Posts Tagged ‘Camionneurs’

Canada: Trudeau n’envisage pas, pour l’instant, l’intervention des Forces armées à Ottawa

février 3, 2022
Une photo de Justin Trudeau, le regard vif.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, refuse de faire appel à l’armée pour mettre fin à la manifestation de camionneurs (archives). Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le gouvernement exclut de faire appel aux Forces armées canadiennes pour mettre fin à la manifestation des camionneurs.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un point de presse jeudi après-midi : nous savons que les forces policières, que ce soit la police d’Ottawa ou à la GRC, qu’il y a des ressources ici et là pour régler la situation.

Interrogé sur ce conflit qui perdure depuis maintenant une semaine, le premier ministre a ajouté que le gouvernement fédéral est prêt à répondre aux demandes.

« Mais pour l’instant, ce n‘est pas quelque chose qu’on est en train de regarder, d’envoyer les Forces armées contre les citoyens canadiens. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre soutient suivre la situation de très près. Son bureau, affirme-t-il, est en communication régulière avec celui du maire [d’Ottawa]. Il répète : Je l’ai dit clairement il y a plusieurs jours qu’il est temps que les manifestants rentrent chez eux. Il dénonce cette situation, qui est en train de déranger les gens qui vivent dans la communauté… les gens qui subissent des menaces de violence et des propos et des symboles haineux. C’est inacceptable. Le premier ministre conclut : nous savons que les forces policières doivent faire leur job pour régler la situation.

Les camionneurs doivent rencontrer la presse jeudi après-midi pour faire le point sur leur mouvement de contestation. C’est la première fois que les organisateurs de la manifestation convoquent la presse depuis leur arrivée sur la colline du Parlement, il y a une semaine.

Avec Radio-Canada

Canada: Un premier convoi de camionneurs arrive à Québec

février 3, 2022
Des voitures et des picks aux abords de la colline Parlementaire à Québec. Des policiers sont présents sur le trottoir.

Le convoi de manifestants est arrivé en début de soirée jeudi aux abords de la colline Parlementaire à Québec. Photo : Radio-Canada/Pierre-Alexandre Bolduc

Un premier convoi de camionneurs opposés aux mesures sanitaires est arrivé à Québec, jeudi soir, en prévision de la manifestation prévue pour samedi aux abords de l’Assemblée nationale.

Parti de Sept-Îles, sur la Côte-Nord, en matinée, le convoi composé d’une centaine de véhicules a rejoint le secteur de la colline Parlementaire vers 18 h 30.

Après des arrêts successifs à Port-Cartier, Baie-Comeau, Forestville et Saguenay, les manifestants avaient fait escale à Stoneham-et-Tewkesbury, près de Québec, vers 17 h.Début du widget . Passer le widget?

19h15, les poids lourds sont arrivés au pied de l’Assemblée Nationale. Ils avaient un comité d’accueil ; des manifestants et beaucoup de policiers #rcqc pic.twitter.com/e7zJPlPOhn— Pierre-Alexandre Bolduc (@p_abolduc) February 4, 2022

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Sur place, ils ont été accueillis par des supporteurs du mouvement de contestation. Certains sont eux-mêmes des camionneurs, alors que d’autres veulent tout simplement exprimer leur ras-le-bol face aux mesures sanitaires.

On est tannés. On n’est pas [des] antivax […] Moi, je suis doublement vacciné […] Je travaille dans la restauration. Ça fait quatre fois qu’on est fermé en deux ans. Je pense qu’il est peut-être temps qu’on parte vers l’avant, a confié l’un d’eux en entrevue à Radio-Canada.

On ne peut plus rien faire

[On est ici] pour venir appuyer tout le monde. On est tous tannés […] Moi, je ne suis pas un antivaccin, je suis juste un non-vacciné. Tsé, je respecte les gens, mais il faut que les gens, aussi, nous respectent. Là, on ne peut plus rien faire, a renchéri un autre.Des camions à benne dans le stationnement d'une halte routière en hiver.

Le convoi a fait escale à Stoneham-et-Tewkesbury vers 17 h avant de prendre la direction du centre-ville de Québec. Photo : Radio-Canada

Les policiers comptent s’assurer que les camions n’empêchent pas les véhicules d’urgence de circuler. Les participants à la manifestation seront invités à stationner leur camion aux endroits déterminés par les forces de l’ordre.

Il est encore difficile d’évaluer le nombre de personnes qui répondront à l’invitation lancée par différents organisateurs, dont le syndicaliste Bernard Rambo Gauthier.

