition manquée de 2018, le Comité d’organisation du concours Miss Cameroun (Comica), que chaperonnait le ministère des Arts et de la Culture, a fait feu de tout bois pour redorer le blason de Miss Cameroun, dont l’image a été particulièrement affectée par des polémiques à répétition. Entre fraudes et manque de valorisation des valeurs de la femme camerounaise, la compétition était devenue un rendez-vous incontournable de la presse à scandales. 

Le lieu de la finale a donc migré de la salle du Palais des congrès vers l’arène du Palais des sports. Le rituel traditionnel des concours de beauté a également été respecté : podium représentant un univers féerique, interludes artistiques avec des artistes locaux réputés – comme le chanteur Magasco et la star de la jeunesse camerounaise Aveiro Djess -, défilés dans des tenues qui ont enchanté le public, et un jury panafricain dirigé par la ravissante Marie Paula Sylva, ancienne Miss Sénégal-France et épouse de Ruslan Obiang, le fils aîné du président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

La finale de la compétition Miss Cameroun 2020.
La finale de la compétition Miss Cameroun 2020. © DR/Comité d’organisation

Seules ombres au tableau, le désistement surprise de la candidate de la région du Nord, présentée comme la favorite de la compétition, pour des raisons peu claires, ainsi que le choix des présentateurs, dont la prestation a été vivement critiquée par les téléspectateurs.

Audrey Nabila Monkam détrône ainsi Caroline Nseke, gagnante de l’édition de décembre 2017, qui aura régné pendant deux ans en raison de l’annulation de l’édition 2018 par le ministre des Arts et de la Culture, ainsi que la suspension du Comica. L’instance en charge de l’organisation du concours Miss Cameroun avait finalement été réhabilitée au début de cette année.

Par Jeuneafrique.com par Franck Foute

Afrique centrale : sommet extraordinaire de chefs d’Etat sur l’avenir du franc CFA

novembre 22, 2019

Le président camerounais Paul Biya a présidé vendredi à Yaoundé l’ouverture d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), qui regroupe six pays, pour débattre notamment de l’avenir du franc CFA. Après les pays d’Afrique de l’Ouest, c’est au tour de l’Afrique centrale de questionner la pertinence d’une monnaie aux réserves de change déposées en France et convertible en euro, présentée par certains comme «héritée de la colonisation». «Les présentes assises nous donnent à nouveau l’occasion d’échanger et d’arrêter des mesures complémentaires pouvant consolider le redressement économique de notre sous-région», a déclaré Paul Biya.

Le sommet de Yaoundé, qui doit s’achever vendredi, est consacré notamment à la situation économique des pays de la Cémac que sont le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad. Dans un dossier de presse transmis à l’AFP, la présidence camerounaise a indiqué que l’avenir du franc CFA faisait aussi partie des thèmes inscrits à l’ordre du jour des travaux des chefs d’Etat qui se déroulent à huis clos.

Frein au développement ?

«La monnaie héritée de la colonisation (le franc CFA) divise les économistes et les chefs d’Etat de la zone Franc», a écrit la présidence camerounaise. Cette monnaie «est présentée par de nombreux experts en finances comme un frein au développement», a-t-elle ajouté. «Ceux qui sont pour le maintien du franc CFA avancent l’argument de la stabilité qu’offre cette monnaie face aux spéculations», a poursuivi la présidence camerounaise, sans préciser quelle était la position du Cameroun.

La zone franc est constituée des pays de la Cémac et de ceux de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), où certains officiels ont ouvertement pris position en faveur du remplacement du franc CFA par une autre monnaie. En Afrique centrale, les dirigeants sont plus réservés sur la question.

Cinq chefs d’Etat sur les six que compte la Cémac prennent part au sommet de Yaoundé. Il s’agit du Camerounais Paul Biya, du Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, du Congolais Denis Sassou Nguesso, de l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et du Tchadien Idriss Déby Itno. Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, est représenté par son Premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé.

Par Le Figaro avec AFP

Au Cameroun, arrestation musclée d’un prêtre lazariste par la police

octobre 4, 2019

Cam

Les faits

Mercredi 2 octobre, Jean Baptiste Noah Balla, prêtre lazariste, a vécu une altercation brutale avec la police camerounaise.

Recherché par les forces de l’ordre après une plainte déposée contre lui par Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé des missions à la présidence de la République, le prêtre s’est retrouvé hospitalisé au centre des urgences de Yaoundé.

Mercredi 2 octobre, la presse, puis les réseaux sociaux au Cameroun rapportaient l’arrestation musclée d’un religieux lazariste, le père Jean Baptiste Noah Balla. Stock.adobe

Le père Jean Baptiste Noah Balla « est arrivé ici vraiment amoché. Il saignait abondamment de la tête et il présentait des traumatismes sur son corps », explique le docteur Louis Joss Bitang A Matock, directeur général du Centre des urgences de Yaoundé.

