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Côte d’Ivoire: 3 mois après la chute, le camp Gbagbo sans chef ni boussole

juillet 12, 2011

Un mentor en résidence surveillée, des cadres aux arrêts ou en exil, un parti qui se déchire: le camp de l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est sans chef ni boussole trois mois après la crise post-électorale qui a signé la fin de son règne.

Après une décennie de pouvoir et la bataille d`Abidjan qui a conduit à l`arrestation de M. Gbagbo le 11 avril, une image résume la situation de son camp: celle du siège de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), dont il ne reste presque que les murs à la suite des pillages commis durant les combats.

Mais pour le FPI les dégâts sont bien plus considérables, à l`issue de la crise née du refus de son chef de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts.

Dernier coup dur: Mamadou Koulibaly, chef par intérim du FPI, a claqué lundi la porte d`un parti jugé « réfractaire au changement » et annoncé la création d`une formation baptisée Liberté et démocratie pour la République (Lider).

Président de l`Assemblée nationale et personnalité atypique de son camp, M. Koulibaly pointe les divisions qui ont éclaté au grand jour.

« On s`est retrouvé avec trois FPI, dit-il à l`AFP: l`un, officiel, que j`étais censé représenter à Abidjan », et « deux officieux » dirigés par des exilés du FPI au Ghana et le porte-parole de l`ex-président, Justin Koné Katina, lui aussi à l`extérieur.

Au coeur des affrontements: le sort réservé à Laurent Gbagbo.

Un parti ne peut avoir « pour seul programme la libération d`un leader », fait valoir M. Koulibaly, soupçonné par ses adversaires de vouloir lâcher l`ancien chef d`Etat.

Sur décision du gouvernement du nouveau président Alassane Ouattara, M. Gbagbo est en résidence surveillée dans le nord du pays, de même que son épouse Simone et 13 proches, dont le président en titre du FPI, Pascal Affi N`Guessan.

La justice ivoirienne, qui poursuit ses enquêtes sur eux, a déjà inculpé 24 figures du régime déchu, incarcérées samedi à Boundiali (nord) pour atteinte à la sûreté de l`Etat ou détournement de fonds, et a imposé des gels d`avoirs à beaucoup d`autres.

« La libération des camarades constitue la priorité du parti », insiste Sylvain Miaka Ouretto, secrétaire général du FPI.

« Inventaire »

Mais c`est aussi « l`inventaire » que le chef des députés voulait dresser de la décennie Gbagbo, avant les législatives prévues en fin d`année, qui a causé le clash.

« Koulibaly avait amorcé une autocritique, mais les autres sont incapables de regarder en face leur responsabilité dans la crise post-électorale », tranche un familier de la scène ivoirienne.

« Gbagbo est le fétiche du FPI, y toucher c`est se faire hara-kiri », commente de son côté le politologue Dominique Ouya.

Pour l`ex-parti présidentiel, ses ténors et ses satellites, l`avenir n`a jamais été aussi sombre.

En première ligne durant la crise, Charles Blé Goudé, chef des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo accusés de nombreuses violences, fait l`objet d`un mandat d`arrêt international. Il tonne contre le « pouvoir dictatorial » de M. Ouattara, mais reste invisible.

Il se trouverait au Bénin ou au Ghana, un pays d`où nombre d`exilés guettent l`occasion de rentrer au bercail, à l`heure de la « réconciliation ».

Alors que la presse ivoirienne spécule sur de supposées velléités de coup d`Etat du camp des vaincus depuis Accra, les intéressés semblent essentiellement préoccupés de leur propre sort.

« Nous attendons du régime Ouattara une assurance sécuritaire qui tarde à venir », confie un exilé, qui promet: « un jour on s`assoira pour se dire la vérité ».

AFP

Destabilisation du régime Ouattara: Les barons du FPI en exil divisés

juin 21, 2011

Une opération de déstabilisation du nouveau régime est en cours dans les pays frontaliers et de la sous-région (Ghana-Bénin-Togo) où les pontes de l’ancien régime ont trouvé refuge après la chute de Laurent Gbagbo, le refondateur en chef.

Le dilemme des barons du régime déchu est cornélien. Faut-il oui ou non faire, maintenant, un putsch contre le régime de Ouattara? Sur la question, les avis sont partagés au sein des refondateurs qui ont trouvé refuge dans les pays de la sous-région (Ghana-Bénin-Togo) depuis la chute de l’ancien chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo.

Pour les tenants de la thèse du putsch, si l’opération est menée, maintenant, elle aura plus de succès, car l’armée fidèle au président Ouattara, qui a fait le coup de feu à Abidjan avec les forces de Laurent Gbagbo, n’est plus homogène. Les forces républicaines, selon eux, montrent un visage d’une armée désunie et minée en interne par des conflits entre les chefs de guerre qui se sont reparti les centres d’intérêts économiques d’Abidjan. Ils sont plutôt préoccupés à se mener une course à l’enrichissement. Pire, soutiennent-ils, ils ne maîtrisent plus leurs éléments à la limite devenus pour la plupart des crève-la-faim. De ce fait, ceux-ci sont plus préoccupés à faire du racket sur le terrain pour assurer leur pitance journalière. Mais, aussi et surtout, se convainquent-ils, la situation de cafouillage où tout le monde porte le treillis, est une aubaine pour que les hommes qui seront commis à la mission se fondent dans la masse afin de créer la chienlit.

Mais, de l’autre côté, les tenants de la thèse contraire sont sceptiques quant à la réussite d’une telle opération. La raison, leur mentor, Laurent Gbagbo, est en résidence surveillée à Korhogo, une ville contrôlée par les forces républicaines, et plusieurs cadres de leur formation politique sont aux mains des nouveaux hommes forts d’Abidjan. Ils estiment qu’au risque d’exposer la vie du ‘‘woody’’, il est bon et sage de surseoir à toute entreprise qui pourrait s’avérer une aventure périlleuse. Ils attirent l’attention de leurs camarades sur la réaction des forces internationales qui assurent la protection du chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Elles pourraient intervenir si son régime était attaqué.

Toutefois, l’idée fait son chemin. De bonnes sources, les refondateurs ont eu le temps de planquer beaucoup d’argent qu’ils pourraient utiliser pour cette opération. Ainsi, entre 2009-2010, ce sont plus de six milliards de Fcfa qui ont été domiciliés dans des banques gambiennes. Et ces fonds, les déposants peuvent à tout moment en disposer. Une Ong française qui œuvre dans le domaine de la prévention des conflits en Afrique (nous taisons volontairement le nom), revenue d’une mission au Ghana, au Bénin, au Togo et en Angola, selon nos sources, ont corroboré la thèse selon laquelle les hommes de Laurent Gbagbo s’apprêtent à frapper le nouveau régime.

Pour ce faire, selon leurs investigations, les refondateurs exilés ont passé un contrat avec une entreprise privée suisse pour former les déserteurs de l’armée ivoirienne, qui ont trouvé gîte et couverts dans ces pays, sur une période de six semaines avant qu’ils n’entrent en action.

L’Expression K. Marras. D