On ignore également si, à l’instar de ce qui s’est produit à Ottawa, des manifestants prévoient demeurer à Québec après la journée de samedi.Début du widget . Passer le widget?

(2/2) – intervenir et de rétablir la paix lorsque la violence éclate et que des lois sont enfreintes.— Service de police de la Ville de Québec (@SPVQ_police) February 3, 2022

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Des camionneurs en provenance du Bas-Saint-Laurent sont également attendus à Québec. Le gros du contingent devrait toutefois arriver samedi.

Il sera entre autres composé d’un convoi partant de la Beauce et piloté par Kevin Bilodeau, l’un des organisateurs du Festival gaulois, un événement contre les mesures sanitaires qui a eu lieu en août dernier.Des véhicules de police stationnés aux abords du parlement.

La surveillance policière a été renforcée dans le secteur de la colline Parlementaire. Photo: Radio-Canada/Hadi Hassin

Jammer Québec

Plus tôt cette semaine, il a annoncé son intention de jammer Québec. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux mercredi, il a demandé aux sympathisants de déplacer leurs poids lourds inutilisés devant l’édifice de l’Assemblée nationale.

Il va y avoir des vans, des trucks, des pickups, des autos. On va faire un convoi tout tissé serré, puis on va monter à Québec, a indiqué M. Bilodeau.Des camions-citernes stationnés devant la fontaine de Tourny.

Des camions-citernes de la Ville de Québec ont été stationnés sur l’avenue Honoré-Mercier pour bloquer l’accès au parlement. Photo: Radio-Canada/Hadi Hassin

Pendant ce temps, les forces policières poursuivent leurs préparatifs en vue de la manifestation prévue pour samedi.

Les mesures de sécurité aux abords de l’Assemblée nationale ont été renforcées. Des camions-citernes ont été déployés à certains endroits stratégiques afin de bloquer l’accès au parlement.

Des portions de la Grande-Allée et de l’avenue Honoré-Mercier avaient déjà été fermées à la circulation en prévision du Carnaval de Québec, qui débute vendredi.

La présence policière a été accrue au cours des dernières heures. De nombreux véhicules de la Sûreté du Québec et du Service de police de la Ville de Québec sont visibles dans le secteur de la colline Parlementaire.

Par Radio-Canada avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc, d’Hadi Hassin, de Pascal Poinlane et de Pascale Lacombe

Canada: « On restera aussi longtemps qu’il le faudra », disent les manifestants à Ottawa

février 2, 2022

Le centre-ville d’Ottawa est toujours occupé par des manifestants qui s’opposent aux mesures sanitaires, après six jours de mobilisation. Photo : Radio-Canada/Christian MiIette

Les organisateurs du « Freedom Convoy 2022 », ou « Convoi de la liberté », entendent poursuivre leur manifestation à Ottawa « aussi longtemps qu’il le faudra », soit d’ici jusqu’à ce que « les gouvernements à travers le Canada mettent fin à tous les mandats associés à la COVID-19 », écrivent-ils dans un communiqué de presse.

La manifestation, qui rassemble entre autres des camionneurs et des sympathisants opposés aux mesures sanitaires contre la COVID-19, prend place au centre-ville de la capitale fédérale depuis maintenant six jours.

Plus tôt cette semaine, le maire d’Ottawa, Jim Watson, et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, ont tous deux invité les manifestants à rentrer chez eux.

Chez plusieurs résidents d’Ottawa, la patience s’effrite face à la manifestation et un ras-le-bol se fait sentir, notamment en raison du bruit des klaxons, de fermetures causées par la mobilisation et du comportement de certains manifestants.

Dans leur communiqué de presse, les organisateurs du convoi disent regretter que les Ottaviens doivent subir des inconvénients en raison de la manifestation.

Notre message aux citoyens d’Ottawa en est un d’empathie. Nous comprenons votre frustration et nous aimerions sincèrement qu’il y ait une autre façon pour nous de faire passer notre message, dit Chris Barber, chef principal de convoi, dans le communiqué envoyé par les organisateurs de la manifestation.

La façon la plus rapide de nous sortir de la capitale nationale est d’appeler vos représentants élus et de mettre fin à tous les mandats [liées à la] C-19 (sic) , poursuit-il.Des barricades bloquent des intersections de la rue Wellington, en face du Parlement, à Ottawa.

