Posts Tagged ‘Campagne présidentielle’

Au Zimbabwe, le rêve enfin exaucé d’une campagne électorale sans violence

juillet 22, 2018

Des participants à un meeting de l’opposant Nelson Chamisa, candidat à la présidentielle zimbabwéenne du 30 juillet, le 21 juillet à Bulawayo, dans le sud du pays. © ZINYANGE AUNTONY / AFP

 

Michelle Nyakudya écoute attentivement le discours d’un candidat de l’opposition à la députation au Zimbabwe. Elle se pince encore pour y croire, mais les faits sont là.

Cette mère de famille s’apprête à voter dans un climat politique apaisé, sans menaces ni violences. Du jamais vu pour cette trentenaire.

Dans son village de Domboshawa, au nord d’Harare, l’opposition règne en maître, pourtant la sérénité prévaut à l’approche des élections générales du 30 juillet, les premières depuis la chute en novembre du président Robert Mugabe.

« Je peux dire que cette campagne électorale est différente », dit Michelle, « les précédentes étaient très violentes mais cette année c’est plutôt calme, nous ne sommes plus forcés de faire quoi que ce soit ».

« C’est une bonne année, les gens sont libres de dire ce qu’ils pensent », constate elle aussi Rabina Madziva, au chômage.

Crainte de fraude

Mais elle reste prudente. « Avec la politique, on ne sait jamais ce qui peut se passer après le vote », ajoute-t-elle, « j’espère qu’il n’y aura pas de fraude ».

Sous le long règne de Robert Mugabe, fraudes, intimidations et violences électorales ont été la règle. Les nervis du président n’ont pas hésité à rosser, torturer voire supprimer les partisans de l’opposition pour lui assurer la victoire.

En 2008, ces brutalités ont atteint un tel niveau qu’elles ont convaincu le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) Morgan Tsvangirai de renoncer au second tour de la présidentielle. Il était pourtant arrivé en tête du premier.

Finalement lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF, le « camarade Bob », 94 printemps aujourd’hui, a été contraint de rendre les clés du pays en novembre, après trente-sept ans de règne.

Son successeur Emmerson Mnangagwa, longtemps un proche de l’ancien maître du pays, n’a cessé depuis de promettre que les premières élections générales sans Robert Mugabe seraient « libres, transparentes et honnêtes ».

‘Nouvelle culture’

Son passé d’exécuteur des basses besognes répressives de l’ancien régime en a fait douter plus d’un.

Mais finalement, hormis la tentative d’assassinat – attribuée à une faction de son propre parti – qui a visé en juin le chef de l’Etat lors d’une réunion publique à Bulawayo (sud), les incidents sérieux ont été rares pendant la campagne.

Tout le monde est libre de faire campagne pour qui il veut

« Je pense que le départ de Mugabe a promu une nouvelle culture dans le pays », se félicite Handsome Madziva, 53 ans, un paysan de Nyahukwe, un village à quelque 200 km au sud-est de Domboshawa.

Là aussi, la campagne électorale a été sereine. « C’est la plus pacifique que j’ai connue », se réjouit, incrédule, Patrick Makonde, un électeur de 59 ans qui a participé à tous les scrutins organisés depuis l’indépendance de son pays en 1980.

« Personne n’a été frappé. Tout le monde est libre de faire campagne pour qui il veut », poursuit le grand-père, partisan depuis toujours de la Zanu-PF. « Les jeunes soutiennent leurs partis (d’opposition) et nous, nous gardons notre confiance à celui que nous défendons depuis toujours ».

Jusque-là sans incident majeur. Alors Patrick Makonde espère enfin vivre le 30 juillet sa première élection « normale ».

Influents chefs traditionnels

Illustration de ce changement d’ambiance, les réunions électorales du MDC ont attiré des foules sans précédent, même dans les bastions ruraux traditionnels de la Zanu-PF.

Longtemps considérés comme les agents électoraux les plus efficaces du parti au pouvoir, les très influents chefs traditionnels ont, eux, été priés par la justice de se tenir à bonne distance des opérations électorales.

Malgré l’amélioration générale du climat politique, les tentatives d’intimidation ou de pressions en faveur de la Zanu-PF n’ont pas disparu, relèvent les ONG.

Les intimidations restent répandues et en hausse », affirme l’ONG WTPZ

L’une d’elles, « Nous le peuple du Zimbabwe » (WTPZ), affirme avoir recensé 249 cas de menaces en juin dans le pays. « Les intimidations restent répandues et en hausse », affirme-t-elle dans un rapport en date du 9 juillet.

Le responsable régional de Human Rights Watch (HRW) Dewa Mavhinga doute, lui, de la conversion des chefs locaux du parti au pouvoir aux consignes de modération de leur état-major.

« Mnangagwa prêche la paix pour profiter de la légitimité du scrutin mais ceux qui sont au bas de la hiérarchie de la Zanu-PF sont fébriles », s’inquiète M. Mavhinga, « le recours à la violence reste inscrit dans leurs gènes ».

Pas de quoi toutefois inquiéter Joshua Mvere. « J’étais jeune en 2008 mais je me souviens que l’élection a été terrible », dit ce jeune marié de 22 ans, « mais aujourd’hui nous faisons campagne comme des gens civilisés ».