Mercredi 2 octobre, la presse, puis les réseaux sociaux au Cameroun rapportaient l’arrestation musclée d’un religieux lazariste, le père Jean Baptiste Noah Balla. Ce que confirme l’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, à La Croix Africa. « J’ai rendu visite, ce 2 octobre 2019, dans la journée, au Centre des Urgences de Yaoundé, au père Jean Baptiste Noah Balla, qui est un prêtre catholique romain de la congrégation des lazaristes, lorsque j’ai appris son hospitalisation. Ce que j’ai appris est qu’il a eu une altercation brutale avec la police. Je ne sais pas dans quelles conditions. Il faut attendre les enquêtes pour savoir ce qui s’est exactement passé ».

Guerre et faim dans l’extrême nord du Cameroun

Selon le témoignage du cousin du religieux, Pierre Balla – qui dit avoir été présent au moment de l’altercation, le 1er octobre – les faits se sont déroulés au village Nkolfoulou, dans la banlieue de Yaoundé. Il indique que le père Jean Baptiste Noah était sur la route lorsque deux policiers en civil ont barré la voie à son véhicule et sont descendus pour lui présenter une convocation avant de lui demander de les suivre. Le prêtre a alors demandé à connaître le motif de sa convocation. Face au refus des policiers de lui donner une explication, il aurait alors refusé d’obtempérer. Les deux policiers ont alors appelé du renfort.

Version du père Balla

La version du père Jean Baptiste Noah Balla sur l’origine de ses ennuis avec la police est rapportée par le journaliste camerounais Jean Claude Biyo’o sur son blog. Selon lui, la genèse du problème remonte au mois de juillet. Le prêtre raconte au journaliste être allé dire la messe au domicile d’un membre du gouvernement camerounais. « Sur l’avis de recherche qui m’a été présenté par les policiers, je me suis reconnu, tel que j’étais habillé ce jour-là », avance-t-il.

Ce « membre de gouvernement », qu’accuse le prêtre, c’est Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé des missions à la présidence de la République, catholique pratiquant et membre influent du Conseil pour les affaires économiques du diocèse de Yaoundé.

Version de Philippe Mbarga Mboa

Joint par La Croix Africa, il rectifie. « Il n’est pas exact de dire que j’ai demandé à la police camerounaise d’arrêter qui que ce soit. Cela n’est pas possible au Cameroun. Ce que je sais, c’est que ce monsieur, qui est effectivement un prêtre catholique romain, s’est immiscé dans ma famille. Il a amadoué mon épouse et ma fille et m’a publiquement accusé devant témoins d’être un sorcier. Une accusation grave, qui est en fait de la diffamation. Je suis chrétien catholique pratiquant connu de tous. J’ai régulièrement porté plainte et il a disparu. Et je viens d’apprendre que la police l’a interpellé. Et cette interpellation se serait mal passée pour lui. Voilà la vérité. »

Pour l’heure, les supérieurs camerounais de la congrégation des lazaristes dont est membre le père Jean Baptiste Noah Balla n’ont pas souhaité réagir, « par souci d’apaisement ».

La Croix-com par Jean François Channon Denwo (à Yaoundé),

Crise anglophone au Cameroun : ouverture du dialogue national lundi

septembre 28, 2019

 

Le président camerounais Paul Biya. © Flickr 

Le dialogue se tiendra à partir du 30 septembre prochain entre Yaoundé et les séparatistes. Plusieurs leaders des régions anglophones ont toutefois refusé d’y participer.

Après avoir fait preuve d’intransigeance, le président Biya a convoqué mi-septembre un « Grand dialogue national » à Yaoundé. Ce dialogue, présidé à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, a pour ambition de mettre un terme à la crise qui sévit dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où vit la plus grande partie de la minorité anglophone du Cameroun (16%).

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme alors que d’autres réclament la partition du pays. Deux hypothèses que refuse le pouvoir.

D’après le porte-parole du dialogue national, Georges Ewane, les autorités ont eu des échanges avec certains séparatistes. Si elles ont décelé chez certains une disponibilité à discuter et chez d’autres moins d’ouverture, elles ont tenu à adresser des invitations à tous, selon Georges Ewane.

Boycott

Très actif sur les réseaux sociaux, Mark Bareta, partisan de la sécession, est présenté par Yaoundé comme celui qui a montré le plus d’ouverture. C’est d’ailleurs par son truchement que certaines invitations ont été adressés aux séparatistes, d’après Georges Ewane.