Des intersections sur la rue Wellington, près du Parlement, à Ottawa, étaient toujours bloquées à la circulation au cinquième jour la manifestation mardi. Photo: Radio-Canada/Alexandre Behne

Au sixième jour de mobilisation, mercredi, plusieurs services et commerces étaient toujours fermés aux citoyens en raison de la manifestation.

Le Ottawa Board of Trade, l’organisme porte-voix des commerçants et des entreprises de la capitale fédérale, demande une résolution pacifique de la situation au centre-ville, par le biais d’un communiqué de presse publié mardi.

Le Ottawa Board of Trade demande au gouvernement du Canada, à la Ville d’Ottawa et aux manifestants qui occupent le centre-ville d’Ottawa de trouver immédiatement une solution pacifique; de mettre fin aux manifestations et de libérer les entreprises, les employés et les résidents qui ont subi des préjudices au cours des [cinq] derniers jours, a déclaré la présidente-directrice générale de l’organisme, Sueling Ching.

Le Service de police d’Ottawa prévoit faire le point au sujet de la mobilisation lors d’une conférence de presse virtuelle mercredi à 14 h.

Avec Radio-Canada

Canada-Manifestation à Ottawa : les autorités enquêtent sur une série de méfaits

janvier 30, 2022
Des manifestants assis sur un camion agitent un drapeau du Canada.

Les manifestants ont perturbé la circulation et commis des méfaits. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Après une nuit mouvementée à Ottawa, les autorités ont ouvert plusieurs enquêtes à la suite d’une série de méfaits perpétrés par des manifestants. Pendant ce temps, les rues du centre-ville sont toujours bondées et des élus réclament leur départ.

Le Service de police d’Ottawa a ouvert des enquêtes criminelles concernant des incidents survenus la nuit dernière.

Ces enquêtes sont liées à « l’appropriation » de la statue de Terry Fox et du Monument commémoratif de la guerre, où des manifestants ont dansé et stationné des véhicules samedi. Les manifestants auraient aussi intimidé et menacé des policiers et des employés municipaux, et ils auraient endommagé un véhicule appartenant à la Ville.

Tout comportement illégal ne sera pas toléré et fera l’objet d’une enquête complète, indiquent les autorités dans un message publié sur Twitter.

Des conseillers municipaux déplorent les gestes de certains manifestants et leur demandent de quitter les lieux.

J’aimerais voir un effort de la part des autorités pour contenir les manifestants et mettre un frein au mouvement.[…] Les citoyens sont en colère et les comportements des manifestants ne font qu’exacerber cette colère, a écrit Jeff Leiper, conseiller municipal d’Ottawa pour le quartier Kitchissippi, sur la même plateforme.

Les résidents du centre-ville en ont assez. Des klaxons, de la musique, des croix gammées, uriner et déféquer en public : j’ai demandé à la police d’Ottawa de disperser les manifestants qui sont sur la promenade de la Reine-Elizabeth et dans les zones résidentielles. Les citoyens méritent la paix, a ajouté Catherine McKenney, la personne élue dans Somerset.

L’arrivée d’autres convois est attendue dimanche.

Harcèlement dans un refuge pour sans-abri

Des manifestants s’en seraient pris aux employés et aux bénévoles d’un refuge pour sans-abri au centre-ville, samedi après-midi.

Les Bergers de l’Espoir, un refuge qui sert aussi des repas aux personnes démunies, aurait été victime de désinformation. L’adresse de cet organisme a été partagée par erreur sur les médias sociaux comme étant un endroit où les manifestants pourraient manger gratuitement, rapporte sa directrice des communications, Caroline Cox.Édifice de trois étages au centre-ville d'Ottawa l'hiver.

Le refuge des Bergers de l’Espoir d’Ottawa est situé au centre-ville d’Ottawa, près du parlement (archives). Photo: Radio-Canada/Brian Morris

Normalement, les repas sont offerts sans poser de questions, mais le personnel a commencé à remarquer qu’il y avait des visages qu’[on] ne connaît pas, raconte-t-elle.

Des membres du personnel ont rapporté avoir subi du harcèlement verbal. Ces employés et bénévoles ont donné des repas aux [manifestants], parce qu’ils ne voulaient pas de conflit, puis la direction a décidé de suspendre la distribution de ces repas, ajoute-t-elle.

Sans pouvoir chiffrer exactement le nombre de manifestants qui étaient présents, Caroline Cox estime qu’ils étaient relativement peu nombreux. Les opérations du refuge étaient déjà touchées par la présence de camions dans les rues, y compris sur l’accotement.

Rues et commerces fermés

Les autorités étaient encore bien présentes dans les rues dimanche matin. Des rues sont toujours bloquées à la circulation.