Et même s’il a longtemps hésité, c’est sûr, le 30 juillet il ira voter pour la première fois.

Jeuneafrique.com avec AFP

Colombie: trois fausses informations virales de la campagne présidentielle

juin 17, 2018

Un homme tient un bulletin de vote lors du second tour de la présidentielle en Colombie, le 17 juin 2018 / © AFP / LUIS ROBAYO

La Colombie n’a pas échappé aux fausses informations pendant la campagne de la présidentielle, qui décide dimanche du retour de la droite dure ou de l’élection du premier président de gauche de ce pays.

Voici les trois mensonges qui se sont le plus propagés sur les réseaux sociaux avant ce second tour entre Ivan Duque, ex-sénateur de droite, et Gustavo Petro, ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout.

– Mensonge n°1: « Si Duque gagne, la Farc relance la guerre »

L’avenir de l’accord de paix signé en novembre 2016 par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le président sortant Juan Manuel Santos a été au cœur de la campagne.

Duque, dauphin de l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), a été l’opposant le plus radical à ce pacte, qui a permis le désarmement de 7.000 guérilleros et la reconversion de la rébellion dans la politique légale.

Le site Tiempo 12 a publié un extrait d’une interview de Rodrigo Londoño, plus connu par le pseudonyme Timochenko, chef de l’ex-guérilla et du désormais parti Force alternative révolutionnaire commune (Farc), réalisée par France 24.

Sous le titre « Menace! Timochenko: si Duque gagne, nous retournons à la guerre! », l’article cite Londoño, affirmant que « dans la dernière étape du gouvernement Santos le processus de paix est en danger ».

Il n’incluait pas la vidéo originale de l’entretien et utilisait partiellement la déclaration de l’ancien chef rebelle, hors contexte. Quand Alvaro Sierra, directeur de France 24 Espagnol, lui demande si le processus de paix serait en danger en cas de victoire de la droite, Londoño répond:

« Si la société colombienne, les secteurs colombiens et la communauté internationale ne s’unissent pas pour accompagner ce processus, je ne veux pas dire que nous allons à nouveau vers la guerre, mais oui, cela peut semer les graines d’un nouveau conflit en Colombie. Nous, nous l’avons dit, l’avons signé et le respecterons: il n’y a pas de marche arrière ».

Le candidat de droite à la présidentielle colombienne, Ivan Duque à Bogota, le 17 juin 2018 / © AFP / Raul Arboleda

Londoño a démenti l’article de Tiempo 12 sur Twitter, ajoutant: « Notre engagement avec la Paix est inébranlable ».

– Mensonge n°2: Petro dit vouloir reproduire le modèle vénézuélien

Les réseaux sociaux sont pleins de messages accusant Petro d’être « castrochaviste » et de défendre un programme qui conduirait la Colombie vers une crise similaire à la faillite vénézuélienne.

Son passé d’ex-guérillero du M-19 est souvent rappelé, comme le fait qu’il ait accueilli Hugo Chavez en 1994, quatre ans avant son élection à la présidence du pays voisin.

De faux tweets ont été reproduits par des personnalités aussi populaires qu’Alvaro Uribe, suivi par cinq millions d’abonnés.

« Mon plus grand souhait est d’arriver au pouvoir pour continuer l’héritage de Bolivar, de Hugo Chavez », a été l’un des messages retweetés depuis un faux compte de Petro.

Un photomontage montrant des leaders de la Farc portant des T-shirts avec le slogan « Petro président » et le logo de son mouvement Colombie Humaine a également été diffusé.

L’image, tweetée par le sénateur uribiste Alfredo Rangel avec la phrase « La direction des Farc avec Petro. Le castrochavisme s’unit », a en fait été prise pendant la dernière Conférence guérillera en septembre 2016, avant la signature de la paix. Sur la photo originale, les chefs rebelles portent un T-shirt différent. Le sénateur a supprimé son tweet.

Le cnadidat à la présidentielle colombienne Gustavo Petro (c) à Bogota, le 15 juin 2018 / © AFP/Archives / Raul ARBOLEDA

Petro, qui s’est distancié du successeur de Chavez, Nicolas Maduro, s’est défendu en disant que « le castrochavisme » n’existe pas et que le projet politique du M-19 était libéral et démocratique.

Il a écarté l’instauration du socialisme en Colombie, assuré qu’il privilégierait l’agriculture sur l’exploitation pétrolière. Avant le second tour, il a renoncé à l’idée de convoquer une Assemblée constituante.

– Mensonges n°3: de supposés exemples de fraude électorale

A l’issue du premier tour du 27 mai, où Duque a obtenu 39% des voix et Petro 25%, le hashtag #FraudeElectoral est apparu sur les réseaux, dénonçant une manipulation des formulaires de comptage.

Les images reprises de la page du Registre électoral montraient des modifications favorisant certains candidats, en particulier Duque.

Des vidéos manipulées, des audios anonymes et des mêmes affirmaient que la Mission d’observation électorale (MOE) indépendante confirmait la fraude.

Quatre jours plus tard, la MOE a précisé qu’il y avait eu des anomalies pour 363 formulaires sur un échantillon de 13.135 bureaux de vote, soit 2,8%.