Mais Mark Bareta a annoncé vendredi ne pas participer à ce dialogue, affirmant que « la seule façon de mener de véritables négociations était de le faire sur un terrain neutre ».

Parmi les seize leaders séparatistes anglophones conviés au dialogue, des éminents chefs de groupes armés, comme Ebenezer Akwanga et Cho Ayaba, ont annoncé leur refus d’y participer.

Avec ce dialogue, le Cameroun veut jeter « de la poudre aux yeux de la communauté internationale plutôt que de trouver une solution complète et durable à la raison pour laquelle nous sommes en guerre: l’annexion de notre patrie, Southern Cameroons », a déclaré Ebenezer Akwanga.

La plupart de ces leaders ont réaffirmé leur volonté de discuter avec le gouvernement, mais demandent que les négociations se déroulent en présence d’un médiateur international, à l’étranger, et que les termes de la séparation soit le principal point à l’ordre du jour.

L’annonce de ce dialogue a toutefois suscité l’espoir d’anglophones plus modérés, comme l’influent archevêque de Douala, le cardinal Christian Tumi, qui avait salué l’initiative et supplié les séparatistes d’y participer.

« Un jeu »

L’option d’une participation des groupes armés actifs sur le terrain en zones anglophones « a été émise par des chefs traditionnels mais elle ne pourrait pas prospérer pour des raisons d’ordre pratique », explique une autorité du Sud-Ouest sous couvert d’anonymat.

Elle invite pourtant les combattants séparatistes à sortir « des bois », et assure que « des mesures (ont été) prises pour la sécurité de ceux qui souhaitent y participer », avec notamment l’installation d’un site pour des communications à distance. « On ne dialogue pas avec des fantômes ».

Les populations anglophones sont partagées : certaines espèrent que le dialogue débouchera sur la résolution de la crise. D’autres n’en attendent pas grand-chose.

« Rien de bon ne peut sortir du dialogue. C’est un jeu », lance un partisan de la sécession établi à Buea. « Si nous devions aller à un dialogue, ce serait pour discuter des conditions de séparation, pas d’autre chose », précise-t-il.

Par Jeune Afrique avec AFP

Cameroun : l’ancien Premier ministre Sadou Hayatou est décédé à Genève

août 2, 2019

La présidence camerounaise, à Yaoundé (illustration). © Renaud VAN DER MEEREN

 

Sadou Hayatoun qui fut un collaborateur des présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya – dont il fut le Premier ministre – s’est éteint ce 1er août en Suisse, à l’âge de 77 ans.

C’était l’une des plus anciennes figures de l’administration camerounaise. Sadou Hayatou, 77 ans, est décédé ce jeudi 1er août en Suisse, après y avoir séjourné pendant plusieurs mois. Celui qui fut Premier ministre d’avril 1991 à avril 1992 s’était complètement retiré de la vie publique pour se réfugier à Genève, non loin de la clinique Genolier, où il était soigné.

Fils d’une puissante famille ayant à sa tête l’ancien lamido de Garoua Amadou Hayatou (1952-2000), Sadou hayatou avait su se faire un prénom. Après des études à l’université de Toulouse et à l’Institut des hautes études d’outre-mer à Paris, il réussira à gravir tous les échelons administratifs, de directeur adjoint du chargé des produits de base au ministère du Développement industriel, dès son retour au Cameroun en 1967, avant de se voir confier plusieurs portefeuilles ministériels pendant les années 1980.

La confiance de Biya

Si, après l’épisode de la tentative de coup d’État perpétrée contre Paul Biya, en 1984, de nombreux ressortissants du grand-nord furent indexés comme étant les commanditaires présumés et expulsés de la haute administration, Sadou Hayatou, natif de Garoua, dans la région du Nord, s’en tirera au contraire renforcé dans ses fonctions. Il sera d’ailleurs nommé à des postes sensibles, dont celui du ministère des Finances, en 1987.

Il est ensuite devenu secrétaire général de la présidence de la République en 1990, avant d’être nommé Premier ministre en 1991. Signe de la pleine confiance que le nouveau président lui accorde alors, il sera de nouveau désigné pour mener les négociations entre le pouvoir et l’opposition, lors de la vague de protestation marquée par les opérations « ville morte » des années 1990. La tripartite qui en a découlé donnera naissance à la Constitution de 1996, toujours en vigueur à ce jour.

Jeuneafrique.com par Franck Foute

Crise anglophone au Cameroun : le cardinal Christian Tumi se confie à Jeune Afrique

juillet 14, 2019

Le cardinal Christian Tumi, à Douala. © Max Mbakop pour JA

 

Le cardinal Christian Tumi tente depuis des mois d’organiser une conférence générale des anglophones pour mettre un terme à la crise qui secoue le Cameroun depuis plus de deux ans. Malgré la méfiance du président Paul Biya, il reste déterminé à mener à bien la mission qu’il s’est assignée.