Tout près du parlement, le Centre Rideau a annoncé qu’il restera fermé pour une deuxième journée consécutive. Samedi, la présence de manifestants à l’intérieur du centre commercial a poussé la direction des lieux à décréter la fermeture des commerces, pour des raisons de sécurité.

Avec Radio-Canada

La vaccination est maintenant obligatoire pour les camionneurs qui entrent au Canada

janvier 15, 2022
Des camions attendent de franchir la frontière canadienne à Sarnia, en Ontario.

Depuis minuit samedi, les camionneurs qui franchissent la frontière canadienne doivent être entièrement vaccinés s’ils veulent éviter une quarantaine de deux semaines. Photo: AFP Via Getty Images/Geoff Robins

Depuis minuit samedi, les camionneurs qui franchissent la frontière canadienne doivent être entièrement vaccinés. Les camionneurs transfrontaliers canadiens qui ne le sont pas devront être placés en quarantaine, et les camionneurs américains pourront être refoulés avec leur cargaison.

L’industrie du camionnage estime que cette mesure mettra à l’écart environ 26 000 camionneurs, soit 15 % des effectifs – alors qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur.

L’impact le plus important devrait se faire sentir dans le panier d’épicerie, prévoient certains analystes. Le secteur agroalimentaire sera le plus touché par les retards de livraison dans de nombreuses épiceries.

C’est un poids de plus sur les chaînes d’approvisionnement qui sont déjà largement éprouvées, indique le professeur émérite à HEC Montréal, Jacques Nantel.

« C’est surtout dans le secteur alimentaire, notamment dans les produits frais [que] cela va avoir un impact [comme] sur les fruits et les légumes. »— Une citation de  Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

Les consommateurs doivent s’attendre à ce que les tablettes des supermarchés soient moins remplies, et que plusieurs produits coûtent plus cher.

Cette mesure crée un fardeau supplémentaire à toute la chaîne d’approvisionnement, mentionne Mélanie Parent, directrice générale de Transports Harold Carruthers inc. et Transport Lau-Ann. Il va y avoir des délais, le transport va en subir, et donc, les entreprises et par la suite, le consommateur, poursuit-elle.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, persiste et signe, et croit que la décision d’exiger des camionneurs transfrontaliers d’être entièrement vaccinés est nécessaire pour protéger la santé des Canadiens et des camionneurs eux-mêmes.

Mesure exagérée

Mais les camionneurs trouvent la mesure exagérée, parce qu’ils ne sont pas en contact étroit avec beaucoup de gens lorsqu’ils sont aux États-Unis, plaident-ils.

« Pourquoi est-ce que [durant] la première vague, les camionneurs étaient considérés comme des héros, et que là, avec la réalité qu’ils ont, isolés dans un habitacle, ils ne représentent pas de risque de contamination? »— Une citation de  André Durocher, responsable de la sécurité au groupe Trans-West

Alors pourquoi à ce moment-là faire une mesure qui vient pénaliser non seulement l’industrie du camionnage, mais aussi les consommateurs et la population? se demande encore M. Durocher, qui rappelle que les camionneurs ne sont pas moins nombreux que la population générale à être vaccinés contre la COVID-19.

Plus tôt cette semaine, le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) avait indiqué que cette nouvelle exigence aura des répercussions dans la province, puisque ce refus d’entrée au pays représentera entre 12 000 et 16 000 camionneurs de moins sur la route, alors que l’industrie est déjà aux prises avec une grave pénurie de camionneurs.

Environ 26 000 des 160 000 conducteurs qui effectuent régulièrement des trajets transfrontaliers seront mis à l’écart en raison de l’obligation vaccinale, a prévenu l’Alliance canadienne du camionnage et l’American Trucking Association, qui croit aussi que cela entraînera des hausses de prix des marchandises, comme la nourriture ou les appareils médicaux.

Restrictions imposées par les États-Unis le 22 janvier

Les États-Unis se préparent à imposer des restrictions similaires aux camionneurs canadiens dès le 22 janvier.

Soulignons qu’il y a eu une certaine confusion cette semaine entourant la vaccination obligatoire des camionneurs qui entrent au Canada, pour éviter la quarantaine, lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a annoncé mercredi le report de la mesure.

Ottawa a fait marche arrière dès le lendemain, précisant que la règle entrerait bel et bien en vigueur à compter de ce samedi, comme annoncé en novembre dernier.

Par Radio-Canada avec des informations de Jérôme Bergeron et de La Presse canadienne