Le Conseil national électoral (CNE), qui a reçu des plaintes de l’équipe de campagne de Petro, a précisé le 8 juin qu’elles concernaient 495 votes, ce qui ne changeait pas significativement les résultats.

Le Registre électoral a procédé à un nouveau comptage, ajoutant 238 votes à Petro et en ôtant 257 à Duque.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juin 2018 17h58)

Sarkozy mis en examen: retour sur un « Kadhafiasco »

mars 28, 2018

 

L’ancien président français, sur le plateau de la chaîne TF1, le 22 mars 2018 © Nicolas Messyasz/SIPA

Mis en examen le 21 mars, Nicolas Sarkozy nie farouchement avoir bénéficié des largesses du « Guide » libyen. Retour sur une idylle qui a tourné à l’aigre.

Nicolas Sarkozy a raison. Quand il dit « c’est la France, c’est la fonction de président de la République qui est en cause », il reconnaît – à son corps défendant – que sa mise en examen peut déclencher le plus gros scandale de la Ve République française. Le candidat Sarkozy a-t-il reçu plusieurs millions d’euros de Mouammar Kadhafi, l’ancien numéro un libyen, pour financer sa campagne victorieuse de janvier-mai 2007 ?

Ce 21 mars, après une garde à vue de près de quarante heures, le juge français Serge Tournaire a estimé qu’il disposait de suffisamment d’indices graves ou concordants pour mettre en examen l’ancien président français pour « corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens ».

Vous êtes mon ami et mon frère. Je vais vous aider

Sarkozy-Kadhafi, c’est Duel au soleil, le western de King Vidor : l’histoire d’un coup de foudre qui se termine par une lutte à mort. En octobre 2005, lors d’une première rencontre à Tripoli, les deux hommes voient tout de suite leur intérêt à bien s’entendre. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, révèle à son hôte qu’il va se présenter à la présidentielle de 2007. « Vous êtes mon ami et mon frère. Je vais vous aider », lui répond le « Guide ». Sans plus de précisions.

« Ce type est siphonné »

En juillet 2007, deux mois après son élection, Sarkozy – via son épouse de l’époque, Cécilia – réussit à convaincre Kadhafi de relâcher les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien arrêtés huit ans plus tôt à Benghazi. En décembre 2007, lors de sa fameuse visite officielle à Paris, le Libyen s’épanche : « Vous savez, mon frère Sarkozy, j’ai bien changé. J’ai fait beaucoup d’erreurs dans ma vie. J’ai été nationaliste, j’ai été socialiste, j’ai été terroriste. J’ai décidé d’en finir avec tout cela et de me tourner vers l’avenir. » Et Nicolas Sarkozy de répondre : « Excellence, vous avez eu le courage de faire ce geste de pénitence, c’est la voie de la sagesse. » Sortez les mouchoirs…

Avec Kadhafi, j’ai eu droit à un scandale par jour. Il nous a tout fait, c’était insupportable

Dès les mois suivants, les choses se gâtent. En avril 2008, le président français confie à son homologue égyptien, Hosni Moubarak, à propos de la visite de décembre : « Ce type [Kadhafi] est siphonné. Avec lui, j’ai eu droit à un scandale par jour. Il nous a tout fait, c’était insupportable. » Surtout, comme le révélera plus tard Béchir Saleh, le directeur de cabinet du « Guide », ce dernier ne respecte pas les promesses de contrat qu’il a faites à Sarkozy. Résultat, en mars 2011, lorsqu’il tente une dernière médiation à l’Élysée avant que l’aviation française frappe les colonnes blindées libyennes, Saleh pose une seule question à Sarkozy de la part de Kadhafi : « Pourquoi me fais-tu cela ? » Réponse du Français : « Parce que tu te moques de moi. »

Sept mois plus tard, le 20 octobre 2011, après le bombardement de son convoi par l’Otan, le leader de la Jamahiriya est capturé par des rebelles, près de Syrte. Est-il alors lynché par un simple milicien ou tué par un agent secret français ? Le mystère demeure. Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré la guerre à son ex-ami pour effacer toute trace des turpitudes passées ? L’accusation semble incroyable. Mais de tous les dirigeants de l’Otan qui ont fait la guerre à Kadhafi, Sarkozy a été celui qui, quelques années plus tôt, entretenait la relation la plus complice avec le dictateur libyen.

Pas de document ?

Risque-t-il un procès, voire la prison, pour financement illicite d’une campagne électorale par un régime étranger ? Attention, on n’en est pas là. « Chacun devrait être prudent, avertit l’intéressé. J’ai été mis en examen dans l’affaire Bettencourt [du nom de la milliardaire Liliane Bettencourt, soupçonnée un temps d’avoir financé la même campagne], puis j’ai eu un non-lieu. […] Mouammar Kadhafi avait l’habitude de tout enregistrer, de tout photographier. Il n’y a pas un document, pas une photo, pas un compte. Il n’y a pas le plus petit commencement d’une preuve. »

Pas de document ? En avril 2012, le site Mediapart a publié une lettre officielle libyenne attestant d’un accord de financement à hauteur de 50 millions d’euros – un document dont l’authenticité fait débat, il est vrai. Le juge s’appuie aussi sur une demi-douzaine de témoignages.