C’est peut-être le dernier combat de sa vie. Âgé de 88 ans, le cardinal Christian Tumi s’est assigné la mission de ramener la paix au Cameroun anglophone. Il veut organiser une réunion consultative pour savoir ce que veulent les anglophones. Un défi difficile à relever d’autant que le gouvernement n’est pas favorable à cette initiative.

Le président Paul Biya se méfie de ce prélat dont les opinions tranchées ont souvent critiqué la gouvernance et tancé la longévité du chef de l’État au pouvoir. Les séparatistes ne veulent pas non plus en entendre parler. À leurs yeux, le fédéralisme dont Tumi est un adepte est une fausse bonne idée. L’homme de foi se retrouve ainsi pris entre deux camps antagonistes qui ont choisi l’escalade. « Nous n’avons pas renoncé », certifie-t-il dans son interview à Jeune Afrique.

Crise sociopolitique

Pendant ce temps, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des affrontements opposent les militaires aux bandes armées séparatistes. Plus de 1 800 civils et combattants anglophones ont été tués en plus de deux ans de conflit, tandis que 302 militaires et forces de l’ordre y ont perdu la vie. Plus de 560 000 personnes ont dû se réfugier au Nigeria voisin ou se déplacer dans d’autres régions du pays.

Dans cette interview, le cardinal Tumi se prononce également sur les autres médiations qui tentent de stopper la spirale meurtrière. Il parle également de la crise sociopolitique consécutive à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, du sort des prisonniers de l’opération anticorruption Épervier et de la modernisation du Cameroun avec ou sans… Paul Biya.

Par Jeune Afrique

CAN : quand les Lions indomptables refusent d’embarquer pour l’Égypte

juin 22, 2019

Match Brésil/Cameroun, le 20 novembre 2018 © Frank Augstein/AP/SIPA 

À moins d’une semaine de son premier match, l’équipe camerounaise et le ministère des Sports ont négocié ferme autour du montant de la prime individuelle de participation à la phase finale de la CAN, repoussant au 21 juin le départ des footballeurs pour l’Égypte, initialement prévu la veille.

Après des stages à Madrid (Espagne) et Doha (Qatar), les Lions indomptables étaient de retour au Cameroun pour saluer leurs supporters. Et pour discuter, menaces de grève à l’appui, du montant de la prime individuelle de participation à la phase finale de la CAN. Une réunion s’est tenue dans la nuit du 20 au 21 juin au cabinet du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. Celui-ci était entouré de plusieurs joueurs dont Carlos Kameni, Eric-Maxim Choupo-Moting et Fabrice Ondoa, du président de la fédération, Seidou Mbombo Njoya ou encore de Clarence Seedorf, le sélectionneur néerlandais.

Le gouvernement proposait 20 millions de FCFA (30 500 euros), les joueurs voulaient le double. Mais les internationaux, qui ont décidé de décliner la dernière proposition qui leur a été faite, (5 millions de francs CFA), ont cependant décidé de mettre fin aux négociations et de monter dans leur avion pour rejoindre l’Égypte.

Crises récurrentes

Mais ceux-ci n’ont pas hésité à adresser une lettre aux médias, où ils ont pris soin de détailler tous les petits (ou gros) soucis rencontrés depuis le début de la préparation. Ils ont ainsi précisé que certains d’entre eux ont payé de leur poche, en totalité ou en partie, les billets d’avion pour rejoindre Madrid, que les primes prévues lors des stages n’avaient pas été payées, où encore que celles de TOP Sponsor tombent de manière très irrégulière.

Ce n’est pas la première crise qui oppose ainsi joueurs et administration camerounaise. À l’issue d’une de ces périodes de tension, un décret du président de la République, daté du 26 septembre 2014, imposait d’arrêter le montant des primes trois mois avant le coup d’envoi d’une CAN. Les Lions, dans leur courrier aux médias, déplorent que ce décret n’ait pas été appliqué pour la CAN 2019.

En revanche, les Camerounais n’encourent aucune sanction de la Confédération africaine de football (CAF) du fait de leur arrivée retardée en Égypte. « Le règlement stipule que les sélections sont tenues d’arriver au plus tôt cinq jours avant leur premier match », a expliqué à Jeune Afrique Constant Omari, le vice-président de l’instance. Or, celui des Lions indomptables contre la Guinée-Bissau est programmé au 25 juin.

Jeuneafrique.com par Alexis Billebaut et Franck Foute