Dans ce thriller où certains témoins risquent toujours leur vie – Béchir Saleh a été blessé par balles le 23 février en Afrique du Sud –, le spectre de Mouammar Kadhafi hante la scène. Face à ce qu’il appelle « l’enfer de la calomnie », Nicolas Sarkozy trouve une nouvelle jeunesse et se bat comme un lion. Mais il joue très gros.

Jeuneafrique.com par

États-Unis: Un fils Trump admet avoir accepté l’aide de Moscou pour nuire à Clinton

juillet 11, 2017

Donald Trump Jr., le fils aîné de Donald Trump, le 17 avril 2017 à Washington, à la Maison Blanche / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le fils aîné du président américain Donald Trump a admis mardi avoir volontairement rencontré l’an dernier une avocate présentée comme émissaire du gouvernement russe, apparemment désireux de fournir au candidat républicain des informations compromettantes sur sa rivale présidentielle, Hillary Clinton.

La révélation de ce rendez-vous, qui a eu lieu en juin 2016, a renforcé les soupçons de collusion entre le premier cercle du président américain et le pouvoir russe, des accusations qui font déjà l’objet d’enquêtes du procureur spécial Robert Mueller et de plusieurs commissions du Congrès, mais que le milliardaire a toujours dénoncées comme une cabale.

Devançant leur divulgation imminente par le New York Times, Donald Trump Jr., 39 ans, a publié sur Twitter quatre pages de messages échangés en juin 2016 avec un intermédiaire britannique nommé Rob Goldstone, en contact avec des proches du pouvoir russe.

Rob Goldstone est un agent représentant le chanteur russe Emin Agalarov, dont la famille connaît bien celle de Donald Trump. Dans un email daté du 3 juin 2016, il informe le fils Trump que le procureur général de Russie (qu’il appelle, selon une formulation britannique, « procureur de la Couronne ») a proposé au père d’Emin Agalarov, Aras, de « donner à la campagne Trump des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie et qui seraient très utiles à votre père ».

« Ce sont évidemment des informations de très haut niveau et sensibles, mais qui font partie du soutien de la Russie et de son gouvernement pour M. Trump », écrit Rob Goldstone.

« Si c’est ce que vous dites, j’adore (l’idée), surtout plus tard cet été », a répondu Donald Jr. 17 minutes plus tard.

S’ensuivent des échanges pour tenter de caler d’abord une conversation téléphonique entre Emin Agalarov et Donald Jr., puis un rendez-vous, le 9 juin 2016 à la Trump Tower, avec une avocate russe venue de Moscou et présentée comme « avocate du gouvernement russe », Natalia Veselnitskaya. La rencontre a bien eu lieu à Manhattan, au 25e étage de l’immeuble, en compagnie du gendre du milliardaire, Jared Kushner, et de son directeur de campagne, Paul Manafort.

« La femme, comme elle l’a dit publiquement, n’était pas une responsable gouvernementale », a déclaré Donald Jr. dans un communiqué, ajoutant pour sa défense qu’elle n’avait finalement « pas d’information à donner » et voulait en réalité parler de la loi américaine Magnitski sanctionnant des Russes pour des violations de droits de l’homme.

« Mon fils est une personne de grande qualité et j’applaudis sa transparence », a ensuite déclaré le président Trump, dans un texte lu par sa porte-parole à la Maison Blanche.

– ‘Inacceptable’ –

Mais les messages ont immédiatement enflammé la capitale américaine. Au Capitole, le mot de trahison n’était plus tabou pour certains démocrates.

« Quand quelqu’un reçoit un message disant que le gouvernement russe veut aider faire élire son père, et qu’une avocate du gouvernement russe arrive de Moscou pour le voir, toute personne normale tirerait le signal d’alarme et appellerait les forces de l’ordre », a déclaré le sénateur démocrate Tim Kaine, ancien colistier d’Hillary Clinton.

Les parlementaires républicains ne pouvaient s’esquiver face à ces révélations, les premières qui établissent aussi clairement des contacts de nature politique entre la garde rapprochée de Donald Trump et des proches du pouvoir russe en pleine campagne présidentielle.

« C’est très problématique », a réagi le sénateur républicain Lindsey Graham. D’autres républicains confiaient dans les couloirs du Capitole qu’ils n’auraient jamais accepté une telle rencontre, tout en tâchant de minimiser le scandale.

Le fils Trump, qui codirige avec son frère le groupe familial et fut un conseiller omniprésent de son père lors de la campagne, devrait être appelé rapidement à s’expliquer sous serment devant le Congrès.

Signe du malaise, le vice-président Mike Pence a fait savoir qu’il ignorait tout de ces événements, n’ayant été nommé colistier que le 15 juillet 2016.

La rencontre a eu lieu à une époque où le grand public ignorait encore que le parti démocrate avait été piraté; les messages internes dérobés ne seront diffusés que plusieurs semaines plus tard. Le gouvernement américain attendra octobre avant de publiquement accuser la Russie de piratages.

L’avocate Natalia Veselnitskaya a elle-même dit, dans une interview à MSNBC, que le trio qu’elle a rencontré « voulait probablement de telles informations. Ils les voulaient vraiment », selon la traduction fournie par la chaîne.

L’ancien directeur de campagne d’Hillary Clinton, Robby Mook, a quant à lui posé la question qui devrait désormais être au centre des débats: « Que savait le président, et quand l’a-t-il appris ? ». Une question célèbre, passée à la postérité après avoir été posée par un sénateur en 1973 lors de l’enquête sur le scandale du Watergate, qui fit tomber le président Richard Nixon.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2017 21h22)                

France: Le ton monte entre Macron et Fillon

avril 1, 2017

Emmanuel Macron et François Fillon, avant le débat organisé par TF1, le 20 mars dernier.

Emmanuel Macron et François Fillon, avant le débat organisé par TF1, le 20 mars dernier. Crédits photo : POOL/REUTERS

 

Samedi, le candidat d’En Marche ! et celui de la droite se sont livrés à un duel à distance par-dessus la Méditerranée.

«Puisque Monsieur Macron a dit des choses désagréables ce matin, je l’invite à venir vous rencontrer: il verra que votre visage, c’est celui de la volonté, du courage, de l’enthousiasme, de la colère aussi parfois.» Pour répondre au candidat d’En Marche!, qui l’a accusé samedi matin depuis Marseille de porter «le masque de la haine», François Fillon a pris à témoin les 1500 supporters corses venus l’applaudir le soir à Sarrola-Carcopino, près d’Ajaccio. Toute la journée, le favori de la présidentielle et son challenger de droite se sont cherchés, et souvent trouvés.

» À Marseille, Macron charge le FN et répond aux attaques

Dès sa première étape sur l’île, à Biguglia, en Haute-Corse, chez son ami le député Sauveur Gandolfi-Scheit, François Fillon a dénoncé ce qu’il a appelé «la plus grande supercherie de l’histoire de la Ve République»: «Un candidat qui fait semblant d’être un dissident», qui prétend rassembler «l’ensemble des Français […] des anciens communistes jusqu’aux ultra libéraux». Il a appelé ses soutiens à se «révolter» et à déposer dans l’urne «un bulletin de combat contre un système qui a échoué et qui veut durer», grâce à une «cabale largement relayée par le système médiatique», à une «stratégie antidémocratique» visant à le contraindre à se retirer.

La réponse d’Emmanuel Macron est arrivée en début d’après-midi. Dès qu’il a mentionné «le candidat des Républicains», les 5000 personnes venues l’écouter au Parc Chanot, à Marseille, se sont mises à siffler. Il a arrêté les plus enflammés d’un martial: «Ne vous joignez pas à leur indécence, jamais!» La veille, à Toulon, Fillon avait abondamment fait huer son adversaire d’En Marche! L’auditoire, déchaîné, avait aussi organisé une bronca pendant l’intervention de Christian Estrosi. Le président de la région Paca s’est grillé auprès des fillonistes en tentant de persuader leur champion de se retirer, après sa mise en examen.

Macron, qui s’est fait un plaisir de rencontrer Estrosi avant son meeting, s’est servi de ces militants Républicains conspuant l’un des leurs pour lancer une diatribe contre son adversaire. «Il y a eu, je crois, peu de moments où le nom de ce parti a été si immérité par celui qui en porte les couleurs, a-t-il attaqué. Il n’a plus de programme alors il invective les autres ; il ne va plus à la rencontre des Français – il ne le peut plus – alors il se calfeutre avec camp ; il connaît l’indignité de par sa faute, alors il veut maintenant tous nous y plonger par ses attaques infâmes.»

«C’est un clan aux pratiques inacceptables, qui ne propose plus rien», a asséné l’ancien ministre de l’Économie en allusion au traitement infligé à Christian Estrosi, qu’il a fait applaudir en assurant: «Nous nous sommes opposés, nous avons des divergences, nous avons consommé des désaccords, mais c’est un républicain […] Alors oui, je vous le dis, hier soir, [les Républicains] ont montré un masque de haine et d’indignité!» Dans son élan, le candidat d’En Marche! a même accusé Fillon et ses soutiens d’avoir «décidé de tourner le dos à la République pour aller chérir et embrasser Sens Commun», émanation politique de la Manif pour tous. «Et bien honte à eux!», s’est-il exclamé, prédisant qu’ils «suivront cette route jusqu’au bout […] derrière le Front national.»

Il n’en fallait pas davantage pour que Fillon se déchaîne à son tour, le soir, en Corse , contre «Emmanuel Hollande ou François Macron, peu importe». «Nos compatriotes se moquent de ce bal masqué politique. Ils savent bien que sous un pIavillon de complaisance différent c’est bien la même marchandise frelatée qui se trouve dans les cales», a-t-il assuré, avant de demander: «Ne vous laissez pas imposer un scénario écrit d’avance par les plumitifs du pouvoir socialiste qui vous disent: «Après le monarque, c’est le tour du petit prince.»

Contexte oblige, Fillon a ironisé sur ceux qui «dépeignent monsieur Macron en nouveau Bonaparte». «Excusez du peu, alors que la seule campagne menée jusqu’à présent par l’intéressé est celle des débauchages politiques que l’on nous présente comme le comble du renouveau», a-t-il conclu. Le public était hilare, même s’il ignorait que la comparaison avait été vraiment tentée. À vingt-deux jours du premier tour, tous les moyens sont bons pour fouetter les ardeurs des troupes.

Lefigaro.fr par Judith Waintraub , Arthur Berdah envoyés spéciaux en Corse et à Marseille

France: Manuel Valls ne parrainera pas Benoît Hamon

mars 14, 2017

L’ancien premier ministre, qui a démenti un soutien à Emmanuel Macron, réunit ses proches à l’Assemblée ce soir.

Manuel Valls à Boisseul, le 18 janvier.

Manuel Valls à Boisseul, le 18 janvier. PASCAL LACHENAUD / AFP
Quelle place pour Manuel Valls dans la campagne présidentielle ? L’ancien premier ministre, discret depuis sa défaite face à Benoît Hamon lors de la primaire à gauche, fait quelques signes.

« Je ne peux pas apporter mon parrainage à Benoît Hamon », a-t-il déclaré à Paris-Match dans un article paru mardi 14 mars. Dans le même temps, l’ex-chef du gouvernement a dû démentir un soutien à Emmanuel Macron, annoncé par Le Parisien. Deux éléments qui sont symptomatiques des hésitations que connaissent M. Valls et ses fidèles, divisés par la question d’un possible soutien à l’ancien ministre de l’économie.

Mardi soir, l’ex-chef du gouvernement doit réunir ses proches à l’Assemblée. Il va « nous dire comment il voit l’actualité, le contexte politique, mais aussi comment il voit le futur, bien au-delà de la présidentielle, et nous verrons ensemble ce qu’il y a de mieux à faire », a précisé le député Olivier Dussopt sur LCP. A la fin de février, au cours d’une réunion similaire, Manuel Valls avait appelé ses proches à « rester ensemble » – formule visant à empêcher un exode chez Emmanuel Macron. Mais il avait aussi exprimé son « inquiétude », quant à l’accord passé par Benoît Hamon avec EELV.

Pour Cambadélis, Hamon n’a « pas besoin » du parrainage de Valls

A gauche, le refus annoncé de M. Valls de parrainer M. Hamon a suscité quelques remous. « Même ses électeurs de la primaire (), je pense que ce matin ils sont choqués qu’il ne veuille pas donner son parrainage à Benoît Hamon », a déclaré Alexis Bachelay, un proche du candidat socialiste à la présidentielle sur BFMTV. Le député a dénoncé un débat « un peu surréaliste () alors que Manuel Valls était le finaliste de la primaire et qu’il s’est engagé » à soutenir M. Hamon.

Benoît Hamon « n’a pas besoin » du parrainage de M. Valls, a tempéré Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, sur CNews :

« Je crois que Manuel Valls a été très clair, il a salué le soir de l’élection Benoît Hamon, il lui a souhaité bonne chance publiquement et il a dit qu’il serait en retrait. On ne comprendrait pas qu’il soit à côté de lui vu ce qu’ils se sont dits lors de la campagne. »

Lemonde.fr

France/Hollande appelle au rassemblement et cite Mitterrand : «Le nationalisme, c’est la guerre»

mars 12, 2017

VIDÉO – «Attention!», a lancé le chef de l’État en déplacement à Libourne, en Gironde, samedi, mettant en garde contre la tendance au nationalisme et «toutes ses formes d’extrémisme, d’isolationnisme, de protectionnisme et d’égoïsme».

Hollande a convoqué Mitterrand, samedi à Libourne (Gironde), pour appeler la gauche au «rassemblement» et mettre en garde contre le nationalisme. Le président était en visite dans ce fief socialiste pour remettre les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Gilbert Mitterrand, l’un des deux fils de son prédécesseur.

«La gauche a d’autant plus de chance de gagner (…) lorsqu’elle est rassemblée, lorsqu’elle est unie, lorsqu’elle est capable d’aller au-delà de la diversité de ses sensibilités pour porter un projet commun», a affirmé le chef de l’État. «C’est cette méthode (…) qui demeure aujourd’hui essentielle: le rassemblement.»

Alors que les débats sur l’Europe sont au cœur de la campagne et que le Front national est parmi les favoris des sondages, François Hollande a par ailleurs mis en garde contre «le nationalisme», «avec toutes ses formes d’extrémisme, d’isolationnisme, de protectionnisme et d’égoïsme», rappelant aussi «l’engagement européen de François Mitterrand». Citant la célèbre formule de son prédécesseur, «le nationalisme c’est la guerre», le président Hollande a souligné qu’il «faut garder toujours dans son esprit cette phrase, qui n’est pas simplement rétrospective comme celle d’un homme qui a connu deux guerres, mais comme une phrase prophétique». «Attention!», a-t-il encore lancé.

«Le nationalisme, c’est la guerre!»

Cette phrase fut prononcée par François Mitterrand devant le Parlement européen, à Strasbourg, en janvier 1995. «Il faut vaincre ses préjugés», avait alors défendu le chef d’État. «Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre Histoire. Et pourtant, si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera, mesdames et messieurs: le nationalisme, c’est la guerre!» S’adressant aux députés européens, il avait conclu: «La guerre, ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir. Et c’est nous, c’est vous, mesdames et messieurs les députés, qui êtes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité, et de cet avenir.»

Comme François Hollande, plusieurs ministres du gouvernement ont repris cette citation ces derniers mois. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault l’a prononcée en février à la conférence de Munich. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll l’avait également citée quelques jours auparavant lors d’une interview. Autre personnalité à s’en être inspiré: Emmanuel Macron, candidat d’En Marche!, en décembre dernier.

France/présidentielle: Penelope Fillon a conseillé à son mari de « continuer jusqu’au bout » (entretien)

mars 5, 2017

Paris – Penelope Fillon, l’épouse du candidat de la droite à l’élection présidentielle française François Fillon, dit avoir conseillé à son mari de « continuer jusqu’au bout » et souligne sa « détermination », dans un entretien à l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche.

Dans sa première interview depuis que l’affaire sur ses possibles emplois fictifs a éclaté, fin janvier, Penelope Fillon affirme par ailleurs avoir effectué « des tâches très variées » comme collaboratrice parlementaire de son mari et avoir fourni aux enquêteurs des preuves de la réalité de ses activités.

Alors que François Fillon est actuellement confronté à une série de revers – annonce d’une possible inculpation, défection de dizaines d’élus, appels au retrait de sa candidature -, son épouse déclare au JDD lui avoir « dit qu’il fallait continuer jusqu’au bout » malgré les difficultés, « chaque jour », mais « c’est lui qui décidera ».

« Il n’y a que lui qui peut être président. Etre capable d’endurer ça, c’est une preuve de courage remarquable. C’est le seul candidat qui ait l’expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaire pour diriger la France », selon Mme Fillon, qui assure que son mari ne lui a « pas demandé » de parler et qu’elle ne lui a « pas demandé la permission non plus ».

Affirmant qu’elle s' »adapte à tout », l’épouse de l’ancien Premier ministre ajoute qu’elle serait « fière de l’accompagner » s’il devenait président de la République. « Je l’accompagnerai de toute façon où qu’il aille », enchaîne-t-elle. « Je suis avec François depuis 36 ans et je serai encore là tout le temps qu’il nous reste à vivre », confie-t-elle dans un autre passage, après avoir démenti des rumeurs d’hospitalisation ou de divorce.

Soupçonnée par la justice d’avoir touché de l’argent public pour des emplois fictifs, Mme Fillon assure avoir fourni aux enquêteurs des preuves du contraire.

« J’ai fait donner par mon avocat des documents aux enquêteurs », déclare-t-elle, « des courriers avec des notations prouvant qu’ils étaient passés par moi, des échanges de mails avec les autres collaborateurs de mon mari ».

Elle ajoute qu’elle a « retrouvé beaucoup de documents pour la période 2012-2013, mais peu pour les années antérieures à 2007 ». « Qui garde des documents de ce genre datant d’il y a dix, quinze ou vingt ans ? », demande-t-elle.

« Je sais qu’on a raconté que je n’étais pas au courant » des montants touchés et des dates, « bien sûr que je comprenais ce que je signais quand je signais des contrats », s’exclame-t-elle.

Elle rappelle qu’elle a fait « des études de droit et de littérature ». « Cela m’a choquée qu’on puisse penser que j’étais une ignorante et une imbécile. Mais je pouvais supporter ça. Ce que je ne peux pas supporter, c’est l’insulte envers mon mari que cela induit. François a un très grand respect pour les femmes en général et pour moi en particulier. C’est ce qui me pousse à répondre », déclare Penelope Fillon au JDD.

Romandie.com avec(©AFP / 05 mars 2017 01h15)             

Trump et Clinton se battent jusqu’au bout – Sondages serrés

novembre 7, 2016

Donald Trump et Hillary Clinton mettent un point final lundi à une campagne présidentielle américaine âprement disputée et à l’issue incertaine: les sondages sont serrés, même s’ils donnent un léger avantage à la candidate démocrate sur le républicain.

Mme Clinton, 69 ans, qui espère devenir mardi la première femme présidente des Etats-Unis, avait prévu lundi deux étapes en Pennsylvanie, une dans le Michigan, et une en Caroline du Nord.

Dimanche soir, à Manchester (New Hampshire), elle s’est présentée comme la candidate de la « réconciliation ». « Nos valeurs fondamentales sont en jeu », a-t-elle aussi souligné.

Courriels: menace levée
La démocrate a vu dimanche disparaître la menace de poursuites dans l’affaire de ses courriels. Le directeur du FBI James Comey a écrit qu’après l’examen de nouveaux messages – dont il avait annoncé la découverte le 28 octobre, s’attirant de vives critiques si près de l’élection – il maintenait sa position de juillet selon laquelle il n’y avait pas matière à poursuivre Mme Clinton.

Il n’est toutefois pas sûr que ce nouveau rebondissement à deux jours du vote répare les dommages infligés à la candidate par la réouverture de l’enquête.

Américains dégoûtés
Donald Trump, 70 ans, était lui attendu lundi en Floride, Caroline du Nord, Pennsylvanie, New Hampshire et Michigan. Les deux candidats ont le même objectif: grappiller la moindre voix qui pourrait faire basculer à leur profit les Etats-clés.

Les Américains n’attendent eux plus que la fin de cette longue campagne entre deux candidats historiquement impopulaires (50% n’aiment pas Mme Clinton, 62% M. Trump), marquée par les insultes et les révélations de caniveau.

Mme Clinton est à 44,9% des intentions de vote au niveau national contre 42,7% pour Trump, selon la moyenne des plus récents sondages établis par RealClearPolitics (RCP). En Floride, Etat-clé sans lequel Donald Trump ne devrait pas pouvoir l’emporter, Mme Clinton est à 47-46. Dans l’Ohio, Donald Trump est à 46,3-43,5 pour sa rivale, et en Caroline du Nord, il mène aussi à 47,3 contre 45,8.

Expérience contre populisme
Hillary Clinton a pour elle une longue expérience. Mais beaucoup d’Américains ne l’aiment pas. Ils doutent de son honnêteté.

La bataille a été plus difficile que prévu face à Trump, milliardaire populiste sans expérience politique mais que rien n’arrête, qui se présente comme l’outsider anti-establishment.

Il a capitalisé sur la colère et les frustrations de certains Américains inquiets de la mondialisation et des changements démographiques. Il a promis des solutions simples à tous les problèmes complexes. Il a menti, insulté les femmes, les Mexicains, les Noirs, les musulmans. Il a attaqué son adversaire sans relâche, surnommée « Hillary la fripouille ».

« Elle est protégée par un système truqué », a soutenu Trump après l’annonce du directeur du FBI. « Hillary Clinton est coupable, elle le sait, le FBI le sait, les gens le savent, et maintenant, c’est au peuple américain de rendre la justice dans les urnes ».

Peu importe que le milliardaire n’ait apparemment pas payé d’impôts pendant des années. Ou ait agressé des femmes. Ses supporters ne l’ont pas pour autant lâché.

Parti républicain divisé
Trump a au passage quasiment fait exploser un parti républicain, profondément divisé. D’autant qu’il n’est pas toujours en phase avec le parti. Il est hostile notamment au libre-échange.

Les outrances et scandales de la campagne présidentielle de la première puissance mondiale ont fait sourire ou consterné bien au-delà de ses frontières.

En Chine, notamment, ils ont été un don du ciel pour la propagande du régime chinois, dont les médias ne se privent pas de dénoncer les travers du système démocratique.

Romanadie.com avec(ats / 07.11.2016 12h05)

Hillary Clinton et Donald Trump dans leur sprint final

novembre 5, 2016

Les deux candidats à la Maison Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump, entame leur dernier week-end de la campagne présidentielle américaine. A quatre jours du scrutin, les sondages ne sont guère d’utilité pour prédire avec certitude l’issue du vote.

La démocrate de 69 ans conserve un mince avantage de 2,3 points en moyenne sur le milliardaire populiste de 70 ans. Donald Trump est toutefois porté par un rebond soudain dans les Etats-clés où se jouera véritablement l’élection, et qui lui font croire qu’une surprise est possible mardi soir.

Les deux candidats quadrillent donc inlassablement le pays, enchaînant les meetings pour lancer un dernier appel à la mobilisation, avec un même message: chaque voix compte dans cette élection décrite par les deux camps comme une chance historique.

Hillary Clinton devait commencer la journée à Miami et la terminer à Philadelphie, avec un concert de la chanteuse Katy Perry. Donald Trump devait traverser le pays, de Tampa, en Floride, au Colorado, en passant par la Caroline du Nord et le Nevada.

Superstars pour booster Clinton
Côté démocrate, ce sont les superstars Beyoncé et Jay Z qui ont donné le coup d’envoi du week-end, dans un grand concert avec d’autres rappeurs à Cleveland, bastion démocrate de l’Ohio.

« Le monde attend de nous que nous restions un pays progressiste à la pointe du changement », a lancé Beyoncé, acclamée par une foule déchaînée de 10’000 personnes, très majoritairement noires. « Je veux que ma fille grandisse dans un pays présidé par une femme », a dit la chanteuse, qui a chanté son tube « Run the World (Girls) ». Clin d’oeil aux tenues de l’ancienne Première dame, les six danseuses de Beyoncé portaient des tailleurs-pantalons…

Dans cette atmosphère survoltée et inédite pour la grand-mère de deux petits-enfants, Hillary Clinton a pris la parole quelques minutes, sans épiloguer sur son programme mais en rappelant les horaires et l’adresse du bureau de vote le plus proche, déjà ouvert.

Trump remplit les salles
A 450 km à l’est de Cleveland, à un autre bout de la « Rust Belt », région industrielle en déclin, Donald Trump a rempli à nouveau une salle de 13’000 personnes. Depuis l’année dernière, l’homme d’affaires est le seul à rassembler des foules aussi importantes.

« Et au fait, je n’ai pas eu besoin d’amener Jennifer Lopez ou Jay Z, je suis ici tout seul! » a-t-il ironisé à Hershey, en Pennsylvanie, où il tente de percer le « pare-feu » d’Hillary Clinton, qui a mené jusqu’ici dans les sondages de ce grand Etat.

Samedi, et pour la première fois, il a été convié à prononcer l’allocution hebdomadaire du parti républicain dont de nombreux cadres l’ont pourtant récemment lâché.

« Il est temps de fermer les livres d’histoire sur les Clinton (…) J’en appelle à vos votes (…) pour aider à élire une majorité républicaine au Congrès, pour que nous puissions enfin changer ce système qui ne fonctionne pas (…) », a déclaré le magnat de l’immobilier.

Romandie.com avec(ats / 05.11.2016 12h52)